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Natacha NIEMANTS

Du terme à traduire au terme traduit : moments de négociation dans l'interprétation de dialogue en milieu médical

Natacha S.A. NIEMANTS
Dipartimento di Educazione e Scienze Umane
Università di Modena e Reggio Emilia, Italia
natacha.niemants@gmail.com

Résumé

La pratique de l’interprétation de dialogue en milieu médical s’éloigne souvent des « normes » de l’éthique professionnelle et de la formation universitaire et ne suit pas nécessairement le « modèle du conduit », qui voudrait que l’interprète traduise tour-par-tour les énoncés des interlocuteurs primaires. Les éloignements de ce modèle sont particulièrement évidents en présence de la terminologie scientifique, là où la traduction des termes médicaux est souvent le résultat d’une construction conjointe visant à la compréhension partagée de ce dont on parle. Dans cet essai, nous présenterons une Analyse Conversationnelle de deux moments de négociation de termes à traduire de l’italien vers le français et vice versa, en observant que la traduction est le fruit d’une activité coopérative impliquant l’interprète, le patient et le personnel soignant. Notre objectif est de montrer que la traduction de la terminologie médicale est loin d’être une question purement linguistique qui n’intéresse que les interprètes, mais se rattache à la question plus générale de la compréhension des participants et de la vulgarisation scientifique.

Mots-clefs : entretien clinique, interprétation de dialogue, terminologie médicale, coordination, vulgarisation

Abstract

The practice of dialogue interpreting in healthcare is often far from the norms of professional codes of conduct and academic training and does not necessarily follow the “conduit model” (an AIBIA turn pattern). Departures from this model are particularly evident in the presence of scientific terminology, where the translation of medical terms is often the result of a co-construction process aiming at a shared understanding of what people say. In this paper, we will present a conversation analysis of two negotiations of terms to be translated from Italian into French and vice versa, and will observe that translation is the product of a joint effort on the part of interpreters, patients and healthcare workers. The paper sets out to show that translating medical terms is not a purely linguistic task involving interpreters only, but has to do with the broader issues of participants’ understanding and scientific popularisation.

Keywords: medical consultation, dialogue interpreting, medical terminology, coordination, vulgarization

Introduction

En raison de la quantité de patients étrangers qui ont accès aux centres de soins, la participation des interprètes aux entretiens cliniques s’avère cruciale. En se basant sur l’analyse d’un corpus d’entretiens authentiques italien-français, nos recherches ont montré (NIEMANTS 2015) que la pratique de l’interprétation de dialogue s’éloigne souvent des « normes » de l’éthique professionnelle (cf. AAVV 2004) et de la formation universitaire (cf. MACK et RUSSO 2005). En particulier, l’interprétation ne suit pas nécessairement ce que Reddy (1979) a nommé le « modèle du conduit », qui voudrait que l’interprète (I) traduise tour-par-tour (T) les énoncés de deux interlocuteurs primaires (A et B) qui ne se comprennent pas.

A: Tour 1 (T1 dans la langue de A)

I: Tour 1’ (= traduction du T1 dans la langue de B)

B: Tour 2 (T2 dans la langue de B)

I: Tour 2’ (= traduction du T2 dans la langue de A)

A: Tour 3 (T3 dans la langue de A)

I: Tour 3’ (= traduction du T3 dans la langue de B)

B: …

Les éloignements de ce modèle sont particulièrement évidents en présence de la terminologie scientifique, là où la traduction des termes médicaux est souvent le résultat d’une construction conjointe, le produit d’un jeu d’initiatives communicatives visant à la compréhension partagée de ce dont on parle. De fait, les termes ne permettent de référer « que si d’autres locuteurs établissent le même lien entre une catégorie dans le monde et un signe » (GAUDIN 2003 : 35), et ce lien se construit dans et à travers l’interaction.

