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Nadine Vincent

La lexicographie québécoise du 21ème siècle : après les tempêtes, l’affirmation tranquille

Nadine Vincent
Université de Sherbrooke
nadine.vincent@usherbrooke.ca

Riassunto
Nel corso degli ultimi decenni, sono stati pubblicati in Québec tre dizionari generali : il Dictionnaire du français plus (1988), il Dictionnaire québécois d’aujourd’hui (1992) e il dizionario Usito (2013). Progetti di ampio respiro che dovrebbero toccare la società nel suo insieme, essi suscitano spesso le reazioni di un gruppo di specialisti che, pensando di rappresentare la collettività, esprime giudizi estremamente negativi.
Il presente contributo, che esce contemporaneamente alla pubblicazione dell’ultimo di questi dizionari, si interessa ai discorsi e agli argomenti utilizzati per elogiare o stroncare un’opera il cui obiettivo principale è rappresentare, il più fedelmente possibile, una collettività e la sua identità.

Abstract
Over the past few decades, three general language dictionaries have been published in Québec: Dictionnaire du français plus (1988), Dictionnaire québécois d’aujourd’hui (1992) and Usito (2013). These large scale projects should have reach the whole society. Unfortunately, just a very narrow channel of people makes judgement on it that can be fatal, and this in the name of all. Just as the third dictionary is being release, this paper focus on rhetoric and arguments that affect the life of a work that wants to report accurately the identity of a community.

Mots-clefs : lexicographie québécoise, dictionnaire, français québécois, DFP, DQA, Franqus, Usito, norme

Parole chiave : lessicografia quebecchese, dizionario, francese del Québec, DFP, DQA, Franqus, Usito, norma

Key-words : Quebec lexicography, dictionary, Quebec french, DFP, DQA, Franqus, Usito, norms

Le Québec a été très actif sur la scène lexicographique au cours des dernières décennies, produisant, en plus de plusieurs dictionnaires différentiels, trois dictionnaires de langue générale. Nous nous intéresserons ici au destin des deux premiers : le Dictionnaire du français plus (1988) et le Dictionnaire québécois d’aujourd’hui (1992 et 1993), ainsi qu’à la naissance du dernier d’entre eux : le dictionnaire Usito2. Nous nous pencherons plus spécifiquement sur les débats qui ont entouré la production de ces dictionnaires, débats menés par un nombre limité d’acteurs dont les prises de position ont été décisives.

L’aménagement linguistique au Québec

L’élection, en 1960, du gouvernement de Jean Lesage marque au Québec le début de la Révolution tranquille, caractérisée notamment par une affirmation identitaire sur les plans artistiques et politiques. Le ministère des Affaires culturelles est créé en 1961, et avec lui L’Office de la langue française3. Au cours des années suivantes, les gouvernements successifs voteront les grandes lois linguistiques du Québec : la Loi pour promouvoir la langue française au Québec (1969), la Loi sur la langue officielle (1974), et, en 1977, la Charte de la langue française, aussi connue sous le nom de Loi 101, qui faisait du français la langue unique dans l’affichage, la langue unique de travail pour les entreprises de 50 employés et plus et la langue obligatoire d’enseignement pour les nouveaux arrivants4.

En parallèle de ces actions politiques sur le statut de la langue, se sont posées les questions de qualité et de description du français en usage au Québec.

En 1977, l’Association québécoise des professeurs de français adopte les résolutions suivantes :

1. Que la norme du français dans les écoles du Québec soit le français standard d’ici. Le français standard d’ici est la variété de français socialement valorisée que la majorité des Québécois francophones tend à utiliser dans les situations de communication formelle. (Unanimité).

2. Que l’objectif des cours de français soit d’amener les élèves à maîtriser le français standard d’ici, tant à l’oral qu’à l’écrit. (Unanimité) (AQPF 1977 : 11).

Ces résolutions posent très clairement la question de la norme à enseigner, ce qui implique la nécessité de décrire la langue en usage au Québec.

On ne saurait mettre indéfiniment à la disposition des étudiants d’ici des sources documentaires dans lesquels l’arrière-plan culturel (histoire, vie sociale, littérature) “sonne” exclusivement français, crée un dépaysement culturel et accentue les sentiments de dépendance et de marginalité linguistiques. (SAINT-GELAIS 1990 : 23).

Contrairement aux Français, les Québécois ne possèdent pas encore une description scientifique complète du français utilisé dans leur communauté linguistique. Ils ne disposent pas de cet outil de référence essentiel qui pourrait les renseigner sur l’usage correct d’ici. (SIMARD 1990 : 42).

