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Louis PORCHER

Miscellanées

Pour Elisabeth

Si j’ai donné ce titre, peut-être énigmatique, à ma contribution, c’est parce que j’ai vite compris qu’elle ne pourrait pas consister en un texte suivi, comme c’est le cas de tout article qui se respecte. Il m’a semblé que je ne pourrais répondre à cette commande que par des bribes éclatées (des « lopins » eût dit Montaigne, que certainement, comme moi, vous lisez tous les matins). Avouons-le, je n’ai pas pleinement saisi les intentions de ma vieille amie Enrica Galazzi, lorsqu’elle a insisté pour que je contribue à ce numéro. Mais, par affection pour elle, et aussi pour le souvenir très précieux de Danielle Londei, que j’ai rencontrée pour la première fois, paradoxe, à un colloque sur les migrants, en Forêt-Noire (Donaueschingen, qui restera plus célèbre par la musique dodécaphonique que par nos efforts pourtant pleins de bonne volonté), j’ai considéré que je devais acquiescer, et vous voilà, vous lecteurs qui n’avez rien demandé, condamnés à feuilleter ces quelques pages (que vous seriez autorisés à ne pas lire …).
En outre, j’ai toujours été puissamment intrigué, troublé même, par les relations entre l’écriture et la parole. Je me souviens comme d’un mystère que mon très cher Daniel Coste, lisant le premier d’une série d’articles que j’écrivais pour un hebdomadaire, sous le pseudonyme de Strapontinus, m’a écrit, dès le lendemain, en disant « Enlève ton masque, Strapontinus, je t’ai reconnu ». Et j’ai remarqué alors que, moi aussi, sans m’être jamais posé la question, j’étais capable de reconnaître instantanément un écrit du même Coste.
Or, Enrica Galazzi m’avait bien indiqué que ce serait mieux que « mon » texte (au singulier à l’époque) traite des problèmes linguistiques, ou, en tout cas, de langue. C’est, je crois bien, ce qui m’a décidé à accepter. Moi qui me suis fait, tout au long de ma vie professionnelle, traiter de tous les noms par mes collègues estampillés linguistes et qui n’ai pas été en reste à leur égard, j’ai considéré comme une revanche assez suave de divaguer librement sur des réalités langagières de mon choix. Comme je suis philosophe et pas du tout linguiste, j’ai pris cette occasion comme une espèce de signe du destin.

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Les amours et les langues

Dans l’université américaine où j’ai enseigné, un trimestre chaque année, pendant 15 ans, il y avait une règle coutumière et sui generis. Dans les départements de langues vivantes, chacun, professeurs, étudiants et personnels de service, devait impérativement, durant toute la session, n’utiliser comme langue de communication que la langue d’apprentissage. Ce contrat explicite s’appelait le « pledge » et il ne faisait pas bon y déroger.
Comme dans toute entreprise privée, l’université n’avait de compte à rendre à personne. Donc la loi qu’elle avait décidée était « la » loi. Au premier manquement, un avertissement solennel était adressé au « coupable ». Au deuxième, on lui signifiait que c’était la dernière fois. Au troisième il était impitoyablement jeté dehors sans phase et sans appel. En Amérique, vous le savez, tout litige, et même tout délit, peut officiellement se dénouer par de l’argent (voyez, récemment, l’affaire Strauss-Kahn). Donc, et c’était la sanction suprême, le troisième manquement au pledge donnait lieu non seulement à expulsion, mais, en prime, l’université conservait pour elle le montant (exorbitant) des droits que chaque impétrant avait payés pour son trimestre d’enseignement. Dans ces conditions, évidemment, la menace simple d’une telle issue constituait l’arme absolue et tous les étudiants se tenaient à carreau.
Cette année-là, deux étudiants, un jeune homme et une jeune femme qui ne se connaissaient pas du tout auparavant, sont tombés irrésistiblement amoureux l’un de l’autre. Ils étaient toujours ensemble et se regardaient avec passion. C’était un spectacle dont je garde un souvenir ému et profond. En Amérique puritaine, vous ne l’ignorez pas, on n’a pas le droit de se toucher ni de s’embrasser en public. Ils respectaient strictement la règle et sont vite devenus la mascotte de tout le campus. C’étaient Roméo et Juliette, Tristan et Iseult, etc.
Je me demandais, dans mon particulier, s’ils se comportaient pareillement dans leur intimité. Ne se parlaient-ils qu’en français alors qu’ils communiaient dans leur amour réciproque ? En bon hexagonal, j’avais peine à le croire et, même, j’espérais qu’il n’en allait pas ainsi. Mais la suite de l’histoire a bien montré qu’il en allait pourtant ainsi et que, même dans ces moments d’extrême proximité, ils respectaient le pledge. Follement amoureux, certes, mais apprenants d’abord. Ils voulaient, en somme, mériter leurs examens et sauvegarder leur argent.
Quand la session se terminait officiellement, à la dernière heure du dernier cours, le pledge était évidemment levé. Tous les étudiants pouvaient enfin recommencer à parler anglais. C’était une explosion de leur part : ils hurlaient de plaisir, vociféraient, éprouvaient une joie profonde à enfin nous adresser la parole en anglais. Une sorte de charivari, au sens technique de ce terme, un « carnaval » comme l’entendait Bakhtine parlant du langage où tout est permis.
Le lendemain matin, chaque étudiant devait passer chez le directeur. Il accueillit donc à leur tour nos deux amoureux et ceux-ci se présentèrent à lui en pleurs. S’alarmant, il demanda ce qui se passait. C’est la fille qui prit les choses en main.

