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Marie-Pierre ESCOUBAS-BENVENISTE, Sonia DI VITO

Quel plurilinguisme pour quel environnement professionnel multilingue?

3 février 2012
Università di Roma et Università di Cassino

Organisé par : Marie-Pierre Escoubas-Benveniste, Sonia Di Vito

De jour en jour les acteurs professionnels se trouvent de plus en plus souvent appelés à communiquer, travailler, apprendre avec leurs pairs et de leurs pairs, sans pour autant posséder une connaissance et une maîtrise comparable de la langue utilisée pour l’échange. Il semble théoriquement acquis que l’imposition d’une langue de travail unique n’est pas une solution satisfaisante pour la société européenne. D’une part, ce modèle constitue à moyen terme une menace pour le patrimoine culturel que représente la diversité des langues ; deuxièmement, il repose sur une vision mécaniste et erronée de la fonction langagière au travail, qui réduit les échanges professionnels à des transferts d’information en ignorant l’impact et l’enjeu de la composante interpersonnelle et interculturelle ; de plus, à l’échelle individuelle, il instaure une iniquité entre les interlocuteurs selon que la langue de travail est ou non leur langue maternelle. Enfin, à l’échelle nationale il établit de fait une inégalité économique entre les pays pour qui l’effort financier de formation est bien différent selon que la langue de travail imposée fasse ou non partie de ses langues officielles.

Une alternative possible et souhaitable au modèle hégémonique de la langue unique pour la communication académique et professionnelle consiste à former des acteurs plurilingues (qui possèdent différents niveaux de compétences dans plusieurs langues, exprimées selon des descripteurs communs du Cadre européen) sachant s’adapter et cultiver leur plurilinguisme. Il s’agit d’adultes qui, selon les multiples situations langagières auxquelles ils prennent part dans le cadre de leur fonction, puissent et sachent recourir à un bagage linguistique diversifié, afin de mener à bien la transaction verbale et d’atteindre l’objectif de communication partagé lié à un projet ou une mission de travail.

Y a-t-il un bagage plurilingue optimal pour la profession ?

La réponse est oui et la définition des contenus de ce bagage linguistique fait entrer en jeu de nombreuses variables. Les facteurs économiques et politiques sont fondés sur des critères d’équité et d’efficience (Grin 2005). Il s’agit en effet de tenir compte tout à la fois des valeurs marchandes des valeurs non marchandes qui entrent en jeu dans la communication verbale au travail. Cela doit permettre de créer un équilibre raisonné entre la préservation du bien et du bien-être langagiers des sujets et le respect des contingences économiques et des exigences sociales de la situation. Les facteurs de type linguistique, sociolinguistique, pragmatique et technique permettent de caractériser les échanges verbaux qui sont pratiqués dans le cadre professionnel considéré. Il s’agit des langues de la communauté de travail, du niveau de formation des acteurs, de la caractérisation formelle ou non formelle des situations de communication au travail ; des modes de communication en usage selon le niveau d’utilisation des technologies de communication.

L’objectif de cette journée d’étude internationale et pluridisciplinaire est de réunir linguistes, économistes et représentants du monde professionnel et institutionnel afin que s’instaure, à partir des recherches et des expériences de chacun, un débat sur les défis et les enjeux de la formation linguistique des adultes en Italie aujourd’hui.

Intervenants :

François Grin, École de traduction et d’interprétation ETI, Université de Genève; Raphael Gallus, Rappresentanza della Commissione europea in Italia, Direzione generale della Traduzione; Augusto Balossino, ex dirigente della Citibank, BNA, ABI e BNL ; Nathalie Rivière, Human Resources, Training Officer/Responsable de la formation linguistique, FAO; Paola Bottaro, Dip. III “Servizi per la Formazione, Provincia di Roma; Janet Bowker, Dip. MEMOTEF, Sapienza Università di Roma; Cécile Desoutter, Dip. di Lingue, Letterature e Culture Comparate, Università di Bergamo; Filomena Capucho, CECC, Universidade Católica Portuguesa; Marie-Pierre Escoubas-Benveniste,MEMOTEF, Sapienza Università di Roma; Sonia Di Vito, Dip. di Scienze Umanistiche, Università di Cassino; Mélisandre Caure, Université de Reims Champagne-Ardenne; Dionino Zappacosta, MEMOTEF, Sapienza Università di Roma

Les actes de cette journée d’études feront l’objet d’une publication en 2013 dans la revue Repères-Do.Rif. http://www.dorif.it/

Per citare questo articolo:

Marie-Pierre ESCOUBAS-BENVENISTE, Sonia DI VITO, Quel plurilinguisme pour quel environnement professionnel multilingue?, Repères DoRiF n.3 - Projets de recherche sur le multi/plurilinguisme et alentours... - septembre 2013, DoRiF Università, Roma septembre 2013, http://www.dorif.it/ezine/ezine_articles.php?id=119

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