Enrica GALAZZI, Caterina FALBO, Pascale JANOT, Michela MURANO, Roberto PATERNOSTRO, Autour d'un corpus d'apprenants italophones de FLE : présentation du projet 'Interphonologie du Français Contemporain - italien', Repères DoRiF n.3 - Projets de recherche sur le multi/plurilinguisme et alentours... - septembre 2013, DoRiF Università, Roma septembre 2013, http://www.dorif.it/ezine/ezine_printarticle.php?id=93

Versione a schermo

Enrica GALAZZI, Caterina FALBO, Pascale JANOT, Michela MURANO, Roberto PATERNOSTRO

Autour d'un corpus d'apprenants italophones de FLE : présentation du projet 'Interphonologie du Français Contemporain - italien'

Enrica Galazzi
Università Cattolica del Sacro Cuore, Milano

Caterina Falbo, Pascale Janot, Università di Trieste
Michela Murano, Università Cattolica del Sacro Cuore, Milano
Roberto Paternostro, Università di Brescia e Université de Paris Ouest MoDyCo

Riassunto

Il progetto IPFC (Interphonologie du Français Contemporain) si propone di studiare le specificità fonologiche presenti nei discenti di madrelingua italiana che studiano il francese come seconda lingua. Il gruppo di ricerca italiano, diretto da Enrica Galazzi, è composto da tre centri di ricerca: l'Università Cattolica del Sacro Cuore di Milano, lo IUSLIT dell'Università di Trieste e l'Università della Sapienza di Roma.
Ogni centro di ricerca persegue obiettivi comuni prendendo in esame diversi gruppi di studenti, dal livello principianti fino a quello avanzato.
Questo articolo si focalizza sui primissimi risultati di Trieste e di Milano sulla liaison francese. Lo studio si propone di illustrare il comportamento degli studenti di francese durante varie prove quali la lettura di un brano, la partecipazione ad una conversazione parzialmente guidata e ad un colloquio informale, e, soltanto per il gruppo di Trieste, la traduzione simultanea e consecutiva. Questi due studi pilota hanno prodotto un triplice risultato: una descrizione, basata su un corpus, della liaison francese prodotta da studenti di francese di madrelingua italiana, una metodologia comune per l'analisi della liaison francese, uno strumento per affrontare l'argomento e misurare l'impatto dell'approccio didattico comunemente usato per l'insegnamento della liaison francese sulla produzione degli studenti.

Abstract

The IPFC project (Interphonology of Contemporary French) aims at studying the phonological specificities of Italian-speaking learners of French as a second language. The Italian research group, directed by Enrica Galazzi, is made up of three investigation points: the Università Cattolica del Sacro Cuore in Milan, the IUSLIT at the University of Trieste and La Sapienza University in Rome.
Each survey point carries out common research objectives by investigating different groups of students, from beginners to advanced.
This contribution focuses on the very first results from Milan and Trieste on French liaison. The study aims at illustrating French learners’ behaviour during different tasks such as reading a passage, participating in a semi-directed conversation and in an informal one, and lastly, only for the Trieste investigation point, during simultaneous and consecutive interpretation. These two pilot studies represent a threefold step towards: a corpus-based description of French liaison produced by Italian-speaking French learners; a common methodology for French liaison analysis; a tool to tackle the issue and measure the impact of the didactic approach generally applied for French liaison teaching on learners’ production.

	 
  

Introduction au projet « Interphonologie du Français Contemporain (IPFC) »

Le projet IPFC1 (Interphonologie du Français Contemporain), lancé fin 2008 à l’échelle internationale, est coordonné par Sylvain Detey (Université Waseda et Université de Rouen), Isabelle Racine (Université de Genève), Yuji Kawaguchi (Tokyo University of Foreign Studies) et Jacques Durand (Université de Toulouse et IUF). Au départ, il complétait et élargissait en quelque sorte le projet PFC (Phonologie du français Contemporain : usages, variétés et structure) qui, depuis une dizaine d’années, travaille à la collecte d’une vaste base de données structurée, représentative du français tel qu’il est parlé sur l’ensemble de la planète où sont actifs non moins de 30 points d’enquête. (cf. www.projet-pfc.net) PFC est un projet-pilote (suivi d’un projet analogue pour l’Anglais : PAC, Phonologie de l’Anglais contemporain), qui a pour ambition de promouvoir la recherche, les échanges, l’enseignement/apprentissage, les applications, la conservation du patrimoine linguistique de l’espace francophone international.

Dans ce cadre, le but d’IPFC est de mettre à la disposition des chercheurs un corpus multitâche vaste et diversifié, de productions orales venant de populations non natives – les apprenants de FLE – susceptible de stimuler et enrichir les études encore rares dans le domaine de l’interphonologie du français.

Le projet compte actuellement 13 équipes travaillant à partir des langues maternelles correspondantes. Les pays participants sont les suivants : Japon, Espagne, Norvège, Allemagne, Hollande, Canada anglophone, Grèce, Suède, Brésil, Russie, Danemark, Turquie, Italie (toutes les informations détaillées sur le site du projet : http://cblle.tufs.ac.jp/ipfc/index.php?id=2)

L’équipe italienne a rejoint le projet en mai 2011.

