{"id":13215,"date":"2026-04-17T15:51:40","date_gmt":"2026-04-17T13:51:40","guid":{"rendered":"https:\/\/www.dorif.it\/reperes\/?p=13215"},"modified":"2026-04-17T15:52:15","modified_gmt":"2026-04-17T13:52:15","slug":"julie-abbou-ilaria-cennamo-maria-margherita-mattioda-inclusion-communication-institutionnelle-et-traduction-regards-croises","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.dorif.it\/reperes\/julie-abbou-ilaria-cennamo-maria-margherita-mattioda-inclusion-communication-institutionnelle-et-traduction-regards-croises\/","title":{"rendered":"Julie ABBOU, Ilaria CENNAMO, Maria Margherita MATTIODA, Inclusion, communication institutionnelle et traduction : regards crois\u00e9s"},"content":{"rendered":"<h3 id=\"julie-abbou-ilaria-cennamo-mar\" style=\"text-align: center;\">Julie ABBOU, Ilaria CENNAMO, Maria Margherita MATTIODA<\/h3>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h2 id=\"inclusion-communication-instit\" style=\"text-align: center;\">Inclusion, communication institutionnelle et traduction\u00a0: regards crois\u00e9s<a href=\"#_ftn1\" name=\"_ftnref1\">[1]<\/a><\/h2>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Julie Abbou<\/strong><br \/>\nUniversit\u00e0 degli Studi di Torino<br \/>\n<a href=\"mailto:julie.abbou@unito.it\">julie.abbou@unito.it<\/a><\/p>\n<p><strong>Ilaria Cennamo<\/strong><br \/>\nUniversit\u00e0 degli Studi di Genova<br \/>\n<a href=\"mailto:ilaria.cennamo@unige.it\">ilaria.cennamo@unige.it<\/a><\/p>\n<p><strong>Maria Margherita Mattioda<\/strong><br \/>\nUniversit\u00e0 degli Studi di Torino<br \/>\n<a href=\"mailto:marita.mattioda@unito.it\">marita.mattioda@unito.it<\/a><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Le questionnement concernant le rapport entre inclusion et langage, que nous avons voulu explorer selon une triple perspective \u00e9voqu\u00e9e par le titre, est au c\u0153ur de ce num\u00e9ro de la Revue Rep\u00e8res- DO.Ri.F. Cette perspective de recherche s\u2019inscrit dans le prolongement du parcours esquiss\u00e9 au cours d\u2019une journ\u00e9e d\u2019\u00e9tude organis\u00e9e par le groupe de recherche <em>Traduction, IA et institutions<\/em> du DO.Ri.F, ayant\u00a0 permis de poser les jalons d\u2019une r\u00e9flexion collective<a href=\"#_ftn2\" name=\"_ftnref2\">[2]<\/a>.<\/p>\n<p>Dans ce cadre, nous avons identifi\u00e9 deux angles d\u2019observation principaux. Une premi\u00e8re orientation de recherche visait \u00e0 contribuer \u00e0 l\u2019\u00e9tude du langage inclusif en adoptant une perspective s\u2019effor\u00e7ant d\u2019\u00e9largir le champ d\u2019investigation au-del\u00e0 de la question de la binarit\u00e9 de genre (L\u00c9TOUBLON 2024). Plus pr\u00e9cis\u00e9ment, les questions ont port\u00e9 sur les strat\u00e9gies d\u2019\u00e9criture inclusive et sur leur traduisibilit\u00e9 d\u2019une langue \u00e0 l\u2019autre, tout en consid\u00e9rant les d\u00e9fis pos\u00e9s notamment par l\u2019adoption de syst\u00e8mes de traduction automatique neuronale dans la formation universitaire.<\/p>\n<p>Une deuxi\u00e8me orientation s\u2019est attach\u00e9e \u00e0 explorer les diff\u00e9rentes fa\u00e7ons de dire et de traduire l\u2019inclusion dans des contextes de communication institutionnelle vari\u00e9s. Une attention particuli\u00e8re a \u00e9t\u00e9 accord\u00e9e aux proc\u00e9d\u00e9s mobilis\u00e9s par diff\u00e9rentes instances \u00e9nonciatives dans le but de construire des imaginaires de l\u2019inclusion qui puissent repr\u00e9senter leurs actions et valeurs institutionnelles. Cette perspective a conduit \u00e0 interroger les repr\u00e9sentations discursives de l\u2019inclusion et leur traduisibilit\u00e9 en mettant en avant la multiplicit\u00e9 des conceptualisations et des mises en discours de l\u2019inclusion en rapport avec les diff\u00e9rentes sph\u00e8res de la vie sociale telles que l\u2019\u00e9ducation, l\u2019employabilit\u00e9, l\u2019accessibilit\u00e9 et le num\u00e9rique. En outre, la pr\u00e9sentation des r\u00e9sultats obtenus dans le cadre d\u2019exp\u00e9rimentations p\u00e9dagogiques, d\u2019enqu\u00eates ou d\u2019\u00e9tudes de cas en mati\u00e8re d\u2019inclusion et de multilinguisme a permis de recueillir des \u00e9l\u00e9ments empiriques qui enrichissent les enjeux abord\u00e9s dans ce num\u00e9ro.<\/p>\n<p>Dans le pr\u00e9sent dossier, compos\u00e9 de sept articles, nous proposons une r\u00e9flexion introductive qui servira de toile de fond : le but \u00e9tant d\u2019offrir un cadre de lecture permettant de situer les diff\u00e9rentes approches de l\u2019inclusion, d\u2019en \u00e9clairer les usages discursifs et traductifs, ainsi que d\u2019en interroger les reconfigurations \u00e0 l\u2019\u00e8re de l\u2019intelligence artificielle. Ainsi, apr\u00e8s un premier tour d\u2019horizon de la g\u00e9n\u00e9alogie de l\u2019inclusion comme concept (cf. \u00a7 1), nous aborderons les d\u00e9fis de l\u2019inclusion telle qu\u2019elle est conceptualis\u00e9e, affich\u00e9e et mise en \u0153uvre dans le cadre de la communication institutionnelle (cf.\u00a7 2. La communication institutionnelle au prisme de l\u2019inclusion), et la question glottodidactique du langage inclusif \u00e0 l\u2019aune de l\u2019IA (cf. \u00a7 3. L\u2019inclusion dans le langage : quelles comp\u00e9tences \u00e0 l\u2019\u00e8re de l\u2019IA ?). Si notre premi\u00e8re section visera \u00e0 \u00e9clairer la gen\u00e8se du concept d\u2019inclusion, la deuxi\u00e8me et la troisi\u00e8me section de cette introduction seront articul\u00e9es afin d\u2019introduire les sept contributions qui composent ce num\u00e9ro et qui vont donc permettre d\u2019explorer les facettes multiples de l\u2019inclusion au sein des institutions et en tant que comp\u00e9tence traductive.<\/p>\n<h3 id=\"-inclusion-:-une-g\u00e9n\u00e9alogie-\">1. Inclusion : une g\u00e9n\u00e9alogie complexe<\/h3>\n<p>Alors que le terme d\u2019inclusion, comme le concept qu\u2019il supporte, semblait largement faire consensus depuis un certain temps, et ce, \u00e0 travers un certain nombre de langues, au point de s\u2019\u00eatre lentement mais s\u00fbrement institutionnalis\u00e9, il est aujourd\u2019hui mis en question par le gouvernement \u00e9tats-uniens du second mandat de Trump qui en a fait un des mots bannis, \u00e0 travers les attaques contre le triptyque EDI : \u00c9quit\u00e9, Diversit\u00e9, Inclusion.<\/p>\n<p>Il est encore bien trop t\u00f4t, au moment o\u00f9 sont \u00e9crites ces lignes, pour comprendre de quelle fa\u00e7on la notion d\u2019inclusion sera reconfigur\u00e9e par ce revirement. Mais on peut proc\u00e9der \u00e0 l\u2019inverse en s\u2019int\u00e9ressant \u00e0 la g\u00e9n\u00e9alogie de la notion d\u2019inclusion, de mani\u00e8re g\u00e9n\u00e9rale, et en ce qui concerne le langage en particulier.<\/p>\n<p>L\u2019<em>inclusion<\/em> fonctionne dans un r\u00e9seau s\u00e9mantique assez l\u00e2che, qui comprend <em>int\u00e9gration, insertion, diversit\u00e9, \u00e9galit\u00e9, parit\u00e9, lutte contre les discriminations<\/em>, etc. On peut regarder ces termes comme des concepts partageant des airs de famille id\u00e9ologiques (FREEDEN 1996). Nous nous en tiendrons pour cette section aux significations actives en France et au Qu\u00e9bec.<\/p>\n<p>En France, la notion d\u2019inclusion se trouve en premier lieu dans le champ du handicap, puis sera import\u00e9e dans le champ de l\u2019\u00e9ducation. D\u2019apr\u00e8s Maude Vadot \u00ab\u00a0le terme \u201cinclusion\u201d est en emploi dans les circulaires de l&#8217;\u00e9ducation nationale, au moins depuis 2012. Il s\u2019agira alors d\u2019inclure, par exemple les enfants migrants comme on inclut les enfants porteurs de handicap, ou tout autre enfant \u201cnon-standard\u201d\u00a0\u00bb. La notion d\u2019inclusion, dans ce contexte, vient remplacer celle d\u2019int\u00e9gration, comme l\u2019illustrent les tr\u00e8s nombreux sch\u00e9mas de ce type (Fig.1) qui circulent, pour en proposer un d\u00e9passement.<\/p>\n<p><img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter wp-image-13220 size-full\" src=\"https:\/\/www.dorif.it\/reperes\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/Intro-fig-1.jpg\" alt=\"\" width=\"431\" height=\"329\" srcset=\"https:\/\/www.dorif.it\/reperes\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/Intro-fig-1-200x153.jpg 200w, https:\/\/www.dorif.it\/reperes\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/Intro-fig-1-300x229.jpg 300w, https:\/\/www.dorif.it\/reperes\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/Intro-fig-1-400x305.jpg 400w, https:\/\/www.dorif.it\/reperes\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/Intro-fig-1.jpg 431w\" sizes=\"(max-width: 431px) 100vw, 431px\" \/><\/p>\n<p>Le terme <em>d\u2019int\u00e9gration<\/em>, lui, concernera principalement \u00ab\u00a0les membres de cette soci\u00e9t\u00e9 n\u2019\u00e9tant pas n\u00e9s sur le sol national (les immigr\u00e9s, \u00e9trangers ou naturalis\u00e9s)\u00a0\u00bb (VADOT 2017\u00a0: 97), \u00ab\u00a0et se construira en opposition aux mod\u00e8les multiculturels anglo-saxons\u00a0\u00bb (<em>Ibid.<\/em>: 160). Un troisi\u00e8me terme compl\u00e8tera le sch\u00e9ma, celui <em>d\u2019insertion, <\/em>qui concernera l\u2019entr\u00e9e sur le march\u00e9 du travail \u00e0 partir des ann\u00e9es 1960, avant de concerner \u00ab\u00a0d\u2019autres cat\u00e9gories de population priv\u00e9es d\u2019emploi ou confront\u00e9es aux emplois pr\u00e9caires : ch\u00f4meurs de longue dur\u00e9e, travailleurs immigr\u00e9s (qui sont les premiers licenci\u00e9s en p\u00e9riode de crise), femmes au foyer voulant (re)trouver un emploi\u00a0\u00bb (<em>Ibid. <\/em>:\u00a0 156).<\/p>\n<p>On voit donc que ces trois termes concernent les \u00ab\u00a0exclus de la soci\u00e9t\u00e9\u00a0\u00bb et les personnes non-standards. Cependant, on voit \u00e9galement une r\u00e9partition des termes selon diff\u00e9rents rapports sociaux\u00a0:<\/p>\n<ul>\n<li><em>l\u2019inclusion<\/em> concerne le handicap, \u00e9ventuellement les classes populaires et les migrants dans le cadre scolaire, parfois des femmes, et plus r\u00e9cemment, les ch\u00f4meurs.<\/li>\n<li><em>l\u2019insertion<\/em> \u2013 sociale ou professionnelle \u2013 est r\u00e9serv\u00e9e aux ch\u00f4meurs et aux immigr\u00e9s<\/li>\n<li>tandis que <em>l\u2019int\u00e9gration<\/em> est quasiment uniquement r\u00e9serv\u00e9e aux \u00e9trangers.<\/li>\n<\/ul>\n<p>L\u2019envers de ces termes sera d\u2019abord <em>discrimination, <\/em>et non <em>exclusion<\/em>. Nous sommes ainsi dans un discours r\u00e9publicain : c\u2019est une inclusion sans ext\u00e9rieur, o\u00f9 tout le monde doit \u00eatre inclus. Si exclusion, il y a, elle se fait alors par l\u2019attribution du non-statut, de la non-existence politique, telle que l\u2019a d\u00e9crite Butler dans son travail sur l\u2019apatridie (BUTLER &amp; SPIVAK 2009) mais elle n\u2019est jamais, ou tr\u00e8s rarement, nomm\u00e9e.<\/p>\n<p>Les contraires de l\u2019inclusion sont ainsi r\u00e9v\u00e9lateurs des \u00e9volutions historiques du paradigme de l\u2019inclusivit\u00e9. \u00c0 la fin des ann\u00e9es 1990 \u00ab\u00a0les <em>discriminations<\/em> sont constitu\u00e9es en objet de discours et de politique\u00a0\u00bb (VADOT 2017 : 168). C\u2019est \u00e0 ce moment-l\u00e0 que se rejoignent les diff\u00e9rents publics : \u00ab\u00a0Les publics n\u2019ont cess\u00e9 de gagner en vari\u00e9t\u00e9 : de l\u2019ordre ethnoracial, les cat\u00e9gories de la (non)-discrimination sont \u00e9tendues \u00e0 l\u2019\u00e2ge, \u00e0 l\u2019orientation sexuelle, \u00e0 l\u2019apparence physique, \u00e0 l\u2019appartenance syndicale, la liste des motifs couverts n\u2019\u00e9tant pas, selon les avis d\u2019experts, close \u00e0 l\u2019\u00e9poque.\u201d (DOYTCHEVA 2015 : 76)<\/p>\n<p>\u00c0 partir de 2004, on voit un basculement de\u00a0la<em> lutte contre les discriminations<\/em> \u00e0 l<em>\u2019\u00e9galit\u00e9 des chances<\/em> et la\u00a0<em>promotion de la diversit\u00e9<\/em>. (VADOT 2017 : 174).\u00a0\u00ab\u00a0Ces reformulations marquent bien souvent des inflexions de perspective, en accusant le passage d\u2019une analyse critique des structures sociales \u00e0 une autre, positive et manag\u00e9riale, qui se construit dans les termes de l\u2019image, de la performance et de l\u2019efficacit\u00e9, dans le champ de l\u2019entreprise en particulier.\u00a0\u00bb (DOYTCHEVA 2015 : 76)<\/p>\n<p>Vadot, quant \u00e0 elle, explique ce basculement d\u2019une autre fa\u00e7on : \u00ab\u00a0Parler de <em>lutte contre les discriminations<\/em> mettait en lumi\u00e8re l\u2019\u00e9chec du r\u00e9f\u00e9rentiel d\u2019int\u00e9gration. Mais <em>\u00e9galit\u00e9 des chances<\/em> et <em>promotion de la diversit\u00e9<\/em> \u00e9tait tr\u00e8s compatible avec le mod\u00e8le r\u00e9publicain d\u2019int\u00e9gration.\u00a0\u00bb (VADOT 2017 : 174). On voit comment ces diff\u00e9rentes reformulations, de l\u2019int\u00e9gration \u00e0 l\u2019\u00e9galit\u00e9 des chances sont compatibles d\u2019une part avec le retour du r\u00e9publicanisme dans les ann\u00e9es 1990 et d\u2019autre part avec une lib\u00e9ralisation de l\u2019action sociale.