{"id":8506,"date":"2021-10-18T12:17:42","date_gmt":"2021-10-18T10:17:42","guid":{"rendered":"https:\/\/www.dorif.it\/reperes\/?p=8506"},"modified":"2021-12-16T10:54:29","modified_gmt":"2021-12-16T09:54:29","slug":"danielle-londei-laura-santone-introduction","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.dorif.it\/reperes\/danielle-londei-laura-santone-introduction\/","title":{"rendered":"Danielle LONDEI, Laura SANTONE, Introduction"},"content":{"rendered":"<h3 id=\"danielle-londei-laura-santone\" style=\"text-align: center; padding-left: 80px;\">Danielle LONDEI, Laura SANTONE<\/h3>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h2 id=\"introduction\" style=\"text-align: center;\"><strong>Introduction<\/strong><\/h2>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Danielle Londei<br \/>\n<\/strong>Alma Mater Universit\u00e0 di Bologna<br \/>\ndanielle.digaetano@unibo.it<\/p>\n<p><strong>Laura Santone<br \/>\n<\/strong>Universit\u00e0 Roma Tre<br \/>\nlaura.santone@uniroma3.it<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Ce num\u00e9ro sp\u00e9cial de la revue \u201cRep\u00e8res-Dorif\u201d a pris son \u00e9lan \u00e0 partir d\u2019une table ronde en ligne organis\u00e9e par l\u2019IGER (Institut Gramsci Emilia-Romagna) qui avait comme th\u00e9matique <em>\u00ab\u00a0Oralit\u00e0\/Scrittura\/Digitale \u2013 La transformazione dei processi communicativi<\/em>\u00a0\u00bb<a href=\"#_ftn1\" name=\"_ftnref1\">[1]<\/a>, qui s\u2019est tenue le 19 d\u00e9cembre 2020, en pleine p\u00e9riode de confinement, due \u00e0 la pand\u00e9mie Covid 19. Les intervenants \u00e9taient deux anthropologues (Matilde Callari Galli et Vincenzo Matera) et une philosophe de la communication (Giovanna Cosenza).<\/p>\n<p>Cette trilogie th\u00e9matique, par son titre m\u00eame, nous a sembl\u00e9 mati\u00e8re int\u00e9ressant pleinement les linguistes, mais \u00e9galement des chercheurs d\u2019autres disciplines, tout autant que des cr\u00e9ateurs. D\u2019o\u00f9 cette tentative d\u2019impliquer successivement plusieurs acteurs et leur demander \u2013 comme dans une suite id\u00e9ale \u00e0 la rencontre initiale \u2013 d\u2019intervenir bri\u00e8vement, d\u2019interagir de leur point de vue, dans ce vaste champ qui s\u2019offrait \u00e0 \u00eatre parcouru et que ce num\u00e9ro ne pr\u00e9tend certes pas \u00e9puiser.<\/p>\n<p>Nous ressentions l\u2019exigence de comprendre et de rencontrer des sp\u00e9cialistes capables d\u2019expliquer cette aventure humaine en relation avec ce que la th\u00e9matique sous-tendait, en \u00e9vitant les raccourcis faciles et les hypoth\u00e8ses improbables. C\u2019est donc cette envie, ce d\u00e9sir d\u2019appr\u00e9hender par ce biais notre \u00e9poque qui nous ont conduites \u00e0 r\u00e9fl\u00e9chir sur les points forts qui nous interrogeaient, sans cr\u00e9er de hi\u00e9rarchie entre les disciplines afin de permettre une confrontation, un dialogue implicite, entre les disciplines sollicit\u00e9es. Nous \u00e9tions soutenues par la conviction qu\u2019il fallait mettre autour d\u2019une table virtuelle des acteurs multiples, appartenant \u00e0 des sp\u00e9cialit\u00e9s disciplinaires diff\u00e9rentes, car il \u00e9tait \u00e9vident, dans le domaine des savoirs, que la pluridisciplinarit\u00e9 \u00e9tait n\u00e9cessaire pour explorer des champs de recherche communs mais souvent \u00e9tanches entre eux : il n\u2019y a pas d\u2019histoire sans biologie, il n\u2019y a pas de math\u00e9matiques sans philosophie, il n\u2019y a pas d\u2019anthropologie sans g\u00e9n\u00e9tique et l\u2019on pourrait poursuivre sur des pages enti\u00e8res les listes qui illustrent ces connexions.<\/p>\n<p>Nous parions que la soif de connaissance de notre \u00e9poque pouvait \u00eatre mieux satisfaite gr\u00e2ce \u00e0 une offre composite de r\u00e9f\u00e9rences pluridisciplinaires capables de d\u00e9passer, dans une phase exploratoire, les divisions par compartiments cloisonn\u00e9s qui caract\u00e9risent, dans nos secteurs du moins, les mondes universitaires italien et fran\u00e7ais, et par cons\u00e9quent, de mani\u00e8re g\u00e9n\u00e9rale, une bonne partie des formes de communication internes. Personne ne peut \u00eatre sp\u00e9cialiste de tout le savoir, et c\u2019est justement pour alimenter cette soif de connaissance que nous avons imagin\u00e9 ce num\u00e9ro pluridisciplinaire et multim\u00e9dia, qui contribuera, nous l\u2019esp\u00e9rons, \u00e0 abattre les barri\u00e8res subrepticement \u00e9lev\u00e9es entre les diff\u00e9rents types de savoirs et qui, \u00e0 l\u2019avenir, devrait tenir compte de la n\u00e9cessit\u00e9 d\u2019interaction et d\u2019interd\u00e9pendance existantes. Peut-on s\u2019\u00e9loigner des routes habituellement parcourues, aller vers l\u2019inconnu, s\u2019en remettre au hasard ? Dans l\u2019attente de saisir ces autres r\u00e9alit\u00e9s, il nous reste toujours l\u2019imagination, disait Wilbur Smith. Ajoutons l\u2019option du risque.