En tant que citoyens vivant dans une civilisation nord-américaine, nous avons des caractéristiques propres, une vision particulière du monde qui nous entoure et une sensibilité différente de celle des Français. Quelle langue nous permet à la fois de communiquer notre expressivité et d’exprimer ce que nous sommes tout en restant des francophones à part entière? Quelle norme devons-nous enseigner dans les écoles? (CAJOLET-LAGANIÈRE et MARTEL 1995 : 158).

Au milieu des années 80, alors que l’équipe du Trésor de la langue français au Québec (Université Laval) publie le volume de présentation de ce qui sera un dictionnaire historique et différentiel du français québécois, ces questions sont au cœur des préoccupations des linguistes et autres spécialistes de la langue qui multiplient les colloques sur le sujet5.

Le consensus qui émerge de ces rencontres reconnaît l’existence d’une norme propre au français du Québec, et affirme la nécessité de la description des usages québécois en fonction de cette norme, ce qui inclut un usage standard neutre et l’ensemble des niveaux de langue qui se hiérarchisent en conséquence (soutenu, littéraire, familier, très familier, vulgaire, etc.). Si les spécialistes défendent à l’unanimité cette vision variationniste de la langue, ils sont aussi conscients du travail qu’il faudra accomplir pour éviter que le français québécois soit constamment réduit à un synonyme de joual.

J’ai peur qu’on continue de penser qu’un dictionnaire du français québécois serait quelque chose qui friserait le folklorisme, la négligence, le français populaire, le français de la campagne. Il n’en est pas du tout question. (CORBEIL 1988 : 1166).

La preuve que le français parlé et écrit au Québec est une langue complète, soyez convaincus qu’il nous faudra la faire, et plutôt deux fois qu’une. Et la preuve que le français québécois peut permettre de communiquer avec le monde francophone, encore davantage. (GADBOIS 1988 : 103).

Vingt-cinq ans plus tard, cette œuvre pédagogique est encore à faire puisque des accusations de « séparatisme linguistique » paraissent régulièrement sous la plume de certains journalistes et autres commentateurs de l’actualité.

Un dictionnaire, mais quel dictionnaire?

Une fois la décision prise de décrire les usages québécois en fonction d’une norme propre au Québec, se pose encore la question du type de dictionnaire à concevoir.

Le Québec a une forte tradition de dictionnaires différentiels, que l’on pense par exemple aux différents glossaires publiés au tournant du 20e siècle7, ou à des réalisations plus récentes, comme le Dictionnaire historique du français québécois, publié en 1998, dont nous parlions plus haut. Mais le dictionnaire différentiel ne décrit qu’une partie de la langue, omettant de traiter le contexte culturel des mots qui ne sont pas spécifiquement québécois.

S’ils veulent répondre aux divers besoins exprimés dans la société québécoise, les lexicographes du Québec ne peuvent se cantonner dans la production de dictionnaires différentiels. Aussi utiles soient-ils, les répertoires de québécismes ne peuvent suffire à combler les lacunes des dictionnaires généraux qui nous viennent de l’Hexagone. Ensemble, ces deux types d’ouvrages ne peuvent donner qu’une représentation artificielle et marginalisante du français en usage au Québec. (MERCIER 2008 : 289).

Dans la mesure où on reconnaît l’existence d’une société québécoise […] et qu’on lui attribue une spécificité, il est justifié et même nécessaire de lui donner le « miroir » linguistique que constitue un dictionnaire général de sa langue. […] L’histoire de la société québécoise, sa spécificité et son autonomie justifient à mon sens la confection d’un tel document collectif de référence. (MARTEL 1988 : 105).

Plutôt que de ne recenser que les spécificités d’une variété nationale, le dictionnaire de langue générale atteste l’ensemble des usages linguistiques d’une variété sur un territoire, ce qui inclut les usages communs avec les autres variétés. Un dictionnaire général de la langue française au Québec décrirait donc aussi bien les emplois partagés avec les autres francophones que les spécificités québécoises.

Cette fois encore, le consensus s’établit autour de la pertinence d’un dictionnaire de langue générale. Cette pratique lexicographique est cependant peu courante au Québec et présente deux avenues : l’adaptation d’un dictionnaire fait en France ou la conception complète d’un dictionnaire (nomenclature, acceptions à retenir, exemplification, etc.) à partir de corpus québécois oraux et écrits.