<\/p>\n<p>Ce type de mouvement n\u2019est d\u2019ailleurs pas propre \u00e0 la France, Sara Ahmed \u00e9crit en 2012, \u00e0 propos du Royaume-Uni :<\/p>\n<blockquote><p>Le terme diversit\u00e9 a \u00e9t\u00e9 entendu comme un terme de substitution de mots plus anciens tels que \u00e9galit\u00e9 des chances ou antiracisme. Nous ne pouvons pas expliquer ces changements de vocabulaire simplement du point de vue d\u2019un d\u00e9veloppement interne du secteur de l\u2019\u00e9galit\u00e9, dans lequel le terme diversit\u00e9 est d\u2019ailleurs largement soup\u00e7onn\u00e9 d\u2019\u00eatre une importation. On en parle m\u00eame comme d\u2019un terme \u00e9tranger. Les critiques sugg\u00e8rent en particulier que l\u2019usage en hausse du langage de la diversit\u00e9 refl\u00e8te la propagation d\u2019un discours manag\u00e9rial \u00e9tasunien. (AHMED [2012] 2019 : \u00a73)<\/p><\/blockquote>\n<p>On voit que la notion d\u2019inclusion s\u2019est \u00e9labor\u00e9e historiquement, dans des champs sp\u00e9cifiques, dans le cadre de probl\u00e9matisations sp\u00e9cifiques. Il est un autre champ au sein duquel la notion d\u2019inclusion s\u2019est d\u00e9velopp\u00e9e, c\u2019est celui des femmes. En effet, dans l\u2019histoire du f\u00e9minisme fran\u00e7ais, l\u2019inclusion a principalement signifi\u00e9 \u00ab\u00a0l\u2019inclusion politique des femmes\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>En France, cette revendication d\u2019inclusion s\u2019est notoirement articul\u00e9e en termes de parit\u00e9, depuis le d\u00e9but des ann\u00e9es 1990, dans un contexte qui, selon Joan Scott (2005), avait vu un \u00e9branlement de l\u2019universalisme r\u00e9publicain, une crise de la l\u00e9gitimit\u00e9 politique, et simultan\u00e9ment un durcissement du discours sur la \u00ab R\u00e9publique \u00bb.<\/p>\n<p>Dans un tel contexte, r\u00e9clamer une reconnaissance politique pour un groupe sp\u00e9cifique ouvrait la boite de pandore des r\u00e9clamations particuli\u00e8res (BERENI 2007). Pour inclure les femmes, les f\u00e9ministes de la parit\u00e9 vont alors pr\u00e9senter leurs revendications non pas comme une d\u00e9rogation mais comme un renforcement de l\u2019universalisme. Pour cela, il leur faudra faire du genre un rapport diff\u00e9rent des autres rapports sociaux, et les paritaristes d\u00e9velopperont trois arguments \u00e0 cet effet :<\/p>\n<ul>\n<li>un argument statistique : les femmes ne sont pas un groupe minoritaire mais la moiti\u00e9 de l\u2019humanit\u00e9<\/li>\n<li>un argument technique : les fronti\u00e8res du groupe sont clairement d\u00e9finies par des caract\u00e9ristiques permanentes<\/li>\n<li>un argument anthropologique : la bi-cat\u00e9gorisation sexuelle est une caract\u00e9ristique universelle de l\u2019humanit\u00e9<\/li>\n<\/ul>\n<p>En d\u00e9finissant le genre non pas comme un rapport social mais comme une cat\u00e9gorie, elles en faisaient le seul crit\u00e8re de division acceptable dans l\u2019universalisme (BERENI 2007). Cela a pu fonctionner, car le mod\u00e8le r\u00e9publicain fran\u00e7ais fonctionne sur un paradoxe qui associe universalisme et diff\u00e9rentialisme dans la d\u00e9finition de la communaut\u00e9 :<\/p>\n<blockquote><p>D\u2019un c\u00f4t\u00e9, le mod\u00e8le politique fran\u00e7ais, bas\u00e9 sur une vision constructiviste de la communaut\u00e9 de citoyens (entre autres cr\u00e9\u00e9e par l\u2019\u00e9cole publique r\u00e9publicaine) \u00e9tait cens\u00e9 s\u2019opposer \u00e0 une tradition de lib\u00e9ralisme individualiste, dans lequel l\u2019\u00c9tat jouait un r\u00f4le minimum. D\u2019un autre c\u00f4t\u00e9, le mod\u00e8le fran\u00e7ais \u00e9tait suppos\u00e9ment contraire au \u00ab\u00a0communautarisme\u00a0\u00bb et au multiculturalisme, puisqu\u2019il \u00e9tait bas\u00e9 sur une s\u00e9paration stricte entre \u00ab\u00a0soci\u00e9t\u00e9\u00a0\u00bb et \u00ab\u00a0politique\u00a0\u00bb, et ne reconnaissait ses citoyens que comme des \u00eatres abstraits (BERENI 2007).<\/p><\/blockquote>\n<p>Ce paradoxe r\u00e9publicain \u00e9claire le succ\u00e8s fran\u00e7ais de la notion d\u2019inclusion qui consiste \u00e0 inclure les femmes en tant que femme \u00e0 une communaut\u00e9 d\u2019individus abstraits (universalistes)-figures masculines :<\/p>\n<blockquote><p>En demandant l\u2019inscription du sexe au c\u0153ur m\u00eame de la d\u00e9finition de la citoyennet\u00e9 (= la sexuation des individus abstraits), les paritaristes \u00e9chappaient au fameux \u00ab\u00a0dilemme de la diff\u00e9rence\u00a0\u00bb : en se distinguant, d\u2019une part, de la conception universaliste traditionnelle qui ne reconna\u00eet pas le sexe comme cat\u00e9gorie politique, et, d\u2019autre part, d\u2019une vision \u00ab\u00a0participative\u00a0\u00bb de l\u2019inclusion, qui consisterait \u00e0 demander une repr\u00e9sentation des femmes en tant que femmes (SCOTT, cit\u00e9 par BERENI 2005 : 222).<\/p><\/blockquote>\n<p>On voit dans ces arguments que l\u2019inclusion n\u2019est pas l\u2019inclusion \u00e0 la R\u00e9publique, ni l\u2019inclusion \u00e0 une communaut\u00e9 particuli\u00e8re, mais l\u2019inclusion \u00e0 l\u2019universalisme, au sujet abstrait de l\u2019universalisme.<\/p>\n<p>Pour saisir la g\u00e9n\u00e9alogie de la notion d\u2019inclusion, toutefois, le seul cas fran\u00e7ais avec sa sp\u00e9cificit\u00e9 de l\u2019universalisme, ne suffit pas. On peut alors utilement regarder ce qui se passe dans un autre espace francophone, qui est celui du Qu\u00e9bec, o\u00f9 l\u2019histoire de l\u2019inclusion est tout \u00e0 fait diff\u00e9rente.<\/p>\n<p>Ricci montre que la F\u00e9d\u00e9ration des femmes du Qu\u00e9bec a une tradition de collaboration et de solidarit\u00e9 interreligieuse entre les femmes issues de la classe moyenne ou bourgeoise catholique, protestante et juive (2017 : 105). Avant la R\u00e9volution Tranquille, les organisations confessionnelles \u00e9taient des lieux majeurs de rencontres et d\u2019organisation des femmes (<em>ibid<\/em>). Cette vision des religions comme communaut\u00e9s va permettre d\u2019une part de penser un certain nombre de cat\u00e9gories sociales en termes de communaut\u00e9s et d\u2019autre part d\u2019adresser \u00e0 la F\u00e9d\u00e9ration des femmes la critique de ne pas repr\u00e9senter \u00e9galement toutes les communaut\u00e9s.<\/p>\n<p>Avec les ann\u00e9es 1970, et la diversification de l\u2019immigration, le d\u00e9bat va se reformuler en termes d\u2019int\u00e9gration, et de diversit\u00e9, dans un \u00ab\u00a0vocabulaire pluraliste\u00a0\u00bb comme le dit Ricci (2017 : 117)\u00a0 : \u00ab\u00a0\u201crespect des diff\u00e9rences\u201d, \u201cd\u2019\u00e9galit\u00e9 et de solidarit\u00e9 entre tous les membres de la soci\u00e9t\u00e9\u201d, et de la \u201cdouble oppression\u201d que subissaient les femmes autochtones. Ce discours inclusif retournait aux origines de la FFQ [F\u00e9d\u00e9ration des Femmes du Qu\u00e9bec], qui voulait regrouper toutes les femmes qu\u00e9b\u00e9coises sans distinction d\u2019origine ethnique, religieuse, ou linguistique\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Il s\u2019agit donc d\u2019inclure de la diversit\u00e9 \u00e0 la repr\u00e9sentation. L\u2019inclusivit\u00e9 est ici un pluralisme. L\u2019inclusion concerne alors non seulement les femmes, mais toutes les communaut\u00e9s racis\u00e9es, et dans une moindre mesure les minorit\u00e9s de classe, de sexualit\u00e9s, autochtones et de la ruralit\u00e9.<\/p>\n<p>Les d\u00e9veloppements contemporains de la notion d\u2019inclusion dans le f\u00e9minisme qu\u00e9b\u00e9cois en feront quasiment un synonyme de \u00ab\u00a0prise en compte de l\u2019intersectionnalit\u00e9\u00a0\u00bb. L\u00e9pinard parle d\u2019ailleurs \u00ab\u00a0d\u2019inclusion intersectionnelle\u00a0\u00bb (2015 : 153). C\u2019est le f\u00e9minisme comme activisme qui doit \u00eatre inclusif des minorit\u00e9s de race, de classe, de sexualit\u00e9s, des autochtones et des ruraux, mais aussi des travailleuses du sexe, et des femmes trans (FOURMENT 2021). Fourment \u00e9crit qu\u2019en alliant des conceptions foucaldiennes et mat\u00e9rialistes du pouvoir, les f\u00e9ministes queers mat\u00e9rialistes op\u00e8rent une \u00e9quivalence entre inclus\/exclus et dominants\/domin\u00e9s.<\/p>\n<blockquote><p>\u00ab Les exclus sont le p\u00f4le minoritaire de plusieurs oppressions (cat\u00e9gories utilis\u00e9es par les militantes) :<\/p>\n<ul>\n<li>patriarcat (homme\/femme)<\/li>\n<li>h\u00e9t\u00e9ronormativit\u00e9 (h\u00e9t\u00e9rosexuel\/homosexuel)<\/li>\n<li>cis-sexisme (cisgenre\/trans)<\/li>\n<li>capitalisme (bourgeois\/populaire)<\/li>\n<li>racisme (blanc\/racis\u00e9)<\/li>\n<li>colonialisme (allochtones\/autochtones)<\/li>\n<li>capacitisme (sans \/ avec handicap physique ou mental)<\/li>\n<li>grossophobie (mince\/gros, voluptueux) \u00bb (FOURMENT 2021 : 378-379)<\/li>\n<\/ul>\n<\/blockquote>\n<p>\u00c9l\u00e9onore L\u00e9pinard synth\u00e9tise la lecture canadienne et la lecture fran\u00e7aise\u00a0:<\/p>\n<blockquote><p>\u00ab\u00a0La politique canadienne officielle du multiculturalisme (\u2026) a signifi\u00e9 le rejet de l\u2019assimilation et la valorisation de la diversit\u00e9 culturelle. \u00c0 l\u2019inverse, le \u00ab\u00a0mod\u00e8le r\u00e9publicain\u00a0\u00bb fran\u00e7ais promeut une philosophie de l\u2019int\u00e9gration, mettant en valeur une culture partag\u00e9e, nationale plut\u00f4t que le pluralisme, un concept abstrait de la citoyennet\u00e9, l\u2019indiff\u00e9rence \u00e0 la couleur et l\u2019assimilation civique et culturelle des migrants comme des minorit\u00e9s religieuses.\u00a0\u00bb (LEPINARD 2015\u00a0: 154-155)<\/p><\/blockquote>\n<p>Dans les ann\u00e9es 2010, cette g\u00e9n\u00e9alogie s\u2019est encore complexifi\u00e9e avec l\u2019explosion de la pol\u00e9mique sur l\u2019\u00e9criture inclusive, portant la question linguistique au c\u0153ur de la notion d\u2019inclusivit\u00e9.<\/p>\n<p>Lorsqu\u2019en 2017, la pol\u00e9mique sur l\u2019\u00e9criture inclusive a \u00e9clat\u00e9 en France, elle a surpris par la violence et de l\u2019ampleur des d\u00e9bats. En effet, la question de la repr\u00e9sentation du genre dans le langage faisait tranquillement tache d\u2019huile depuis quelques ann\u00e9es, les derni\u00e8res pol\u00e9miques remontant aux ann\u00e9es 1980, autour de la f\u00e9minisation des noms de m\u00e9tiers. Mais au-del\u00e0 de la dimension pol\u00e9mique, c\u2019est aussi une transformation terminologique qui s\u2019est produite. En effet, depuis les ann\u00e9es 1980, les travaux linguistiques montraient une impressionnante h\u00e9t\u00e9rog\u00e9n\u00e9it\u00e9 terminologique, avec plus de 20 d\u00e9nominations, dont, par exemple :<\/p>\n<p><em>antisexisme linguistique\u00a0; d\u00e9masculinisation\u00a0; d\u00e9sexisation\u00a0; f\u00e9minisation\u00a0; genre alt\u00e9ritaire\u00a0; grammaire non-binaire\u00a0; langage des femmes\u00a0; neutralisation\u00a0; parit\u00e9 linguistique\u00a0; r\u00e9daction \u00e9pic\u00e8ne\u00a0; r\u00e9daction non-sexiste\u00a0; etc.<\/em><\/p>\n<p>C\u2019est seulement \u00e0 partir de 2017 que les expressions \u00ab\u00a0fran\u00e7ais inclusif\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0langage inclusif\u00a0\u00bb ou \u00ab\u00a0\u00e9criture inclusive\u00a0\u00bb s\u2019imposent, au d\u00e9triment des autres, montrant une nouvelle application du paradigme de l\u2019inclusion aux questions de langage, qui jusqu\u2019ici n\u2019avait pas eu lieu.<\/p>\n<p>En 2016, une agence de communication, Mots-cl\u00e9s, publie un Manuel d\u2019\u00e9criture inclusive. La parution du manuel est simultan\u00e9e au d\u00e9p\u00f4t, le 23 septembre 2016, de la marque \u00ab\u00a0\u00e9criture inclusive\u00a0\u00bb \u00e0 l\u2019Institut National de la Propri\u00e9t\u00e9 Industrielle, comme \u00ab\u00a0marque verbale\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Suite \u00e0 la parution de ce guide, l\u2019agence commercialisera des formations et de l\u2019accompagnement aux entreprises sous forme d\u2019ateliers d\u2019initiation ou de r\u00e9daction de contenus \u00e9ditoriaux.<\/p>\n<p>L\u2019\u00e9criture inclusive, telle que d\u00e9finie dans le manuel de l\u2019agence, recouvrirait la f\u00e9minisation des noms de m\u00e9tiers et l\u2019\u00e9vitement du masculin g\u00e9n\u00e9rique. Le manuel promeut \u00e9galement l\u2019utilisation typographique du point m\u00e9dian. Le point m\u00e9dian est un signe typographique employ\u00e9 dans des milieux f\u00e9ministes depuis longtemps. S\u2019il est difficile de dater son apparition pr\u00e9cise, on en trouve des traces d\u00e8s la d\u00e9cennie 2000 (ABBOU 2011). Des locutrices interrog\u00e9es en 2008 disent l\u2019employer car il est lisible, discret et qu\u2019il est d\u00e9di\u00e9 \u00e0 cet usage, contrairement au tiret ou au point classique, et ce, malgr\u00e9 la difficult\u00e9 technique \u00e0 le r\u00e9aliser (ABBOU 2017).<\/p>\n<p>Le choix \u2013 par l\u2019agence \u2013 de l\u2019expression \u00ab\u00a0\u00e9criture inclusive\u00a0\u00bb, permet de \u00ab\u00a0neutraliser la charge militante de la formulation\u00a0\u00bb, et le choix du point m\u00e9dian permet la promotion d\u2019une forme per\u00e7ue comme nouvelle, et donc susceptible d\u2019\u00eatre pol\u00e9mique (communication personnelle). C\u2019est donc paradoxalement avec une d\u00e9nomination qui se veut \u00ab\u00a0non-politique\u00a0\u00bb que se d\u00e9clenchera la pol\u00e9mique.<\/p>\n<p>Mais s\u2019il faut saluer le \u00ab\u00a0coup de com\u2019\u00a0\u00bb de l\u2019agence, il serait na\u00eff de penser qu\u2019une pol\u00e9mique politique d\u2019\u00e9chelle nationale soit seulement due \u00e0 une campagne publicitaire. Ce sont plut\u00f4t les reconfigurations du contexte politique et id\u00e9ologique fran\u00e7ais qui ont fait de l\u2019\u00e9criture inclusive une poudri\u00e8re, dans laquelle l\u2019agence de communication a \u00e9t\u00e9 l\u2019\u00e9tincelle (voir ABBOU 2023 pour une analyse d\u00e9taill\u00e9e de la controverse).<\/p>\n<p>De plus, il faut une fois de plus, prendre un peu de champ transnational et translingual pour voir qu\u2019hors de France, la notion d\u2019inclusion appliqu\u00e9e \u00e0 l\u2019\u00e9criture est en fait bien pr\u00e9sente depuis plusieurs d\u00e9cennies, offrant une g\u00e9n\u00e9alogie suppl\u00e9mentaire \u00e0 la notion.