{"id":12869,"date":"2025-12-20T19:21:03","date_gmt":"2025-12-20T18:21:03","guid":{"rendered":"https:\/\/www.dorif.it\/reperes\/?p=12869"},"modified":"2025-12-28T00:35:22","modified_gmt":"2025-12-27T23:35:22","slug":"laura-santone-entre-surrealisme-et-ethnologie-michel-leiris-et-laventure-des-mots","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.dorif.it\/reperes\/laura-santone-entre-surrealisme-et-ethnologie-michel-leiris-et-laventure-des-mots\/","title":{"rendered":"Laura SANTONE,  Entre surr\u00e9alisme et ethnologie: Michel Leiris et l\u2019aventure des mots"},"content":{"rendered":"<h3 id=\"laura-santone\" style=\"text-align: center; padding-left: 80px;\">Laura SANTONE<\/h3>\n<p><em>\u00a0<\/em><\/p>\n<h2 id=\"entre-surr\u00e9alisme-et-ethnolog\" style=\"text-align: center;\"><strong>Entre surr\u00e9alisme et ethnologie: Michel Leiris et l\u2019aventure des mots<\/strong><\/h2>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Laura Santone<br \/>\n<\/strong>Universit\u00e0 Roma Tre<br \/>\nlaura.santone@uniroma3.it<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"text-align: right;\"><em>\u201c Onomatop\u00e9es, \u00f4 nos mots tap\u00e9s,<br \/>\n<\/em><em>\u00a0\u00f4 nos mots frapp\u00e9s \u00e0 tour de bras \u00d4 !<br \/>\n<\/em><em>Nos mots topez-la ! \u00d4 nos mots tapez-la ! \u201d<br \/>\n<\/em>(Giovanna,<em> Po\u00e8mes et aphorismes)<\/em><a href=\"#_ftn1\" name=\"_ftnref1\">[1]<\/a><\/p>\n<hr \/>\n<p><strong>Abstract<br \/>\n<\/strong>Granting the letter and the phoneme the revolutionary power of unlocking language in order to restore to words their true \u00a0meaning, Michel Leiris published his first collection of poems, <em>Simulacre<\/em>, in 1925 with the Galerie Simon publishing house. This was followed the same year by the first series of 75 puns in his <em>Glossaire j&#8217;y serre mes gloses<\/em>, published in n. 3 of the \u00a0\u00ab\u00a0R\u00e9volution surr\u00e9aliste\u00a0\u00bb, while the other two series of 61 and 67 entries were published in numbers 4 (July 1925) and 6 (March 1926). The poet-lexicographer, like an ethnologist, carried out genuine fieldwork, reordering the field of words by listening to them and revealing an \u201celsewhere\u201d of new combinations, capable of capturing the \u00ab soul \u00bb of words, their deepest meaning.<\/p>\n<p><strong>R\u00e9sum\u00e9<br \/>\n<\/strong>Accordant \u00e0 la lettre et au phon\u00e8me le pouvoir r\u00e9volutionnaire de d\u00e9verrouiller le langage afin de restituer aux mots leur sens \u00ab\u00a0v\u00e9ritable\u00a0\u00bb, Michel Leiris publie en 1925 aux \u00e9ditions de la Galerie Simon un premier recueil de po\u00e8mes, <em>Simulacre<\/em>, auquel fera suite, la m\u00eame ann\u00e9e, la premi\u00e8re s\u00e9rie de 75 jeux de mots de son <em>Glossaire j\u2019y serre mes gloses<\/em>, parue dans le n. 3 de la \u00ab\u00a0R\u00e9volution surr\u00e9aliste\u00a0\u00bb, alors que dans les num\u00e9ros 4 (juillet 1925) et 6 (mars 1926) seront publi\u00e9es les deux autres s\u00e9ries de 61 et 67 entr\u00e9es. Le po\u00e8te-lexicographe, \u00e0 la fa\u00e7on d\u2019un ethnologue, fait un v\u00e9ritable travail de terrain, il r\u00e9ordonne le champ\u00a0des mots en se mettant \u00e0 leur \u00e9coute et en r\u00e9v\u00e9lant un \u201cailleurs\u201d de combinaisons nouvelles, aptes \u00e0 <em>serrer<\/em>\u00a0\u00ab\u00a0l\u2019\u00e2me\u00a0\u00bb des mots, leur signification la plus profonde.<\/p>\n<hr \/>\n<h3 id=\"introduction\">Introduction<\/h3>\n<p>En nous inspirant de la notion bourdieusienne de \u00ab\u00a0champ\u00a0\u00bb (BOURDIEU 1966, 1982, 1991) entendu comme espace d\u2019un \u00ab\u00a0jeu social\u00a0\u00bb qui permet de penser les relations entre les diff\u00e9rents acteurs ou les diff\u00e9rents groupes sociaux, nous nous proposons de revenir sur le Surr\u00e9alisme \u00e0 partir de Michel Leiris, plus pr\u00e9cis\u00e9ment dans la perspective de la pratique du jeu de mots et des enjeux sociopo\u00e9tiques engag\u00e9s. Pour ce faire, nous allons reconsid\u00e9rer tout d\u2019abord le mod\u00e8le bourdieusien d\u2019\u0153uvre pour v\u00e9rifier, ensuite, comment ce mod\u00e8le nous permettra d\u2019interroger la complexit\u00e9 des relations entre le po\u00e9tique et le social afin de mieux explorer les enjeux entre surr\u00e9alisme et ethnologie de la part des agents impliqu\u00e9s, dans notre cas de Michel Leiris.<\/p>\n<p>Pour Bourdieu la litt\u00e9rature constitue, notamment, un fait social, o\u00f9 agissent diff\u00e9rents types de relation \u2013 de lutte, de domination, de concurrence, de solidarit\u00e9 \u2013 entre intellectuels, entre \u00e9crivains, entre institutions. Dans ce champ l\u2019\u0153uvre, voire le texte, n\u2019est pas un en-soi, un objet clos comme le voulait le paradigme structuraliste, mais un dispositif de communication qui met en rapport l\u2019acte individuel de l\u2019auteur \u2013 la subjectivit\u00e9 de ses strat\u00e9gies de cr\u00e9ation \u2013 et le terrain de jeu des conditions sociales de production. Or, nous savons que le Surr\u00e9alisme revendique l\u2019autonomie du litt\u00e9raire \u2013 vs la litt\u00e9rature \u2013\u00a0 en tant que champ de pouvoir et demande au langage m\u00eame la transformation du monde. C\u2019est dans cette zone \u201ch\u00e9r\u00e9tique\u201d d\u2019exploration des pouvoirs r\u00e9v\u00e9lateurs du langage que se situe Leiris, et nous verrons comment chez lui la logique du champ, c\u2019est-\u00e0-dire sa prise de position contre les \u00ab\u00a0st\u00e9r\u00e9otypes rassurants\u00a0\u00bb (LEIRIS\u00a01944\u00a0: 149) de l\u2019homme ali\u00e9n\u00e9, \u00ab\u00a0se manifeste aussi dans la facture m\u00eame de l\u2019\u0153uvre\u00a0\u00bb (VIALA\u00a0: 1993\u00a0: 196), dans la libert\u00e9 qu\u2019il donne aux mots de s\u2019assembler librement, par des combinaisons in\u00e9dites, dans un glossaire o\u00f9 les formes lexicographiques \u201cglosent\u201d le vocabulaire \u2013 et les ressources du langage \u2013\u00a0 par le jeu des associations verbales.