- Nous venons de découvrir que nous nous aimions follement en français mais que nous ne nous aimions plus en anglais. C’est notre drame et, en même temps, nous l’avons échappé belle.

Je suis tombé de l’armoire quand le directeur, confidentiellement, m’a raconté l’histoire. Presque quarante ans plus tard, je n’en suis pas revenu. J’y pense encore presque tous les jours. Les liens entre les amours et les langues, liens particulièrement intimes, me restent opaques malgré quelques analyses de l’oncle Sigmund. Seule Belle du Seigneur m’a ouvert quelques pistes mais elles restent, aurait dit Borges, des « sentiers qui ne mènent nulle part ». De là s’est renforcée ma conviction que les technocrates ne gagneront pas.

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Etudiants et clients

La première fois que j’ai enseigné aux Etats-Unis, je n’étais pas habitué au système selon lequel les étudiants devaient payer leur séjour et leurs études. J’ai vu par la suite que cette manière de procéder avait, outre ses inconvénients bien connus, certains avantages non négligeables (sérieux des apprenants par exemple).
Afin de mieux se décider devant le grand nombre de cours qui leur étaient proposés, les étudiants avaient le droit de se promener, pendant trois jours (pour cette raison la rentrée avait toujours lieu un mercredi), parmi les enseignements qui leur étaient accessibles. L’une d’entre elle, dont je croyais naïvement qu’elle avait choisi mon cours pas pur intérêt immédiat pour celui-ci, est venue me voir, le troisième jour et m’a dit toute fière :

- Monsieur j’ai acheté votre cours.

J’ai pris le verbe en pleine figure. Je n’avais, jusque-là, jamais imaginé une seconde que l’enseignement pouvait être une marchandise comme les autres. Etre transformé en une sorte d’épicier (ou, plus justement en supermarché), l’expérience était rude pour moi. Ils géraient au mieux leur argent, ces étudiants, et j’ai fait là ma première expérience interculturelle, à laquelle je n’ai jamais cessé de réfléchir jusqu’à aujourd’hui. Et ce n’est pas du tout facile.