<\/p>\n<p>Du point de vue acad\u00e9mique, la premi\u00e8re occurrence que l\u2019on peut retrouver date de 1976, en anglais, dans un rapport de recherche, qui fait le point sur les nouveaux outils terminologiques propos\u00e9s par le D\u00e9partement du Travail \u00e9tats-uniens. En d\u2019autres termes, c\u2019est un travail sur la f\u00e9minisation des noms de m\u00e9tiers, titres et grades : \u00ab\u00a0Sexism, Language and Social Change\u00a0\u00bb, par Gertrude Berger et B\u00e9atrice Kachuck. On peut y lire :<\/p>\n<blockquote><p>\u00ab\u00a0From the feminist perspective, not only is the generic term man not <strong>inclusive<\/strong> of women on an equal plane with men but the frequency with which jobs are listed as male forms, such as foreman and master intentionally excluded women in fact as well as form\u00a0\u00bb (BERGER &amp; KACHUK 1976)<\/p><\/blockquote>\n<p>On ne parle pas encore de \u00ab\u00a0langage\u00a0inclusif\u00a0\u00bb ou d\u2019\u00a0\u00ab\u00a0\u00e9criture inclusive\u00a0\u00bb, mais c\u2019est une premi\u00e8re mention concernant le langage. Le terme appara\u00eet encore dans deux publications, respectivement de 1980 et 1982, \u00e0 propos des pronoms inclusifs :<\/p>\n<ul>\n<li>Todd-Mancillas, William R.; Meyers, Karen Ann. 1980. \u00ab\u00a0The Effects of Inclusive\/Exclusive Language on Reading Comprehension, Perceived Human Interest, and Likelihood of Inclusive Pronoun Usage.\u00a0\u00bb Paper presented at the <em>Annual Meeting of the International Communication Association<\/em> (30th, Acapulco, Mexico, May 18-23, 1980).<\/li>\n<li>Flanagan Anna M. &amp; Todd-Mancillas William R. 1982. \u00ab\u00a0Teaching inclusive generic pronoun usage: The effectiveness of an authority innovation\u2010decision approach versus an optional innovation\u2010decision approach\u00a0\u00bb <em>Communication Education<\/em>. Volume 31<\/li>\n<\/ul>\n<p>Ces travaux montrent que jusqu\u2019alors, \u00ab\u00a0inclusif\u00a0\u00bb est l\u2019une des variations possibles sur le th\u00e8me de la repr\u00e9sentation linguistique du genre, qui est discut\u00e9e par les linguistes et les f\u00e9ministes depuis la fin des ann\u00e9es 1970 et 1980. Mais ce ne sont pas que les linguistes qui commencent \u00e0 employer ce terme. En 1978, un article d\u2019anthropologie biblique para\u00eet dans <em>Theology Today <\/em>:<\/p>\n<ul>\n<li>Collins, A.Y. (1978). An Inclusive Biblical Anthropology. <em>Theology Today,<\/em> 34(4): 358-369.<\/li>\n<\/ul>\n<p>L\u00e0 encore, l\u2019expression \u00ab\u00a0inclusive language\u00a0\u00bb ou \u00ab\u00a0inclusive writing\u00a0\u00bb n\u2019appara\u00eet pas directement. Il faut attendre 1983, avec la parution de <em>The Inclusive Language Lectionary<\/em>,<a href=\"#_ftn3\" name=\"_ftnref3\">[3]<\/a> publi\u00e9 par le National Council of Churches, le Conseil \u0153cum\u00e9nique des \u00c9glises qui rassemblent les \u00e9glises pacifistes, protestantes, orthodoxes orientales, afro-am\u00e9ricaines et \u00e9vang\u00e9liques aux \u00c9tats-Unis. Il s\u2019agit d\u2019un lectionnaire r\u00e9form\u00e9, c\u2019est-\u00e0-dire d\u2019un livre liturgique qui contient des passages des textes religieux, destin\u00e9s \u00e0 \u00eatre lus lors de c\u00e9r\u00e9monies religieuses. C\u2019est la premi\u00e8re occurrence d\u2019une longue s\u00e9rie de textes inclusifs, de recommandations, de r\u00e9flexions ou de commentaires sur l\u2019inclusivit\u00e9 dans le langage religieux, par exemple :<\/p>\n<ul>\n<li>Withers, B. A. (1985). Inclusive Language and Religious Education. <em>Religious Education,<\/em> 80(4).<\/li>\n<li>Schreck, N. and Leach, M. (compilers). (1986). <em>Psalms Anew: In<\/em> <em>Inclusive Language<\/em>. Minnesota: Saint Mary\u2019s Press.<\/li>\n<li>Ellingworth, P. (1987). Translating the Bible Inclusively. <em>Meta<\/em>, 32 (1): 46\u201354.<\/li>\n<li>Hardesty, N. (1987). <em>Inclusive Language in the Church.<\/em> Louisville: John Knox Press.<\/li>\n<\/ul>\n<p>Ce sera le d\u00e9but d\u2019une importante production sur la question de l\u2019inclusion des femmes au discours religieux protestant, dans ses diff\u00e9rents courants th\u00e9ologiques, qui fait \u00e9cho aux questions qui traversent les soci\u00e9t\u00e9s dans les ann\u00e9es 1970. Les questions centrales que soul\u00e8vent cette discussion, sont par exemple, chez Nancy Hardesty (1987) :<\/p>\n<ul>\n<li>Est-ce que Dieu est de genre masculin\/m\u00e2le ?<\/li>\n<li>Est-ce que Dieu s\u2019est fait homme ou humain dans le christ\u00a0?<\/li>\n<li>Est-ce que J\u00e9sus est l\u2019homme d\u2019un homme ?<\/li>\n<li>Est-ce qu\u2019un sauveur masculin peut sauver les femmes ?<\/li>\n<li>Si le christianisme est une religion sexiste, les femmes ont-elles une place dedans ?<\/li>\n<li>La question du langage inclusif soul\u00e8ve aussi la question de l\u2019inclusivit\u00e9 de l\u2019\u00e9vangile.<\/li>\n<li>\u00c0 qui s\u2019adressent les \u00e9critures ?<\/li>\n<li>De qui Dieu est-il le dieu ?<\/li>\n<\/ul>\n<p>Les \u00e9vang\u00e9listes ajouteront qu\u2019il s\u2019agit \u00e9galement de refl\u00e9ter plus correctement la volont\u00e9 de dieu, liant ainsi la notion d\u2019inclusion \u00e0 celle de la diversit\u00e9 : \u00ab\u00a0the diversity that is evident in God\u2019s miraculous creation\u00a0\u00bb (Policy of Inclusive Language in the Life and Ministry of the Community of Christ, 2008).<\/p>\n<p>Ainsi, l\u2019inclusion concerne en premier lieu les femmes, mais \u00e9galement toute minorit\u00e9. Dans une liste tr\u00e8s similaire \u00e0 ce qu\u2019on peut trouver aujourd\u2019hui, Hardesty liste : \u00ab\u00a0On a human level, an effort to use more inclusive language makes us aware not only of our sexism, but also of our racism, elitism, nationalism, classism, ageism, homophobia, and all our other prejudices\u00a0\u00bb (1987 : 15).<\/p>\n<p>Il faut noter que si Hardesty mentionne ici l\u2019homophobie, ce ne sera que rarement le cas. La plupart des textes \u00e9largissent l\u2019inclusion au-del\u00e0 du genre \u00e0 la classe, \u00e0 la race et m\u00eame parfois aux mod\u00e8les familiaux (par exemple les couples sans enfant), mais la sexualit\u00e9 est, la plupart du temps, la principale absente de cette inclusion.<\/p>\n<p>Cet engouement protestant pour le langage inclusif se refl\u00e8te ainsi dans la production acad\u00e9mique en th\u00e9ologie, ainsi que dans un grand nombre de livres, d\u2019articles de presse ou de bulletins religieux consacr\u00e9s \u00e0 la question dans les ann\u00e9es 1980. Au m\u00eame moment, les f\u00e9ministes et\/ou les linguistes anglophones d\u00e9battent \u00e9galement de cette question de la d\u00e9signation et de la prise de parole des femmes, mais n\u2019en parlent pas en termes d\u2019inclusion.<\/p>\n<p>Cela est \u00e9galement confirm\u00e9 par les donn\u00e9es de Daniel Elmiger (2020), qui a collect\u00e9 pr\u00e8s de 1200 guides de langue non-sexistes dans pr\u00e8s de 30 langues. Parmi les guides anglais, trois des quatre premiers guides \u00e0 utiliser \u00ab\u00a0Inclusive Language\u00a0\u00bb appartiennent au domaine religieux (protestant) :<\/p>\n<ul>\n<li>Metropolitan Community Churches. (1981). <em>Inclusive language policy and guidelines<\/em>. Hoffman, Miller and Aaron Miller (ed.).<\/li>\n<li>Uniting Church Theological Hall. (1989). <em>Policy on Inclusive Language.<\/em><\/li>\n<li>MacLauchlan, B. (1997). <em>Just<\/em> <em>language: A guide to inclusive language in the United Church of Canada<\/em>. Etobicoke: Division of Mission in Canada, United Church of Canada.<\/li>\n<\/ul>\n<p>La th\u00e9ologie protestante anglophone nord-am\u00e9ricaine a ainsi \u00e9t\u00e9 un important vivier de promotion et de diffusion de la notion de langage inclusif. Ou, pour le dire autrement, l\u2019inclusion est un paradigme qui a \u00e9t\u00e9 largement promu par l\u2019\u00c9glise r\u00e9form\u00e9e.<\/p>\n<p>Cette g\u00e9n\u00e9alogie trouvera des prolongements francophones au Qu\u00e9bec, o\u00f9 la premi\u00e8re r\u00e9f\u00e9rence en fran\u00e7ais de l\u2019expression \u00ab\u00a0langage inclusif\u00a0\u00bb est canadienne et concerne \u00e9galement la th\u00e9ologie. Il s\u2019agit de :<\/p>\n<ul>\n<li>Gourgues, M. (1987). Compte-rendu de l\u2019ouvrage <em>L\u2019\u00c9glise que voulait J\u00e9sus,<\/em> de Gerhard Lohfink. <em>Laval th\u00e9ologique et philosophique,<\/em> 43(1).<\/li>\n<\/ul>\n<p>Deux ans plus tard, au Qu\u00e9bec, para\u00eet :<\/p>\n<ul>\n<li>Dumais M. and Roy A.-M. (1989). <em>Souffles de femmes. Lectures f\u00e9ministes de la religion<\/em>. Montr\u00e9al: \u00c9ditions Paulines; Paris: M\u00e9diaspaul.<\/li>\n<\/ul>\n<p>L\u2019ouvrage comporte un chapitre sur le langage inclusif. L\u2019ann\u00e9e suivante, en 1990, trois r\u00e9f\u00e9rences paraissent mentionnant le langage inclusif, qui sont toutes trois des \u00e9crits th\u00e9ologiques qu\u00e9b\u00e9cois.<\/p>\n<p>C\u2019est en 1992 que sort la premi\u00e8re occurrence en fran\u00e7ais qui ne soit pas issue de la religion. Il s\u2019agit d\u2019un article de la linguiste f\u00e9ministe qu\u00e9b\u00e9coise H\u00e9l\u00e8ne Dumais :<\/p>\n<ul>\n<li>Dumais H. (1992). \u00ab\u00a0Pour un genre \u00e0 part enti\u00e8re\u00a0\u00bb. <em>Recherches f\u00e9ministes<\/em> 5(1): 169\u2013174.<\/li>\n<\/ul>\n<p>On voit donc que dans le double mouvement interlangue (anglais\/fran\u00e7ais) et transatlantique (Am\u00e9rique du Nord \/ Europe), plusieurs sens de l\u2019inclusion circulent et s\u2019entrechoquent, de l\u2019inclusion r\u00e9publicaine du sujet universaliste aux questions de repr\u00e9sentations de la diversit\u00e9, de l\u2019inclusion th\u00e9ologique des croyantes \u00e0 l\u2019intersectionnalit\u00e9 mat\u00e9rialiste queer en passant par la lutte contre les discriminations.<\/p>\n<p>Ces g\u00e9n\u00e9alogies h\u00e9t\u00e9rog\u00e8nes conf\u00e8rent au concept une complexit\u00e9 qui en fait donc un lieu hautement pertinent \u00e0 interroger.<\/p>\n<h3 id=\"-l\u2019inclusion-au-prisme-de-la\">2. L\u2019inclusion au prisme de la communication institutionnelle<\/h3>\n<p>Au cours des derni\u00e8res d\u00e9cennies, la notion d\u2019inclusion s\u2019est impos\u00e9e comme un mot-cl\u00e9 incontournable des discours institutionnels (KRIEG-PLANQUE 2012), au point de devenir un v\u00e9ritable op\u00e9rateur de l\u00e9gitimation des politiques publiques, des pratiques organisationnelles et des strat\u00e9gies de communication. Loin de constituer un concept univoque, l\u2019inclusion se caract\u00e9rise par une dimension \u00e9volutive et comporte de multiples d\u00e9clinaisons qu\u2019elles soient \u00e9conomiques, professionnelles, sociales ou culturelles (BOUQUET 2015).<\/p>\n<p>Cette pluralit\u00e9 de sens conf\u00e8re \u00e0 la notion d\u2019inclusion une complexit\u00e9 particuli\u00e8re (PRINTZ 2020), qui en fait un lieu de tension et de n\u00e9gociation dans les discours institutionnels, tout sp\u00e9cialement en raison du foss\u00e9 in\u00e9vitable entre conceptualisation et application d\u2019autant plus que ce terme ne trouve pas son origine dans le champ des sciences humaines et sociales. Il proc\u00e8de plut\u00f4t d\u2019un travail de res\u00e9mantisation qui l\u2019\u00e9loigne de ses usages scientifiques originels\u00a0: dans les productions discursives des institutions il ne renvoie plus \u00e0 un \u00e9tat ou \u00e0 une propri\u00e9t\u00e9 formelle, mais \u00e0 un processus dynamique et \u00e0 un objectif normatif visant \u00e0 construire des soci\u00e9t\u00e9s inclusives, \u00e0 savoir\u00a0:<\/p>\n<blockquote><p>based on respect for all human rights and fundamental freedoms, cultural and religious diversity, social justice and the special needs of vulnerable and disadvantaged groups, democratic participation and the rule of law. It is promoted by social policies that seek to reduce inequality and create flexible and tolerant societies that embrace all people. (NATIONS UNIES DESA 2009 : 8).<\/p><\/blockquote>\n<p>Cet \u00e9lan visant \u00e0 d\u00e9passer\u00a0les diff\u00e9rences afin de garantir l\u2019\u00e9galit\u00e9 des chances, mais aussi la pleine capacit\u00e9 de l\u2019ensemble de ses membres \u00e0 participer \u00e0 la co-construction des institutions sociales, se traduit dans la n\u00e9cessit\u00e9 d\u2019int\u00e9grer les individus, dans leur diversit\u00e9, aux processus par lequel la soci\u00e9t\u00e9 est organis\u00e9e et gouvern\u00e9e (NATIONS UNIES DESA 2009). Dans le cadre de la communication institutionnelle, ce d\u00e9placement rev\u00eat une importance particuli\u00e8re en ce qu\u2019il place le langage au c\u0153ur du processus : la compr\u00e9hension, l\u2019accessibilit\u00e9 et l\u2019appropriation des discours institutionnels deviennent des conditions indispensables \u00e0 l\u2019\u00e9largissement de la participation. Ainsi, appliqu\u00e9 au langage, l\u2019adjectif <em>inclusif<\/em> renvoie \u00e0 des pratiques visant \u00e0 garantir l\u2019accessibilit\u00e9 des contenus, \u00e0 \u00e9largir la participation et \u00e0 assurer une repr\u00e9sentation plus \u00e9quitable de tous les publics, et en particulier des groupes traditionnellement marginalis\u00e9s ou exclus. L\u2019inclusion et l\u2019accessibilit\u00e9 s\u2019av\u00e8rent \u00eatre les principes m\u00eames r\u00e9gissant toute communication institutionnelle dont le but est de produire des discours non discriminants, cens\u00e9s prendre en compte cette diversit\u00e9. Ce type de communication suppose une attention particuli\u00e8re aux choix linguistiques, terminologiques et \u00e9nonciatifs, dans la mesure o\u00f9 ceux-ci peuvent soit favoriser la participation et le sentiment d\u2019appartenance, soit, au contraire, reconduire des m\u00e9canismes d\u2019exclusion symbolique. Cette reconfiguration notionnelle \u00e9rige l\u2019inclusion en principe central porteur d\u2019une forte valeur axiologique : si elle est investie d\u2019id\u00e9aux d\u2019\u00e9quit\u00e9 et de justice sociale, elle demeure n\u00e9anmoins expos\u00e9e \u00e0 des usages flous, susceptibles d\u2019en r\u00e9duire la port\u00e9e effective sur les pratiques communicationnelles.