<\/p>\n<p>On parle en g\u00e9n\u00e9ral de risques (industriels, techniques, sociaux\u2026) avec une connotation n\u00e9gative et passive, alors que cette notion devrait \u00eatre celle d\u2019un danger assum\u00e9 et volontairement affront\u00e9. Ainsi, nous avons voulu explorer les ressorts de l\u2019imaginaire et des repr\u00e9sentations du monde chez quelques cr\u00e9ateurs, de m\u00eame que les optiques des experts sollicit\u00e9s \u00e0 partir de leur domaine de r\u00e9f\u00e9rence. Nous avons essay\u00e9 de d\u00e9gager quelques pr\u00e9suppos\u00e9s qui sous-tendent l\u2019id\u00e9e m\u00eame de risque, qui, dans notre cas, pouvait \u00eatre celui de l\u2019\u00e9parpillement des approches, d\u2019une fragmentation des perspectives \u2013 scientifiques, anthropologiques, artistiques. Nous avons opt\u00e9 d\u2019en faire notre ligne de force. Le but \u00e9tait d\u2019apporter \u00e0 la r\u00e9flexion commune des points de vue qui allaient se confronter aux th\u00e9matiques lanc\u00e9es par nos trois experts de d\u00e9part.<\/p>\n<p>Du point de vue formel, l\u2019option multim\u00e9dia est souvent objet de pol\u00e9miques. Alors que certains parlent \u00e0 son propos d\u2019une r\u00e9volution comparable \u00e0 celle op\u00e9r\u00e9e par l\u2019imprimerie, d\u2019autres d\u00e9noncent une simple imposture consum\u00e9riste. Entre ces deux partis, les sp\u00e9cialistes de diff\u00e9rentes disciplines \u2013 sciences de la communication, de l\u2019information \u2013 sont partisans d\u2019un certain relativisme et tentent d\u2019analyser les enjeux philosophiques et sociaux de ces nouveaux supports technologiques.<\/p>\n<p>Etant donn\u00e9 la complexit\u00e9 ou au contraire l\u2019aspect r\u00e9ducteur des d\u00e9bats, il n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 facile pour le projet de ce num\u00e9ro de revue de mesurer et d\u2019\u00e9valuer l\u2019enjeu que pouvait repr\u00e9senter le choix du multim\u00e9dia dans ce contexte de r\u00e9flexion plurielle. Nous nous sommes persuad\u00e9es que le d\u00e9veloppement que nous avons propos\u00e9 n\u2019\u00e9tait pas \u00e0 consid\u00e9rer comme une simple avanc\u00e9e technologique comparable \u00e0 beaucoup d\u2019autres. De par la nouveaut\u00e9 des supports et surtout les modes de communication qu\u2019il permet, le multim\u00e9dia occupe aujourd\u2019hui une place centrale dans nos rapports \u00e0 l\u2019information, aux savoirs, aux multiples formes culturelles et artistiques, mais aussi aux autres.<\/p>\n<p>Une fois cela pos\u00e9, il convient d\u2019examiner la place que le multim\u00e9dia peut occuper et les r\u00f4les qu\u2019il peut jouer dans le contexte ici consid\u00e9r\u00e9, de mesurer les potentialit\u00e9s et les limites des supports multim\u00e9dias en termes de communication et d\u2019interaction entre disciplines et entre interlocuteurs.<a href=\"#_ftn2\" name=\"_ftnref2\">[2]<\/a><\/p>\n<p>Sous les effets de ph\u00e9nom\u00e8nes de mode largement encourag\u00e9s par les milieux \u00e9conomiques, on a trop souvent tendance \u00e0 laisser une technologie effacer les pr\u00e9c\u00e9dentes, par\u00e9e qu\u2019elle est de tous les pr\u00e9tendus avantages de la nouveaut\u00e9, qu\u2019il faut examiner pour en saisir pleinement l\u2019int\u00e9r\u00eat dominant.<\/p>\n<p>Il convient de rappeler que l\u2019on appelle \u00ab\u00a0multim\u00e9dia\u00a0\u00bb une \u0153uvre, un ouvrage qui comporte sur un m\u00eame support \u2013 ici la revue en ligne <em>Rep\u00e8res-Do.Ri.f<\/em> \u2013 plusieurs \u00e9l\u00e9ments : texte, son, images fixes ou anim\u00e9es\u2026 et dont la structure et l\u2019acc\u00e8s sont r\u00e9gis par un logiciel permettant l\u2019interactivit\u00e9.<\/p>\n<p>Aujourd\u2019hui plus que jamais, la possibilit\u00e9 d\u2019avoir recours \u00e0 diff\u00e9rents m\u00e9dias permet de mieux travailler en fonction de ses sp\u00e9cificit\u00e9s technologiques. Aujourd\u2019hui comme hier, la vari\u00e9t\u00e9 m\u00e9diatique est per\u00e7ue comme \u00e9tant susceptible de favoriser la vari\u00e9t\u00e9 des modes d\u2019expression.<\/p>\n<p>Pour ce qui concerne notre premi\u00e8re tentative \u00e9ditoriale dans cette direction, nous avons conscience de sa partielle \u00ab\u00a0immaturit\u00e9\u00a0\u00bb par rapport aux disponibilit\u00e9s technologiques disponibles. Mais, il faut bien commencer \u00e0 l\u2019exp\u00e9rimenter dans notre champ o\u00f9 la scientificit\u00e9 est encore per\u00e7ue essentiellement sur le support \u00e9crit. Ainsi, nous avons opt\u00e9 pour des interventions br\u00e8ves, orales ou \u00e9crites, et en fait, nous avons en partie, volontairement, renvers\u00e9 le processus\u00a0: texte \u00e9crit bref qui mimait une intervention orale, ou bien, contribution orale suivie d\u2019un texte \u00e9crit explicatif, ou encore une vid\u00e9o d\u2019artiste suivie d\u2019un texte th\u00e9orico-m\u00e9thodologique de l\u2019auteur\u2026 Notre intention conductrice \u00e9tait de cr\u00e9er une dynamique formelle de la th\u00e9matique trait\u00e9e, dans le but d\u2019offrir au r\u00e9cepteur un ensemble d\u2019\u00e9changes virtuels et consid\u00e9rer en quoi ces approches modifiaient ou pas la perception des r\u00e9sultats obtenus.