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Les mots sont des jeux

J’aime beaucoup les erreurs que font les étrangers en langue française parce qu’elles les amènent à d’authentiques créations auxquelles les « indigènes » devraient bien s’intéresser de plus près (coucou les linguistes !). Quant aux miennes, d’erreurs, en langues étrangères, elles sont tellement nombreuses et grossières que je n’ose pas les mentionner.
En tout cas, l’un de mes thésards américains (j’étais vraiment fier, et je le reste, d’avoir été pleinement intégré au système de là-bas, au point d’être autoriser à diriger des Ph. D.) venait passer avec moi le trimestre que je consacrais à l’université chaque année parce que cela lui permettait de « profiter » au mieux disait-il, de mes conseils. Il se séparait ainsi, pendant une assez longue durée, de son épouse et de son jeune fils et c’était un effort qui, à chaque fois, m’épatait.
Il téléphonait chaque soir chez lui et, aussitôt après, venait me parler de sa thèse. Un jour il était furieux parce que son épouse venait de lui raconter que le petit lui menait la vie dure. Mon étudiant se lamentait encore plus de ne pas être sur place.

- Ah ! le petit salopin, me dit-il un soir.

J’ai immédiatement été frappé de cette contraction entre salopard et galopin, qui s’était fabriquée dans cette tête d’étranger et j’ai sincèrement admiré cette créativité semi-volontaire. C’est un bon mot, salopin, et je l’emploie quelquefois.

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L’aurore aux doigts de rose

J’ai enseigné, pour un trimestre à chaque fois, à Cuba, à l’université de La Havane. J’avais à assumer la formation continue des professeurs d’université, en sciences sociales, de l’ensemble de l’île. Je m’entendais très bien avec eux, mais, en ce temps-là (il y a plus de trente ans) on ne possédait aucun droit individuel. Tout relevait de l’Etat. Une dictature, en somme, et qui n’a guère changé depuis le temps, même si quelques améliorations au sort des personnes se sont, peu à peu, imposées.
Je n’avais pas le droit d’offrir un verre à mes étudiants et eux non plus à mon égard. Pas de restaurant, non plus. D’ailleurs il n’y en avait guère. J’étais assisté par une adorable jeune femme, magnifiquement prénommée Aurore. J’ai immédiatement pensé qu’elle était là aussi pour me surveiller, et c’était bien le cas. Elle non plus, je ne pouvais rien pour elle. A la fin de mon premier séjour, alors que je me sentais miné de ne rien pouvoir donner à quiconque, j’ai tout de même demandé à Aurora si je pouvais lui offrir quelque chose, ce qu’elle voudrait. La réponse a jailli :

- M’aider à faire un séjour en France.

- Je peux vous faire inviter, sans difficultés.

- A Besançon.

Je fus un peu interloqué.

- Besançon. Et pourquoi Besançon ? Il n’y a pas que Besançon dans la vie.

- Parce que c’est là qu’est né Julien Sorel.

Là, elle m’a laissé sans voix, Aurora. Ce n’était même pas le titre d’un roman, ce qui aurait déjà été sidérant, mais le nom d’un héros de roman, d’un personnage. Julien Sorel, on le sait, est le protagoniste principal du livre de Stendhal Le rouge et le noir. Cette réponse de la jeune femme m’a longtemps hanté. Que la culture française, littéraire, ait imprégné à ce point quelqu’un à une telle distance de la France, c’était stupéfiant. La littérature qui, dit-on (mais je n’en crois rien) se meurt chez nous, serait-elle conservée, entretenue comme flamme dans d’autres pays que la France ? Ce serait un cadeau magnifique et une preuve s’il en fallait encore, qu’il s’agit bien d’une valeur universelle, qui parle indifféremment aux uns et aux autres.

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Masculin, féminin (comme chez Jean-Luc Godard)

Pendant la vingtaine d’années que j’ai passée au Conseil de l’Europe, comme membre du groupe d’experts sur les langues vivantes, j’ai eu un collègue britannique, extraordinairement gentil, savant et qui excellait aussi à déguster les petits plaisirs de l’existence. Il m’impressionnait depuis le début, parce qu’il possédait une capacité langagière hors du commun. C’était un polyglotte, comme je n’en ai jamais rencontré d’autres. Il me donnait le sentiment, dans ce groupe par définition multilingue (avec une impeccable traduction simultanée), de toujours répondre dans la langue de l’autre.
La scène se passe à Venise. Il n’y a aucun rapport entre cette ville italienne, dont nous sommes nombreux à être amoureux, comme nous sommes nombreux à être amoureux de l’Italie, et ce que je vais raconter, mais c’est pour vous situer le contexte. Je venais d’être nommé directeur des relations internationales de l’Ecole Normale Supérieure, que je n’avais jamais quittée depuis que j’y avais été élève.
Nous marchions en devisant le long du Grand Canal. Chemin faisant, il me dit gentiment.

