{"id":11270,"date":"2024-04-13T13:54:53","date_gmt":"2024-04-13T11:54:53","guid":{"rendered":"https:\/\/www.dorif.it\/reperes\/?p=11270"},"modified":"2024-11-28T08:11:54","modified_gmt":"2024-11-28T07:11:54","slug":"giuseppe-sofo-de-la-langue-aux-oreilles-aux-langues-kantaje-une-rencontre-entre-art-contemporain-et-didactique-de-la-traduction","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.dorif.it\/reperes\/giuseppe-sofo-de-la-langue-aux-oreilles-aux-langues-kantaje-une-rencontre-entre-art-contemporain-et-didactique-de-la-traduction\/","title":{"rendered":"Giuseppe SOFO, De la langue aux oreilles aux langues : \u00ab Kantaje \u00bb, une rencontre entre art contemporain et didactique de la traduction"},"content":{"rendered":"<h3 id=\"giuseppe-sofo\" style=\"text-align: center; padding-left: 80px;\">Giuseppe SOFO<\/h3>\n<h1 id=\"--de-la-langue-aux-oreilles-au\"><\/h1>\n<h2 id=\"de-la-langue-aux-oreilles-aux-\" style=\"text-align: center;\"><strong>De la langue aux oreilles aux langues :\u00a0<\/strong><strong><em>Kantaje<\/em><\/strong><strong>, une rencontre entre art contemporain et didactique de la traduction<\/strong><\/h2>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Giuseppe Sofo<br \/>\n<\/strong>Universit\u00e0 Ca\u2019 Foscari Venezia<br \/>\n<a href=\"mailto:giuseppe.sofo@unive.it\">giuseppe.sofo@unive.it<\/a><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<hr \/>\n<p><strong>R\u00e9sum\u00e9\u00a0<\/strong><\/p>\n<p>Cet article est consacr\u00e9 \u00e0 la collaboration entre Stefania Becheanu et moi-m\u00eame \u00e0 l\u2019occasion de deux expositions d\u2019art contemporain li\u00e9es \u00e0 une pratique de la traduction et \u00e0 un projet d\u2019apprentissage exp\u00e9rientiel et \u00ab\u00a0indisciplin\u00e9\u00a0\u00bb de la traduction, \u00e0 partir du roman de Katalin Moln\u00e1r <em>Quant \u00e0 je (kantaje)<\/em>. La collaboration, entam\u00e9e en 2022 dans le cadre de l\u2019exposition <em>Kantaje : De la \u00ab\u00a0langue\u00a0\u00bb aux oreilles<\/em> \u00e0 l\u2019Istituto Romeno di Ricerca e Cultura Umanistica, s\u2019est poursuivie en 2023 avec l\u2019exposition <em>Traduire en archipel(s) \/ Tradurre in arcipelaghi<\/em>, accueillie par la galerie CREA Cantieri del Contemporaneo \u00e0 l\u2019occasion du colloque sur la traduction intitul\u00e9 <em>Traduire en archipel(s) <\/em>et du cours de traduction \u00ab\u00a0\u00c9l\u00e9ments de traduction litt\u00e9raire\u00a0\u00bb donn\u00e9 \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 Ca\u2019 Foscari de Venise. Ce projet propose de voir la traduction comme une pratique de recherche-cr\u00e9ation et de recherche-action susceptible d\u2019\u00eatre mise au service de l\u2019apprentissage de la traduction pour proposer aux apprenant\u00b7es une approche plus \u00ab indisciplin\u00e9e \u00bb de la traduction.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<hr \/>\n<h3 id=\"\u00a0-\u00a0-\u00a0introduction\">1.\u00a0 \u00a0 \u00a0Introduction<\/h3>\n<p>Cet article est consacr\u00e9 \u00e0 la collaboration entre Stefania Becheanu et moi-m\u00eame \u00e0 l\u2019occasion de deux expositions d\u2019art contemporain li\u00e9es \u00e0 une pratique de la traduction et \u00e0 un projet d\u2019apprentissage \u00ab\u00a0indisciplin\u00e9\u00a0\u00bb de la traduction, \u00e0 partir du roman de Katalin Moln\u00e1r <em>Quant \u00e0 je (kantaje)<\/em> (MOLN\u00c1R 1996). Cette collaboration a d\u00e9but\u00e9 en 2022 avec l\u2019exposition <em>Kantaje\u00a0: De la \u00ab\u00a0langue\u00a0\u00bb aux oreilles<\/em> \u00e0 l\u2019Istituto Romeno di Ricerca e Cultura Umanistica et s\u2019est poursuivie en 2023 avec l\u2019exposition <em>Traduire en archipel(s) \/ Tradurre in arcipelaghi<\/em> accueillie par la galerie CREA Cantieri del Contemporaneo.<\/p>\n<p>Ce projet visait \u00e0 explorer les ressources cr\u00e9atives offertes par le processus de traduction et par l\u2019\u00e9tude des vari\u00e9t\u00e9s non standard de la langue fran\u00e7aise dans le cadre d\u2019une pratique de cr\u00e9ation artistique li\u00e9e \u00e0 la recherche en langues et en traduction. Cette pratique de recherche-cr\u00e9ation et de recherche-action permet d\u2019exp\u00e9rimenter la traduction \u00e0 travers des activit\u00e9s concr\u00e8tes, ce qui peut \u00e9galement \u00eatre mis au service de l\u2019apprentissage de la traduction pour proposer aux apprenant\u00b7es une approche plus \u00ab\u00a0indisciplin\u00e9e\u00a0\u00bb de la traduction.<\/p>\n<h3 id=\"\u00a0-\u00a0-\u00a0la-traduction-\u00e0-la-re\">2.\u00a0 \u00a0 \u00a0La traduction \u00e0 la rencontre de l\u2019art contemporain<\/h3>\n<p>Au cours des derni\u00e8res ann\u00e9es, j\u2019ai essay\u00e9 d\u2019introduire une approche exp\u00e9rientielle de la traduction dans mes cours de niveau avanc\u00e9, afin d\u2019inciter les apprenant\u00b7es \u00e0 envisager la traduction comme un paradigme cl\u00e9 pour la lecture de notre r\u00e9alit\u00e9 contemporaine, et \u00e0 prendre conscience que tous les d\u00e9fauts attribu\u00e9s \u00e0 cette pratique sont finalement communs \u00e0 tout acte linguistique, et que les malentendus, les d\u00e9tours, les erreurs de compr\u00e9hension ou d\u2019interpr\u00e9tation sont inh\u00e9rents \u00e0 toute forme de communication. Il s\u2019agissait surtout de les encourager \u00e0 voir dans ces erreurs une source de cr\u00e9ativit\u00e9 possible, plut\u00f4t que de simples \u00e9checs r\u00e9sultant d\u2019une incomp\u00e9tence.<\/p>\n<p>Quand je parle d\u2019approche exp\u00e9rientielle, je le fais dans le sens indiqu\u00e9 par Madeleine Campbell et Ricarda Vidal, qui \u00e9voquent un \u00ab\u00a0processus holistique [\u2026], souvent partag\u00e9 et pluriel\u00a0\u00bb, dans lequel on envisage la pratique de la traduction comme \u00ab\u00a0une forme contemporaine et performative d\u2019art ou de cr\u00e9ation de sens qui remet en question l\u2019autorit\u00e9 et les valeurs h\u00e9g\u00e9moniques\u00a0\u00bb (CAMPBELL, VIDAL 2024\u00a0: X), mais aussi dans le sens qu\u2019Isabelle Collombat attribue \u00e0 ce terme\u00a0:<\/p>\n<blockquote><p>Il s\u2019agit d\u2019une approche de la traduction professionnelle fond\u00e9e sur l\u2019exp\u00e9rience \u2013 en ce qu\u2019elle \u00ab renvoie [\u2026] \u00e0 l\u2019histoire de l\u2019individu et implique ce qu\u2019il a accumul\u00e9 comme informations, sensations, images, id\u00e9es, attitudes, valeurs, etc., au fil du temps \u00bb (C\u00d4T\u00c9, 2003 : 13), ainsi que les exp\u00e9riences ou exp\u00e9rimentations \u2013 d\u00e9finies comme \u00ab le fait de provoquer un ph\u00e9nom\u00e8ne dans l\u2019intention de l\u2019\u00e9tudier \u00bb [<em>\u2026<\/em>]\u00a0\u2013\u00a0men\u00e9es de mani\u00e8re syst\u00e9matique et analytique par le traducteur. (COLLOMBAT 2022\u00a0: s. p.)<\/p><\/blockquote>\n<p>\u00c0 travers cette approche, qui d\u00e9passe les limites d\u2019une \u00e9tude purement linguistique et envisage le processus de traduction comme une pr\u00e9sence constante dans le monde contemporain \u2013 m\u00eame au-del\u00e0 du contexte acad\u00e9mique \u2013, nous pouvons offrir aux apprenant\u00b7es une vision beaucoup plus compl\u00e8te et complexe des m\u00e9canismes \u00e0 l\u2019\u0153uvre dans le processus de traduction et de la pr\u00e9sence de la traduction dans notre monde.