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Gabrielle LAFAILLE

Les lecteurs de français au sein de l’université italienne: parcours d’autoformation et promotion professionnelle. Compte-rendu sur les développements après l'assemblée à Bologne et sur la 2ème rencontre à Pérouse

Gabrielle LAFFAILLE

Lectrice de FLE, facultés de Droit et de Sciences Politiques, Université de Turin

gabrielle.laffaille@unito.it

Introduction

Les journées de Bologne ont constitué un moment important pour les Lecteurs de langue française en Italie. Ils ont été invités à participer à des travaux de recherche sur la didactique des langues à l’université, certains d’entre eux de manière active puisqu’ils ont présenté le fruit de leur expérience. Ces deux journées ont été utiles à plus d’un titre. Elles ont permis d’une part une réflexion entre enseignants de fle provenant de différents pays sur l’évolution de la didactique. Elles ont permis aussi une rencontre de type “corporatif” entre lecteurs, qui a été suivie d’une seconde rencontre à Pérouse le 23 septembre 20111.

Les thèmes développés lors de la première partie de ces journées ont été nombreux, allant de l’utilisation de technologies innovatrices (TICE) à la nécessité de formations plus particulières à proposer aux étudiants universitaires, comme celles qui préparent aux certificats de langue ou encore aux séjours à l’étranger dans le cadre d’une bourse Erasmus ou d’un double diplôme. Nous présenterons brièvement notre expérience “après Bologne” sur la préparation à un séjour Erasmus, et “après Pérouse” sur la pratique des TICE. Puis nous ferons le point sur la coordination entre lecteurs de langue française en Italie qui a été “pensée” à Bologne, puis concrétisée par différentes initiatives. Enfin, nous tenterons de tirer une conclusion de ces expériences pour analyser le rôle des lecteurs aujourd’hui au sein de l’université italienne et la nécessité d’une interaction entre les différentes figures et institutions concernées par l’enseignement des langues.

1. Expériences qui ont suivi les rencontres de Bologne et Pérouse

1.1. Mise en pratique après Bologne : formation au séjour Erasmus et double diplôme

Parmi les différents thèmes traités, l’idée d’une préparation spécifique des étudiants qui gagnent une bourse pour effectuer un séjour Erasmus ou un double diplôme ont retenu particulièrement notre attention. Nous étions confrontée à la question Erasmus depuis quelques années, du fait de notre participation auprès de la faculté de sciences politiques de Turin aux commissions d’évaluation pour les bans Erasmus et doubles diplômes, nous occupant en particulier du contrôle de la connaissance de la langue française. Nous étions donc à connaissance du fait que les universités françaises se plaignent souvent parce que les étudiants italiens n’arrivent pas toujours en France avec un niveau de connaissance de la langue française suffisant pour être en mesure de suivre les cours universitaires. La présentation faite à Bologne par Mathilde Anquetil sur les recherches en cours dans ce domaine, recherches qui ont abouti notamment à la rédaction, par Jean-Marc Mangiante et Chantal Parpette d’un texte, Le français sur objectif universitaire (Pug, Grenoble 2011) nous ont confirmé qu’il était important d’entreprendre une démarche auprès des facultés où nous enseignons. Ayant un reliquat d’heures à disposition auprès de la faculté de droit, nous avons convaincu le Recteur de l’utilité de proposer un tel cours. Cela fut immédiatement accepté et nous avons reçu l’appui de quelques professeurs pour l’organisation du cours. Il fallait ensuite convaincre les étudiants de l’intérêt de ce cours, car il avait été décidé par la faculté que ces heures de présence devaient rester facultatives. Nous avons opté pour un enseignement de 22 heures, appelées « rencontres » afin que les étudiants ne les ressentent pas comme une charge supplémentaire de travail. Le moment choisi a été le mois de juin, moins chargé au niveau de l’enseignement, bien que période d’examen. Une quinzaine d’étudiants ont répondu à l’appel, sur les 30 contactés, et une dizaine d’entre eux ont suivi régulièrement l’ensemble des rencontres (7 rencontres de 3 heures précédées d’une heure de présentation). Ils ont reçu une attestation de participation.