La solution la plus simple semblerait être d’adapter un dictionnaire français existant, en le québécisant. C’est ce qu’avait fait Louis-Alexandre Bélisle en adaptant le Littré-Beaujean8 (1874) en y ajoutant des québécismes, notamment tirés du Glossaire du parler français au Canada (1930). D’abord vendu par fascicules dans les épiceries de 1954 à 1957, son Dictionnaire générale de la langue française au Canada sera réuni en un volume en 1957, puis réédité en 1971 et en 1979, cette dernière édition sous le titre de Dictionnaire nord-américain de la langue française. Ceci dit, le statut de dictionnaire général est parfois contesté pour ce dictionnaire.

Le Bélisle, dont on a souvent dit qu’il était le seul dictionnaire général de la langue française au Canada, est en fait un dictionnaire différentiel du français québécois intégré selon la règle de l’ordre alphabétique dans le dictionnaire français de Littré-Beaujean. […] il ne rend pas compte de l’usage global de la « langue française au Canada » puisque son auteur n’a pas modifié en fonction de cet usage la nomenclature du Littré-Beaujean qu’il reproduit intégralement. La différence québécoise a seulement été ajoutée à la description du français de France. (COSSETTE 1988 : 80).

Si on tient compte de ce dernier commentaire, la lexicographie québécoise se retrouve devant une avenue nouvelle9, ce qui, bien sûr, soulève les débats.

On doit […] admettre qu’un dictionnaire conçu selon le modèle adapté peut difficilement atteindre les objectifs sociolinguistiques qu’on a mis de l’avant pour réclamer un dictionnaire général du français québécois. (POIRIER 1988 : 20).

Sur le plan théorique, je suis d’accord avec la critique de Claude Poirier à l’égard des dictionnaires adaptés. Sur le plan pratique, compte tenu du caractère immédiat des besoins des locuteurs québécois et des professeurs de français, langue maternelle et langue seconde, le dictionnaire adapté est un pis-aller inévitable qui rendra service tant et aussi longtemps qu’il n’y aura rien d’autre sur le marché. J’admets donc très bien que des éditeurs s’engagent dans ce type d’entreprise et que des collègues y collaborent. Un pis-aller en est déjà moins un s’il est réalisé par des gens compétents et honnêtes. Claude Poirier est du même avis. (CORBEIL 1988 : 72).

Jean-Claude Corbeil ne pensait pas si bien dire, puisque trois mois après ce colloque, Claude Poirier recevait la visite de deux responsables du Centre éducatif et culturel de Montréal, et acceptait de devenir le rédacteur principal du premier vrai dictionnaire québécois de langue générale, adapté d’un dictionnaire français.

Le Dictionnaire du Français Plus (DFP)

Le Dictionnaire du français plus est une adaptation du Dictionnaire du français (1987) de la maison Hachette. Il paraît en 1988 et reçoit un accueil très favorable. Si certains notent des imperfections, tout le monde semble convaincu que le DFP est promis à un bel avenir, au fil des rééditions. « […] l’heure était à l’enthousiasme. Des gens que je ne connaissais pas m’arrêtaient dans le métro, à Montréal, pour me féliciter. Je recevais des lettres de partout. » (POIRIER 2008a : 119)

Cette conception d’un dictionnaire du français québécois a tout de suite soulevé l’enthousiasme du public et attiré l’attention des médias – articles dans tous les journaux et magazines, interviews dans les studios de radio et de télévision. Si on a pu relever des insuffisances dans le vocabulaire consigné et la description qui en est donnée, on a su aussi reconnaître la haute compétence des lexicographes et apprécier que l’ouvrage qui vient de sortir n’est qu’un premier essai qui ira en se perfectionnant d’une édition à l’autre. (WOOLDRIDGE 1989 : 176).

Quelques semaines après sa parution, le DFP obtient le certificat d’approbation du ministère de l’Éducation du Québec, étape indispensable pour la survie d’un dictionnaire au Québec. Ses qualités pédagogiques semblent établies. «  Le DFP est un ouvrage solidement documenté qu’un enseignant ne peut désormais ignorer. Il devrait figurer en bonne place parmi les ouvrages de référence d’une classe. » (JOUSSELIN 1990 : 42).

Le Dictionnaire québécois d’aujourd’hui (DQA)

Quatre ans plus tard, en 1992, paraît le Dictionnaire québécois d’aujourd’hui, adaptation du Robert, Dictionnaire d’aujourd’hui.