L’étude qui suit se situe dans une perspective socioterminologique qui résulte, pour employer les mots de Gaudin, « d’une position épistémologique critique : accent mis sur les pratiques langagières et non plus sur la seule ‘langue’ réglée des experts et des normes ; […] primat accordé à la description sur la prescription dans l’intervention des linguistes » (1994 : 7). Comme ce même auteur l’a mieux précisé dans des ouvrages successifs (GAUDIN 2003 et 2005), la socioterminologie est une approche sociolinguistique de la terminologie qui se caractérise par l’étude de la circulation sociale des termes, en prenant en compte l’attitude du locuteur envers les termes véhiculés (cf. aussi GAMBIER 1991).

Suivant une telle perspective, dans cet essai nous mettrons l’accent sur les pratiques langagières des participants à une interaction et sur la façon dont ils réagissent aux termes techniques. En particulier, nous analyserons deux moments de négociation de termes à traduire et nous observerons que la traduction de « menarca » (italien > français) ou de « paludisme » (français > italien) est le fruit d’une activité coopérative impliquant l’interprète et le patient, dans le premier cas, et l’interprète et les deux autres interlocuteurs, dans le second.

Notre objectif est de montrer que la traduction de la terminologie médicale est loin d’être une question purement linguistique qui n’intéresse que les interprètes, mais qu’elles’insère dans un mécanisme de gestion de la compréhension des interlocuteurs (BARALDI et GAVIOLI 2012) qui se rattache à la question plus générale de la vulgarisation scientifique (JACOBI 1986). En effet, la prévention de nombreuses maladies « dépend de la capacité à informer les populations concernées » (SLODZIAN 1994 : 36 [italique dans l’original]), et cette information passe par une double traduction : non seulement la traduction entre deux langues, mais aussi la traduction entre le monde savant du médecin et le monde moins savant du patient. Dans un cas comme dans l’autre, les interprètes occupent la position dite « du 3e homme », se rapprochant d’autres « groupes-charnière » dans la socialisation des savoirs (cf. GAMBIER 1991 : 13).

1. Quelques repères théoriques

Les analyses d’entretiens cliniques en présence d’un interprète sont assez récentes et remontent à la thèse de Wadensjö (1998) sur des interactions entre locuteurs parlant suédois et russe. Parmi les publications qui ont suivi, on retrouve les volumes dirigés par Mason (1999), Gavioli (2009) et Baraldi et Gavioli (2012), qui recueillent des recherches sur des données en plusieurs langues, ainsi que d’autres études menées sur des patients de langue – entre autres– arabe (VALERO-GARCES 2005), chinoise (PASQUANDREA 2011), espagnole (ANGELELLI 2004), française (TRAVERSO 2003), italienne (MERLINI et FAVARON 2005), néerlandaise (KRYSTALLIDOU 2013), portugaise (MEYER et al. 2003) et russe (BOLDEN 2000).

Ces études ont montré que, indépendamment des langues impliquées, les interprètes ne font pas une simple traduction des tours individuels du médecin ou du patient, mais qu’ils exercent en même temps une activité de « coordination » (WADENSJÖ 1998), par laquelle ils contribuent à l’organisation des tours de parole et au développement de l’entretien.

1.1 Traduction et coordination

Tout en étant indissociables dans l’interaction, ces deux fonctions peuvent être plus ou moins évidentes dans une interprétation de dialogue.

D’après Wadensjö (1998 : 106), l’interprétation est (premièrement) traduction lorsque les énoncés des interprètes sont analysables en tant que reformulations du tour « original » qui précède. En fonction de leur proximité aux énoncés des interlocuteurs primaires, ces reformulations peuvent être qualifiées comme des extensions ou des]réductions (cf. WADENSJÖ 1998 : 107) ou bien analysées en tant que tours synonymiques. En effet, si l’on en croit Cappello et al.,

La synonymie, au sens de dire la même chose d’une autre manière, existe également au niveau de la phrase, de l’énoncé ou du tour de parole. Bien évidemment, il ne saurait s’agir d’éliminer la dimension lexicale de la question de la synonymie et de l’équivalence sémantique, mais de la dépasser et de l’intégrer à une conception élargie de ce que l’on nommera la synonymie discursive. (2012 : 9 [italique dans l’original]).