Le contenu du cours s’est articulé de la manière suivante :

  • une partie dédiée à la connaissance des institutions politiques et juridiques (de la France et de la Suisse car deux étudiants allaient partir pour Lausanne et Fribourg), suivie d’une comparaison avec les institutions italiennes ;

  • une présentation des différentes branches du droit français, de l’organisation judiciaire en France et d’un lexique juridique de base, notamment par la lecture de jurisprudence ;

  • l’organisation de l’enseignement supérieur en France avec présentation des grandes écoles et de l’université, du système LMD et des cursus ;

  • la méthodologie universitaire générale et les spécificités des facultés de droit ;

  • réflexions sur les questions pratiques et affectives posées par un séjour de moyenne - longue durée dans un pays étranger à partir du film « L’auberge espagnole ». Cela a créé aussi l’occasion pour l’apprentissage d’un lexique argotique ;

  • informations pratiques fournies par l’enseignant (sites utiles pour logement, job, santé) et par le témoignage d’étudiants de retour qui sont venus raconter leur expérience et donner des conseils à leurs collègues.

  • Le bilan a semblé plutôt positif, à en juger par le degré de satisfaction des étudiants ayant participé au cours (interrogés de manière anonyme en fin de parcours). Il faudra cependant attendre leur retour pour mieux évaluer résultats et lacunes.

    Nous aimerions compléter cette expérience de deux manières : d’une part, participer aux commissions pour les bourses Erasmus et doubles diplôme auprès de la faculté de droit aussi, de façon à connaître et à contacter les étudiants dès le début de leur démarche. D’autre part, pouvoir étendre les rencontres aux étudiants de la faculté de sciences politiques aussi (ceux pour lesquels nous participons déjà aux commissions de concours).

    1.2. Mise en pratique après Pérouse : enseignement sur plate-forme moodle

    La pratique des Tice avait déjà été présentée au cours de la rencontre de Bologne, parmi les nombreux thèmes abordés. La deuxième rencontre de Pérouse l’a envisagée comme thème central des travaux, permettant donc un approfondissement dans ce domaine, qui s’est articulé principalement autour de l’utilisation des plates-formes moodle. Depuis quelques années, voire quelques mois seulement pour leur divulgation à plus grande échelle, ces plates-formes sont mises à disposition des enseignants par la plupart des universités italiennes et semblent constituer un outil particulièrement utile pour les lectorats de langue.

    Quelques collègues férus en la matière ont accepté, avec une immense patience, d’initier les présents à cette pratique.

    Il ne nous appartient pas d’entrer dans le détail de ces travaux, puisque les organisateurs, Brigitte Noirhomme et Yannick Hamon, que nous remercions encore pour leur disponibilité, s’en sont déjà chargés. Nous ferons donc part uniquement de notre expérience personnelle.

    Nous avions déjà eu l’occasion de participer à plusieurs rencontres organisées par la faculté de Sciences Politiques de Turin à ce sujet, il y a deux ans environ. Nous y avons participé avec enthousiasme, et avons créé l’année suivante un espace moodle pour le lectorat de français de niveau avancé, sans toutefois saisir l’ampleur des possibilités offertes.

    Nous avions alors limité notre intervention à l’insertion de quelques informations didactiques ordinaires telles que l’organisation des cours, le matériel didactique utilisé et conseillé. Grâce à l’espace moodle, nous avons pu y ajouter des conseils sur l’apprentissage ainsi que quelques épreuves précédentes sur lesquelles les étudiants peuvent se préparer et nous les envoyer par courrier électronique pour correction. Cela a permis d’entrer en contact avec les étudiants non fréquentants, évitant ainsi qu’ils ne se présentent à l’examen de lectorat « en touriste » et risquent l’échec.

    Suite à la rencontre de Pérouse, nous avons étendu la plate-forme aux étudiants fréquentants avec la création d’un espace devoirs (visible uniquement par le professeur) ainsi que d’un forum qui permet le partage des opinions car il est visible par tous les inscrits à la plate-forme.