<\/p>\n<p>Afin de mieux comprendre la place qu\u2019occupe l\u2019inclusion dans ces pratiques, ainsi que les tensions qu\u2019elle cristallise entre vis\u00e9es prescriptives et mises en \u0153uvre discursives, il nous semble pertinent d\u2019explorer le discours terminographique des institutions (RAUS 2013) en tant que r\u00e9v\u00e9lateur de leur positionnement par rapport \u00e0 cette notion et, par cons\u00e9quent, de sa prise en charge dans l\u2019\u00e9laboration des politiques de communication<a href=\"#_ftn4\" name=\"_ftnref4\">[4]<\/a> . La consultation des bases de donn\u00e9es institutionnelles constitue alors une clef d\u2019entr\u00e9e privil\u00e9gi\u00e9e pour explorer les d\u00e9calages qui se produisent entre langue, pouvoir, id\u00e9ologie et pratiques de communication au sein des institutions. Si nous admettons que \u00ab\u00a0les terminographes aussi finissent par produire, de par leurs choix, un discours terminographique pr\u00e9cis\u00a0\u00bb (RAUS 2013\u00a0: 93) et que ce discours peut varier d\u2019une organisation \u00e0 l\u2019autre, la pr\u00e9sence de bases de donn\u00e9es institutionnelles de plus en plus riches permet d\u2019identifier des \u00e9l\u00e9ments utiles pour sonder les interstices de la communication institutionnelle inclusive.\u00a0 Donc, au prisme de la notion d\u2019inclusion, comment se configure la communication institutionnelle ?<\/p>\n<h4 id=\"\"><strong>2.1. La communication inclusive \u00e0 l\u2019ONU : le portail UNTERM\u00a0<\/strong><\/h4>\n<p>Dans la sph\u00e8re internationale et supranationale, le portail terminologique multilingue de l\u2019Organisation des Nations unies, UNTERM, constitue un outil central de normalisation en assurant la collecte, l\u2019harmonisation et la diffusion de la terminologie li\u00e9es aux sujets trait\u00e9s par l\u2019Organisation dans ses six langues officielles (anglais, arabe, chinois, espagnol, fran\u00e7ais, russe). Cette base de donn\u00e9es regroupe \u00ab\u00a0des centaines de milliers de termes, y compris les noms officiels des pays, des ensembles de donn\u00e9es phras\u00e9ologiques et toute une s\u00e9rie de toponymes et de noms propres\u00a0\u00bb<a href=\"#_ftn5\" name=\"_ftnref5\">[5<sup>]<\/sup><\/a>. Dans la page de pr\u00e9sentation, disponible en acc\u00e8s ouvert sur Internet, l\u2019ONU affiche son approche de la communication inclusive en int\u00e9grant la r\u00e9daction \u00e9pic\u00e8ne qui repose sur le d\u00e9doublement lexical\u00a0:<\/p>\n<blockquote><p>Le portail est accessible 24 heures sur 24 par <strong>des utilisateurs et utilisatrices<\/strong> du monde entier, notamment des <strong>traducteurs et traductrices<\/strong>, des interpr\u00e8tes et d\u2019autres membres du personnel, des <strong>repr\u00e9sentants et repr\u00e9sentantes<\/strong> de d\u00e9l\u00e9gations et des particuliers de tous les pays. (UNTERM)<\/p><\/blockquote>\n<p>Ces choix linguistiques t\u00e9moignent \u00e0 la fois d\u2019une reconnaissance symbolique et d\u2019un alignement avec un syst\u00e8me de valeurs propres \u00e0 l\u2019institution (\u00e9galit\u00e9, diversit\u00e9, non-discrimination), et d\u2019une forme de multilinguisme inclusif fa\u00e7onn\u00e9 par les contraintes propres de la communication multilingue (GABORIAUX <em>et al.<\/em> 2022\u00a0; de SAINT-ROBERT 2022).<\/p>\n<p>Afin de circonscrire l\u2019analyse, nous avons retenu l\u2019expression <em>communication inclusive<\/em> et l\u2019adjectif <em>inclusif\/inclusive<\/em> en tant que points d\u2019entr\u00e9e pour l\u2019exploration de cette ressource terminologique institutionnelle.<\/p>\n<p>Dans cette base de donn\u00e9es, le syntagme\u00a0\u00ab\u00a0communication inclusive\u00a0\u00bb\u00a0fait l\u2019objet de deux fiches distinctes\u00a0: l\u2019une renvoie \u00e0 l\u2019<em>Initiative mondiale pour des technologies de l\u2019information et de la\u00a0communication\u00a0inclusives<\/em> (acronyme anglais\u00a0: G3ict)<em>,<\/em> l\u2019autre aux <em>Lignes directrices pour l\u2019inclusion du handicap dans les communications<\/em>. Dans les deux cas, les documents de r\u00e9f\u00e9rence op\u00e8rent une s\u00e9mantisation de l\u2019inclusion qui tend \u00e0 en restreindre la port\u00e9e conceptuelle, en l\u2019adossant prioritairement \u00e0 la notion d\u2019accessibilit\u00e9. Dans les sources cit\u00e9es dans les deux fiches, l\u2019inclusion se voit reconfigur\u00e9e, d\u2019une part en un ensemble de normes techniques et fonctionnelles d\u2019acc\u00e8s \u00e0 l\u2019information\u00a0:<\/p>\n<ol>\n<li>\n<blockquote><p>L\u2019UIT [Union Internationale des t\u00e9l\u00e9communications] et l\u2019Initiative mondiale pour des TIC inclusives (G3ict) ont consacr\u00e9 un forum commun \u00e0 la \u00ab Convention des Nations Unies relative aux droits des personnes handicap\u00e9es : enjeux et perspectives de la normalisation des TIC \u00bb le 21 avril 2008 \u00e0 Gen\u00e8ve. Les participants y ont examin\u00e9 des normes techniques, parl\u00e9 de d\u00e9veloppement de produits et discut\u00e9 de politiques publiques destin\u00e9es \u00e0 la mise en \u0153uvre des dispositions de la Convention, qui est entr\u00e9e en vigueur le 3 mai de cette ann\u00e9e<a href=\"#_ftn6\" name=\"_ftnref6\">[6]<\/a>;<\/p><\/blockquote>\n<\/li>\n<\/ol>\n<p>d\u2019autre part, elle est norm\u00e9e en tant que principe r\u00e9gulateur et outil strat\u00e9gique pour garantir que la communication devienne accessible et puisse \u00eatre ainsi un levier d\u2019inclusion pour les personnes handicap\u00e9es :<\/p>\n<ol start=\"2\">\n<li>\n<blockquote><p>Dans un monde connect\u00e9 en permanence, l\u2019aptitude \u00e0 la communication est une comp\u00e9tence transversale que tout fonctionnaire de l\u2019Organisation des Nations Unies (ONU) doit absolument poss\u00e9der. Des communications inclusives et accessibles profitent \u00e0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 toutes\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 les\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 personnes, qu\u2019elles soient ou non handicap\u00e9es. Inclure le handicap dans les communications, c\u2019est tenir compte de la diversit\u00e9 de nos soci\u00e9t\u00e9s.<a href=\"#_ftn7\" name=\"_ftnref7\">[7]<\/a>\u00a0\u00bb<\/p><\/blockquote>\n<\/li>\n<\/ol>\n<p>Cette orientation prend forme dans un texte non contraignant visant \u00e0 encadrer les usages linguistiques et communicationnels dans l\u2019organisation. En effet, les <em>Lignes directrices pour l\u2019inclusion du handicap dans les communications<\/em> explicitent les finalit\u00e9s assign\u00e9es \u00e0 la communication inclusive et accessible, con\u00e7ue comme un v\u00e9ritable levier de transformation des pratiques institutionnelles, et introduit des \u00e9l\u00e9ments de langage (KRIEG-PLANQUE, OGER 2015) pour sa mise en \u0153uvre. Adress\u00e9es aux coordonnateurs des communications de l\u2019ONU et aux autres membres du personnel de l\u2019Organisation, elles ont pour but de les aider \u00e0 rendre toutes les communications inclusives et accessibles, en raison du fait que des \u00ab\u00a0communications inclusives et accessibles permettent de lutter contre les pr\u00e9jug\u00e9s et la discrimination, et elles favorisent l\u2019inclusion et la participation \u00bb (NATIONS UNIES 2022\u00a0: 1). Dans cette perspective, l\u2019accessibilit\u00e9 est pens\u00e9e comme un crit\u00e8re de qualit\u00e9 communicationnelle et de l\u00e9gitimit\u00e9 institutionnelle, \u00e0 int\u00e9grer d\u00e8s la conception des messages, en fonction de la diversit\u00e9 des publics et des situations de r\u00e9ception\u00a0:<\/p>\n<blockquote><p>Les lignes directrices peuvent \u00eatre utilis\u00e9es par les membres du personnel de l\u2019ONU dans toutes leurs communications, lorsqu\u2019ils envoient des courriels et des notes de r\u00e9union, \u00e9laborent des documents, participent \u00e0 des consultations, \u00e9changent sur des plateformes num\u00e9riques ou m\u00e8nent\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 des\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 campagnes\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 multim\u00e9dias.\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 \u00c9tablies \u00e0 partir des meilleures pratiques et illustr\u00e9es par des exemples, elles conseillent sur l\u2019attitude \u00e0 adopter face au handicap et expliquent comment cr\u00e9er des contenus inclusifs et accessibles. (NATIONS UNIES 2022 : 3)<\/p><\/blockquote>\n<p>Pr\u00e9sent\u00e9es sous forme de recommandations, elles insistent sur la mobilisation de formats pluriels et redondants (langue claire, formats alternatifs, multimodalit\u00e9), sur le respect des standards internationaux d\u2019accessibilit\u00e9 num\u00e9rique et sur l\u2019adoption d\u2019un discours non \u00ab\u00a0capacitiste\u00a0\u00bb, conforme \u00e0 une approche fond\u00e9e sur les droits humains, visant \u00e0 faire \u00e9voluer les mentalit\u00e9s.<\/p>\n<p>L\u2019adjectif \u00ab\u00a0inclusif\u00a0\u00bb, qualifiant le type de communication \u00e0 mettre en \u0153uvre, nous permet d\u2019\u00e9largir le cadre de notre r\u00e9flexion. Ins\u00e9r\u00e9s dans UNTERM comme mot cl\u00e9, les r\u00e9sultats obtenus apportent des \u00e9l\u00e9ments d\u2019analyse compl\u00e9mentaires.<\/p>\n<p>Tout d\u2019abord, on remarque que le premier r\u00e9sultat propos\u00e9 (sur un total de 42 fiches extraites qui concernent majoritairement les domaines \u00e9conomique et social) est \u00e9tiquet\u00e9 comme \u00ab\u00a0Question de genre\u00a0\u00bb et qu\u2019il figure parmi une liste d\u2019\u00e9quivalents optionnels (<em>neutre, non genr\u00e9, non sexiste, sans distinction de genre<\/em>) pour le terme anglais\u00a0<em>gender-neutral<\/em>, ce qui sugg\u00e8re une certaine variation discursive.\u00a0 Son contenu s\u00e9mantique d\u00e9pend directement du terme anglais \u00ab\u00a0gender-neutral\u00a0\u00bb et de sa d\u00e9finition\u00a0: \u00ab\u00a0Policy, programme or situation that has no differential positive or negative impact in terms of gender relations or equality between women and men. European Institute for Equality\u00a0\u00bb. Toutefois une note d\u2019usage est fournie aux personnels des services linguistiques de l\u2019Organisation afin de les solliciter \u00e0 prendre en compte la pertinence contextuelle\u00a0:<\/p>\n<blockquote><p><strong>Note:<\/strong>\u00a0L\u2019\u00e9quivalent \u00e0 utiliser d\u00e9pend souvent du substantif auquel \u00ab gender-neutral \u00bb se rapporte. Exemples : Gender-neutral attitude = attitude (ou conduite) non sexiste, libre (ou exempte) de tout pr\u00e9jug\u00e9 sexiste, exempte (ou d\u00e9pourvue) de sexisme. Gender-neutral expression = formulation neutre ; tournure neutre. Gender-neutral first name = pr\u00e9nom mixte ; pr\u00e9nom unisexe. Gender-neutral policy = politique d\u00e9nu\u00e9e de consid\u00e9rations genr\u00e9es, exempte de pr\u00e9jug\u00e9s sexistes ; politique non sexiste. Gender-neutral toilets = toilettes neutres ; toilettes non genr\u00e9es ; toilettes mixtes. Gender-neutral writing = r\u00e9daction \u00e9pic\u00e8ne.<\/p><\/blockquote>\n<p>Combin\u00e9 au substantif \u00ab\u00a0langage\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0inclusif\u00a0\u00bb revient au domaine des \u00ab\u00a0Droits humains\u00a0\u00bb et du \u00ab\u00a0Handicap\u00a0\u00bb en tant que variante synth\u00e9tique de <em>langage incluant le handicap<\/em>. Cette acception, valid\u00e9e par la Section fran\u00e7aise de traduction de l\u2019ONUG (mai 2021), est toutefois accompagn\u00e9e d\u2019une recommandation d\u2019usage\u00a0conseillant de l\u2019employer \u00ab\u00a0Quand il est clair qu\u2019on parle du handicap et que le terme est sous-entendu\u00a0\u00bb<a href=\"#_ftn8\" name=\"_ftnref8\">[8]<\/a>.\u00a0 En ce qui concerne la source, la fiche terminologique renvoie aux principes \u00e9nonc\u00e9s dans le document\u00a0: <em>Lignes directrices pour l\u2019inclusion du handicap dans la langue \u00e9crite et orale<\/em>.<a href=\"#_ftn9\" name=\"_ftnref9\">[9]<\/a><\/p>\n<h4 id=\"2-la-communication-inclusive-d\"><strong>2.2. La communication inclusive de l\u2019UE\u00a0: la base de donn\u00e9es IATE<\/strong><\/h4>\n<p>Les discours institutionnels s\u2019inscrivant dans un espace interdiscursif marqu\u00e9 par la circulation de textes et de termes, les pratiques de communication inclusive peuvent \u00eatre observ\u00e9es par le biais de l\u2019analyse d\u2019outils terminologiques. Dans le contexte europ\u00e9en, la base de donn\u00e9es IATE (<em>Interactive Terminology for Europe<\/em>)<a href=\"#_ftn10\" name=\"_ftnref10\">[10]<\/a> permet ainsi d\u2019examiner la mani\u00e8re dont les institutions de l\u2019Union europ\u00e9enne se montrent plus ou moins poreuses aux pratiques linguistiques et communicationnelles de l\u2019inclusion. Afin d\u2019assurer la coh\u00e9rence m\u00e9thodologique avec la recherche men\u00e9e sur les ressources onusiennes, nous avons retenu les m\u00eames mots-cl\u00e9s, \u00e0 savoir <em>communication inclusive<\/em> et <em>inclusif\/inclusive. <\/em>En observant la structuration des fiches, les d\u00e9finitions propos\u00e9es, les \u00e9quivalents multilingues et les contextes d\u2019usage, il devient ainsi possible d\u2019interroger la mani\u00e8re dont la communication inclusive se construit \u00e0 travers les pratiques terminologiques de l\u2019Union europ\u00e9enne.