Le Robert québécois propose, en dehors du ghetto folklorisant et des idées reçues, un bilan d’une rigueur exceptionnelle de l’état de santé du français parlé au Québec, sa richesse, sa maturité et son authenticité. Si Jean-Claude Boulanger doit, à juste titre, y voir la consécration de sa carrière de lexicographe, on peut légitimement, quant à nous, se réjouir d’y trouver une reconnaissance de notre volonté de survivre, en français, dans une Amérique moderne. (CLOUTIER 1992 : B3).

Le DQA se distingue des autres dictionnaires adaptés par l’importance du contenu renouvelé qui donne une place très visible au français québécois perçu dans sa totalité et non plus dans ses ajouts lexicaux, comme c’était le cas des dictionnaires adaptés antérieurement, ces ouvrages ne contenant habituellement qu’une portion très réduite de mots québécois. Sur ce plan, le DQA marque une nette progression dans l’adaptationd’ouvrages français au contexte québécois. De fait, il en constitue la limite extrême. (POISSON 2008 : 272).

Le marquage topolectal

Outre l’ajout de québécismes et l’adaptation de définitions et d’exemples à la réalité québécoise, la caractéristique majeure de ces dictionnaires est leur approche originale du marquage topolectal. Lors des rencontres entre spécialistes, la question avait été abordée. Dans un dictionnaire fait au Québec, doit-on marquer les emplois hexagonaux ? Les emplois québécois? Cette question, assez simple à régler sur le plan théorique, avait soulevé peu de débats et donné lieu à des affirmations mémorables.

Les Français considèrent naturellement le québécois comme une variante extérieure de leur langue. Mais pourquoi les Québécois ne considèreraient-ils pas à leur tour le français comme une variante extérieure de leur langue? (HAUSMANN 1986 : 5).

Il me semble qu’il nous faut abandonner le concept de français régional et la méthodologie de la comparaison qui en découle. Notre objectif doit être de décrire le français au Québec, exactement comme si nous étions la seule communauté linguistique de langue française qui existât, c’est-à-dire en y incluant tous les mots en usage, dont il faudrait faire soigneusement l’inventaire des sens et déterminer les connotations, en prenant comme norme l’usage légitime québécois. La comparaison avec la France et les autres communautés ne peut venir qu’après cet effort de description de notre propre usage. (CORBEIL 1986 : 60).

C’est donc avec conviction et fierté que le DFP et le DQA ont opté pour le marquage exclusif des spécificités hexagonales, convaincus de faire franchir à la lexicographie québécoise un pas déterminant, voire d’acquérir enfin une certaine indépendance face à la mère patrie.

Considérés comme des mots représentant une société autonome par rapport à la France, les québécismes ne seraient pas identifiés comme tels puisque l’ouvrage visait à donner une représentation du français dans une perspective québécoise. En conséquence, ce sont les emplois propres aux Français qui devaient être précédés d’une marque géographique. […] C’est ainsi que le Dictionnaire du français plus (DFP) est devenu le premier dictionnaire de français à utiliser la mention « (France) » et à enregistrer le terme francisme, lequel ne figure toujours pas dans Le Petit Robert en 2007. (POIRIER 2008a : 113).

Dans le DCECJ10 (1992), le DFP (1988) et le DQA (1992), les marques topolectales Canada ou Québec furent écartées afin d’éviter le syndrome de la hiérarchisation de l’usage du point de vue de la norme prescriptive, c’est-à-dire du standard originant d’une autorité et imposé à partir d’une construction théorique du système de la langue qui endosse un certain ostracisme et l’obligation pour l’utilisateur de se plier à des prescriptions d’emploi commandées par un alignement inconditionnel sur Paris. […] Pour les Québécois, le mot table doit être aussi québécois que le mot magasinage et le mot magasinage utilisable sans restriction en langue française comme le mot table. (BOULANGER 1998 : 178).

Tout comme pour la question de la norme, ces réflexions en comités restreints avaient négligé de prendre en compte la réception du public. De plus, les auteurs de ces dictionnaires comprirent devant la pluie de critiques qui s’abattit sur eux, qu’ils étaient maintenant seuls pour défendre ce qu’une communauté de linguistes avait, pensaient-ils, entériné.