<\/p>\n<p>De ce point de vue, la rencontre entre la traduction et l\u2019art contemporain semble particuli\u00e8rement pertinente pour \u00e9tudier la richesse cr\u00e9ative de l\u2019erreur et de l\u2019\u00e9cart cr\u00e9atif dans ces deux domaines. En effet, comme le souligne Connelly \u00e0 propos des erreurs de la traduction automatique en particulier : \u00ab\u00a0ce sont pr\u00e9cis\u00e9ment ces d\u00e9calages et ces glissements [\u2026] qui commencent \u00e0 d\u00e9montrer aux artistes en g\u00e9n\u00e9ral tout le potentiel cr\u00e9atif de la traduction\u00a0\u00bb (CONNELLY 2015\u00a0: 62).<\/p>\n<p>L\u2019approche exp\u00e9rientielle de la traduction et l\u2019art contemporain partagent cet int\u00e9r\u00eat pour l\u2019erreur cr\u00e9atrice et pour la multiplicit\u00e9 inh\u00e9rente \u00e0 la traduction en tant que processus de variation plut\u00f4t que d\u2019imitation, dans lequel les erreurs de traduction et les lacunes g\u00e9n\u00e9r\u00e9es par les nombreux niveaux de traduction m\u00e9taphorique, de transformation et\/ou de transcodification ne sont pas consid\u00e9r\u00e9es comme des \u00ab\u00a0d\u00e9fauts\u00a0\u00bb, mais plut\u00f4t comme un r\u00e9servoir de cr\u00e9ativit\u00e9. C\u2019est pour cela que j\u2019ai d\u00e9cid\u00e9 de profiter de la rencontre avec l\u2019artiste Stefania Becheanu pour d\u00e9velopper non seulement un projet artistique autour de la traduction, mais aussi des pratiques d\u2019apprentissage de la traduction li\u00e9es \u00e0 ce projet.<\/p>\n<h3 id=\"\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0-kantaje-:-de-la-\u201c\">3.\u00a0 \u00a0 \u00a0<em>Kantaje : De la \u201clangue\u201d aux oreilles<\/em> (Venise, 2022)<\/h3>\n<p>Ma collaboration avec Stefania Becheanu dans le cadre de l\u2019exposition <em>Kantaje\u00a0: <\/em><em>de la \u201clangue\u201d aux oreilles<\/em>, qui s\u2019est tenue en novembre 2022 \u00e0 l\u2019Institut roumain de la culture et de la recherche humaniste de Venise, est n\u00e9e d\u2019une proposition de la chercheuse Myriam Suchet.<\/p>\n<p>Cette expositionde Becheanu est directement li\u00e9e au projet de recherche \u00ab\u00a0En fran\u00e7aiS au pluriel \/ Traduire du fran\u00e7ais aux fran\u00e7ais\u00a0\u00bb, dans lequel Suchet essaie de rendre visible la pluralit\u00e9 inh\u00e9rente \u00e0 la langue fran\u00e7aise. Comme le dit Becheanu elle-m\u00eame\u00a0: \u00ab\u00a0Pour l\u2019\u0153uvre <em>Kantaje<\/em>, c\u2019\u00e9tait une invitation de Myriam Suchet dans le cadre de son projet de recherche-cr\u00e9ation <em>En fran\u00e7aiS au pluriel<\/em> [\u2026] pour faire une r\u00e9ponse au livre de Katalin Moln\u00e1r. Pour cr\u00e9er j\u2019ai utilis\u00e9 une exposition collective, j\u2019avais une pi\u00e8ce d\u00e9di\u00e9e \u00e0 ce projet et j\u2019ai d\u00e9cid\u00e9 de r\u00e9aliser une \u0153uvre ax\u00e9e sur la recherche et la cr\u00e9ation\u00a0\u00bb (BECHEANU in SOFO 2024a : <em>infra<\/em>).<\/p>\n<p>Le projet de Myriam Suchet propose de lire le \u00ab\u00a0s\u00a0\u00bb final de \u00ab\u00a0fran\u00e7ais\u00a0\u00bb comme un marqueur du pluriel, pour passer \u00ab\u00a0du fran\u00e7ais aux fran\u00e7ais\u00a0\u00bb, et de lire l\u2019acronyme FLE non pas comme\u00a0\u00ab\u00a0fran\u00e7ais langue \u00e9trang\u00e8re\u00a0\u00bb, mais comme \u00ab\u00a0fran\u00e7ais langue \u00e9trang\u00e9e\u00a0\u00bb, afin d\u2019envisager la pluralit\u00e9 des utilisations de la langue fran\u00e7aise, ou <em>des<\/em> langues fran\u00e7aises. Comme elle l\u2019\u00e9crit en mars 2023\u00a0: \u00ab\u00a0C\u2019est dans cette perspective qu\u2019il faut traduire, d\u2019apr\u00e8s moi, \u201cle fran\u00e7ais\u201d en fran\u00e7ais au pluriel, le fran\u00e7ais langue \u00e9trang\u00e8re (FLE) en fran\u00e7ais langue \u00e9trang\u00e9e, et envisager la francophonie avant tout comme une occasion de s\u2019\u00e9couter dans une langue en cr\u00e9ation permanente et partag\u00e9e\u00a0\u00bb (SUCHET 2023\u00a0: 5).<\/p>\n<p>La cr\u00e9ation na\u00eet ainsi d\u2019une commande de la part de Suchet, qui invitait Becheanu \u00e0 d\u00e9velopper un dialogue artistique avec le roman <em>Quant \u00e0 je (Kantaje) <\/em>de Katalin Moln\u00e1r en vue de d\u00e9voiler la pluralit\u00e9 de la langue fran\u00e7aise. Le roman joue avec la langue \u00e0 travers des exp\u00e9riences de lecture et d\u2019\u00e9criture d\u00e9stabilisantes, qui imitent les sons de la parole naissante de Moln\u00e1r lorsqu\u2019elle arrive en France depuis la Hongrie. C\u2019est pourquoi Murphy a d\u00e9crit le travail de Moln\u00e1r comme un \u00ab\u00a0queering des langues\u00a0\u00bb (MURPHY 2019)\u00a0:<\/p>\n<blockquote><p>Il s\u2019agit non seulement de \u00ab cr\u00e9er sa propre langue \u00bb, mais d\u2019inscrire celle-ci dans un contre-courant qui d\u2019abord d\u00e9fait la pens\u00e9e normative en <em>d\u00e9shabillant <\/em>la Langue de ses fictions d\u2019homog\u00e9n\u00e9it\u00e9, d\u2019unicit\u00e9, de g\u00e9nie, de clart\u00e9, de beaut\u00e9 qui p\u00e8sent sur l\u2019individu, pour ensuite <em>exhiber<\/em> le travail de la diff\u00e9rence. [(\u2026] D\u00e9form\u00e9e de l\u2019int\u00e9rieur et fautive aux yeux des institutions litt\u00e9raires et linguistiques, l\u2019\u0153uvre moln\u00e1rienne ne contestera pas pour autant son statut, elle l\u2019intensifiera \u2013 comme fait le queer \u2013 afin d\u2019en faire une vertu, une marque de l\u2019extr\u00eame personnel qui permet l\u2019individuation en tant qu\u2019auteure de Katalin Moln\u00e1r. (MURPHY 2019\u00a0: 76, 80)<\/p><\/blockquote>\n<p><em>Quant \u00e0 je (kantaje)<\/em> se situe \u00e0 la fronti\u00e8re des langues, d\u00e9voilant l\u2019h\u00e9t\u00e9rolinguisme inh\u00e9rent \u00e0 toute \u00e9criture et \u00e0 tout langage individuel, mais aussi \u00e0 toute identit\u00e9. Son texte transforme l\u2019erreur en processus cr\u00e9atif consistant \u00e0 repr\u00e9senter une r\u00e9alit\u00e9 aussi \u00ab\u00a0fautive\u00a0\u00bb que la langue, comme on peut le lire dans le passage suivant, dans lequel Moln\u00e1r joue \u00e9galement avec la typographie pour nous ouvrir \u00e0 des lectures multiples d\u2019un m\u00eame \u00e9nonc\u00e9\u00a0:<\/p>\n<p><img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter wp-image-11279 size-full\" src=\"https:\/\/www.dorif.it\/reperes\/wp-content\/uploads\/2024\/04\/sofo-1-1.jpg\" alt=\"\" width=\"451\" height=\"353\" srcset=\"https:\/\/www.dorif.it\/reperes\/wp-content\/uploads\/2024\/04\/sofo-1-1-200x157.jpg 200w, https:\/\/www.dorif.it\/reperes\/wp-content\/uploads\/2024\/04\/sofo-1-1-300x235.jpg 300w, https:\/\/www.dorif.it\/reperes\/wp-content\/uploads\/2024\/04\/sofo-1-1-400x313.jpg 400w, https:\/\/www.dorif.it\/reperes\/wp-content\/uploads\/2024\/04\/sofo-1-1.jpg 451w\" sizes=\"(max-width: 451px) 100vw, 451px\" \/><\/p>\n<p>Becheanu a \u00e9t\u00e9 inspir\u00e9e par le travail de Moln\u00e1r et par l\u2019exp\u00e9rience de la langue v\u00e9cue et reproduite par Moln\u00e1r, tr\u00e8s similaire \u00e0 l\u2019exp\u00e9rience de Becheanu elle-m\u00eame lors de son