{"id":9079,"date":"2022-06-17T23:48:02","date_gmt":"2022-06-17T21:48:02","guid":{"rendered":"https:\/\/www.dorif.it\/reperes\/?p=9079"},"modified":"2022-11-09T10:01:39","modified_gmt":"2022-11-09T09:01:39","slug":"melanie-labelle-le-travail-des-terminologues-en-temps-de-crise-lexperience-du-bureau-de-la-traduction-du-gouvernement-du-canada","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.dorif.it\/reperes\/melanie-labelle-le-travail-des-terminologues-en-temps-de-crise-lexperience-du-bureau-de-la-traduction-du-gouvernement-du-canada\/","title":{"rendered":"M\u00e9lanie LABELLE, Le travail des terminologues en temps de crise : l\u2019exp\u00e9rience du Bureau de la traduction du gouvernement du Canada"},"content":{"rendered":"<h3 id=\"m\u00e9lanie-labelle-karine-rondea\" style=\"text-align: center; padding-left: 80px;\">M\u00e9lanie LABELLE<\/h3>\n<h2 id=\"le-travail-des-terminologues-e\" style=\"text-align: center;\"><strong>Le travail des terminologues en temps de crise\u00a0: l\u2019exp\u00e9rience du Bureau de la traduction du gouvernement du Canada<\/strong><\/h2>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>M\u00e9lanie Labelle<\/strong><br \/>\nDivision Normalisation terminologique, Bureau de la traduction, gouvernement du Canada<br \/>\n<a href=\"mailto:melanie.labelle@tpsgc-pwgsc.gc.ca\">melanie.labelle@tpsgc-pwgsc.gc.ca<\/a><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<hr \/>\n<h4><strong>R\u00e9sum\u00e9<\/strong><\/h4>\n<p>Au d\u00e9but de la pand\u00e9mie, les terminologues du Bureau de la traduction du gouvernement du Canada ont \u00e9labor\u00e9 et enrichi en continu un lexique bilingue (fran\u00e7ais-anglais) visant \u00e0 faciliter les communications portant sur cette crise. Comportant 450 entr\u00e9es, <em>le Lexique sur la pand\u00e9mie de COVID-19<\/em> couvre les principaux concepts qui y sont associ\u00e9s. \u00c0 l&#8217;aide d&#8217;exemples tir\u00e9s de ce projet colossal, le pr\u00e9sent article d\u00e9crit les diverses facettes du travail des terminologues, tel qu\u2019il est pratiqu\u00e9 au gouvernement du Canada.<\/p>\n<h4><strong>Abstract<\/strong><\/h4>\n<p><strong>Terminologists&#8217; Work in Times of Crisis: The Experience of the Translation Bureau of the Government of Canada<\/strong><\/p>\n<p>At the beginning of the pandemic, terminologists from the Government of Canada&#8217;s Translation Bureau developed the bilingual (English-French) <em>Glossary on the COVID-19 pandemic<\/em> to make communication easier. As the language and terminology evolved, they kept it continually updated; with 450 entries, the glossary covers the most important concepts related to this crisis. The following article describes the various facets of the work of Government of Canada terminologists, using examples from this enormous project.<\/p>\n<hr \/>\n<p>En r\u00e9ponse \u00e0 la pand\u00e9mie de COVID-19, le Bureau de la traduction de Services publics et Approvisionnement Canada (SPAC), un minist\u00e8re du gouvernement du Canada, a produit le <em>Lexique sur la pand\u00e9mie de COVID-19 <\/em>(BUREAU DE LA TRADUCTION\u00a02021), afin d\u2019\u00e9tablir une terminologie uniforme, composante essentielle de communications claires et efficaces en situation de crise sanitaire. Ce projet colossal a mis en lumi\u00e8re certaines particularit\u00e9s du travail terminologique, tel qu\u2019il s\u2019effectue au