La construction collaborative de la traduction dans l’interaction peut donc être envisagée aussi comme une construction collaborative de la « synonymie discursive » dans une autre langue, là où la synonymie peut devenir une véritable stratégie communicative visant à clarifier le sens pour un interlocuteur moins savant (BURGER 2012). Comme le souligne Prandi,

Un lessico di specialità non rimane confinato a un’élite di specialisti, ma circola in una società stratificata, dove gli specialisti puri coesistono con gli utenti non specializzati e con gli specialisti che con questi ultimi sono in contatto. Per venire incontro in modo adeguato alle diverse funzioni sociali, un lessico di specialità è pronto a stratificarsi in funzione della stratificazione degli utenti esattamente come l’accesso ai lessemi di una lingua naturale si differenzia in funzione della stratificazione sociale dei parlanti. Sullo sfondo di queste osservazioni, la sinonimia diventa una risorsa funzionale (2009 : nd).

Autrement dit, « il ne suffit pas, quand on transmet un savoir, de parler vrai, il faut aussi parler clair » (GAUDIN 1994 : 11) et la synonymie peut justement servir à traduire les termes du spécialiste dans les mots du patient, en faisant ainsi la médiation entre la « voix de la médecine » et celle « du monde vécu » (cf. LACOSTE 1993 à propos de MISHLER 1984).

L’interprétation est (premièrement) coordination lorsque l’interprète prend toute sa place de 3e homme dans l’interaction et produit des énoncés qui n’ont pas nécessairement d’homologue dans le tour « original » des deux autres interlocuteurs. Entre autres, ces énoncés peuvent servir à vérifier si ce qui précède a été bien compris, ce qui est par exemple le cas des questions d’éclaircissement dont parle Wadensjö (1998 : 110), ou à promouvoir le récit des interlocuteurs qui peinent à s’exprimer, ce qui est plutôt le cas des questions de promotion analysées par Baraldi (2012). Dans un cas comme dans l’autre, la coordination de l’interprète s’avère cruciale pour négocier la parole à traduire, qui ne peut exister que si l’interlocuteur s’exprime et si l’interprète le comprend.

Par ailleurs, la recherche montre que l’interprète doit comprendre non seulement la langue parlée par le patient étranger, mais aussi le fonctionnement, les phases et les objectifs de l’entretien clinique (GROSSEN et SALAZAR-ORVIG 2006 ; HERITAGE et MAYNARD 2006). À ce propos, les études de Davidson sur la phase de collecte d’informations (ou anamnèse) du patient ont montré que « while the interpreters do in fact convey much of what is said, they also interpret selectively, and appear to do so in a patterned (non-random) fashion » (2000: 400). Plus précisément, les interprètes ont tendance à réduire les réponses des patients en ne laissant filtrer que les informations servant à reconstruire leur histoire clinique et en éliminant ce qui n’a pas trait à l’anamnèse. Ce faisant, ils affichent leur compréhension des priorités et des raisons de cette phase et ils agissent en tant que « informational gatekeepers who keep the interview ‘on track’ and the physician on schedule » (Ibid.).

Comme le souligne Davidson lui-même, les interprètes traduisent pour une raison, parce qu’il y a un objectif communicatif à atteindre (Ibid.) et une analyse socioterminologique bien comprise ne peut pas être « coupée de la pratique sociale, des discours au sein desquels les termes sont utilisés, des visées pragmatiques qu’ils servent » (GAUDIN 1994 : 8). Lorsqu’on analyse les tours des interprètes, on devrait donc peut-être également les juger en fonction de leur capacité à contribuer aux visées de l’interaction en cours, et pas seulement en fonction de leur proximité aux tours, et aux termes, originaux. Dans le cas de l’anamnèse, qui se structure comme une série de questions du médecin et de réponses du patient (HERITAGE 2010a), la traduction de ces questions et réponses n’est vraisemblablement pas la seule action servant à collecter des informations sur le patient. En fait, plusieurs études sur les entretiens cliniques en présence d’un interprète montrent que celui-ci agit en tant que « co-interviewer » (DAVIDSON 2000), « co-diagnostician » (HSIEH 2007) ou « co-therapist » (BOT et VERREPT 2010) qui coordonne l’interview du patient, lui pose à son tour des questions et obtient, ce faisant, davantage d’informations. Sans vouloir juger cette pratique, qui paraît assez fréquente dans le domaine médical, nous nous limiterons ici à observer que les médecins ont tendance à déléguer certaines tâches (comme collecter des informations ou fournir des indications) à l’interprète, qui est perçu comme faisant partie d’une équipe et comme collaborateur du personnel soignant.