    2. Coordination des lecteurs de langue française en Italie: plate-forme, blog et association

    Le besoin de continuer la relation instaurée avec les collègues rencontrés à Bologne, ainsi que celui de contacter les autres lecteurs qui enseignent la langue française en Italie a justifié l’ordre du jour des travaux de la seconde journée de Bologne, où les lecteurs (lecteurs d’échange, lecteurs et CEL) se sont réunis indépendamment des autres participants de la veille, directeurs de centres linguistiques, professeurs et chercheurs. Un lecteur d’allemand était venu témoigner de l’expérience de nos collègues qui ont créé, il y a quelques années déjà, une association de lecteurs de langue allemande en Italie.

    Un tel objectif semblait, et semble encore aujourd’hui difficile à réaliser, car il nécessite notamment de fonds, sans aucun doute peu accessibles en cette période de “vaches maigres”. Mme Anne Marijnen, attachée de coopération universitaire auprès de l’Ambassade de France à Rome et invitée aux journées de Bologne, nous a cependant laissé quelque espoir quant à une intervention à moyen terme de l’Ambassade qui pourrait nous assister au niveau des formalités à accomplir.

    Il fut donc décidé, dans un premier temps, de se limiter à créer un blog, ouvert à tous, où les lecteurs pourraient échanger leurs expériences didactiques, évoquer leurs problèmes techniques et autres. Créé dès le mois de mars, le blog « enattendantmoodle » compte aujourd’hui une vingtaine de membres et une dizaine d’interventions ont été publiées à ce jour. Leur contenu porte notamment - comme l’indique le nom même du blog – sur des conseils demandés et proposés à propos de l’enseignement au travers de la plate-forme moodle. On y trouve cependant d’autres thèmes plus généraux sur l’enseignement en général et il nous semble important de remarquer le grand enthousiasme qui transparaît dans ces pages. Nous citons ci-dessous quelques phrases qui nous ont semblé emblématiques.

    « L'amour du savoir, puissant levier affectif est suffisamment fort pour avoir raison des dispositions de loi les plus iniques, les plus contraires à la raison didactique. » (Yannick Hamon)

    « Comment résister à la morosité? ... Je me rends compte, tout simplement, que je me sens BIEN en classe. Que l'interaction est, finalement, ce qui me stimule le plus. » (Thérèse Manconi)

    Dans le but de bien séparer les questions inhérentes à la didactique de celles inhérentes au statut des lecteurs, un deuxième blog avait été créé quelques semaines auparavant, sous le nom de « lecteurs de français en Italie », avec pour vocation de partager les problèmes liés aux relations des lecteurs avec l’université italienne, relations bien difficiles comme nous le savons tous. S’agissant de questions plus délicates, car touchant directement la vie professionnelle des lecteurs, il avait été décidé lors de la réunion de Bologne que ce blog aurait été fermé et aurait donc nécessité d’une invitation à entrer. Il nous avait semblé à l’époque que ce choix risquait de limiter les échanges puisque techniquement plus difficile d’accès. Or, il n’en a rien été. Bien au contraire, le bilan est plus positif que pour le premier blog puisqu’une trentaine d’interventions ont vu le jour sur « lecteurs de français en Italie » et nous avons compté une quarantaine de contributeurs. Apparemment, le fait de participer à un blog non public est largement préféré par les collègues, et les problèmes techniques qui nous semblaient presque insurmontables, n’ont visiblement pas préoccupé les collègues, bien plus férus que nous-même en navigation internet.

    Nous avons remarqué également que le domaine des interventions va bien au-delà des questions d’ordre purement “syndical”, comme cela avait été prévu au départ, puisque, par exemple, le bilan de la rencontre de Pérouse a été commenté par plusieurs collègues qui ont choisi de publier leur texte sur ce deuxième blog. Et, mis à part les messages d’ordre technique insérés au moment de la création du blog, nous y avons lu également, au cours des mois précédents, conseils pour compléter la formation de l’enseignement à distance ou encore questions sur l’organisation des cours de fle.