<\/p>\n<h3 id=\"-glossaire-j\u2019y-serre-mes-glo\">1.<em> Glossaire j\u2019y serre mes gloses<\/em><\/h3>\n<p>Michel Leiris fait partie de la g\u00e9n\u00e9ration des intellectuels qui avaient v\u00e9cu les affres de la Premi\u00e8re Guerre Mondiale. G\u00e9n\u00e9ration, comme l\u2019\u00e9crira Andr\u00e9 Breton, \u00ab\u00a0qui esp\u00e9rait un monde meilleur qui ne venait pas\u00a0\u00bb<a href=\"#_ftn2\" name=\"_ftnref2\">[2]<\/a>. C\u2019est par l\u2019entremise d\u2019Andr\u00e9 Masson, qu\u2019il rencontre en 1922, qu\u2019il conna\u00eet Breton en 1924 et entre dans le groupe surr\u00e9aliste, o\u00f9 il restera jusqu\u2019en 1929. Pour lui, le Surr\u00e9alisme repr\u00e9sentera le tremplin pour faire de l\u2019art po\u00e9tique un art de vivre, et inversement. Mais, plus particuli\u00e8rement, le Surr\u00e9alisme, \u00e0 la recherche de nouveaux paradigmes esth\u00e9tiques, \u00e9veillera son int\u00e9r\u00eat pour l\u2019art et la culture d\u2019autres civilisations \u2013 notamment l\u2019art africain \u2013 \u00e0 travers la rencontre du mouvement avec l\u2019ethnographie, qui tentait d\u2019affirmer son statut de science. La publication en 1922 de l\u2019\u00e9tude de Lucien L\u00e9vy-Bruhl, <em>La mentalit\u00e9 primitive<\/em>, avait en effet suscit\u00e9 de vifs d\u00e9bats parmi les surr\u00e9alistes et avait contribu\u00e9 au go\u00fbt prononc\u00e9 pour les collections d\u2019objets d\u2019arts des cultures exotiques. Les travaux de Freud, en parall\u00e8le, portaient un regard neuf sur les structures \u00e9l\u00e9mentaires des processus mentaux et r\u00e9v\u00e9laient que le primitif est \u00e0 rechercher dans l\u2019inconscient, dans le fonds psychique \u2013 et onirique \u2013 de l\u2019humanit\u00e9<a href=\"#_ftn3\" name=\"_ftnref3\">[3]<\/a>. On assiste ainsi \u00e0 la remise en cause des valeurs esth\u00e9tiques occidentales et \u00e0 une redistribution des cat\u00e9gories du beau et de l\u2019art. Comme le rappelle Claire Gall, \u00ab\u00a0toute la mythologie artistique de l\u2019\u00e9poque tournait autour du d\u00e9sir de r\u00e9orienter le destin de l\u2019homme\u00a0\u00bb (GALL 1976\u00a0: 76).<\/p>\n<p>Ce d\u00e9sir est aussi celui du jeune surr\u00e9aliste Michel Leiris, qui partage, avec Breton, la conception de la po\u00e9sie entendue comme une d\u00e9marche globale de connaissance, de pens\u00e9e, de comportement, qui restitue \u00e0 la parole toute sa force prodigieuse de productivit\u00e9. Sans jamais pratiquer l\u2019automatisme, il s\u2019agira, pour lui, \u00ab\u00a0de donner un sens plus pur aux mots de la tribu\u00a0\u00bb<a href=\"#_ftn4\" name=\"_ftnref4\">[4]<\/a>, \u00e0 savoir de se porter au-del\u00e0 de la transparence arbitraire entre signifiant et signifi\u00e9 pour exp\u00e9rimenter les possibilit\u00e9s in\u00e9dites de la parole et redessiner ainsi la physionomie des mots. Accordant \u00e0 la lettre et au phon\u00e8me le pouvoir r\u00e9volutionnaire de d\u00e9verrouiller le langage afin de restituer aux mots leur sens \u00ab\u00a0v\u00e9ritable\u00a0\u00bb, \u00e0 savoir \u00ab\u00a0la signification particuli\u00e8re, personnelle, que chacun se doit de lui assigner, selon le bon plaisir de son esprit\u00a0\u00bb (LEIRIS 2014\u00a0:10), Leiris publie en 1925 aux \u00e9ditions de la Galerie Simon un premier recueil de po\u00e8mes, <em>Simulacre<\/em>, issu de sa collaboration avec Masson, auquel fera suite, la m\u00eame ann\u00e9e, la premi\u00e8re s\u00e9rie de 75 jeux de mots de son <em>Glossaire j\u2019y serre mes gloses<\/em>, parue dans le n. 3 de la \u00ab\u00a0R\u00e9volution surr\u00e9aliste\u00a0\u00bb, alors que dans les num\u00e9ros 4 (juillet 1925) et 6 (mars 1926) seront publi\u00e9es les deux autres s\u00e9ries de 61 et 67 entr\u00e9es.<\/p>\n<p>1925 est aussi l\u2019ann\u00e9e o\u00f9 Marcel Mauss, Paul Rivet et Lucien L\u00e9vy-Bruhl fondent l\u2019Institut d\u2019ethnologie. En 1929 Paul Rivet et Georges-Henri Rivi\u00e8re seront charg\u00e9s de r\u00e9organiser le vieux mus\u00e9e d\u2019Ethnographie du Trocad\u00e9ro, et 10 ans plus tard, en 1938, sera \u00e9rig\u00e9 \u00e0 sa place le Mus\u00e9e de l\u2019Homme. C\u2019est dans ce contexte que l\u2019avant-garde surr\u00e9aliste rencontre les pr\u00e9occupations ethnologiques de l\u2019\u00e9poque en partageant en particulier \u2013 bien que le dynamiques soient diff\u00e9rentes \u2013 la n\u00e9cessit\u00e9 d\u2019une redistribution des cat\u00e9gories du beau et de l\u2019art,\u00a0 et c\u2019est dans ce contexte que Leiris d\u00e9couvre dans l\u2019ethnographie \u00ab\u00a0un temps qui se confond avec celui du mythe et de la po\u00e9sie\u00a0\u00bb (LEIRIS 1994\u00a0: 127). D\u2019o\u00f9 son regard sur le langage, l\u2019un des faits sociaux par excellence, ou mieux vaudrait dire sur \u00ab\u00a0la s\u00e9cheresse du dictionnaire\u00a0\u00bb (LEIRIS 1985\u00a0: 102), instrument au service d\u2019un usage utilitaire \u2013 d\u00e9motiv\u00e9 \u2013 des signes, o\u00f9 les mots n\u2019ont pas \u00ab\u00a0le poids des choses\u00a0\u00bb (<em>Ibid<\/em>.