gouvernement du Canada. La premi\u00e8re version du <em>Lexique sur la pand\u00e9mie de COVID-19<\/em>, mise en ligne le 13\u00a0mars\u00a02020, comptait 85\u00a0entr\u00e9es. Nous avons continu\u00e9 de surveiller l\u2019\u00e9volution des connaissances et de consigner les notions pertinentes de sorte que, \u00e0 peine trois mois plus tard, la septi\u00e8me version renfermait 243\u00a0entr\u00e9es. Dans la plus r\u00e9cente mise \u00e0 jour, accessible depuis le 1<sup>er<\/sup>\u00a0avril\u00a02021, nous avons inclus, entre autres, des notions li\u00e9es aux variants et \u00e0 la vaccination. Cette huiti\u00e8me\u00a0version comporte 450\u00a0entr\u00e9es.<\/p>\n<p>Dans le pr\u00e9sent article, nous d\u00e9crirons d\u2019abord bri\u00e8vement le contexte dans lequel s\u2019inscrit la pratique de la terminologie au Canada, ainsi que les principes guidant le travail terminologique au Bureau de la traduction. Puis, nous aborderons les circonstances particuli\u00e8res attribuables \u00e0 la pand\u00e9mie avec lesquelles il nous a fallu composer pendant l\u2019\u00e9laboration du <em>Lexique sur la pand\u00e9mie de COVID-19<\/em>. Nous exposerons ensuite la m\u00e9thode que nous avons utilis\u00e9e pour cr\u00e9er, puis mettre \u00e0 jour r\u00e9guli\u00e8rement le <em>Lexique<\/em>. Il sera notamment question de la collaboration \u00e0 distance entre les membres de l\u2019\u00e9quipe et du processus de s\u00e9lection des notions \u00e0 inclure dans la publication. Finalement, nous pr\u00e9senterons deux cas terminologiques particuliers, \u00e0 savoir la famille des termes li\u00e9s au confinement et le mot <em>distanciation<\/em>. Le premier cas, soit le terme <em>confinement<\/em> et ses d\u00e9riv\u00e9s, illustre parfaitement l\u2019innovation linguistique et la vitesse d\u2019implantation exceptionnelle de la terminologie dans le contexte de la pand\u00e9mie de COVID-19. Le second, c\u2019est-\u00e0-dire la notion de <em>distanciation physique<\/em>, d\u00e9montre l\u2019\u00e9volution extr\u00eamement rapide de la langue.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h2 id=\"travail-terminologique-au-gouv\">Travail terminologique au gouvernement du Canada<\/h2>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Au Canada, le statut des deux langues officielles, le fran\u00e7ais et l\u2019anglais, est prot\u00e9g\u00e9 par la <em>Loi sur les langues officielles<\/em> (MINIST\u00c8RE DE LA JUSTICE 2017). Le Bureau de la traduction, organisme fond\u00e9 en 1934, a pour mission d\u2019appuyer le gouvernement du Canada dans ses efforts pour servir la population canadienne et pour communiquer avec elle dans les deux langues officielles. Le Bureau de la traduction offre des services de traduction, d\u2019interpr\u00e9tation et de terminologie aux diverses institutions gouvernementales non seulement en fran\u00e7ais et en anglais, mais aussi en langues autochtones, en langue des signes et en langues \u00e9trang\u00e8res. Il met \u00e9galement de nombreux outils et ressources en ligne \u00e0 la disposition du public.