Membres de l’équipe : Giulia Barreca, Cristina Bosisio, Caterina Falbo, Oreste Floquet, Pascale Janot, Chiara Molinari, Michela Murano, Roberto Paternostro

Trois terrains sont actuellement explorés qui offrent aux enquêteurs une population d’étudiants aux profils diversifiés : l’Université Catholique du Sacré Cœur de Milan – Faculté de Sciences du Langage et Littératures Étrangères (Enrica Galazzi, Cristina Bosisio, Chiara Molinari, Michela Murano, Roberto Paternostro) ; l’Université de Trieste – Département de Sciences Juridiques, du Langage, de l’Interprétation et de la Traduction, Section d’Etudes en langues Modernes pour Interprètes et Traducteurs (Caterina Falbo, Pascale Janot) ; et, depuis décembre 2012, l’ Université de Rome Sapienza, Master FLE (Giulia Barreca, Oreste Floquet).

Suivant les propositions des responsables du projet IPFC, des points forts de la phonologie du français sont étudiés (tels que les voyelles nasales et la liaison qui ont fait l’objet des deux derniers colloques, Paris 2011 et 2012) avec un protocole expérimental identique pour toutes les équipes, ce qui permet des échanges et des comparaisons souvent éclairants.

Les objectifs de recherche et les premières données sont présentés dans les pages qui suivent par les collaborateurs des deux points d’enquête qui ont le plus avancé (Milan et Trieste).

Le protocole d’enquête IPFC

Le protocole IPFC comprend 6 tâches à répartir en deux séances de passation : 1 de répétition, 3 de lecture (2 lectures de mots et 1 lecture de texte) et 2 de conversation (expression orale guidée et non guidée).

La première séance est identique pour tous les niveaux d’apprenants : la lecture de la première liste de 94 mots et la lecture du texte reprennent les tâches du protocole PFC ; en ce qui concerne l’autre liste de mots en lecture et en répétition, les équipes de chaque L1 ont ajouté à une base commune de 34 mots une liste de mots spécifiques. La liste de mots ainsi obtenue est ensuite enregistrée par un locuteur natif « standard ».

La deuxième séance de passation est consacrée aux tâches de conversation : l’entretien guidé avec un enseignant se fait en suivant une liste de questions fermées qui retracent la biographie linguistique de l’apprenant, puis en choisissant quelques questions dans une liste ouverte et diversifiée selon le niveau des apprenants (A1-B1 et B2-C1 du Cadre Européen Commun de Référence pour les Langues) et le type d’apprentissage (en milieu hétéroglotte ou en immersion). Lors de la conversation libre, deux apprenants discutent sur un thème choisi par chacun d’entre eux à l’intérieur d’une liste fermée. Toutes les questions de l’entretien guidé ont pour sujet la langue française, alors que les sujets de la conversation entre apprenants sont plus variés (un film vu, un livre lu, un endroit visité, un souvenir, un thème d’actualité etc.)

1. Le point d’enquête de Milan : présentation du public et état d’avancement des travaux

Les enregistrements du point d’enquête milanais ont été complétés pour 12 étudiants de la 1ère année de Licence en Sciences Linguistiques et Littératures Étrangères. Il s’agit de 11 filles et d’un garçon, âgés de 19 à 21 ans, de langue maternelle italienne, ayant toujours vécu en Lombardie, sauf quelques exceptions. Concernant leur niveau de départ en français, 4 de ces étudiants sont des débutants complets, 6 ont étudié le français depuis le collège et 2 depuis le lycée. Après le test de niveau de français administré par la faculté avant le début des cours, sur les 8 étudiants non débutants 5 ont été placés dans les groupes de niveau intermédiaire et 3 dans le groupe avancé. On peut considérer que l’apprentissage du français de la part de ces étudiants s’est passé entièrement en milieu hétéroglotte, car ils déclarent avoir passé dans un pays francophone au maximum deux mois au total, lors de très courts séjours (1-2 semaines) pour des vacances ou des programmes d’échange de classes.

1.1 Les recherches en cours : la liaison dans la tâche de lecture 

En décembre 2012, les Journées IPFC sur le thème « Corpus, liaison, interprétation » nous ont donné l’occasion de présenter les premières recherches d’IPFC-Italien : en nous concentrant sur la tâche de lecture, nous avons évalué la réalisation de la liaison de la part de 6 étudiants2. Avant d’exposer les premiers résultats, quelques considérations seront nécessaires sur l’input reçu par les étudiants avant la passation du test IPFC, tant du point de vue de l’enseignement de la liaison que de l’entraînement à la tâche de lecture en langue étrangère.

1.1.1 Entraînement à la lecture et enseignement de la liaison

La phonétique est au cœur du programme de langue française de la 1ère année de Licence, que les étudiants participant au projet avaient suivi ou étaient en train de suivre au moment des enregistrements (septembre 2011-mars 2012). D’un côté, les heures de laboratoire linguistique sont consacrées à l’enseignement de la prononciation et aux activités de compréhension et production orales à partir de textes audio liés à la méthode de langue. De l’autre, les étudiants italophones, dont la langue maternelle est une langue « phonétique », sont sensibilisés à la complexité de la relation entre les sons et la graphie du français à travers la dictée et la transcription phonétique en API de courts textes, qui font partie des épreuves d’examen de fin d’année. Quant à la lecture, dans le cours de niveau débutant, les premières semaines sont consacrées à l’apprentissage de la prononciation, qui se fait entre autres à travers la lecture de textes assez longs, contenant des mots inconnus. Les autres groupes ne font jamais la lecture d’un texte à voix haute en classe : les étudiants intermédiaires et avancés sont amenés à lire quelques phrases seulement lors de la correction des exercices de grammaire ou pendant les séances de laboratoire.

En ce qui concerne l’enseignement de la liaison, il se fait suivant une approche normative, qui utilise les trois catégories de liaison obligatoire, facultative et interdite (DELATTRE, 1951). Les supports didactiques sont le manuel Phonétique progressive du Français (CHARLIAC, MOTRON 2004) de niveau intermédiaire, utilisé dans les séances de correction phonétique au laboratoire, et le polycopié Sons et graphies, spécialement conçu par les professeurs de langue française de l’université pour l’entraînement à la transcription phonétique.