2. Description des données et de la méthodologie

Notre étude se base sur une conversation qui fait partie d’un plus vaste corpus d’entretiens cliniques. Il s’agit d’une vingtaine d’interactions, dont certaines ont été enregistrées dans deux provinces de la région Emilie-Romagne et impliquent des patients francophones, tandis que d’autres ont été enregistrées dans une province du sud de la Belgique (à majorité francophone) et voient la présence de patients italophones. Les interprètes impliquées sont quatre femmes d’un âge compris entre 20 et 50 ans appartenant aux communautés immigrées : les deux qui travaillent en Belgique sont d’origine et de nationalité italienne ; celles qui travaillent en Italie viennent du Maghreb.

Comme la plupart des entretiens que nous avons enregistrés et transcrits1, cette conversation se déroule dans le service d’obstétrique et de gynécologie avec une femme-médecin (M), une patiente (P) et une interprète (I) de sexe féminin. Aussi bien la patiente que l’interprète sont « africaines », mais P est une ivoirienne qui a longtemps vécu au Burkina Faso, alors que I est une tunisienne de langue maternelle arabe. Toutes deux utilisent le français comme langue véhiculaire et aussi bien leur degré de connaissance de cette langue seconde que leur provenance géographique auront des retombées sur l’interaction en question.

L’approche méthodologique utilisée est celle de l’Analyse Conversationnelle (AC), qui remonte à une publication par trois chercheurs américains (SACKS et al. 1974) et qui a ensuite été reprise par plusieurs chercheurs français (cf. TRAVERSO 1999 ; MONDADA 2007). L’une des thèses de l’AC est que l’organisation de la conversation est le résultat de l’activité des participants, manifestant les uns aux autres leur compréhension de ce qu’ils font dans l’interaction. Le concept de base de l’AC est la « paire adjacente », à savoir une paire de tours complémentaires tels que

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Cet exemple tiré (et traduit) de Heritage (2010b : 212) montre qu’il existe une « action première » qui projette une action complémentaire de la part de l’interlocuteur, ainsi qu’une « action seconde » qui se réfère à la première, et que cette paire adjacente manifeste ce que l’interlocuteur (dans notre cas Bar) a compris de l’activité en cours. Si Bar répondait par un

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elle manifesterait qu’elle a interprété le même énoncé d’une manière différente : non pas comme une invitation, mais comme une plainte de Ann.

Le fait de « montrer » sa propre interprétation de l’activité en cours est crucial pour la co-construction de l’interaction. Heritage (1985) parle d’ailleurs de « rendre publique », c’est-à-dire claire pour les interlocuteurs, notre interprétation de cette activité. Ainsi, les actions qui ont lieu dans la conversation se réfèrent non seulement aux actions précédentes, mais, ce faisant, elles rendent publique une manifestation de compréhension de l’action à laquelle elles se réfèrent.

Il en découle deux considérations importantes pour les études sur l’interprétation. Tout d’abord, puisque l’interaction en présence d’un interprète se produit entre locuteurs de langues différentes, la « manifestation publique » à travers laquelle les interlocuteurs montrent aux uns et aux autres leur propre interprétation des activités en cours devra prendre des formes différentes par rapport à ce qui se passe dans l’interaction monolingue, et ces formes seront vraisemblablement des formes de traduction (GAVIOLI et NIEMANTS 2013 : 238).