<\/p>\n<p>Environ une quarantaine de terminologues assurent les activit\u00e9s terminologiques du Bureau de la traduction. La gamme de services offerts comprend notamment la recherche d\u2019\u00e9quivalents dans les deux langues officielles, la formulation de recommandations terminologiques, la cr\u00e9ation de lexiques adapt\u00e9s aux besoins du client, ainsi que la participation \u00e0 des comit\u00e9s de terminologie. En outre, les terminologues du Bureau de la traduction se chargent d\u2019alimenter et de tenir \u00e0 jour <em>TERMIUM Plus<sup>\u00ae<\/sup><\/em> (GOUVERNEMENT DU CANADA 2021), la banque de donn\u00e9es terminologiques et linguistiques du gouvernement du Canada, en plus de cr\u00e9er des lexiques et des vocabulaires sur divers sujets d\u2019actualit\u00e9. Les langues de travail sont principalement le fran\u00e7ais et l\u2019anglais. L\u2019orientation du travail terminologique d\u00e9coule de la mission du Bureau de la traduction. Les produits et les services terminologiques visent donc l\u2019appui au bilinguisme et le traitement \u00e9gal des deux langues officielles du Canada. \u00c0 cette fin, les terminologues s\u2019efforcent d\u2019\u00e9tablir une terminologie riche et juste tant en anglais qu\u2019en fran\u00e7ais, notamment pour faciliter la traduction des documents du gouvernement du Canada. Par cons\u00e9quent, les domaines trait\u00e9s sont extr\u00eamement vari\u00e9s. En outre, comme une vis\u00e9e communicative est au c\u0153ur de cette pratique, les besoins de l\u2019utilisateur et l\u2019usage guident certaines d\u00e9cisions. Selon Dubuc (2002 : 2), \u00ab\u00a0[c]omme chaque langue pr\u00e9sente un d\u00e9coupage de la r\u00e9alit\u00e9 qui lui est propre, la terminologie doit \u00e9tablir le r\u00e9seau d\u00e9licat des \u00e9quivalences et des correspondances interlangues pour respecter l\u2019int\u00e9grit\u00e9 des langues en pr\u00e9sence.\u00a0\u00bb S\u2019appuyant sur les principes de la terminologie compar\u00e9e, les terminologues du Bureau de la traduction donnent donc aux locuteurs de l\u2019anglais et du fran\u00e7ais l\u2019acc\u00e8s aux termes leur permettant de nommer les notions sp\u00e9cialis\u00e9es.<\/p>\n<p>La d\u00e9marche s\u2019inscrit dans une optique conceptuelle.<\/p>\n<blockquote><p>L\u2019optique conceptuelle (dans toutes ses d\u00e9clinaisons) et les m\u00e9thodologies qui en sont d\u00e9riv\u00e9es reproduit [<em>sic<\/em>] la d\u00e9marche du sp\u00e9cialiste du domaine\u00a0: donner des noms \u00e0 des concepts (\u00e9ventuellement les normaliser), structurer les connaissances, d\u00e9limiter des concepts les uns par rapport aux autres, etc. (L\u2019HOMME\u00a02005 : 1122)<\/p><\/blockquote>\n<p>Cette optique diff\u00e8re des approches affili\u00e9es \u00e0 l\u2019optique lexico-s\u00e9mantique \u00ab\u00a0[qui] aborde le terme comme une unit\u00e9 lexicale dont la particularit\u00e9 est d\u2019avoir un sens qu\u2019on peut associer \u00e0 un domaine de la connaissance humaine\u00a0\u00bb (L\u2019HOMME\u00a02020 : 40). \u00c0 noter que l\u2019approche adopt\u00e9e au Bureau de la traduction n\u2019applique pas purement la Th\u00e9orie g\u00e9n\u00e9rale de la terminologie (TGT) de W\u00fcster \u00e0 l\u2019origine de l\u2019optique conceptuelle, entre autres parce que, comme le note Cabr\u00e9\u00a0(2007 :\u00a096), une certaine variation synonymique et la r\u00e9alisation parfois imparfaite des \u00e9quivalences entre les langues sont dans la nature du discours. En effet, comme dans la TGT, le concept (que nous appelons \u00ab\u00a0notion\u00a0\u00bb<a href=\"#_ftn1\" name=\"_ftnref1\">[1]<\/a>) est au centre de notre d\u00e9marche. Toutefois, la notion est appr\u00e9hend\u00e9e en contexte, c\u2019est-\u00e0-dire que le terme et ses traits s\u00e9mantiques sont relev\u00e9s dans des textes. Une synth\u00e8se des donn\u00e9es permet ensuite de d\u00e9gager la notion qui est \u00e0 la base de la cr\u00e9ation du support permettant de consigner les donn\u00e9es terminologiques. Ce m\u00e9tissage de l\u2019optique conceptuelle par l\u2019optique lexico-s\u00e9mantique dans la pratique terminographique est notamment relev\u00e9 par L\u2019Homme\u00a0(2020\u00a0: 41).