<\/p>\n<p>De cette premi\u00e8re tentative, il serait hardi d\u2019en tirer des conclusions, contentons-nous de la consid\u00e9rer comme un coup d\u2019essai.<\/p>\n<p>Bien \u00e9videmment, nous n\u2019avons pas la pr\u00e9tention de r\u00e9pondre \u00e0 toutes les interrogations pos\u00e9es, \u00e0 la complexit\u00e9 des visions et des approches possibles, mais, plus modestement, nous avons voulu proposer quelques \u00e9clairages, quelques flashs, qui pouvaient \u00eatre objet d\u2019int\u00e9r\u00eat pour le lecteur, l\u2019inviter \u00e0 sortir des lieux habituellement fr\u00e9quent\u00e9s dans ses recherches, lui offrir d\u2019aller voir ailleurs pour revenir, enrichi, sur son propre sentier.<\/p>\n<p>Il nous faut ici remercier les intervenants qui ont jou\u00e9 le jeu, qui ont accept\u00e9 de courir le risque d\u2019offrir \u00e0 la discussion leur point de vue sur ces vastes questions qui sont \u00e0 la base d\u2019un aspect culturel central de nos vies professionnelles et existentielles.<\/p>\n<p>Charles Baudelaire a \u00e9crit qu\u2019\u00ab\u00a0un \u00e9clectique est un navire qui voudrait marcher avec quatre vents\u00a0\u00bb (<em>Curiosit\u00e9s esth\u00e9tiques<\/em>). Nous assumons cette vision utopique car l\u2019\u00e9clectisme correspond \u00e0 une curiosit\u00e9 profonde qui nous pousse \u00e0 r\u00e9sister au mirage de l\u2019uniformit\u00e9 face \u00e0 la complexit\u00e9 des probl\u00e9matiques affront\u00e9es, m\u00eame au risque de quelques embard\u00e9es. Mais renouer \u2013 ne serait-ce que provisoirement \u2013 avec l\u2019\u00e9parpillement, la pluralit\u00e9, la fragmentation et l\u2019\u00e9miettement qui caract\u00e9risent notre temps, c\u2019est renoncer \u00e0 se r\u00e9signer, \u00e0 se r\u00e9tr\u00e9cir.<\/p>\n<p>Einstein disait que le progr\u00e8s de la science advient sur les confins. Il entendait qu\u2019il \u00e9tait avantageux pour un chercheur se tenir en contact avec d\u2019autres savoirs, car il \u00e9tait convaincu que l\u2019on ne r\u00e9sout pas un probl\u00e8me avec la m\u00eame m\u00e9canique que celle qui l\u2019a cr\u00e9\u00e9.<\/p>\n<p>Ainsi, nous pourrions avancer que le th\u00e8me propos\u00e9 est un th\u00e8me porteur. Qu\u2019entendons-nous\u00a0par \u00ab\u00a0<em>Oralit\u00e9\/Ecriture\/Digital<\/em> \u00bb? Nous consid\u00e9rons que cette trilogie est vou\u00e9e \u00e0 un certain d\u00e9veloppement, qu\u2019elle est cens\u00e9e se faire un vecteur potentiel d\u2019id\u00e9es, qu\u2019elle offre l\u2019occasion de d\u00e9passer la simple logique et qu\u2019elle peut permettre de d\u00e9couvrir des sources nouvelles d\u2019efficacit\u00e9, d\u2019approfondissement qui se projettent sur le monde vers une volont\u00e9 de r\u00e9alisation sur le rapport th\u00e9orie-pratique. Comme nous le rappelle Marcel Jousse (1974), \u00e0 travers les mill\u00e9naires, l\u2019expression humaine, partant des interactions qui se jouent dans le cosmos,\u00a0 a envahi et inform\u00e9 l\u2019homme, l\u2019anthropos, par le jeu multiforme de l\u2019univers qui l\u2019entoure. L\u2019homme-anthropos a ensuite projet\u00e9 les informations et les connaissances assimil\u00e9es en \u00ab\u00a0signes\u00a0\u00bb de communication\u00a0: d\u2019abord par des gestes globaux engageant tout son corps, puis par des gestes oraux, jusqu\u2019\u00e0 arriver aux gestes \u00ab\u00a0graphiques\u00a0\u00bb, c\u2019est-\u00e0-dire l\u2019\u00e9criture, qui lui permet de modeler sa pens\u00e9e.<\/p>\n<p>Dans ce projet \u00e9ditorial, nous voudrions nous rapprocher de l\u2019efficacit\u00e9 chinoise (cf. Fran\u00e7ois Jullien, <em>Entrer dans une pens\u00e9e ou des possibles de l\u2019esprit<\/em>, 2012) qui enseigne \u00e0 laisser advenir l\u2019effet\u00a0: non pas le cibler mais l\u2019impliquer, non pas le rechercher mais l\u2019accueillir, le laisser s\u2019imposer dans le r\u00e9el, approche que l\u2019on pourrait nommer strat\u00e9gique. L\u2019invitation au lecteur est d\u2019op\u00e9rer un certain d\u00e9placement par rapport \u00e0 la norme (celle des habitudes de penser), remettre en mouvement la pens\u00e9e, la d\u00e9gager, pour commencer \u00e0 percevoir que cette fixation de la pens\u00e9e nous emp\u00eache de penser autrement.