Le manuel Phonétique progressive ne prévoit pas d’unité didactique spécifiquement consacrée à la liaison, mais l’étudiant rencontre des exercices de lecture et de répétition où il est confronté à ce phénomène à l’intérieur des unités centrées sur des couples de sons : la consigne de l’exercice signale alors la présence d’une liaison - obligatoire ou facultative - ou bien l’impossibilité de la liaison, en renvoyant toujours à la règle correspondante dans l’introduction théorique en début d’ouvrage.

Sons et graphies contient une introduction théorique à la liaison, qui commence par la prononciation des consonnes de liaison et continue par l’exposition ordonnée des différents cas de liaison obligatoire, interdite et facultative. Avant de présenter des phrases à transcrire en API, le polycopié propose des exercices de lecture de courtes séquences, en indiquant par des moyens typographiques les liaisons à réaliser et celles à éviter.

1.1.2 La lecture du texte IPFC : difficultés et erreurs attendues

Nous avons choisi d’effectuer la passation de la première partie du protocole de manière individuelle et automatisée, via la plateforme Moodle. L’enregistrement de la tâche de lecture prévoit d’abord la familiarisation avec le texte à travers la lecture d’un résumé ; ensuite, le texte, qui compte environ 400 mots et 2000 caractères, est divisé en 9 parties qui s’affichent l’une après l’autre : un temps limité (40 secondes) est accordé pour l’enregistrement de chaque partie. Cette modalité de passation du test rend impossible la préparation de l’activité de lecture, qui serait pourtant souhaitable pour des apprenants étrangers :

[La lecture est] une activité à préparer si l’on veut obtenir une image la plus proche possible de la compétence en prononciation/oralisation à partir de l’écrit. La préparation permet de porter l’attention sur la forme et non sur le fond, ce qui se traduit souvent par une nette amélioration de la performance (LAURET 2007 : 159).

Le texte IPFC (Voir annexes) est le même qui a été soumis aux locuteurs natifs pour le projet PFC et il présente des mots qui sont probablement inconnus à un public d’étudiants italophones de 1ère année (émoi, entamé, hasard, vouer), ainsi que des mots difficiles à prononcer (Beaulieu, 1936) ou faciles à confondre à première vue avec d’autres (Beaulieu→banlieue, cote →côté). En outre, on repère quelques structures complexes, par exemple celle formée par une suite de mots monosyllabiques (comme on en a vu), et un adverbe (récemment) construit suivant une règle grammaticale difficile à retenir.

On peut donc s’attendre à ce que la tâche de lecture du texte s’avère problématique pour nos étudiants. L’absence d’entraînement systématique à l’oralisation d’un texte, la difficulté intrinsèque du texte IPFC et la modalité de passation de l’épreuve risquent de représenter un obstacle pour l'actualisation des compétences phonétiques réelles de notre public.

1.2 Analyses et méthode

Le texte IPFC présente 35 contextes de liaison, que nous avons provisoirement3 classés selon les trois catégories décrites par Delattre (1951) : obligatoire (OBL), facultative (FAC), interdite (INT). Celles-ci correspondent, en effet, à l’input didactique reçu par nos apprenants, bien qu’elles donnent à voir une réalité souvent faussée par rapport aux pratiques observées chez les locuteurs natifs (DURAND, LYCHE, 2008). Nous avons néanmoins pris en compte la possibilité de réalisations spécifiques à notre public et avons donc créé une catégorie de liaison « inhabituelle » (INH). Celle-ci ne recouvre pas les réalisations traditionnellement considérées comme « fautives », ni les liaisons dites « non canoniques » ou « inattendues » (MASTROMONACO, 1999). Elle se réfère plutôt à des liaisons susceptibles d’être produites par des apprenants ayant l’italien comme L1, à savoir la réalisation d’un appendice nasal et/ou la prononciation de consonnes muettes, qui pourraient se lier à un mot commençant par voyelle4.

Nous avons repéré deux contextes possibles de réalisation de liaisons inhabituelles :

La mise en place d’un codage plus qualitatif nous a permis d’établir si chaque catégorie de liaison était réalisée (+), non réalisée (-) ou réalisée de façon non canonique (%) et de signaler la nature de la consonne liaisonnante. Dans le cas de « grand_émoi », par exemple, qui appartient à la catégorie OBL et qui donne à voir une liaison en /t/, on marquerait :

En revanche, nous n’avons pas pris en compte la longueur du mot liaisonnant dans cette étude exploratoire.

1.2.1 Présentation des premiers résultats

Les apprenants italophones ont réalisé 73% des liaisons obligatoires, dont 14% de façon non canonique. Au contraire, seulement 6% des liaisons facultatives ont été réalisées, dont 2% de façon non canonique. Pour ce qui est des liaisons interdites, elles ont obtenu un score de réalisation de 3%, mais toutes étaient de type non canonique. Parmi les liaisons inhabituelles, spécifiques à notre public d’apprenants italophones, seules 3% ont été réalisées, uniquement pour le contexte voyelle nasale finale de mot suivie d’un mot à initiale vocalique : « l’opposition_aurait ».