Ensuite, la présence de la traduction constitue une véritable richesse pour les études sur l’interaction. Le tour de l’interprète correspond, en fait, à une réponse spéciale au tour qui précède : ce n’est pas une réponse à l’énoncé de l’interlocuteur primaire, mais une version de cet énoncé (cf. MASON 2006 : 364-365). En l’observant avec les lentilles analytiques de l’AC, on peut donc vérifier à la fois la réception de cet énoncé de la part de l’interprète, c’est-à-dire sa compréhension, et sa production d’une version pour l’autre interlocuteur. C’est ce que les analystes de la conversation appellent recipient design, se référant à une « multitude of respects in which the talk by a party in a conversation is constructed or designed in ways which display an orientation and sensitivity to the particular other(s) who are the co-participants » (SACKS et al. 1974 : 727).

Comme le remarquent Heritage et Clayman (2010 : 136), cette orientation vers l’interlocuteur est particulièrement visible dans les questions que le médecin adresse au patient lors de l’anamnèse. En effet, ces actions premières ne se limitent pas à projeter la réponse du patient, mais la façon dont elles sont « formatées » montre au moins deux autres choses : d’une part, l’attention du médecin intervieweur aux circonstances du patient interviewé, et d’autre part, le type de réponse que le médecin souhaite recevoir afin d’atteindre les objectifs de l’interview.

Or, dans l’interprétation de dialogue en milieu médical, entre les questions du médecin et les réponses du patient il y a la compréhension de l’interprète, qui tout en devant limiter son intrusion dans la conversation, ne peut pas se passer de donner sa propre interprétation de la parole à traduire, prenant ainsi sa place dans l’entretien.

3. Analyse des entretiens

Notre analyse porte sur deux exemples de négociation qui se déroulent pendant l’anamnèse : le premier commence lorsque la femme-médecin italophone prononce le terme « menarca » (litt. ménarche) ; le second débute quand la patiente francophone fait allusion au « paludisme ».

3.1 Premier terme : menarca

Au cours de l’anamnèse, la femme-médecin (M) demande à la patiente (P) quand ses règles sont apparues pour la première fois (EX. 1). Alors que M se limite à prononcer le terme médical menarca avec intonation montante, l’interprète (I) « reformate » ce premier tour de façon à promouvoir la compréhension de la patiente (cf. le tour synonymique « la première fois que tu as eu les règles »). Malgré cette version « élargie » du tour original (cf. WADENSJO 1998 : 107), la traduction n’est pas suivie de la réponse de la patiente, qui signale sa réception (cf. « mm hm » au tour 04) mais garde le silence (cf. les pauses aux tours 03, 06, 08). Interprétant ces actions comme des signaux de non-compréhension, I pose donc plusieurs questions de promotion (cf. 05, 07, 09) afin que P réponde, enfin, à la question posée par M au premier tour.

EXEMPLE 1

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En analysant les quatre premiers tours de I nous remarquons que l’interprète s’éloigne de la traduction tour-par-tour pour simplifier le terme à traduire (de « premières règles », à « règles », à « sang »). Ces trois synonymes discursifs ont la fonction de transformer la question du médecin, qui est formulée avec un terme technique, dans des mots plus accessibles à la patiente et ils sont proposés par l’interprète en réponse aux hésitations et aux silences de cette patiente, c’est-à-dire co-construits dans l’enchaînement des tours des deux interlocuteurs.

Dans ce premier exemple nous voyons donc que la traduction d’un terme comme menarca n’est pas affaire de l’interprète elle seule, mais c’est un travail collaboratif impliquant à la fois l’émetteur et le destinataire de la parole traduite, qui est un accomplissement pratique des participants et qui pourrait dépendre de leur stratification sociale.

Nous observons, en outre, que les activités de traduction et de promotion du récit s’entrelacent avec une activité de « co-interviewing » (DAVIDSON 2000). N’ayant pas encore obtenu la réponse qu’elle est censée traduire, au tour 12 l’interprète récupère une information qu’elle avait collectée auparavant, pendant l’interview de la patiente pour laquelle la femme-médecin elle-même l’avait précédemment déléguée. Ce faisant, elle affiche ce rôle de coordinateur de l’interaction bilingue dont parlent Wadensjö (1998) et d’autres auteurs dans son sillage2.