Les naufrages

Chronologie oblige, le DFP coula le premier. Deux ans après la parution du dictionnaire, alors qu’il semblait se diriger vers une réédition, le Conseil de la langue française publia un avis ayant pour titre L’aménagement de la langue : pour une description du français québécois. Les membres du Conseil, surtout les linguistes, étaient parmi les principaux acteurs des colloques de 1985 et 1986. Leurs constats ne furent pas tendres :

Certains ouvrages lexicographiques11, même s’ils constituent des adaptations au marché québécois, présentent un certain nombre de déficiences : la nomenclature peut être fort incomplète, les emplois propres au Québec ne sont pas signalés, beaucoup d’emplois litigieux ne sont pas mentionnés […].
On peut donc dire que, du point de vue de la langue générale, il subsiste une grave lacune : l’absence d’une description globale et scientifique du français québécois. (CONSEIL DE LA LANGUE FRANÇAISE 1990 : 26).

Claude Poirier attribue l’insuccès du DFP à des actions parallèles (et non concertées) de l’Office de la langue française et du Conseil de la langue française.

L’Office de la langue française [...] fit circuler un billet condamnant le DFP et déconseilla l’ouvrage à ceux qui s’informaient sur le dictionnaire auprès de son service de consultation téléphonique. […] Cette action eut un effet direct sur les ventes et, dès 1989, le dictionnaire commençait à reculer face au Petit Robert et au Petit Larousse qu’il avait devancés pendant quelques mois. (POIRIER 2008a : 121).

Le Conseil de la langue française (CLF), sous la présidence de Pierre Martel, entreprit une lutte contre le DFP en lui reprochant de ne pas avoir identifié les québécismes. […] L’Office de la langue française offrit tout de même sa collaboration pour la deuxième édition de l’ouvrage, prévue pour 1992, mais il était trop tard : l’éditeur ne faisait plus ses frais et il abandonna le projet. (POIRIER 2008a : 121).

Si la brochure gouvernementale du CLF peut avoir eu un effet démotivant pour l’éditeur, il est fort peu probable qu’elle ait eu un impact sur l’opinion publique. En fait, sa parution consacrait plutôt le fait que les membres du Conseil préféraient abandonner le navire plutôt que de se porter à la défense d’une position qu’ils avaient pourtant cautionnée. Dans les médias, certains chroniqueurs n’approuvaient pas la position prise par le DFP, et leurs critiques finirent par triompher, faute de contradicteurs.

Le Centre éducatif et culturel, la plus importante maison d’édition scolaire, publie un Dictionnaire du français plus (sic) qui greffe pêle-mêle à un dictionnaire français, et sans les identifier comme tels, 4000 canadianismes incompréhensibles ailleurs qu’ici (GAGNON 1989 : B3).

Peut-être injustement rassuré par le fait qu’il était publié par la maison Robert, le directeur éditorial du DQA, Jean-Claude Boulanger, ne crut pas utile d’intervenir au moment où la tempête faisait rage sur le DPF, et suivit pourtant la même politique de marquage. Il rencontra les mêmes écueils et se trouva bien seul pour faire face aux critiques. Ajoutant à l’absence de marquage des québécismes, un marquage sociolectal déficient et un accueil généreux des anglicismes, sacres, et autres mots litigieux, le DQA fit face à un déchaînement médiatique intense qui dura plusieurs semaines. Des écrivains, des enseignants, des traducteurs et des journalistes livrèrent une lutte acharnée pour dénoncer l’ouvrage, et comme pour le DFP, bien peu de linguistes prirent la plume pour le défendre. La maison Robert, loin de servir de rempart au dictionnaire, se vit vilipender à son tour, ainsi qu’Alain Rey en personne, et même l’Université Laval qui abritait de si contestables spécialistes.

Cette opération bassement démagogique émanant d’un éditeur roué (le marché québécois est aussi naïf que profitable à qui sait jouer sur les complexes à l’endroit de la France) et d’un groupe d’experts dirigés par un professeur de l’Université Laval, cette institution à qui l’on doit aussi cette autre innovation qu’est la transcription de la Bible en joual. (GAGNON 1993 : B3).

Le grand responsable des défauts qu’il m’a fallu dénoncer n’est nul autre que M. Alain Rey qui, au moment où j’écris ces lignes, est de passage au Québec pour promouvoir ce qu’il a l’audace d’intituler le Dictionnaire québécois d’aujourd’hui. […] À l’écouter défendre ces jours-ci son dernier ramassis d’erreurs, je ne puis m’empêcher de ressentir une certaine admiration, tant il est passé maître dans l’art de nous faire comprendre pourquoi notre fille est muette. Et cette admiration ne fait que grandir à mesure que je lis les fascinantes mystifications avec lesquelles il s’applique à nous endormir dans l’introduction de son dictionnaire québécois. Au point de réussir, presque, à nous faire croire que rien n’est plus utile à la connaissance du français qu’un dictionnaire évitant toute distinction entre ce qui est français et ce qui ne l’est pas. (BEAUDRY 1992 : B3).

