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Marie-Pierre Escoubas-Benveniste et Sonia Di Vito

Quel plurilinguisme pour quel environnement professionnel multilingue? Quale plurilinguismo per quale ambito lavorativo multilingue?

Marie-Pierre Escoubas-Benveniste
Dipartimento MEMOTEF
Sapienza - Università di Roma, Italia
mariepierre.escoubas@uniroma1.it

Sonia Di Vito
Dipartimento di istituzioni linguistico-letterarie, comunicazionali e storico-giuridiche dell'Europa (DISTU), depuis le 01/09/2013
Università della Tuscia, Viterbo, Italia
sonia.divito@unitus.it

De jour en jour les acteurs professionnels se trouvent de plus en plus souvent appelés à communiquer, travailler, apprendre avec leurs pairs et de leurs pairs, sans pour autant posséder une connaissance et une maîtrise comparable de la langue utilisée pour l’échange. Il semble théoriquement acquis que l’imposition d’une langue de travail unique ne soit pas une solution satisfaisante pour la société européenne. D’une part, ce modèle constitue à moyen terme une menace pour le patrimoine culturel que représente la diversité des langues ; d’autre part, il repose sur une vision mécaniste et erronée de la fonction langagière au travail, vision qui réduit les échanges professionnels à des transferts d’information en ignorant l’impact et l’enjeu de la composante interpersonnelle et interculturelle ; de plus, à l’échelle individuelle, ce modèle de langue unique instaure une iniquité entre les interlocuteurs selon que la langue de travail est ou non leur langue maternelle. Enfin, à l’échelle internationale, il établit de fait une inégalité économique entre les pays pour qui l’effort financier national de formation est bien différent selon que la langue de travail imposée fasse ou non partie de ses langues officielles (GRIN 2005).

Une alternative possible et souhaitable au modèle hégémonique de la langue unique pour la communication académique et professionnelle consiste à former des acteurs plurilingues sachant s’adapter à différentes situations de communication et cultiver de manière autonome leur plurilinguisme, tout au long de leur vie professionnelle et privée. Le citoyen et travailleur plurilingue idéal est un adulte qui possède dans plusieurs langues des niveaux de compétences variés, clairement identifiables selon des descripteurs communs, et qui, en fonction des multiples situations langagières auxquelles il prend part dans le cadre de leur fonction, puisse et sache recourir à un répertoire linguistique diversifié, afin de mener à bien la transaction verbale et d’atteindre l’objectif de communication partagé lié à un projet ou une mission de travail. Il doit donc disposer de ressources plurilingues et pluriculturelles personnelles ; il doit aussi posséder de solides stratégies grâce auxquelles il peut tirer le meilleur parti de son bagage personnel, de la situation de communication, du contexte de travail.

Au-delà des bénéfices culturels et humains que cette double compétence, plurilingue et pluriculturelle apporte aux actants du marché du travail, elle comporte des avantages financièrement rentables, comme l’a montré une enquête menée en Suisse il y a déjà treize ans (GRIN 1999) qui montre que les travailleurs peuvent voir leur rémunération majorée selon le nombre de langues qu’ils connaissent et le niveau de compétence atteint. Pour ce qui est des entreprises, il n’existe pas à l’heure actuelle, de rapport basé sur des données scientifiques suffisamment systématiques qui puisse permettre de mesurer la valeur économique exacte du plurilinguisme en Europe (GRIN 2010). Le projet Dylan, commencé en janvier 2011 et se développant sur deux ans, vise à identifier les conditions dans lesquelles la diversité linguistique de l'Europe est un atout pour le développement de la connaissance et de l'économie, en termes de justice sociale, de développement culturel et d’implications financières. Ce que nous pouvons dire en revanche, c’est que le fait de sous-évaluer au sein de l’entreprise, l’importance que revêt la reconnaissance de l’identité linguistique et culturelle des travailleurs peut porter atteinte au climat de collaboration. Les résultats d’une étude américaine récente (NEELEY 2013) montrent en effet comment l’adoption par une entreprise française du modèle de langue unique « véhiculaire » (anglais), a une incidence considérable sur la perception par les employés non natifs d’une perte de leur statut au sein de l’entreprise. Cette situation déstabilisante induit des tensions entre salariés anglophones natifs et non natifs qui s’avèrent, selon l’enquête menée par l’auteur, préjudiciables au bon fonctionnement de l’entreprise.