\u00a0: 103). Voici comment il expliquera en 1933, dans son <em>Journal<\/em>, l\u2019enjeu du <em>Glossaire<\/em>\u00a0:<\/p>\n<blockquote><p><em>Glossaire j\u2019y serre mes gloses<\/em> (exploiter la valeur d\u00e9tonante des mots, les diss\u00e9quant \u00e0 la mani\u00e8re chirurgicale\u00a0; quelques po\u00e8mes-figures\u2026) Suite de <em>Simulacre<\/em>\u00a0: il ne s\u2019agit plus d\u2019assembler les mots comme au hasard, pour voir ce qu\u2019ils engendrent, mais de scruter chaque mot \u00e0 part. (LEIRIS 1922\u00a0: 218)<\/p><\/blockquote>\n<h3 id=\"-la-qu\u00eate-des-mots\">2. La qu\u00eate des mots<\/h3>\n<p>Autrement dit, il s\u2019agit de faire un dictionnaire en jeux de mots, de l\u00e0 sa d\u00e9dicace \u00e0 Desnos, \u00ab\u00a0inventeur du jeu de mot lyrique\u00a0\u00bb (LEIRIS 2014\u00a0: 163). Un dictionnaire, encore, en guise de contre-dictionnaire, o\u00f9 les mots s\u2019animent et s\u2019assemblent selon des affinit\u00e9s secr\u00e8tes, magiques \u2013 po\u00e9tiques. Et o\u00f9 le po\u00e8te-lexicographe, \u00e0 la fa\u00e7on d\u2019un ethnologue, fait un v\u00e9ritable travail de terrain, il r\u00e9ordonne le champ\u00a0des mots\u00a0 en se mettant \u00e0 leur \u00e9coute et en r\u00e9v\u00e9lant un \u201cailleurs\u201d de combinaisons nouvelles. Mais l\u00e0 o\u00f9 le chercheur sur le champ essaye, comme le remarque Clifford, de \u00ab\u00a0rendre compr\u00e9hensible l\u2019insolite\u00a0\u00bb (CLIFFORD\u00a0: 1981\u00a0: 542\u00a0; c\u2019est nous qui traduisons), le surr\u00e9alisme joue entre les deux p\u00f4les du familier et de l\u2019\u00e9trange, et Leiris op\u00e8re exactement en ce sens, mais dans la direction oppos\u00e9e, c\u2019est-\u00e0-dire \u00ab\u00a0en essayant de rendre \u00e9trange le familier\u00a0\u00bb (<em>Ibid<\/em>.). On pourrait affirmer, avec Kleiber, que pour Leiris \u00ab\u00a0le dictionnaire est le mus\u00e9e des mots\u00a0\u00bb, et qu\u2019il \u00ab\u00a0compte bien br\u00fbler ce Louvre de la langue\u00a0\u00bb (KLEIBER 1999\u00a0: 24).<\/p>\n<p>Objet de la qu\u00eate sont donc les mots, plus pr\u00e9cis\u00e9ment \u00ab l\u2019\u00e2me\u00a0\u00bb des mots, \u00e0 savoir \u00ab\u00a0une esp\u00e8ce de justification de [leur] structure phon\u00e9tique\u00a0\u00bb (LEIRIS 1992\u00a0: 335) d\u00e9voil\u00e9e en se mettant \u00e0 leur \u00e9coute et en les d\u00e9composant dans leurs ramifications secr\u00e8tes pour les reconstituer \u00ab\u00a0en des calembours po\u00e9tiques\u00a0\u00bb, aptes \u00e0 \u00ab\u00a0expliciter leur signification la plus profonde\u00a0\u00bb (LEIRIS 2001\u00a0: 191). Quelques exemples\u00a0:<\/p>\n<p><strong>anagramme<\/strong>\u00a0\u2013 ar\u00e8ne, gamme, rame\u00a0; mare de marges et de ramages<\/p>\n<p><strong>annihil\u00e9<\/strong> \u2013 annul\u00e9, par le n\u00e9ant inhal\u00e9<\/p>\n<p><strong>braguette<\/strong> magique<\/p>\n<p><strong>bricolage<\/strong> \u2013 de bric et de broc, agile collage<\/p>\n<p><strong>calligramme<\/strong> \u2013 cage et gril des mots en flamme<\/p>\n<p><strong>COGITO<\/strong> \u2013 qu\u2019au g\u00eete t\u00f4t EscaRGOt SUM\u00a0!<\/p>\n<p><strong>emmerdant<\/strong> \u2013 le mal de mer et le mal des dents.<\/p>\n<p><strong>femme<\/strong> \u2013 flamme sans aile\u00a0?<\/p>\n<p><strong>mammif\u00e8re<\/strong> \u2013 ma m\u00e8re l\u2019\u00e9tait, il faut m\u2019y faire\u2026<\/p>\n<p><strong>pens\u00e9e<\/strong> \u2013 s\u2019\u00e9pand sans cesse, ou bien s\u2019emp\u00e8se<\/p>\n<p><strong>penseur<\/strong> \u2013 sans peur<\/p>\n<p>Ces quelques exemples montrent bien que c\u2019est la question de l\u2019arbitraire du signe linguistique, et de sa remotivation, \u00a0qui s\u2019impose. Le signe n\u2019adh\u00e8re plus \u00e0 la valeur d\u2019usage de son signifi\u00e9, mais r\u00e9v\u00e8le, \u00e0 travers un jeu de cache-cache, une signification propre, autonome, qui \u00ab\u00a0d\u00e9mantibule\u00a0\u00bb \u2013 \u00a0verbe qui revient souvent sous la plume de Leiris \u2013 les mots au-del\u00e0 de \u00ab\u00a0la trop lin\u00e9aire continuit\u00e9\u00a0\u00bb pour qu\u2019ils puissent rendre plus sensible le sens, pour qu\u2019il puissent \u00ab\u00a0d\u00e9gager leur ar\u00f4me\u00a0\u00bb et d\u00e9celer \u00ab\u00a0leur radiance\u00a0\u00bb (LEIRIS 1985\u00a0: 104). Dans son <em>Journal<\/em> Leiris parle d\u2019une \u00ab\u00a0difficult\u00e9 acrobatique d\u2019ex\u00e9cution\u00a0\u00bb car il s\u2019agit, comme le remarque encore Kleiber, \u00ab\u00a0de retenir les mots au seuil de leur envol et de les engager imm\u00e9diatement dans l\u2019orni\u00e8re d\u2019une fiction linguistique quasiment autiste o\u00f9 ils seront mis en demeure de recueillir la mati\u00e8re du discours lyrique (\u00ab\u00a0j\u2019y serre <em>mes<\/em> gloses)\u00a0\u00bb (KLEIBER 1999\u00a0: 12). Cette fa\u00e7on de restituer aux mots leur pouvoir \u2013 po\u00e9tique \u2013 d\u2019\u00e9vocation et de gloser le vocabulaire passe par la volont\u00e9 d\u2019assimiler les pouvoirs du langage \u00e0 la magie : c\u2019est une sorte d\u2019alchimie du verbe que Leiris pratique, \u00ab\u00a0une alchimie r\u00e9elle capable de tout transmuer\u00a0\u00bb (LEIRIS 1985\u00a0: 104), qui repose en particulier sur les m\u00e9canismes d\u2019engendrement de l\u2019analogie, qui permet de p\u00e9n\u00e9trer les formes cach\u00e9es, invisibles, dont les signes sont d\u00e9positaires.