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Enrica GALAZZI, Danielle LONDEI

Préface

Enrica Galazzi
Università Cattolica del Sacro Cuore, Milano

Danielle Londei
Università di Bologna

Ce numéro de "Repères-Dorif" intitulé Projets de recherche sur le multi/plurilinguisme et alentours… propose un éventail de projets de recherche sur le thème du multi/plurilinguisme. Il essaie de répondre au défi qui traverse et interpelle notre société. La diversité des projets présentés doit être considérée comme un échantillonnage, mais surtout comme un "senseur" de l'intérêt actuel pour cette thématique, fort probablement parce que la globalisation, la mondialisation économique, les urbanisations en pleine croissance placent la question des langues au centre des échanges et constituent une problématique à régler d’urgence pour affronter le présent et surtout le futur proche. Cette question, qui engage tous les pays du monde, y compris l’Europe, implique aussi bien les acteurs sociaux et professionnels que les éducateurs/formateurs.

Pourquoi un numéro sur le plurilinguisme dans notre jeune revue de l'Association Dorif-Università?

Les raisons sont nombreuses, complexes, mais nous pouvons essayer d'en énoncer quelques-unes :

  • La langue française, tout comme la civilité..., constituent un patrimoine héréditaire. Elles risquent toutes les deux de disparaitre sous les effets de l'immense mouvement de déconstruction des traditions et des patrimoines qui a caractérisé le XXe siècle.
  • La culture contemporaine est devenue pour l'essentiel, et pour son malheur, une culture scientifique et commerciale. Or, dans ces domaines, l'anglo-américain est aujourd’hui dominant.
  • Des questions pressantes se présentent à nous avec acuité : comment concilier les politiques de l'identité et la multi-appartenance des individus ? Faut-il encore penser la justice et les droits selon un horizon universaliste ? Quelles seraient les conditions d'une réduction des inégalités linguistico-sociales ? Le "cadre adéquat" des politiques linguistiques doit-il être pensé au niveau national, européen ou mondial ?

Il s'agit donc de constater que les problématiques autour du plurilinguisme se situent, participent et décrivent un espace international des savoirs et des savoir-être et que les spécialistes des langues-cultures doivent faire entendre leur voix dans ce grand débat de notre époque.

Partons d'un constat que nous fournit l'Agence Nationale de la Recherche française (ANR) concernant les Sciences Humaines et Sociales et donc, par ricochet, également les langues : celles-ci rassemblent de nombreuses disciplines scientifiques qui ont en commun l'étude des humains et des sociétés dans lesquelles ils vivent. Elles ont pour caractéristiques de recourir à des théories et à des méthodes très différentes, d'avoir des histoires scientifiques distinctes, d'être pratiquées par des chercheurs appartenant à des institutions dont les règles divergent. Après avoir été longtemps pratiquées selon le mode de l'engagement personnel sur un thème de recherche, elles ont progressivement évolué vers des approches plus collectives au sein de laboratoires, de centres de recherche et vers des projets internationaux.

La culture des projets collectifs s'est généralisée, la construction de partenariats entre équipes de recherche s'est développée, la pluridisciplinarité s'est accrue au sein de ce vaste domaine : près des deux tiers des 700 projets déposés annuellement auprès de l'ANR couvrent au moins deux horizons disciplinaires.

Aujourd'hui, développer des programmes en coopération bi ou multi latérale afin de permettre aux chercheurs de collaborer avec les meilleurs partenaires internationaux, semble être la voie à suivre et ce sont ces mêmes principes qui doivent inspirer et pénétrer les domaines du plurilinguisme et du pluriculturalisme, afin que les chercheurs puissent à leur tour contribuer à la construction de notre vision et de notre action dans le monde.

Dans ce numéro, la présentation de projets accomplis, ou en cours de réalisation (et un de ceux-ci temporairement interrompu), confirme la "fluidité" avec laquelle ce questionnement est abordé.

Les objectifs poursuivis par ces différentes recherches – projets internes à certains pays, projets internationaux concernant la place de la langue française en contexte plurilingue, projets éditoriaux, confrontés ou connectés à d'autres langues majeures ou minoritaires – rendent compte de la mobilité, du poids qu'une langue peut assumer selon les contingences, les contextes, les priorités, les enjeux culturels, identitaires, socio-économiques.

Il n'est pas question ici de les évaluer, mais plutôt de sensibiliser nos lecteurs à la complexité dont est porteur le plurilinguisme sous toutes ses formes, du fait même qu'il concerne les individus autant que les collectivités, qu'il s'agit d'un capital symbolique qui ne peut plus être ignoré ou sous-estimé dans notre monde contemporain.