<\/p>\n<p>Le terme complexe \u00ab\u00a0communication inclusive\u00a0\u00bb est enregistr\u00e9 dans deux fiches terminologiques. La premi\u00e8re reporte le syntagme exact et sa d\u00e9finition synth\u00e9tique\u00a0tout en l\u2019inscrivant clairement dans le champ de la communication : \u00ab\u00a0mani\u00e8re de communiquer verbalement et visuellement afin d\u2019inclure tout le monde et d\u2019\u00e9viter les st\u00e9r\u00e9otypes\u00a0\u00bb<a href=\"#_ftn11\" name=\"_ftnref11\">[11]<\/a>. La d\u00e9finition retenue par IATE s\u2019appuie sur les textes affich\u00e9s sur le site du Conseil de l\u2019Union Europ\u00e9enne, et notamment sur le document cr\u00e9\u00e9 en 2018 par les soins du Bureau pour l\u2019\u00e9galit\u00e9 des chances, intitul\u00e9 <em>La communication inclusive au Secr\u00e9tariat G\u00e9n\u00e9ral du Conseil<\/em>. Il est reconnu\u00a0que\u00a0:<\/p>\n<blockquote><p>La langue \u00e9volue sans cesse, le vocabulaire change et notre choix de termes devrait traduire cette \u00e9volution. S&#8217;exprimer de mani\u00e8re neutre, sans pr\u00e9jug\u00e9s ni st\u00e9r\u00e9otypes, est une fa\u00e7on de tourner le dos \u00e0 des id\u00e9es qui n&#8217;ont plus cours sur les hommes, les femmes, les personnes handicap\u00e9es et les autres groupes de la soci\u00e9t\u00e9. (CONSEIL UE 2018 : 5)<\/p><\/blockquote>\n<p>Une remarque de type s\u00e9mantique est ins\u00e9r\u00e9e dans cette fiche dans le but de pr\u00e9ciser que la communication inclusive \u00ab\u00a0Ne couvre pas seulement les probl\u00e9matiques de genre, mais aussi par exemple de handicap\u00a0\u00bb (IATE).<\/p>\n<p>La deuxi\u00e8me occurrence renvoie non pas au concept de communication en tant que tel, mais \u00e0 une entit\u00e9, le \u00ab r\u00e9seau sur la communication inclusive \u00bb, d\u00e9signant les \u00ab\u00a0repr\u00e9sentants et repr\u00e9sentantes de tous les services du Secr\u00e9tariat g\u00e9n\u00e9ral du Conseil de l\u2019UE, mis en place pour promouvoir et int\u00e9grer la communication inclusive \u00e0 tous les niveaux dans l\u2019ensemble du SGC\u00a0\u00bb\u00a0; elle assume une valeur essentiellement op\u00e9rationnelle en offrant un point d\u2019observation privil\u00e9gi\u00e9 de l\u2019institutionnalisation de la communication inclusive \u00e0 travers ses dispositifs organisationnels<a href=\"#_ftn12\" name=\"_ftnref12\">[12]<\/a>.<\/p>\n<p>L\u2019analyse des termes corr\u00e9l\u00e9s, sugg\u00e9r\u00e9s dans la fiche \u00ab\u00a0communication inclusive\u00a0\u00bb, rev\u00eat d\u00e8s lors un int\u00e9r\u00eat terminologique particulier, dans la mesure o\u00f9 elle permet de reconstituer le champ notionnel dans lequel le syntagme est inscrit. Les renvois aux fiches IATE concernant <em>langage inclusif<\/em> et <em>inclusivit\u00e9<\/em> produisent une extension s\u00e9mantique de ce concept, qui se d\u00e9ploie du niveau communicationnel vers des cat\u00e9gories plus englobantes, \u00e0 la fois discursives et axiologiques.<\/p>\n<p>Une seule fiche est d\u00e9di\u00e9e au terme <em>langage inclusif<\/em> se r\u00e9f\u00e9rant au m\u00eame texte du Conseil de l\u2019Union Europ\u00e9enne\u00a0: il consisterait<\/p>\n<blockquote><p>\u00ab \u00e0 \u00e9viter les formulations susceptibles d&#8217;\u00eatre interpr\u00e9t\u00e9es comme porteuses de pr\u00e9jug\u00e9s ou de discriminations envers certaines personnes ou certains groupes sociaux, qu\u2019ils soient li\u00e9s, par exemple, au genre, \u00e0 l&#8217;orientation sexuelle, au handicap, \u00e0 l&#8217;\u00e2ge, \u00e0 l&#8217;origine, ou encore \u00e0 la religion ou aux convictions \u00bb<a href=\"#_ftn13\" name=\"_ftnref13\">[13]<\/a>.<\/p><\/blockquote>\n<p>Il est int\u00e9ressant de constater que le contexte d\u2019usage propos\u00e9 dans la fiche fait partie d\u2019un document onusien (<em>Le langage inclusif &#8211; Contexte et objectif<\/em>)<a href=\"#_ftn14\" name=\"_ftnref14\">[14]<\/a>, ce qui inscrit d\u2019embl\u00e9e la d\u00e9finition du terme dans un interdiscours institutionnel transnational. En outre, ce contexte permet de gloser la d\u00e9finition en lui attribuant une valeur positive : \u00ab\u00a0Comme la langue a le pouvoir de faire \u00e9voluer les attitudes culturelles et sociales, l&#8217;emploi d&#8217;un langage inclusif est un bon moyen de promouvoir l\u2019\u00e9galit\u00e9 de genre et de lutter contre les pr\u00e9jug\u00e9s\u00a0\u00bb<a href=\"#_ftn15\" name=\"_ftnref15\">[15]<\/a>. Par ailleurs, la fiche admet comme synonyme l\u2019expression <em>formulation inclusive<\/em>, accompagn\u00e9e de la m\u00eame d\u00e9finition et illustr\u00e9e par un exemple d\u2019usage (\u00ab lorsqu\u2019est utilis\u00e9e une formulation inclusive telle que \u201ccandidates et candidats\u201d \u00bb), ce qui renvoie implicitement \u00e0 la pratique de la r\u00e9daction \u00e9pic\u00e8ne et confirme l\u2019ancrage du terme dans des choix r\u00e9dactionnels norm\u00e9s. Une attention toute particuli\u00e8re m\u00e9rite \u00e9galement le renvoi \u00e0 la fiche consacr\u00e9e au terme \u00ab\u00a0langage non sexiste\u00a0\u00bb, hi\u00e9rarchis\u00e9 sous le syntagme \u00ab\u00a0langage neutre du point de vue du genre\u00a0\u00bb et sa forme abr\u00e9g\u00e9e \u00ab\u00a0langage neutre\u00a0\u00bb, et plac\u00e9 en amont du terme \u00ab\u00a0langage \u00e9pic\u00e8ne\u00a0\u00bb. Toutes ces variantes sont associ\u00e9es au m\u00eame \u00e9nonc\u00e9 d\u00e9finitionnel\u00a0: \u00ab\u00a0langage traduisant l&#8217;\u00e9galit\u00e9 entre les femmes et les hommes et consistant \u00e0 \u00e9viter les formulations susceptibles d&#8217;\u00eatre interpr\u00e9t\u00e9es comme porteuses de pr\u00e9jug\u00e9s, discriminatoires ou d\u00e9gradantes en laissant entendre qu&#8217;un sexe est sup\u00e9rieur \u00e0 l&#8217;autre\u00a0\u00bb. Cela pourrait sugg\u00e9rer une tendance \u00e0 l\u2019homog\u00e9n\u00e9isation\u00a0 s\u00e9mantique dans le discours institutionnel, dans la mesure o\u00f9 les sources pr\u00e9sent\u00e9es sont communes aux trois termes (<em>Usage d&#8217;un langage neutre du point de vue du genre au Parlement europ\u00e9en<\/em>, lignes directrices \u00e9tablies par le Parlement europ\u00e9en, 2008<a href=\"#_ftn16\" name=\"_ftnref16\">[16]<\/a>,\u00a0et\u00a0 <em>La communication inclusive au SGC<\/em>, Bureau pour l\u2019\u00e9galit\u00e9 des chances, Secr\u00e9tariat g\u00e9n\u00e9ral du Conseil de l&#8217;Union europ\u00e9enne), visant \u00e0 simplifier les usages dans les pratiques communicationnelles. En revanche, le syntagme \u00ab\u00a0langage \u00e9pic\u00e8ne\u00a0\u00bb introduit une variante francophone, issue en dehors de l\u2019UE, ainsi que son cadre de r\u00e9f\u00e9rence et d\u2019application, \u00e0 savoir le <em>Guide romand d\u2019aide \u00e0 la r\u00e9daction administrative et l\u00e9gislative \u00e9pic\u00e8ne<\/em>, publi\u00e9 par les bureaux cantonaux de Suisse romande<a href=\"#_ftn17\" name=\"_ftnref17\">[17]<\/a>.<\/p>\n<h4 id=\"3-la-communication-inclusive-d\"><strong>2.3. La communication inclusive dans les pays de l\u2019OCDE<\/strong><\/h4>\n<p>La communication inclusive, selon l\u2019analyse terminologique men\u00e9e au sein des organisations internationales, a mis en \u00e9vidence un d\u00e9calage marqu\u00e9 entre des principes d\u2019orientation (lignes directrices, strat\u00e9gies, guides) et la r\u00e9alit\u00e9 du terrain, surtout pour les professionnels des services linguistiques qui doivent g\u00e9rer les d\u00e9fis du langage inclusif en pr\u00e9sence d\u2019un cadre encore tr\u00e8s mouvant. Toutefois, ces dynamiques institutionnelles ne peuvent \u00eatre pleinement comprises sans \u00eatre replac\u00e9es dans un espace plus large, o\u00f9 les principes d\u2019accessibilit\u00e9 et d\u2019inclusion se d\u00e9clinent selon des contextes nationaux, des traditions administratives et des priorit\u00e9s politiques diff\u00e9renci\u00e9es. Dans cette perspective, le panorama propos\u00e9 par l\u2019Organisation pour la Coop\u00e9ration et le D\u00e9veloppement \u00e9conomique (OCDE) sur la communication publique accessible et inclusive fournit un autre point d\u2019appui pour interroger les pratiques en vigueur \u00e0 l\u2019\u00e9chelle de son p\u00e9rim\u00e8tre d\u2019action (CAZENEUVE, BELLANTONI 2022). Ce document de travail a l\u2019ambition de pr\u00e9senter une vue d\u2019ensemble des pratiques en mati\u00e8re de communication accessible et inclusive dans des pays membres et partenaires de l\u2019OCDE, afin d\u2019identifier des tendances communes, des lignes de convergence, mais aussi des variations significatives dans la mani\u00e8re dont les \u00c9tats traduisent les principes de communication inclusive. Ce faisant, il met en lumi\u00e8re la part langagi\u00e8re de ces pratiques qui doivent prendre en compte l\u2019accessibilit\u00e9 et l\u2019inclusion des activit\u00e9s de communication d\u00e8s leur conception. Au niveau notionnel, une distinction essentielle se creuse entre accessibilit\u00e9\u00a0:<\/p>\n<blockquote><p>\u00ab\u00a0Une communication dite accessible ne s\u2019adresse toutefois pas seulement \u00e0 ces personnes. Le concept d\u2019accessibilit\u00e9 renvoie aussi \u00e0 l\u2019assimilation, \u00e0 la clart\u00e9 et \u00e0 la lisibilit\u00e9 d\u2019une information. Le langage, la forme et les supports de communication utilis\u00e9s constituent donc des d\u00e9terminants importants.\u00a0\u00bb (CAZENEUVE, BELLANTONI 2022\u00a0: 12)<\/p><\/blockquote>\n<p>et inclusion\u00a0:<\/p>\n<blockquote><p>elle comprend bien s\u00fbr l\u2019inclusion num\u00e9rique, mais aussi le fait d\u2019atteindre tous les citoyens, quel que soit leur genre, qu\u2019ils soient jeunes ou \u00e2g\u00e9s, isol\u00e9s par la g\u00e9ographie, par l\u2019\u00e9ducation, par un handicap ou encore les facteurs sociaux et urbains. (CAZENEUVE, BELLANTONI 2022\u00a0: 13)<\/p><\/blockquote>\n<p>La mise en \u0153uvre de la communication inclusive diff\u00e8re sensiblement selon les pays membres de l\u2019OCDE, entre obligations l\u00e9gislatives, outils m\u00e9thodologiques et innovations technologiques. Si certains pays membres de l\u2019OCDE ont d\u00e9j\u00e0 fortement progress\u00e9 dans la mise en place de normes et de dispositifs institutionnels en faveur d\u2019une communication inclusive, les modalit\u00e9s de mise en \u0153uvre demeurent h\u00e9t\u00e9rog\u00e8nes. L\u2019inclusion se traduit toutefois de mani\u00e8re r\u00e9currente par une volont\u00e9 de rendre l\u2019information intelligible et accessible \u00e0 tous. Cela passe notamment par l\u2019adoption de politiques de <em>langage clair et simple<\/em> (voir par exemple la norme ISO TC37 2023, PACI <em>et al.<\/em> 2024) parfois inscrites dans la loi, comme aux \u00c9tats-Unis, en Allemagne ou en Su\u00e8de, afin de rendre les contenus techniques ou juridiques compr\u00e9hensibles par le plus grand nombre. D\u2019autres pays privil\u00e9gient le <em>multilinguisme<\/em> comme levier d\u2019inclusion, en multipliant les langues de diffusion pour atteindre les minorit\u00e9s linguistiques ou ethniques (voir par exemple GASPARI 2023, MATTIODA 2024). La <em>communication inclusive de genre<\/em> constitue un autre axe d\u2019intervention, avec l\u2019\u00e9laboration de guides sp\u00e9cifiques dans des pays comme la Belgique, l\u2019Italie ou le Canada (voir par exemple CIOCHETTI, RALLI, 2024, RAUS, 2025), tandis que le recours \u00e0 des <em>formats alternatifs<\/em> ou \u00e0 la <em>communication alternative augment\u00e9e<\/em> vise \u00e0 inclure les personnes en situation de handicap sensoriel.<\/p>\n<h4 id=\"4-implications-pour-la-pratiqu\"><strong>2.4. Implications pour la pratique de m\u00e9diation linguistique<\/strong><\/h4>\n<p>Ce premier tour d\u2019horizon de la terminologie institutionnelle multilingue met en \u00e9vidence le r\u00f4le des choix terminologiques des organisations internationales et leurs effets dans la mise en place des modalit\u00e9s communicationnelles inclusives. En particulier, pour les services linguistiques charg\u00e9s de la traduction, de la r\u00e9vision et de l\u2019harmonisation des textes, l\u2019inclusion appara\u00eet moins comme une praxis bien implant\u00e9e que comme un espace en permanente reconfiguration au sein duquel se n\u00e9gocient les rapports entre universalit\u00e9 et particularisme, lisibilit\u00e9 et visibilit\u00e9, normalisation et reconnaissance des diff\u00e9rences. Ces tensions trouvent une r\u00e9sonance particuli\u00e8re lorsqu\u2019elles sont examin\u00e9es \u00e0 l\u2019\u00e9chelle des pratiques professionnelles de m\u00e9diation linguistique. Si la traduction \u00e9crite permet, dans une certaine mesure, des ajustements diff\u00e9r\u00e9s et des strat\u00e9gies de reformulation r\u00e9fl\u00e9chies, l\u2019interpr\u00e9tation de conf\u00e9rence confronte les principes de l\u2019inclusivit\u00e9 linguistique \u00e0 des contraintes temporelles, cognitives et interactionnelles particuli\u00e8rement exigeantes. C\u2019est pr\u00e9cis\u00e9ment \u00e0 ce niveau que la contribution d\u2019Igor Facchini dans ce num\u00e9ro propose un \u00e9clairage particuli\u00e8rement pertinent en examinant les enjeux qui \u00e9mergent lorsque des strat\u00e9gies linguistiques sensibles au genre sont mises \u00e0 l\u2019\u00e9preuve des contraintes propres \u00e0 l&#8217;interpr\u00e9tation simultan\u00e9e. Les entretiens r\u00e9trospectifs et semi-structur\u00e9s, men\u00e9s aupr\u00e8s d\u2019interpr\u00e8tes de conf\u00e9rence de l\u2019Union europ\u00e9enne, permettent de saisir \u00e0 la fois les d\u00e9fis pratiques li\u00e9s au traitement en temps r\u00e9el et au transfert oral du langage inclusif, ainsi que les enjeux d\u00e9ontologiques qui orientent les choix traductifs en contexte institutionnel. L\u2019\u00e9tude, contribuant au d\u00e9bat en cours, met en \u00e9vidence qu\u2019une approche \u00e9thique, \u00e9clair\u00e9e par une perspective de genre, peut guider les pratiques des interpr\u00e8tes. Si les choix entre strat\u00e9gies de neutralit\u00e9 ou de visibilit\u00e9, conservatrices ou innovantes, s\u2019inscrivent dans de fortes contraintes pratiques, ils conf\u00e8rent \u00e0 l\u2019interpr\u00e9tation une agentivit\u00e9 porteuse d\u2019enjeux d\u2019\u00e9quit\u00e9 linguistique et de justice sociale.