Partant de ce postulat de valeur du plurilinguisme des individus, c’est donc dans l’intérêt de chaque employé et de chaque employeur, de faire en sorte que les compétences linguistiques et culturelles soient clairement identifiées et identifiables. A cet égard, à l’issue d’une enquête sur l’évolution du marché du travail et sur les relations transnationales des entreprises européennes entre elles, le Rapport de Synthèse du Thematic network project in the area of languages 2003-2007 apporte certaines recommandations concernant la formation langagière des acteurs sociaux : il est nécessaire de centrer les formations langagières sur l’obtention de résultats tangibles, à savoir les compétences nécessaires au marché du travail. L’enquête suggère que ces résultats soient pensés en terme de niveaux et descripteurs dans une optique de développement de compétences en « langues de spécialité ». Il faut, en outre, mettre en œuvre des systèmes de suivi de carrière et d’analyse des besoins, et en répercuter les résultats sur les offres de formation. Enfin, il est important de bien peser l'éventail de langues proposées, le niveau de compétences visé, dans un esprit plurilingue.

Y a-t-il donc un bagage plurilingue optimal pour la profession ? Nous pensons que la réponse est oui. Et il consisterait, au-delà d’une connaissance indispensable de l’anglais international pour la communication technique, et bien évidemment de la langue nationale du pays où s’exerce la profession, en un ensemble de connaissances et de compétences plurilingues diversifiées qui pourraient permettre d’ajouter aux échanges techniques un supplément d’âme. Nous entendons par là une dimension dialogale culturellement nourrie d’une ouverture, d’un intérêt pour ce qui est différent de nous. Ce bagage plurilingue, souvent très riche pour de nombreux citoyens de l’Europe d’aujourd’hui, dès leur plus jeune âge, pourra être enrichi en fonction du contexte de travail, de leur histoire professionnelle, mais aussi des préférences personnelles intimes1.

Tout le défi auquel sont confrontés linguistes, formateurs, institutions nationales et supranationales, législateurs, en un mot tous les acteurs sociaux de l’économie publique et privée, réside dans la conciliation de toutes les composantes, la variabilité des contenus et des compétences de ce bagage optimal. Pour relever ce défi, c’est-à-dire se donner les moyens de définir les contenus de ce répertoire, il faut identifier clairement les paramètres de cette variation. Les variables en jeu sont nombreuses, à la fois économiques, politiques et culturelles, personnelles et situationnelles. Les facteurs économiques et politiques sont fondés sur des critères d’équité et d’efficience. Il s’agit en effet de tenir compte tout à la fois des valeurs marchandes et des valeurs non marchandes qui entrent en jeu dans la communication verbale au travail (GRIN 2005). Ce faisant, il sera possible de tendre vers un équilibre raisonné entre la préservation du bien et du bien-être langagiers des personnes et le respect des contingences économiques et des exigences sociales de la situation. Les facteurs de type linguistique, sociolinguistique, pragmatique et technique permettent de caractériser les échanges verbaux qui sont pratiqués dans le cadre professionnel considéré. Il s’agit des langues de la “communauté” de travail, du niveau de formation des personnes qui interagissent, de la caractérisation formelle ou non formelle des situations de communication au travail, de l’enjeu de la parole (collaborer, vendre, créer le lien social, enseigner…), des modes de communication en usage selon le niveau d’utilisation des technologies de communication, mais aussi bien sûr de la conscience que chacun a de la dimension politique du langage et de la langue.

