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Yannick HAMON

Une didactique confinée : témoignages d’enseignants

Dans le cadre de la formation sur la didactique de l’erreur, il était initialement prévu de demander aux participants la réalisation d’une unité didactique centrée sur la rétroaction, les interventions possibles sur les erreurs des apprenants. Mais la Covid-19 est passée par là. Impossible de tester sérieusement des parcours qui auraient dû prévoir des moments de rétroaction collective en classe. Nous avons donc demandé aux collègues de l’enseignement secondaire de nous faire part de leur vécu, de leurs impressions quant à la délicate période du confinement. Le modèle choisi pour les témoignages prévoyait des thèmes (instruments, rapport à la classe, gestion du stress) mais au bout du compte si certains ont tenu à rédiger leurs impressions à partir des axes indiqués, c’est la spontanéité qui a prévalu avec des retours sincères, immédiats qui disent toute la difficulté mais aussi la détermination des collègues à maintenir le lien, à continuer de transmettre leur passion.

Daria Peterlongo, Liceo scientifico linguistico "Alvise Cornaro", Padova

La langue française fait partie de moi comme la langue italienne, aucun problème donc dans son utilisation ; au contraire, tant mieux pour parler de mes cours en français.

J’ai entamé ce travail d’enseignement à distance sans problème, le soir du dimanche même (le 1er mars) où on nous a communiqué que le retour au lycée était suspendu. À vrai dire, jusqu’à Pâques, j’ai bien cru qu’on rentrerait, quitte à affronter le parcours en ligne jusqu’à la fin quand cela a été le cas.

Dans l’enseignement de la littérature, je profitais déjà de la Classe inversée : j’ai donc continué à donner à mes élèves les extraits des auteurs à lire d’abord, ensuite la vie et tout le contexte comme en présence. Tout en sachant qu’ils ne le font presque pas. Mais je leur avais rappelé au tout début, comme c’est le cas au lycée, que la responsabilité de l’apprentissage leur revient et tant pis pour eux s’ils trichent. Après la première semaine, notre équipe numérique, qui a été super, nous a poussés à nous servir de Meet et de Zoom (que l’on a ensuite dû abandonner – j’avais eu l’apparition d’un Jésus aux alentours de Pâques). Je préparais donc avec régularité, à la fin du chapitre, une vidéo enregistrée où je reprenais extraits et contexte, qu’ils pouvaient visionner à leur aise, sans la contrainte du cours. J’ai quand même gardé une heure de chat tous les quinze jours, pour faire le point de la situation : suivant les semaines, il fallait égayer des élèves tristes, les motiver à nouveau, les calmer quand ils en avaient ras-le-bol et ainsi de suite.

Le problème a été celui des contrôles : à l’écrit, même les meilleurs n’ont pas résisté à l’envie de copier, en prétextant des coups d’œil passagers au texte : je suis donc devenue au fur et à mesure plus exigeante en ce qui concernait les notes. Et à l’oral, ce n’était pas mieux ! Ils ne travaillaient pas assez, c’est évident : le cours en classe est efficace même sans une attention constante et puis, gérer des cours tout seuls, ce n’était pas évident même pour les plus âgés. J’ai quand même réussi à tenir le cap et à affronter le programme en entier : il faudra encore vérifier ce qui leur en est resté.

La classe de terminale a sans doute eu une vraie motivation parce que l’examen final a changé : ils ont eu l’avantage des professeurs internes, mais je pense que les notes correspondent au niveau.

Je me suis aussi servie de la Classe inversée avec les débutants de deux premières années, même si je ne le fais pas en cours : mais la première classe n’avait pas encore d’autonomie et c’est celle qui a ressenti le plus au négatif de la pandémie. Avec les petits, j’ai donc raccourci le programme : quelque page à compléter pour l’été et puis il y aura une rentrée rapide et efficace, ils sont déjà prévenus.

J’ai une bonne capacité d’adaptation et changer de cours ne m’a pas trop dérangée : j’en discutais avec des copines qui font le même métier, plutôt qu’avec des collègues que j’ai trouvés parfois « nerveux/ses ». Certains « trucs » sur l’utilisation de l’ordinateur m’ont au contraire vraiment aidée. Mes livres de cours se sont révélés un bon outil pendant l’enseignement en ligne, parce qu’ils sont rédigés dans le but d’un apprentissage autonome. Et puis le Net est inépuisable comme ressource !

À la fin, je dirais que tout de même j’ai hâte de revenir à une vie de classe normale !

Elena Urciuoli, Liceo « Publio Virgilio Marone », Avellino

La dimension affective….