<\/p>\n<p>Pour la gestion des donn\u00e9es de <em>TERMIUM Plus<\/em><sup>\u00ae <\/sup>et la production de lexiques, nous visons la cr\u00e9ation d\u2019une fiche par notion et la pr\u00e9sence d\u2019une seule notion par fiche (PAVEL\u00a02001 : 20). L\u2019application de ce principe se traduit donc parfois par l\u2019existence de plusieurs fiches pour une unit\u00e9 lexicale donn\u00e9e. C\u2019est notamment le cas pour le terme <em>immunisation<\/em> qui peut faire r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 trois notions diff\u00e9rentes. Notons \u00e9galement le cas du terme <em>visi\u00e8re<\/em> qui d\u00e9signait d\u2019abord la partie de plastique transparent d\u2019un \u00e9cran facial, mais qui, par m\u00e9tonymie, d\u00e9signe maintenant \u00e9galement l\u2019\u00e9cran facial au complet (BUREAU DE LA TRADUCTION 2021). Contrairement \u00e0 la biunivocit\u00e9<a href=\"#_ftn2\" name=\"_ftnref2\">[2]<\/a> pr\u00e9conis\u00e9e par la TGT, notre approche tol\u00e8re une certaine polys\u00e9mie.<\/p>\n<p>Cela dit, bien que nous ayons pour principe de favoriser l\u2019usage dans nos choix terminologiques, lorsque plusieurs termes sont en circulation pour d\u00e9signer une m\u00eame notion, nous devons parfois trancher et d\u00e9signer un seul terme recommand\u00e9, aux fins d\u2019uniformit\u00e9 et de clart\u00e9. Cela se produit le plus souvent dans les travaux de comit\u00e9, c\u2019est-\u00e0-dire lorsque des intervenants d\u2019horizons diff\u00e9rents sont consult\u00e9s pour l\u2019\u00e9tablissement d\u2019une terminologie. En outre, comme le mentionne L\u2019Homme (2005 : 1130), \u00ab\u00a0\u2026 l\u2019ordre d\u2019apparition des formes linguistiques dans les articles ou les fiches est significatif en ce sens qu\u2019il refl\u00e8te souvent un choix fait par le terminologue\u00a0\u00bb. En effet, dans le <em>Lexique<\/em>, des d\u00e9signations \u00e0 privil\u00e9gier dans les deux langues officielles figurent dans les entr\u00e9es. Aussi, par convention, le premier terme figurant dans une fiche <em>TERMIUM Plus<\/em><sup>\u00ae<\/sup> est appel\u00e9 \u00ab\u00a0vedette principale\u00a0\u00bb et correspond \u00e0 la d\u00e9signation qui serait \u00e0 privil\u00e9gier selon le terminologue auteur de la fiche. En cas de normalisation d\u2019une d\u00e9signation, son statut sera sp\u00e9cifi\u00e9 sur la fiche.<\/p>\n<p>Il faut aussi souligner que la cr\u00e9ation de n\u00e9ologismes est parfois n\u00e9cessaire pour d\u00e9signer de nouvelles r\u00e9alit\u00e9s dans les deux langues officielles.