Globalement, le taux de réalisation de la liaison, toutes catégories confondues, est de 41,5%. Il s’agit d’un résultat assez surprenant pour des apprenants débutants si on le compare avec le taux global de réalisation d’un échantillon de locuteurs natifs pour la même tâche, qui est de 56% (RACINE, 2012). Cependant, la production d’un nombre important de liaisons non canoniques, différentes par rapport à celles que pourraient réaliser des locuteurs natifs, est la marque claire d’un apprentissage en cours et du fait que le système de la liaison n’est pas encore bien établi à ce stade-là.

Le taux de 73% de liaisons obligatoires réalisées n’est pas étonnant pour des apprenants dont la « norme » est le premier input didactique. Le taux faible de réalisation de liaisons facultatives (6%), en revanche, nous permet de souligner l’importance d’une sensibilisation précoce à la variation sociolinguistique, pour empêcher qu’une fois confrontés à des natifs, nos apprenants ne passent pas pour des « livres parlants », mais surtout pour qu’ils ne soient pas perdus à l’écoute de la parole réelle..

Nous attirons l’attention sur quelques cas de productions problématiques, surtout liées à la tendance qu’ont les italophones à prononcer les consonnes muettes. « Grand_honneur » ou « grand_émoi » ont parfois été réalisés avec un /d/ comme consonne liaisonnante, parfois même avec un /n/. C’est aussi le cas de « comment_en », où le /n/ est prononcé et lié à la voyelle qui suit. S’agit-il d’un cas de liaison inattendue ou bien d’un enchaînement suite à une consonne finale prononcée dans un contexte inhabituel ? Il nous paraît difficile de donner une réponse. La nécessité de l’élaboration de nouvelles catégories appliquées aux analyses en L2 s’impose. D’où l’intérêt d’une étude inter-phonologique corpus-based.

1.3 Les recherches à venir

Comme nous l’avons dit plus haut, notre étude exploratoire sur la liaison porte seulement sur 6 des 12 apprenants enregistrés dans le cadre du point d’enquête milanais. L’analyse prévue de la totalité de nos données, nous permettra, sans aucun doute, de pouvoir dessiner un portrait plus représentatif des pratiques et des stratégies des apprenants italophones quant à la production de la liaison en lecture. Les données ainsi recueillies seront par la suite comparées aux données obtenues avec la même méthodologie à partir de conversations guidées et semi-guidées inclues dans le protocole d’enquête. Bien que la tâche de lecture puisse, en effet, « fausser » la compétence en prononciation de nos apprenants, elle leur fournit en même temps un cadre précis et rassurant, favorisant l’application des normes acquises. Les conversations, en revanche, laissent davantage d’autonomie aux apprenants, ce qui peut s’avérer déroutant et qui n’est pas sans conséquences sur leurs productions. L’introduction du codage officiel, en voie d’élaboration dans le cadre du projet IPFC (RACINE, DETEY, 2012), aura l’avantage d’harmoniser les analyses et donc de faciliter les comparaisons entre les points d’enquête des différents pays.

La pénurie d’apprenants de sexe masculin ainsi que de locuteurs représentatifs de l’italien parlé dans le Sud du pays nous ont poussés à essayer de pallier ce manque, notamment par l’ouverture de notre point d’enquête à des étudiants non spécialistes qui suivent des cours de langue française au Servizio Linguistico d’Ateneo (SELDA). L’analyse des productions d’étudiants non spécialistes, non concernés par un enseignement spécifique de la prononciation, pourra, en effet, se révéler beaucoup plus riche que celle d’apprenants qui ont reçu des enseignements spécifiques en la matière.

La présence d’autres points d’enquêtes, à Trieste (dans le Nord-Est de l’Italie) et à Rome, dans le Centre-Sud), nous donnera également l’occasion de croiser nos données, principalement issues de productions d’apprenants débutants, avec des données issues de publics plus avancés et relevant d’un terrain didactique et sociolinguistique fort différent.

2. Le point d’enquête de Trieste : la liaison dans le discours des étudiants en interprétation

Bien qu’analysant le même phénomène phonologique, la liaison, les études-pilotes de Milan et de Trieste se différencient par la nature du public ainsi que par des choix méthodologiques qui seront présentés ci-après.

Cette étude entend mettre au point une grille d’analyse et une méthode de travail tenant compte des avancées du projet IPFC, d’une part, et des caractéristiques propres au corpus collecté, d’autre part5.

2.1 Méthodologie et cadre théorique

2.1.1 Objectif

Notre étude porte sur l’analyse de la liaison chez des étudiants en interprétation ayant le français comme langue B, langue étrangère vers laquelle ils doivent traduire à partir de l’italien, en interprétation consécutive (IC) et en interprétation simultanée (IS). Nous nous proposons de comparer les liaisons réalisées / non réalisées pendant les tâches prévues par le protocole IPFC (lecture, entretiens guidées et entretiens libres) et les tâches d’IC et de IS. Notre questionnement se rattache à une hypothèse générale selon laquelle il y aurait une baisse de la qualité de la production en français pendant l’IC et l’IS, ce qui se traduirait par une présence accrue d’erreurs au niveau phonologique, liaison comprise.

2.1.2 Sujets

La première série d’enregistrements a vu la participation de 9 étudiants6 inscrits en Master 2 d’Interprétation de conférence, pendant l’année universitaire 2011-2012. L’homogénéité du groupe se situe dans les caractéristiques suivantes : tous les étudiants ont été reçus à un concours d’entrée7, pendant lequel on a évalué, entre autres choses, leurs capacités de reformulation en français. Les étudiants qui se présentent au concours d’entrée proviennent de notre université ou bien d’autres universités italiennes et étrangères. Nos étudiants  arrivent directement des trois ans de licence au cours desquels ils ont suivi des cours de langue, de linguistique et de traduction ; la phonétique et la phonologie ne font pas l’objet de cours spécifiques mais sont englobées dans les cours de langue générale. Pendant les deux ans de Master, ils se forment en IC et en IS (dans notre cas français-italien ; italien-français), ne suivent plus aucun cours de langue générale et sont invités, en cas de « faiblesses » en français oral, à améliorer par eux-mêmes leurs connaissances linguistiques.