\u00a0 Aux courants analogiques que Leiris \u00ab\u00a0serre\u00a0\u00bb dans les gloses de son <em>Glossaire<\/em> est assign\u00e9 un r\u00f4le r\u00e9v\u00e9lateur, ou mieux, le r\u00f4le de d\u00e9couvrir l\u2019enchantement d\u2019un \u00ab\u00a0sens dernier\u00a0\u00bb, un sens r\u00e9activant les contacts primordiaux, et retrouvant dans le langage une sorte d\u2019oracle. L\u00e9vi-Bruhl, de son c\u00f4t\u00e9, avait parl\u00e9 de \u00ab\u00a0magie primitive\u00a0\u00bb, c\u2019est-\u00e0-dire une force pr\u00e9-logique, \u00ab fluide\u00a0\u00bb entre l\u2019\u00e9tat de r\u00eave et la r\u00e9alit\u00e9, entre le (sur)naturel et le spirituel, entre le sacr\u00e9 et le profane, qui pr\u00e9sidait \u00e0 ce que l\u2019ethnologue appelait les \u00ab\u00a0lois de participation\u00a0\u00bb de la mentalit\u00e9 primitive avec les forces mystiques, surnaturelles, de l\u2019univers. Or, \u00e0 bien y regarder, nous ne trouvons pas hasardeux d\u2019affirmer que c\u2019est exactement ce m\u00eame principe de participation qui organise et \u201cfait signe\u201d aux gloses de Leiris. Il s\u2019agit, en fait, moins de repr\u00e9senter un objet de sens que de lib\u00e9rer un \u00e9tat \u00e9motionnel des mots \u2013 \u00ab\u00a0ce que les mots me disent\u00a0\u00bb, pr\u00e9cisera plus tard Leiris dans le sous-titre de <em>Langage Tangage<\/em> \u2013, de \u00ab\u00a0s\u2019aventurer jusqu\u2019\u00e0 se perdre dans un jeu de miroirs qui se renvoient les uns aux autres en d\u2019innombrables r\u00e9verb\u00e9rations\u00a0\u00bb (<em>Ibid<\/em>.\u00a0: 112), \u00ab\u00a0ces brefs \u00e9clats du miroir perdu\u00a0\u00bb \u2013 \u00a0comme l\u2019\u00e9crira Breton dans sa pr\u00e9face \u00e0 <em>Signe<\/em> <em>ascendant <\/em>\u2013 \u00a0\u00a0o\u00f9 brille la radiance de \u00ab\u00a0la mythique authenticit\u00e9 du langage originel\u00a0\u00bb (<em>Ibid<\/em>.\u00a0: 120). Authenticit\u00e9 d\u2019une puret\u00e9 native, primitive, que le <em>Glossaire<\/em> catalyse par des contaminations analogiques qui permettent aux mots glos\u00e9s \u00a0d\u2019\u00e9tablir un r\u00e9seau de relations \u2013 un r\u00e9seau de \u00ab\u00a0participations\u00a0\u00bb\u00a0 \u2013\u00a0 d\u00e9mantibulant l\u2019arbitraire des signes et c\u00e9dant la place \u00e0 un nouveau syst\u00e8me de corr\u00e9lations cens\u00e9 explorer magiquement \u2013 ou mythiquement, c\u2019est-\u00e0-dire po\u00e9tiquement \u2013 le langage. Comme l\u2019\u00e9crit Clifford \u00e0 propos de l\u2019int\u00e9r\u00eat que les soci\u00e9t\u00e9s \u00ab primitives\u00a0\u00bb suscitent chez les ethnographes entre les deux guerres, il s\u2019agit, pour Leiris, d\u2019aller \u00ab\u00a0au-dessous (psychologiquement) et au-del\u00e0 (g\u00e9ographiquement)\u00a0de la r\u00e9alit\u00e9 ordinaire\u00a0\u00bb et de montrer, tout comme le fait l\u2019ethnographe, \u00ab\u00a0[qu\u2019] il existait une autre r\u00e9alit\u00e9\u00a0\u00bb (CLIFFORD 1981\u00a0: 542\u00a0; c\u2019est nous qui traduisons). Bref, qu\u2019il existait un autre dictionnaire.<\/p>\n<h3 id=\"-le-dictionnaire-critique\">3. Le <em>Dictionnaire<\/em> <em>Critique<\/em><\/h3>\n<p><em>Dictionnaire<\/em> est aussi le titre d\u2019une rubrique \u00e0 laquelle Leiris collabore dans le cadre de la revue \u00ab\u00a0Documents\u00a0\u00bb (1929-31), apr\u00e8s sa rupture avec le groupe bretonien<a href=\"#_ftn5\" name=\"_ftnref5\">[5]<\/a>. Il s\u2019agit, plus pr\u00e9cis\u00e9ment, d\u2019un <em>Dictionnaire<\/em> <em>Critique<\/em>, inaugur\u00e9 sous l\u2019impulsion de Georges Bataille<a href=\"#_ftn6\" name=\"_ftnref6\">[6]<\/a> dans le deuxi\u00e8me num\u00e9ro de la revue. Le pivot de ce <em>Dictionnaire Critique<\/em> est exactement la notion de \u00ab\u00a0document\u00a0\u00bb, \u00e0 entendre au sens ethnographique, c\u2019est-\u00e0-dire comme t\u00e9moignage mat\u00e9riel \u00ab\u00a0o\u00f9 les choses sont cueillies sur le vif\u00a0\u00bb (LEIRIS 1938\u00a0: 344) et sont par cons\u00e9quent susceptibles d\u2019enrichir \u00ab\u00a0l\u2019\u00e9tude des races et des civilisations des langues\u00a0\u00bb (MAUBON 1987\u00a0: 55).<\/p>\n<p>Refusant tout ordre alphab\u00e9tique, ce dictionnaire est con\u00e7u comme un mus\u00e9e \u2013 Clifford d\u00e9finira significativement la revue \u00ab\u00a0un mus\u00e9e pour rire\u00a0\u00bb (CLIFFORD 1982\u00a0: 51) \u2013 \u00a0\u00e0 savoir, en reprenant la d\u00e9finition que Bataille lui-m\u00eame donne \u00e0 l\u2019entr\u00e9e \u00ab\u00a0mus\u00e9e\u00a0\u00bb, comme\u00a0 \u00ab\u00a0un contenant dont le contenu est form\u00e9 par les visiteurs \u00bb (BATAILLE 1930\u00a0: 300). Le <em>Dictionnaire Critique<\/em>, fid\u00e8le \u00e0 cette d\u00e9marche \u00e0 l\u2019allure m\u00e9tonymique, recueille, exhibe et re-classifie les signifiants de la vie collective selon le principe ethnographique du <em>collage, <\/em>qui fait de la culture une mosa\u00efque de tesselles que l\u2019on peut collecter, assembler, juxtaposer dans une nouvelle composition, jusqu\u2019\u00e0 toucher l\u2019insolite, le bizarre<a href=\"#_ftn7\" name=\"_ftnref7\">[7]<\/a>, l\u2019inqui\u00e9tant, ou encore, comme le dira Leiris lui-m\u00eame, \u00ab l\u2019irritant et l\u2019h\u00e9t\u00e9roclite \u00bb (LEIRIS 1966\u00a0: 261). Plusieurs ethnologues tels que Griaule, Schaeffner, Rivet et Rivi\u00e8re<a href=\"#_ftn8\" name=\"_ftnref8\">[8]<\/a> collaborent \u00e0 la revue et \u00e0 la r\u00e9daction des entr\u00e9es du <em>Dictionnaire<\/em> <em>Critique<\/em>, qui repose, essentiellement, non pas sur le sens, mais sur \u00ab\u00a0les besognes des mots\u00a0\u00bb<a href=\"#_ftn9\" name=\"_ftnref9\">[9]<\/a>, \u00e0 savoir, comme l\u2019expliquera plus tard Roland Barthes, sur les \u00ab\u00a0mots-valeurs\u00a0\u00bb, autrement