<\/p>\n<blockquote><p>En terminologie compar\u00e9e, les d\u00e9calages qu\u2019entra\u00eenent in\u00e9vitablement les transferts inter-langues de savoirs sp\u00e9cialis\u00e9s sont mis en \u00e9vidence lors du rep\u00e9rage de termes, par l\u2019absence de d\u00e9signations propres dans une des langues en contact. Dans ce cas, le r\u00f4le du terminologue est de d\u00e9crire les lacunes constat\u00e9es et de proposer des d\u00e9signations qui les comblent. (PAVEL 2001: xviii)<\/p><\/blockquote>\n<p>Le plus souvent, il s\u2019agit de trouver un \u00e9quivalent fran\u00e7ais \u00e0 une nouvelle d\u00e9signation apparue en anglais. Ce fut notamment le cas pour le terme <em>caremongering<\/em>, dont il sera question plus loin. Au Bureau de la traduction, les terminologues peuvent avoir recours \u00e0 la n\u00e9ologie entre autres \u00e0 la suite d\u2019une question ponctuelle d\u2019un traducteur ou d\u2019un client ainsi que dans le cadre des travaux g\u00e9n\u00e9raux visant la cr\u00e9ation et la mise \u00e0 jour de contenu pour <em>TERMIUM Plus<\/em><sup>\u00ae<\/sup>. Dubuc (2002 : 118) pr\u00e9sente divers modes de formation de n\u00e9ologismes en fran\u00e7ais\u00a0: \u00ab\u00a0[l]a formation indirecte, o\u00f9 l\u2019on donne \u00e0 une unit\u00e9 lexicale existante un sens nouveau, et la formation directe, o\u00f9 l\u2019on cr\u00e9e une nouvelle entit\u00e9 lexicale, soit de toutes pi\u00e8ces, soit par regroupement d\u2019\u00e9l\u00e9ments existants\u00a0\u00bb. Les proc\u00e9d\u00e9s de formation indirecte comprennent l\u2019extension s\u00e9mantique<a href=\"#_ftn3\" name=\"_ftnref3\">[3]<\/a>, les changements grammaticaux<a href=\"#_ftn4\" name=\"_ftnref4\">[4]<\/a> et les emprunts<a href=\"#_ftn5\" name=\"_ftnref5\">[5]<\/a> (DUBUC\u00a02002 : 118-123). La d\u00e9rivation<a href=\"#_ftn6\" name=\"_ftnref6\">[6]<\/a> et la composition<a href=\"#_ftn7\" name=\"_ftnref7\">[7]<\/a> sont quant \u00e0 elles des proc\u00e9d\u00e9s de formation directe (DUBUC\u00a02002 : 123-129). Divers crit\u00e8res permettent d\u2019\u00e9valuer la validit\u00e9 des n\u00e9ologismes cr\u00e9\u00e9s \u00e0 l\u2019aide de ces modes de formation. Il s\u2019agit de la bri\u00e8vet\u00e9, la maniabilit\u00e9<a href=\"#_ftn8\" name=\"_ftnref8\">[8]<\/a>, la motivation, l\u2019ad\u00e9quation<a href=\"#_ftn9\" name=\"_ftnref9\">[9]<\/a>, la possibilit\u00e9 de d\u00e9rivation et l\u2019acceptabilit\u00e9<a href=\"#_ftn10\" name=\"_ftnref10\">[10]<\/a> (DUBUC\u00a02002 : 130-131).<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h2 id=\"particularit\u00e9s-du-travail-en-\">Particularit\u00e9s du travail en temps de pand\u00e9mie<\/h2>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>La pand\u00e9mie de COVID-19 a boulevers\u00e9 l\u2019organisation du travail au gouvernement du Canada, ainsi que partout dans le monde. Au Bureau de la traduction par exemple, avant la pand\u00e9mie, bon nombre de terminologues travaillaient dans les m\u00eames locaux et pouvaient donc se consulter en personne tous les jours. En mars\u00a02020, du jour au lendemain, ils se sont plut\u00f4t trouv\u00e9s contraints de travailler chacun chez soi, comme plusieurs de leurs coll\u00e8gues fonctionnaires du gouvernement du Canada.