Paradoxalement, la politique linguistique en Italie présente l’image inquiétante d’une régression inéluctablement en marche. Alors que l’Europe multiplie déclarations, recommandations, communications sur la nécessité pour chacun des Etats membres de promouvoir et d’intensifier l’apprentissage des langues à l’école, à l’université, tout au long de la vie en diversifiant les situations et les méthodes d’apprentissage, tandis que se multiplient les enquêtes concernant le bénéfice culturel, humain et bien vite économique que constitue le développement d’une société multilingue, en 2009 les instances politiques italiennes adoptent des mesures législatives qui donnent la priorité exclusive à l’enseignement de l’anglais, de l’école primaire à l’université, politiques qui aujourd'hui encore sont en vigueur malgré les protestations massives des familles et des associations d’enseignants de langues (ESCOUBAS-BENVENISTE 2009). Cette faible conscience des enjeux culturels, économiques et sociaux du plurilinguisme se retrouve dans le monde des entreprises italiennes par exemple dans la représentation implicite que les acteurs publics et privés du tourisme se font de leurs usagers: une enquête sur 362 sites Italiens (TROVATO 2013) de promotion touristique, montre que plus d'un tiers d'entre eux (38%) proposent une version exclusivement italienne. Quant aux universités et aux institutions politiques européennes, elles semblent elles aussi résolument s’orienter vers un modèle unique et préoccupant de « multilinguisme » réduit à la portion congrue, à savoir le strict bilinguisme (langue nationale + anglais). Citons pour exemple le volontarisme de la part des universités et des institutions à multiplier les enseignements universitaires offerts exclusivement en langue anglaise2. Or ces décisions politiques sont fondées sur des présupposés qui n’ont aucune base scientifique : ils semblent plutôt obéir à des clichés3 et répondre à une logique de l’urgence clientéliste qui caractérise l’air du temps, beaucoup plus qu’à une planification raisonnée d’une formation universitaire et professionnelle fondée aussi sur la valeur des identités et des patrimoines culturels.

L’objectif de cette journée d’étude internationale et pluridisciplinaire est de réunir linguistes, économistes et représentants du monde professionnel et institutionnel afin que s’instaure, à partir des recherches et des expériences de chacun, un débat sur les défis et les enjeux de la formation linguistique des adultes en Italie aujourd’hui.

Les deux interventions inaugurales présentent tout d’abord le point de vue de l’économie des langues sur le plurilinguisme et le multilinguisme au travail, puis les orientations européennes en matière de politique linguistique, depuis les engagements de la stratégies de Lisbonne (2000-2005-2010) jusqu’à aujourd’hui. François Grin expose la nécessité de mesurer la plus-value que représente la compétence plurilingue et montre comment celle-ci peut devenir une variable opératoire d’une théorie de la production, en tant que facteur qui crée de valeur ajoutée. Pour ce faire, l’auteur appelle de ses vœux une « complémentarité bien organisée » des sciences économiques et de tous les secteurs des sciences du langage afin que puissent être identifiés et quantifiés les mécanismes selon lesquels « le plurilinguisme est facteur de prospérité ». Raphael Gallus passe en revue les points principaux de la politique que l’Union européenne, et en particulier la Commission, mènent en faveur du « multilinguisme ». Il présente les campagnes de sensibilisation qui ont été organisées à l’adresse des entreprises et des professionnels.

La table ronde aborde, par le biais des témoignages d’Augusto Balossino, (ancien directeur de la Citibank, de l’ Associazione Bancaria Italiana) et de la Banca Nazionale del Lavoro, et de Nathalie Rivière (Responsable de la formation linguistique à la FAO, siège central), le thème des environnements professionnels multilingues et internationaux, du rôle des langues, des usages qui en sont faits et des formations linguistiques qui sont éventuellement prévues pour le personnel au sein de ces milieux professionnels. Le débat est enrichi par l’enquête de Dionino Zappacosta concernant le point de vue de l’employeur sur les compétences linguistiques des candidats à l’embauche, point de vue qui s’exprime à travers les demandes en langues étrangères formulées par les entreprises en Italie au moment du recrutement.