<\/p>\n<p>Dans ce sillage, les contributions dans ce num\u00e9ro de Ilaria Berliose et de Giuseppe Sofo ainsi que celle de Marie-Aude Lefer et H\u00e9lo\u00efse Grenez offrent un aper\u00e7u de diff\u00e9rents modes d\u2019appropriation de la communication inclusive de la part des institutions nationales qui peuvent soit adopter des positions normatives explicites, soit laisser une plus grande marge d\u2019interpr\u00e9tation aux acteurs institutionnels. Dans l\u2019espace francophone, o\u00f9 l\u2019\u00e9criture inclusive a cristallis\u00e9 une part importante des d\u00e9bats publics et m\u00e9diatiques en interrogeant directement les rapports entre langue, pouvoir et repr\u00e9sentation, le Qu\u00e9bec et la Belgique s\u2019imposent comme deux \u00e9tudes de cas embl\u00e9matiques. Berlose et Sofo proposent une analyse compar\u00e9e des strat\u00e9gies d\u2019\u00e9criture inclusive dans les contextes francophone (France et Qu\u00e9bec) et italien, en abordant l\u2019\u00e9criture inclusive comme une pratique d\u2019innovation linguistique et de traduction. Leur \u00e9tude fait \u00e9merger, au Qu\u00e9bec, une diffusion institutionnelle \u00ab par le haut \u00bb des pratiques inclusives, soutenue par des guides de r\u00e9daction et des ressources officielles (Vitrine linguistique), et leur int\u00e9gration progressive dans la fonction publique et le milieu universitaire. Les auteurs soulignent toutefois la n\u00e9cessit\u00e9 de concilier \u00e9criture inclusive, r\u00e9daction \u00e9pic\u00e8ne et r\u00e9daction non binaire avec les exigences de lisibilit\u00e9 et d\u2019accessibilit\u00e9, illustr\u00e9e par une \u00e9tude de cas (<em>Corps accord : guide de sexualit\u00e9 positive<\/em>) montrant les avantages et les limites de la coexistence de ces pratiques. A l\u2019inverse, le contexte italien se r\u00e9v\u00e8le marqu\u00e9 par de fortes r\u00e9sistances institutionnelles, comme le montrent les interdictions r\u00e9centes de ces formes dans les communications officielles scolaires. L\u2019analyse montre n\u00e9anmoins le potentiel des pratiques militantes et traductives pour transformer les usages linguistiques. Les auteurs plaident, donc, pour le d\u00e9veloppement, en Italie, d\u2019outils pratiques inspir\u00e9s du mod\u00e8le qu\u00e9b\u00e9cois afin d\u2019accompagner l\u2019adoption progressive de strat\u00e9gies inclusives aussi bien par les institutions que par les individus.<\/p>\n<p>Les pratiques d\u2019\u00e9criture inclusive li\u00e9e au genre, au handicap et \u00e0 l\u2019origine ethnique en traduction sont au c\u0153ur de l\u2019enqu\u00eate men\u00e9e parmi les traductrices et les traducteurs belges salari\u00e9.e.s et ind\u00e9pendant.e.s dont la langue cible est le fran\u00e7ais par Lefer et Grenez. En Belgique, l\u2019\u00e9criture inclusive s\u2019inscrit dans un cadre normatif structur\u00e9, depuis les d\u00e9crets de 1993 et 2021 sur la f\u00e9minisation des noms de m\u00e9tiers jusqu\u2019\u00e0 la publication, en 2024, du guide <em>Quand dire c\u2019est inclure<\/em> par le Conseil de la langue fran\u00e7aise. Cette dynamique institutionnelle s\u2019accompagne d\u2019un engagement marqu\u00e9 des traductrices et traducteurs, illustr\u00e9 par la cr\u00e9ation d\u2019une commission \u00ab Inclusivit\u00e9 \u00bb au sein de la Chambre belge des traducteurs et interpr\u00e8tes. Les r\u00e9sultats r\u00e9v\u00e8lent toutefois une profession divis\u00e9e sur l\u2019\u00e9criture inclusive de genre, malgr\u00e9 l\u2019adoption relativement large de strat\u00e9gies per\u00e7ues comme lisibles (f\u00e9minisation, termes \u00e9pic\u00e8nes), tandis que les formes jug\u00e9es plus militantes sont majoritairement \u00e9vit\u00e9es. L\u2019\u00e9criture inclusive appliqu\u00e9e au handicap et \u00e0 l\u2019origine ethnique suscite des attitudes favorables mais demeure marginale. L\u2019ensemble confirme que la transition vers des pratiques plus inclusives est engag\u00e9e, mais les autrices soulignent le r\u00f4le central des lignes directrices institutionnelles et des attentes de la client\u00e8le pour l\u2019\u00e9volution des pratiques, ainsi que les enjeux \u00e9thiques de la formation en traduction.<\/p>\n<h3 id=\"-l\u2019inclusion-dans-le-langage\">3. L\u2019inclusion dans le langage : quelles comp\u00e9tences \u00e0 l\u2019\u00e8re de l\u2019IA ?<\/h3>\n<p>L\u2019inclusion repr\u00e9sente, comme on vient de le voir, l\u2019un des enjeux majeurs de notre temps. Il s\u2019agit d\u2019une v\u00e9ritable reconceptualisation de la vie sociale qui passe d\u2019abord et surtout par le langage. La r\u00e9volution artificielle (BARTOLETTI\u00a02020) que nous vivons \u00e0 pr\u00e9sent doit n\u00e9cessairement \u00eatre guid\u00e9e par des savoirs humains conscients du pouvoir exerc\u00e9 par les mots sur le vivre ensemble. Il convient tout particuli\u00e8rement de remettre en valeur le savoir-faire traductologique humain en tant que comp\u00e9tence fondamentale pour l\u2019interaction humaine avec les nombreux outils multilingues existants.<\/p>\n<p>L\u2019on examinera en particulier alors le lien qui existe entre langage inclusif et op\u00e9ration traductive au niveau de la conception m\u00eame du ph\u00e9nom\u00e8ne de l\u2019inclusion langagi\u00e8re et des comp\u00e9tences qu\u2019elle engendre et on jettera les bases pour une d\u00e9finition de \u00ab traduction inclusive \u00bb comme comp\u00e9tence langagi\u00e8re d\u2019aide pour la pr\u00e9-\u00e9dition de corpus d\u2019entra\u00eenement. Via la remise en valeur de comp\u00e9tences proprement traductives, il s\u2019agit de remettre sur un pied d\u2019\u00e9galit\u00e9 les deux apports disciplinaires qui sont \u00e0 la base de la cr\u00e9ation de technologies multilingues : l\u2019apport informatique, g\u00e9n\u00e9ralement reconnu, et l\u2019apport linguistique, qui malheureusement reste encore peu visible. Notre vis\u00e9e est notamment p\u00e9dagogique car nous entendons contribuer \u00e0 la red\u00e9finition des comp\u00e9tences, et par cons\u00e9quent \u00e0 l\u2019\u00e9volution des pratiques d\u2019enseignement des langues et de la traduction, dans le but de contrer le ph\u00e9nom\u00e8ne actuel du \u00ab language deskilling \u00bb (PEETERS et al. 2025\u00a0: 15) d\u00e9j\u00e0 constat\u00e9 en cette \u00e8re des agents conversationnels.<\/p>\n<h4 id=\"\"><strong>3.1. Le langage inclusif\u00a0et la \u00ab traduction intralinguistique \u00bb\u00a0: quelle convergence\u00a0?<\/strong><\/h4>\n<p>Les \u00e9tudes en mati\u00e8re d\u2019inclusion et en mati\u00e8re de traduction ont un premier d\u00e9nominateur commun qui est repr\u00e9sent\u00e9 par la linguistique. Si les deux univers, l\u2019inclusion et la traduction, se pr\u00eatent \u00e0 des approches pluridisciplinaires riches sur un plan scientifique, c\u2019est aux linguistes qu\u2019on doit le m\u00e9rite d\u2019avoir propos\u00e9 les premi\u00e8res d\u00e9finitions fondamentales de ces deux processus langagiers. Revenons tout d\u2019abord, sur la notion de langage inclusif comme \u00ab variation dia\u00e9thique \u00bb \u00e9labor\u00e9e par ALPHERATZ (2018, 2019). Par cons\u00e9quent, nous reprendrons la d\u00e9finition de \u00ab traduction intralinguistique \u00bb de Roman JAKOBSON (1963 : 79) dans le but de proposer une d\u00e9finition de langage inclusif en tant que processus traductif intralinguistique.<\/p>\n<p>Selon ALPHERATZ le langage inclusif est un exemple de comportement langagier, dans le sens o\u00f9 il s\u2019agirait d\u2019\u00ab une variation relevant de la conscience de genre, d\u2019identit\u00e9, d\u2019\u00e9galit\u00e9 et de la performativit\u00e9 du langage \u00bb (ALPHERATZ 2018 : 7) qui a \u00ab pour objectif la visibilit\u00e9\/valorisation\/prise en compte\/reconnaissance de cat\u00e9gories sociales minoris\u00e9es par un discours dominant qui les invisibilise \u00bb (ALPHERATZ 2019). L\u2019inclusivit\u00e9 serait donc une variation linguistique relevant de l\u2019ethos (AMOSSY 2010) de la personne qui parle car elle manifesterait son identit\u00e9 verbale, en t\u00e9moignant de son positionnement discursif (notamment inclusif) vis-\u00e0-vis de la th\u00e9matique abord\u00e9e. On comprend donc que l\u2019emploi d\u2019un langage inclusif est le r\u00e9sultat d\u2019une prise de d\u00e9cision sp\u00e9cifique, \u00e0 savoir d\u2019un choix traductif qui s\u2019op\u00e8re en reformulant de mani\u00e8re inclusive son propre message. Plus pr\u00e9cis\u00e9ment, le langage inclusif d\u00e9coule de strat\u00e9gies de traduction intralinguistique (ou reformulation, en anglais \u00ab rewording \u00bb) qui consiste en \u00ab l\u2019interpr\u00e9tation de signes linguistiques au moyen d\u2019autres signes au sein de la m\u00eame langue \u00bb (JAKOBSON 1963 : 79). Tout comme Sandra WHITE l\u2019explique, si la traduction interlinguistique \u00ab ou la traduction proprement dite, consiste dans l\u2019interpr\u00e9tation des signes linguistiques au moyen d\u2019une autre langue (JAKOBSON 1963\u00a0: 79) \u00bb (WHITE 1984 : 42), la traduction intralinguistique s\u2019effectue dans une seule langue et ses mises en \u0153uvre sont issues de diff\u00e9rentes strat\u00e9gies (WHITE 1984 : 43-44) : la paraphrase, l\u2019emploi de co-occurrents, la synonymie et l\u2019antonymie, le recours \u00e0 des mots de la m\u00eame famille \u00e9tymologique ou \u00e0 des mots s\u00e9mantiquement apparent\u00e9s.<\/p>\n<p>Il faut noter que ses strat\u00e9gies de traduction intralinguistique puisent dans les ressources langagi\u00e8res disponibles mais leurs mises en discours varient en fonction des sp\u00e9cificit\u00e9s du projet de r\u00e9daction (ou de communication) concern\u00e9. Par analogie, les strat\u00e9gies d\u2019\u00e9criture inclusive (Bas Barrio 2020) sont mobilis\u00e9es en fonction du discours et du contexte concern\u00e9s, et du cadre monolingue ou multilingue dans lequel elles s\u2019inscrivent. On peut donc proposer de concevoir le langage inclusif en tant que comp\u00e9tence traductive intralinguistique permettant au locuteur de reformuler un discours en puisant dans les variantes inclusives et dans les strat\u00e9gies discursives qu\u2019il s\u2019av\u00e8re pertinent de mobiliser dans un contexte socio-communicatif donn\u00e9.<\/p>\n<p>Au sein du pr\u00e9sent dossier, la contribution de Sara Emanuela Cacioppo, intitul\u00e9e \u00ab\u00a0La didactique de la traduction en contexte de FLE \u00e0 l\u2019\u00e9preuve du genre et de la TAN\u00a0\u00bb permet d\u2019enrichir la pr\u00e9sente r\u00e9flexion en affirmant tr\u00e8s ouvertement que dans un cadre multilingue le r\u00f4le du traducteur ou de la traductrice est indispensable, et ce notamment en raison des comp\u00e9tences lui permettant de g\u00e9rer la culture du genre dans le transfert interlinguistique. Cela implique la d\u00e9finition d\u2019une comp\u00e9tence sp\u00e9cifique que l\u2019auteure appelle \u00ab\u00a0comp\u00e9tence de traduction en genre\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Cacioppo poursuit un objectif novateur dans le cadre de sa recherche car elle entend montrer que l\u2019int\u00e9gration de syst\u00e8mes d\u2019IA dans un contexte d\u2019enseignement\/apprentissage de la traduction repr\u00e9sente un outil d\u2019aide pour l\u2019acquisition de la comp\u00e9tence <em>de genre<\/em> ainsi que de la comp\u00e9tence <em>de traduction en genre<\/em>, par le biais de l\u2019activation de la sous-comp\u00e9tence instrumentale.<\/p>\n<p>Son ambition est donc de croiser les \u00e9tudes traductologiques appliqu\u00e9es, centr\u00e9es sur l\u2019adoption des nouvelles technologies, avec les \u00e9tudes de genre afin de sensibiliser les apprenant.e.s non seulement \u00e0 l\u2019utilisation des syst\u00e8mes d\u2019IA mais \u00e9galement aux d\u00e9fis sp\u00e9cifiquement pos\u00e9s par la question du genre en traduction.<\/p>\n<p>Dans le cadre d\u2019une exp\u00e9rimentation didactique con\u00e7ue \u00e0 cet effet, l\u2019auteure essaie de favoriser l\u2019acquisition d\u2019une comp\u00e9tence de traduction en genre tout en d\u00e9veloppant aussi la sous-comp\u00e9tence instrumentale relevant de l\u2019adoption d\u2019outils de traduction neuronale.<\/p>\n<h4 id=\"\"><strong>3.2. La \u00ab traduction inclusive \u00bb comme comp\u00e9tence<\/strong><\/h4>\n<p>Mais d\u00e9passons la question du genre pour appr\u00e9hender plus globalement le sens d\u2019une \u00ab\u00a0traduction inclusive\u00a0\u00bb et reprenons de mani\u00e8re succincte l\u2019analyse th\u00e9orique propos\u00e9e dans le cadre d\u2019une pr\u00e9c\u00e9dente contribution (CENNAMO 2017) dont l\u2019objectif \u00e9tait de mettre en avant les trois points de convergence notionnels entre r\u00e9daction et traduction. \u00c0 travers une reprise synth\u00e9tique de ces derniers, on essaiera de rapprocher les notions d\u2019\u00e9criture inclusive et de traduction afin de proposer une conception de traduction inclusive, ax\u00e9e sur la notion de comp\u00e9tence.<\/p>\n<p>R\u00e9daction et traduction peuvent \u00eatre con\u00e7ues de mani\u00e8re convergente si elles sont observ\u00e9es sous le prisme du discours (DELISLE 1980 :124-125 ; GAMBIER 2000 : 97 et 105 ; PINEIRA-TRESMONTANT 2020).<\/p>\n<p>En effet, ces deux op\u00e9rations sont repr\u00e9sentatives, tout d\u2019abord, de la caract\u00e9risation plurielle de la notion de \u00ab comp\u00e9tence langagi\u00e8re \u00bb qui selon CHARAUDEAU (2006) comprend quatre dimensions constitutives : situationnelle, discursive, s\u00e9mantique et linguistique.<\/p>\n<p>En ce qui concerne les dimensions situationnelle et discursive, la prise en compte du \u00ab genre de discours \u00bb (MAINGUENEAU 2014 : 64 ; KRIEG-PLANQUE 2012 : 106) s\u2019av\u00e8re fondamentale dans l\u2019ex\u00e9cution de ces deux op\u00e9rations langagi\u00e8res car c\u2019est en respectant les sp\u00e9cificit\u00e9s expressives du genre discursif d\u2019appartenance qu\u2019on assure la pertinence socio-communicative de la production langagi\u00e8re concern\u00e9e, qu\u2019elle soit r\u00e9dactionnelle ou traductive.