    La troisième action qui a suivi “Bologne”, qui était la primordiale, a consisté à contacter les personnes non présentes à notre rencontre. Plusieurs des lecteurs présents ont accepté de contacter les collègues de leur propre région ou de régions limitrophes. Parallèlement, nous avons reçu une liste de 130 lecteurs avec leur adresse électronique que nous avons contactés avec une lettre d’appel2 à se manifester et à participer aux blogs institués. Une trentaine de messages sont revenus pour adresse inexacte et une cinquantaine ont renvoyé l’avis de lecture du message. Une vingtaine ont répondu par courrier, manifestant, en général, leur intérêt pour l’initiative.

    La seconde rencontre à Pérouse, a pourtant eu assez peu de succès au niveau du nombre des participants. Sans doute faut-il l’imputer à la période - fin du mois de septembre - où certains étaient occupés par la session d’examens de ce mois-là. Ce fut par exemple le cas des collègues de la Faculté de Langues de l’Université de Turin. Et encore, la ville de Pérouse, bien que située au centre de l’Italie, ce qui aurait dû théoriquement faciliter les déplacements pour des raisons de distance, est assez mal desservie par les transports en commun, ce qui a certainement constitué un handicap supplémentaire. Une quinzaine de lecteurs étaient néanmoins présents, et certains n’avaient pas participé aux journées de Bologne, ce qui signifie que l’on peut situer le nombre de participants à l’une des rencontres au moins, à une trentaine environ. Certains d’ailleurs représentaient leurs collègues absents. Nous pouvons ajouter qu’il aurait été difficile d’être beaucoup plus nombreux, l’après-midi ayant consisté en une mise en pratique autour d’ordinateurs.

    Ayant eu la chance d’être présente aux deux rencontres, nous pouvons témoigner du grand enthousiasme qui a marqué ces rendez-vous.... envie de connaître, de progresser, de se diversifier... mais aussi de se connaître, de se retrouver, de partager à la fois moments de travail et moments de convivialité.

    Conclusion : quel est le rôle des lecteurs aujourd’hui ?

    Parler d’autoformation et de promotion professionnelle pour les lecteurs conduit nécessairement à poser une question qui se situe en deçà d’un tel parcours : quel est donc le rôle des lecteurs de langue au sein de l’université ?

    Cette figure n’est pas tout à fait nouvelle puisqu’il existait déjà dans les années 50 des lecteurs italiens de langue latine à l’Université3. Ce n’est tout de même qu’à la fin des années 70 que l’université italienne a décidé de faire appel à des diplômés universitaires de langue maternelle recrutés sur place pour apporter un support didactique à l’enseignement des langues, alors en développement. Notre propos n’est pas d’entrer ici dans le détail d’un statut juridique toujours aussi nébuleux aujourd’hui, malgré, ou peut-être justement à cause des nombreuses réformes qui se sont succédé et qui ont conduit à changer le titre d’une partie de la catégorie, passant de la dénomination de  “Lettore” dans les années 80 à celle de “Collaboratore e Esperto linguistico” dans les années 90. Ces réformes n’ont pour autant jamais précisé de manière satisfaisante le rôle de ce personnel de l’université, allant même jusqu’à nier le fait que les Lecteurs aient une activité d’enseignement…

    Partant au contraire du présupposé, difficilement contestable, selon lequel l’activité principale des lecteurs consiste à enseigner leur propre langue maternelle, il est intéressant de remarquer que cette action peut revêtir différentes formes. D’après une brève enquête mise en place à partir des rencontres de Bologne et Pérouse, il apparaît que les lecteurs peuvent enseigner, selon les facultés et selon les universités, aussi bien dans le cadre de centres linguistiques, qu’en dehors de ces centres, et surtout que le contenu de l’enseignement peut varier considérablement. Dans certains cas, les lecteurs proposent aux étudiants une connaissance technique de la langue, à travers l’enseignement de la syntaxe, mettant l’accent sur la compétence à l’écrit, compréhension et production; dans d’autres, c’est plutôt la compétence de l’oral qui est approfondie. Parfois, les lecteurs offrent un enseignement de langue de spécialité, qu’il s’agisse de la langue de l’entreprise avec des notions d’économie ou bien de la langue de la presse, ou encore de la langue juridique. Dans d’autres cas encore, leur enseignement a un objectif précis, comme celui de la traduction, qu’il s’agisse de technique de traduction de textes généraux ou de textes de spécialité. Il peut aussi s’articuler autour de la préparation de certificats de langue, Delf, Dalf, diplômes de la Chambre de commerce, etc.