Le point de vue qui a été retenu pour affronter notre problématique est de présenter des projets de recherche pluriels, des choix méthodologiques d'analyses non conventionnels, pour aboutir à une meilleure prise de conscience et à des réflexions qui dépassent les cadres de recherche habituels, se limitant souvent seulement au bilinguisme dans les études sociolinguistiques.

L'hypothèse qui semble se confirmer par la variété des textes parvenus, peut se résumer à un constat qui s'oriente vers un élargissement des espaces de la recherche, qui conduit naturellement vers des approches interdisciplinaires – thème amplement affirmé ces dernières décennies, mais rarement et difficilement mis en œuvre car les cadres institutionnels, dans lesquels les chercheurs opèrent habituellement, ne facilitent pas cette ouverture scientifique. Sans compter que souvent, les "spécialistes" d'une discipline sont réfractaires à s'engager en terrains méconnus, à se confronter à des collègues ayant d'autres théories, d'autres méthodologies, d'autres approches de référence.

Dès lors, les "projets de recherches internationaux" que nous avons retenus nous servent de "laboratoires de démonstration". Nous avons accueilli les suggestions venant de pays à qui on donne trop rarement la parole (tels les pays d’Afrique), car ils peuvent être pour nous tous l’occasion d'une exploration scientifique au-delà de nos habitus professionnels.

S'il nous faut désormais investir davantage dans la diversité culturelle et dans le dialogue interculturel, cela passe forcément par le plurilinguisme. Car c'est bien de cela qu'il s'agit : montrer que les diversités linguistico-culturelles sont à considérer comme une notion positive en soi et non comme un obstacle à l'échange parce qu'elles renvoient au partage des richesses que recèlent chaque langue et chaque culture du monde. L'idée selon laquelle les différences nous feraient perdre l'horizon de notre commune humanité et seraient la source de nombreux conflits, n’a aucune validité. Ce diagnostic jouit pourtant aujourd'hui d'un crédit d'autant plus grand que la mondialisation a démultiplié les points de contact directs ou virtuels et donc les risques de friction. Cette vision est aussi simplificatrice que réductrice.

Le principal défi à relever sera de proposer une vision cohérente comprenant, d'une part, la diversité linguistico-culturelle inaliénable d’un nouvel humanisme global et, d’autre part, une orientation vers des plurilinguismes souhaitables, sans pour autant renoncer à des lingua franca, selon de grandes aires géographiques.

Nous ne devons pas renoncer aux ressources dont l'humanité dispose, nous devons plutôt les reconnaître comme des atouts, comme des multiplicateurs de savoirs qui enrichissent les perceptions et les rapports au monde, comme des éléments dynamiques qui nous permettent de mieux affronter les changements à venir, imprévisibles aujourd'hui.

Nous ne cesserons de réitérer que les langues sont des gisements, des réserves que nous devons protéger.

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Ce numéro de Repères-Dorif a démarré autour du Colloque itinérant “Plurilinguisme et monde du travail” qui a mobilisé une vingtaine d’universités italiennes d’un bout à l’autre de la péninsule à partir du printemps 2011 jusqu'en décembre 2012. Il prolonge les débats tout en élargissant la perspective.

Promu par le Dorif-Università, le Colloque s'est mis en place grâce à la participation active des collègues qui ont suscité une dynamique originale entre deux univers : celui de la formation et celui de la vie professionnelle.

Largement ouvertes sur le monde professionnel, ces journées ont été enrichies par la collaboration active et enthousiaste d'acteurs sociaux les plus divers, de précieux témoins, et, bien entendu, par la participation attentive des jeunes auxquels l'initiative s’adressait tout particulièrement.

Parallèlement aux actes déjà publiés ou en cours, la section III de ce numéro (coordonnée par Enrica Galazzi et Marie Christine Jullion) essaie de rendre compte de l'énergie collaborative qui a soutenu le projet en le reconstituant en une vision d'ensemble au moyen de fiches qui composent une sorte de mosaïque polyphonique. La participation aux journées du Colloque itinérant – riches et diversifiées – nous a permis de découvrir que de nombreux chercheurs italiens sont engagés dans des réseaux internationaux de recherche qui se sont constitués récemment autour du pluri / multilinguisme.

L'Observatoire Européen du Plurilinguisme qui a suivi de près les étapes du Colloque nous a encouragées à en garder la mémoire pour que l'unité du projet ne soit pas perdue (http://plurilinguisme.europe-avenir.com/).