2.1.3 Corpus

Les enregistrements des différentes tâches du protocole IPFC ont commencé en septembre 2012. Les IC et IS ont été enregistrées à partir de juin 2012, lors de la première session d’examens. Pendant l’année universitaire, 6 appels sont prévus, répartis en trois sessions. Un même sujet a donc la possibilité de se présenter plusieurs fois au même examen jusqu’à ce qu’il soit reçu. Cela signifie que pour un seul sujet nous avons pu récolter plusieurs enregistrements d’une même épreuve. L’analyse présentée ici ne concerne que les tâches effectuées par 4 sujets. Nous avons pris en considération les premières épreuves d’IC et d’IS auxquelles chaque sujet s’est présenté à partir de juin 2012, sans tenir compte du degré de qualité de l’épreuve et de la note éventuellement obtenue8.

2.1.4 Enregistrement et transcription

Chaque sujet a été identifié par un code enregistré sur la plateforme Moodle du projet IPFC.

Les fichiers concernant la tâche de lecture, enregistrée sur Moodle, ont été téléchargés, tandis que les entretiens guidés et les entretiens libres, de même que les IC et IS, ont été enregistrés sur un magnétophone numérique Roland R-26, ce qui nous a permis d’obtenir des fichiers audio en .wav.

Le repérage et la transcription des liaisons ont pu être effectués à l’aide de WinPitch (MARTIN, 2009), le logiciel que nous utilisons régulièrement pour nos recherches en interprétation9.

2.1.5 Références théoriques, codage

Compte tenu des études effectuées sur PFC (DURAND et LYCHE, 2008 ; DURAND et al., 2011), des suggestions de Racine (2012) et dans l’attente d’une proposition de codage pour la liaison chez les locuteurs de L2 (RACINE et DETEY, 2012), nous avons choisi d’adopter l’approche descriptive proposée par Durand et al. (2011) que nous présenterons brièvement. Durand et al. (2011 : 113) renoncent à une classification des liaisons en obligatoires, facultatives et interdites, ces étiquettes indiquant des contenus différents selon les auteurs. De plus, comme toute approche prescriptive, elle serait incapable de faire ressortir des « catégories robustes de type : catégoriel, variable et non attesté (ou aléatoire) » permettant un relevé concret des liaisons réalisées et non réalisées par les locuteurs. Le codage mis au point par Durand et al. (2011 : 112) prévoit l’ajout d’un  « identifiant alphanumérique à la dernière lettre du mot liaisonnant », ce qui donne différentes combinaisons possibles :

Ce type de codage permet aux auteurs (2011 : 112-118) d’identifier les catégories suivantes :

Dans notre approche, nous nous détachons quelque peu des catégories présentées ci-dessus et optons pour une répartition entre liaisons réalisées et non réalisées. Dans les liaisons réalisées nous englobons toute liaison produite, y compris les hypercorrectives et les aléatoires, à savoir des liaisons qui échappent à la catégorie des hypercorrectives et qui sont le fruit de la créativité des locuteurs. D’après le codage alphanumérique présenté ci-dessus, nous distinguons donc des liaisons du type « 11 », « 12 », « 21 », « 22 ».  Les liaisons non réalisées incluent tous les cas codés en « 10 » et « 20 », étant donné que « 0 » marque l’absence de liaison.

Seule une analyse fine des cas regroupés sous une même étiquette nous permettra de mettre au jour les tendances et les particularités des liaisons, voire des non-liaisons, chez des locuteurs de FLE.

2.2 Analyse

Notre attention s’est focalisée sur des cas emblématiques de liaisons réalisées – hypercorrectives et aléatoires – et sur quelques cas seulement de liaisons non réalisées.

2.2.1 Les liaisons réalisées

Si on observe l’ensemble des liaisons réalisées et non réalisées relevées dans notre corpus, par locuteur et par tâche, nous pouvons remarquer que parmi les liaisons réalisées, c’est le type 11 (monosyllabique + liaison enchainée) qui prévaut11, toutes tâches confondues, plus précisément les contextes DET+X12 à voyelle initiale, PROCL+V13. Toutes proportions gardées, les résultats sont comparables ici à ceux du corpus PFC (DURAND et al. 2011 : 115-116).

Hypercorrectives

Nous relevons que trois sujets sur quatre produisent une liaison en /d/ dans le segment /grand honneur/ et qu’un locuteur produit également /grand11d émoi/, tandis que les trois autres ne réalisent pas de liaison dans ce segment-là : /grand // émoi/, ce qui renvoie à la situation relevée par Durand et Lyche (2008 : 44) dans le corpus PFC. Ces quelques résultats nous paraissent intéressants car les trois sujets qui prononcent /grand11d honneur/ ne le mettent visiblement pas en relation avec /grand émoi/. Dans un corpus d’italophones, cela pourrait signifier tout d’abord que les sujets prennent « honneur » pour un nom féminin (comme le sont la plupart des noms en –eur en français) et qu’ils appliquent une règle morphologique préalablement inculquée. Nous pouvons supposer ensuite qu’ils le mettent en relation avec le syntagme /grand11d hôtel/ que l’italien a emprunté au français.