<\/p>\n<p>Cette situation, engendr\u00e9e par la pand\u00e9mie, a apport\u00e9 son lot de d\u00e9fis. Les terminologues ont \u00e9t\u00e9 forc\u00e9s de changer leurs m\u00e9thodes de travail, ainsi que de communiquer et de collaborer autrement. La pand\u00e9mie a mis \u00e0 rude \u00e9preuve les infrastructures et les outils technologiques \u00e0 la disposition des travailleurs, ainsi que la r\u00e9silience de ces derniers, face aux soucis de sant\u00e9 pour leur famille, pour leurs proches et pour eux-m\u00eames. Or, c\u2019est justement la pand\u00e9mie qui allait poser aux terminologues un des d\u00e9fis les plus stimulants de leur carri\u00e8re : cr\u00e9er un lexique pour aider leurs compatriotes \u00e0 comprendre les enjeux d\u00e9coulant d\u2019une situation mondiale critique et complexe qui \u00e9volue rapidement sur une longue p\u00e9riode. Face au stress et \u00e0 l\u2019incertitude que pr\u00e9sentait l\u2019avenir en mars\u00a02020, cette possibilit\u00e9 de faire \u0153uvre utile dans la lutte contre la pand\u00e9mie fut accueillie avec enthousiasme.<\/p>\n<p>Tr\u00e8s t\u00f4t, le Bureau de la traduction a senti le besoin d\u2019uniformiser et de d\u00e9finir les termes li\u00e9s \u00e0 la COVID-19. En effet, en temps de crise, il est essentiel que les communications soient claires et diffus\u00e9es en temps opportun. Il semblait donc tout indiqu\u00e9 de cr\u00e9er un outil qui aiderait les traducteurs, les r\u00e9dacteurs, les r\u00e9viseurs et toutes les personnes charg\u00e9es de diffuser de l\u2019information \u00e0 utiliser une terminologie uniforme et juste. Ainsi, les terminologues se sont retrouss\u00e9 les manches et ont produit en quelques jours \u00e0 peine la premi\u00e8re version du <em>Lexique sur la pand\u00e9mie de COVID-19<\/em>. L\u2019ensemble du contenu du <em>Lexique <\/em>est \u00e9galement accessible dans <em>TERMIUM Plus<sup>\u00ae<\/sup><\/em>, sans compter que nous ajoutons r\u00e9guli\u00e8rement \u00e0 notre banque de donn\u00e9es terminologiques des notions li\u00e9es \u00e0 la pand\u00e9mie.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h2 id=\"m\u00e9thodologie-utilis\u00e9e-pour-l\">M\u00e9thodologie utilis\u00e9e pour l\u2019\u00e9laboration du <em>Lexique sur la pand\u00e9mie de COVID-19<\/em><\/h2>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>La conception d\u2019un lexique prend g\u00e9n\u00e9ralement plusieurs mois. Les \u00e9tapes menant \u00e0 la diffusion se font successivement et la publication est mise en ligne une fois l\u2019ensemble du processus termin\u00e9. Tout d\u2019abord, les terminologues \u00e9tablissent un r\u00e9seau notionnel<a href=\"#_ftn11\" name=\"_ftnref11\">[11]<\/a> (nomm\u00e9 \u00ab\u00a0syst\u00e8me de concepts\u00a0\u00bb par l\u2019Organisation internationale de normalisation [ISO 2019]) pour d\u00e9finir la port\u00e9e de la publication. Ensuite, en gardant ce r\u00e9seau notionnel \u00e0 l\u2019esprit, ils d\u00e9pouillent diverses sources, tant en fran\u00e7ais qu\u2019en anglais, pour relever les notions et les d\u00e9signations pertinentes. Apr\u00e8s avoir cern\u00e9 les notions et \u00e9tabli les \u00e9quivalences, ils r\u00e9digent des d\u00e9finitions et des observations dans les deux langues et ajoutent des exemples d\u2019utilisation. \u00c0 l\u2019exception des d\u00e9signations privil\u00e9gi\u00e9es en fran\u00e7ais et en anglais, les autres champs de la fiche terminologique (autres d\u00e9signations, d\u00e9finitions, notes et exemples) sont facultatifs. Au besoin, les terminologues consultent des sp\u00e9cialistes du domaine vis\u00e9, soit pour obtenir des pr\u00e9cisions ou des explications \u00e0 propos d\u2019une notion en particulier, soit pour obtenir de la r\u00e9troaction \u00e0 propos du contenu. Enfin, ils pr\u00e9parent une bibliographie faisant \u00e9tat des principales sources consult\u00e9es.