Cette nouvelle expérience a été pour moi et pour mes élèves très formative parce que nous nous sommes mis en jeu dans une réalité qui ne nous appartenait pas jusqu’à ce moment. Au début, j’était très nerveuse: le fait d’apparaître sur la vidéo me donnait une sensation de panique surtout parce que les élèves auraient pu prendre des photos, des vidéos de moi pendant la leçon et publier largement les images sur le web. Je m’habillais comme pour sortir, je me maquillais, je me peignais comme pour aller à une fête.

La didactique à distance gêne les adultes et les élèves aussi, mais une fois dépassé le premier rendez-vous en ligne, tout est allé de manière naturelle et nous nous sentions à nouveau une famille. La chose la plus importante que j’ai observée a été la meilleure participation des élèves, surtout ceux qui n’étaient pas attentifs en classe parce qu’ils bavardaient beaucoup. Sur internet on n’a pas la possibilité de bavarder et alors ils n’ont pas d’autre choix que de suivre. Plusieurs parmi eux ne suivaient (peut-être) pas car ils avaient éteint la caméra. Ce qui m’a fait ressentir un certain inconfort.

C’est tout. Vive l’école en présence et en ligne...la chose plus importante est apprendre toujours..

Palmira Saldutti, Liceo « Publio Virgilio Marone », Avellino

Parler des mois que j’ai vécus en confinement ce n’est pas facile, car ma vie et mes habitudes ont été complètement bouleversées. L’angoisse d’un futur incertain et le fait d’avoir dû s’adapter à des conditions de vie si restrictives m’ont fait beaucoup souffrir, mais quand j’étais angoissée je me disais quand même que j’avais de la chance d’être encore en vie et de cette façon je retrouvais pour un moment un peu de paix intérieure. Au fil des jours qui passaient, je me disais que ça finirait bien un jour…et l’idée que, peut-être, ça pourrait recommencer me faisait peur.

Durant cette période avec mes classes, on a beaucoup discuté de cette situation, au début certains d’entre eux étaient contents de ne pas se lever tôt le matin pour aller à l’école, mais après quelques jours ils ont compris que ça ne finirait pas si vite… alors je me suis connectée en dehors de mes heures de cours pour discuter avec eux en leur faisant souvent voir un futur moins angoissant, leur expliquant qu’après ce confinement ils auraient plus apprécié, même savourer leur vie d’avant, qui leur semblait si banale.

Le fait d’avoir pu communiquer avec eux et d’avoir pu les voir sur la plateforme G Suite me remplissait de joie, c’était beau de se revoir et de rester ensemble pendant une heure, cela remplissait une partie de mes journées. Au début, nous avons bien travaillé et durant mes heures de cours, j’ai essayé de proposer des thématiques qui pouvaient les intéresser, en dehors de mes programmes remodelés en raison de cette situation. J’ai choisi des sujets qui pouvaient leur donner plus de motivation et un regard différent sur leur vécu. Je leur ai suggéré de vivre cette situation comme une opportunité pour réfléchir sur leur vécu, pour approfondir des thématiques, en leur proposant des textes, des peintures, des vidéos, rendant ainsi la leçon plus agréable et plus intéressante… Après je les invitais à travailler en groupe sur ce que je leur expliquais et ensuite à présenter leur travail lors de notre prochaine leçon collective. Certains choisissaient un texte, une page d’un auteur français, italien ou anglais, d’autres choisissaient un philosophe, un peintre, un sociologue, un inventeur….Ils ont beaucoup aimé cette façon de travailler et j’ai écouté de belles interventions, évidemment ils ont pu prendre sur la toile beaucoup d’informations et certains d’entre eux les ont surement copiées. C’est pourquoi je leur demandais chaque fois leur avis personnel sur ce qu’ils présentaient à la classe.

Pour les premières années du lycée j’ai utilisé beaucoup de vidéos sur la prononciation, la civilisation et la grammaire pour rendre la leçon moins ennuyeuse. Je leur ai envoyé des textes de compréhension en leur faisant faire des exercices et des productions orales ou écrites.

Avec mes collègues, on a eu des contacts fréquents, on a échangé nos sensations, nos émotions et nos idées. C’était une façon de se sentir non seulement un groupe de collègues, mais aussi de faire partie d’une petite communauté. Certains d’entre eux m’ont aussi aidée lorsque j’ai eu des problèmes techniques, car lorsqu’on n'est pas très doué avec l’ordinateur ce n’est pas toujours facile….

Évidemment, je préfère faire mes leçons en classe et revoir mes élèves car je me sens plus à l’aise et c’est surement plus enrichissant et satisfaisant…..J’espère qu’à la rentrée nous pourrons de nouveau travailler tous ensemble à l’école, car ce type de didactique n’est pas fait pour moi.