Avec d’autres mots monosyllabiques se terminant par un « d », comme /quand/, la liaison est généralement réalisée en /t/ (/quand11t on…/ ; /quand11t il…/). Là aussi, ce résultat peut sans doute s’expliquer par un schéma liaisonnant inculqué allié à la fréquence élevée en usage des séquences avec « quand » (voir à ce sujet DURAND et al. 2011 : 117).

Nous relevons trois cas d’hypercorrectives par ajout de consonne de liaison :

a) /dans les prochains cinq11z années/

b) /et sont11tz étrangers/

c) /madame11z et messieurs/

L’exemple (b) est assez curieux puisque la CL (consonne de liaison) est prononcée et suivie d’une autre consonne /z/, ajout qui peut sans doute s’expliquer par la récurrence de cette marque du pluriel et par le trait pluriel de « sont ». L’exemple (c), où « ma- » vient se substituer à « mes- » dans la première partie du mot, pourrait être traité comme un lapsus.

Nous relevons ensuite deux cas présentant deux liaisons consonne/consonne produites en IS:

d) /nous sommes11z rentrés dans l’euro/

e) /nous sommes11z pas11z en train/

L’exemple (e) nous semble particulièrement révélateur de la manière dont le texte de départ peut conditionner la production en langue d’arrivée, au niveau de la planification de l’énoncé. L’écoute nous permet en effet d’en repérer les traits typiques de la microplanification en cours (intensité élevée de la voix, débit rapide et saccadé). Nous assistons à une tentative de transformation d’une affirmative en une négative grâce à l’ajout de « pas ». Ce type d’autocorrection supposerait que soit repris tout le syntagme verbal (Papa 2011) avec ajout de la partie manquante. Si tel avait été le cas, le sujet aurait dû produire /nous ne sommes pas11z en train/. En revanche, la reprise n’a pas eu lieu et le sujet est resté sur son choix de départ (/nous sommes11z en train/), retardant la prononciation de « en » à cause de l’insertion de « pas » sans réussir à interrompre l’« ébauche » de la liaison. Les séquences (d) et (e) ont tout l’air d’être le fruit de ce travail où le mécanisme de réparation, qui n’est que partiellement réalisé, provoque un télescopage de deux énoncés.

Aléatoires

Nous avons retenu trois réalisations :

f) /elles sort eh tous11z ensemble/

g) /l’union11n européenne/

h) /en11n Hollande/

En (f), où il devrait normalement n’y avoir qu’un enchaînement, la situation est comparable à ce qui se passe avec des mots monosyllabiques comme « plus », « très », « dans », etc.14. Compte tenu de la difficulté des italophones à articuler les voyelles nasales (inexistantes en italien), il est difficile de dire en (g) s’il s’agit d’une liaison ou d’une nasale mal prononcée. L’exemple (h) est, pourrait-on dire, un cas classique !

2.2.2 Les liaisons non réalisées

Les contextes que nous avons retenus et dans lesquels la liaison n’est généralement pas réalisée sont les suivants :

<ADJ + N sing.> / <ADJ + N plur.>

<N + ADJ plur.>

<ÊTRE + X> (<être + X> / <c’est + X>)

La seule séquence correspondant au contexte <ADJ + N sing.> relevée jusqu’à présent dans le corpus est /grand // émoi/, commentée plus haut. Nous signalons toutefois quelques cas d’<ADJ + N plur.> sans liaison dans :

(012 S entr. guidé)

i) /certains20 aspects de grammaire/

j) /comprendre les différents20 accents/

(011 B cons. + sim)

k) /les célèbres20 objectifs/

l) /les vrais10h immigrés/

Ces situations nous renvoient à ce que relèvent Durand et Lyche (2008 : 45) dans des contextes avec des adjectifs antéposés où la situation est fluctuante. Dans notre cas, nous pourrions dire que la situation est d’autant plus fluctuante que nous avons affaire, dans la plupart des cas, à des adjectifs antéposés polysyllabiques.

<N + ADJ plur. > est l’un des schémas de non-réalisation de la liaison statistiquement les plus récurrents, toutes tâches confondues :

(010 G)

m) /visites20h officielles/ (lecture)

n) /les (des) pays20h européens/ (entr. guidé ; IC)

o) /les eh négociations20h internationales/ (IC)

p) /les citoyens20h européens/ (IC)

q) /institutions20h eh : europé- ehm internationales/ (IS)

Il nous intéresse tout particulièrement car, en IC et IS, on s’attendrait à ce que la liaison soit réalisée vu que le registre devrait être soutenu et que des types de syntagmes comme en (n), (o), (p) et (q) sont presque toujours produits avec liaison dans les discours prononcés par les enseignant et par les locuteurs que les étudiants doivent traduire du français vers l’italien. On s’attendrait donc à ce que ces derniers se soient approprié ce schéma et qu’ils le reproduisent au moment de l’interprétation it→fr. Indépendamment de cet aspect, qu’il y ait non-réalisation dans ce contexte déjà en lecture laisse supposer qu’il n’existe pas pour les apprenants de schéma de liaison15.

En revanche, la réalisation est systématique dans les syntagmes figés comme /Etats11zUnis/.

Dans ce contexte, la part des liaisons non réalisées (41) est légèrement supérieure à celle des réalisées (36). Là encore, la non-réalisation, de même que la réalisation, d’ailleurs, ne semble pas liée à un choix fait en fonction d’un registre (la tâche requerrait qu’il soit soutenu et que les liaisons soient réalisées) mais à un choix fait en fonction d’un patron sous-jacent, de réalisation (/sommes11z en train/ ; /est11t en11n effet/) tout comme de non-réalisation (/nous sommes10 intéressés/).