<\/p>\n<p>L\u2019analyse du discours nous offre enfin un troisi\u00e8me terrain de convergence entre r\u00e9daction et traduction qui est celui de l\u2019ancrage socio-culturel du langage : CHARAUDEAU (2007) nous rappelle en particulier le pouvoir du langage li\u00e9 \u00e0 la cr\u00e9ation d\u2019imaginaires socio-discursifs en tant que modes d\u2019appr\u00e9hension du monde et de cr\u00e9ation de valeurs jouant un r\u00f4le de justification de l\u2019action sociale (individuelle et collective). Pour r\u00e9sumer, ces deux op\u00e9rations langagi\u00e8res font preuve d\u2019une comp\u00e9tence strat\u00e9gique qui vise \u00e0 contextualiser chaque production discursive dans un cadre socio-culturel de r\u00e9f\u00e9rence afin de transmettre un message qui soit porteur de sens pour la communaut\u00e9 de destination.<\/p>\n<p>Sous cet angle d\u2019observation, on pourrait \u00e9baucher une premi\u00e8re conception de \u00ab\u00a0traduction inclusive\u00a0\u00bb comme comp\u00e9tence langagi\u00e8re humaine qui permet de restituer, aussi bien dans un cadre intra- qu\u2019inter-linguistique, un discours de d\u00e9part en assurant non seulement l\u2019\u00ab \u00e9quivalence \u00bb (LEDERER et SELESKOVITCH 2001 ; LEDERER 2004 ; LEDERER 2005) du message d\u2019origine mais \u00e9galement l\u2019inclusivit\u00e9 de sa formulation.<\/p>\n<p>Cette comp\u00e9tence se d\u00e9clinerait en trois ensembles de savoir-faire traductionnels qui seraient principalement impliqu\u00e9s dans la restitution d\u2019\u00e9l\u00e9ments langagiers porteurs d\u2019inclusivit\u00e9 :<\/p>\n<ol>\n<li>savoir identifier les choix r\u00e9dactionnels inclusifs et\/ou non inclusifs qui caract\u00e9risent le discours de d\u00e9part ;<\/li>\n<li>savoir adopter des strat\u00e9gies de traduction \u2500 intra- et\/ou interlinguistique \u2500 capables d\u2019assurer une reformulation inclusive cibl\u00e9e ;<\/li>\n<li>savoir r\u00e9diger un discours d\u2019arriv\u00e9e \u00e9quivalent mais aussi pertinent \u00e0 son contexte socio-culturel de r\u00e9f\u00e9rence.<\/li>\n<\/ol>\n<p>Il s\u2019agirait d\u2019une comp\u00e9tence \u00e0 vocation transdisciplinaire car elle pourrait contribuer \u00e0 l\u2019\u00e9volution des techniques de pr\u00e9-\u00e9dition des corpus d\u2019entra\u00eenement pour l\u2019impl\u00e9mentation de moteurs neuronaux visant la production de traductions automatiques inclusives. Ces techniques pourraient b\u00e9n\u00e9ficier d\u2019une telle posture traductologique en orientant l\u2019\u00e9laboration de syst\u00e8mes neuronaux qui seraient ainsi entra\u00een\u00e9s sur la base des strat\u00e9gies de traduction inclusives humaines qui caract\u00e9risent (ou qui devraient caract\u00e9riser) la multiplicit\u00e9 des mises en discours les plus r\u00e9centes. Les traductologues joueraient ainsi un r\u00f4le central dans cette \u00e9volution car leur expertise, bilingue et biculturelle, serait la cl\u00e9 non seulement pour la cr\u00e9ation de corpus parall\u00e8les repr\u00e9sentatifs des variantes inclusives possibles dans les diff\u00e9rentes langues, mais surtout pour l\u2019identification de leurs mises en \u00e9quivalence.<\/p>\n<p>Dans le cadre du pr\u00e9sent dossier, l\u2019article de Nicoletta Armentano, intitul\u00e9 \u00ab\u00a0La traduction automatique inclusive dans le cadre institutionnel europ\u00e9en : une approche neuronale sous contraintes\u00a0\u00bb a le m\u00e9rite d\u2019\u00e9tendre la propri\u00e9t\u00e9 \u00ab\u00a0situationnelle\u00a0\u00bb, que nous avons d\u00e9j\u00e0 \u00e9voqu\u00e9e en rapport avec les op\u00e9rations de traduction et de r\u00e9daction, \u00e0 la notion m\u00eame d\u2019inclusion.<\/p>\n<p>L\u2019auteure souligne la d\u00e9pendance du concept d\u2019inclusion vis-\u00e0-vis de ses contextes de r\u00e9alisation.<\/p>\n<p>Son \u00e9tude permet de mieux comprendre que l\u2019inclusion se manifeste concr\u00e8tement et de mani\u00e8re diff\u00e9renci\u00e9e en fonction des contextes discursifs et culturels de mise en \u0153uvre.<\/p>\n<p>Tout en int\u00e9grant, comme dans l\u2019\u00e9tude de Cacioppo, la traduction neuronale dans sa d\u00e9marche exp\u00e9rimentale, la recherche de Nicoletta Armentano se d\u00e9marque par un objectif sp\u00e9cifique qui n\u2019est pas d\u2019\u00e9valuer les prestations des logiciels de TAN en \u00e9criture inclusive, mais il s\u2019agit de tester leur capacit\u00e9 \u00e0 rendre des textes pertinents du point de vue situationnel.<\/p>\n<p>Cette contribution a en effet le m\u00e9rite d\u2019avoir une orientation cibl\u00e9e qui s\u2019appuie sur les lignes directrices \u00e9labor\u00e9es par le Parlement europ\u00e9en et le Conseil de l\u2019Europe en mati\u00e8re d\u2019inclusion afin de mettre en avant les d\u00e9fis propres \u00e0 la traduction inclusive dans le contexte multilingue de l\u2019Union europ\u00e9enne.<\/p>\n<h4 id=\"3-le-langage-inclusif\u00a0entre-d\"><strong>3.3. Le langage inclusif\u00a0entre didactique et traduction\u00a0: quels d\u00e9fis \u00e0 l\u2019avenir\u00a0?<\/strong><\/h4>\n<p>L\u2019introduction massive des nouvelles technologies dans tous les secteurs du march\u00e9 du travail impose certainement un processus d\u2019actualisation des pratiques d\u2019enseignement en langue \u00e9trang\u00e8re, \u00e0 tous les niveaux, afin de former aux comp\u00e9tences instrumentales s\u2019av\u00e9rant n\u00e9cessaires aux modalit\u00e9s de travail actuelles. Cela dit, la technologie en premier lieu n\u00e9cessite une r\u00e9flexion pr\u00e9alable.<\/p>\n<p>En effet, il faut se rappeler que d\u00e9veloppement technologique et \u00e9volution sociale devraient avancer dans une m\u00eame direction, celle d\u2019un meilleur bien-\u00eatre social. C\u2019est pour cette raison que l\u2019innovation devrait \u00eatre con\u00e7ue pour r\u00e9pondre, de mani\u00e8re efficace et pertinente, aux besoins de notre temps. Par analogie, l\u2019interdisciplinarit\u00e9 des futurs enseignements devra mobiliser, de mani\u00e8re raisonn\u00e9e, les diff\u00e9rents champs de comp\u00e9tences qui interagissent et interagiront de plus en plus dans le monde professionnel.<\/p>\n<p>L\u2019\u00e9tude propos\u00e9e par Rita Bencivenga, Hanane Boutenbat, Angela Celeste Taramasso, et Cinzia Leone, sous le titre \u00ab\u00a0Langage Inclusif et Societal Readiness Level (SRL) : Garantir des Innovations Technologiques Accessibles et Adoptables\u00a0\u00bb met en avant les d\u00e9fis \u00e0 relever dans ce sens, et surtout dans une perspective p\u00e9dagogique interdisciplinaire.<\/p>\n<p>Les auteures s\u2019interrogent sur l\u2019int\u00e9gration de l\u2019inclusion (comme comp\u00e9tence) dans l\u2019\u00e9chelle Societal Readiness Level (SRL) en soulignant que les \u00e9quipes de d\u00e9veloppement technologique gagneraient \u00e0 \u00eatre compl\u00e9t\u00e9es par des linguistes, ainsi que par des experts en communication et en sciences sociales, pour combler les lacunes existantes au niveau des approches interdisciplinaires actuelles, qui n\u00e9gligent encore trop souvent l\u2019importance de l\u2019apport des sciences du langage, humaines et sociales.<\/p>\n<p>Cette \u00e9tude montre les principales difficult\u00e9s rencontr\u00e9es dans l\u2019adoption du langage inclusif dans le cadre de la SRL, en mettant l\u2019accent sur le manque de comp\u00e9tences linguistiques au sein des \u00e9quipes de d\u00e9veloppement et en proposant des pistes de solutions. Les auteures insistent tout particuli\u00e8rement sur le langage inclusif comme facilitateur de l\u2019interaction entre les diff\u00e9rentes cultures qui composent nos soci\u00e9t\u00e9s contemporaines. Elles s\u2019arr\u00eatent ensuite sur son utilit\u00e9 dans le cadre de l\u2019innovation technologique\u00a0: le langage inclusif permettrait d\u2019\u00e9viter les formulations qui renforcent les st\u00e9r\u00e9otypes, contribuerait \u00e0 une meilleure compr\u00e9hensibilit\u00e9 des instructions et des interfaces vis-\u00e0-vis des diff\u00e9rents profils d\u2019utilisateur, et rendrait les messages plus accessibles aux diff\u00e9rents publics concern\u00e9s, tout en r\u00e9duisant le risque d\u2019exclusion des communaut\u00e9s marginalis\u00e9es.<\/p>\n<p>Tout en reconnaissant la fragmentation des solutions qui constituent le langage inclusif dans ses mises en pratique (dont la complexit\u00e9 li\u00e9e \u00e0 l\u2019identification de strat\u00e9gies de traduction inclusive d\u2019une langue-culture \u00e0 l\u2019autre), cette contribution permet de mieux cerner l\u2019apport des experts en mati\u00e8re d\u2019inclusion et de langage inclusif au sein de v\u00e9ritables \u00e9quipes multidisciplinaires op\u00e9rant dans l\u2019innovation technologique. Ces sp\u00e9cialistes pourraient jouer un r\u00f4le non seulement en phase de conception des interfaces langagi\u00e8res et d\u2019\u00e9laboration d\u2019une documentation technique ou promotionnelle, mais \u00e9galement aux diff\u00e9rents moments de v\u00e9rification des prestations automatiques afin de corriger les biais linguistiques qui pourraient \u00eatre reproduits par la machine.<\/p>\n<p>Le langage inclusif devrait donc \u00eatre reconnu comme \u00e9tant un \u00e9l\u00e9ment essentiel \u00e0 la maturit\u00e9 soci\u00e9tale des innovations, mais pour atteindre cet objectif une action de sensibilisation sociale (impliquant entreprises, institutions et le monde de l\u2019\u00e9ducation) sera indispensable.<\/p>\n<h3 id=\"conclusion\">Conclusion<\/h3>\n<p>L\u2019ensemble des analyses pr\u00e9sent\u00e9es dans ce num\u00e9ro invite \u00e0 une r\u00e9flexion approfondie sur les \u00e9volutions contemporaines des langues et des discours, appel\u00e9s \u00e0 accompagner les transformations de la soci\u00e9t\u00e9 tout en mobilisant ses propres ressources.<\/p>\n<p>Si le langage inclusif permet de nommer des r\u00e9alit\u00e9s nouvelles, de rendre visibles des exp\u00e9riences longtemps marginalis\u00e9es et d\u2019enrichir les pratiques communicationnelles, il soul\u00e8ve \u00e9galement des interrogations quant \u00e0 ses effets potentiellement paradoxaux (risque de fragmentation excessive, nouvelles formes d\u2019exclusion, tensions entre les modalit\u00e9s engendr\u00e9es par la mise en \u0153uvre de l\u2019inclusion).<\/p>\n<p>Les contributions r\u00e9unies ne convergent pas vers une r\u00e9ponse univoque mais dessinent un ensemble de trajectoires possibles, r\u00e9v\u00e9latrices de la diversit\u00e9 des sensibilit\u00e9s et des contextes.<\/p>\n<p>Dans cette perspective, la notion d\u2019\u00ab hospitalit\u00e9 langagi\u00e8re \u00bb propos\u00e9e par Ricoeur dans le champ de la traduction pourrait offrir un cadre f\u00e9cond pour penser l\u2019inclusion fond\u00e9e sur la souplesse de la langue et des discours.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h3 id=\"r\u00e9f\u00e9rences\">R\u00e9f\u00e9rences<\/h3>\n<p>ABBOU, Julie, <em>L\u2019antisexisme linguistique dans les brochures libertaires<\/em>\u202f<em>: Pratiques d\u2019\u00e9critures et m\u00e9tadiscours<\/em>, Th\u00e8se de doctorat. Aix-en-Provence, Universit\u00e9 d\u2019Aix-Marseille, 2011.<\/p>\n<p>ABBOU, Julie, \u00ab\u00a0Pratiques graphiques du genre\u00a0\u00bb, <em>Langues et Cit\u00e9s, <\/em>n. 24, 2013, p. 4-5.<\/p>\n<p>ABBOU, Julie, \u00ab\u00a0(Typo)graphies anarchistes. O\u00f9 le genre r\u00e9v\u00e8le l\u2019espace politique de la langue\u00a0\u00bb, <em>Mots. Les langages du politique,<\/em> n. 113, 2017, En ligne\u00a0: &lt;<a href=\"http:\/\/journals.openedition.org\/mots\/22637\">http:\/\/journals.openedition.org\/mots\/22637<\/a>&gt;<\/p>\n<p>ABBOU, Julie, \u00ab\u00a0La langue est-elle toujours un lieu de lutte f\u00e9ministe? De la contrefa\u00e7on s\u00e9miotique \u00e0 la lib\u00e9ralisation\u00a0\u00bb, <em>Recherches F\u00e9ministes<\/em>, n. 32, 2, 2019, p. 235-258.<\/p>\n<p>AHMED, Sara, \u00ab\u00a0Le langage de la diversit\u00e9\u00a0\u00bb, <em>GLAD!,<\/em> n. 7, 2019 [2012], En ligne : &lt;<a href=\"https:\/\/journals.openedition.org\/glad\/1647\">https:\/\/journals.openedition.org\/glad\/1647<\/a>&gt;.<\/p>\n<p>ALBRECHT, Jorn, METRICH, Ren\u00e9, \u00ab\u00a0La traductologie dans les principaux pays de langues romanes\u00a0\u00bb, in ALBRECHT Jorn, METRICH, Ren\u00e9 (\u00e9ds.) <em>Manuel de traductologie<\/em>. Berlin \/ Boston: De Gruyter, 2016, p. 46-83.<\/p>\n<p>ALPHERATZ, My, \u00ab\u00a0Fran\u00e7ais inclusif : conceptualisation et analyse linguistique\u00a0\u00bb, SHS Web of Conferences,\u00a0 46 : 13003, 2018.<\/p>\n<p>ALPHERATZ, My, \u00ab\u00a0Fran\u00e7ais inclusif : du discours \u00e0 la langue\u00a0?\u00a0\u00bb, <em>Le Discours et la Langue<\/em> <em>Revue de linguistique fran\u00e7aise et d\u2019analyse du discours, <\/em>Les D\u00e9fis de l&#8217;\u00e9criture inclusive, n. 111, 2019, p. 53-74.<\/p>\n<p>AMOSSY, Ruth,\u00a0 <em>La pr\u00e9sentation de soi. Ethos et identit\u00e9 verbale<\/em>, Paris, PUF, 2010.<\/p>\n<p>ATTANASIO, Giuseppe, GRECO, Salvatore, LA QUATRA, Moreno, CAGLIERO, Luca, TONTI, Michela, CERQUITELLI, Tania, RAUS, Rachele, \u201cE-MIMIC : Empowering Multilingual Inclusive Communication\u201d, <em>IEEE International Conference on Big Data (Big Data)<\/em>, Orlando, FL, USA, 2021, p. 4227-4234, doi: 10.1109\/BigData52589.2021.9671868.<\/p>\n<p>BARTOLETTI, Ivana, <em>An artificial revolution: on power, politics and AI<\/em>, Black Spot Books, 2020.<\/p>\n<p>BAS BARRIO, Mireia, GAUCHOLA, Roser, (\u00e9ds.), \u00ab\u00a0Le langage inclusif : analyse des techniques linguistiques en langue fran\u00e7aise\u00a0\u00bb, 997 Grau en Estudis d\u2019Angl\u00e8s i de Franc\u00e8s, 2020, <a href=\"https:\/\/ddd.uab.cat\/pub\/tfg\/2020\/238483\/BasBarrioMireia_TFG2020.pdf\">https:\/\/ddd.uab.cat\/pub\/tfg\/2020\/238483\/BasBarrioMireia_TFG2020.pdf<\/a><\/p>\n<p>BERENI, Laure, \u00ab\u00a0La parit\u00e9, nouveau paradoxe des luttes f\u00e9ministes ?\u00a0\u00bb, <em>L&#8217;Homme &amp; la Soci\u00e9t\u00e9<\/em> n. 158, 2005, p. 219-227.<\/p>\n<p>BERENI, Laure, \u00ab\u00a0French Feminists Renegotiate Republican Universalism: The Gender Parity Campaign\u00a0\u00bb,\u00a0<em>French Politics<\/em>, n. 5, 3, 2007, p. 19 &#8211; 209.<\/p>\n<p>BERGER, Gertrude, KACHUCK, Beatrice, <em>Sexism, Language and Social Change<\/em>, United States Department of Labor, 1976.