arriv\u00e9e en France depuis la Roumanie, lorsqu\u2019elle percevait le fran\u00e7ais non pas comme une langue, mais plut\u00f4t comme un ensemble de sons. La pluralit\u00e9 et la \u00ab\u00a0fautivit\u00e9 \/ f\u00f4tivit\u00e9\u00a0\u00bb de la langue exprim\u00e9es dans <em>Quant \u00e0 je (kantaje)<\/em> sont au c\u0153ur de l\u2019int\u00e9r\u00eat de l\u2019artiste pour cette \u0153uvre\u00a0:<\/p>\n<blockquote><p>Lors de mes interventions artistiques, j\u2019essaie non seulement de partager ma force cr\u00e9ative, mais aussi de mettre en lumi\u00e8re la puissance du pluri-langue. J\u2019utilise des langages, qu\u2019ils soient existants ou imaginaires, pour communiquer, mais surtout je m\u2019exprime \u00e0 travers un langage \u00e9motionnel. En tant que dyslexique, je crois fermement que les fautes, les pauses ou les phrases multilingues ne devraient jamais constituer un obstacle \u00e0 l\u2019expression individuelle. Au contraire, elles enrichissent notre palette expressive et ouvrent des portes vers une communication plus authentique et inclusive. (BECHEANU in SOFO 2024a : <em>infra<\/em>)<\/p><\/blockquote>\n<p>Pour sa cr\u00e9ation, Becheanu puise alors dans l\u2019imaginaire sonore et linguistique de Moln\u00e1r pour tracer son propre parcours \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur des mots de l\u2019auteure.<\/p>\n<p>Elle s\u00e9lectionne des passages du texte qui \u00e9voquent sa propre exp\u00e9rience de la langue et de la rencontre entre langue et identit\u00e9, et joue avec la composition typographique, comme le faisait Moln\u00e1r, pour changer les \u00ab\u00a0accents\u00a0\u00bb et nous offrir une nouvelle lecture du texte fond\u00e9e sur sa propre perspective, comme elle l\u2019explique dans ce passage concernant le parcours de cr\u00e9ation de l\u2019\u0153uvre\u00a0:<\/p>\n<blockquote><p>Pour commencer, j\u2019ai dispos\u00e9 sept feuilles de papier blanc de 50\/70 cm (une pour chaque jour) ainsi que divers outils tels que des crayons, des haut-parleurs, des micros, une guitare, des fils, etc. J\u2019ai \u00e9galement eu le livre de Katalin Moln\u00e1r comme source d\u2019inspiration principale. Chaque jour \u00e9tait une opportunit\u00e9 d\u2019exploration et d\u2019exp\u00e9rimentation. Je lisais calmement \u00e0 voix haute, j\u2019enregistrais des sons avec un micro, je produisais des bruits. \u00c0 ce stade, je n\u2019avais pas encore d\u2019id\u00e9e claire. Cependant, chaque jour, je notais sur des feuilles blanches un passage qui me parlait, qui r\u00e9sonnait avec le discours et la po\u00e9sie de Katalin. Du coup <em>Kantaje<\/em> a b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 d\u2019une semaine de recherche-cr\u00e9ation publique, et sa version actuelle a \u00e9volu\u00e9 par la suite, enrichie par cette exp\u00e9rience publique. (BECHEANU in SOFO 2024a : <em>infra<\/em>)<\/p><\/blockquote>\n<p>Le travail de l\u2019artiste franco-roumaine, tel qu\u2019il est d\u00e9crit ici, s\u2019inscrit parfaitement dans le sillage du processus \u00e9voqu\u00e9 par l\u2019auteure\u00a0:<\/p>\n<blockquote><p>Parce que \u00ab transcrire \u00bb, c\u2019est \u00ab rire \u00bb \u00e0 la fin, jouer \u00e0 \u00e7a, chercher un peu de consolation l\u00e0 o\u00f9 il n\u2019y en a pas, se donner quelque chose qui \u00e0 nous n\u2019est pas donn\u00e9, \u00e9crire au-del\u00e0, de l\u2019autre c\u00f4t\u00e9 de la montagne, faire autre chose avec quelque chose qui existe d\u00e9j\u00e0, implanter un texte dans une autre langue, sous une autre forme, dans une autre structure, transformer les fautes en vertus et vice versa. (MOLN\u00c1R 1996 : 17).<\/p><\/blockquote>\n<p>Les \u0153uvres de Becheanu permettent de prolonger ce processus d\u2019\u00ab\u00a0implantation\u00a0\u00bb du texte dans une autre langue et sous une autre forme, cette transformation des fautes en vertus. Par la suite, le\u00a0\u00ab\u00a0voyage\u00a0\u00bb de l\u2019\u0153uvre vers d\u2019autres destinations a permis de prolonger encore cette \u00ab\u00a0implantation\u00a0\u00bb \u00e0 travers l\u2019utilisation d\u2019autres langues et de la traduction. En effet\u00a0:<\/p>\n<blockquote><p>\u00c0 chaque exposition, l\u2019\u0153uvre s\u2019enrichit \u00e9galement de la question de la traduction en multilingue, selon le lieu d\u2019invitation. La forme des tableaux plexiglas et les mots dans l\u2019espace sont arriv\u00e9s pour une deuxi\u00e8me exposition. Mais l\u2019invitation \u00e0 Venise m\u2019a donn\u00e9 envie d\u2019aller plus loin et de cr\u00e9er l\u2019opportunit\u00e9 de parler de la traduction, dans un contexte qui parle de la sonorit\u00e9 de la langue, les fautes et \u00ab mauvaises \u00bb traductions, passer par l\u2019italien et m\u00eame par l\u2019allemand plus tard, ont enrichi la question de la multilangue. (BECHEANU in SOFO 2024a : <em>infra<\/em>)<\/p><\/blockquote>\n<p>C\u2019est pour l\u2019exposition de Venise, en novembre 2022, que Suchet a eu l\u2019id\u00e9e de me mettre en contact avec Becheanu et de nous inviter \u00e0 collaborer autour de son \u0153uvre, afin de \u00ab\u00a0prolonger l\u2019exp\u00e9rience avec une traduction vers un italien qui sortirait de ton imagination, comme le frans\u00e8 de Moln\u00e1r\u00a0\u00bb, pour reprendre les termes employ\u00e9s par Suchet dans l\u2019invitation qu\u2019elle m\u2019a envoy\u00e9e.<\/p>\n<p>Cette rencontre a ainsi amen\u00e9, apr\u00e8s plusieurs propositions, \u00e0 la cr\u00e9ation d\u2019une pi\u00e8ce originale, <em>Ogni volta con te \u00e8 la stessa storia<\/em>, \u00e0 partir de ma traduction en italien du texte de Moln\u00e1r pr\u00e9sent dans une des \u0153uvres de Becheanu, <em>\u00c0 chaque fois tu me fais le m\u00eame coup<\/em>.<\/p>\n<p><strong> <img decoding=\"async\" class=\"aligncenter wp-image-11276 size-full\" src=\"https:\/\/www.dorif.it\/reperes\/wp-content\/uploads\/2024\/04\/sofo-immagine-1.jpg\" alt=\"\" width=\"719\" height=\"543\" srcset=\"https:\/\/www.dorif.it\/reperes\/wp-content\/uploads\/2024\/04\/sofo-immagine-1-200x151.jpg 200w, https:\/\/www.dorif.it\/reperes\/wp-content\/uploads\/2024\/04\/sofo-immagine-1-300x227.jpg 300w, https:\/\/www.dorif.it\/reperes\/wp-content\/uploads\/2024\/04\/sofo-immagine-1-400x302.jpg 400w, https:\/\/www.dorif.it\/reperes\/wp-content\/uploads\/2024\/04\/sofo-immagine-1-600x453.jpg 600w, https:\/\/www.dorif.it\/reperes\/wp-content\/uploads\/2024\/04\/sofo-immagine-1.jpg 719w\" sizes=\"(max-width: 719px) 100vw, 719px\" \/><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong>[Image 1\u00a0: Stefania Becheanu, <\/strong><strong><em>\u00c0 chaque fois tu me fais le m\u00eame coup<\/em><\/strong><strong>, 2022 ;\u00a0<\/strong><strong>Stefania Becheanu, <\/strong><strong><em>Ogni volta con te \u00e8 la stessa storia<\/em><\/strong><strong>, 2022]<\/strong><\/p>\n<p>Plut\u00f4t que de \u00ab\u00a0traduction\u00a0\u00bb, il faudrait parler dans ce cas de transcr\u00e9ation, ou mieux, de \u00ab\u00a0transmoln\u00e1risation\u00a0\u00bb, car l\u2019aspect cl\u00e9 de ce travail consistait \u00e0 int\u00e9grer le processus cr\u00e9atif de Moln\u00e1r dans la traduction, mais en utilisant l\u2019italien, une langue qui ne permet pas la m\u00eame cr\u00e9ativit\u00e9 avec la transcription phon\u00e9tique que le fran\u00e7ais, ce qui oblige \u00e0 puiser dans les ressources cr\u00e9atives de l\u2019italien plut\u00f4t que du fran\u00e7ais.