- C’est bien pour nous que l’Ecole t’ait promu directeur des relations internationaux.

Nous nous étions promis, quelques années plus tôt, de nous corriger mutuellement pour des erreurs que nous commettrions dans la langue de l’autre. Le match était inégal : lui ne faisait jamais de « fautes », moi j’émettais une langue qu’aucun anglophone n’aurait pu, en conscience, identifier et, surtout, comprendre. Je fus donc stupéfait qu’il produise ainsi un énoncé fautif sur une simple question d’accord.

- On dit « relations internationales ». C’est du féminin.

- Oui, je sais, me répondit-il calmement, tout en poursuivant la conversation.

J’ai été, aussitôt, atterré. Mon ami était-il subitement devenu fou ? Etait-il préoccupé ? Je décidai de ne pas baisser pavillon.

- Mais alors, si tu sais que relation est un substantif féminin pourquoi persistes-tu à le mettre au masculin.

- Le français est une langue tellement compliquée pour ce qui touche à la question des genres, que j’ai renoncé à maîtriser le système.

- Alors tu accordes les adjectifs n’importe comment ?

- Ah non ! Pas du tout. J’ai établi une règle, à laquelle je ne déroge jamais. Tous les substantifs qui se terminent par e, je les considère comme étant au féminin, et je les accorde en conséquence. Les autres, je les accorde tous au masculin. Et, comme tu sais mieux que moi, relation est un nom qui ne se termine pas par e.

Il souriait, comme content de son coup. Moi je suis resté sans voix. Que quelqu’un, un simple quidam, établisse des régularités autres que celles de la grammaire de la langue considérée, me clouait sur place. Je me disais que, pour parvenir à un tel niveau, il fallait dominer souverainement les problèmes linguistiques et que, en définitive, seul un crack polyglotte pouvait agir ainsi. Sagement, je me suis tu.

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Jeux de lettres

Quand j’étais directeur du Crédif, l’un des membres de cette grande équipe, aujourd’hui malencontreusement disparue (65 personnes à l’époque), m’a remis un jour un texte qui traitait du signe linguistique. Or la secrétaire, qui l’avait tapé, avait transcrit partout « le singe linguistique ». C’était, à mes yeux, amusant. Cela prouvait aussi que l’auteur n’avait pas relu son texte, mais passons.
Je n’ignore pas que de grands écrivains se sont sérieusement préoccupés des effets d’une interversion des lettres d’un mot. Je sais aussi que le grand écrivain Georges Pérec (comme par hasard il gagnait sa croûte en faisant, en tant que subalterne, de la linguistique au C.N.R.S.) a sué sang et eau, toute sa vie, sur les multiples incarnations de ces bizarreries de la langue écrite. J’admire aussi, depuis longtemps, ce vers de Robert Desnos, qui joue subtilement sur les relations entre l’oral et l’écrit : « Dachau, Dachau, est-ce un chien ou un chat ? ». J’ai réfléchi durant des heures sur l’obligation dans laquelle on se trouve, pour que le vers prenne véritablement son sens, de prononcer à l’allemande le mot de Dachau, de sinistre mémoire. Quand j’entends un chat crier, dans la période des amours, je pense irrésistiblement à ce vers de Desnos et je me dis qu’en effet, ce doit être un chat.
J’ai été puissamment intéressé lorsqu’Henri Besse a étudié, dans le détail, l’expression poétique « le temps est un aigle agile dans un temple ». Je n’avais jamais pensé à la proximité phonétique de « temps » et de « temple ». Je n’avais jamais remarqué non plus que « aigle » et « agile » sont composés des mêmes lettres écrites. Nous sommes comme irrésistiblement amenés à nous laisser emporter par la transparence du langage, comme l’indique bien Recanati (beaucoup trop mis sous le manteau aujourd’hui, malheureusement), au détriment de « l’énonciation » elle-même, pour employer encore les termes de ce linguiste.
Or notre époque se caractérise par une inattention croissante aux lettres et, même, aux mots, à la langue en général. Peu à peu nous y perdrons notre âme, au profit de quelques énoncés purement mécaniques qu’engendreront automatiquement quelques-uns de nos outils technologiques désormais quotidiens. Moi je crois au contraire, avec Bakhtine, qu’une langue est « immémoriale », qu’elle nous a précédés et qu’elle nous survivra.