dit \u00ab\u00a0des mots sensibles, des mots subtils, des mots amoureux, d\u00e9notant des s\u00e9ductions ou des r\u00e9pulsions\u00a0\u00bb (BARTHES 1984\u00a0: 281). Des mots, encore, oppos\u00e9s aux \u00ab\u00a0mots-savoir\u00a0\u00bb et \u00e0 la valeur d\u2019usage qui en d\u00e9termine la consommation sur le march\u00e9 du sens, alors que la notion de \u00ab\u00a0besogne\u00a0\u00bb introduit \u00ab\u00a0une rupture choquante avec les usages\u00a0\u00bb (LEIRIS 1966\u00a0: 264) en ramenant les mots \u00e0 une valeur \u00a0\u201chors d\u2019usage\u201d \u00ab\u00a0qui \u00a0\u2013 toujours Barthes \u2013 pr\u00e9c\u00e8de et pr\u00e9d\u00e9termine le savoir\u00a0\u00bb (BARTHES 1984\u00a0: 275). Le <em>Dictionnaire Critique<\/em> se configure ainsi comme le \u00ab\u00a0mus\u00e9e\u00a0\u00bb d\u2019un savoir insolite, \u00e9trange; mus\u00e9e \u00ab\u00a0o\u00f9 l\u2019homme se contemple enfin sous toutes ses faces\u00a0\u00bb<a href=\"#_ftn10\" name=\"_ftnref10\">[10]<\/a> et o\u00f9 les mots et leur impact visuel \u2013 n\u2019oublions pas que ce <em>Dictionnaire<\/em> est parsem\u00e9 de photos faisant office de planche \u2013, d\u00e9tournent et \u00e9branlent le savoir codifi\u00e9 pour un savoir d\u00e9plac\u00e9, inattendu \u2013 \u00ab\u00a0sacr\u00e9\u00a0\u00bb. Comme il s\u2019av\u00e8re, par exemple, dans l\u2019article \u00ab\u00a0Gratte-Ciel\u00a0\u00bb, que Leiris r\u00e9dige en 1930 pour le n. 7 de la revue. On voit l\u2019image de l\u2019Empire Building qui s\u2019\u00e9l\u00e8ve hyperboliquement, dans une sorte de dilatation onirique qui semble d\u00e9placer continuellement le centre focal. Si la photographie, comme le souligne Denis Hollier, prend dans <em>Documents<\/em> \u00ab\u00a0la place du r\u00eave\u00a0\u00bb (HOLLIER 1991\u00a0: XXI), ici le gratte-ciel est re-symbolis\u00e9 par Leiris \u00e0 la lumi\u00e8re de ce r\u00eave collectif qu\u2019est le mythe, notamment \u0152dipe:<\/p>\n<blockquote><p>\u2026 une image \u00e9rotique, o\u00f9 le building, qui gratte, est un phallus plus net encore que celui de la tour de Babel, et le ciel, qui est gratt\u00e9 \u2013 objet de convoitise du dit phallus \u2013 la m\u00e8re d\u00e9sir\u00e9e incestueusement [\u2026] les gratte-ciel sont donc de merveilleux et modernes symboles, tant pour le nom que pour la forme, d\u2019une des plus graves constantes humaines : celle qui fut cause du meurtre de La\u00efus par son fils\u2026 (LEIRIS 1930 : 433)<\/p><\/blockquote>\n<p>Mais il y a plus. Conform\u00e9ment \u00e0 la notion ethnographique de groupe telle que Griaule l\u2019illustrera plus tard dans sa <em>M\u00e9thode de l\u2019ethnographie<\/em> (1957), c\u2019est-\u00e0-dire le groupe en tant qu\u2019\u00ab\u00a0unit\u00e9 tactique \u00bb qui \u00e9largit le r\u00e9seau d\u2019observation et o\u00f9 chaque composant de l\u2019unit\u00e9 enrichit ce r\u00e9seau avec les r\u00e9sultats de sa pratique de recherche, Leiris r\u00e9digera avec Griaule et Bataille l\u2019une des trois parties de l\u2019entr\u00e9e \u00ab\u00a0M\u00e9tamorphose\u00a0\u00bb, et avec Griaule l\u2019une des deux parties de l\u2019entr\u00e9e \u00ab\u00a0Crachat\u00a0\u00bb. Entr\u00e9es qui se proposent de traiter le tissu des mots \u00e0 travers des d\u00e9finitions apparemment \u00e9miett\u00e9es, diss\u00e9min\u00e9es, selon ce principe de la juxtaposition \u2013 du <em>collage<\/em> \u2013 \u00a0qui veut que la valeur de tout l\u2019ensemble ne se d\u00e9gage qu\u2019\u00e0 partir de la valeur impliqu\u00e9e dans chaque partie individuelle. Examinons, \u00e0 titre d\u2019exemple, comment ce principe f\u00e9d\u00e9rateur op\u00e8re dans \u00ab\u00a0Crachat\u00a0\u00bb. Griaule, de son c\u00f4t\u00e9, r\u00e9dige sa partie sur la base des donn\u00e9es d\u2019une documentation provenant de l\u2019Afrique Noire et de l\u2019Islam.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0C\u2019est que le crachat est plus que le produit d\u2019une glande\u00a0\u00bb, il tient \u00e0 pr\u00e9ciser en marquant d\u2019embl\u00e9e la coupure avec les d\u00e9finitions traditionnelles. Cette \u00ab substance s\u00e9cr\u00e9t\u00e9e par les muqueuses et projet\u00e9e par la bouche \u00bb \u2013 \u00a0selon l\u2019acception du <em>Grand Tr\u00e9sor<\/em> \u2013\u00a0 est associ\u00e9e par l\u2019\u00e9l\u00e8ve de Mauss \u00e0 \u00ab l\u2019\u00e2me en mouvement \u00bb :<\/p>\n<blockquote><p>de la mal\u00e9ficience \u00e0 la bienfaisance, de l\u2019insulte au miracle, le crachat se comporte comme l\u2019\u00e2me : baume ou ordure. (GRIAULE 1929 : 381-382)<\/p><\/blockquote>\n<p>Leiris, quant \u00e0 lui, pousse encore plus loin la d\u00e9finition de Griaule en montrant que la salive, sorte de sperme,\u00a0 restitue \u00e0 la bouche, organe noble de la parole,\u00a0 une \u00ab fonction d\u2019\u00e9jection \u00bb de nature \u00ab r\u00e9pugnante \u00bb. \u00ab Le crachat \u00bb,\u00a0 \u00e9crit Leiris:<\/p>\n<blockquote><p>touche de tr\u00e8s pr\u00e8s aux manifestations \u00e9rotiques [\u2026] Comme l\u2019acte sexuel accompli au grand jour, il est le scandale m\u00eame, puisqu\u2019il ravale la bouche \u2013 qui est le signe visible de l\u2019intelligence \u2013 au rang des organes les plus honteux\u2026 (<em>Ibid<\/em>.