<\/p>\n<p>Pour mettre en acte ce d\u00e9calage, il faut op\u00e9rer une refonte de la langue et de ses pr\u00e9suppos\u00e9s th\u00e9oriques, l\u2019ouvrir \u00e0 d\u2019autres intelligibilit\u00e9s, la conduire vers d\u2019autres sources-ressources qui sont fournies par la multiplicit\u00e9 des intervenants, par l\u2019\u00e9clectisme que ce parcours met en acte en offrant d\u2019autres paysages mentaux. Ainsi, pour les anciens ma\u00eetres orientaux de strat\u00e9gie, on tire le r\u00e9sultat voulu \u00e0 partir du potentiel inh\u00e9rent \u00e0 la situation qui se cr\u00e9e et non pas d\u2019un plan \u00e9labor\u00e9 abstraitement sur lequel tenter d\u2019uniformiser des pratiques \u00e0 partir de la lecture des contextes consid\u00e9r\u00e9s, non plus de la s\u00e9paration des moyens et des objectifs, du sinueux effort de le modifier. Cela nous conduit \u00e0 devoir repenser les fondements cach\u00e9s de notre dimension culturelle, \u00e0 rechercher une logique au fonctionnement de ce jeu de d\u00e9couverte, de construction, m\u00ealant le fond et la forme et \u00e0 r\u00e9fl\u00e9chir sur la fa\u00e7on dont nos pens\u00e9es se forment, se transforment face \u00e0 l\u2019\u00e9volution technologique dans notre v\u00e9cu.<\/p>\n<p>Tel \u00e9tait notre propos r\u00e9flexif de d\u00e9part.<\/p>\n<p>Quant \u00e0 la th\u00e9matique propos\u00e9e par les acteurs de la table ronde en ligne, il est certain qu\u2019elle pouvait \u00eatre abord\u00e9e de nombreuses mani\u00e8res, et les interventions qui suivent en fournissent un \u00e9chantillonnage limit\u00e9, mais nous l\u2019esp\u00e9rons convaincant.<\/p>\n<p>Notre contribution se limitera \u00e0 illustrer un point de vue de l\u2019\u00e9volution historique des notions contenues dans le titre de ce num\u00e9ro, soit \u00ab\u00a0<em>Les processus de communication : oralit\u00e9, \u00e9criture, digital<\/em> \u00bb, entendu comme l\u2019apport n\u00e9 des \u00ab\u00a0r\u00e9volutions techniques\u00a0\u00bb dans le temps, en ajoutant l\u2019adjectif connotatif \u00ab\u00a0inaper\u00e7ues\u00a0\u00bb, donc \u00ab\u00a0r\u00e9volutions techniques inaper\u00e7ues\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Dans un article r\u00e9cent du suppl\u00e9ment \u00ab Lettura \u00bb du <em>Corriere della sera<\/em> (15 novembre 2020), le journaliste-critique t\u00e9l\u00e9vis\u00e9 Aldo Grasso proposait un parcours historique qui d\u00e9crivait des faits qui se sont r\u00e9p\u00e9t\u00e9s \u00e0 plusieurs reprises dans l\u2019histoire de la communication et dont, de mani\u00e8re g\u00e9n\u00e9rale, nous n\u2019avons pas imm\u00e9diatement per\u00e7u l\u2019importance, l\u2019impact\u00a0: ainsi, l\u2019invention de l\u2019imprimerie fut une \u00ab\u00a0r\u00e9volution inaper\u00e7ue\u00a0\u00bb \u00e0 son \u00e9poque\u00a0; elle d\u00e9termina le passage d\u2019une \u00e9poque \u00e0 une autre. Il en est de m\u00eame pour la grande r\u00e9volution technologique et anthropologique que l\u2019humanit\u00e9 toute enti\u00e8re traverse aujourd\u2019hui, avec le passage vers le num\u00e9rique\u00a0: au quotidien, nous n\u2019avons pas pleinement appr\u00e9hend\u00e9 les cons\u00e9quences du smartphone, nous avons \u00e9t\u00e9 fascin\u00e9s, absorb\u00e9s par les infinies possibilit\u00e9s offertes par l\u2019Internet, par les moteurs de recherche et surtout, au niveau communicatif, par les r\u00e9seaux sociaux o\u00f9 chacun a pu s\u2019exprimer librement. Mais nous n\u2019avons pas bien pris \u00a0conscience de certains aspects que cette r\u00e9volution provoquait (la crise de l\u2019\u00e9dition, de la presse \u00e9crite sur papier, l\u2019usage parfois pervers d\u2019Internet, le cauchemar repr\u00e9sent\u00e9 par les \u00e9missions de t\u00e9l\u00e9r\u00e9alit\u00e9\u2026), lesquels se sont impos\u00e9s sans possibilit\u00e9s de s\u2019en d\u00e9tourner. Lorsque tout \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 advenu, nous avons d\u00e9couvert que des m\u00e9tamorphoses avaient eu lieu, que des bouleversements radicaux avaient modifi\u00e9 les syst\u00e8mes institutionnels, \u00e9conomiques et sociaux. Au-del\u00e0, cette r\u00e9volution num\u00e9rique a modifi\u00e9 les formes symboliques des relations et des modalit\u00e9s d\u2019utilisation qui nous avaient d\u00e9j\u00e0 investis depuis la diffusion de la t\u00e9l\u00e9vision dans les foyers.