{"id":10937,"date":"2024-02-08T14:15:10","date_gmt":"2024-02-08T13:15:10","guid":{"rendered":"https:\/\/www.dorif.it\/reperes\/?p=10937"},"modified":"2024-02-24T22:29:37","modified_gmt":"2024-02-24T21:29:37","slug":"simona-munari-pour-une-approche-interculturelle-le-texte-litteraire-translingue-dans-lenseignement-du-fle","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.dorif.it\/reperes\/simona-munari-pour-une-approche-interculturelle-le-texte-litteraire-translingue-dans-lenseignement-du-fle\/","title":{"rendered":"Simona MUNARI, Pour une approche interculturelle : le texte litt\u00e9raire translingue dans l\u2019enseignement du FLE"},"content":{"rendered":"<h3 id=\"simona-munari\" style=\"text-align: center; padding-left: 80px;\">Simona MUNARI<\/h3>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h2 id=\"pour-une-approche-interculture\" style=\"text-align: center;\"><strong>Pour une approche interculturelle\u00a0: le texte litt\u00e9raire translingue dans l\u2019enseignement du FLE<\/strong><\/h2>\n<p><em>\u00a0<\/em><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Simona Munari<br \/>\n<\/strong>Universit\u00e0 di Roma Tor Vergata<\/p>\n<hr \/>\n<p><strong>R\u00e9sum\u00e9<\/strong><\/p>\n<p>Dans le cadre du renouvellement des approches \u00e0 la didactique du FLE le retour du texte litt\u00e9raire comme laboratoire langagier et comme espace \u00e0 explorer a fait place \u00e0 une litt\u00e9rature monde en voie de canonisation qui par sa sp\u00e9cificit\u00e9 li\u00e9e \u00e0 la vari\u00e9t\u00e9 des contextes semble privil\u00e9gier un point de vue hybride et m\u00e9tiss\u00e9 valorisant les alt\u00e9rit\u00e9s. Les trajectoires individuelles de certains auteurs translingues font de leur \u0153uvre \u00e0 caract\u00e8re autobiographique un document authentique qui r\u00e9sonne avec les exp\u00e9riences et les int\u00e9r\u00eats des \u00e9tudiants d\u2019aujourd\u2019hui. Cet article pr\u00e9sente un projet de lecture de quelques autobiographies langagi\u00e8res en classe de FLE niveau avanc\u00e9 pour v\u00e9rifier dans quelle mesure et par quelles strat\u00e9gies l\u2019exploitation de la complexit\u00e9 des \u00e9critures translingues dans l\u2019enseignement sup\u00e9rieur peut encourager l\u2019\u00e9laboration d\u2019un regard interculturel.<\/p>\n<p><strong>Abstract<\/strong><\/p>\n<p>Within the renewal of the approaches to the teaching of French as a foreign language, the return to the literary text as a language laboratory has given way to a world literature currently in the process of being canonised. Through its specificity, linked to the variety of contexts, such a novel approach seems to prioritise a hybrid and multicultural point of view that enhances the value of otherness. The autobiographical works of certain translingual authors, by virtue of their individual personal experiences, become in fact authentic documents that resonate with the interests of today\u2019s students. This article aim to verify how well the study of some translingual texts in FLE advanced level classes can encourage the development of an intercultural perspective.<\/p>\n<hr \/>\n<h3 id=\"-le-potentiel-des-\u00e9critures-t\">1. Le potentiel des \u00e9critures translingues<\/h3>\n<p>Les documents qui exposent les apprenants \u00e0 la pratique vivante de la langue \u00e9trang\u00e8re ont longtemps \u00e9t\u00e9 privil\u00e9gi\u00e9s en didactique du FLE pour consolider l\u2019acquisition d\u2019une comp\u00e9tence pragmatique. Le fait litt\u00e9raire n\u2019\u00e9tait pas jug\u00e9 assez authentique, et en raison de ses composantes esth\u00e9tiques il ne paraissait accessible qu\u2019une fois \u00ab solidement \u00e9tablies les fondations de la langue parl\u00e9e et de la langue \u00e9crite usuelle \u00bb (COSTE 1982 : 70). Sur la base de ce principe, la transition de la langue \u00e0 la culture r\u00e9clamait un bagage linguistique remarquable, apte \u00e0 favoriser le passage du sens litt\u00e9ral (compr\u00e9hension) au sens litt\u00e9raire (analyse) (WOERLY 2015 : 157).<\/p>\n<p>L\u2019immense r\u00e9servoir de textes litt\u00e9raires permettrait, au contraire, de les introduire d\u00e8s le d\u00e9but selon le genre et l\u2019\u00e9poque \u00e0 laquelle ils ont \u00e9t\u00e9 \u00e9crits, le niveau B2 autrefois indiqu\u00e9 dans les CECR pour la production, r\u00e9ception et repr\u00e9sentation des \u0153uvres litt\u00e9raires n\u2019\u00e9tant d\u2019ailleurs plus qu\u2019un rep\u00e8re purement indicatif\u00a0o\u00f9 le type de formation, la langue maternelle des apprenants, leur \u00e2ge et d\u2019autres donn\u00e9es entrent en jeu (CHNANE-DAVIN, CUQ 2021\u00a0:\u00a0 61) dans des groupes classes qui sont d\u00e9sormais \u00ab\u00a0un paysage disciplinaire de plus en plus archip\u00e9lagique\u00a0\u00bb (TRAISNEL, RAZAFIMANDIMBIMANANA, 2022\u00a0: 78).<\/p>\n<p>Pour int\u00e9grer aux cours de langue la r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 des auteurs qu\u2019il est rare de trouver dans les manuels, ainsi que des modalit\u00e9s de lecture cens\u00e9es produire une r\u00e9flexion sur les enjeux de l\u2019interculturel, il est donc essentiel de consid\u00e9rer la litt\u00e9rature comme \u00ab\u00a0un type de partage\u00a0\u00bb (TOUBERT 2017\u00a0: 1) assurant aux \u00e9l\u00e8ves la possibilit\u00e9 de \u00ab\u00a0travailler selon leurs propres itin\u00e9raires d\u2019appropriation\u00a0\u00bb (PRZESMYCKI 2004\u00a0: 10). \u00c0 l\u2019heure o\u00f9\u00a0 le syst\u00e8me scolaire appelle \u00e0 un enseignement \u00ab motivant \u00bb (GODARD 2015 : 302) qui engage l\u2019\u00e9coute et la m\u00e9diation, la vision fonctionnelle de la langue fait place \u00e0 la n\u00e9cessit\u00e9 de \u00ab consid\u00e9rer les apprenants comme des \u00eatres plurilingues et pluriculturels \u00bb, ce qui revient \u00e0 \u00ab leur permettre d\u2019utiliser, si n\u00e9cessaire, toutes leurs ressources linguistiques, les encourager \u00e0 voir les ressemblances et les r\u00e9gularit\u00e9s aussi bien que les diff\u00e9rences entre les langues et les cultures \u00bb. (CECR 2021 : 30).<\/p>\n<p>Sur la base de ce principe, le projet r\u00e9alis\u00e9 avec les \u00e9tudiants de Langues et litt\u00e9ratures \u00e9trang\u00e8res d\u2019une universit\u00e9 italienne dans le cadre du cours de Langue et traduction fran\u00e7aise pour le Master se proposait de concr\u00e9tiser la perspective interculturelle\u00a0par l\u2019\u00e9tude de quelques biographies langagi\u00e8res d\u2019auteurs francophones translingues. Il s\u2019agit d\u2019un contexte d\u2019enseignement sup\u00e9rieur o\u00f9 les groupes classes, souvent caract\u00e9ris\u00e9s par la diversit\u00e9 des langues et culture en pr\u00e9sence, ne sont pas toujours homog\u00e8nes au point de vue du niveau de langue, mais l\u2019organisation du travail tenait principalement \u00e0 l\u2019id\u00e9e qu\u2019exposer les apprenants \u00e0 une litt\u00e9rature fran\u00e7aise plurielle et \u00e0 des repr\u00e9sentations moins st\u00e9r\u00e9otyp\u00e9es de la langue sollicite leur curiosit\u00e9 pour les aspects culturels (CHISS 2021\u00a0: 176-177).<\/p>\n<p>Il n\u2019est pas rare que les \u00ab\u00a0auteurs\u00a0fran\u00e7ais langue \u00e9trang\u00e8re\u00a0\u00bb provenant d\u2019ailleurs explorent leur patrimoine linguistique et culturel par des \u00ab\u00a0autoscopies linguistiques\u00a0\u00bb (DELBART 2007\u00a0: 144-145) aptes \u00e0 briser les id\u00e9es re\u00e7ues. C\u2019est donc principalement par une mise en question de la figure de l\u2019\u00e9tranger dans le regard de l\u2019autre \u2013 mais aussi dans le regard de soi \u2013 que les sp\u00e9cialistes tracent de nouvelles pistes de travail ax\u00e9es sur l\u2019explicitation des d\u00e9calages entra\u00een\u00e9s par la mobilit\u00e9. Dans cette perspective, le caract\u00e8re performatif d\u2019un r\u00e9cit migrant en fait un dispositif linguistique permettant d\u2019envisager une analyse des trajectoires \u00ab\u00a0sous l\u2019angle des mutations et des red\u00e9finitions identitaires qu\u2019elles impliquent\u00a0\u00bb (KELLER-GERBER 2019\u00a0: 56)\u00a0: son introduction en classe de FLE peut donc sensibiliser les apprenants sur la pr\u00e9sence de la langue fran\u00e7aise en dehors de la France, ainsi que sur les enjeux de leur propre parcours linguistico-culturel.