Les auteurs du DQA s’attendaient à une certaine polémique, mais la violence de la charge menée sans répit eu raison de leur résistance. Alain Rey déplora la démagogie des débats, mais ne put que s’avouer vaincu. Il rendit hommage, dans son baroud d’honneur, aux concepteurs du DQA, baissant pavillon devant tant de mauvaise foi.

Je n’ai, en tant que très maudit Français, aucune leçon à donner à personne en matière de langue québécoise. En revanche, en tant qu’ami sincère, actif et fidèle du Québec, je m’inquiète de l’écho complaisant donné à la position de quelques extrémistes, lorsqu’il s’agit de condamner sans examen sérieux un ouvrage entièrement repensé par des Québécois compétents, amoureux de leur pays, de leur langue, de leur littérature et qu’on l’on ne remerciera jamais assez pour leur énorme travail. […] Vive la discussion ; à bas les préjugés et l’intolérance. (REY 1992 : B3).

Compte tenu de la robustesse de la maison Robert, le DQA connut une seconde édition en 1993, mais le dictionnaire n’ayant pas reçu l’approbation du ministère de l’Éducation, il ne fut plus publié. Quelques années plus tard, Jean-Claude Boulanger n’avait pas fléchi quant à la ligne éditoriale qu’il s’était fixée (tout comme Claude Poirier, d’ailleurs), et l’on peut même deviner dans certains de ses commentaires la conviction du devoir accompli, malgré l’absence d’assistance de ceux qu’il croyait ses alliés.

Le Dictionnaire québécois d’aujourd’hui (DQA, 1992) fut élaboré en suivant cette perspective renouvelée de la conception du québécisme : tout son contenu est de langue française et québécois, concrétisant en cela l’idée de Jean-Claude Corbeil voulant qu’un dictionnaire complet du français du Québec soit rédigé comme si c’était le seul français de la planète. Ce que plusieurs des vaillants critiques du DQA (1992) n’ont pas saisi malgré les explications détaillées figurant dans l’introduction et les multiples interventions des auteurs lors de la polémique suscitée par la sortie du dictionnaire. (BOULANGER 1998 : 176).

Quelles furent les causes réelles de l’échec de ces deux dictionnaires ? Elles sont assurément multiples, et l’écart entre la réflexion des linguistes et l’émotivité attachée à une question aussi délicate que la langue au Québec, n’est sans doute pas la moindre. La faible présence des linguistes sur la place publique et l’espace occupé par les commentateurs de tout acabit expliquent aussi en partie ce fossé entre les attitudes des uns et des autres et même la méfiance de certains envers les défenseurs d’une norme québécoise. Au-delà des causes contemporaines, Claude Poirier rappelle des causes séculaires qu’il faudra bien analyser un jour.

Comment expliquer que, dans un contexte d’affirmation culturelle aussi favorable que celui dans lequel baignait le Québec, on ait rejeté deux dictionnaires fondés sur la reconnaissance du français québécois ? On peut bien sûr invoquer les conflits de personnes, les intérêts des uns et des autres, les hésitations de la politique linguistique. Il reste qu’au-delà des causes immédiates subsistaient des inquiétudes vieilles d’un siècle concernant l’avenir du français au Québec et les risques d’une dérive de l’affirmation identitaire. (POIRIER, 2008b : 48).

C’est sur ce triste bilan que se termine le 20e siècle en lexicographie québécoise.

Le 21e siècle : l’affirmation tranquille

Pendant que ces deux dictionnaires affrontaient la critique, l’idée de la conception d’un dictionnaire québécois totalement original basé sur l’analyse de corpus faisait son chemin chez des linguistes de l’Université de Sherbrooke.

Pour décrire l’ensemble de la langue québécoise, nous sommes d’avis qu’il faut constituer une banque de textes oraux et écrits du français québécois. Il s’agit en fait de stocker des textes caractérisant la langue parlée et écrite de type littéraire, journalistique, administratif, technique, scientifique ou autre, en prenant soin de noter les particularités régionales, les données qui peuvent déjà apparaître comme archaïques, etc. Les données linguistiques seront indexées et lemmatisées dans le but de décrire les unités lexicales et les sens qui y seront attestés. (MARTEL, THÉORET 1991 : 123).