<\/p>\n<p>Ainsi, comme l\u2019illustre l\u2019historienne am\u00e9ricaine Elisabeth L. Eisenstein, dans son c\u00e9l\u00e8bre essai, <em>La r\u00e9volution de l\u2019imprim\u00e9 dans l\u2019Europe des premiers temps modernes<\/em> (1991 [1979]) , les soci\u00e9t\u00e9s ont connu dans ces domaines des r\u00e9volutions inaper\u00e7ues, car elles ne se sont pas manifest\u00e9es en tant que telles, elles ont occup\u00e9 subrepticement nos vies et se sont gliss\u00e9es dans notre quotidien, confirmant ainsi le c\u00e9l\u00e8bre aphorisme de Francis Bacon sur les trois inventions qui ont chang\u00e9 la face du monde, parmi lesquelles l\u2019art de l\u2019imprimerie. Pourquoi justement l\u2019imprimerie ? Revenons en arri\u00e8re : au d\u00e9part ce processus n\u2019a concern\u00e9 qu\u2019un petit nombre de \u00ab professionnels \u00bb qui ont accueilli cette technique nouvelle comme une sorte de prodige qui transformait le livre-objet rare et pr\u00e9cieux, existant sous forme manuscrite, en un produit que l\u2019on pouvait facilement multiplier, \u00e0 des co\u00fbts relativement abordables pour un plus grand nombre. Pour cette raison, successivement, l\u2019imprimerie fut consid\u00e9r\u00e9e comme un des passages les plus significatifs de la fin du Moyen \u00c2ge vers l\u2019\u00e9poque Moderne.<\/p>\n<p>Comme cela a \u00e9t\u00e9 amplement remarqu\u00e9, la lecture \u00e9tait un exercice mental int\u00e9rioris\u00e9, individuel la plupart du temps\u00a0: dans les monast\u00e8res, la lecture se r\u00e9alisait en pronon\u00e7ant \u00e0 voix basse les mots \u00e9crits dans les manuscrits pour \u00eatre recopi\u00e9s. L\u2019affirmation progressive de ce type de lecture augmenta consid\u00e9rablement lors des lectures publiques \u00e0 haute voix, au fur et \u00e0 mesure que la diffusion de l\u2019alphabet avan\u00e7ait en m\u00eame temps que la multiplication des livres imprim\u00e9s. Mais du fait que les lecteurs professionnels \u00e9taient peu nombreux, le livre manuscrit et le livre imprim\u00e9 ont cohabit\u00e9 assez longuement. Le passage de l\u2019un \u00e0 l\u2019autre s\u2019est accompli \u00e0 l\u2019enseigne de la continuit\u00e9 et non de la rupture. Ce fut donc pour l\u2019histoire de l\u2019humanit\u00e9 une grande r\u00e9volution inaper\u00e7ue.<\/p>\n<p>Par ailleurs, Marshall Mc Luhan, dans son ouvrage <em>La galaxie Gutenberg<\/em> (1962), expliquera l\u2019\u00e9volution de l\u2019homme typographique et analysera l\u2019interaction entre l\u2019homme et son milieu, dans lequel tout <em>m\u00e9dium<\/em> invent\u00e9 par le g\u00e9nie humain constitue une extension de son corps ou d\u2019une de ses facult\u00e9s sp\u00e9cifiques\u00a0: la parole \u00e9tend la pens\u00e9e, la roue le pied, l\u2019habit la peau, jusqu\u2019\u00e0 l\u2019extension des technologies communicatives,\u00a0 dont le livre imprim\u00e9 deviendra le vecteur principal du changement social et intellectuel des si\u00e8cles successifs \u00e0 son invention. De m\u00eame, l\u2019av\u00e8nement de la t\u00e9l\u00e9vision a permis de vivre un \u00e9v\u00e9nement qui pouvait se d\u00e9rouler \u00e0 des milliers de kilom\u00e8tres\u00a0et d\u2019y participer \u00ab\u00a0en direct\u00a0\u00bb : c\u2019\u00e9tait le monde qui p\u00e9n\u00e9trait chez soi \u2013 de l\u2019information au passe-temps partag\u00e9s collectivement. On ne manque pas de souligner aujourd\u2019hui, comment et combien le r\u00f4le des m\u00e9dias a contribu\u00e9, de mani\u00e8re substantielle, au processus de modernisation soci\u00e9tal\u00a0: par exemple, en Italie, leur contribution \u00e0 l\u2019unification linguistique et culturelle autour d\u2019un projet p\u00e9dagogique national de la part du service public, gr\u00e2ce surtout \u00e0 la t\u00e9l\u00e9vision, est d\u00e9sormais reconnue. Cette capacit\u00e9 d\u2019agr\u00e9ger et d\u2019articuler le domaine public et priv\u00e9 fut intuitivement et pr\u00e9cocement per\u00e7ue par Mc Luhan dans son livre <em>Pour comprendre les m\u00e9dias<\/em> (1964) et confirm\u00e9e par Joshua Meyrowitz dans son essai <em>Outre le sens du lieu<\/em> (1987). Ainsi la capacit\u00e9 du <em>m\u00e9dium<\/em> de synchroniser les rythmes d\u2019une vie ou de plusieurs communaut\u00e9s\u00a0 fut d\u00e9finitivement focalis\u00e9e. Remarquons aussi que quelques penseurs de l\u2019\u00c9cole de Francfort avaient bien saisi la port\u00e9e des m\u00e9dias (radio, t\u00e9l\u00e9vision, instruments de reproduction), mais ils en avaient surtout retenu les \u00e9l\u00e9ments n\u00e9gatifs, comme la standardisation, la r\u00e9p\u00e9tition, soit la domination de la production s\u00e9rielle, sur le mod\u00e8le \u00ab\u00a0fordiste\u00a0\u00bb, qui aurait conduit vers une uni-direction des processus communicatifs et vers la perte du sens critique.