Aude Labastie, Università degli Studi di Padova

L’expérience à laquelle nous avons tous été confrontés pendant la période de confinement que nous avons vécue au printemps dernier présente différents aspects que nous allons essayer d’analyser.

Dimension affective

La dimension affective est apparue dans les échanges avec les étudiants en raison de l’aspect exceptionnel de la situation d’urgence sanitaire que nous vivions. L’anxiété palpable chez tel ou tel étudiant, l’absence de certains d’entre eux, le fait de communiquer à travers un petit écran, de voir leur “refuge” dans le sens du lieu de leur habitation qu’ils avaient choisi pour se connecter au cours (leur chambre, le salon ou la cuisine de leur domicile ou leur chambre de cité universitaire) nous ont permis d’entrer chez eux. Nous n’étions plus en salle de cours mais dans leur intimité.

Mon cours de Lingua Francese 1 étant basé sur l’interaction orale, la conversation de mise en route de chaque séance passait par une prise de nouvelle de chaque participant, avec verbalisation des inquiétudes de chacun et relatifs encouragements. Un climat de solidarité c’est instauré formant des liens entre les étudiants, malgré la distance.

Solidarité

Un deuxième aspect fondamental est apparu en cette période: il s’agit de la solidarité entre collègues. Des réunions hebdomadaires étaient organisées de façon informelle, le jeudi soir. Partage de l’expérience acquise, réflexions sur les cours, questions, réponses tout cela a permis à de nombreux enseignants du Centre Linguistique de l’Université de Padoue d’échanger de précieuses informations pratiques sur l’utilisation des moyens technologiques adoptés.

Outils utilisés

Cela amène un point fondamental: le support technologique apporté par l’Université qui a mis à la disposition des enseignants d’importants moyens technologiques et humains qui ont permis de fournir une didactique de qualité répondant aux besoins des étudiants. Des équipes d’informaticiens du Centre Informatique de l’Université de Padoue aux techniciens de chaque département, en l’occurrence du CLA (Centro Linguistico di Ateneo), tous se sont mobilisés pour donner une assistance technique aux enseignants et les former à l’utilisation des instruments adoptés tel que Zoom. Cela s’est concrétisé par des cours de formation en début de semestre , plus précisément la semaine précédant le début des cours et un soutien en ligne pendant toute la période de confinement.

Les cours étaient donnés en direct selon l’horaire prédéfini en début de semestre. Les documents utilisés étaient les mêmes qu’en classe (vidéos, articles de presse, sites didactiques…). Ils étaient chargés sur la plate-forme Moodle qui sert habituellement de contenant à nos cours. Il n’y avait de ce côté-là aucune différence de contenus, la structure des cours étant maintenue.

Rétroaction

Une difficulté rencontrée réside dans le fait de ne pas pouvoir interagir avec les étudiants comme en classe mais avec un décalage, même minime, dû à la transmission. Et de n’en voir qu’un à la fois, celui qui prend la parole. Cela enlève la spontanéité caractéristique l’échange de groupe.

La correction des erreurs phonétiques est beaucoup plus difficile à mettre en œuvre en raison des différences de qualité audio de la connexion, certains étudiants ayant des difficultés liées à la qualité de leur ligne. Rien ne remplace le direct émetteur-récepteur de la classe traditionnelle.

Le temps de répéter le mot corrigé en ligne est bien plus long qu’en classe où il n’y a pas de décalage. Tout cela demande un surcroît de concentration visuelle et auditive qui rend le cours plus lourd à gérer, en ce qui me concerne. Et le fait de ne pas se regarder dans les yeux mais dans une caméra, aussi performante soit-elle, enlève une part de vitalité à nos échanges. Mais cela est une autre question, certes intéressante, qui pourrait faire l’objet d’une autre réflexion.

Alida Spadavecchia, Istituto Comprensivo Tattoli – De Gasperi di Corato (scuola secondaria di I grado), provincia di Bari

A partire da giovedì 6 marzo 2020, come è ben noto, la didattica in presenza è stata sospesa in tutta Italia a causa dell’emergenza Covid-19. Poco prima che le attività didattiche terminassero in tutta Italia, pensavo, in cuor mio che la situazione potesse essere arginabile almeno al Sud; infatti, al Nord Italia le scuole erano già chiuse da quasi due settimane e questo aveva già destato in me tanta inquietudine. Nel momento in cui la situazione ha iniziato a precipitare, ne ho parlato con i miei ragazzi e ho iniziato ad accennare loro dell’eventuale ipotesi di una didattica a distanza. In realtà ne parlavo come qualcosa di estremamente lontano e inattuabile in maniera effettiva; qualcosa di temporaneo, per il tempo necessario a risolvere la situazione. Ricordo esattamente che mercoledì 4 marzo ho spiegato ai ragazzi di una delle mie prime l’esistenza delle Classroom, (senza mostrar loro che neanche io sapevo bene come usare questo strumento di cui avevo avuto esperienza solo nei corsi di formazione per l’immissione in ruolo) ed essi mi hanno guardato come fossi un’aliena, perché era impossibile che la scuola si facesse a distanza! E invece, come in un sogno, decreto dopo decreto, le scuole sono state chiuse in tutta Italia e pian piano si è arrivati all’Italia intera come “zona rossa”, l’inizio del lockdown e della erroneamente detta “quarantena”.