\u00a0: 381-382)<\/p><\/blockquote>\n<p>Bref, le crachat d\u00e9note un sacril\u00e8ge, une transgression, et cracher, comme penser ou parler, constitue une forme d\u2019\u00e9jaculation. Mais le crachat est aussi, \u00ab par son humidit\u00e9 \u00bb, \u00ab le symbole m\u00eame de l\u2019informe \u00bb, continue Leiris, en tra\u00e7ant ainsi une nouvelle extension du mot qui recouvre directement l\u2019article r\u00e9dig\u00e9 \u00e0 l\u2019entr\u00e9e <em>Informe<\/em> par Bataille, qui cl\u00f4t la rubrique de ce num\u00e9ro dans un effet d\u2019\u00e9chos r\u00e9ciproques avec les entr\u00e9es pr\u00e9c\u00e9dentes<a href=\"#_ftn11\" name=\"_ftnref11\">[11]<\/a>. Et, encore, l\u2019entr\u00e9e <em>Crachat<\/em> applique de surcro\u00eet les le\u00e7ons d\u2019ethnologie descriptive tenues par Mauss dans ses cours \u00e0 l\u2019Institut d\u2019Ethnologie, et annonce, de fa\u00e7on extraordinaire, cette arch\u00e9ologie des habitudes corporelles qui seront plus tard interrog\u00e9es dans <em>Les techniques du corps <\/em>(1934). Dans le chapitre premier de cet essai Mauss dira: \u00ab [\u2026] \u201cDivers\u201d. C\u2019est l\u00e0 qu\u2019il faut p\u00e9n\u00e9trer. On est s\u00fbr que c\u2019est l\u00e0 qu\u2019il y a des v\u00e9rit\u00e9s \u00e0 trouver \u00bb (MAUSS 1950\u00a0: 365).<\/p>\n<h3 id=\"-conclusion\">4. Conclusion<\/h3>\n<p>Et c\u2019est sous le signe du divers que nous en venons aux conclusions. Alors que pour Breton et son groupe le \u201cdivers\u201d va de pair avec la qu\u00eate du merveilleux r\u00e9v\u00e9l\u00e9 par \u00ab\u00a0l\u2019\u0153il non pr\u00e9venu\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0non instruit de ce qu\u2019il va voir\u00a0\u00bb (BRETON 1970\u00a0: 221), \u00e0 savoir la qu\u00eate du hasard objectif, garant d\u2019une \u00ab\u00a0approche sensible des objets consid\u00e9r\u00e9s\u00a0\u00bb (<em>Ibid<\/em>.\u00a0: 183-184), principe m\u00eame de l\u2019\u00e9criture automatique en tant que\u00a0 \u00ab\u00a0dict\u00e9e de la pens\u00e9e\u00a0\u00bb pratiqu\u00e9e \u00ab\u00a0en dehors de toute pr\u00e9occupation esth\u00e9tique ou morale\u00a0\u00bb (BRETON 1985\u00a0: 36), Leiris, quant \u00e0 lui, p\u00e9n\u00e8tre le \u201cdivers\u201d par des incursions dans le \u201cdehors\u201d du langage, dans son \u201cailleurs\u00a0\u201d, et ce en se d\u00e9fiant de tout abandon \u00e0 une \u00e9criture non sciemment maitris\u00e9e. Du <em>Glossaire<\/em> au <em>Dictionnaire<\/em> <em>Critique<\/em>, la collecte des mots est conforme au crit\u00e8re esth\u00e9tique des ethnologues de vouloir tout montrer en se m\u00e9fiant du beau<a href=\"#_ftn12\" name=\"_ftnref12\">[12]<\/a> et en retrouvant la \u00ab\u00a0valeur d\u2019usage\u00a0\u00bb \u00e0 travers la reconstitution du contexte et du circuit o\u00f9 l\u2019objet s\u2019int\u00e8gre. Mais pour Leiris, comme pour son ami Bataille<a href=\"#_ftn13\" name=\"_ftnref13\">[13]<\/a>, la valeur d\u2019usage, c\u2019est retrouver le sacr\u00e9 ; il s\u2019agit, pour lui, d\u2019entrer dans la mat\u00e9rialit\u00e9 des mots, de les promouvoir \u00ab au rang d\u2019oracles \u00bb, plus exactement : \u00ab\u00a0Le langage trait\u00e9 en chose sacr\u00e9 que l\u2019on v\u00e9n\u00e8re (comme en des sortes de messe) et que l\u2019on tourne en d\u00e9rision (comme en une f\u00eate des fous)\u00a0\u00bb. (LEIRIS 1992\u00a0: 758)<\/p>\n<p>Il s\u2019agit, en d\u2019autres termes, de confier aux mots une valeur r\u00e9volutionnaire en \u00e9levant le dictionnaire au rang<\/p>\n<blockquote><p>[\u2026] de toutes les \u0153uvres qui tendent \u00e0 ruiner les st\u00e9r\u00e9otypes rassurants sur lesquels l\u2019homme ali\u00e9n\u00e9 croit pouvoir se fonder, soit qu\u2019elles bouleversent de fond en comble la vision que l\u2019on a du monde (Picasso), soit qu\u2019elles donnent une conscience plus br\u00fblante de la condition humaine (Kafka), soit qu\u2019elles d\u00e9couvrent \u00e0 l\u2019homme et \u00e0 la femme les ambig\u00fcit\u00e9s et\u00a0 les doubles fonds de leurs d\u00e9sirs (Bataille). (LEIRIS 1994 : 149)<\/p><\/blockquote>\n<p>Ces \u00ab\u00a0doubles fonds\u00a0\u00bb o\u00f9 Leiris creuse et p\u00e9n\u00e8tre les \u00ab\u00a0arcanes\u00a0\u00bb des mots, ce \u00ab\u00a0parler initial\u00a0\u00bb (LEIRIS 1985\u00a0: 120) o\u00f9 les mots, d\u00e9cortiqu\u00e9s, d\u00e9compos\u00e9s, d\u00e9mantibul\u00e9s, \u00ab\u00a0fouill\u00e9s jusque dans leur pulpe\u00a0\u00bb (<em>Ibid<\/em>.\u00a0: 124), \u00a0r\u00e9sonnent comme des voix vivantes dans un jeu de r\u00e9verb\u00e9rations, dans une trajectoire de fus\u00e9es parfois capricieusement segment\u00e9e o\u00f9 les mots d\u00e9couvrent leur sens dernier sur des \u00ab\u00a0\u00e9chelles iris\u00e9es\u00a0\u00bb. Comme le veut exactement l\u2019anagramme qu\u2019il fait de son nom\u00a0:<\/p>\n<p><strong>Michel Leiris<\/strong> \u2013 le risque des \u00e9chelles iris\u00e9es. (LEIRIS 1925\u00a0: 22)<\/p>\n<p><strong>\u00a0<\/strong><\/p>\n<h3 id=\"r\u00e9f\u00e9rences-bibliographiques\">R\u00e9f\u00e9rences bibliographiques<\/h3>\n<p>BARTHES, Roland, <em>Les sorties du texte<\/em>, in <em>Le bruissement du langage<\/em>, Paris, Seuil, 1984.<\/p>\n<p>BATAILLE, Georges, \u00ab\u00a0Informe\u00a0\u00bb, <em>Documents<\/em>, n. 7, 1929, p. 217.<\/p>\n<p>BATAILLE, Georges, \u00ab\u00a0Mus\u00e9e\u00a0\u00bb, <em>Documents<\/em>, n. 5, 1930, p. 300.<\/p>\n<p>BOURDIEU, Pierre, \u00ab\u00a0Champ intellectuel et projet cr\u00e9ateur\u00a0\u00bb, <em>Les Temps modernes<\/em>, n. 246, 1966, p. 865-906.<\/p>\n<p>BOURDIEU, Pierre, <em>Ce que parler veut dire. L\u2019\u00e9conomie des \u00e9changes linguistiques<\/em>, Paris, Fayard 1982.<\/p>\n<p>BOURDIEU, Pierre, \u00ab\u00a0Le champ litt\u00e9raire\u00a0\u00bb, <em>Actes de la recherche en sciences sociales<\/em>, n. 89, 1991, p. 3-47.<\/p>\n<p>BRETON, Andr\u00e9, <em>Signe ascendant<\/em>, Paris, Gallimard, 1968.