<\/p>\n<p>BOUQUET, Brigitte, \u00ab\u00a0L\u2019inclusion\u00a0: approche socio-s\u00e9mantique\u00a0\u00bb, <em>La Vie sociale<\/em>, n. 11, 3, 2015, p. 15-25<\/p>\n<p>BUTLER, Judith, SPIVAK, Gayatri Chakravorty, <em>L\u2019\u00c9tat global,<\/em> Paris, Payot &amp; Rivages, 2009.<\/p>\n<p>CAZENEUVE, Emilie, BELLANTONI, Alessandro, <em>Communication publique accessible et inclusive : panorama de pratiques de pays de l\u2019OCDE<\/em>, OCDE, 2022.<\/p>\n<p>CENNAMO, Ilaria, \u00ab L\u2019analyse de corpus comparables en contexte de formation en traduction : pour une r\u00e9flexion p\u00e9dagogique entre traduction, r\u00e9daction et identit\u00e9 \u00bb, in\u00a0EL QASEM, Fayza, PLASSARD, Freddie (\u00e9ds.). <em>Traduire, \u00e9crire, r\u00e9\u00e9crire dans un monde en mutation \u2500 Writing and Translating as changing Practices<\/em>, Volume 15, n. 2 2017, <em>Revue internationale d\u2019interpr\u00e9tation et de traduction FORUM<\/em>, Amsterdam\/Philadelphia\u00a0: John Benjamins Publishing Company, 269-287.<\/p>\n<p>CHARAUDEAU, Patrick, \u00ab\u00a0Identit\u00e9s sociales, identit\u00e9s culturelles et comp\u00e9tences\u00a0\u00bb, in\u00a0<em>Hommage \u00e0 Paul Miclau<\/em>, 2006, <a href=\"https:\/\/www.patrick-charaudeau.com\/Identites-sociales-identites.html\">https:\/\/www.patrick-charaudeau.com\/Identites-sociales-identites.html<\/a><\/p>\n<p>CHARAUDEAU, Patrick, 2007, \u00ab\u00a0Les st\u00e9r\u00e9otypes, c\u2019est bien. Les imaginaires, c\u2019est mieux\u00a0\u00bb, in\u00a0BOYER, Henri, (\u00e9ds.) <em>St\u00e9r\u00e9otypage, st\u00e9r\u00e9otypes : fonctionnements ordinaires et mises en sc\u00e8ne<\/em>, 4, Paris, L\u2019Harmattan, 2007, p. 49-62.<\/p>\n<p>CIOCCHETTI, Elena, RALLI, Natascia, \u201cComunicazione istituzionale inclusiva in Alto Adige: esperienze e questioni aperte\u201d, <em>Italiano LinguaDue<\/em>,\u00a0n. 16<em>, <\/em>1, 2024, p. 170-185. <a href=\"https:\/\/doi.org\/10.54103\/2037-3597\/23832\">https:\/\/doi.org\/10.54103\/2037-3597\/23832<\/a><\/p>\n<p>COLLINS, Adela Yarbro, \u00ab\u00a0An Inclusive Biblical Anthropology\u00a0\u00bb, <em>Theology Today,<\/em> n. 34(4), 1978, p. 358-369.<\/p>\n<p>CONSEIL DE L\u2019UNION EUROPEENNE, <em>La communication inclusive au SGC<\/em>, Secr\u00e9tariat G\u00e9n\u00e9ral du Conseil, Union Europ\u00e9enne, 2018, https:\/\/www.consilium.europa.eu\/media\/35450\/fr_brochure-inclusive-communication-in-the-gsc.pdf<\/p>\n<p>de\u00a0SAINT\u00a0ROBERT, Marie-Jos\u00e9e,\u00a0\u00ab\u00a0Le multilinguisme de l\u2019Organisation des Nations unies\u00a0\u00bb,\u00a0<em>Mots. Les langages du politique<\/em>, n. 128, 2022, p. 127-147.<\/p>\n<p>DELISLE Jean, <em>L\u2019analyse du discours comme m\u00e9thode de traduction<\/em>, Ottawa, Presses de l\u2019Universit\u00e9 d\u2019Ottawa, 1980.<\/p>\n<p>DOYTCHEVA, Milena, <em>Politiques de la diversit\u00e9: sociologie des in\u00e9galit\u00e9s et des alt\u00e9rit\u00e9s<\/em>, Th\u00e8se d\u2019Habilitation \u00e0 diriger des recherches, Paris, Universit\u00e9 Paris Ouest Nanterre La D\u00e9fense, 2015.<\/p>\n<p>DUMAIS, H\u00e9l\u00e8ne, \u00ab\u00a0Pour un genre \u00e0 part enti\u00e8re\u00a0\u00bb, <em>Recherches f\u00e9ministes,<\/em> n. 5, 1, 1992, p. 169\u2013174.<\/p>\n<p>DUMAIS, Monique &amp; Roy, Marie-Andr\u00e9e, <em>Souffles de femmes. Lectures f\u00e9ministes de la religion,<\/em> Montr\u00e9al, \u00c9ditions Paulines ; Paris, M\u00e9diaspaul, 1989.<\/p>\n<p>ELLINGWORTH, Paul, \u00ab\u00a0Translating the Bible Inclusively\u00a0\u00bb, <em>Meta,<\/em> n. 32, 1, 1987,\u00a0 p. 46\u201354.<\/p>\n<p>ELMIGER, Daniel, <em>Collection Guides de langue non sexiste \/ inclusive<\/em>, version 1.0, Universit\u00e9 de Gen\u00e8ve, D\u00e9partement de langue et litt\u00e9rature allemandes, 2020.<\/p>\n<p>FLANAGAN, Anna, Todd-Mancillas, William, \u00ab\u00a0Teaching inclusive generic pronoun usage: The effectiveness of an authority innovation\u2010decision approach versus an optional innovation\u2010decision approach\u00a0\u00bb, <em>Communication Education, <\/em>n. 31, 1982,\u00a0 s.p.<\/p>\n<p>FOURMENT, \u00c9meline, <em>Th\u00e9ories en action : appropriations des th\u00e9ories f\u00e9ministes en milieu libertaire \u00e0 Berlin et Montr\u00e9al<\/em>, Th\u00e8se de doctorat, Paris, Institut d\u2019\u00c9tudes Politiques de Paris, 2021.<\/p>\n<p>FREEDEN, Michael, <em>Ideologies and Political Theory: A Conceptual Approach,<\/em> Oxford, Oxford University Press, 1996.<\/p>\n<p>GABORIAUX, Chlo\u00e9\u00a0<em>et al.<\/em>, \u00ab\u00a0Politiques des langues dans les organisations internationales\u00a0\u00bb,\u00a0<em>Mots. Les langages du politique<\/em> n. 128,\u00a02022, p. 9-25.<\/p>\n<p>GAMBIER, Yves, \u00ab\u00a0Traduction et analyses de discours : typologie crois\u00e9e\u00a0\u00bb [Translation and analysis of discourse: crossed typology], <em>Studia Romanica Posnaniensia<\/em>, Adam Mickiewicz University Press, Poznan, vol. 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Quelle gestion \u00e9quitable pour la garantie des droits linguistiques ?\u00a0\u00bb,<em> Language Problems &amp; Language Planning<\/em>, Special Issue, n. 48, 2, 2024, 46-167, <a href=\"https:\/\/benjamins.com\/catalog\/lplp.48.2\">https:\/\/benjamins.com\/catalog\/lplp.48.2<\/a><\/p>\n<p>NATIONS UNIES, <em>Lignes directrices pour l\u2019inclusion du handicap dans les communications<\/em>, mars 2022, https:\/\/www.un.org\/sites\/un2.un.org\/files\/2204195_f_undis_communication_guidelines.pdf<\/p>\n<p>PACI, Walter <em>et al.<\/em>, \u201cExploiting ChatGPT to simplify Italian bureaucratic and professional texts\u201d, <em>AI-Linguistica. 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La F\u00e9d\u00e9ration des femmes du Qu\u00e9bec et les femmes immigrantes ou racis\u00e9es, 1966-1992\u00a0\u00bb, <em>Bulletin d&#8217;histoire politique<\/em>, n. 25, 3, 2017, p. 102-123.<\/p>\n<p>RICOEUR, Paul, <em>Sur la traduction<\/em>, Paris, Bayard, 2004.<\/p>\n<p>SAUSSURE, Ferdinand (de), <em>Cours de linguistique g\u00e9n\u00e9rale<\/em>, Paris, Payot, 1916.<\/p>\n<p>SCHRECK, Nancy &amp; LEACH, Maureen (compilers), <em>Psalms Anew: In<\/em> <em>Inclusive Language,<\/em> Minnesota, Saint Mary\u2019s Press, 1986.<\/p>\n<p>SCOTT, Joan W., <em>Parit\u00e9\u00a0! L\u2019universel et la diff\u00e9rence des sexes,<\/em> Paris, Albin Michel, 2005.<\/p>\n<p>TODD-MANCILLAS, William, MEYERS, Karen Ann, \u00ab\u00a0The Effects of Inclusive\/Exclusive Language on Reading Comprehension, Perceived Human Interest, and Likelihood of Inclusive Pronoun Usage\u00a0\u00bb, Paper presented at the <em>Annual Meeting of the International Communication Association<\/em>, 1980.<\/p>\n<p>UNITED NATIONS DIVISION OF ECONOMIC AND SOCIAL AFFAIRS (DESA), <em>Vision of an inclusive society<\/em>, Draft, 2009, <a href=\"https:\/\/www.un.org\/esa\/socdev\/documents\/compilation-brochure.pdf\">https:\/\/www.un.org\/esa\/socdev\/documents\/compilation-brochure.pdf<\/a><\/p>\n<p>UNTERM, <em>Le portail terminologique des Nations Unies<\/em>, https:\/\/unterm.un.org\/unterm2\/fr\/<\/p>\n<p>VADOT, Maud, <em>Le fran\u00e7ais, langue d\u2019\u00a0\u00ab\u00a0int\u00e9gration\u00a0\u00bb des adultes migrants.e.s allophones ? Rapports de pouvoir et mises en sens d\u2019un lex\u00e8me pol\u00e9mique dans le champ de la formation linguistique,<\/em> Th\u00e8se de doctorat, Montpellier, Universit\u00e9 Paul-Val\u00e9ry Montpellier 3, 2017.<\/p>\n<p>WHITE, Sandra S., \u00ab\u00a0Comment expliquer le sens d&#8217;une unit\u00e9 lexicale : Traduction interlinguistique, intralinguistique et inters\u00e9miotique\u00a0\u00bb, <em>Initial(e)s,<\/em> n.4, 1984, p. 42-45.<\/p>\n<p>WITHERS, Barbara, \u00ab\u00a0Inclusive Language and Religious Education\u00a0\u00bb, <em>Religious Education, <\/em>n. 80, 4, 1985, s. p.<\/p>\n<p>YVON, Fran\u00e7ois, \u00ab La traduction multilingue : analyse d\u2019une prouesse technologique \u00bb, <em>MediAzioni<\/em> n. 39, 2023, p.17-34. <a href=\"https:\/\/mediazioni.unibo.it\/article\/view\/18785\/17272\">https:\/\/mediazioni.unibo.it\/article\/view\/18785\/17272<\/a><\/p>\n<hr \/>\n<p><a href=\"#_ftnref1\" name=\"_ftn1\">[1]<\/a> Julie Abbou a r\u00e9dig\u00e9 la section 1.\u00a0; Maria Margherita Mattioda a r\u00e9dig\u00e9 les paragraphes\u00a0: 2., 2.1., 2.2., 2.3., 2.4\u00a0; Ilaria Cennamo a r\u00e9dig\u00e9 les paragraphes\u00a0: 3., 3.1., 3.2., 3.3. Le paragraphe introductif et la conclusion ont \u00e9t\u00e9 r\u00e9dig\u00e9s de mani\u00e8re conjointe.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref2\" name=\"_ftn2\">[2]<\/a> \u00ab\u00a0Inclusion, communication institutionnelle et traduction\u00a0\u00bb, journ\u00e9e d\u2019\u00e9tude organis\u00e9e par Ilaria Cennamo e Maria Margherita Mattioda le 5 d\u00e9cembre 2024 \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 de Turin.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref3\" name=\"_ftn3\">[3]<\/a> Certains textes mentionnent l\u2019existence d\u2019une <em>Policy of Inclusive Language<\/em> publi\u00e9 par The World Church, d\u00e8s 1978, mais dont je n\u2019ai pas retrouv\u00e9 la trace.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref4\" name=\"_ftn4\">[4]<\/a> Nous rappelons que \u00ab\u00a0le fait que chaque organisation mette \u00e0 disposition ses propres ressources lexicales (banques terminologiques ou glossaires) ou ses propres manuels et guides de r\u00e9daction et de traduction (voir, entre autres, Cao et Zhao, 2008\u00a0; Leoncini Bartoli, 2016\u00a0; etc.) montre d\u00e9j\u00e0 la pr\u00e9sence de positionnements diff\u00e9rents et de mani\u00e8res vari\u00e9es d\u2019utiliser les ressources linguistiques\u00a0\u00bb. (Gaboriaux <em>et al.<\/em> 2022\u00a0: 14).<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref5\" name=\"_ftn5\">[5]<\/a> UNTERM\u00a0: https:\/\/unterm.un.org\/unterm2\/fr\/about<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref6\" name=\"_ftn6\">[6]<\/a> <a href=\"https:\/\/www.itu.int\/itunews\/manager\/display.asp?lang=fr&amp;year=2008&amp;issue=05&amp;ipage=34&amp;ext=html\">https:\/\/www.itu.int\/itunews\/manager\/display.asp?lang=fr&amp;year=2008&amp;issue=05&amp;ipage=34&amp;ext=html<\/a><\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref7\" name=\"_ftn7\">[7]<\/a> <a href=\"https:\/\/unterm.un.org\/unterm2\/en\/view\/2c01f783-44be-498d-adf1-9ab56c1b5e85\">https:\/\/unterm.un.org\/unterm2\/en\/view\/2c01f783-44be-498d-adf1-9ab56c1b5e85<\/a><\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref8\" name=\"_ftn8\">[8]<\/a> https:\/\/unterm.un.org\/unterm2\/fr\/view\/311d40c0-90ae-434d-8787-84369060fe0e<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref9\" name=\"_ftn9\">[9]<\/a> https:\/\/www.ungeneva.org\/fr\/about\/accessibility\/disability-inclusive-language<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref10\" name=\"_ftn10\">[10]<\/a> IATE : https:\/\/iate.europa.eu\/home<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref11\" name=\"_ftn11\">[11]<\/a> Nous soulignons que sa version en italien est plus riche en d\u00e9tails\u00a0: \u00ab\u00a0 modalit\u00e0 di comunicazione verbale e visiva intesa a garantire che i destinatari si sentano inclusi, valorizzati e rappresentati, evitando discriminazioni, stereotipi e pregiudizi\u00a0\u00bb. https:\/\/iate.europa.eu\/search\/result\/1770226753986\/1<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref12\" name=\"_ftn12\">[12]<\/a> La r\u00e9f\u00e9rence est la <a href=\"https:\/\/op.europa.eu\/fr\/publication-detail\/-\/publication\/8060e3cc-945f-11ec-b4e4-01aa75ed71a1\/\">\u00abStrat\u00e9gie de la diversit\u00e9 et de l&#8217;inclusion du secr\u00e9tariat g\u00e9n\u00e9ral du Conseil pour la p\u00e9riode 2021-2024\u00bb\u00a0(18.10.2024)<\/a><\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref13\" name=\"_ftn13\">[13]<\/a> https:\/\/iate.europa.eu\/entry\/result\/3576042\/all<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref14\" name=\"_ftn14\">[14]<\/a> <a href=\"http:\/\/www.un.org\/fr\/gender-inclusive-language\/index.shtml\">http:\/\/www.un.org\/fr\/gender-inclusive-language\/index.shtml<\/a><u>)<\/u><\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref15\" name=\"_ftn15\">[15]<\/a> https:\/\/iate.europa.eu\/search\/result\/1770653879698\/1<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref16\" name=\"_ftn16\">[16]<\/a> <a href=\"http:\/\/www.europarl.europa.eu\/RegData\/publications\/2009\/0001\/P6_PUB(2009)0001_FR.pdf\">http:\/\/www.europarl.europa.eu\/RegData\/publications\/2009\/0001\/P6_PUB(2009)0001_FR.pdf<\/a><\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref17\" name=\"_ftn17\">[17]<\/a> <a href=\"http:\/\/www.egalite.ch\/uploads\/pdf\/langage_epicene_guide.pdf\">http:\/\/www.egalite.ch\/uploads\/pdf\/langage_epicene_guide.pdf<\/a><\/p>\n<hr \/>\n<p>Per citare questo articolo:<\/p>\n<p>Julie ABBOU, Ilaria CENNAMO, Maria Margherita MATTIODA, \u00ab Inclusion, communication institutionnelle et traduction\u00a0: regards crois\u00e9s\u00a0\u00bb,\u00a0<em>Rep\u00e8res DoRiF,<\/em>\u00a0n. 34 \u2013\u00a0<em>Inclusion, communication institutionnelle et traduction<\/em>, DoRiF Universit\u00e0, Roma, aprile 2026, https:\/\/www.dorif.it\/reperes\/julie-abbou-ilaria-cennamo-maria-margherita-mattioda-inclusion-communication-institutionnelle-et-traduction-regards-croises\/<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">ISSN 2281-3020<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-8924 aligncenter\" src=\"https:\/\/www.dorif.it\/reperes\/wp-content\/uploads\/2022\/04\/logo-pubblicazione.png\" alt=\"\" width=\"111\" height=\"49\" \/><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">Quest\u2019opera \u00e8 distribuita con Licenza\u00a0<a href=\"http:\/\/creativecommons.org\/licenses\/by-nc-nd\/3.0\/it\/\">Creative Commons Attribuzione \u2013 Non commerciale \u2013 Non opere derivate 3.0 Italia<\/a>.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p> <a 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