En plus de travailler à partir d’un corpus de textes québécois, l’objectif est de réunir les compétences de plusieurs chercheurs, dans plusieurs universités, en fonction des spécialités de chacun. Cette idée avait déjà fait l’objet d’un débat lors du colloque tenu en 1986.

Je suis persuadé que la réalisation de ce projet ne pourra être le fruit du travail d’une seule personne, ni même d’une petite équipe localisée à un même endroit. Personnellement, je ne crois guère qu’une œuvre monumentale comme celle produite au 19e siècle par Émile Littré, par exemple, puisse de nos jours être le fait d’une seule personne. D’ailleurs la technologie moderne, dont nous pouvons disposer en ce moment, a éliminé beaucoup des contraintes matérielles qui étaient autrefois fort gênantes. (MARTEL 1988 : 108).

Personnellement, je ne croyais pas du tout que ce travail puisse être fait par plusieurs personnes en même temps. Je pense que c’est une utopie. Le travail peut être planifié par plusieurs personnes, mais – de par l’expérience que je vis maintenant avec les personnes qui sont autour de moi – la réalisation d’un dictionnaire de langue ne peut pas se faire à distance. (POIRIER 1988 : 111)12.

En 2001, le groupe de recherche Franqus (français québécois : usage standard)13 est créé avec l’objectif de concevoir un dictionnaire original du français québécois. Ce dictionnaire sera constitué en s’appuyant sur la Banque de données textuelles de Sherbrooke (BDTS), un corpus de 52 millions d’occurrences, provenant de plus de 15 000 textes d’horizons variés (textes littéraires, techniques, scientifiques, journalistiques, didactiques, etc.).

La direction éditoriale du projet est assurée par Hélène Cajolet-Laganière et Pierre Martel. Louis Mercier est conseiller éditorial et Chantal-Édith Masson assure la direction informatique. L’équipe, basée à l’Université de Sherbrooke, regroupe des chercheurs de plusieurs universités.

Depuis quelques années, deux linguistes de l’Université de Sherbrooke, Pierre Martel et Hélène Cajolet-Laganière, se sont à leur tour laissé séduire par le chant des sirènes lexicographiques. Prévenus des dangers, ils se sont entourés de spécialistes et d’étudiants représentant les principales universités du Québec. (POIRIER 2008b : 48).

En effet, le groupe Franqus a pris bonne note des obstacles rencontrés par ses prédécesseurs. Il innove dans plusieurs domaines, notamment en assurant le lien avec le reste de la francophonie en marquant à la fois les usages caractéristiques du français au Québec (marque UQ) et du français en France (marque UF), et en accompagnant plusieurs articles de remarques pour donner à l’usager des précisions sur l’emploi des mots.

Les linguistes savent que la variation peut toucher toutes les composantes linguistiques à divers degrés et affecter le système en profondeur. Et les lexicographes savent qu’il est difficile, voire impossible, d’en décrire toutes les manifestations de façon claire et nuancée dans le cadre très contraignant d’un dictionnaire général en un volume. Toutefois, même si l’entreprise a des limites – toutes les entreprises dictionnairiques en ont –, il ne fait aucun doute que le prochain dictionnaire général québécois aidera ses lecteurs à mieux situer l’usage québécois par rapport à l’usage hexagonal, et à mieux situer ces deux usages par rapport à la langue française. (MERCIER 2008 : 301).

Nous voulons faire connaître notre culture à toute la planète. Plusieurs professeurs qui enseignent le français à des étudiants en Russie ou au Japon, par exemple, seront très heureux de pouvoir leur apprendre une autre réalité que celle qui existe en France. […] Ma plus grande fierté concernant l’élaboration de ce dictionnaire est que nous décrivons le français valorisé du Québec et créons ainsi un pont avec toute la francophonie. (Hélène Cajolet-Laganière citée dans BELLEY-MURRAY 2008 : 32).

De plus, le dictionnaire est entièrement conçu sur support informatique, et pour consultation en ligne, ce qui limite les contraintes d’espace, et permet une souplesse dans l’ajustement des articles.