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Un passé qui n’est pas passé

Quand j’étais enfant, je vivais dans un tout petit village (400 habitants, aujourd’hui moins de 200). Pas de route goudronnée, pas d’eau courante, pas de voiture, un poste de radio strictement verrouillé par mes parents. J’avais sans le savoir, la « parlure » de ce monde de minuscules paysans, qui suaient sang et eau et que je vénère depuis lors. Lorsque je suis entré au collège voisin, à dix ans, ce fut comme un monde nouveau. Un jour j’écrivis, dans une rédaction que le cycliste « acachait » (pour appuyait) de toutes ses forces sur les pédales.
La professeure de français, qui pourtant m’aimait beaucoup, éclata de rire et j’en fus humilié. Les autres se moquèrent cruellement de moi. Tous ignoraient, dirent-ils, ce que signifiait le verbe acacher. Je l’ai rengainé au fond de moi, enfoui avec ma culpabilité et ma honte. Toute ma vie a passé là­-dessus, mais je n’ai rien oublié. Et puis, il y a un mois (janvier 2013), j’achète le dictionnaire des mots retrouvés de Daniel Lacotte, et je lis une entrée consacrée au verbe acacher (appuyer) qui date du XIVème siècle et s’appliquait d’abord aux « vignerons qui foulent le raisin aux pieds d’un pressoir ». Je me suis senti d’un coup merveilleusement soulagé. Euphorique même. Acacher est bel et bien un mot français, beaucoup plus ancien que bien des vocables d’aujourd’hui.

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Des mots pour le dire et pour le penser

Quand j’étais plus jeune, j’ai écrit, comme tout le monde je suppose, quelques petits poèmes, comme je continue à écrire, chaque semaine, un blog (sur le site de l’Asdifle, Association pour la diffusion du français langue étrangère) où je pointe, artisanalement, les nouvelles modes langagières, souvent éphémères, le plus souvent lancées par les médias. Par exemple, tout le monde dit « voilà » tous les trois mots, ou prononce les « an » « on » parce que le snobisme en a été introduit par quelques journalistes de la télévision ; on dit perso pour personnellement, récup pour récupération, la diff pour la différence, l’exclu pour l’exclusivité, etc. en somme l’apocope a pris le pouvoir.
Ces poèmes que j’écrivais, donc, sur des jeux avec les mots, je les ai publiés, tous. Mais, comme je suis un gaspilleur invétéré, je n’ai gardé aucune trace, ni d’eux ni des revues dans lesquelles ils ont été publiés. Je n’en ai gardé que très peu de souvenirs ; il m’en reste deux, que je vous offre. L’un portait sur :

« Ma pie,
Ma panthère
Et ma pipe en terre »

Il faut le prononcer pour bien en saisir la portée et le jeu avec les mots.
L’autre se terminait ainsi :

« C’était un petit serpent
Aux yeux perçants
Un tout petit serpent
Aux yeux d’enfant »

J’étais inondé de lettres venues de lecteurs inconnus, qui percevaient bien les assonances (serpent/perçant) et la tendresse : ce serpent, animal redouté, était tout petit, un bébé-serpent sûrement, qu’on aimerait bercer comme l’enfant dont il avait le regard. J’en suis fier, plus que de mes multiples contributions didactiques.

Louis PORCHER

Professeur honoraire

Université Paris III – Sorbonne-Nouvelle

Per citare questo articolo:

Louis PORCHER, Miscellanées, Repères DoRiF n.3 - Projets de recherche sur le multi/plurilinguisme et alentours... - septembre 2013, DoRiF Università, Roma septembre 2013, http://www.dorif.it/ezine/ezine_articles.php?id=106

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