<\/p>\n<p>En raison des circonstances particuli\u00e8res li\u00e9es \u00e0 la pand\u00e9mie, nous avons adapt\u00e9 le processus pour l\u2019\u00e9laboration du <em>Lexique sur la pand\u00e9mie de COVID-19<\/em>. Nous avons r\u00e9alis\u00e9 simultan\u00e9ment certaines \u00e9tapes de production des premi\u00e8res versions. Afin d\u2019assurer l\u2019efficacit\u00e9 de tous les intervenants, nous avons accord\u00e9 une importance particuli\u00e8re \u00e0 la coordination de leur travail. Bien que nous ayons d\u00fb limiter la consultation de sp\u00e9cialistes en raison de l\u2019\u00e9ch\u00e9ancier serr\u00e9, nous avons n\u00e9anmoins sollicit\u00e9 l\u2019aide de membres de notre r\u00e9seau de contacts travaillant dans le domaine de la sant\u00e9. Il faut \u00e9galement souligner l\u2019appui de nos coll\u00e8gues charg\u00e9s des technologies de l\u2019information, qui ont r\u00e9ussi \u00e0 mettre en ligne les diverses versions du <em>Lexique<\/em> dans des d\u00e9lais plus courts qu\u2019\u00e0 l\u2019habitude.<\/p>\n<p>Afin de r\u00e9pondre rapidement aux besoins terminologiques, nous avons d\u00e9cid\u00e9 de produire un lexique qui serait \u00e9volutif et r\u00e9guli\u00e8rement mis \u00e0 jour, en fonction de la progression de la pand\u00e9mie. La premi\u00e8re version du <em>Lexique<\/em>, pr\u00e9par\u00e9e en une semaine, contenait 85\u00a0notions et peu de d\u00e9finitions et de notes y figuraient. Rapidement, nous avons r\u00e9alis\u00e9 que la pand\u00e9mie aurait des r\u00e9percussions sur de nombreux aspects de la vie et nous avons \u00e9largi la port\u00e9e du <em>Lexique<\/em> pour y inclure notamment les cons\u00e9quences \u00e9conomiques et les mesures gouvernementales mises en place pour y r\u00e9pondre. La huiti\u00e8me version, mise en ligne le 1<sup>er<\/sup>\u00a0avril\u00a02021, contient des notions li\u00e9es \u00e0 la vaccination et aux variants. D\u2019une version \u00e0 l\u2019autre, le contenu du <em>Lexique<\/em> a \u00e9t\u00e9 enrichi, tant en ce qui concerne le nombre de notions que les renseignements terminologiques consign\u00e9s. Fait remarquable, la quatri\u00e8me version du <em>Lexique <\/em>a \u00e9t\u00e9 mise en ligne le 9\u00a0avril\u00a02020, soit moins d\u2019un mois apr\u00e8s la premi\u00e8re version. Pendant ce premier mois, le <em>Lexique<\/em> \u00e9tait mis \u00e0 jour toutes les semaines et le nombre de notions a doubl\u00e9, passant de 85 \u00e0 172.<\/p>\n<p>Pendant les premiers mois de la pand\u00e9mie, l\u2019ensemble des terminologues du Bureau de la traduction participait au d\u00e9pouillement. Dans un document de travail collaboratif, chacun inscrivait les termes int\u00e9ressants relev\u00e9s pendant ses lectures et pouvait \u00e9galement proposer un \u00e9quivalent ou indiquer si une fiche terminologique existait d\u00e9j\u00e0 pour le terme. Une terminologue se chargeait par la suite de choisir les termes \u00e0 inclure dans la prochaine version du <em>Lexique<\/em>, selon l\u2019\u00e9volution de la pand\u00e9mie et le r\u00e9seau notionnel<a href=\"#_ftn12\" name=\"_ftnref12\">[12]<\/a> du <em>Lexique sur la pand\u00e9mie de COVID-19<\/em>. Dans notre banque de donn\u00e9es terminologiques, <em>TERMIUM Plus<\/em><sup>\u00ae<\/sup>, nous avons cr\u00e9\u00e9 un code de projet afin d\u2019identifier les fiches portant sur des notions d\u2019int\u00e9r\u00eat pour le <em>Lexique<\/em>.