A partir de ce noyau central, notre regard s'est élargi à la problématique du pluri/multilinguisme et aux défis qu'elle pose aux chercheurs et à la société contemporaine dans le monde entier ce qui nous a amenées à ajouter deux sections qui permettent de faire connaitre quelques-uns des nombreux chantiers ouverts autour de ces questions en les faisant idéalement dialoguer. Deux volets s’ajoutent donc qui déclinent de nouvelles orientations possibles:
I. Projets de recherche internationaux avec la participation de chercheurs italiens (Section coordonnée par Enrica Galazzi);

II. Projets de recherches internationaux avec la participation de chercheurs francophones (Section coordonnée par Danielle Londei).

Nous allons présenter de manière succinte les différents projets.

I. Projets de recherche internationaux avec la participation de chercheurs italiens

1. Le « RESEAU TRAMONTANA » (2012-2013) ouvre la série et est présenté par Giovanni Agresti, qui rassemble sept associations, de trois pays, travaillant depuis plusieurs années sur le terrain en lien étroit avec les communautés locales des territoires ruraux et/ou urbains. Le but est de documenter et [de] diffuser la mémoire orale de la montagne européenne de langue romane, pour contribuer à tracer les contours d’une identité culturelle européenne à partir de ces zones à qui l’on reconnaît la fonction de « stabilisateurs culturels » face aux changements accélérés que la globalisation impose. Ce travail de mémoire, réalisé selon des étapes ambitieuses, concerne la collecte ethnographique de matériaux culturels (de récits et témoignages oraux) auprès des habitants de zones de montagne de langue romane. Il implique une approche pluridisciplinaire et s’inscrit dans une linguistique d’action (d’autres préfèrent dire « d’intervention ») qui, sans renoncer aux indispensables présupposés théoriques, fait entrer de plein droit notre discipline dans les sciences sociales appliquées.

2. Mathilde Anquetil illustre le projet MIRIADI (Mutualisation et Innovation pour un Réseau de l’Intercompréhension à Distance) qui a démarré en 2012 – 19 partenaires dont 5 italiens – et se qualifie comme un projet coopératif d’ordre didactique car il vise la promotion du plurilinguisme à travers la diffusion de la didactique de l’intercompréhension à distance. Tout en ayant des ancêtres célèbres (tels que EuRom 4 et GALATEA), et en dépit des encouragements (conceptuels et financiers) venant des instances européennes, l’intercompréhension ne s’est jamais réellement imposée au plan des institutions éducatives. Néanmoins, MIRIADI est appelé à répondre à une demande qui augmente et se diversifie dans le marché des langues globalisé en tirant bénéfice de l’apport des nouvelles technologies.

3. Mixclasis : MIXITE CONJUGALE CULTURES,LANGUES, SCOLARISATION ET IDENTITES SOCIALES, présenté par Régine Delamotte et Cècile Desoutter, prend en compte une donne sociale incontournable et sans doute irréversible : le nombre croissant de mariages mixtes dans la société contemporaine. Les enquêtes de terrain sont menées auprès de couples mixtes ayant tous en commun d’avoir le français comme l’une des langues de la famille. Du point de vue sociolinguistique, la mixité conjugale est à l’origine de questionnements multiples touchant notamment les choix linguistiques pour les enfants aux niveaux familial et scolaire tout en apportant des éclairages sur la catégorisation (d’identité et de genre). Ce terrain, fortement pluridisciplinaire et encore peu fréquenté par les chercheurs – autour duquel sont conviés pour l’instant six pays – se révèle crucial pour l’horizon qu’il ouvre sur l’avenir de nos sociétés.

4. La mise en place de compétences interculturelles chez les (futurs) traducteurs est au cœur du projet PICT (Promoting Intercultural Competence in Translators), qui réunit (depuis 2011) six universités et instituts supérieurs de formation de plusieurs pays dans le cadre fédérateur de l’apprentissage tout au long de la vie promu par les instances européennes. Adele d’Arcangelo décrit les phases du projet et les objectifs qui visent la création de matériaux didactiques pour un nouvel enseignement intra-disciplinaire à l’intérieur des cours de traduction.

5. La mixité linguistique et culturelle qui caractérise de plus en plus les grandes villes européennes telles que Londres et Paris est à l'origine d'une hypothèse sociolinguistique fascinante que  le projet franco-britannique MLE-MPF (Multicultural London English/Multicultural Paris French) se propose d'explorer. L’influence des langues de l’immigration semble, en effet, jouer un rôle essentiel dans la mise en place d'un accent multiculturel dans les deux capitales,  à partir notamment des pratiques des jeunes "urbains" considérés comme la couche de la population la plus créative. Après avoir illustré les choix théoriques, le protocole expérimental et la méthodologie adoptés en région parisienne, Françoise Gadet et Roberto Paternostro insistent sur la contribution que ce travail peut apporter à la réflexion sociolinguistique du français.