<\/p>\n<p>La premi\u00e8re strat\u00e9gie utilis\u00e9e, conform\u00e9ment \u00e0 la d\u00e9marche de Moln\u00e1r, a \u00e9t\u00e9 l\u2019utilisation d\u2019orthographes phon\u00e9tiques ou d\u2019orthographes homophones dans les cas o\u00f9 cela \u00e9tait possible en italien. C\u2019est le cas de \u00ab\u00a0<em>poj<\/em>\u00a0\u00bb et \u00ab<em>\u00a0luj<\/em>\u00a0\u00bb pour \u00ab\u00a0<em>poi<\/em>\u00a0\u00bb et \u00ab\u00a0<em>lui<\/em>\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0<em>puoh<\/em>\u00a0\u00bb pour \u00ab\u00a0<em>pu\u00f2<\/em>\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0<em>kon\u00a0<\/em>\u00bb pour \u00ab\u00a0<em>con<\/em>\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0<em>B-\u00a0<\/em>\u00bb et \u00ab\u00a0<em>T-<\/em>\u00a0\u00bb pour \u00ab\u00a0<em>bi<\/em>\u00a0\u00bb et \u00ab\u00a0<em>ti<\/em>\u00a0\u00bb, qui nous offrent des orthographes alternatives qui seraient prononc\u00e9es de la m\u00eame mani\u00e8re (ou presque) en italien que les formes standard de l\u2019italien. C\u2019est \u00e9galement le cas de formes qui font partie du langage utilis\u00e9 dans les textos et les communications \u00e9crites informelles en ligne, telles que \u00ab\u00a0<em>xk\u00e9<\/em>\u00a0\u00bb pour \u00ab\u00a0<em>perch\u00e9<\/em>\u00a0\u00bb et \u00ab\u00a01\u00a0\u00bb pour \u00ab\u00a0<em>uno\/una<\/em>\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Cependant, ces strat\u00e9gies ne pouvaient \u00eatre appliqu\u00e9es que dans des cas tr\u00e8s limit\u00e9s. C\u2019est pourquoi j\u2019ai d\u00e9cid\u00e9 de reproduire l\u2019\u00ab\u00a0exub\u00e9rance phon\u00e9tique\u00a0\u00bb de l\u2019original en fran\u00e7ais, en compensant certaines des pertes in\u00e9vitables par de nouvelles strat\u00e9gies d\u2019\u00e9criture et de traduction mieux adapt\u00e9es \u00e0 l\u2019italien, selon un processus que j\u2019avais d\u00e9j\u00e0 mis en pratique pour la traduction de l\u2019\u00e9crivaine croato-suisse Dragica Rajcic de l\u2019allemand vers l\u2019italien (voir : RAJ\u010cI\u0106 2015a, 2015b, 2021; SOFO 2015).<\/p>\n<p>La principale strat\u00e9gie in\u00e9dite introduite dans la version italienne, en particulier dans la partie centrale de la pi\u00e8ce, consistait \u00e0 traduire les mots fran\u00e7ais en utilisant plusieurs mots italiens qui, une fois combin\u00e9s, pouvaient permettre au visiteur de lire la traduction de l\u2019original, comme on peut le voir en observant les exemples fournis dans le tableau suivant\u00a0:<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" class=\"aligncenter wp-image-11284 size-full\" src=\"https:\/\/www.dorif.it\/reperes\/wp-content\/uploads\/2024\/04\/sofo-tab-1.jpg\" alt=\"\" width=\"672\" height=\"366\" srcset=\"https:\/\/www.dorif.it\/reperes\/wp-content\/uploads\/2024\/04\/sofo-tab-1-200x109.jpg 200w, https:\/\/www.dorif.it\/reperes\/wp-content\/uploads\/2024\/04\/sofo-tab-1-300x163.jpg 300w, https:\/\/www.dorif.it\/reperes\/wp-content\/uploads\/2024\/04\/sofo-tab-1-400x218.jpg 400w, https:\/\/www.dorif.it\/reperes\/wp-content\/uploads\/2024\/04\/sofo-tab-1-600x327.jpg 600w, https:\/\/www.dorif.it\/reperes\/wp-content\/uploads\/2024\/04\/sofo-tab-1.jpg 672w\" sizes=\"(max-width: 672px) 100vw, 672px\" \/><\/p>\n<p>Comme le montrent les exemples ci-dessus, cette strat\u00e9gie nous permet de lire le texte \u00e0 deux niveaux diff\u00e9rents : le niveau des mots utilis\u00e9s, qui n\u2019a aucun sens d\u2019un point de vue s\u00e9mantique, et le niveau des mots qu\u2019un italophone entendrait dans son propre esprit en lisant le texte \u00e0 voix haute. Cela contribue \u00e0 cette apparente \u00ab\u00a0confusion\u00a0\u00bb linguistique qui ne fait pas vraiment obstacle \u00e0 la compr\u00e9hension et qui est au c\u0153ur de la cr\u00e9ation de Moln\u00e1r. Cela nous donne \u00e9galement l\u2019occasion de jouer avec les diff\u00e9rences entre les deux langues, qui ne permettent (ou ne sugg\u00e8rent) pas la m\u00eame strat\u00e9gie.<\/p>\n<p>En outre, cette strat\u00e9gie a oblig\u00e9 les visiteurs \u00e0 lire le texte \u00e0 haute voix afin de percevoir les mots cach\u00e9s derri\u00e8re la surface de la premi\u00e8re lecture, ce qui les a encourag\u00e9s \u00e0 percevoir le texte \u00e0 un niveau auditif plut\u00f4t que visuel. Cela a servi l\u2019un des principaux objectifs de l\u2019\u0153uvre de Becheanu, qui pr\u00e9voit toujours une r\u00e9ponse ou une interaction de la part du public\u00a0:<\/p>\n<blockquote><p>En tant qu\u2019artiste, je cherche \u00e0 communiquer mes \u00e9motions et mes id\u00e9es \u00e0 travers mes \u0153uvres, mais je suis \u00e9galement touch\u00e9e par la mani\u00e8re dont elles sont per\u00e7ues et re\u00e7ues par le public. Je cherche activement le regard et la r\u00e9action des spectateurs et des visiteurs, car je crois que l\u2019art est un moyen de communication qui va dans les deux sens. L\u2019art peut cr\u00e9er une connexion unique, et j\u2019essaie de nourrir cette connexion en invitant les gens \u00e0 s\u2019engager activement avec mes cr\u00e9ations. Que ce soit \u00e0 travers des performances en direct, des expositions interactives ou des installations participatives, je cherche \u00e0 cr\u00e9er des espaces o\u00f9 les spectateurs peuvent devenir partie int\u00e9grante de l\u2019\u0153uvre elle-m\u00eame. Leur r\u00e9action et leur interaction influencent souvent ma mani\u00e8re de voir mes propres cr\u00e9ations, et cela nourrit en retour mon processus cr\u00e9atif. En fin de compte, je fais de l\u2019art pour moi-m\u00eame, mais je le partage avec les autres dans l\u2019espoir de cr\u00e9er des exp\u00e9riences qui r\u00e9sonnent en eux. (BECHEANU in SOFO 2024a : <em>infra<\/em>)<\/p><\/blockquote>\n<p>De plus, l\u2019aspect sonore joue un r\u00f4le essentiel dans l\u2019\u0153uvre de Becheanu, et a jou\u00e9 un r\u00f4le fondamental dans son parcours artistique. Arriv\u00e9e en France dans le cadre d\u2019un programme Erasmus en arts visuels, Becheanu a commenc\u00e9 \u00e0 s\u2019int\u00e9resser \u00e0 la performance, en particulier la performance autour du son \u00e0 travers sa rencontre avec la langue fran\u00e7aise, per\u00e7ue comme \u00ab\u00a0paysage sonore\u00a0\u00bb plut\u00f4t que comme une langue \u00e0 \u00ab\u00a0comprendre\u00a0\u00bb au sens linguistique du terme\u00a0:<\/p>\n<blockquote><p>Effectivement, je suis profond\u00e9ment pr\u00e9occup\u00e9e par la pluri-langue, l\u2019h\u00e9t\u00e9rolinguisme, la traduction et la libert\u00e9 d\u2019expression sous toutes leurs formes, des th\u00e8mes qui ont impr\u00e9gn\u00e9 mon travail artistique depuis 2010. Depuis mes 14 ann\u00e9es en France, j\u2019ai appris la langue en l\u2019\u00e9coutant, en l\u2019exp\u00e9rimentant comme un bruit initial sans signification, jusqu\u2019\u00e0 ce qu\u2019elle devienne un paysage sonore non enregistr\u00e9, une mati\u00e8re vibrante et m\u00e9lodique, une exp\u00e9rience immersive et performative. M\u00eame si mon niveau de ma\u00eetrise du fran\u00e7ais s\u2019est beaucoup am\u00e9lior\u00e9 et que je me consid\u00e8re d\u00e9sormais \u00e9galement fran\u00e7aise, j\u2019ai conserv\u00e9 dans ma bouche et dans mon oreille une construction sonore et compositionnelle unique. (BECHEANU in SOFO 2024a : <em>infra<\/em>)<\/p><\/blockquote>\n<p>De ce point de vue, le fait d\u2019obliger les visiteurs \u00e0 lire \u00e0 voix haute le texte de Moln\u00e1r pr\u00e9sent dans les \u0153uvres de Becheanu correspond \u00e0 l\u2019int\u00e9r\u00eat de l\u2019artiste pour l\u2019aspect sonore de la langue et pour l\u2019interaction du public avec cette sonorit\u00e9, et permet d\u2019en prolonger la cr\u00e9ation, avec le passage vers une autre langue et vers d\u2019autres strat\u00e9gies de cr\u00e9ation.