<\/p>\n<p>Un contexte d\u2019apprentissage qui valorise un espace de rencontre et d\u2019\u00e9change \u00a0permet de questionner la litt\u00e9rature migrante en axant les d\u00e9marches p\u00e9dagogiques sur la d\u00e9couverte plut\u00f4t que sur l\u2019analyse du texte litt\u00e9raire\u00a0: la litt\u00e9rature et les \u0153uvres culturelles en g\u00e9n\u00e9ral sont plut\u00f4t des \u00ab\u00a0aires interm\u00e9diaires d\u2019exp\u00e9rience\u00bb (TOUBERT 2017\u00a0: 6) o\u00f9 l\u2019\u00e9criture\u00a0translingue en fran\u00e7ais peut r\u00e9v\u00e9ler son potentiel de \u00ab\u00a0langue-trame de r\u00e9f\u00e9rence partag\u00e9e \u00e0 ren\u00e9gocier\u00a0\u00bb (SAUDAN, GAJO 2022\u00a0: 31), cens\u00e9e poser de nouvelles questions \u00ab\u00a0\u00e0 l\u2019intersection entre un texte litt\u00e9raire et ce que l\u2019on est comme sujet\u00a0\u00bb (TOUBERT 2017\u00a0: 7).<\/p>\n<h3 id=\"-les-strat\u00e9gies-de-lecture\">2. Les strat\u00e9gies de lecture<\/h3>\n<p>Quelques mots de Nancy Huston sur la notion d\u2019\u00e9tranget\u00e9 repris dans une \u00e9tude r\u00e9cente sur la francophonie (RICHARD, CAUSA 2022\u00a0: 35) montrent encore une fois que dans le cadre du renouvellement des approches \u00e0 la didactique du FLE le retour du texte litt\u00e9raire comme laboratoire langagier (PEYTARD 1982) et comme espace \u00e0 explorer (GODARD 2015) a fait place \u00e0 une litt\u00e9rature monde (LE BRIS, ROUAUD, 2007) en voie de canonisation, qui par sa sp\u00e9cificit\u00e9 li\u00e9e \u00e0 la vari\u00e9t\u00e9 des contextes semble privil\u00e9gier un point de vue hybride et m\u00e9tiss\u00e9 valorisant les alt\u00e9rit\u00e9s\u00a0:<\/p>\n<blockquote><p>Vivre \u00e0 l\u2019\u00e9tranger m\u2019a permis d\u2019avoir, vis-\u00e0 vis du pays d\u2019origine <em>et<\/em> du pays d\u2019adoption, un petit recul critique\u00a0: je les per\u00e7ois l\u2019un et l\u2019autre comme des <em>cultures<\/em>. La m\u00eame chose vaut pour la langue\u00a0: ce n\u2019est qu\u2019\u00e0 partir du moment o\u00f9 plus rien n\u2019allait de soi \u2013 ni le vocabulaire, ni la syntaxe, ni surtout le style \u2012, \u00e0 partir du moment o\u00f9 \u00e9tait aboli le faux naturel de la langue maternelle, que j\u2019ai trouv\u00e9 des choses \u00e0 dire. Ma \u00ab\u00a0venue \u00e0 l\u2019\u00e9criture\u00a0\u00bb est intrins\u00e8quement li\u00e9e \u00e0 la langue fran\u00e7aise. Non pas que je la trouve plus belle ni plus expressive que la langue anglaise, mais, \u00e9trang\u00e8re, elle est suffisamment <em>\u00e9trange<\/em> pour stimuler ma curiosit\u00e9. (HUSTON, 1986\u00a0: 14).<\/p><\/blockquote>\n<p>Apprendre qu\u2019il est possible d\u2019\u00eatre francophone tout en conservant son identit\u00e9 linguistique et culturelle d\u2019origine (CHNANE-DAVIN, CUQ 2021\u00a0: 81) transforme le fran\u00e7ais en langue d\u2019\u00e9change en pr\u00e9venant le risque de hi\u00e9rarchisation\u00a0: le recours \u00e0 ces textes vise donc moins les m\u00e9canismes de la variation linguistique, qui constituent pourtant une \u00e9tape importante dans la progression des savoirs, que les composantes qui font la sp\u00e9cificit\u00e9 de l\u2019\u00e9criture \u00ab\u00a0en d\u2019autres mots\u00a0\u00bb (AUSONI 2016). Une orientation plus ouverte par rapport aux approches classiques focalis\u00e9s sur le communicatif et les contextes d\u2019\u00e9nonciation suppose alors une formation \u00e0 la diversit\u00e9 linguistique, mais \u00e9galement \u00e0 une id\u00e9e du texte litt\u00e9raire qui fasse abstraction d\u2019une id\u00e9e tr\u00e8s scolaire de la litt\u00e9rature, ancr\u00e9e \u00e0 des lectures st\u00e9r\u00e9otyp\u00e9es du texte.<\/p>\n<p>Les d\u00e9marches de certains auteurs translingues s\u2019inscrivent dans un r\u00e9\u00e9quilibrage interculturel\u00a0qui renverse la question \u00ab\u00a0Et aujourd\u2019hui qui est l\u2019\u00e9tranger\u00a0?\u00a0\u00bb\u00a0(KATTAN 2007\u00a0: 32) pour interroger la mani\u00e8re dont l\u2019\u00e9tranger se voit lui-m\u00eame, et comment il se d\u00e9finit par rapport \u00e0 l\u2019autochtone. \u00catre bilingue et \u00e9crivain fran\u00e7ais dans ce monde en mouvement, que l\u2019on soit \u00ab\u00a0s\u00e9dentaire\u00a0\u00bb ou \u00ab\u00a0nomade\u00a0\u00bb (DELBART 2002), que le d\u00e9placement soit forc\u00e9 ou que le retour s\u2019inscrive au bout d\u2019un s\u00e9jour que l\u2019on esp\u00e8re court, implique en effet, tout d\u2019abord, l\u2019acceptation d\u2019un territoire peu connu. S\u2019engager dans la vie d\u2019un nouveau pays et adopter le fran\u00e7ais comme langue d\u2019\u00e9criture comporte un changement de statut et de d\u00e9nomination, et des questions surgissent qui remettent en cause l\u2019exp\u00e9rience du d\u00e9centrement et de la distanciation en tant qu\u2019\u00e9l\u00e9ments susceptibles de produire une vision moins monolithique du monde\u00a0:<\/p>\n<blockquote><p>Je ne saurais dire, au juste, ce que je ressentis en ce moment ineffa\u00e7able : pour qu\u2019il demeur\u00e2t tel, je dus \u00e9prouver que modifier l\u2019accent de la langue maternelle suffisait \u00e0 infl\u00e9chir la repr\u00e9sentation que tout un chacun s\u2019offre de lui-m\u00eame, et sa fa\u00e7on de r\u00e9agir aux sollicitations du monde. Et je suis persuad\u00e9 que cette modeste exp\u00e9rience \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur de ma propre langue, fut d\u00e9j\u00e0 la prise de conscience des mutations qu\u2019implique l\u2019adoption d\u2019une autre, \u00e0 laquelle le corps, d\u2019embl\u00e9e, s\u2019accorde, bien avant que la pens\u00e9e ne suive. (BIANCIOTTI 1995 : 234-235).<\/p><\/blockquote>\n<p>La transformation s\u2019accomplit par degr\u00e9s, selon l\u2019accueil que l\u2019on re\u00e7oit\u00a0: lorsque l\u2019\u00e9tranger conna\u00eet la langue, il peut tenter le cas \u00e9ch\u00e9ant de corriger son accent mais l\u2019\u00e9ventuel apprentissage \u00ab\u00a0humble et persistant\u00a0\u00bb d\u2019un nouvel instrument ne peut qu\u2019aboutir \u00e0 \u00ab\u00a0la reconnaissance implicite d\u2019une nouvelle naissance\u00a0\u00bb (KATTAN 2007\u00a0: 34), seule alternative possible \u00e0 une position d\u2019int\u00e9riorit\u00e9\/ext\u00e9riorit\u00e9, \u00ab\u00a0de d\u00e9calage, de non co\u00efncidence, d\u2019\u00e9cart\u00a0\u00bb (ROBIN ,\u00a01992: 26)\u00a0:<\/p>\n<blockquote><p>Il est possible de parvenir assez rapidement \u00e0 s\u2019approprier la langue comme instrument d\u2019\u00e9change et de communication du quotidien. Cependant, l\u2019acquisition d\u2019une grande libert\u00e9 d\u2019expression est longue, ardue et parfois p\u00e9nible. L\u2019aboutissement n\u2019est jamais totalement atteint, mais l\u2019effort ouvre les portes \u00e0 la lueur et \u00e0 l\u2019ardeur. Pour un \u00e9crivain, il s\u2019agit d\u2019une \u00e9preuve fondamentale. J\u2019en ai fait l\u2019exp\u00e9rience. Afin de passer de l\u2019arabe au fran\u00e7ais comme \u00e9crivain, j\u2019ai d\u00fb traverser le d\u00e9sert d\u2019un silence qui a dur\u00e9 une vingtaine d\u2019ann\u00e9es. (KATTAN 2007 : 34).<\/p><\/blockquote>\n<p>Quand Nancy Huston signale qu\u2019elle est \u00ab\u00a0plus attentive qu\u2019un natif aux frottements et aux co\u00efncidences sonores\u00a0\u00bb (HUSTON 1999\u00a0: 45) et qu\u2019il suffit d\u2019une petite trace d\u2019accent ou d\u2019une imperceptible maladresse pour faire glisser le masque qu\u2019elle a l\u2019impression de porter au quotidien, c\u2019est le regard sur les relations entre les cultures qui est mis en cause, tout comme dans les mots d\u2019un auteur qui a fait le trajet inverse\u00a0vers le Grand Nord:<\/p>\n<blockquote><p>Marcher dans les rues enneig\u00e9es de Montr\u00e9al en se posant la question de l\u2019\u00e9criture et se voir visiter par une id\u00e9e comme l\u2019oiseau visite l\u2019arbre o\u00f9 il veut nicher. Comprendre pour soi. \u00c9tablir un dialogue non plus entre moi et moi, mais entre l\u2019\u00e9crivain et l\u2019\u00e9criture. Un dialogue se situant dans un autre espace-temps lorsque l\u2019imagination largue les amarres pour aller vers la temp\u00eate et se plonger\u00a0 dans le chaos des vagues immenses o\u00f9 se cache la seconde immortelle qu\u2019il faut renommer. (MOUAWAD 2007 : 190).