6. Le projet Interphonologie du Français Contemporain (IPFC) lancé fin 2008 réunit aujourd’hui 13 équipes de différents pays travaillant chacune à partir de sa langue maternelle. Le but est de mettre à la disposition des chercheurs un corpus comparatif de productions orales diversifiées venant de locuteurs non natifs – les apprenants de FLE – susceptible de stimuler et d’enrichir les études encore rares dans ce domaine. L’équipe italienne, qui s’est constituée en 2011, présente ici les premiers résultats concernant la (non) réalisation de la liaison par deux publics-cible dans deux terrains d’enquête : la Faculté des langues de l’Université Catholique de Milan et l’Ecole Supérieure pour traducteurs et Interprètes de l’Université de Trieste.

7. La dernière contribution de la Section I. change quelque peu la perspective de l’ensemble car le multilinguisme et les défis, posés aux responsables des ressources humaines, sont observés de l’intérieur de notre pays et plus particulièrement sur les lieux de travail. La formation des travailleurs étrangers offre une perspective privilégiée pour traiter certains aspects du multilinguisme dans les nouveaux contextes professionnels. Après avoir passé en revue les travaux menés par d’autres équipes sur la question, Daniela Zorzi et Paola Polselli présentent les résultats du projet ELIA (Educazione Linguistica in Istituzioni e Aziende, 2012), une enquête quantitative et qualitative auprès d’entreprises dans la région de Forli/Cesena. La présence de travailleurs étrangers plurilingues engendre une richesse (économique et culturelle) qu’il faut savoir reconnaître avant de pouvoir l’exploiter. Les auteurs se demandent si la compétence plurilingue des travailleurs étrangers est valorisée ou, au contraire, stigmatisée et si une formation en langue italienne leur est proposée en entreprise.

II. Projets de recherches internationaux avec la participation de chercheurs francophones

1. L’article "Le dictionnaire électronique unilingue wolof et bilingue wolof-français : une création continuée", présenté par Mame Thierno Cisse illustre le projet de création d'un dictionnaire électronique qui impliquait le soutien scientifique et financier de plusieurs institutions internationales de la francophonie mais qui connaît à l'heure actuelle un temps d'arrêt, faute de financements. Il s’agit d’un projet ambitieux, né d'une véritable nécessité qui permet ce que l'auteur appelle une "création continuée" entre deux langues – le wolof et le français – et l'influence réciproque de celles-ci au Sénégal. L'auteur présente les outils conceptuels qui sous-tendent ce projet, la base des données, les domaines liés au lexème wolof et à sa spécificité pour ce qui concerne le dictionnaire unilingue et comment le binôme avec le dictionnaire bilingue wolof-français se révèle un instrument référentiel qui consentirait de passer au bilinguisme. Cette approche méthodologique vers le multilinguisme permettrait d'ouvrir des perspectives de comparaison entre langues locales sénégalaises, en approfondissant leur possibilité de traduction entre elles et vers le français.

2. La recherche-enquête "Diversité sociolinguistique et pratiques éducatives au Cameroun", menée en 2011-2012, présentée par Valentin Feussi, Venant Eloundou Eloundou et Jean-Benoit Isofack, portait sur la situation de la langue française dans neuf pays d'Afrique centrale et des Grands Lacs. Elle s'est révélée particulièrement complexe du fait des diversités sociolinguistiques entre ces pays qui ont rendu difficiles les regroupements thématiques des travaux. Ici, c'est le cas spécifique du Cameroun qui est pris en considération. On se focalise sur les usages de la langue française en situation communicative et éducative.

3. Le projet "Quand bilinguisme rime avec immersion en français à l'Université d'Ottawa et au-delà", coordonné par Hélène Knoerr et Alysse Weinberg, avec la collaboration de Aline Gohard-Radenkovic, qui se situe dans un contexte socio-politique promu par les Institutions officielles canadiennes depuis une quarantaine d'années – déjà à l'école primaire et dans le secondaire et aujourd'hui à l'Université – conduit à une "pédagogie de l'immersion en français" dans les universités anglophones.

Cette recherche est préalable à une formulation didactique et entend présenter un état des lieux institutionnel et sur le terrain afin d'identifier la perception de l'immersion en français auprès des différents acteurs impliqués (étudiants, professeurs, administrateurs). Elle tente également de mettre en évidence les besoins et les attentes de ces acteurs, pour aboutir à des recommandations pouvant servir de référence non seulement au Canada, mais également dans d'autres parties du monde.