3.2 Second terme : paludisme

Notre deuxième objet d’analyse apparaît environ deux minutes plus tard, lorsque médecin et interprète continuent de co-interviewer la patiente, lui demandant si elle a eu des maladies particulières lorsqu’elle était en Afrique. La patiente répond que non, puis elle précise qu’elle n’a rien eu sauf le « palu »3. Ce terme n’est pas immédiatement traduit dans le tour successif, mais négocié dans l’enchaînement des tours qui suivent, où l’interprète, la patiente et la femme-médecin co-construisent une longue séquence de négociation visant à tracer l’histoire médicale de la femme enceinte.

L’analyse conversationnelle de cette séquence montre que l’interprète exerce la responsabilité de communiquer des significations qui sont construites dans l’interaction et qui sont fonctionnelles à l’activité en cours. C’est en vertu de cette responsabilité que l’interprète s’éloigne du modèle de traduction tour-par-tour pour négocier la signification d’un terme qu’elle ne connaît visiblement pas (EX. 2a) et qu’elle propose enfin de vérifier la traduction du terme sur internet (EX. 2b). Nous en dirons davantage après chaque extrait.

EXEMPLE 2a

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Dans les 10 premiers tours de cet extrait, I cherche à comprendre la signification du terme qu’elle ne connaît pas en négociant avec P de quoi il s’agit. Suite aux silences et aux hésitations de la patiente, l’interprète propose une définition (cf. « une maladie de la peau » aux tours 05-07), qui est toutefois rejetée (cf. le « non » de P au tour 08). La séquence dyadique interprète-patiente est interrompue par la voix de la femme-médecin, là où M se réinsère dans la conversation proposant sa propre traduction : « paludesomia », se composant du préfixe « palude » – probablement par assonance avec le français « palu(disme) » – et du suffixe d’étymologie grecque « somia » – souvent utilisé dans le domaine médical pour se référer au corps.

La production de ce terme, qui n’est d’ailleurs pas attesté, montre que malgré la barrière linguistique qui la sépare de la patiente, la spécialiste cherche à faire ce qu’elle est censée faire dans toute consultation médicale, c’est-à-dire traduire les mots du monde vécu en termes organiques, biologiques ou cliniques (cf. BALLIU 2010). Ce faisant elle projette la réaction de l’interprète, qui manifeste publiquement sa difficulté terminologique à la femme-médecin, jusqu’à présent exclue de la conversation en français, et qui l’implique ainsi dans une séquence de négociation à trois participants :

  • la patiente, qui cherche à expliquer en quoi consiste la maladie avec des tours descriptifs (cf. 15, 19, 23, 26, 43 et 45) et des réponses minimales (cf. 17, 21, 47 et 54) d’où se dégage la voix du monde vécu ;

  • l’interprète, qui recommence à traduire ce que dit la patiente pour inclure la femme-médecin dans la conversation (cf. l’utilisation du verbe « dire » aux tours 25, 27 et 29), en cherchant à faire le lien entre deux langues et deux mondes qu’elle ne maîtrise visiblement pas (cf. les hésitations et les erreurs dans la traduction de mots – comme « moustique » – et de termes – comme « perfusion ») ;

  • la femme-médecin, qui sollicite la traduction, pose des questions d’éclaircissement et manifeste sa réception (cf. « dimmi », « perché » et « ah » aux tours 28, 30 et 32).

  • Malgré leur effort conjoint, les trois interlocuteurs n’arrivent pas à partager la signification du terme en question, donc l’interprète finit par proposer de vérifier sur Google. La femme-médecin accepte cette proposition, qui inaugure l’extrait suivant.

    EXEMPLE 2b

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    La continuation de l’exemple 2 se structure comme une séquence d’indications au travers desquelles l’interprète dirige la recherche du terme sur la toile, et plus précisément dans les outils de traduction de Google. Les deux autres interlocuteurs participent également à la séquence, donnant leur contribution à l’écriture du terme à traduire (cf. le tour 61 de P et le 68 de M) ou affichant leur réception des tours de I (cf. le tour 63 de P et le 71 de M). La séquence se termine par une superposition de I et de M, qui réagissent simultanément à la traduction proposée par le moteur de recherche en disant« malaria ».