<\/p><\/blockquote>\n<p>Les doutes sur l\u2019usage du texte litt\u00e9raire en cours de FLE tiennent le plus souvent \u00e0 une id\u00e9e obsol\u00e8te des grands classiques de la litt\u00e9rature ainsi qu\u2019\u00e0 un manque de connaissance de la place des auteurs francophones sur la sc\u00e8ne \u00e9ditoriale contemporaine, voire \u00e0 une sorte d\u2019ins\u00e9curit\u00e9 litt\u00e9raire qui \u00e9loigne l\u2019enseignant des ressources dont il dispose pour construire des rep\u00e8res m\u00e9thodologiques en fonction de son public. Mais c\u2019est sur les strat\u00e9gies de lecture qu\u2019il faudrait tout d\u2019abord r\u00e9fl\u00e9chir\u00a0: loin d\u2019inviter les apprenants \u00e0 la d\u00e9couverte des grands classiques, par exemple, les textes \u00ab\u00a0fran\u00e7ais facile\u00a0\u00bb qui se veulent des outils p\u00e9dagogiques \u00ab\u00a0rassurants et motivants\u00a0\u00bb (<a href=\"http:\/\/www.hachettefle.com\">www.hachettefle.com<\/a>) n\u2019ont rien de dynamique. Ces versions expurg\u00e9es qui s\u2019inscrivent dans la tradition des anthologies alimentent depuis longtemps un march\u00e9 florissant tr\u00e8s pris\u00e9 par l\u2019\u00e9cole italienne, m\u00eame dans le cadre des \u00e9tudes universitaires, bien que ces textes ne questionnent nullement le lecteur sur les r\u00e9f\u00e9rences culturelles (DELBART 1994: 133).<\/p>\n<p>Une version tr\u00e8s connue de <em>Madame Bovary<\/em> destin\u00e9e aux \u00e9tudiants niveau B2, par exemple, r\u00e9sume en quelques lignes la journ\u00e9e qui suit le bal \u00e0 la Vaubyessard, un moment qui dans les mots de Flaubert a \u00ab\u00a0fait un trou\u00a0\u00bb dans la vie d\u2019Emma en d\u00e9clenchant ce m\u00e9canisme de d\u00e9ception qui finira par la conduire au refus de son milieu, de son mariage, de la vie m\u00eame. C\u2019est un des passages les plus \u00e9vocateurs du roman\u00a0:<\/p>\n<blockquote><p>La journ\u00e9e fut longue, le lendemain. Elle se promena dans son jardinet, passant et revenant par les m\u00eames all\u00e9es, s\u2019arr\u00eatant devant les plates-bandes, devant l\u2019espalier, devant le cur\u00e9 de pl\u00e2tre, consid\u00e9rant avec \u00e9bahissement toutes ces choses d\u2019autrefois qu\u2019elle connaissait si bien. Comme le bal d\u00e9j\u00e0 lui semblait loin ! Qui donc \u00e9cartait, \u00e0 tant de distance, le matin d\u2019avant-hier et le soir d\u2019aujourd\u2019hui ? Son voyage \u00e0 la Vaubyessard avait fait un trou dans sa vie, \u00e0 la mani\u00e8re de ces grandes crevasses qu\u2019un orage, en une seule nuit, creuse quelquefois dans les montagnes. Elle se r\u00e9signa pourtant : elle serra pieusement dans la commode sa belle toilette et jusqu\u2019\u00e0 ses souliers de satin, dont la semelle s\u2019\u00e9tait jaunie \u00e0 la cire glissante du parquet. Son c\u0153ur \u00e9tait comme eux : au frottement de la richesse, il s\u2019\u00e9tait plac\u00e9 dessus quelque chose qui ne s\u2019effacerait pas. (FLAUBERT, ch.VIII)<\/p><\/blockquote>\n<p>Le souvenir de ce bal devient \u00ab\u00a0une occupation pour Emma\u00a0\u00bb qui chaque mercredi compte les jours qui la s\u00e9parent d\u00e9sormais de cette exp\u00e9rience de bonheur\u00a0: \u00ab\u00a0Et peu \u00e0 peu, les physionomies se confondirent dans sa m\u00e9moire\u00a0; elle oublia l\u2019air des contredanses\u00a0; elle ne vit plus si nettement les livr\u00e9es et les appartements\u00a0; quelques d\u00e9tails s\u2019en all\u00e8rent, mais le regret lui resta\u00a0\u00bb (FLAUBERT, ch. IX). Elle se r\u00e9veille la nuit r\u00eavant de Paris \u00ab\u00a0plus vaste que l\u2019Oc\u00e9an\u00a0\u00bb qui miroite \u00e0 ses yeux \u00ab\u00a0dans une atmosph\u00e8re vermeille\u00a0\u00bb, s\u2019ach\u00e8te un plan de la capitale, s\u2019abonne \u00e0 un journal de femmes, d\u00e9vore les comptes rendus des repr\u00e9sentations, se met \u00e0 lire Sue, Balzac et George Sand. La r\u00e9\u00e9criture concentre en quelques lignes tr\u00e8s r\u00e9f\u00e9rentielles, d\u2019une banalit\u00e9 d\u00e9concertante, cette d\u00e9tresse infiltr\u00e9e \u00e0 jamais dans une existence qui ne sera plus la m\u00eame\u00a0:<\/p>\n<blockquote><p>Le lendemain, la journ\u00e9e fut sombre. Emma se rappelait tous les d\u00e9tails du jour du bal. Ce souvenir l\u2019occupa pendant plusieurs semaines, puis elle commen\u00e7a \u00e0 sombrer dans la m\u00e9lancolie. Elle rempla\u00e7a la bonne par une jeune fille de quatorze ans, douce et tranquille, F\u00e9licit\u00e9, qui ob\u00e9issait sans jamais protester.<br \/>\nElle restait souvent enferm\u00e9e dans sa chambre. Elle lisait un peu puis se mettait \u00e0 r\u00eaver. Elle d\u00e9sirait \u00e0 la fois mourir et habiter Paris, ville o\u00f9, elle pensait, tous les d\u00e9sirs se r\u00e9alisaient (FAUCARD-MARTINEZ 2019\u00a0: 15-16).<\/p><\/blockquote>\n<h3 id=\"-diversifier-les-approches\">3. Diversifier les approches<\/h3>\n<p>Transmettre l\u2019histoire litt\u00e9raire par des strat\u00e9gies p\u00e9dagogiques actives qui diversifient l\u2019exp\u00e9rience de la langue suppose moins un apprenant expos\u00e9 \u00e0 la langue comme technique \u00e0 exploiter qu\u2019une r\u00e9flexion sur son rapport \u00e0 l\u2019imaginaire v\u00e9hicul\u00e9 par cette langue : le Paris fantasm\u00e9 d\u2019Emma, ses doutes, son incoh\u00e9rence, sa volont\u00e9 de partir ont le charme universel de la jeunesse, alors que son double en version B2 n\u2019est plus qu\u2019une image d\u2019\u00c9pinal :<\/p>\n<blockquote><p>Chaque matin, \u00e0 son r\u00e9veil, elle croyait que la journ\u00e9e serait diff\u00e9rente de celle de la veille, qu\u2019il allait se passer quelque chose. Mais rien n\u2019arrivait. L\u2019avenir \u00e9tait un couloir tout noir et qui avait au fond sa porte bien ferm\u00e9e. Elle devint bient\u00f4t difficile et capricieuse (FAUCARD-MARTINEZ 2019 : 16).<\/p><\/blockquote>\n<p>Proposer une lecture guid\u00e9e du roman par l\u2019interm\u00e9diaire d\u2019une traduction italienne \u00e0 partir du niveau B1 au lieu d\u2019aplatir ce chef d\u2019\u0153uvre en 1800 mots gommant toute signature d\u2019auteur, n\u2019emp\u00eacherait probablement pas chez l\u2019\u00e9tudiant l\u2019appr\u00e9ciation de la subtilit\u00e9 de l\u2019\u00e9criture flaubertienne, dont la complexit\u00e9 permet tout de m\u00eame le rep\u00e9rage de certaines structures syntaxiques r\u00e9currentes qui aident le lecteur \u00e0 ne pas s\u2019\u00e9garer dans les difficult\u00e9s lexicales. Bien que travailler \u00e0 d\u00e9velopper une attitude interpr\u00e9tative \u00e0 partir des textes litt\u00e9raires soit d\u2019apr\u00e8s les \u00e9tudes sp\u00e9cialis\u00e9es une d\u00e9marche cens\u00e9e nous situer \u00ab au c\u0153ur des objectifs communicatifs \u00bb (GODARD 2015 : 89), tout ce que Flaubert laisse dans l\u2019ambig\u00fcit\u00e9 et l\u2019ambivalence trouve dans la r\u00e9\u00e9criture une explicitation qui ne fait pas confiance au lecteur. Il suffirait d\u2019\u00e9voquer la recherche des \u00ab lieux br\u00fblants de l\u2019anecdote \u00bb (BARTHES 2000 : 90) qui font le plaisir du texte pour comprendre qu\u2019un \u00ab couloir tout noir \u00bb risque justement d\u2019\u00eatre l\u2019avenir o\u00f9 l\u2019apprenant se voit assign\u00e9 par le texte litt\u00e9raire simplifi\u00e9, dans une position d\u2019\u00e9tranger qui lui interdit toute v\u00e9ritable d\u00e9couverte de l\u2019alt\u00e9rit\u00e9.<\/p>\n<p>Une plus vaste notion d\u2019\u00e9ducation \u00e0 l\u2019alt\u00e9rit\u00e9 \u00e9tant cens\u00e9e s\u2019\u00e9laborer \u00e0 partir de la valorisation de \u00ab\u00a0la diversit\u00e9 culturelle et identitaire traduite par la langue fran\u00e7aise\u00a0\u00bb (OUELLON 2010\u00a0: 33), on comprend l\u2019importance de ne pas restreindre le corpus aux grands classiques ou \u00e0 une francophonie m\u00e9diatis\u00e9e. Tr\u00e8s sensibles \u00e0 leur positionnement dans le march\u00e9 \u00e9ditorial fran\u00e7ais, les auteurs qui travaillent dans une situation d\u2019entre-deux ne souhaitent pas \u00eatre consid\u00e9r\u00e9s comme des porte-parole (KATTAN 2007\u00a0: 32) et s\u2019efforcent d\u2019\u00e9carter les fronti\u00e8res de \u00ab\u00a0l\u2019abstraction suprafrancophone\u00a0\u00bb (ROUXEL 2010\u00a0: 51) pour reformuler le probl\u00e8me non n\u00e9gligeable de l\u2019appartenance culturelle. Cela favorise la cr\u00e9ation d\u2019un immense texte \u00ab\u00a0m\u00e9tis et m\u00e9tiss\u00e9, commun et singulier\u00a0\u00bb qui m\u00e9riterait une place privil\u00e9gi\u00e9e \u00ab\u00a0d\u00e8s les d\u00e9buts de l\u2019apprentissage et non en fin de parcours\u00a0\u00bb (GRUCA 2010\u00a0: 77)\u00a0:<\/p>\n<blockquote><p>\u00catre un \u00e9crivain francophone c\u2019est \u00eatre d\u00e9positaire de cultures, d\u2019un tourbillon d\u2019univers. \u00catre un \u00e9crivain francophone, c\u2019est certes b\u00e9n\u00e9ficier de l\u2019h\u00e9ritage des lettres fran\u00e7aises, mais c\u2019est surtout apporter sa touche dans un grand ensemble, cette touche qui brise les fronti\u00e8res, efface les races, amoindrit la distance des continents pour ne plus \u00e9tablir que la fraternit\u00e9 par la langue et l\u2019univers. (MABANCKOU 2007 : 56).