4. Le projet "Représentations des langues et des identités en Méditerranée en contexte multilingue" présenté et coordonné par Bruno Maurer porte sur les représentations des langues dites dominantes ou minoritaires, et de leurs statuts identitaires dans huit pays méditerranéens (Algérie, Croatie et autres pays du sud de l'Europe). Il tentera, à partir d'enquêtes de terrain, de fournir des analyses monographiques et comparées entre ces différentes réalités. La diversité des partenaires et l'interdisciplinarité des chercheurs engagés caractérisent ce projet.

5. C'est en partant du double constat que le plurilinguisme est un des traits fondamentaux de l'Europe passée et actuelle dans le monde du travail et qu'il s'agit de plus d'un véritable phénomène sociétal, malgré le paradoxe d'une prédisposition et d'une attitude monolingue des acteurs sociaux, que nait le projet LINCQ "Le plurilinguisme dans les entreprises : un atout cache”billustré par Enrica Piccardo et Isabelle Ortiz.

Cette recherche veut contribuer, auprès des entreprises, à une meilleure prise de conscience de l'évaluation des compétences linguistiques acquises de manière formelle et informelle de la part de leur personnel, du dépassement de l'acquisition du seul anglais lingua franca, et d’une meilleure saisie des certifications européennes afin de pouvoir mieux répondre dans le futur aux nécessités plurilingues qui sont en train de se dessiner.

6. Geneviève Zarate, une des trois coordinatrices du Précis sur le Plurilinguisme et le Pluriculturalisme (avec Danielle Lévy et Claire Kramsch) propose ici de parcourir les différentes phases de réalisation – depuis son élaboration conceptuelle, jusqu'à sa première réalisation en version française, suivie des différentes versions anglo-américaine et chinoise (cette dernière en cours d'élaboration). La spécificité et l'originalité de cette œuvre résident dans le fait que cet ambitieux projet s'est déroulé en dehors d'un cadre institutionnel prédéterminé, sans financement ad hoc, et représente de ce fait une rare expérience de recherche de cette envergure, dans le domaine de la didactique des langues. Il témoigne d'une volonté et d'une conviction partagées par un réseau de 90 chercheurs-enseignants qui se sont mobilisés et engagés à titre personnel et représente en ce sens un hymne au plurilinguisme et au pluriculturalisme qui mérite d'être salué.

La Section III. Colloque itinérant Dorif-Université « Plurilinguisme et monde du travail » coordonnée par Enrica Galazzi et Marie Christine Jullion fera l’objet d’une présentation de la part des coordinatrices.

La section IV. Présentation de Collections plurilingues illustre deux cas de Collections délibérément centrées sur les études plurilingues du point de vue sociolinguistique, communicatif, des politiques des langues.

Dans la rubrique "et tout le reste est littérature”, nous accueillons, avec un plaisir non dissimulé, la contribution de Louis Porcher à qui nous sommes redevables de ses conseils amicaux et de son soutien.

L’ordre dans lequel les quatre volets sont présentés correspond à un itinéraire idéal qui va de la réflexion à l’action de terrain.

Tous les projets, novateurs et spécifiques, ont en commun la conviction que le multi/plurilinguisme représente un des enjeux majeurs de la recherche contemporaine dans le domaine de l’interculturalité. Les chercheurs impliqués partagent une conception socioculturelle de la linguistique qui apparaît de plus en plus comme une discipline d’action / ou d’intervention, susceptible d’avoir un impact sur la qualité de vie des communautés plurielles.

Remerciements

Avant de laisser le lecteur s’aventurer dans la variété passionnante des textes, je tiens à remercier tout particulièrement la Présidente du Dorif, Danielle Londei, qui signe avec moi cette introduction, parce qu’elle a été, tout au long de ce tour d’Italie, et encore dans la réalisation de ce numéro, un soutien et une complice dont les compétences et l'amitié ne m'ont jamais fait défaut. Je ne saurais oublier Marie Christine Jullion, attachante compagne d’aventure, et tous les amis et collègues qui ont investi tant de temps, d'énergie et de créativité dans cette initiative inédite qui a contribué à créer des réseaux de solidarité scientifique et humaine et qui reste pour nous tous inoubliable.

Un grand merci, enfin, à Micaela Rossi pour sa compétence, son travail enthousiaste et pour sa disponibilité amicale.

E.G .

Per citare questo articolo:

Enrica GALAZZI, Danielle LONDEI, Préface, Repères DoRiF n.3 - Projets de recherche sur le multi/plurilinguisme et alentours... - septembre 2013, DoRiF Università, Roma septembre 2013, http://www.dorif.it/ezine/ezine_articles.php?id=107

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