Nous relevons une absence de liaison dans des séquences où la morphosyntaxe est erronée :

r) /comme elle est10 un : une ville/

s) /parce qu’il est10 un garçon/

Cela peut sans doute s’expliquer par la déstructuration du patron sous-jacent /<c’est + X> + liaison/ qui n’est plus retrouvé dès lors que « il est » se substitue à « c’est ».

Enfin, on peut remarquer des idiosyncrasies chez les différents locuteurs : dans les mêmes contextes, deux sujets réalisent la liaison tandis que les deux autres ne la réalisent pas.

Pour ce qui est de <c’est + X>, catégorisé comme variable chez Durand et Lyche (2008 : 47), nous remarquons que nos sujets ont généralement tendance à réaliser la liaison, sauf 1 (013). Cela peut signifier que cette liaison leur a été inculquée comme obligatoire au cours de leur apprentissage de la langue française.

2.3 En guise de conclusion

Cette première analyse fait émerger que, parmi les liaisons réalisées, un noyau dur de liaisons catégorielles (<DET + X> ; <PROC + V>) persiste chez nos sujets italophones ; parmi les liaisons non réalisées, nous remarquons que plusieurs contextes qui étaient considérés comme obligatoires chez Delattre (1966) présentent une certaine variabilité, ce qui recoupe les résultats et les réflexions de Durand et Lyche (2008) et Durand et al. (2011)

Ces résultats concernent toutes les tâches : il n’y a pas de différences significatives, en effet, entre la lecture, et les 2 entretiens, d’une part, et les 2 interprétations, d’autre part. Nous en déduisons que lorsque les sujets passent d’une situation communicative à une autre, qui demanderait un registre plus soutenu, ils ne se conforment pas à cette exigence. Deux raisons apparemment contradictoires peuvent expliquer cette situation : l’inculcation de la norme, tout d’abord, qui privilégie les liaisons dites obligatoires et néglige les facultatives ainsi que leur lien avec le registre, ce qui n’est pas sans poser le problème de l’enseignement du facultatif ; les séjours en pays francophone, ensuite, où, d’une part, dans les interactions au quotidien, la norme est mise à mal et le registre abaissé et où, d’autre part, les étudiants n’ont pas toujours l’occasion d’accéder à des discours présentant un registre soutenu (comme dans les textes qu’ils doivent traduire – discours politiques, conférences – où la langue est surveillée). Ce qui nous ramène à la question posée par Encrevé (1983 : 63) sur les « rapports linguistiques qu’entretiennent des auditeurs avec une langue qu’ils écoutent et qu’il ne produisent pas ».

Il est bien évident que le fait que certains phénomènes soient absents de notre corpus ne signifie pas qu’ils n’existent pas. Rien n’est plus aléatoire qu’une conversation libre ou qu’une interprétation consécutive ou simultanée où, peut-être, les stratégies d’évitement (y compris de la liaison) se taillent la part du lion !

Les équipes de Trieste et de Milan devront bien entendu travailler sur un ensemble plus vaste de sujets. Ces deux études-pilotes ont permis de mettre en regard deux approches méthodologiques qui pourront déboucher sur une grille d’analyse commune afin de faire ressortir les spécificités de leurs corpus respectifs d’italophones.

Bibliographie

ARCAINI, Enrico et al. (éd), Analisi comparativa : francese/italiano. Ricerca linguistica, insegnamento delle lingue, Padova, Liviana editrice, 1989.

CHARLIAC, Lucile, MOTRON, Anne-Claude, Phonétique progressive du français (niveau intermédiaire), Paris, CLE International, 2004.

DELATTRE, Pierre, Principes de phonétique française à l’usage des étudiants anglo-américains. Vermont, Ecole Française d’été, Middlebury College, 1951.

DELATTRE, Pierre, « La liaison en français, tendances et classifications », in Studies in French and Comparative Phonetics. Selected Papers in French and English,Londres, La Haye, Paris, Mouton & Co, 1966, p. 39-48, http://ctlf.ens-lyon.fr/voirtexte.asp?fic=5418_fr_Delattre_T04&f=txt&num=1187&auteurs=Delattre,%20Pierre&titre=

DETEY, Sylvain, KAWAGUCHI, Yuji, « Interphonologie du Français Contemporain (IPFC): récolte automatisée des données et apprenants japonais », Journées PFC : Phonologie du français contemporain : variation, interfaces, cognition, Paris, 11-13 décembre 2008.

DETEY, Sylvain, RACINE, Isabelle « Les apprenants de français face aux normes de prononciation: quelle(s) entrée(s) pour quelle(s) sortie(s)? », Revue française de linguistique appliquée, 17, 1, 2012, p. 81-96.

DURAND, Jacques, LYCHE, Chantal, « French liaison in the light of corpus data », Journal of French Language Studies 18/1, 2008, p. 33-66, http://journals.cambridge.org/abstract_S0959269507003158.

DURAND, Jacques, LAKS, Bernard, LYCHE, Chantal, « Le projet PFC: une source de données primaires structurées », in DURAND, Jacques, LAKS, Bernard, LYCHE, Chantal (éds), Phonologie, variation et accents du français, Paris, Hermès, 2009, p. 19-61.

DURAND, Jacques, LAKS, Bernard, CALDERONE, Basilio, TCHOBANOV, Atanas, « Que savons-nous de la liaison aujourd’hui? », Langue française 169, 2011, p. 103-135.

DURAND, Valérie, MURANO, Michela, ORIONE, Franca, VIOLA, Carolina, Sons et graphies. Exercices de transcription phonétique pour les étudiants de première année, Milan, DSU – UCSC (2e édition), 2011.