<\/p><\/blockquote>\n<p>Les auteurs choisis \u2013 Nancy Huston, <em>Nord Perdu<\/em>\u00a0; Agotha Kristof, <em>L\u2019analphab\u00e8te<\/em>\u00a0; Claude Esteban, <em>Le partage des mots<\/em>\u00a0; Vassilis Alexakis, <em>Paris-Ath\u00e8nes<\/em>, Hector Bianciotti, <em>Le pas si lent de l\u2019amour<\/em> \u2012\u00a0 proposent une mise en sc\u00e8ne de la langue qui mobilise des savoirs ant\u00e9rieurs et des r\u00e9f\u00e9rences rattach\u00e9es \u00e0 des cat\u00e9gories famili\u00e8res. D\u2019autres r\u00e9cits tir\u00e9s du volume <em>Pour une litt\u00e9rature monde<\/em> sont ensuite entr\u00e9s dans le dossier, notamment ceux de Tahar Ben Jelloun, Maryse Cond\u00e9, Anna Mo\u00ef, Brina Svit et Chahdortt Djavann<a href=\"#_ftn1\" name=\"_ftnref1\"><sup>[1]<\/sup><\/a> qui t\u00e9moignent d\u2019un lien affectif, pour des raisons diff\u00e9rentes, \u00e0 la langue fran\u00e7aise.<\/p>\n<p>Pour ce qui concerne l\u2019\u00e9criture romanesque, le jeu entre langue maternelle et langue de l\u2019autre n\u2019en finit pas de surprendre\u00a0: si certains \u00e9crivains c\u00e8dent \u00e0 la tentation de fournir des d\u00e9monstrations de leur ma\u00eetrise linguistique comme s\u2019ils voulaient d\u00e9passer leurs coll\u00e8gues \u00ab\u00a0en nuances, en subtilit\u00e9, en richesse de vocabulaire\u00a0\u00bb (KATTAN 2007\u00a0: 34), d\u2019autres redoutent le transfert des images et des m\u00e9taphores appartenant \u00e0 leur langue d\u2019origine. Ils craignent les artifices de l\u2019exotisme et choisissent un minimalisme lexical et syntaxique apte \u00e0 gommer la pr\u00e9sence sous-jacente de la langue quitt\u00e9e. Car cette langue n\u2019est pas abandonn\u00e9e et encore moins \u00ab\u00a0ni\u00e9e ou rejet\u00e9e\u00a0\u00bb (KATTAN 2007\u00a0: 34), ce qui investit leurs d\u00e9marches autor\u00e9flexives d\u2019une puissance s\u00e9minale\u00a0:<\/p>\n<blockquote><p>Ce qui persiste le plus fortement sont les images, celles de la vision initiale du r\u00e9el. Ainsi, pour moi, la lune est encore et toujours masculine et le soleil, f\u00e9minin, tels que l\u2019arabe les a imprim\u00e9s dans mon esprit, m\u00eame si, ob\u00e9issant \u00e0 la grammaire fran\u00e7aise, j\u2019\u00e9cris le contraire. (KATTAN 2007 : 35).<\/p><\/blockquote>\n<p>Certains auteurs \u00e9voquent les enjeux li\u00e9s \u00e0 la clart\u00e9 logique du fran\u00e7ais, \u00e0 la pr\u00e9cision de son vocabulaire et \u00e0 la nettet\u00e9 de sa grammaire\u00a0: \u00ab\u00a0le temps de la phrase est incertain et le sens, qui refuse la pr\u00e9cision par amour d\u2019une langue inapte \u00e0 trancher, flotte au fil des mots\u00a0\u00bb, dit Virgil Tanase de son roumain maternel, alors qu\u2019\u00ab\u00a0en fran\u00e7ais tout est contraire\u00a0\u00bb (TANASE 2006\u00a0: 144-145)\u00a0; le choix d\u2019\u00e9crire en fran\u00e7ais impose \u00e0 Brina Svit, \u00e9crivain slov\u00e8ne install\u00e9 \u00e0 Paris en 1980, un ton direct sans recherche de style, faute de pouvoir entrer dans le corps de la langue\u00a0: \u00ab\u00a0Elle ne me donne pas mes articulations, ma chair, mes organes, mon souffle\u2026 Rien ne m\u2019a \u00e9t\u00e9 donn\u00e9. Je dois tout inventer\u00a0\u00bb (SVIT 2009\u00a0: 26). Ces \u00e9l\u00e9ments reviennent parfois dans les autobiographies langagi\u00e8res sous le signe d\u2019une perte, d\u2019une rupture, voire d\u2019un conflit entre les soucis de la norme et la tentation de l\u2019\u00e9cart\u00a0\u2012 \u00ab\u00a0Autrement dit, je suis oblig\u00e9e de courir \u00e0 l\u2019essentiel. Les pirouettes, les fioritures et autres virtuosit\u00e9s verbales ne sont pas pour moi\u00a0\u00bb (SVIT 2003\u00a0: 56)\u00a0\u2013 mais le plus souvent la r\u00e9flexion m\u00e9talinguistique vise \u00e0 explorer les \u00ab\u00a0vertus myst\u00e9rieuses des langues\u00a0\u00bb (ESTEBAN 1990\u00a0: 112)\u00a0:<\/p>\n<blockquote><p>Il est illusoire de penser qu\u2019on ma\u00eetrise v\u00e9ritablement un idiome lorsqu\u2019on se contente de l\u2019appr\u00e9hender comme un processus de communication et d\u2019\u00e9change. Quelque chose de plus subtil relie, pour chaque nation linguistique, la saveur du monde et les signes ; quelque chose de consubstantiel dont la grammaire \u2013 du moins la grammaire normative \u2013 ne rendra jamais compte et qui, cependant, constitue son essence, son \u00eatre profond, son g\u00e9nie. (ESTEBAN 1990 : 108)<\/p><\/blockquote>\n<p>Il est donc possible de faire travailler les \u00e9tudiants sur plusieurs composantes du texte au-del\u00e0 du discours g\u00e9n\u00e9ral sur les enjeux de la francophonie linguistique\u00a0: d\u2019une part les th\u00e8mes de l\u2019exil, de l\u2019identit\u00e9, du voyage, du retour au pays mettent en cause des \u00ab\u00a0r\u00e9f\u00e9rents\u00a0culturels \u00bb (BERTHELOT, 2011\u00a0: 42) utiles \u00e0 la d\u00e9couverte de l\u2019Autre, d\u2019autre part les r\u00e9cits d\u2019apprentissage favorisent une mise en abyme de leur propre situation d\u2019apprenants\u00a0et peuvent les aider \u00e0 se forger une image positive du parcours d\u2019appropriation d\u2019une langue\u00a0:<\/p>\n<blockquote><p>Avec cela, lorsqu\u2019un \u00e9crivain tourne le dos \u00e0 sa langue et se dirige vers une autre, il conf\u00e8re \u00e0 cette derni\u00e8re un esprit distinct, il la purge en quelque sorte, lui insufflant un air nouveau. Non seulement elle aura des chances de s\u2019\u00e9chapper au torrent des traditions, mais elle adoptera le mouvement de la main qui la fa\u00e7onne. De ces accords et d\u00e9saccords prend naissance l\u2019univers d\u2019une \u00e9criture. (BARON SUPERVIELLE 2007: 49).<\/p><\/blockquote>\n<p>Une copr\u00e9sence effective de langues diff\u00e9rentes est le plus souvent d\u00e9j\u00e0 en place dans la vie des apprenants, que ce soit pour des raisons familiales ou li\u00e9es \u00e0 leurs \u00e9tudes : il n\u2019est donc pas rare qu\u2019une situation d\u2019interlangue seconde (MENDON\u00c7A DIAS 2021\u00a0: 153) se produise o\u00f9 c\u2019est moins la langue premi\u00e8re qui d\u00e9termine les transferts et les interf\u00e9rences que les autres langues en cours d\u2019appropriation, sans compter le \u00ab\u00a0bilinguisme invisible\u00a0\u00bb (FAUPIN 2021\u00a0: 167) des anciens enfants migrants scolaris\u00e9s en Italie qui gardent une comp\u00e9tence principalement orale de la langue parl\u00e9e au foyer. Les fausses croyances sur l\u2019implication du bilinguisme comme facteur de retardement dans l\u2019acquisition du langage (HAG\u00c8GE, 2005\u00a0: 150) foisonnent encore dans les \u00e9coles primaires italiennes, o\u00f9 l\u2019introduction de la langue anglaise ne suffit pas \u00e0 contrer l\u2019id\u00e9e courante que l\u2019exposition \u00e0 une langue autre que l\u2019italien (sauf l\u2019anglais, bien entendu) affecte n\u00e9gativement le d\u00e9veloppement cognitif des enfants.