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Laura SANTONE

Giovanna - Notice biographique

La créatrice surréaliste Giovanna (pseudoyme-anagramme de Anna Voggi ) est née à Reggio Emilia en 1934. Sur l’invitation d’André Breton elle rejoint, en 1965, le groupe surréaliste et avec son compagnon Jean-Michel Goutier réalise « La Carte absolue », performance dans le cadre de l’exposition internationale du surréalisme « L’Ecart absolu ». En 1967, à São Paulo, lors de l’exposition « A Phala », ses travaux inaugurent un genre nouveau : le dessin automatique à la machine à écrire. Toujours en 1967, elle prend part à l’exposition collective « La Fureur poétique» organisée par José Pierre. A partir de ce moment, elle sera présente dans de nombreuses expositions internationales consacrées au Surréalisme, dont « Surrealism Unlimited », Londres, 1978 ; « Dans la lumière du surréalisme », Bari, 1983 ; « Changer la vue », 1986, Musée de Cahors ; «Paris/Basel/Miami », 2001, Paris, Galerie 1900-2000 ; « Paris y los Surrealistas », Barcelone, 2005 ; « Underwood », Paris, 2011, Galerie 1900-2000.
Dans les années 1972-74, elle re-travaille la grille des mots croisés n. 249 du magazine Le Nouvel Observateur en proposant 250 solutions chromatiques à l'énigme posée. Certaines de ces grilles, que José Pierre rebaptisera « émaux croisées »1, seront jointes à l'édition réservée du livre-objet de Carlos Castaneda, L'Herbe du diable et la petite fumée, publié en 1972 par les éditions Le Soleil Noir. Toujours au Soleil Noir elle publiera en 1976, pour la collection Le récipiendaire, William Blake. « Innocence et expérience », et en 1977 Deus ex machina, deux volumes qui sont aujourd’hui introuvables.
Peinture, écriture et dessin ont toujours constitué pour Giovanna des modes de créations pluriels et complémentaires où signes, couleurs, volumes et formes se rencontrent par réfraction, et font appel au « jamais-vu » sous le(s) jet(s) de l’inspiration créatrice. De la lettre à la toile, du pinceau au geste de l’écrivaine, du verbo-auditif au visuel, c’est l’infini qui se met en action dans le prisme d'une peinture sonore où vibre, « dans des coloris éclatants, l’entrelacement impossible des voûtes de Piranèse »2. Ce qui éclaire le sens de ces mots que Giovanna fait résonner en guise de devise à propos de la peinture-écriture : « La poésie, c’est changer la couleur de la matière grise ».



1
PIERRE, José, La Femme surréaliste, « Cahiers Obliques », 14-15, Ed. Borderie, Paris, 1977.

2
Comme l’écrit Jacqueline Chénieux-Gendron dans le Dictionnaire des femmes créatrices, sous la direction de DIDIER, Béatrice, FOUQUE, Antoinette, CALLE-GRUBER, Mireille, Paris, Editions des femmes, 2013. Voir aussi CHENIEUX-GENDRON, Jacqueline, Il y aura une fois... Une anthologie du surréalisme, Paris, Gallimard, folio, 2002 [rééd. 2004], p. 340-342.

Per citare questo articolo:

Laura SANTONE, Giovanna - Notice biographique, Repères DoRiF Les voix/voies de la traduction - volet n.1 - coordonné par Laura Santone - octobre 2015, DoRiF Università, Roma octobre 2015, http://www.dorif.it/ezine/ezine_articles.php?id=275

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