ENCREVÉ, Pierre, « La liaison sans enchaînement », in Actes de la recherche en sciences sociales, vol. 46, 1983, p. 39-66.

ENCREVÉ, Pierre, La liaison avec et sans enchaînement, Paris, Editions du Seuil, 1988.

LAURET, Bertrand, Enseigner la prononciation du français : questions et outils, Paris, Hachette FLE, 2007.

MARTIN, Philippe, Intonation du français, Paris, Armand-Colin, 2009.

MASTROMONACO, Silvana Maria, Liaison in French as a Second Language, Thèse de Doctorat non publiée de l’Université de Toronto, 1999.

PAPA, Carlo, Il fenomeno del self-repair nell’interpretazione simultanea, Tesi di laurea magistrale non pubblicata, IUSLIT, Università di Trieste, 2011.

RACINE, Isabelle, « Le projet InterPhonologie du Français Contemporain (IPFC) : Quelles réalisations de la liaison chez les apprenants hispanophones et japonophones ? », Séminaire LAPS, Paris, Université Paris 8-10 septembre 2012, http://www.ea-anglais.univ-paris8.fr/spip.php?article1146#resume_Racine.

RACINE, Isabelle, Detey, Sylvain, « Description de la liaison en français L2 : proposition de codage pour les données IPFC », Journées IPFC 2012 : Interphonologie du français contemporain : corpus, liaison, interprétation, Paris10-11 décembre 2012, http://cblle.tufs.ac.jp/ipfc/assets/files/IPFC2012-Paris/IPFC2012_RACINE%20et%20DETEY_Liaison.pdf

RACINE, Isabelle, DETEY, Sylvain, ZAY, Françoise, KAWAGUCHI, Yuji, « Des atouts d’un corpus multitâches pour l’étude de la phonologie en L2 : l’exemple du projet "Interphonologie du français contemporain" (IPFC) », in KAMBER Alain et SKUPIENS Carine (éds), Recherches récentes en FLE, Berne, Peter Lang, 2012, p. 1-19.

1
Ce texte est avant tout le fruit d’un travail en commun. Cependant, pour le présent article, E. Galazzi a rédigé la partie Introduction au projet Interphonologie du français contemporain (IPFC) ; M. Murano les parties Le protocole d’enquête IPFC, 1. Le point d’enquête de Milan : présentation du public et état d’avancement des travaux, 1.1 Les recherches en cours : la liaison dans la tâche de lecture, 1.1.1 Entraînement à la lecture et enseignement de la liaison et 1.1.2 La lecture du texte IPFC : difficultés et erreurs attendues) ; R. Paternostro les parties 1.1.3 Analyses et méthode, 1.1.4 Présentation des premiers résultats, 1.2 Les recherches à venir ; C. Falbo les parties 2.1 Méthodologie et cadre théorique, de 2.1.1 Objectif à 2.1.5 Références théoriques, codage ; P. Janot les parties 2.2 Analyse, 2.2.1 Les liaisons réalisées, 2.2.2 Les liaisons non réalisées et 2.3 En guise de conclusion.

2
La présentation de Michela Murano et Roberto Paternostro « IPFC-italien (Milan) : la liaison dans un corpus d’apprenants italophones » est accessible sur le site IPFC à la page http://cblle.tufs.ac.jp/ipfc/assets/files/IPFC2012-Paris/IPFC2012_MURANO%20et%20PATERNOSTRO_Italien.pdf

3
Un système de codage commun, spécifique aux L2, est en voie d’élaboration. C’est la raison pour laquelle nous avons opté, dans de cette étude exploratoire, pour l’utilisation des catégories de Delattre (1951), qui avaient déjà été utilisées par les responsables du projet IPFC dans leur étude sur la liaison chez des apprenants hispanophones et japonophones (DETEY & RACINE, 2012).

4
Ces aspects-là font partie des tendances qu’ont les apprenants italophones de FLE et qui ont déjà été décrites, entre autres, par Arcaini et al., 1989.

5
Ces résultats ont été présentés à Paris en décembre 2012 lors des Journées IPFC et sont consultables sur le site http://cblle.tufs.ac.jp/ipfc/assets/files/IPFC2012-Paris/IPFC2012%20_FALBO%20et%20JANOT_Italien.pdf

6
Le nombre recommandé de 12 sujets n’a pu être respecté à cause du nombre restreint d’inscrits en Master 2.

7
Le concours d’entrée consiste dans la traduction orale d’un discours de 3 minutes sur des sujets d’actualité. Chaque étudiant choisit en quelles langues il souhaite passer le test ainsi que la direction (français-italien ; italien-français ; anglais-italien, etc.)

8
L’évaluation de l’interprétation, selon les critères qui lui sont propres, ne peut en effet rien apporter à l’analyse de la liaison.

9
Le protocole IPFC prévoit des transcriptions effectuées sous Praat. Nous comptons nous conformer à cette norme dès que possible grâce aussi à la compatibilité des deux logiciels.

10
Symbole phonétique du son liaisonnant.

11
Le nombre réduit de sujets analysés jusqu’à présent ne nous permet pas de fournir de données statistiques.

12
Déterminant (un, les, des, mon, ton, son, mes, tes, ses, etc.) suivi d’un nom à voyelle initiale et formant un syntagme nominal.

13
Pronoms (ils, elles, on, nous, vous, en) antéposés au verbe.

14
Dans le corpus PFC, la liaison dans ce contexte est fréquemment réalisée, mais elle peut parfois être variable (DURAND et al. 2011 : 117).

15
Cette remarque pourrait être valable également pour ce que nous avons dit pour le contexte .

Ritorna alla Barra di Navigazione