La première session est consacrée à l’analyse sociolinguistique et pragmatique de la communication d’entreprise, dès lors qu’il s’agit pour les entreprises américaines d’imposer le modèle unique de BELF ou pour des employés d’une entreprise italienne d’écrire en français. Janet Bowker examine du point de vue de l’interculturalité la diffusion de l’anglais des affaires « comme lingua franca ». Utilisant le concept théorique de “culture in the making”, elle compare deux corpus issus de séances de formation tenues par la même entreprise nord-américaine, d’une part en Malaisie, d’autre part sur son propre territoire national. L’auteur identifie et décrit les différences qui apparaissent, entre les deux échantillons d’interactions professionnelles considérés, en termes de gestion de la relation et de résultat pragmatique de l'échange. Cécile Desoutter offre une analyse qualitative des manifestations de plurilinguisme présentes dans un corpus de courriels d’entreprise échangés entre des scripteurs de langues romanes différentes. L’auteur montre que l’alternance codique – qui peut aussi se manifester ponctuellement à travers des événements isolés de code switching – constitue une ressource dans la dynamique de l’interaction écrite : en effet, elle tient lieu d’indice de contextualisation de l’échange car elle peut s’orienter vers les interscripteurs aussi bien que vers les événements conversationnels, au nombre desquels figure la convention linguistique de l’échange.

La deuxième session s’attache à illustrer les bénéfices que peut apporter l’intercompréhension des langues et cultures voisines (IC), méthode innovante qui vise à développer rapidement des compétences en plusieurs langues proches, dans la formation d’adultes. Des projets européens récents de mise en application de cette méthode pour la formation plurilingue d’adultes dans des cadres d’apprentissage professionnels (CINCO et PREFIC) et universitaires (VALORTUR et Master GMI) sont illustrés par les auteurs. Filomena Capucho présente les expériences en cours dans le contexte du projet CINCO et montre comment « le concept [d’intercompréhension] devient [...] un outil d’interaction plurilingue dans des contextes de coopération dans le monde du travail ou dans la formation ciblée de certains groupes professionnels ». L’auteur insiste sur le fait que, compte tenu de la nature même des processus d’IC, qui partent de la complexité des textes et des messages pour développer les capacités de repérage et d’interprétation d’éléments isolés, il est actuellement nécessaire d’élaborer un référentiel spécifique adapté aux compétences d’intercompréhension et d’interaction plurilingue. Marie-Pierre Escoubas-Benveniste présente un module de formation proposé dans le cadre du projet PREFIC de formation d’adultes à l’IC qui entend développer les capacités métalinguistiques et métadiscursives des participants. L’activité d’analyse et d’interproduction est basée sur le lexique plurilingue “amateur” (EN + 4 langues romanes) déjà existant au sein du réseau de professionnels auxquels s’adresse cette formation. Elle a pour but d’enrichir la réflexion et la pratique des apprenants en ce qui concerne les niveaux du sens lexical dans la langue spécialisée et les différents risques de malentendu qui en dérivent dans l’interaction professionnelle plurilingue. Les stratégies d’interaction en IC transparaissent dans les productions des apprenants et témoignent d’une maturation de la réflexion métalinguistique qui s’avère utile à l’interaction professionnelle. Sonia Di Vito observe les stratégies de communication mises en œuvre lors d’une formation universitaire multilingue (Valortur : IT, FR, ES) en économie du tourisme. L’auteur montre que l’analyse des stratégies de transmission d’un contenu pédagogique non linguistique dans une langue étrangère non connue ou peu connue des étudiants, peut constituer le point de départ pour les professeurs non spécialistes en didactique des langues, d’une réflexion portant sur les modalités de communication exolingue et sur l’efficacité des stratégies adoptées. Mélisandre Caure présente les résultats d’un questionnaire adressé aux étudiants diplômés du master Gestion Multilingue de l’Information (Université de Reims Champagne-Ardenne) concernant la manière dont ces derniers considèrent et utilisent professionnellement les compétences qu’ils ont développées dans la lecture de 6 langues, grâce à une formation à l’intercompréhension (3 langues romanes et 3 langues germaniques) qu’ils ont suivie dans le cadre du Master GMI. Entre autres constats les réponses font apparaître que, même si au moment du recrutement la seule langue demandée est l’anglais, des compétences de compréhension en plusieurs langues sont souvent nécessaires pour accomplir la tâche demandée.