<\/p>\n<h3 id=\"\u00a0-\u00a0-traduire-en-archipels-\/-\">4.\u00a0 \u00a0 <em>Traduire en archipel(s) \/ Tradurre in arcipelaghi<\/em> (Venise, 2023)<\/h3>\n<p>C\u2019est \u00e0 partir de cette exp\u00e9rience et de cette rencontre avec Becheanu qu\u2019est n\u00e9e une deuxi\u00e8me exposition, <em>Traduire en archipel(s) \/ Tradurre in arcipelaghi<\/em>, accueillie par la galerie CREA Cantieri del Contemporaneo sur l\u2019\u00eele de la Giudecca \u00e0 Venise du 6 au 23 avril 2023, dans le cadre du colloque \u00ab\u00a0Traduire en archipel(s)\u00a0\u00bb consacr\u00e9 \u00e0 une vision archip\u00e9lique de la traduction. L\u2019exposition se concentrait surtout sur l\u2019id\u00e9e de traduction de la ville de Venise, dont j\u2019ai trait\u00e9 dans un autre article (voir\u00a0: SOFO 2024b), mais reprenait \u00e9galement le travail accompli sur <em>Kantaje<\/em>, cette fois avec une participation directe des \u00e9tudiantes. Ces derni\u00e8res ont ainsi traduit des extraits du roman qui ont ensuite \u00e9t\u00e9 expos\u00e9s. Elles ont particip\u00e9 \u00e0 un atelier de cr\u00e9ation po\u00e9tique multilingue et ont propos\u00e9 leurs propres \u00ab\u00a0traductions\u00a0\u00bb de Venise.<\/p>\n<p>Cette exp\u00e9rience s\u2019inscrivait dans le contexte du cours avanc\u00e9 de traduction que j\u2019enseigne \u00e0 Ca\u2019 Foscari depuis 2023, \u00ab\u00a0\u00c9l\u00e9ments de traduction litt\u00e9raire\u00a0\u00bb, ax\u00e9 sur la traduction individuelle et collaborative de textes r\u00e9dig\u00e9s en fran\u00e7ais non standard, avec une attention particuli\u00e8re \u00e0 la vari\u00e9t\u00e9 diatopique et aux \u00e9critures qui agissent sur la langue en utilisant les fautes, les d\u00e9formations et les d\u00e9tours par rapport \u00e0 la norme de fa\u00e7on cr\u00e9ative, obligeant les traducteurs et les traductrices \u00e0 agir sur la langue italienne avec plus de cr\u00e9ativit\u00e9.<\/p>\n<p>Ce cours, suivi dans sa premi\u00e8re ann\u00e9e par treize \u00e9tudiantes qui avaient d\u00e9j\u00e0 suivi des cours de traduction<a href=\"#_ftn1\" name=\"_ftnref1\"><sup>[1]<\/sup><\/a>, vise ainsi \u00e0 exposer les apprenant\u00b7es \u00e0 la richesse et \u00e0 la diversit\u00e9 de la langue litt\u00e9raire, dont les formes sont beaucoup plus vari\u00e9es que celles auxquelles on les confronte d\u2019habitude dans leurs cours de traduction de licence, et vise \u00e0 d\u00e9velopper les comp\u00e9tences cr\u00e9atives des apprenant\u00b7es, tr\u00e8s souvent p\u00e9nalis\u00e9es par des cours de traduction davantage con\u00e7us pour l\u2019apprentissage des langues que pour l\u2019apprentissage de la traduction.<\/p>\n<p>La m\u00e9thode de traduction employ\u00e9e suivait un processus d\u00e9j\u00e0 exp\u00e9riment\u00e9 depuis plusieurs ann\u00e9es dans le cadre des cours de traduction de licence et de premi\u00e8re ann\u00e9e de master (voir\u00a0: SOFO, HAMON 2022). Pour r\u00e9sumer, les \u00e9tudiantes ont re\u00e7u les extraits du roman de Moln\u00e1r que Becheanu avait utilis\u00e9s pour ses propres \u0153uvres d\u2019art et ont \u00e9t\u00e9 invit\u00e9es \u00e0 les traduire en italien, en utilisant des strat\u00e9gies de traduction qui ne r\u00e9duisaient pas l\u2019exub\u00e9rance linguistique de Moln\u00e1r, laquelle constituait \u00e9videmment l\u2019un des principaux int\u00e9r\u00eats du roman.<\/p>\n<p>Afin d\u2019instaurer un dialogue sur la traduction, le travail a \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9 en collaboration et en plusieurs \u00e9tapes. Tout d\u2019abord, les \u00e9tudiantes ont traduit les extraits individuellement avant de discuter de leurs traductions respectives par groupes de quatre, en dehors de la salle de classe, puis de proposer une traduction collaborative assortie d\u2019annotations issues de leurs \u00e9changes et permettant d\u2019expliquer les choix de traduction op\u00e9r\u00e9s.<\/p>\n<p>J\u2019ai ensuite lu et annot\u00e9 les traductions des diff\u00e9rents groupes en trois \u00e9tapes\u00a0: lecture et annotation de la traduction individuelle qui a servi de base au travail de groupe (pour souligner les fautes, les impr\u00e9cisions, ou les passages dont il fallait discuter en cours)\u00a0; lecture et annotation des commentaires des autres membres du groupe (pour distinguer les commentaires qui permettaient une am\u00e9lioration de la traduction et ceux qui risquaient d\u2019aller dans la direction oppos\u00e9e)\u00a0; lecture et annotation de la traduction collaborative (pour distinguer les passages am\u00e9lior\u00e9s gr\u00e2ce \u00e0 la collaboration, et ceux qui \u00e9taient meilleurs dans la traduction individuelle).<\/p>\n<p>Ces annotations n\u2019ont \u00e9t\u00e9 montr\u00e9es aux \u00e9tudiantes qu\u2019apr\u00e8s la discussion en classe au cours de laquelle tous les groupes ont propos\u00e9 leur traduction et \u00e9cout\u00e9 les autres, afin de parvenir \u00e0 une traduction collective commune \u00e0 l\u2019ensemble de la classe. Plus important encore, les \u00e9tudiantes n\u2019ont jamais vu ma propre traduction de la pi\u00e8ce de Becheanu incluse dans la premi\u00e8re exposition qui s\u2019est tenue en novembre 2022. Le fait de voir ma traduction risquait de provoquer une uniformisation des choix des \u00e9tudiantes et un appauvrissement des solutions propos\u00e9es. En effet, m\u00eame dans un environnement ludique et cr\u00e9atif, et m\u00eame dans un cours avanc\u00e9, les apprenant\u00b7es ont tendance \u00e0 consid\u00e9rer l\u2019enseignant comme une \u00ab\u00a0autorit\u00e9\u00a0\u00bb en mati\u00e8re de traduction.<\/p>\n<p>Dans ce processus de discussion, mon r\u00f4le d\u2019enseignant ne consistait pas \u00e0 guider le groupe vers des choix pr\u00e9\u00e9tablis, mais plut\u00f4t \u00e0 coordonner leur dialogue en n\u2019intervenant qu\u2019aux moments o\u00f9 la traduction semblait aller dans une direction clairement erron\u00e9e, ou pour mettre en \u00e9vidence les trouvailles et les choix particuli\u00e8rement int\u00e9ressants. M\u00eame dans une approche \u00ab\u00a0indisciplin\u00e9e\u00a0\u00bb de la traduction, consistant \u00e0 souligner le fait que plusieurs choix de traduction sont possibles, il est indispensable de bien distinguer les options que le texte (ou la langue) permet et celles que le texte (ou la langue) ne permet pas.