    Tout en admettant que ce type de négociation ne peut pas être la norme dans les entretiens cliniques, où une idée d’optimisation veut que l’interprète connaisse déjà la signification des termes à traduire, deux ordres de réflexions se dégagent de ce cas limite.

    D’une part, le fait que face à une lacune qui peut toujours se présenter lors d’une interaction bilingue, l’interprète peut assumer la responsabilité de la communication en gérant le problème terminologique avec les interlocuteurs. C’est en vertu de sa responsabilité communicative que l’interprète (a) s’éloigne du modèle du conduit pour négocier avec la patiente, d’abord, et avec la femme-médecin, ensuite, la signification du terme à traduire et (b) n’hésite pas à admettre publiquement sa non-compréhension de ce terme, suggérant l’utilisation de la traduction automatique.

    D’autre part, les difficultés manifestées par cette interprète tunisienne nous poussent à réfléchir sur les implications d’un choix qui s’avère assez fréquent dans le domaine médical, surtout en période de crise économique : celui d’utiliser des interprètes arabophones, dont le français n’est que la langue seconde, pour traduire des patients francophones. Nos exemples ont montré qu’une interprète en provenance du Maghreb n’a pas nécessairement un niveau de français suffisant pour les objectifs de l’entretien clinique et ne connaît pas forcément certaines maladies qui se propagent dans d’autres régions d’Afrique. Donc si les institutions profitent de la bonne volonté d’interprètes qui, faute de mieux, se prêtent à traduire dans des langues moins connues, ces mêmes institutions devraient peut-être les soutenir dans cet effort supplémentaire, en organisant des formations spécifiques et/ou des mises à jour terminologiques.

    À cette fin, il serait utile que les interprètes disposent de fiches terminologiques décrivant les termes dans la complexité de leur utilisation sociale, là où les « premières règles » peuvent être tout simplement du « sang », et où le « paludisme » peut être appelé « palu ». Sans négliger l’apport des fiches statiques (cf. par exemple BADOCCO 2006 ou SETTERS 2012), nous croyons que le défi de la variation peut être mieux relevé en élaborant des fiches terminologiques dynamiques à même de

    registrare la multiforme ricchezza dei lessici di specialità inevitabilmente prodotta dalla formazione e dalla circolazione sociale delle conoscenze specialistiche, e in particolare le serie sinonimiche funzionali alla stratificazione degli utenti, con l’obiettivo di rendere accessibile l’informazione terminologica a strati sempre più larghi. (BERTACCINI et al. 2006: 13)

    Une fiche dynamique est un outil de recherche linguistique et encyclopédique qui se modèle en fonction des exigences de plusieurs catégories d’usagers (donc non seulement les terminologues, mais aussi les interprètes de dialogue et les médiateurs interculturels), en leur montrant un éventail de solutions possibles avec leurs indications d’usage et en leur cachant des informations qui ne sont pas pertinentes pour leur catégorie. Prenons encore le cas du terme « palu » : s’il est vrai que la source de la définition et du contexte sont indispensables pour préciser une unité terminologique, il est vrai aussi qu’elles ne sont pas très utiles lorsqu’il est question de traduire ce terme ; elles pourraient donc être omises dans le modèle de fiche pour les interprètes, qui auront tout de même la possibilité d’y remonter s’ils le souhaitent.

    4. Considérations finales

    Notre exploration a montré que la traduction de la terminologie médicale s’avère un accomplissement collaboratif, qui s’insère dans l’alternance des tours de parole et qui implique à la fois l’émetteur du terme à traduire, le destinataire du terme traduit et le professionnel bilingue qui coordonne le passage de l’un à l’autre. Comme le dit Ballardini, « une interprétation irréprochable au niveau terminologique n’atteindra pas son but si le patient allophone n’est pas en mesure d’en saisir le sens. » (2006 : 46). Les termes deviennent ainsi des moments de négociation entre l’interprète et les deux autres interlocuteurs, la marque d’un phénomène complexe qui se lie à la pratique sociale de l’entretien.