En 2009, la version pilote du dictionnaire, intitulée Dictionnaire de la langue française : le français vu du Québec (DFVQ) est rendue accessible, gratuitement, pour des milliers d’internautes qui font part de leurs commentaires et de leurs questions pour améliorer l’ouvrage. Les commentaires reçus sont très généralement favorables, mais les premiers usagers sont essentiellement des linguistes et autres langagiers. L’ouvrage est finalement commercialisé en mars 2013 sous le titre d’Usito.

Bien que la ligne éditoriale de ce dictionnaire ait tenu compte des écueils rencontrés par le DFP et le DQA et que son approche soit prudente et pédagogique, il est hasardeux de tenter de deviner quelle sera la réception du public. Les détracteurs habituels seront-ils au rendez-vous, et si oui, avec quelles munitions ? Chose certaine, c’est actuellement une nouvelle page de l’histoire de la lexicographie québécoise qui s’écrit, une page importante, et, souhaitons-le, déterminante.

Références bibliographiques

AQPF, « Les résolutions de l’Assemblée générale », Québec français, décembre 1977, p. 11.

BEAUDRY, Pierre, « Le Dictionnaire québécois d’aujourd’hui : un « coup bas » à la langue française », La Presse, 1992, p. B3.

BELLEY-MURRAY, Katherine, « Un rêve québécois vieux de 100 ans », Le Quotidien, 6 décembre 2008, p. 32.

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1 L’auteure remercie Wim Remysen de la lecture attentive qu’il a faite de la première version de cet article.

2 Usito est le nom commercial porté depuis mars 2013 par le dictionnaire dont la version pilote s’intitulait : Dictionnaire de la langue française : le français vu du Québec. Il a été conçu par le groupe de recherche Franqus dont est membre l’auteure de ce texte.

3 Depuis 2002 l’Office québécois de la langue française.

4 La Charte de la langue française a été amendée à de nombreuses reprises depuis son adoption.

5 Voir notamment les actes de deux colloques tenus l’un en avril 1985 (La Lexicographie québécoise : bilan et perspective, Les Presses de l’Université Laval, 1986) et l’autre en mai 1986 (« Pour un dictionnaire du français québécois. Propositions et commentaires », Revue québécoise de linguistique théorique et appliquée, vol. 7(1), janvier 1988).

6 Intervention de Jean-Claude Corbeil dans la section « Interventions et réponses » qui clôt les actes du colloque Pour un dictionnaire du français québécois.

7 Mentionnons notamment le Glossaire franco-canadien d’Oscar Dunn (1880), le Dictionnaire canadien-français de Sylva Clapin (1894), le Parler populaire des Canadiens français de Narcisse-Eutrope Dionne (1909) et le Glossaire du parler français au Canada, de la Société du parler français au Canada (1930).

8 Version abrégée du Dictionnaire de la langue française d’Émile Littré, publiée par Amédée Beaujean.

9 Nous excluons de cet inventaire les adaptions de dictionnaires pour la jeunesse, à nomenclature restreinte, comme le Dictionnaire CEC Jeunesse.

10 Dictionnaire CEC Jeunesse.

11 Notons qu’en 1990, au moment de la parution de l’avis, seul le DFP est paru. Le DQA paraîtra deux ans plus tard. L’emploi du pluriel désigne ici, en plus du DFP, le Dictionnaire CEC Jeunesse, lui aussi adapté d’un dictionnaire français de la maison Hachette. On peut cependant supposer que la critique s’adresse principalement au DFP. Le CEC Jeunesse compte une nomenclature réduite (autour de 20 000 mots et locutions), s’adresse à un public particulier, et n’a jamais fait l’objet de débats comme le DFP, et, plus tard, le DQA. En 2011, le CEC Jeunesse publiait sa 5e édition.

12 Intervention de Claude Poirier dans la section « Interventions et réponses » qui clôt les actes du colloque Pour un dictionnaire du français québécois.

13 Le groupe FRANQUS fait partie du Centre d’analyse et de traitement informatique du français québécois (CATIFQ) de l’Université de Sherbrooke.

Per citare questo articolo:

Nadine Vincent, La lexicographie québécoise du 21ème siècle : après les tempêtes, l’affirmation tranquille, Repères DoRiF n. 2 Voix/voies excentriques: la langue française face à l'altérité - volet n.2 - juillet 2013 - AUTOUR DU FRANÇAIS QUÉBÉCOIS : PERSPECTIVES (SOCIO-)LINGUISTIQUES ET IDENTITAIRES , DoRiF Università, Roma juillet 2013, http://www.dorif.it/ezine/ezine_articles.php?id=80

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