<\/p>\n<p>BRETON, Andr\u00e9, \u00ab\u00a0Main premi\u00e8re\u00a0\u00bb, in <em>Perspective Cavali\u00e8re<\/em>, Paris, Gallimard, 1970, p. 221-225.<\/p>\n<p>BRETON, Andr\u00e9, \u00ab\u00a0Ph\u00e9nix du masque\u00a0\u00bb, in <em>Perspective Cavali\u00e8re<\/em>, Paris, Gallimard, 1970, p.182-186.<\/p>\n<p>BRETON, Andr\u00e9, <em>Manifeste du Surr\u00e9alisme<\/em> (1924), in <em>Manifestes du Surr\u00e9alisme<\/em>, Paris, Gallimard,1985.<\/p>\n<p>CLIFFORD, James, \u00ab\u00a0On Ethnographic Surrealism\u00a0\u00bb, <em>Comparative Studies in Society and History<\/em>, vol. 23, 4, Oct. 1981, p. 539-564.<\/p>\n<p>CLIFFORD, James, \u00ab\u00a0Ethnographie polyphonie collage\u00a0\u00bb, <em>Revue de musicologie<\/em>, n. 1-2, 1982, p. 42-56.<\/p>\n<p>DEBAENE, Vincent, \u00ab Les surr\u00e9alistes et le mus\u00e9e d\u2019ethnographie\u00a0\u00bb, <em>Labyrinthe<\/em>, n. 12, 2002, p. 71-94.<\/p>\n<p>GALL, Claire, <em>La poursuite du vent<\/em>, Paris, Orban, 1976.<\/p>\n<p>GRIAULE, Marcel, LEIRIS, Michel, \u00ab\u00a0Crachat\u00a0\u00bb, <em>Documents<\/em>, n. 7, 1929, p. 381-382.<\/p>\n<p>GRIAULE, Marcel, \u00ab\u00a0Coup de fusil\u00a0\u00bb, <em>Documents<\/em>, n. 1, 1929, p. 46.<\/p>\n<p>HOLLIER, Denis, <em>Le Coll\u00e8ge de sociologie. 1937-1939<\/em>, Paris, Gallimard, 1979\u00a0; nouvelle \u00e9dition augment\u00e9e, coll. \u00ab\u00a0Folio essais\u00a0\u00bb, 1995.<\/p>\n<p>HOLLIER, Denis, \u00ab\u00a0La valeur d\u2019usage de l\u2019impossible\u00a0\u00bb, Introduction \u00e0 la r\u00e9impression de la revue <em>Documents<\/em>, Paris, Jean-Michel Place, 1991, p. VII-XXXIV.<\/p>\n<p>JOLLY, \u00c9ric, \u00ab Marcel Griaule, ethnologue\u00a0: La construction d\u2019une discipline (1925-1956) \u00a0\u00bb, <em>Journal des Africanistes<\/em>, tome 71, fascicule I, 2001, p. 149-190.<\/p>\n<p>KLEIBER, Pierre-Henri, <em>Glossaire j\u2019y serre mes gloses de Michel Leiris et la question du langage<\/em>, Paris, L\u2019Harmattan, 1999.<\/p>\n<p>LEIRIS, Michel, \u00ab\u00a0Gratte-Ciel\u00a0\u00bb, <em>Documents<\/em>, n. 7, 1930, p. 433.<\/p>\n<p>LEIRIS, Michel, \u00abDu Mus\u00e9e d\u2019Ethnographie au Mus\u00e9e de l\u2019Homme \u00bb, <em>N.R.F.<\/em>, n. 299, 1938, p. 344-345.<\/p>\n<p>LEIRIS, Michel, <em>De Bataille l\u2019impossible \u00e0 l\u2019impossible <\/em>Documents, in <em>Bris\u00e9es<\/em>, Paris, Mercure de France, 1966.<\/p>\n<p>LEIRIS, Michel, <em>Langage Tangage ou Ce que les mots me disent<\/em>, Paris, Gallimard, 1985.<\/p>\n<p>LEIRIS, Michel,<em> Cinq \u00e9tudes d\u2019ethnologie<\/em>, Paris, Gallimard, 1994.<\/p>\n<p>LEIRIS, Michel, <em>L\u2019\u00c2ge d\u2019homme<\/em>, Paris, Gallimard, 2001 [1939].<\/p>\n<p>LEIRIS, Michel, <em>Glossaire j\u2019 y serre mes gloses<\/em>, suivi de <em>Bagatelles v\u00e9g\u00e9tales<\/em>, Paris, Gallimard, 2014 [1939].<\/p>\n<p>MAUBON, Catherine, <em>\u00abDocuments\u00bb, una esperienza eretica<\/em>, in RISSET, Jacqueline (\u00e9d), <em>Bataille. <\/em><em>Il politico e il sacro<\/em>, Napoli, Liguori, 1987, p. 47-59.<\/p>\n<p>MAUSS, Marcel, <em>Sociologie et anthropologie<\/em>, Paris, PUF, 1950.<\/p>\n<p>SANTONE, Laura, \u00ab Le parti pris de \u201cla besogne des mots\u201d : le Dictionnaire Critique de Georges Bataille \u00bb, in CONSIDINE, John (\u00e9d), Adventuring in Dictionaries, Newcastle-Upon-Tyne, Cambridge Scholars Publishing, 2010, p. 256-270.<\/p>\n<p>VAILLANT, Roger, <em>Le Surr\u00e9alisme contre la r\u00e9volution<\/em>, Paris, \u00c9ditions sociales, 1948.<\/p>\n<p>VIALA, Alain, \u00ab\u00a0\u00c9l\u00e9ments de sociopo\u00e9tique\u00a0\u00bb, in MOLINI\u00c9, Georges, VIALA, Alain (\u00e9ds.), <em>Approches de la r\u00e9ception. S\u00e9miostylistique et socio-po\u00e9tique de Le Cl\u00e9zio<\/em>, Paris, PUF, 1993, p. 139-220.<\/p>\n<hr \/>\n<p><a href=\"#_ftnref1\" name=\"_ftn1\">[1]<\/a> La cr\u00e9atrice surr\u00e9aliste Giovanna nous a quitt\u00e9 le 20 f\u00e9vrier 2024. Membre, avec son compagnon Jean-Michel Goutier, du dernier groupe bretonien, elle a invent\u00e9 le dessin automatique \u00e0 la machine \u00e0 \u00e9crire, mais elle a aussi \u00e9t\u00e9 peintre, performeuse et po\u00e8te, et s\u2019est toujours distingu\u00e9e par une recherche permanente sur la langue. Tout comme Leiris, elle aimait se mettre \u00e0 l\u2019\u00e9coute des mots pour les d\u00e9mantibuler, les desar\u00e7onner et pour faire ainsi \u00e9clater leur merveille. Ce texte se veut un hommage \u00e0 sa m\u00e9moire.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref2\" name=\"_ftn2\">[2]<\/a> Andr\u00e9 Breton cit\u00e9 par Roger Vaillant (1948\u00a0: 23).<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref3\" name=\"_ftn3\">[3]<\/a> \u00c0 l\u2019\u00e9poque, le concept de primitivisme conquiert \u00e9galement les milieux des peintres. Pablo Picasso s\u2019int\u00e9resse aux sculptures africaines.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref4\" name=\"_ftn4\">[4]<\/a> C\u00e9l\u00e8bre vers du \u00ab\u00a0Tombeau d\u2019Edgar Poe\u00a0\u00bb de Mallarm\u00e9, le po\u00e8te des \u00ab\u00a0mots suspendus dans le blanc de la page\u00a0\u00bb, exemple d\u2019un langage \u00ab\u00a0qui n\u2019est ni cri ni discours mais se veut librement cr\u00e9ateur et purg\u00e9 de toutes b\u00e9quilles, chevilles ou autres broutilles\u2026\u00a0\u00bb (LEIRIS\u00a01985\u00a0: 91-93).