<\/p>\n<p>Les choix op\u00e9r\u00e9s dans les diff\u00e9rentes traductions individuelles et collectives, et ceux op\u00e9r\u00e9s dans la traduction collective \u00ab\u00a0d\u00e9finitive\u00a0\u00bb r\u00e9v\u00e8lent des aspects tr\u00e8s int\u00e9ressants, \u00e0 commencer par le choix du titre \u00ab\u00a0Kwant\u2019amm\u00e9\u00a0\u00bb utilis\u00e9 pour traduire \u00ab\u00a0Kantaje\u00a0\u00bb. Dans ce cas, les \u00e9tudiantes utilisent d\u2019un c\u00f4t\u00e9 le m\u00eame principe que Moln\u00e2r en recherchant l\u2019utilisation d\u2019une \u00e9criture phon\u00e9tique, avec l\u2019utilisation de \u00ab\u00a0Kw\u00a0\u00bb pour \u00ab\u00a0Qu\u00a0\u00bb, des strat\u00e9gies graphiques d\u2019intervention sur le texte (l\u2019apostrophe), et de l\u2019autre c\u00f4t\u00e9 des nouvelles strat\u00e9gies, telles que l\u2019utilisation des sonorit\u00e9s d\u2019une vari\u00e9t\u00e9 r\u00e9gionale ou d\u2019une vari\u00e9t\u00e9 dialectale de la langue, avec une sonorit\u00e9 qui renvoie surtout au dialecte napolitain ou \u00e0 l\u2019italien parl\u00e9 \u00e0 Naples.<\/p>\n<p>Pour leur traduction collective des trois textes utilis\u00e9s pour l\u2019\u0153uvre de Becheanu, les \u00e9tudiantes ont propos\u00e9 ces versions\u00a0:<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter wp-image-11285 size-full\" src=\"https:\/\/www.dorif.it\/reperes\/wp-content\/uploads\/2024\/04\/sofo-tab-2.jpg\" alt=\"\" width=\"713\" height=\"720\" srcset=\"https:\/\/www.dorif.it\/reperes\/wp-content\/uploads\/2024\/04\/sofo-tab-2-66x66.jpg 66w, https:\/\/www.dorif.it\/reperes\/wp-content\/uploads\/2024\/04\/sofo-tab-2-150x150.jpg 150w, https:\/\/www.dorif.it\/reperes\/wp-content\/uploads\/2024\/04\/sofo-tab-2-200x202.jpg 200w, https:\/\/www.dorif.it\/reperes\/wp-content\/uploads\/2024\/04\/sofo-tab-2-297x300.jpg 297w, https:\/\/www.dorif.it\/reperes\/wp-content\/uploads\/2024\/04\/sofo-tab-2-400x404.jpg 400w, https:\/\/www.dorif.it\/reperes\/wp-content\/uploads\/2024\/04\/sofo-tab-2-600x606.jpg 600w, https:\/\/www.dorif.it\/reperes\/wp-content\/uploads\/2024\/04\/sofo-tab-2.jpg 713w\" sizes=\"(max-width: 713px) 100vw, 713px\" \/><\/p>\n<p>On observe ici des formes qui reproduisent les choix de Moln\u00e1r en les adaptant \u00e0 la langue italienne, notamment\u00a0: l\u2019utilisation d\u2019une \u00e9criture phon\u00e9tique dans les cas de \u00ab\u00a0k\u00a0\u00bb pour \u00ab\u00a0c\u00a0\u00bb (\u00ab\u00a0konfondere\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0kon\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0koglionaggine\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0rassikurazzioni\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0sikuro\u00a0\u00bb),\u00a0\u00ab\u00a0w\u00a0\u00bb pour \u00ab\u00a0u\u00a0\u00bb suivi d\u2019une voyelle ( \u00ab\u00a0kwestwomo\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0pellaswavia\u00a0\u00bb), \u00ab\u00a0j\u00a0\u00bb pour \u00ab\u00a0i\u00a0\u00bb suivi d\u2019une voyelle (\u00ab\u00a0jo\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0kemmwojo\u00a0\u00bb), \u00ab\u00a0sh\u00a0\u00bb pour \u00ab\u00a0sci\u00a0\u00bb (\u00ab\u00a0Angosha\u00a0\u00bb)\u00a0; l\u2019utilisation de formes fautives, mais essentiellement homophones, telles que \u00ab\u00a0piaciere\u00a0\u00bb pour \u00ab\u00a0piacere\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0bisognio\u00a0\u00bb pour \u00ab\u00a0bisogno\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0piangiere\u00a0\u00bb pour \u00ab\u00a0piangere\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0ci\u00f2\u00a0\u00bb pour \u00ab\u00a0c\u2019ho\u00a0\u00bb\u00a0; la fusion de plusieurs termes (\u00ab\u00a0inrealt\u00e0\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0avevAssolutamente\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0bellaggiornata\u00a0\u00bb)\u00a0; le m\u00e9lange entre termes fran\u00e7ais et termes anglais ou allemands, rendu par un m\u00e9lange entre termes italiens et termes anglais ou allemands (\u00ab\u00a0nice day bello stoposto\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0tutto buono qui, alles gut\u00a0\u00bb)\u00a0; l\u2019utilisation des formes \u00e0 l\u2019infinitif de certains verbes (\u00ab\u00a0farecaldo\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0vedere\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0sentire\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0Gattino ritornare\u00a0\u00bb).<\/p>\n<p>Cependant, les \u00e9tudiantes utilisent aussi d\u2019autres strat\u00e9gies, qui n\u2019\u00e9taient pas pr\u00e9sentes dans le texte de Moln\u00e1r. Parmi ces strat\u00e9gies, le d\u00e9placement de l\u2019apostrophe qui perturbe la lecture (\u00ab\u00a0kom\u2019emm\u00e9\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0kon\u2019atipa\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0mam\u2019m\u00e8\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0st\u2019akosa\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0mall\u2019altrogiorno\u00a0\u00bb), mais aussi au moins une strat\u00e9gie qui semble inspir\u00e9e par les caract\u00e9ristiques de la langue italienne, \u00e0 savoir\u00a0le redoublement des consonnes, typique de certaines formes r\u00e9gionales de l\u2019italien (\u00ab\u00a0rasikurazzioni\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0aunaddonna\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0\u00e8 vvenuto\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0ci\u00f2ll\u2019ansia\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0emisoddetta\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0vinobbuono\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0formaggiobbuono\u00a0\u00bb), ainsi que des formes d\u00e9riv\u00e9es des dialectes italiens r\u00e9gionaux (\u00ab\u00a0abballare\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0datutteeparti\u00a0\u00bb). Leur traduction ajoute ainsi des strat\u00e9gies qui n\u2019avaient pas \u00e9t\u00e9 utilis\u00e9es ni par Moln\u00e1r ni dans la premi\u00e8re traduction que j\u2019avais propos\u00e9e pour l\u2019exposition de 2022.<\/p>\n<p>Une fois le processus de traduction achev\u00e9, tous les documents produits par les \u00e9tudiantes (les traductions individuelles, les traductions de groupe annot\u00e9es et la version collective de la traduction par l\u2019ensemble de la classe) ont \u00e9t\u00e9 envoy\u00e9s \u00e0 Becheanu, qui a imprim\u00e9 la traduction collaborative et certaines des traductions individuelles sous forme de lettres adh\u00e9sives, et a fait de ces traductions un \u00e9l\u00e9ment central de son installation dans l\u2019exposition <em>Traduire en archipel(s) \/ Tradurre in arcipelaghi<\/em>, \u00e0 travers des formes g\u00e9om\u00e9triques pointant vers les \u0153uvres d\u2019art et en dehors de celles-ci. Les traductions des \u00e9tudiantes sont ainsi devenues partie int\u00e9grante de l\u2019exposition et le processus de traduction a trouv\u00e9 sa place sur les murs de la galerie.