<\/p>\n<p>Bien que les donn\u00e9es disponibles concernant les enfants \u00e9lev\u00e9s dans une situation de bilinguisme montrent que beaucoup d\u2019entre eux peuvent parler deux langues d\u00e8s leur plus jeune \u00e2ge sans inconv\u00e9nients particuliers (COOK 2003), et qu\u2019il est impossible de tenir la langue consid\u00e9r\u00e9e en termes psychologiques comme dominante pour mieux connue que l\u2019autre (HAGEGE 2005\u00a0: 49), lorsqu\u2019on recommande l\u2019abandon de la langue soi-disant minoritaire au sein de la famille les enfants d\u00e9veloppent des strat\u00e9gies de choix linguistique qui ne sont jamais neutres sur le plan \u00e9motionnel (DE HOUWER 1999), et qui peuvent se manifester plus tard en termes d\u2019ins\u00e9curit\u00e9 linguistique (DE HOUWER 2006). C\u2019est une condition souvent \u00e9voqu\u00e9e dans les m\u00e9moires des auteurs fran\u00e7ais d\u2019origine \u00e9trang\u00e8re\u00a0:<\/p>\n<blockquote><p>Je me souviens de mes phrases dans la solitude de ma t\u00eate. Je me vois me promenant dans la cour de l\u2019\u00e9cole, toujours seule, toujours dans ma bulle. Je remuais un tas de mots dans la t\u00eate, je formais des phrases, je prenais la parole en public et expliquais \u00e0 tous que je n\u2019\u00e9tais ni muette ni \u00e9trang\u00e8re ni martienne mais pr\u00e9f\u00e9rais juste garder cette nouvelle langue pour moi (MADJIDI 2017 : 121).<\/p><\/blockquote>\n<p>Le parcours d\u2019\u00e9tudes en langues et litt\u00e9ratures \u00e9trang\u00e8res se r\u00e9v\u00e8le alors une chance de sortir de ces m\u00e9canismes d\u2019auto-exclusion produits au fil du temps par des attentes multiples et contradictoires\u00a0: l\u2019alternance codique ou la ma\u00eetrise dissym\u00e9trique qui avaient autrefois un impact si n\u00e9gatif sur l\u2019image de soi deviennent un trait sp\u00e9cifique de l\u2019identit\u00e9 langagi\u00e8re personnelle, et l\u2019aptitude \u00e0 la m\u00e9diation sera le r\u00e9flexe le plus probable du r\u00e9investissement identitaire. Comme le pr\u00e9cise le CECR 2021, en didactique des langues \u00e9trang\u00e8res le plurilinguisme est \u00e0 prendre en compte \u00ab\u00a0comme un fait sociologique et historique, comme une caract\u00e9ristique ou une ambition personnelles, comme une philosophie ou une approche \u00e9ducatives ou \u2013 fondamentalement \u2013 comme un objectif sociopolitique destin\u00e9 \u00e0 pr\u00e9server la diversit\u00e9 linguistique\u00a0\u00bb, et sa valorisation renforce la conscience m\u00e9talinguistique, interlinguistique, \u00ab\u00a0voire, si l\u2019on peut dire \u2018hyperlinguistique\u2019\u00a0\u00bb de l\u2019apprenant (CECR 2021\u00a0: 31).<\/p>\n<h3 id=\"-valoriser-le-plurilinguisme\">4. Valoriser le plurilinguisme<\/h3>\n<p>Dans les cours de Master o\u00f9 les \u00e9tudiants disposent d\u2019un r\u00e9pertoire assez vaste de ressources langagi\u00e8res et culturelles, la valorisation d\u2019un plurilinguisme inh\u00e9rent \u00e0 la formation propos\u00e9e serait donc \u00e0 privil\u00e9gier au lieu d\u2019envisager l\u2019\u00e9tude de la langue fran\u00e7aise en fonction uniquement utilitaire. La comp\u00e9tence plurilingue implique une certaine flexibilit\u00e9 dans le passage d\u2019une langue \u00e0 l\u2019autre, aussi bien dans la compr\u00e9hension des textes que dans la m\u00e9diation entre individus, et une disposition \u00e0 mettre en \u0153uvre tout un outillage langagier qui favorise l\u2019intercompr\u00e9hension linguistique. Dans ce cadre, toute forme d\u2019interaction entre l\u2019enseignant et l\u2019apprenant, ou entre les apprenants, vise \u00e0 une (co)construction du sens qui puise dans les r\u00e9pertoires plurilingues et pluriculturels (CECR 2021 : 30) : l\u2019apprentissage sera alors l\u2019occasion d\u2019encourager une mise en dialogue de la culture commune, au-del\u00e0 d\u2019une ancienne id\u00e9e de performativit\u00e9, pour affirmer les valeurs plurielles qui se construisent autour des savoirs partag\u00e9s.<\/p>\n<p>Ce projet p\u00e9dagogique articul\u00e9 sur deux semestres (60 heures de cours au total, avec deux s\u00e9ances hebdomadaires de 120 minutes) a d\u2019abord b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 d\u2019un cadrage g\u00e9n\u00e9ral sur l\u2019histoire et les instances de la Francophonie institutionnelle, ainsi que sur le r\u00e9cit contemporain translingue comme document qui se charge de repr\u00e9senter le r\u00e9el. Les \u00e9crivains ont \u00e9t\u00e9 situ\u00e9s dans leur contexte g\u00e9ographique pour \u00e9clairer les r\u00e9f\u00e9rences historiques et culturelles repr\u00e9sent\u00e9es dans leurs r\u00e9cits, et l\u2019attention a \u00e9t\u00e9 port\u00e9e sur les itin\u00e9raires langagiers individuels, d\u2019autant plus int\u00e9ressants que certains auteurs se trouvent confront\u00e9s \u00e0 l\u2019impossibilit\u00e9 de sortir compl\u00e8tement de leur langue maternelle. Qu\u2019ils pratiquent l\u2019alternance ou le mixage des langues, qu\u2019ils s\u2019autotraduisent ou qu\u2019ils confient leurs \u0153uvres \u00e0 des professionnels de la traduction, ces \u00e9crivains ressentent souvent une sensation de pr\u00e9carit\u00e9 li\u00e9e \u00e0 un questionnement identitaire : ils ne sont pas le produit d\u2019une seule culture mais construisent et \u00e9laborent une identit\u00e9 nouvelle par des strat\u00e9gies diversifi\u00e9es, selon les besoins et les circonstances, tout en gardant un regard personnel sur le pays, la langue et la culture d\u2019adoption.<\/p>\n<p>Quelques exemples\u00a0: c\u2019est en r\u00e9digeant en fran\u00e7ais son premier roman que Virgil Tanase r\u00e9alise que cette langue est une danse \u00ab\u00a0pr\u00e9cise et rythm\u00e9e sous le jour des projecteurs qui \u00e9clairent impitoyablement le moindre faux pas\u00a0\u00bb (TANASE 2006\u00a0: 145)\u00a0; ce n\u2019est qu\u2019en fran\u00e7ais, \u00e2me inalt\u00e9rable d\u2019un monde \u00ab\u00a0ultraterrestre\u00a0\u00bb qui pendant l\u2019enfance la sortait de \u00ab\u00a0l\u2019immonde r\u00e9alit\u00e9 de la guerre et de ses cort\u00e8ges fun\u00e8bres\u00a0\u00bb (MO\u00cf 2007\u00a0: 247), qu\u2019Anna Mo\u00ef peut enfin raconter son histoire\u00a0; c\u2019est par \u00ab\u00a0des mots et des mets\u00a0\u00bb (THUY 2013\u00a0: 145) que Kim Tuy se r\u00e9approprie en fran\u00e7ais la pr\u00e9cision et la po\u00e9sie des saveurs vietnamiennes de son enfance\u00a0; et c\u2019est en fran\u00e7ais que le po\u00e8te Fran\u00e7ois Cheng met en \u0153uvre ce travail de m\u00e9moire qui apr\u00e8s une qu\u00eate silencieuse aboutira \u00e0 l\u2019\u00e9criture tardive de ses romans (CHENG 2002). Pour montrer la complexit\u00e9 des \u00e9critures translingues, quelques pistes d\u2019activit\u00e9 d\u2019appropriation et de r\u00e9investissement ont donc \u00e9t\u00e9 propos\u00e9es aux apprenants afin de les guider au rep\u00e9rage de certains th\u00e8mes r\u00e9currents d\u00e9clin\u00e9s dans les textes de mani\u00e8re transversale\u00a0:<\/p>\n<ul>\n<li>Changer de langue d\u2019\u00e9criture : causes et cons\u00e9quences.<\/li>\n<li>Calques, interf\u00e9rences et m\u00e9langes linguistiques : les d\u00e9fis du bilinguisme.<\/li>\n<li>Les raisons de l\u2019autotraduction.<\/li>\n<li>Le bilinguisme tardif et son rapport \u00e0 la cr\u00e9ation litt\u00e9raire.<\/li>\n<li>Les difficult\u00e9s li\u00e9es \u00e0 l\u2019alternance des codes linguistiques et culturels.<\/li>\n<li>La peur d\u2019oublier sa langue maternelle.<\/li>\n<li>Devenir \u00e9crivain francophone : une \u00e9tiquette ?<\/li>\n<li>Le masque, l\u2019imitation, le faire-semblant : le th\u00e9\u00e2tre de l\u2019exil.<\/li>\n<li>Langue m\u00e8re, langue mar\u00e2tre, langue ennemie : m\u00e9moires d\u2019enfance.<\/li>\n<li>Une petite trace d\u2019accent : les erreurs, les h\u00e9sitations, les inexactitudes.<\/li>\n<\/ul>\n<p>L\u2019inverse est \u00e9galement possible\u00a0: sur la base de quelques citations choisies per l\u2019enseignant, l\u2019apprenant passe de la compr\u00e9hension des \u00e9v\u00e9nements et des exp\u00e9riences qui composent l\u2019intrigue \u00e0 l\u2019appr\u00e9ciation des implicites et des subtiles distinctions de style, ce qui revient d\u2019ailleurs \u00e0 l\u2019id\u00e9e de lire comme \u00ab\u00a0activit\u00e9 de loisir\u00a0\u00bb \u00e9voqu\u00e9e dans le CECR (2021\u00a0: 61). Bien que plusieurs aspects culturels soient mis en question dans ces textes qui favorisent l\u2019organisation de d\u00e9bats sur les diff\u00e9rences\/ressemblances, les st\u00e9r\u00e9otypes et les repr\u00e9sentations n\u00e9gatives ainsi que les jugements et les g\u00e9n\u00e9ralisations, notre perspective p\u00e9dagogique visait surtout une r\u00e9flexion sur le bilinguisme, voire le plurilinguisme, par le biais d\u2019une \u00e9criture qui \u00e9loigne les replis identitaires dans la mesure o\u00f9 la capacit\u00e9 de \u00ab\u00a0penser la langue et notre relation \u00e0 elle\u00a0\u00bb (GODARD 2015\u00a0: 271)\u00a0transforme l\u2019appropriation en \u00ab\u00a0lieu d\u2019une \u00e9laboration\u00a0de repr\u00e9sentations diff\u00e9rentielles\u00a0\u00bb (MARTINEZ 2021\u00a0: 40).