Nonostante non volessi perdere neanche un attimo di tempo, ammetto che la prima settimana è trascorsa in balia di sensazioni strane, da un lato era bello potersi riposare un attimo (credo che un po’ tutti abbiamo pensato quasi di essere in vacanza) ma dall’altro non riuscivo a nascondere tanta inquietudine. La mia scuola si è subito attivata per fornire le credenziali di Google G-Suite a tutti, docenti e studenti, e in ogni modo noi docenti abbiamo raggiunto le famiglie e i nostri alunni per spiegare (tramite tutti i canali possibili) come accedere alla pagina G-Suite e iniziare ad utilizzare Google Classroom. Non è stato facile: molti di loro non avevano idea neanche di cosa fosse una email.

Timidamente alcuni alunni hanno iniziato ad affacciarsi alle videolezioni (che ho scelto di far partire immediatamente): all’inizio erano solo in 4-5 e poi pian piano sempre di più, con tantissimo imbarazzo e incertezza.

Gli strumenti da me utilizzati sono stati:

  • Google Classroom, sui cui ho caricato documenti word, file audio e file video delle mie spiegazioni, insieme a tante schede di ripasso. Tramite Classroom ho creato i Lavori del corso (ovvero i compiti) e gli alunni li hanno restituiti direttamente qui.

  • Google Meet per le videolezioni sincrone, su 2 h di francese a settimana ho assicurato sempre un’ora di videolezione sincrona e un’ora di caricamento materiale in differita.

  • Whatsapp per parlare con i rappresentanti dei genitori e per sentirmi continuamente con i colleghi.

Il lavoro è stato immane, soprattutto perché è venuto a mancare il momento di correzione collettiva dei compiti, fatto in classe, con la lavagna accanto. Durante la videolezione è stato molto difficile correggere gli esercizi assegnati per via dei vari problemi di connessione e di audio disturbato; pertanto, ho dovuto correggere quotidianamente e individualmente gli esercizi di ogni singolo alunno, commentando gli errori sotto il compito e indicando dove avessero sbagliato. Avendo nove classi e più di duecento alunni, ça a été très dur!

La solidarietà tra colleghi è stata spesso a senso unico, perché, essendo tra le più giovani e le più intraprendenti dal punto di vista informatico, ho ricevuto continuamente richieste d’aiuto da parte dei colleghi, con incremento notevole di stress, e solo alcuni si sono poi successivamente dimostrati disponibili con me; essendo poi coordinatrice di una classe difficile, ho dovuto sopportare quotidianamente lamentele inconcludenti da parte di colleghe più grandi e molto poco elastiche di mentalità.

Le unità didattiche sono state rimodulate e si è privilegiato un lavoro sulla comprensione e produzione scritta, con rinforzi grammaticali continui. Purtroppo, è inutile dire che un lavoro di insegnamento di lingua straniera a distanza, per discenti di scuola media è alquanto complesso, se non impossibile. In alcuni casi ho anche cercato di lavorare sull’aspetto psicologico della questione, nel momento in cui ho visto i ragazzi affranti e sconsolati, ho tralasciato per un attimo i programmi e ho permesso loro di sfogarsi, era chiaro che ne avessero un enorme bisogno.

Alcuni difetti della didattica a distanza: l’intromissione da parte dei genitori, senza il minimo pudore si nascondevano per suggerire sia durante le videolezioni che durante i test scritti; la disonestà di alcuni alunni che, senza lo sguardo dell’insegnante, hanno consultato i libri e gli appunti durante le verifiche su Google Moduli; l’assenza di mezzi appropriati per le famiglie meno abbienti.

I pregi: è stato l’unico modo per mantenere un contatto con i ragazzi e non farli sentire abbandonati; per gli stessi insegnanti, è stato un modo per sentirsi utili alla società in un momento di sconforto generale e per continuare a svolgere il proprio dovere con dignità..



Per citare questo articolo:

Yannick HAMON, Une didactique confinée : témoignages d’enseignants , Repères DoRiF Ateliers Didactique et Recherches - Fédération Alliances Françaises d'Italie et DoRiF Università, DoRiF Università, Roma dcembre 2020, http://www.dorif.it/ezine/ezine_articles.php?id=507

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