    En fait, ces différences au niveau des activités dépendent aussi de l’interaction avec les autres acteurs universitaires de la didactique des langues: professeurs et chercheurs. Il ne semble donc pas possible de définir le rôle des lecteurs sans définir aussi celui des professeurs de langue et des chercheurs, même si, là aussi, la situation n’est pas toujours beaucoup plus claire: les chercheurs qui devraient faire principalement de la recherche, pratiquent également l’enseignement et parfois même de manière intensive, ce qui a lieu souvent au détriment de leur recherche. Les professeurs eux-mêmes proposent différents contenus dans leur enseignement qui peuvent aller d’un cours monographique, à un enseignement de linguistique, de littérature, ou encore à un approfondissement de la syntaxe.

    Si l’on tente une définition du rôle des lecteurs qui procède par exclusion de compétence, on pourrait affirmer, par exemple, que le lecteur enseigne mais ne fait pas de recherche. Or, ce qui est sans doute vrai au niveau du contenu des heures que les lecteurs déclarent dans le compte-rendu annuel d’activité ne l’est pas dans la réalité. Les lecteurs sont amenés eux aussi, s’ils veulent progresser ou même maintenir la qualité de leur enseignement, à se mettre à jour, à évoluer, et ce aussi bien pour répondre aux demandes toujours plus variées des étudiants, qui sont fonction des changements de société, que parce qu’un enseignement de haut niveau implique des rapports constants avec le pays d’origine et avec le monde de la recherche.

    Ainsi le développement croissant de l'internationalisation de l'université italienne qui accueille de plus en plus d'étudiants dont la langue maternelle n'est pas l'italien (mobilité ou immigration), a justifié la naissance des CEL de langue italienne. L’évolution de la technologie est en cause également, qui va au-delà des traditionnels laboratoires de langue puisqu’on parle de plus en plus aujourd’hui d’enseignement à distance, dont les techniques sont utilisées pour les étudiants qui choisissent ce type d’enseignement, mais aussi pour compléter un enseignement traditionnel avec, comme nous l’avons vu par exemple, l’utilisation des plateformes moodle. Dans ces domaines, une interaction avec une autre catégorie de personnel de l’université est indispensable: il s’agit des techniciens informatique qui assurent le support à la didactique pour toutes les disciplines et pour les langues en particulier, qu’ils soient rattachés aux CLA ou aux présidences des facultés.

    Pour ce qui est des rapports avec le pays d’origine, l’évolution toujours plus rapide de notre société et, partant, du contenu de la communication entre ses différents membres, implique un suivi constant de la part de celui qui veut enseigner une langue actuelle.

    De même, les lecteurs ne doivent pas être isolés de la communauté scientifique, sinon ils perdent l’opportunité de se confronter aux expériences et aux recherches de ses membres, qu’ils soient professeurs, chercheurs ou lecteurs eux-mêmes. Cela implique à notre avis un changement d’attitude de part et d’autre : une disponibilité personnelle à l’acquisition de connaissances nouvelles, à une remise en question permanente ; mais aussi un accueil au sein de cette communauté qui passe par une information régulière de toutes les initiatives concernant la didactique des langues.

    Les journées de Bologne constituent le point de départ d’une nouvelle stratégie. Il appartient aux lecteurs de convaincre leurs collègues de l’importance de cet engagement. Et aux professeurs et chercheurs de continuer dans la voie d’un dialogue permanent.

    REFERENCES

    Bibliographie

    BONNET, David, L’essentiel de la méthodologie juridique, Paris,Ellipses, 2006.

    LAFAILLE, Gabrielle, F comme… français, Roma, Aracne, 2009.

    MANGIANTE, Jean-Marc, PARAPETTE, Chantal, Le français sur objectif universitaire, P.U.G., Grenoble, 2011.