<\/p>\n<p>Le r\u00e9cit de l\u2019apprentissage du fran\u00e7ais \u00e0 partir d\u2019une situation singuli\u00e8re encourage chez l\u2019apprenant les d\u00e9marches autor\u00e9flexives sur la difficult\u00e9 que pose l\u2019adoption d\u2019une langue \u00e9trang\u00e8re, mais au-del\u00e0 du d\u00e9fi linguistique plus ou moins apprivois\u00e9 c\u2019est surtout la mise en cause identitaire qui active la r\u00e9ponse interculturelle. Quelques exemples\u00a0: \u00ab\u00a0Moiti\u00e9 fran\u00e7aise moiti\u00e9 je ne sais pas\u00a0\u00bb annonce Brina Svit apr\u00e8s avoir quitt\u00e9 le sol slov\u00e8ne, bien plus solide sous ses pieds, pour se retrouver dans un lieu toujours nouveau o\u00f9 \u00ab\u00a0chaque phrase est une aventure\u00a0\u00bb (SVIT 2007\u00a0: 255)\u00a0; \u00ab\u00a0En essayant d\u2019adopter une \u00e9locution, je m\u2019impr\u00e9gnais d\u2019une mani\u00e8re, non pas d\u2019\u00eatre, mais de se comporter\u00a0\u00bb, admet Hector Bianciotti (BIANCIOTTI 1995\u00a0: 234)\u00a0quand il r\u00e9alise que cette \u00ab\u00a0mani\u00e8re\u00a0\u00bb n\u2019est pas la sienne ; \u00ab\u00a0Les mots avaient besoin de douceur, de temps, de v\u00e9cu, d\u2019exp\u00e9rience, d\u2019attention, d\u2019humilit\u00e9\u00a0; ce n\u2019\u00e9tait pas en les psalmodiant comme une abrutie qu\u2019on pouvait les apprivoiser\u00a0\u00bb consid\u00e8re Chahdortt Djavann apr\u00e8s avoir achet\u00e9 le Bescherelle, \u00ab\u00a0douze mille verbes, douze mille cauchemars\u00a0\u00bb (DJAVANN 2007\u00a0: 288) ; \u00ab\u00a0D\u00e9cid\u00e9ment, en vivant \u00e0 cheval sur deux pays, j\u2019ai r\u00e9ussi \u00e0 rater tout ce qui s\u2019est pass\u00e9 d\u2019important dans l\u2019un comme dans l\u2019autre\u00a0\u00bb (ALEXAKIS 2006\u00a0: 141) r\u00e9pond Vassilis Alexakis \u00e0 ceux qui demandent les raisons de ses autotraductions.<\/p>\n<p>Cette po\u00e9tique du ratage si \u00e9vocatrice dans l\u2019\u00e9criture translingue pour le potentiel cr\u00e9atif qu\u2019elle porte en soi, ces phases dramatiques o\u00f9 il arrive de se sentir \u00ab analphab\u00e8te \u00bb (KRISTOF 2004) aboutissent enfin \u00e0 la possibilit\u00e9 de \u00ab creuser dans le fran\u00e7ais universel un petit trou, un petit univers, dans lequel on est chez soi et on se sent \u00e0 l\u2019aise \u00bb (KOUROUMA 1997: 167). La salle de cours peut alors se transformer en espace d\u2019\u00e9change id\u00e9al o\u00f9 l\u2019identit\u00e9 des jeunes \u00ab en \u00e9volution et en recomposition \u00bb (CUQ 2003 : 123) trouve ses rep\u00e8res culturels et \u00e9motionnels par l\u2019\u00e9tude d\u2019un corpus textuel qui valorise leurs trajectoires diff\u00e9rentes, et il n\u2019est pas imprudent d\u2019affirmer que des \u00e9tudiants \u00e9duqu\u00e9s \u00e0 la diversit\u00e9 linguistique auront davantage de chance d\u2019\u00eatre des professeurs capables de transmettre le go\u00fbt de la d\u00e9couverte, et de cr\u00e9er des s\u00e9ances o\u00f9 le texte litt\u00e9raire s\u2019impose comme un chantier \u00ab \u00e0 la crois\u00e9e des langues \u00bb (GAUVIN 1997) :<\/p>\n<blockquote><p>C\u2019est un fait pourtant. Encore aujourd\u2019hui, je fais pas mal de fautes. Je confonds, par la prononciation, \u00ab cadeau \u00bb et \u00ab g\u00e2teau \u00bb. J\u2019ai horreur des jeux de mots. Je ne connais pas le nom des arbres, des fleurs, des oiseaux, tous ces mots qu\u2019on apprend quand on est enfant. Je viens juste d\u2019apprendre par mon fils qui a neuf ans ce qu\u2019est la rose des vents. Je suis incapable de faire une multiplication en fran\u00e7ais. Les premi\u00e8res ann\u00e9es de mon s\u00e9jour \u00e0 Paris, je passais une partie de mon temps \u00e0 enregistrer en cachette les conversations des gens dans les bistrots, le m\u00e9tro, les salles d\u2019attente. \u00c9crire en fran\u00e7ais me demande plus de travail qu\u2019\u00e0 un Fran\u00e7ais. (ALEXAKIS 2006 : 139-140).<\/p><\/blockquote>\n<h3 id=\"-conclusions\">5. Conclusions<\/h3>\n<p>Introduire la litt\u00e9rature dans l\u2019enseignement du FLE ne correspond donc plus \u00e0 un \u00e9talage passif d\u2019\u00e9rudition ; c\u2019est plut\u00f4t l\u2019occasion de travailler sur l\u2019imaginaire d\u2019une langue \u00e9trang\u00e8re qui repr\u00e9sente le \u00ab devenir-autre \u00bb \u00e9voqu\u00e9 par Deleuze : \u00ab La litt\u00e9rature op\u00e8re une d\u00e9composition ou une destruction de la langue maternelle, mais aussi l\u2019invention d\u2019une nouvelle langue dans la langue par cr\u00e9ation de syntaxe \u00bb (DELEUZE 1993 : 15). Chaque \u00abfaux bilingue\u00bb \u2012 remarque d\u2019ailleurs Nancy Huston en faisant allusion au bilinguisme tardif qui \u00e0 chaque phrase \u00ab bifurque, trifurque \u00bb sa pens\u00e9e (HUSTON 1999 : 47) \u2012 se rend compte d\u2019avoir une \u00ab carte sp\u00e9cifique de l\u2019asym\u00e9trie lexicale \u00bb (HUSTON 1999 : 61) o\u00f9 se cachent les analogies et les diff\u00e9rences entre le syst\u00e8me source et le syst\u00e8me cible. Le texte litt\u00e9raire quitte alors son r\u00f4le de \u00ab suppl\u00e9ment culturel \u00bb (PEYTARD 1989 : 7) pour se faire m\u00e9diateur entre la langue des origines et les intraduisibles qui guettent notre sentier, ces \u00absympt\u00f4mes\u00bb de la diff\u00e9rence des langues \u00ab qu\u2019on ne cesse pas de (ne pas) traduire \u00bb (CASSIN 2022 : 54) :<\/p>\n<blockquote><p>Il faudrait d\u00e8s lors pouvoir convaincre les professeurs, inspecteurs, ministres et \u00e9diteurs qu\u2019au c\u0153ur des humanit\u00e9s se situe la traduction, que la traduction s\u2019exp\u00e9rimente gr\u00e2ce aux bilingues, et qu\u2019il n\u2019y a pas qu\u2019une, mais une pluralit\u00e9 de traductions. (CASSIN 2022 : 183).<\/p><\/blockquote>\n<p>La revendication fr\u00e9quente d\u2019un choix impossible, ou la n\u00e9cessit\u00e9 d\u00e9clar\u00e9e d\u2019un va-et-vient entre les deux pays, les deux cultures et les deux langues\u00a0de r\u00e9f\u00e9rence deviennent l\u2019instrument d\u2019une qu\u00eate et d\u2019un questionnement sur le potentiel d\u2019un entre-deux encore stigmatis\u00e9 dans certains milieux. Ce n\u2019est donc pas tellement la \u00ab\u00a0caract\u00e9ristique FLE\u00a0\u00bb (GODARD 2015\u00a0: 286) des auteurs en question qui a d\u00e9termin\u00e9 le choix de proposer leurs textes mais la possibilit\u00e9 de familiariser les \u00e9tudiants avec l\u2019id\u00e9e que \u00ab\u00a0dans une langue \u00e9trang\u00e8re aucun lieu n\u2019est jamais commun (tous sont exotiques)\u00a0\u00bb (HUSTON 1999\u00a0: 46)\u00a0:<\/p>\n<blockquote><p>La litt\u00e9rature nous autorise \u00e0 repousser ces limites, aussi imaginaires que n\u00e9cessaires, qui dessinent et d\u00e9finissent notre moi. En lisant, nous laissons d\u2019autres \u00eatres p\u00e9n\u00e9trer en nous, nous leur faisons de la place sans difficult\u00e9 \u2013 car nous les connaissons d\u00e9j\u00e0. Le roman, c\u2019est ce qui c\u00e9l\u00e8bre cette reconnaissance des autres en soi, et de soi dans les autres (HUSTON 1999 : 107).<\/p><\/blockquote>\n<p>Ce mouvement vers l\u2019hospitalit\u00e9 langagi\u00e8re fait de cette \u00e9criture qui \u00ab\u00a0d\u00e9passe le clivage litt\u00e9rature fran\u00e7aise\/litt\u00e9ratures francophones\u00a0\u00bb (AUSONI 2018\u00a0: 50) un \u00ab\u00a0espace-test\u00a0\u00bb (KELLER-GERBER 2019\u00a0: 50) o\u00f9 l\u2019\u00e9tranget\u00e9\u00a0est mise en mots: en proposer la lecture en classe de FLE selon une \u00ab\u00a0perspective francophone\u00a0\u00bb (DUMORTIER 2022) qui efface toute opposition \u00e9ventuelle entre centre et p\u00e9riph\u00e9rie, puret\u00e9 et m\u00e9tissage, rejet et appropriation (NARCY-COMBES,\u00a0NARCY-COMBES 2021\u00a0: 238), nous semble adoucir le caract\u00e8re irr\u00e9m\u00e9diable des difficult\u00e9s d\u2019appropriation. Cette transversalit\u00e9 d\u00e9samorce le r\u00e9flexe de l\u2019accumulation de notions pour stimuler chez l\u2019apprenant une \u00ab\u00a0exp\u00e9rience de liminarit\u00e9\u00a0\u00bb (KELLER-GERBER 2019\u00a0: 51) qui encourage un regard interculturel. Au lieu de se concentrer sur l\u2019objectif ingrat de \u00ab\u00a0parler comme un Fran\u00e7ais\u00a0\u00bb (ROSEN 2005\u00a0: 313) il pourra alors mesurer et verbaliser les d\u00e9calages pour affiner ses connaissances et voyager l\u00e9ger partout dans le monde\u00a0:<\/p>\n<blockquote><p>J\u2019ai perdu trop de temps \u00e0 commenter le fait que j\u2019\u00e9cris en fran\u00e7ais. Et \u00e0 d\u00e9battre du fait que ce n\u2019est pas ma langue maternelle. Finalement, tout cela me para\u00eet aujourd\u2019hui assez th\u00e9orique, et m\u00eame un brin ridicule. Cette langue fran\u00e7aise s\u2019est infiltr\u00e9e dans mes neurones, et son chant rythme mon sang. Je pourrais reconna\u00eetre sa cadence dans une ruelle obscure du Born\u00e9o. [\u2026] J\u2019\u00e9cris et je lis en fran\u00e7ais partout dans le monde. C\u2019est cette langue qui m\u2019accompagne en voyage. Je voyage l\u00e9ger, bien s\u00fbr. (LAFERRI\u00c8RE 2007 : 87).