<\/p>\n<p>Dans cette optique, la r\u00e9volution n\u00e9gative des nouveaux m\u00e9dias semblait \u00e9chapper \u00e0 la possibilit\u00e9 d\u2019intervention et allait s\u2019imposer car sa p\u00e9n\u00e9tration dans nos vies \u00e9tait per\u00e7ue comme \u00ab\u00a0vivre une exp\u00e9rience d\u2019ouverture sur le monde de grande valeur\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>De nos jours, Internet est \u00e0 consid\u00e9rer comme une \u00e9ni\u00e8me r\u00e9volution inaper\u00e7ue, subie, et rappelons-le\u00a0 comme un merveilleux gadget. Le monde de la communication de notre mill\u00e9naire est encore au centre d\u2019un profond et vertigineux changement\u00a0: on n\u2019utilise plus le t\u00e9l\u00e9phone comme par le pass\u00e9, la presse sur papier est en train de muter de peau et de contenus, la t\u00e9l\u00e9vision ne r\u00e9pond plus aux m\u00eames canons, et m\u00eame l\u2019ordinateur n\u2019est plus digit\u00e9 comme nous avions appris \u00e0 le faire \u00e0 ses d\u00e9buts, il a multipli\u00e9 et diversifi\u00e9 ses emplois, tant dans sa dimension fonctionnelle que culturelle.<\/p>\n<p>Le moteur de cette \u00e9volution pourrait tenir dans un terme, \u00e0 savoir le ph\u00e9nom\u00e8ne de <em>convergence<\/em>. Techniquement, la <em>convergence<\/em> est l\u2019union de plusieurs instruments de communication. Cette fusion a \u00e9t\u00e9 rendue possible gr\u00e2ce \u00e0 la technologie\u00a0: le passage de l\u2019analogique au num\u00e9rique, a \u00e9t\u00e9 encore une fois consid\u00e9r\u00e9 comme une v\u00e9ritable r\u00e9volution car chaque <em>m\u00e9dium<\/em> n\u2019est plus destin\u00e9 \u00e0 activer une seule prestation, mais il est en mesure de diffuser plusieurs contenus (photographie, radio, conversation t\u00e9l\u00e9phonique, t\u00e9l\u00e9vision, musique, film\u2026) et donc, plusieurs sens simultan\u00e9ment. <em>Convergence<\/em> signifie surtout que le futur de la communication ira au-del\u00e0 de la seule communication et qu\u2019elle engagera probablement des cat\u00e9gories anthropologiques. <em>Convergence<\/em> devient la voie\/voix du multiple, de l\u2019indiscernable, de l\u2019hybride\u00a0: gr\u00e2ce aux facilit\u00e9s de d\u00e9placement, aux flux migratoires, \u00e0 la globalisation, le monde entier converge, se m\u00e9lange, tend vers un m\u00e9tissage r\u00e9el, autant que virtuel.<\/p>\n<p>Si l\u2019on consid\u00e8re l\u2019importance et l\u2019omnipr\u00e9sence des moyens de communication dans la soci\u00e9t\u00e9 contemporaine et si l\u2019on con\u00e7oit que les m\u00e9dias ne sont pas seulement de simples proth\u00e8ses, comme en avait eu l\u2019intuition McLuhan, mais plut\u00f4t des environnements dans lesquels nous sommes absorb\u00e9s, la mutation en cours devient totalement culturelle. Elle concerne la \u00ab\u00a0culture\u00a0\u00bb au sens le plus anthropologique du mot\u00a0: un patrimoine de connaissances, de nouvelles conventions sociales, \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur duquel convergent notre \u00eatre social, notre identit\u00e9 individuelle et collective, et probablement d\u2019in\u00e9dites expressions de civilisation \u00e0 d\u00e9couvrir et qui se sont encore peu r\u00e9v\u00e9l\u00e9es.<\/p>\n<p>Sous la puissante pouss\u00e9e du num\u00e9rique, de nos jours, nous faisons avec les nouveaux m\u00e9dias des choses impensables nagu\u00e8re. L\u2019acte le plus remarquable \u00e9tant \u2013 au-del\u00e0 des qualit\u00e9s et\/ou des d\u00e9fauts des communaut\u00e9s virtuelles et des narcissismes personnels \u2013 que nous sommes en train d\u2019adh\u00e9rer \u00e0 une \u00ab\u00a0citoyennet\u00e9 num\u00e9rique\u00a0\u00bb qui comporte l\u2019illusion de dompter le web, mais surtout, nous assistons \u00e0 la pr\u00e9occupation qui se propage de la part des utilisateurs que nous sommes toujours plus assujettis aux algorithmes qui visent \u00e0 influencer et \u00e0 d\u00e9terminer nos comportements individuels et collectifs. Mais plus grave encore, ne sommes-nous pas en train d\u2019\u00e9changer le r\u00e9el contre le virtuel\u00a0? L\u2019anthropologue-\u00e9crivain Amitav Gosh remarquait qu\u2019Internet a cr\u00e9\u00e9 une acc\u00e9l\u00e9ration de notre perception du monde et a fini par affirmer, sans crier gare, que nous vivons souvent dans un monde virtuel. Quand, en 2016, il a interview\u00e9 des jeunes Bangladais, Pakistanais et \u00c9gyptiens d\u00e9barqu\u00e9s dans les centres d\u2019accueil italiens et leur a demand\u00e9 pourquoi ils avaient affront\u00e9 de tels risques, il a compris qu\u2019\u00e0 cause de l\u2019usage des portables et d\u2019Internet, ces jeunes gar\u00e7ons se voyaient vivre comme des habitants d\u2019un monde virtuel. Il en a d\u00e9duit que d\u00e9sormais la technologie \u00e9tait pourvue d\u2019un don d\u2019ubiquit\u00e9 in\u00e9luctable et qu\u2019elle a r\u00e9pandu dans le monde entier la sensation de vivre dans une r\u00e9alit\u00e9 virtuelle.