    Sitographie

    www.caf.fr

    www.cidj.com

    www.ciup.fr

    www.crous.fr

    www.fnaim.fr

    Blogs des lecteurs de français en Italie 

    http://lecteursdefrancaisenitalie.blogspot.com

    http://enattendantmoodle.blogspot.com


    Matériel video

    MANGIANTE, Jean-Marc, PARAPETTE, Chantal, Le français sur objectif universitaire, DVD-ROM, Grenoble, P.U.G., 2011.

    KLAPISCH, Cédric, L’Auberge espagnole, 2002.

    Annexes

    Annexe 1 : Programme de la rencontre de Perouse (23 septembre 2011)

    Annexe 2 : Lettre aux lecteurs de français en Italie suite aux journées de Bologne en février 2011.

    Annexe 1: Rencontres de Pérouse: statuts administratifs des centres de langue et pratiques pédagogiques

    Université de Pérouse

    Vendredi 23 septembre 2011

    08h45 : accueil des participants


    1ère partie (09h00 - 11h30): Les CEL/lecteurs (de FLES) dans les Universités italiennes
    Table ronde consacrée aux aspects administratifs (statuts et perspectives)
    Animé par Thérèse Manconi (Università di Pavia)


    09h00 – 10h00 : Statuts & Structures CLA? Facultés ? modèles de gestion. Tour d’horizon et discussion


    10h00 -10h30 : Les contrats : échanges de « bonnes pratiques » pour les contrats locaux des lecteurs/CEL dans les universités italiennes


    Pause


    11h00 – 11h30 la réforme des statuts de l’Université : nouveautés , « cahier de doléances » : quelles évolutions pour les missions pédagogiques des centres ?


    11h30-13h00  : Retours de pratiques TICE – atelier animé par Yannick Hamon (Università di Bologna)


    Intervenants :


  • Gabrielle Laffaille (Torino): Préparation au séjour Erasmus / diplôme binational vers des pays francophones

  • Thérèse Manconi (Pavia): Première expérience sur Moodle

  • Yannick Hamon (Bologna): Powerpoint et espaces Moodle pour les cours de langue à la faculté de Sciences Politiques et de la SSLMIT (Scuola Superiore di lingue Moderne per Interpreti e Traduttori).

  • Brigitte Noirhomme (Pérouse): S'ouvrir au web 2.0

  • Chaque présentation sera suivie de 10 minutes consacrées aux questions et discussions.


    PAUSE REPAS


    2ème partie  14h30- : Moodle, de la pâte à modeler ?
    Deux ateliers de formation à l'utilisation de la plate-forme Moodle co-animés par Yannick Hamon (université de Bologne) et Brigitte Noirhomme (Università di Pérouse)

    14h30 – 16h00 Atelier 1 : démarrer avec Moodle (niveau débutant)


    Durée : 1h30
    Objectif : permettre aux participants de créer leur espace
    Modalités : manipulation guidée sur ordinateur en simultané. Les opérations sont montrées une première fois, puis une deuxième fois suivie de la manipulation simultanée des participants.

    Programme :

    A) Créer son espace
    -Principes d'organisation (rendre un cours visible/invisible ; déplacer ; supprimer)
    -Principes d'inscription (accès des étudiants avec clef, sans clef, accès collègues)
    -Aménager son espace (éléments de menu)


    B) Ajouter des éléments à une section
    -Ajouter une étiquette et mettre une image dans l 'étiquette
    -Ajouter un document
    -Ajouter un lien Internet
    -Ouvrir un forum – ajouter une discussion dans un forum.


    Pause
    16h30 – 18h00 Atelier 2 : peaufiner son Moodle


    Durée : 1h30
    Objectif : permettre aux participants de personnaliser leur espace et d'utiliser de nouvelles fonctionnalités
    Modalités : même mode opératoire que pour l'atelier 1


    Programme :


    A) Utiliser le wiki (écrit progressif et collectif)
    B) Faire construire un glossaire (confier un accès tuteur aux étudiants pour leur permettre
    d'ajouter des éléments)
    C) Sondages (soumettre et/ou faire produire des sondages, des questionnaires)
    D) Proposer des activités pour l'oral (en différé ou en synchrone)




    Annexe n°2 : Lettre aux lecteurs suite aux journées de Bologne en février 2011


    Bonjour!