<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref5\" name=\"_ftn5\">[5]<\/a> En 1929, juste avant la publication du <em>Second Manifeste du surr\u00e9alisme<\/em>, un mouvement de r\u00e9volte agite le groupe de Breton. Parmi les dissidents, \u00e0 la t\u00eate desquels figure Georges Bataille \u2013 qui, tout en n\u2019appartenant pas au mouvement, le critique f\u00e9rocement -, on trouve Leiris, Limbour, Desnos, Queneau, Vitrac, Pr\u00e9vert, tous signataires, avec Bataille, du pamphlet \u00ab Un cadavre \u00bb, r\u00e9dig\u00e9 contre Breton.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref6\" name=\"_ftn6\">[6]<\/a> Fondateur, avec George Henri Rivi\u00e8re, alors sous-directeur du Mus\u00e9e d\u2019Ethnographie du Trocad\u00e9ro, de la revue <em>Documents<\/em>. Il en sera aussi le secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral, alors que Leiris sera le secr\u00e9taire de r\u00e9daction.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref7\" name=\"_ftn7\">[7]<\/a> Bizarre est un adjectif qui revient souvent sous la plume de James Clifford \u00e0 propos de \u00ab Documents \u00bb. Il compare la revue \u00e0 un \u00ab mus\u00e9e bizarre [qui] se limite \u00e0 documenter, juxtaposer, relativiser : une collection perverse \u00bb (CLIFFORD 1981\u00a0: 552\u00a0; c\u2019est nous qui traduisons).<em>\u00a0 <\/em><\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref8\" name=\"_ftn8\">[8]<\/a> Il vaut la peine de rappeler que sous l\u2019\u00e9gide de Paul Rivet et de Georges Henri Rivi\u00e8re qu\u2019est r\u00e9organis\u00e9 le Mus\u00e9e d\u2019ethnographie du Trocad\u00e9ro, futur Mus\u00e9e de l\u2019Homme qui sera inaugur\u00e9 en 1938.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref9\" name=\"_ftn9\">[9]<\/a> On lit dans l\u2019article \u00ab\u00a0Informe\u00a0\u00bb, r\u00e9dig\u00e9 par Bataille\u00a0: \u00ab\u00a0Un dictionnaire commencerait \u00e0 partir du moment o\u00f9 il ne donnerait plus le sens mais les besognes des mots\u00a0\u00bb (BATAILLE 1929\u00a0: 217).<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref10\" name=\"_ftn10\">[10]<\/a> Comme on le lit \u00e0 l\u2019entr\u00e9e \u00ab\u00a0Mus\u00e9e\u00a0\u00bb r\u00e9dig\u00e9e par Georges Bataille (1930\u00a0: 300).<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref11\" name=\"_ftn11\">[11]<\/a> \u00ab\u00a0[\u2026] affirmer que l\u2019univers ne ressemble a [sic] rien et n\u2019est qu\u2019informe revient \u00e0 dire que l\u2019univers est quelque chose comme une araign\u00e9e ou un crachat\u00a0\u00bb (LEIRIS 1929\u00a0: 382).<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref12\" name=\"_ftn12\">[12]<\/a> Dans l\u2019article \u00ab\u00a0Coup de fusil\u00a0\u00bb Griaule \u00e9crit\u00a0que l\u2019ethnographie \u00ab\u00a0doit se m\u00e9fier du beau, qui est bien souvent une manifestation rare, c\u2019est-\u00e0-dire monstrueuse, d\u2019une civilisation [\u2026], et elle ne refusera pas une valeur esth\u00e9tique \u00e0 un objet parce qu\u2019il est courant et fabriqu\u00e9 en s\u00e9rie\u00a0\u00bb (GRIAULE 1929\u00a0: 46).<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref13\" name=\"_ftn13\">[13]<\/a> En 1937-38 Leiris participera, avec Bataille et Roger Caillois, \u00e0 la constitution du <em>Coll\u00e8ge de Sociologie<\/em>, que Denis Hollier d\u00e9finit comme le dernier groupe litt\u00e9raire d&#8217;avant-garde. Ce collectif se proposait l\u2019\u00e9tude \u00ab\u00a0de la pr\u00e9sence active du sacr\u00e9\u00a0\u00bb dans les manifestations de la vie quotidienne des soci\u00e9t\u00e9s modernes. La conf\u00e9rence de Leiris, prononc\u00e9e le 8 janvier 1938, porte justement sur \u00ab\u00a0Le sacr\u00e9 dans la vie quotidienne\u00a0\u00bb. Nous renvoyons \u00e0 Denis Hollier (1979, 1995).<\/p>\n<hr \/>\n<p>Per citare questo articolo:<\/p>\n<p>Laura SANTONE, \u00ab Entre surr\u00e9alisme et ethnologie: Michel Leiris et l\u2019aventure des mots\u00a0\u00bb,\u00a0<em>Rep\u00e8res DoRiF,<\/em>\u00a0n. 33 \u2013\u00a0<em>Le statut du verbe dans les discours sp\u00e9cialis\u00e9s entre th\u00e9orie et pratique(s)<\/em>, DoRiF Universit\u00e0, Roma, dicembre 2025, https:\/\/www.dorif.it\/reperes\/laura-santone-entre-surrealisme-et-ethnologie-michel-leiris-et-laventure-des-mots\/<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">ISSN 2281-3020<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-8924 aligncenter\" src=\"https:\/\/www.dorif.it\/reperes\/wp-content\/uploads\/2022\/04\/logo-pubblicazione.png\" alt=\"\" width=\"111\" height=\"49\" \/><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">Quest\u2019opera \u00e8 distribuita con Licenza\u00a0<a href=\"http:\/\/creativecommons.org\/licenses\/by-nc-nd\/3.0\/it\/\">Creative Commons Attribuzione \u2013 Non commerciale \u2013 Non opere derivate 3.0 Italia<\/a>.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p> <a href=\"https:\/\/www.dorif.it\/reperes\/laura-santone-entre-surrealisme-et-ethnologie-michel-leiris-et-laventure-des-mots\/\"> Continue de lire&#8230;<\/a><\/p>\n","protected":false},"author":8,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"_bbp_topic_count":0,"_bbp_reply_count":0,"_bbp_total_topic_count":0,"_bbp_total_reply_count":0,"_bbp_voice_count":0,"_bbp_anonymous_reply_count":0,"_bbp_topic_count_hidden":0,"_bbp_reply_count_hidden":0,"_bbp_forum_subforum_count":0,"footnotes":""},"categories":[443],"tags":[444],"class_list":["post-12869","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-varia-33","tag-33-le-statut-du-verbe-dans-les-discours-specialises-entre-theorie-et-pratiques"],"acf":[],"yoast_head":"<!-- This site is optimized with the Yoast SEO plugin v27.5 - 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