<\/p>\n<p>Ainsi, comme nous pr\u00e9venait Elisabeth Eisenstein, \u00e0 propos des r\u00e9volutions qui nous traversent sur la pointe des pieds, il faut prendre en compte les effets produits par une transformation cruciale, que nous la reconnaissions ou pas. Que l\u2019on songe, \u00e0 titre d\u2019exemple, au mot et \u00e0 l\u2019acte de \u00ab\u00a0distanciation sociale\u00a0\u00bb en temps de pand\u00e9mie, soit un ensemble de comportements et de valeurs, totalement oppos\u00e9 \u00e0 la conception de prox\u00e9mie sociale qui a gouvern\u00e9 l\u2019enti\u00e8re modernit\u00e9\u2026 et bien, nous vivons une prise de distance collective exactement \u00e0 l\u2019oppos\u00e9 de l\u2019attitude jusqu\u2019ici contresign\u00e9e par les r\u00e8gles de cohabitation sociale. Cette attitude s\u00e9culaire a \u00e9t\u00e9 substitu\u00e9e gr\u00e2ce \u00e0 l\u2019existence du R\u00e9seau. Ne sommes-nous pas, encore une fois, face \u00e0 une r\u00e9volution \u00ab\u00a0inaper\u00e7ue\u00a0\u00bb\u00a0?<\/p>\n<p>Dans le domaine des langages, les cataclysmes sont rares. Il est assez exceptionnel qu\u2019une modalit\u00e9 de communication connaisse le destin des Atlantes qui disparurent \u00e0 jamais lorsque le continent mythique fut englouti dans les fonds marins. En r\u00e8gle g\u00e9n\u00e9rale, la fin d\u2019un code est moins soudain que progressif, et peut se r\u00e9v\u00e9ler d\u2019autant plus d\u00e9cisif qu\u2019il passe inaper\u00e7u. Ainsi, pour les linguistes qui souhaiteraient dater avec pr\u00e9cision la mort des langues, ils h\u00e9sitent \u00e0 se prononcer sur leur naissance\u00a0; pourtant, s\u2019il est possible de marquer avec certitude le moment auquel une langue touche \u00e0 son terme, on devrait pouvoir aussi identifier celui auquel elle commence. C\u2019est parce que les \u00e9v\u00e9nements marquants sont peu nombreux dans l\u2019histoire des langues, tout autant que le passage d\u2019une modalit\u00e9 \u00e0 une autre, et qu\u2019en d\u00e9finitive, ces moments semblent relever davantage de la m\u00e9tamorphose que d\u2019un fait de disparition proprement dit. Au final, \u00ab\u00a0une langue qui meurt\u00a0\u00bb est une langue qui se transforme en une autre et la dur\u00e9e de ce changement s\u2019\u00e9tend, en g\u00e9n\u00e9ral, sur une longue p\u00e9riode. Il s\u2019agit plut\u00f4t d\u2019un seuil qui marque le passage d\u2019un syst\u00e8me dominant vers un autre, sans pour autant que le pr\u00e9c\u00e9dent disparaisse. Il est plut\u00f4t assimil\u00e9 et prend une forme nouvelle.<\/p>\n<p>De nos jours, il nous faut d\u00e9fendre une conception du savoir qui ne fait pas une distinction nette entre science, technologie et litt\u00e9rature, mais attribue \u00e0 toutes ces connaissances une \u00e9gale dignit\u00e9 historique. Elle n\u2019existe pas lorsqu\u2019on recherche des absolus. Tandis qu\u2019il existe des d\u00e9couvertes, des illuminations, des interpr\u00e9tations qui composent des positions provisoires, plus ou moins durables, jamais \u00e9ternelles, mais plut\u00f4t ouvertes \u00e0 de nouvelles configurations, selon l\u2019\u00e9largissement des points de vue. Avan\u00e7ons le principe qu\u2019il n\u2019existe aucune diff\u00e9rence ontologique ou axiologique entre une racine verbale ou un atome de la mati\u00e8re. L\u2019une et l\u2019autre nous offrent des param\u00e8tres \u00e0 l\u2019observation et \u00e0 la compr\u00e9hension, et ils participent \u00e0 la construction des discours g\u00e9n\u00e9raux qu\u2019improprement nous consid\u00e9rons comme des disciplines ou des secteurs ind\u00e9pendants. Le savoir n\u2019a pas de secteur\u00a0: le savoir est seulement lecture des signes, quels qu\u2019ils soient \u2013 pi\u00e8ces textuelles, r\u00e9sidus physiques ou simples simulations des donn\u00e9es de la r\u00e9alit\u00e9.<\/p>\n<p>Reste le probl\u00e8me de l\u2019application de ce que nous connaissons, le probl\u00e8me de la technologie. Certes, la technologie sert. Sans elle nos vies auraient une extension plus courte, et seraient plus inconfortables. Toutefois, la technologie n\u2019est qu\u2019une infinit\u00e9simale partie de la recherche scientifique, qui n\u2019a d\u2019autre but qu\u2019elle-m\u00eame, soit la lecture des signes.<\/p>\n<p>En d\u2019autres termes, pour comprendre l\u2019intelligence, il faut devenir \u00ab\u00a0intelligent\u00a0\u00bb\u00a0: apprendre par c\u0153ur, savoir analyser et synth\u00e9tiser, pouvoir reconna\u00eetre les indices, proc\u00e9der comme dans une enqu\u00eate polici\u00e8re ou, comme s\u2019il s\u2019agissait d\u2019une exp\u00e9rience magique, s\u2019\u00e9tonner, admirer. On s\u2019approche du probl\u00e8me le plus important qui concerne la pens\u00e9e humaine\u00a0: comment fabriquons-nous les significations\u00a0? Et la r\u00e9ponse partielle est que cela d\u00e9pend toujours de la coop\u00e9ration de nombreux \u00e9l\u00e9ments.<\/p>\n<p>Bref, nous devons \u00eatre vigilants et faire en sorte que cette r\u00e9volution en cours, subie et m\u00eame voulue, ne passe pas au-dessus de nos t\u00eates ou pire dans nos t\u00eates, sans que nous en soyons tout \u00e0 fait conscients.