<\/p>\n<p><strong> <img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter wp-image-11277 size-full\" src=\"https:\/\/www.dorif.it\/reperes\/wp-content\/uploads\/2024\/04\/sofo-immagine-2.jpg\" alt=\"\" width=\"718\" height=\"542\" srcset=\"https:\/\/www.dorif.it\/reperes\/wp-content\/uploads\/2024\/04\/sofo-immagine-2-200x151.jpg 200w, https:\/\/www.dorif.it\/reperes\/wp-content\/uploads\/2024\/04\/sofo-immagine-2-300x226.jpg 300w, https:\/\/www.dorif.it\/reperes\/wp-content\/uploads\/2024\/04\/sofo-immagine-2-400x302.jpg 400w, https:\/\/www.dorif.it\/reperes\/wp-content\/uploads\/2024\/04\/sofo-immagine-2-600x453.jpg 600w, https:\/\/www.dorif.it\/reperes\/wp-content\/uploads\/2024\/04\/sofo-immagine-2.jpg 718w\" sizes=\"(max-width: 718px) 100vw, 718px\" \/><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong>[Image 2 \u2013 Les traductions de <\/strong><strong><em>Kantaje<\/em><\/strong><strong> par les \u00e9tudiantes expos\u00e9es dans <\/strong><strong><em>Traduire en archipel(s)<\/em><\/strong><strong>, 2023]<\/strong><\/p>\n<p>La collaboration entre les \u00e9tudiantes et Becheanu a fait l\u2019objet d\u2019une deuxi\u00e8me phase, le matin du 6 avril. Pendant les heures de cours, les \u00e9tudiantes ont \u00e9t\u00e9 invit\u00e9es \u00e0 la galerie CREA Cantieri del Contemporaneo pour visiter l\u2019exposition (et leurs traductions expos\u00e9es), quelques heures avant le vernissage, et pour participer \u00e0 un atelier de cr\u00e9ation po\u00e9tique multilingue avec Becheanu, en rapport avec l\u2019exposition.<\/p>\n<p>Dans le cadre de notre cours consacr\u00e9 \u00e0 la traduction des textes \u00e9crits en fran\u00e7ais non standard, parmi lesquels de nombreux textes francophones, nous avions notamment abord\u00e9 les deux enjeux th\u00e9oriques suivants\u00a0: les difficult\u00e9s rencontr\u00e9es dans la traduction de textes multilingues ou hybrides, accueillant plusieurs langues \u00e0 la fois ou certains termes provenant d\u2019autres langues, et la n\u00e9cessit\u00e9 d\u2019une certaine comp\u00e9tence cr\u00e9ative pour offrir une traduction convaincante d\u2019extraits litt\u00e9raires contraignant les traducteurs ou les traductrices \u00e0 devenir eux-m\u00eames cr\u00e9ateurs et cr\u00e9atrices pour pouvoir rendre au mieux le texte de d\u00e9part.<\/p>\n<p>Becheanu a donc invit\u00e9 les \u00e9tudiantes \u00e0 une exp\u00e9rience d\u2019\u00e9criture collaborative d\u2019un texte po\u00e9tique en utilisant plusieurs langues en m\u00eame temps et en \u00e9crivant un seul mot \u00e0 tour de r\u00f4le, jusqu\u2019\u00e0 obtenir un texte satisfaisant. Cet atelier a ainsi donn\u00e9 lieu \u00e0 la cr\u00e9ation de plusieurs po\u00e8mes multilingues \u00e9crits par les \u00e9tudiantes, qui ont ensuite \u00e9t\u00e9 transform\u00e9s en petites installations dans l\u2019espace de l\u2019exposition et dans l\u2019espace ext\u00e9rieur de la galerie CREA Cantieri del contemporaneo, en utilisant les lettres que Becheanu avait d\u00e9coup\u00e9es dans le plexiglas pour cr\u00e9er ses propres \u0153uvres.<\/p>\n<p>Les \u00e9tudiantes ont ainsi particip\u00e9 activement \u00e0 la cr\u00e9ation de nouvelles \u0153uvres \u00e0 la fois po\u00e9tiques et artistiques, assumant une fois de plus le r\u00f4le de cr\u00e9atrices dans l\u2019exposition et exp\u00e9rimentant de fa\u00e7on concr\u00e8te \u00e0 la fois une pratique de cr\u00e9ation po\u00e9tique multilingue et une pratique de cr\u00e9ation artistique.<\/p>\n<p><strong> <img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter wp-image-11278 size-full\" src=\"https:\/\/www.dorif.it\/reperes\/wp-content\/uploads\/2024\/04\/sofo-immagini-3-e-4.jpg\" alt=\"\" width=\"674\" height=\"551\" srcset=\"https:\/\/www.dorif.it\/reperes\/wp-content\/uploads\/2024\/04\/sofo-immagini-3-e-4-200x164.jpg 200w, https:\/\/www.dorif.it\/reperes\/wp-content\/uploads\/2024\/04\/sofo-immagini-3-e-4-300x245.jpg 300w, https:\/\/www.dorif.it\/reperes\/wp-content\/uploads\/2024\/04\/sofo-immagini-3-e-4-400x327.jpg 400w, https:\/\/www.dorif.it\/reperes\/wp-content\/uploads\/2024\/04\/sofo-immagini-3-e-4-600x491.jpg 600w, https:\/\/www.dorif.it\/reperes\/wp-content\/uploads\/2024\/04\/sofo-immagini-3-e-4.jpg 674w\" sizes=\"(max-width: 674px) 100vw, 674px\" \/><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong>[Images 3 et 4\u00a0: L\u2019atelier de cr\u00e9ation po\u00e9tique multilingue de Stefania Becheanu, 6 avril 2023]<\/strong><\/p>\n<h3 id=\"conclusion\">Conclusion<\/h3>\n<p>En conclusion, le projet de collaboration entre Stefania Becheanu et moi-m\u00eame, ou mieux encore, entre Becheanu, les \u00e9tudiantes du cours \u00ab\u00a0\u00c9l\u00e9ments de traduction litt\u00e9raire\u00a0\u00bb et moi-m\u00eame, nous a permis d\u2019exp\u00e9rimenter des pratiques de recherche-cr\u00e9ation autour de la langue fran\u00e7aise et de la traduction, produisant en m\u00eame temps des traductions des textes de Moln\u00e1r et des \u0153uvres d\u2019art expos\u00e9es dans deux galeries v\u00e9nitiennes entre 2022 et 2023, et donnant lieu \u00e0 d\u2019autres projets artistiques \u00e0 d\u00e9velopper dans le futur.<\/p>\n<p>\u00c0 propos de son \u0153uvre <em>Kantaje<\/em>, Becheanu a dit\u00a0:<\/p>\n<blockquote><p>Je crois que cette cr\u00e9ation est \u00e0 la fois un portrait de Katalin Moln\u00e1r vue par moi (le d\u00e9part de projet), un autoportrait de moi-m\u00eame, mais aussi un miroir de chaque visiteur et auditeur qui voit et interagit avec ces textes et qui parle au minimum deux langues ou qui vit dans un pays o\u00f9 l\u2019on ne parle pas leur langue maternelle. (BECHEANU in SOFO 2024a : <em>infra<\/em>)<\/p><\/blockquote>\n<p>L\u2019exp\u00e9rience du prolongement v\u00e9nitien de son \u0153uvre a ajout\u00e9 \u00e0 tous ces niveaux le miroir des repr\u00e9sentations offertes par les traductions italiennes et a permis en m\u00eame temps aux \u00e9tudiantes de se d\u00e9couvrir dans ce miroir, reflet de leur propre relation aux langues et au passage d\u2019une langue \u00e0 l\u2019autre \u00e0 travers la traduction.<\/p>\n<p>Cette rencontre entre traduction et art contemporain, entre le contexte acad\u00e9mique et le contexte artistique, nous a ainsi permis de faire sortir le discours sur la traduction des circuits purement acad\u00e9miques pour aller \u00e0 la rencontre d\u2019autres formes d\u2019expression et de transmission culturelles. En m\u00eame temps, cette approche a permis des r\u00e9sultats tr\u00e8s importants du point de vue p\u00e9dagogique, car les \u00e9tudiantes ont travaill\u00e9 leurs traductions en sachant qu\u2019il ne s\u2019agissait pas seulement d\u2019un devoir \u00e0 rendre, mais d\u2019une cr\u00e9ation \u00e0 part enti\u00e8re, qui allait \u00eatre expos\u00e9e et dans laquelle elles pouvaient exprimer leur cr\u00e9ativit\u00e9.<\/p>\n<p>Cette approche de la th\u00e9orie et de la pratique de la traduction, mais aussi de l\u2019enseignement de la traduction, caract\u00e9ris\u00e9e par la rencontre avec l\u2019art contemporain, permet d\u2019exposer les \u00e9tudiantes \u00e0 une application de la traduction \u00e0 des contextes diff\u00e9rents des contextes habituels, ainsi qu\u2019\u00e0 une utilisation plus \u00ab\u00a0indisciplin\u00e9e\u00a0\u00bb de la traduction stimulant leur cr\u00e9ativit\u00e9. Cela permet d\u2019offrir une exp\u00e9rience beaucoup plus complexe et riche de la traduction, \u00e0 travers des exp\u00e9riences ludiques, ce qui encourage les \u00e9tudiantes \u00e0 d\u00e9passer les limites habituelles de la classe et du plan d\u2019\u00e9tudes pour s\u2019engager dans la cr\u00e9ation de quelque chose de nouveau, par le biais de la traduction. Tout cela, me semble-t-il, ne peut avoir que des cons\u00e9quences positives pour leur apprentissage de la traduction, pour la formation de leur esprit critique et pour le d\u00e9veloppement de leurs capacit\u00e9s cr\u00e9atives, au-del\u00e0 de la traduction.