    Le fait que cet entretien se déroule dans le domaine médical requiert de l’interprète une compétence spécifique en la matière, consistant non seulement à connaître la terminologie scientifique et ses stratifications, mais aussi à comprendre les raisons de la communication dont il est responsable. Et si communiquer signifie, comme le rappelle Aston (1988 : 46), « partager » des informations et des points de vue, traduction et coordination peuvent toutes deux servir à mettre les interlocuteurs dans les conditions de se comprendre, de « partager » justement, ce qui se passe dans l’interaction.

    C’est dans un but de partage que l’interprète fait des reformulations et des simplifications qui s’apparentent à celles du vulgarisateur scientifique. Dans les deux cas, il y a l’exigence démocratique de dépasser le jargon spécialisé afin de communiquer un message, il y a une rhétorique qui consiste à « dire autrement », il y a le noble idéal d’un réel partage des savoirs. En somme, il y a « l’importance foncière du rôle de l’Autre, qu’il soit lecteur modèle ou interlocuteur réel, dans la mise en mots de l’instance vulgarisatrice » (PEDERZOLI et REGGIANI 2011 : 148). Et l’Autre, dans notre cas, c’est le destinataire pour qui l’interprète formate ses tours de parole, c’est celui pour lequel et avec lequel il accomplit la traduction.

    Puisque cette traduction se fait dans le contexte d’une institution qui a ses règles et ses variations, il serait éclairant d’en faire une analyse quantitative, mettant notre corpus au service de la recherche en terminologie et en traductologie (cf. VAN CAMPENHOUDT et TEMMERMAN 2011). Une simple analyse des listes de mots témoignerait de la fréquence de termes qui ont à faire avec la grossesse et permettrait d’observer comment ces termes sont négociés dans l’interaction avec les femmes et les familles immigrées. On pourrait ainsi contribuer à dépasser deux des limites de la socioterminologie que Gardin et al. dénonçaient il y a déjà à peu près vingt ans (1994), à savoir le fait qu’elle ait négligé les usages liés à des institutions (en privilégiant des secteurs scientifiques) ainsi que la dimension orale (en lui préférant l’écrit). Même si l’oralité de la parole pose toujours des problèmes plus importants de collecte des données (GALAZZI 2002 et 2004 ; NIEMANTS 2012), et si le développement des études informatisées d’interprétation est ralenti par la difficulté de transcrire et de comparer les données orales (STRANIERO SERGIO et FALBO 2012), un jour les corpus rendront accessibles des variations dont on ignorait l’existence, en montrant à quel point la terminologie est un produit social qui se construit dans le contexte de l’interaction et de l’institution où elle se déroule.

    Références

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    1
    Conventions de transcription utilisées dans cet article :
    ? Première partie du couple adjacent Question-Réponse
    (.)Pauses en dessous d’une seconde
    (x)Pause de x secondes
    [ ]Chevauchement
    italiqueTour (ou partie de tour) en italien

    2
    Pour un recueil de contributions récentes de certains de ces auteurs, cf. BARALDI et GAVIOLI 2012.

    3
    Comme l’écrit Dumont (1990 : 157) « Quand un Africain dit *palu pour « paludisme » (ou « malaria » qui a pratiquement disparu de l’usage), il altère la composition sémique du lexème en éliminant les traits « médical » et « savant », et s’approprie cette dénomination en la faisant coller à la réalité quotidienne ». Une réalité quotidienne que la patiente cherchera à décrire dans les tours qui vont suivre, contribuant ainsi à la traduction de ce terme.

    Per citare questo articolo:

    Natacha NIEMANTS, Du terme à traduire au terme traduit : moments de négociation dans l'interprétation de dialogue en milieu médical, Repères DoRiF n.10 - Le terme : un produit social ? , DoRiF Università, Roma avril 2016, http://www.dorif.it/ezine/ezine_articles.php?id=314

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