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Ce numéro de Repères-Dorif s'inscrit dans le Colloque itinérant “Plurilinguisme et monde du travail” qui a mobilisé une vingtaine d’universités italiennes d’un bout à l’autre de la péninsule à partir du printemps 2011 jusqu'en décembre 2012. Il prolonge les débats tout en les enrichissant d'une dimension internationale et pluridisciplinaire.

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WAUTHION, Michel, « L'intercompréhension comme instrument d'une politique du plurilinguisme ». In Neveu F., Muni Toke V., Durand J., Klingler T., Mondada L., Prévost S. (éds.), Actes du IIe Congrès Mondial de Linguistique Française - CMLF 2010, Paris, Institut de Linguistique Française, 2010. Consultable à l’adresse suivante :http://www.linguistiquefrancaise.org/articles/cmlf/abs/2010/01/cmlf2010_000181/cmlf2010_000181.html .

1
Nous nous référons au Rapport du comité d'experts Un défi salutaire. Comment la multiplicité des langues pourrait consolider l'Europe (2008) présidé par Amin Maalouf qui souligne la dimension profondément affective et identitaire du langage, qui a sans aucun doute son rôle à jouer aux côtés de la communication de service, technique et professionnelle.

2
L’exemple de l’université italienne est très éclairant à cet égard. La conférence des recteurs des universités italiennes (CRUI) appelle à l’ “internazionalizzazione dei sistemi universitari” réduite de manière très explicite à l’anglicisation de l’offre universitaire de formation: “L’offerta in inglese [Ndlr. Si intende “l’offerta formativa svolta totalmente in lingua inglese”] assolve ad un duplice obiettivo : rendere più attrattiva l’Università italiana agli studenti stranieri, ma anche preparare e formare gli studenti italiani ad un’apertura verso il mondo lavorativo e/o scientifico a livello internazionale. Non dimentichiamo, infatti, che soprattutto per la ricerca scientifica, la lingua inglese rimane, almeno per il momento, il passaporto per proporsi e farsi conoscere dalla comunità scientifica internazionale.” (cf. “Internazionalizzazione degli atenei: l’offerta didattica in lingua inglese A.A. 2011/12, Elena Breno, Massimo Carfagna, Marina Cavallini, Document non daté, consulté le 19/06/2013 à l’adresse suivante: http://www.crui.it/HomePage.aspx?ref=2094). Quant à l’université française, les prises de position de la Ministre Fioraso ne laissent aucun doute quant aux objectifs d’anglicisation, même si le législateur se montre plus prudent dans le projet de loi : “L’article 2 modifie l’article L. 121-3 en étendant les exceptions au principe qui fait du français la langue de l’enseignement, des examens, des concours et des thèses. Il permet ainsi de dispenser en langues étrangèresune partie des enseignements effectués dans le cadre d’accords avec des universités étrangères ou de programmes financés par l’Union européenne. Cette modification doit permettre d’améliorer l’attractivité del’enseignement supérieur français vis-à-vis des étudiants étrangers.” (cf. Article 2 du Projet de loi relatif à l’enseignement supérieur et à la recherche, soumis par la Ministre de l’Enseignement supérieur Genevière Fioraso : http://www.assemblee-nationale.fr/14/projets/pl0835.asp).

3
Comme le montre efficacement F. Grin qui fait part de sa réaction au quotidien Le Temps :L'anglais dans l'enseignement académique: le débat s'égare dans les clichés, Le Temps, 13/06/13, p.1-3.

Per citare questo articolo:

Marie-Pierre Escoubas-Benveniste et Sonia Di Vito, Quel plurilinguisme pour quel environnement professionnel multilingue? Quale plurilinguismo per quale ambito lavorativo multilingue?, Repères DoRiF n. 4- Quel plurilinguisme pour quel environnement professionnel multilingue? - Quale plurilinguismo per quale ambito lavorativo multilingue?, DoRiF Università, Roma dcembre 2013, http://www.dorif.it/ezine/ezine_articles.php?id=150

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