<\/p><\/blockquote>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h3 id=\"r\u00e9f\u00e9rences-bibliographiques\">R\u00e9f\u00e9rences bibliographiques<\/h3>\n<p>ALEXAKIS, Vassilis, <em>Paris-Ath\u00e8nes<\/em>, Paris, Seuil, 1989.<\/p>\n<p>ALEXAKIS, Vassilis, \u00ab\u00a0Paris-Ath\u00e8nes\u00a0\u00bb, in <em>Cette langue qu\u2019on appelle le fran\u00e7ais<\/em>, <em>Internationale de l\u2019imaginaire<\/em>, n. 21, Paris, Maisons des cultures du monde, 2006, p. 137-142.<\/p>\n<p>AUSONI, Alain, \u00ab\u00a0En d\u2019autres mots\u00a0: autobiographie translingue et discontinu\u00a0\u00bb, in JOUANNY, Sylvie, LE CORRE, \u00c9lisabeth, <em>Les intermittences du sujet\u00a0: \u00e9critures de soi et discontinu<\/em>, Rennes, Presses universitaires de Rennes, 2016, p. 51-61.<\/p>\n<p>AUSONI, Alain, \u00ab\u00a0Singulariser l\u2019\u00e9criture translingue\u00a0: une cat\u00e9gorie litt\u00e9raire et ses usages\u00a0\u00bb, <em>Interfrancophonies<\/em> n. 9, 2018, p. 45-55.<\/p>\n<p>BARON SUPERVIELLE, Silvia, <em>L\u2019alphabet du feu. Petites \u00e9tudes sur la langue<\/em>, Paris, Gallimard,\u00a0 2007.<\/p>\n<p>BARTHES, Roland, <em>Le plaisir du texte<\/em>, Paris, Seuil, 2000.<\/p>\n<p>BEN JELLOUN, Tahar, \u00ab\u00a0La cave de ma m\u00e9moire, le toit de ma maison sont des mots fran\u00e7ais\u00a0\u00bb, in LE BRIS, Michel, ROUAUD, Jean (\u00e9ds.), <em>Pour une litt\u00e9rature-monde<\/em>, Paris, Gallimard, 2007, p. 113-124.<\/p>\n<p>BERTHELOT, Reine, <em>Litt\u00e9ratures francophones en classe de FLE. Pourquoi et comment les enseigner<\/em>, Paris, L\u2019Harmattan, 2011.<\/p>\n<p>BIANCIOTTI Hector, <em>Le pas si lent de l\u2019amour<\/em>, Paris, Gallimard, 1995.<\/p>\n<p>CASSIN, Barbara, <em>\u00c9loge de la traduction. Compliquer l\u2019universel<\/em>, Fayard, 2022.<\/p>\n<p>CECR\u00a0: Cadre europ\u00e9en commun de r\u00e9f\u00e9rence pour les langues\u00a0: apprendre, enseigner, \u00e9valuer. Volume compl\u00e9mentaire avec de nouveaux descripteurs, Conseil de l\u2019Europe, 2021.<\/p>\n<p>CHENG, Fran\u00e7ois, <em>Le Dialogue. Une passion pour la langue fran\u00e7aise<\/em>, Paris, Descl\u00e9e de Brouwer, 2002.<\/p>\n<p>CHISS, Jean-Louis (\u00e9d.), <em>Le FLE et la francophonie dans le monde<\/em>, Paris, Armand Colin, 2021.<\/p>\n<p>CHNANE-DAVIN, Fatima, CUQ, Jean-Pierre, <em>Enseigner la francophonie\u00a0: principes et usages<\/em>, Paris, Hachette, 2021.<\/p>\n<p>COND\u00c9, Maryse, \u00ab\u00a0Liaison dangereuse\u00a0\u00bb, in LE BRIS, Michel, ROUAUD, Jean (\u00e9ds.), <em>Pour une litt\u00e9rature-monde<\/em>, Paris, Gallimard, 2007, p. 205-216.<\/p>\n<p>COOK, Vivian, <em>Effects of the Second Language on the First<\/em>, Clevedon, Buffalo, Toronto, Sidney. Multilingual matters Ltd, 2003.<\/p>\n<p>COSTE, Daniel, \u00ab\u00a0Apprendre la langue par la litt\u00e9rature\u00a0\u00bb, in PEYTARD, Jean, BERTRAND, Denis, BESSE, Henri (\u00e9ds.), <em>Litt\u00e9rature en classe de langue. Fran\u00e7ais langue \u00e9trang\u00e8re<\/em>, Paris, Hatier-Credif, 1982, p. 59-73.<\/p>\n<p>CUQ, Jean-Pierre, <em>Cours de didactique de fran\u00e7ais langue \u00e9trang\u00e8re et seconde<\/em>, Grenoble, PUC, 2003.<\/p>\n<p>DE HOUWER, Annick, \u00ab\u00a0Environmental factors in early bilingual development\u00a0: the role of parental beliefs and attitudes\u00a0\u00bb, in EXTRA Guus, VERHOEVEN, Ludo (\u00e9ds.), <em>Bilingualism<\/em> <em>and<\/em> <em>Migration<\/em>, Berlin, Mouton de Gruyter, 1999, p. 75-95.<\/p>\n<p>DE HOUWER, Annick, \u00ab\u00a0Le d\u00e9veloppement harmonieux ou non harmonieux du bilinguisme de l\u2019enfant au sein de la famille\u00a0\u00bb, <em>Langage et soci\u00e9t\u00e9<\/em>, n. 116, 2006, p. 29-49.<\/p>\n<p>DELBART, Rosine, \u00ab\u00a0Textes en fran\u00e7ais simplifi\u00e9\u00a0: simplicit\u00e9 ou simplisme\u00a0?\u00a0\u00bb, <em>Enjeux<\/em>, n. 31, 1994, p. 120-134.<\/p>\n<p>DELBART, Rosine, \u00ab\u00a0\u00catre bilingue et \u00e9crivain fran\u00e7ais\u00a0: les motivations du choix d\u2019une langue d\u2019\u00e9criture\u00a0\u00bb, <em>Bulletin suisse de linguistique appliqu\u00e9e<\/em>, n. 76, 2002, p. 161-178.<\/p>\n<p>DELBART, Rosine, \u00ab\u00a0La litt\u00e9rature fran\u00e7aise: un pr\u00e9cieux outil interculturel pour l\u2019enseignement-apprentissage du fran\u00e7ais\u00a0\u00bb, in COLL\u00c8S, Luc, DEVELOTTE Christine, GERON Genevi\u00e8ve, TAUZER-SABATELLI Fran\u00e7oise (\u00e9ds.), <em>Didactique du FLE et de l\u2019interculturel\u00a0: litt\u00e9rature, biographie langagi\u00e8re et m\u00e9dias<\/em>, Bruxelles, E.M.E., 2007, p. 139-151.<\/p>\n<p>DELEUZE, Gilles, <em>Critique et clinique<\/em>, Paris, Les Editions de Minuit, 1993.<\/p>\n<p>DJAVANN Chahdortt, \u00ab\u00a0De l\u2019apprentissage du fran\u00e7ais \u00e0 l\u2019\u00e9criture\u00a0\u00bb, in LE BRIS, Michel, ROUAUD, Jean (\u00e9ds.), <em>Pour une litt\u00e9rature-monde<\/em>, Paris, Gallimard, 2007, p. 287-304.<\/p>\n<p>DUMORTIER Jean-Louis, <em>Contribuer \u00e0 l\u2019\u00e9ducation interculturelle\u00a0: enseigner du fran\u00e7ais et de la litt\u00e9rature en langue fran\u00e7aise selon la perspective d\u2019un francophone<\/em>, in RICHARD Suzanne, CAUSA Mariella (\u00e9ds.), <em>Pour une francophonie plurielle, plurilingue et pluricentrique<\/em>, Paris, L\u2019Harmattan, 2022, p. 101-124.<\/p>\n<p>ESTEBAN, Claude, <em>Le partage des mots<\/em>, Paris, Gallimard, 1990.<\/p>\n<p>FAUPIN \u00c9lisabeth, \u00ab\u00a0Scolarisation des \u00e9l\u00e8ves allophones nouvellement arriv\u00e9s (EANA)\u00a0: des outils th\u00e9oriques pour une inclusion interactionnelle\u00a0\u00bb, in CHNANE-DAVIN, Fatima, MENDON\u00c7A DIAS, Catherine (\u00e9ds.), <em>La francophonie au prisme de la didactique du fran\u00e7ais<\/em>, Paris, L\u2019Harmattan, 2021, p. 165-177.<\/p>\n<p>FLAUBERT, Gustave, <em>Madame Bovary<\/em>, Paris, Gallimard, 1972.<\/p>\n<p>FLAUBERT, Gustave, <em>Madame Bovary<\/em>, adapt\u00e9 en fran\u00e7ais facile par FAUCARD-MARTINEZ, Brigitte, Paris, CLE International, 2019.<\/p>\n<p>GAUVIN, Lise, <em>L\u2019\u00e9crivain francophone \u00e0 la crois\u00e9e des langues. Entretiens<\/em>, Paris, Khartala, 1997.<\/p>\n<p>GODARD, Anne (\u00e9d.), <em>La litt\u00e9rature dans l\u2019enseignement du FLE<\/em>, Paris, Didier, 2015.<\/p>\n<p>GRUCA, Isabelle, \u00ab\u00a0La d\u00e9couverte de l\u2019autre, la d\u00e9couverte de soi, par la litt\u00e9rature fran\u00e7aise et francophone\u00a0\u00bb, in CUQ, Jean-Pierre, CHARDENET, Patrice, (\u00e9ds.), <em>Faire vivre les identit\u00e9s. Un parcours en francophonie<\/em>, Paris, \u00c9ditions des archives contemporaines, 2010, p. 71-78.<\/p>\n<p>HAG\u00c8GE, Claude, <em>L\u2019Enfant aux deux langues<\/em>, Paris, Odile Hacob, 2005.<\/p>\n<p>HUSTON, Nancy, <em>Lettres parisiennes. Histoires d\u2019exil<\/em>, Paris, J\u2019ai lu, 1986.<\/p>\n<p>HUSTON, Nancy, <em>Nord perdu<\/em>, Paris, Actes sud, 1999.<\/p>\n<p>KATTAN, Na\u00efm, \u00ab\u00a0\u00c9tranger et territorialit\u00e9\u00a0\u00bb, <em>Globe. Revue internationale d\u2019\u00e9tudes qu\u00e9b\u00e9coises<\/em>, n. 10, 2007, p. 31-36.<\/p>\n<p>KELLER-GERBER, Alessandra, \u00ab\u00a0Th\u00e9matiser l\u2019\u00e9tranget\u00e9 pour mettre en mots son \u00e9tranget\u00e9\u00a0: un exercice n\u00e9cessaire au futur enseignant de langue(s) \u00e9trang\u00e8re(s)\u00a0\u00bb, <em>Voces y silencios<\/em>, n. 10, 2019, p. 48-62.