    Cette lettre, que vous avez peut-être déjà reçue, vous parvient au nom d’un groupe de lecteurs de français ayant eu l’opportunité de participer au colloque organisé à Bologne en février dernier sur le thème « le français dans le contexte plurilingue des Centres linguistiques ».

    Il s’agit d’une grande nouveauté puisque, pour la première fois, des lecteurs étaient invités, comme participants et comme intervenants, à une rencontre de travail, et nous en remercions les organisateurs, professeurs et chercheurs.

    Ceci nous a permis de confronter nos activités avec celles de nos collègues; certains ont fait part de leur expérience dans différents domaines de la didactique du fle, tels que certifications, plates-formes de rencontre sur le net comme forme d’enseignement, préparation des étudiants aux séjours Erasmus, etc...

    Nous avons eu également l’occasion d’échanger nos points de vue sur situations contractuelles, rapports - parfois plutôt absence de rapports - avec supérieurs et institutions, italiennes ou françaises qu’elles soient.

    Au cours d’une dernière réunion, où seuls les lecteurs étaient présents, nous avons pris la décision de nous organiser en association de « Lecteurs de français en Italie », à l’instar de nos collègues de langue allemande, déjà organisés en ce sens depuis plusieurs années. Ceci devrait nous permettre, enfin, de sortir de l’ombre et de l’isolement  auxquels nous sommes trop souvent exposés.

    Nos premiers pas vont vers l’institution, sous ce même titre, d’un blog, destiné aux échanges de type syndical, et d’une plate-forme moodle, prévue pour les échanges de type didactique. Le collègue Yannick Hamon (yannick.hamon@unibo.it), de l’université de Bologne, a déjà mis en ligne le blog suivant : http://enattendantmoodle.blogspot.com:80/ Vous êtes invités à vous y inscrire, ce qui nous donnera aussi l’occasion de nous « compter » plus facilement.

    L’association, dont la constitution sera un peu plus longue pour raisons de formalités, nous permettra également de devenir un interlocuteur potentiel avec les autorités (Ambassades, Ministère italien, CRUI, Institutions Européennes...) et les associations sectorielles (syndicats, associations des “francesisti”, AICLU...).

    Je signale aussi que les lecteurs sont invités à se rendre, puis à s’inscrire (partie du site en construction) sur le portail Etudes Françaises Mises en Réseau qui vient d'être inauguré  par l'Ambassade de France. www.efmr.it

    Il s’agit à présent de contacter le plus grand nombre, afin que nous puissions tous adhérer au groupe qui est en train de se constituer et qui s’est donné rendez-vous pour l’année prochaine, à nouveau à Bologne (université située géographiquement à peu près au centre de l’Italie, et disposée à nous recevoir grâce aux responsables de son centre linguistique, le CILTA). Je vous remercie donc de me signaler les personnes que j’ai nécessairement oubliées.

    Je vous remercie de bien vouloir me répondre, ou au moins me donner confirmation de réception du message afin que je puisse mettre à jour la liste des lecteurs de langue française en Italie.

    Pour les lecteurs présents à Bologne le 19 février

    Gabrielle Laffaille, lecteur à l’université de Turin

    1
    Voir programme en annexe1.

    2
    Nous présentons en annexe le contenu de la lettre.

    3
    Ce fut le cas d’un ecclésiastique, ancien évêque d’Alessandria et récemment décédé, Mgr Fernando Charrier.

    Per citare questo articolo:

    Gabrielle LAFAILLE, Les lecteurs de français au sein de l’université italienne: parcours d’autoformation et promotion professionnelle. Compte-rendu sur les développements après l'assemblée à Bologne et sur la 2ème rencontre à Pérouse, Repères DoRiF n. 1 - juillet 2012 - Le français dans le contexte plurilingue des Centres Linguistiques Universitaires italiens, DoRiF Università, Roma juillet 2012, http://www.dorif.it/ezine/ezine_articles.php?id=22

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