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h3 id=\"bibliographie\">Bibliographie<\/h3>\n<p>CAMPBELL, Madeleine, VIDAL, Ricarda, (dir.), <em>The Experience of Translation: Materiality and Play in Experiential Translation<\/em>, Londres-New York, Routledge, 2024.<\/p>\n<p>COLLOMBAT, Isabelle, \u00ab\u00a0Prol\u00e9gom\u00e8nes \u00e0 une approche exp\u00e9rientielle de la traduction\u00a0\u00bb, <em>\u00c0 tradire<\/em>, n. 1, <em>Didactique de la traduction pragmatique et de la communication technique<\/em>, 2022, en ligne\u00a0: <a href=\"https:\/\/atradire.pergola-publications.fr\/index.php?id=98\">https:\/\/atradire.pergola-publications.fr\/index.php?id=98<\/a> (consult\u00e9 le 31 mars 2024).<\/p>\n<p>CONNELLY, Heather, <em>Speaking through the Voice of Another: A Transdisciplinary Enquiry that Uses Art Practice to Examine Linguistic Translation as a Performative and Dialogic Event<\/em>, th\u00e8se de doctorat, Loughborough University, 2015.<\/p>\n<p>C\u00d4T\u00c9, Richard L., <em>Apprendre : formation exp\u00e9rientielle strat\u00e9gique<\/em>, Qu\u00e9bec, Presses de l\u2019Universit\u00e9 du Qu\u00e9bec, 2003.<\/p>\n<p>MOLNAR, Katalin, <em>Quant \u00e0 je (kantaje)<\/em>, P.O.L., Paris, 1996.<\/p>\n<p>MURPHY, Amanda, \u00ab\u00a0Po\u00e9tiques h\u00e9t\u00e9rolingues\u00a0: le queering des Langues? L\u2019exemple de Katalin Moln\u00e1r\u00a0\u00bb, <em>de genere: Rivista di Studi Letterari, Postcoloniali e di Genere<\/em>, n. 5., 2019, p. 73-87, en ligne\u00a0: <a href=\"https:\/\/www.degenere-journal.it\/index.php\/degenere\/article\/view\/112\">https:\/\/www.degenere-journal.it\/index.php\/degenere\/article\/view\/112<\/a> (consult\u00e9 le 31 mars 2024).<\/p>\n<p>RAJCIC, Dragica, \u00ab\u00a0Sogno di Felicitt\u00e0\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0Litigata delle fragole\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0Come faccio a scostare Igor\u00a0\u00bb, <em>Premio svizzero di letteratura 2021<\/em>, traduction de Giuseppe SOFO, Bundesamt f\u00fcr Kultur, 2021, p. 91-97.<\/p>\n<p>RAJCIC, Dragica, <em>Post Bellum<\/em>, traduction de Giuseppe SOFO et Anna RUCHAT, in RUCHAT, Anna, LEPORI, Pierre (dir.), <em>Disaccordati accordi<\/em>, Livourne, Valigie Rosse, 2015, p. 55-85.<\/p>\n<p>RAJCIC, Dragica, \u00ab\u00a0La gverra \u00e8 finita\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0Una casa, in nessun luogo\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0Parlano d\u2019integrazijone\u00a0\u00bb, <em>Scrittori italiani<\/em>, 2015, p. 28-29.<\/p>\n<p>SOFO, Giuseppe, \u00ab\u00a0Nota alle traduzioni di Dragica Raj\u010di\u0107\u00a0\u00bb, <em>Scrittori italiani<\/em>, 2015, p. 28.<\/p>\n<p>SOFO, Giuseppe, HAMON, Yannick, \u00ab\u00a0La Traduction collaborative \u00e0 l\u2019\u00e8re num\u00e9rique\u00a0: pratiques collaboratives et num\u00e9riques de r\u00e9vision en traduction\u00a0\u00bb, in LAURENTI, Francesco (dir.), <em>La traduzione collaborativa: tra didattica e mercato globale delle lingue<\/em>, Rome, Aracne, 2022, p. 49-80.<\/p>\n<p>SOFO, Giuseppe, \u00ab\u00a0La Puissance du pluri-langue\u00a0: un entretien avec Stefania Becheanu\u00a0\u00bb, mars 2024a, <em>infra.<\/em><\/p>\n<p>SOFO, Giuseppe, \u00ab\u00a0<em>Traduire en archipel(s)<\/em>: Translating the City and Performing Translation in the Digital Era\u00a0\u00bb in CAMPBELL, Madeleine, VIDAL, Ricarda (dir.), <em>The Translation of Experience: Cultural Artefacts in Experiential Translation<\/em>, Londres-New York, Routledge, 2024b.<\/p>\n<p>SUCHET, Myriam, <em>Traduire du fran\u00e7ais aux fran\u00e7ais<\/em>, Institut Universitaire de France, Projet de recherche 2019-2024.<\/p>\n<p>SUCHET, Myriam, <em>Traduire du fran\u00e7ais aux fran\u00e7ais\u00a0: Livret d\u2019une recherche en cours<\/em>, Institut Universitaire de France, n. 6, mars 2023.<\/p>\n<p><em>\u00a0<\/em><\/p>\n<p><strong>Expositions<\/strong><\/p>\n<p>BECHEANU, Stefania, <em>Kantaje : De la \u00ab langue \u00bb aux oreilles<\/em>, Istituto Romeno di Ricerca e Cultura Umanistica, Venise, 9-18 novembre 2022.<\/p>\n<p>BECHEANU, Stefania, SOFO, Giuseppe, <em>Traduire en archipel(s) \/ Tradurre in arcipelaghi<\/em>, curatrice COVRE Elisamaria, CREA Cantieri del Contemporaneo, Venise, 6-23 avril 2023.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<hr \/>\n<p><a href=\"#_ftnref1\" name=\"_ftn1\">[1]<\/a> La plupart des \u00e9tudiantes avaient d\u00e9j\u00e0 suivi deux cours de traduction avec moi, en deuxi\u00e8me ann\u00e9e de licence et en premi\u00e8re ann\u00e9e de master. Je parle d\u2019\u00e9tudiantes au f\u00e9minin parce qu\u2019il n\u2019y avait pas d\u2019\u00e9tudiants.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<hr \/>\n<p>Per citare questo articolo:<\/p>\n<p>Giuseppe SOFO, \u00ab De la langue aux oreilles aux langues :\u00a0<em>Kantaje<\/em>, une rencontre entre art contemporain et didactique de la traduction\u00a0\u00bb, <em>Rep\u00e8res DoRiF,<\/em> n. 29\u00a0\u2013 <em>Discours autour de la pand\u00e9mie\u00a0: configurations interdiscursives et diatopiques d\u2019un fait de crise en \u00e9volution<\/em>, DoRiF Universit\u00e0, Roma, aprile 2024, https:\/\/www.dorif.it\/reperes\/giuseppe-sofo-de-la-langue-aux-oreilles-aux-langues-kantaje-une-rencontre-entre-art-contemporain-et-didactique-de-la-traduction\/<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">ISSN 2281-3020<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-8924 aligncenter\" src=\"https:\/\/www.dorif.it\/reperes\/wp-content\/uploads\/2022\/04\/logo-pubblicazione.png\" alt=\"\" width=\"111\" height=\"49\" \/><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">Quest\u2019opera \u00e8 distribuita con Licenza\u00a0<a href=\"http:\/\/creativecommons.org\/licenses\/by-nc-nd\/3.0\/it\/\">Creative Commons Attribuzione \u2013 Non commerciale \u2013 Non opere derivate 3.0 Italia<\/a>.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p> <a href=\"https:\/\/www.dorif.it\/reperes\/giuseppe-sofo-de-la-langue-aux-oreilles-aux-langues-kantaje-une-rencontre-entre-art-contemporain-et-didactique-de-la-traduction\/\"> Continue de lire&#8230;<\/a><\/p>\n","protected":false},"author":8,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"_bbp_topic_count":0,"_bbp_reply_count":0,"_bbp_total_topic_count":0,"_bbp_total_reply_count":0,"_bbp_voice_count":0,"_bbp_anonymous_reply_count":0,"_bbp_topic_count_hidden":0,"_bbp_reply_count_hidden":0,"_bbp_forum_subforum_count":0,"footnotes":""},"categories":[408],"tags":[],"class_list":["post-11270","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-et-tout-le-reste-est-litterature-29"],"acf":[],"yoast_head":"<!-- This site is optimized with the Yoast SEO plugin v27.5 - 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