<\/p>\n<p>KOUROUMA, Ahmadou, <em>Traduire l\u2019intraduisible<\/em>, in GAUVIN, Lise, <em>L\u2019\u00e9crivain francophone \u00e0 la crois\u00e9e des langues. Entretiens<\/em>, Paris, Khartala, 1997, p. 153-162.<\/p>\n<p>KRISTOF, Agota, <em>L\u2019analphab\u00e8te. R\u00e9cit autobiographique<\/em>, Carouge-Gen\u00e8ve, Zo\u00e9, 2004.<\/p>\n<p>LAFERRI\u00c8RE, Dany, <em>Je voyage en fran\u00e7ais<\/em>, in LE BRIS, Michel, ROUAUD, Jean (\u00e9ds.), <em>Pour une litt\u00e9rature-monde<\/em>, Paris, Gallimard, 2007, p. 87-101.<\/p>\n<p>LE BRIS, Michel, ROUAUD, Jean (\u00e9ds.), <em>Pour une litt\u00e9rature-monde<\/em>, Paris, Gallimard, 2007.<\/p>\n<p>MABANCKOU, Alain, \u00ab\u00a0Le chant de l\u2019oiseau migrateur\u00a0\u00bb, in LE BRIS, Michel, ROUAUD, Jean (\u00e9ds.), <em>Pour une litt\u00e9rature-monde<\/em>, Paris, Gallimard, 2007, p. 55-66.<\/p>\n<p>MADJIDI, Maryam, <em>Marx et la poup\u00e9e<\/em>,\u00a0 Paris, Le Nouvel Attila, 2017.<\/p>\n<p>MARTINEZ, Pierre, \u00ab\u00a0La langue serait-elle (aussi) un fantasme\u00a0? Une francophonie \u00e0 taille humaine\u00a0\u00bb, in CHNANE-DAVIN, Fatima, MENDON\u00c7A DIAS, Catherine (\u00e9ds.), <em>La francophonie au prisme de la didactique du fran\u00e7ais<\/em>, Paris, L\u2019Harmattan, 2021, p. 35-48.<\/p>\n<p>MENDON\u00c7A DIAS, Catherine, \u00ab\u00a0Prendre en compte l\u2019appropriation du fran\u00e7ais langue seconde dans l\u2019enseignement aux \u00e9l\u00e8ves allophones arrivants\u00a0\u00bb, in CHNANE-DAVIN, Fatima, MENDON\u00c7A DIAS, Catherine (\u00e9ds.), <em>La francophonie au prisme de la didactique du fran\u00e7ais<\/em>, Paris, L\u2019Harmattan, 2021, p. 151-164.<\/p>\n<p>MO\u00cf, Anna, \u00ab\u00a0L\u2019autre\u00a0\u00bb, in LE BRIS, Michel, ROUAUD, Jean (\u00e9ds.), <em>Pour une litt\u00e9rature-monde<\/em>, Paris, Gallimard, 2007, p. 243-249.<\/p>\n<p>MOUAWAD, Wajdi, \u00ab\u00a0Je t\u2019embrasse pour finir\u00a0\u00bb, in LE BRIS, Michel, ROUAUD, Jean (\u00e9ds.), <em>Pour une litt\u00e9rature-monde<\/em>, Paris, Gallimard, 2007, p. 175-195.<\/p>\n<p>NARCY-COMBES, Marie-Fran\u00e7oise, NARCY-COMBES, Jean-Paul, <em>Cadrages et angles de vue\u00a0: diversit\u00e9 et partage<\/em>, in CHNANE-DAVIN, Fatima, MENDON\u00c7A DIAS, Catherine (\u00e9ds.), <em>La francophonie au prisme de la didactique du fran\u00e7ais<\/em>, Paris, L\u2019Harmattan, 2021, p. 231-251.<\/p>\n<p>OUELLON, Conrad, \u00ab\u00a0Le fran\u00e7ais, langue de la diversit\u00e9 des peuples et des cultures\u00a0\u00bb, in CUQ, Jean-Pierre, CHARDENET, Patrice, (\u00e9ds.), <em>Faire vivre les identit\u00e9s. Un parcours en francophonie<\/em>, Paris, \u00c9ditions des archives contemporaines, 2010, p. 17-34.<\/p>\n<p>PEYTARD, Jean, BERTRAND, Denis, BESSE, Henri (\u00e9ds.), <em>Litt\u00e9rature en classe de langue. Fran\u00e7ais langue \u00e9trang\u00e8re<\/em>, Paris, Hatier-Credif, 1982<\/p>\n<p>PEYTARD, Jean, <em>Litt\u00e9rature et communication en classe de langue, une initiation \u00e0 l\u2019analyse du discours litt\u00e9raire<\/em>, Paris, Didier, 1989.<\/p>\n<p>PRZSESMYCKI, Halina, <em>La p\u00e9dagogie diff\u00e9renci\u00e9e<\/em>, Paris, Hachette, 2004.<\/p>\n<p>RICHARD, Suzanne, CAUSA Mariella (\u00e9ds.), <em>Pour une francophonie plurielle, plurilingue et pluricentrique<\/em>, Paris, L\u2019Harmattan, 2022.<\/p>\n<p>ROBIN, R\u00e9gine, \u00ab\u00a0Sortir de l\u2019ethnicit\u00e9\u00a0\u00bb, in LACROIX, Jean Michel, CACCIA, Fulvio, <em>M\u00e9tamorphoses d\u2019une utopie<\/em>, Paris, Presses Sorbonne Nouvelle, 1992, p. 25-41.<\/p>\n<p>ROSEN, \u00c9velyne, \u00ab\u00a0La mort annonc\u00e9e des &#8220;quatre comp\u00e9tences&#8221;. Pour une prise en compte du r\u00e9pertoire communicatif des apprenants en classe de FLE\u00a0\u00bb, <em>Glottopol<\/em>, n. 6, 2005, p. 120-133.<\/p>\n<p>ROUXEL, Annie, \u00ab\u00a0L\u2019appropriation singuli\u00e8re de la culture litt\u00e9raire comme fondement d\u2019une identit\u00e9 francophone vivante\u00a0\u00bb, in CUQ, Jean-Pierre, CHARDENET, Patrice, (\u00e9ds.), <em>Faire vivre les identit\u00e9s. Un parcours en francophonie<\/em>, Paris, \u00c9ditions des archives contemporaines, 2010, p. 51-60.<\/p>\n<p>SAUDAN Victor, GAJO Laurent, <em>Les Francophonies \u2013 un concept en \u00e9mergence pour la formation des enseignant-es et les contextes de la migration<\/em>, in RICHARD Suzanne, CAUSA Mariella (\u00e9ds.), <em>Pour une francophonie plurielle, plurilingue et pluricentrique<\/em>, Paris, L\u2019Harmattan, 2022, p. 23-46.<\/p>\n<p>SVIT, Brina, <em>Moreno<\/em>, Paris, Gallimard, 2003.<\/p>\n<p>SVIT, Brina, \u00ab\u00a0Moiti\u00e9 fran\u00e7aise moiti\u00e9 je ne sais pas\u00a0\u00bb, in LE BRIS, Michel, ROUAUD, Jean (\u00e9ds.), <em>Pour une litt\u00e9rature-monde<\/em>, Paris, Gallimard, 2007, p. 251-258.<\/p>\n<p>SVIT, Brina, <em>Petit \u00e9loge de la rupture<\/em>, Paris, Gallimard, 2009.<\/p>\n<p>TANASE, Virgil, \u00ab\u00a0Le go\u00fbt ing\u00e9nieux d\u2019une langue\u00a0\u00bb, in <em>Cette langue qu\u2019on appelle le fran\u00e7ais<\/em>, <em>Internationale de l\u2019imaginaire<\/em>, n. 21, Paris, Maisons des cultures du monde, 2006, p. 143-148.<\/p>\n<p>THUY, Kim, <em>M\u00e3n<\/em>, Paris, Liana Levi, 2013.<\/p>\n<p>TOUBERT, Victor, \u00ab\u00a0&#8220;La litt\u00e9rature n\u2019est pas un ensemble de textes mais un type de partage&#8221;, entretien avec H\u00e9l\u00e8ne Merlin-Kajman\u00a0\u00bb, <em>Trans<\/em>, n. 22, 2017, p. 1-13.<\/p>\n<p>TRAISNEL Christophe, RAZAFIMANDIMBIMANANA, Elatiana, \u00ab\u00a0Francophonie(s): faire science d\u2019un objet de recherche &#8220;insens\u00e9&#8221;?\u00a0\u00bb, in RICHARD, Suzanne, CAUSA, Mariella (\u00e9ds.), <em>Pour une francophonie plurielle, plurilingue et pluricentrique<\/em>, Paris, L\u2019Harmattan, 2022, p. 75-99.<\/p>\n<p>WOERLY, Donatienne, \u00ab\u00a0Discours et pratiques d\u2019enseignement du FLE\u00a0: \u00e9tat des lieux et perspectives\u00a0\u00bb, in GODARD, Anne (\u00e9d.), <em>La litt\u00e9rature dans l\u2019enseignement du FLE<\/em>, Paris, Didier, 2015, p. 130-168.<\/p>\n<hr \/>\n<p><a href=\"#_ftnref1\" name=\"_ftn1\"><sup>[1]<\/sup><\/a> Tahar Ben Jelloun, <em>La cave de ma m\u00e9moire, le toit de ma maison sont des mots fran\u00e7ais\u00a0<\/em>; Maryse Cond\u00e9, <em>Liaison dangereuse\u00a0<\/em>; Anna Mo\u00ef, <em>L\u2019autre\u00a0<\/em>; Brina Svit, <em>Moiti\u00e9 fran\u00e7aise moiti\u00e9 je ne sais pas\u00a0<\/em>; Chahdortt Djavann, <em>De l\u2019apprentissage du fran\u00e7ais \u00e0 l\u2019\u00e9criture<\/em>.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<hr \/>\n<p>Per citare questo articolo:<\/p>\n<p>Simona MUNARI, \u00ab Pour une approche interculturelle\u00a0: le texte litt\u00e9raire translingue dans l\u2019enseignement du FLE \u00bb, <em>Rep\u00e8res DoRiF,<\/em> num\u00e9ro hors-s\u00e9rie <em>Varia<\/em>, DoRiF Universit\u00e0, Roma, febbraio 2024, https:\/\/www.dorif.it\/reperes\/simona-munari-pour-une-approche-interculturelle-le-texte-litteraire-translingue-dans-lenseignement-du-fle\/<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">ISSN 2281-3020<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-8924 aligncenter\" src=\"https:\/\/www.dorif.it\/reperes\/wp-content\/uploads\/2022\/04\/logo-pubblicazione.png\" alt=\"\" width=\"111\" height=\"49\" \/><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">Quest\u2019opera \u00e8 distribuita con Licenza\u00a0<a href=\"http:\/\/creativecommons.org\/licenses\/by-nc-nd\/3.0\/it\/\">Creative Commons Attribuzione \u2013 Non commerciale \u2013 Non opere derivate 3.0 Italia<\/a>.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p> <a href=\"https:\/\/www.dorif.it\/reperes\/simona-munari-pour-une-approche-interculturelle-le-texte-litteraire-translingue-dans-lenseignement-du-fle\/\"> Continue de lire&#8230;<\/a><\/p>\n","protected":false},"author":8,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"_bbp_topic_count":0,"_bbp_reply_count":0,"_bbp_total_topic_count":0,"_bbp_total_reply_count":0,"_bbp_voice_count":0,"_bbp_anonymous_reply_count":0,"_bbp_topic_count_hidden":0,"_bbp_reply_count_hidden":0,"_bbp_forum_subforum_count":0,"footnotes":""},"categories":[400],"tags":[401],"class_list":["post-10937","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-varia-29-varia","tag-29-varia"],"acf":[],"yoast_head":"<!-- This site is optimized with the Yoast SEO plugin v27.3 - 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