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h3 id=\"r\u00e9f\u00e9rences-bibliographiques\">R\u00e9f\u00e9rences bibliographiques<\/h3>\n<p>EISENSTEIN Elizabeth L., <em>La rivoluzione invertita. La stampa come fattore di cambiamento<\/em>, Il Mulino 1986 [1979]<\/p>\n<p>EISENSTEIN Elizabeth L.,<em> La r\u00e9volution de l&#8217;imprim\u00e9 dans l&#8217;Europe des temps modernes<\/em>, Paris, La D\u00e9couverte, 1991<\/p>\n<p>JULLIEN Fran\u00e7ois, <em>Entrer dans une pens\u00e9e ou les possibles de l&#8217;esprit<\/em>, Paris, Gallimard, 2012<\/p>\n<p>Mc LUHAN Marshall, <em>La Galaxie Gutenberg. La g\u00e9n\u00e8se de l&#8217;homme typographique<\/em>, Paris, Gallimard 1962<\/p>\n<p>Mc LUHAN Marshall, <em>Pour comprendre les m\u00e9dias : les prolongements technologiques de l&#8217;information et de la communication<\/em>, Paris, Points-Essais, 1964<\/p>\n<p>MEYROWITZ Joshua, <em>No Sense of Place<\/em>, Oxford, Oxford University Press, 1985<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref1\" name=\"_ftn1\">[1]<\/a> <a href=\"http:\/\/www.iger.org\/evento\/oralita-scrittura-digitale-la-trasformazione-dei-processi-comunicativi\/\">http:\/\/www.iger.org\/evento\/oralita-scrittura-digitale-la-trasformazione-dei-processi-comunicativi\/<\/a><\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/www.iger.org\/2021\/10\/05\/abstract\/\">http:\/\/www.iger.org\/2021\/10\/05\/abstract\/<\/a><\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref2\" name=\"_ftn2\">[2]<\/a> Ce num\u00e9ro veut etre un pont qui se relie id\u00e9alement \u00e0 la question de l&#8217;enseignement distanciel, fortement exp\u00e9riment\u00e9 durant le confinement pand\u00e9mique et dont notre Association Do.Ri.f Universit\u00e0 s&#8217;est faite promotrice lors d&#8217;une formation d&#8217;enseignants et d&#8217;une publication prochaine (&#8220;Ateliers didactiques et recherches&#8221;) en collaboration avec la F\u00e9d\u00e9ration des Alliances Fran\u00e7aises en Italie.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<hr \/>\n<p>Per citare questo articolo:<\/p>\n<p>Danielle LONDEI, Laura SANTONE, \u00ab Introduction \u00bb, <em>Rep\u00e8res DoRiF<\/em>, Hors-s\u00e9rie \u2013 <em>Les processus de communication : oralit\u00e9, \u00e9criture, digital<\/em>, DoRiF Universit\u00e0, Roma, ottobre 2021, https:\/\/www.dorif.it\/reperes\/danielle-londei-laura-santone-introduction\/<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"text-align: center; background: white; margin: 0cm 0cm 15.0pt 0cm;\" align=\"center\"><span style=\"font-size: 10.5pt; font-family: 'Arial',sans-serif; color: #646464;\">ISSN 2281-3020<\/span><\/p>\n<p align=\"center\"><img decoding=\"async\" class=\"aligncenter size-full wp-image-6963\" src=\"https:\/\/www.dorif.it\/reperes\/wp-content\/uploads\/2021\/07\/logo-reperes-3.jpg\" alt=\"\" width=\"500\" height=\"68\" srcset=\"https:\/\/www.dorif.it\/reperes\/wp-content\/uploads\/2021\/07\/logo-reperes-3-200x27.jpg 200w, https:\/\/www.dorif.it\/reperes\/wp-content\/uploads\/2021\/07\/logo-reperes-3-300x41.jpg 300w, https:\/\/www.dorif.it\/reperes\/wp-content\/uploads\/2021\/07\/logo-reperes-3-400x54.jpg 400w, https:\/\/www.dorif.it\/reperes\/wp-content\/uploads\/2021\/07\/logo-reperes-3.jpg 500w\" sizes=\"(max-width: 500px) 100vw, 500px\" \/><\/p>\n<p style=\"text-align: center; background: white; margin: 0cm 0cm 15.0pt 0cm;\" align=\"center\"><span style=\"font-size: 10.5pt; font-family: 'Arial',sans-serif; color: #646464;\">Quest\u2019opera \u00e8 distribuita con Licenza\u00a0<a style=\"box-sizing: border-box; transition-property: color, background-color, border-color; transition-duration: 0.2s; transition-timing-function: linear;\" href=\"http:\/\/creativecommons.org\/licenses\/by-nc-nd\/3.0\/it\/\"><span style=\"color: #017fba; text-decoration: none; text-underline: none;\">Creative Commons Attribuzione \u2013 Non commerciale \u2013 Non opere derivate 3.0 Italia<\/span><\/a>.<\/span><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p> <a href=\"https:\/\/www.dorif.it\/reperes\/danielle-londei-laura-santone-introduction\/\"> Continue de lire&#8230;<\/a><\/p>\n","protected":false},"author":8,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"_bbp_topic_count":0,"_bbp_reply_count":0,"_bbp_total_topic_count":0,"_bbp_total_reply_count":0,"_bbp_voice_count":0,"_bbp_anonymous_reply_count":0,"_bbp_topic_count_hidden":0,"_bbp_reply_count_hidden":0,"_bbp_forum_subforum_count":0,"footnotes":""},"categories":[350],"tags":[352,354,353],"class_list":["post-8506","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-les-processus-de-communication-oralite-ecriture-digital","tag-25-les-processus-de-communication-oralite","tag-digital","tag-ecriture"],"acf":[],"yoast_head":"<!-- This site is optimized with the Yoast SEO plugin v27.3 - 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