<\/p>\n<p>Les notions retenues pour le <em>Lexique sur la pand\u00e9mie de COVID-19<\/em> relevaient de la langue de sp\u00e9cialit\u00e9 et de la langue g\u00e9n\u00e9rale. En effet, comme l\u2019ont not\u00e9 certains th\u00e9oriciens, \u00ab\u00a0[la] philosophie et la psychologie cognitives ont d\u00e9montr\u00e9 qu\u2019il \u00e9tait extr\u00eamement difficile de tracer une ligne de d\u00e9marcation nette entre les connaissances sp\u00e9cialis\u00e9es et g\u00e9n\u00e9rales\u00a0\u00bb (CABR\u00c9 2007 : 93). Il \u00e9tait donc justifi\u00e9 d\u2019\u00e9largir la port\u00e9e du <em>Lexique<\/em> pour s\u2019assurer que l\u2019ensemble du vocabulaire mobilis\u00e9 pour la communication dans le cadre de cette crise sanitaire soit compris par l\u2019ensemble des personnes touch\u00e9es. Fait int\u00e9ressant, nous avons remarqu\u00e9 un transfert dans la langue g\u00e9n\u00e9rale de termes autrefois uniquement compris par des sp\u00e9cialistes, par exemple \u00ab\u00a0\u00e9couvillon\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0\u00e9closion\u00a0\u00bb<a href=\"#_ftn13\" name=\"_ftnref13\">[13]<\/a> et \u00ab\u00a0grappe de cas\u00a0\u00bb (utilis\u00e9 au Canada comme \u00e9quivalent de <em>cluster<\/em>). Le r\u00f4le du terminologue dans de tels cas a \u00e9t\u00e9 de rendre les d\u00e9signations d\u00e9j\u00e0 en usage en fran\u00e7ais sp\u00e9cialis\u00e9 facilement accessibles aux traducteurs et aux r\u00e9dacteurs pour s\u2019assurer de leur diffusion \u00e0 plus grande \u00e9chelle.<\/p>\n<p>Des sources extr\u00eamement vari\u00e9es ont servi \u00e0 la production du <em>Lexique<\/em>, notamment des publications scientifiques, des articles de la presse \u00e9crite, des \u00e9missions de radio, des journaux t\u00e9l\u00e9vis\u00e9s, des articles et des \u00e9missions de vulgarisation scientifique, ainsi que des sites Web du gouvernement du Canada. Nous avons principalement retenu des sources canadiennes, \u00e9tant donn\u00e9 que l\u2019usage varie d\u2019un c\u00f4t\u00e9 \u00e0 l\u2019autre de l\u2019Atlantique. Par exemple, au Canada et \u00e0 l\u2019Organisation mondiale de la Sant\u00e9 (OMS), on a rapidement attribu\u00e9 le genre f\u00e9minin \u00e0 \u00ab\u00a0COVID-19<a href=\"#_ftn14\" name=\"_ftnref14\">[14]<\/a>\u00a0\u00bb, alors que selon le Robert (LE ROBERT\u00a02021), il s\u2019agit d\u2019un nom \u00e9pic\u00e8ne. \u00c9tant donn\u00e9 que le <em>Lexique <\/em>devait refl\u00e9ter l\u2019\u00e9volution de la situation sanitaire, nous n\u2019avons pas utilis\u00e9 de corpus fixe pour le rep\u00e9rage des termes. Notre approche s\u2019apparentait plut\u00f4t \u00e0 une veille documentaire. La lecture des journaux, l\u2019\u00e9coute de la radio et des journaux t\u00e9l\u00e9vis\u00e9s nous permettait de rep\u00e9rer les principaux sujets d\u2019actualit\u00e9 au fil du temps. Les traducteurs desservant Sant\u00e9 Canada et l\u2019Agence de la sant\u00e9 publique du Canada nous soumettaient \u00e9galement les termes d\u2019int\u00e9r\u00eat rep\u00e9r\u00e9s dans le cadre de leur travail. Une fois les notions recens\u00e9es dans les textes de vulgarisation, les terminologues se tournaient vers des sources sp\u00e9cialis\u00e9es (par exemple dictionnaires m\u00e9dicaux, dictionnaires d\u2019\u00e9pid\u00e9miologie, revues sp\u00e9cialis\u00e9es et monographies) pour peaufiner les recherches. Il fallait en effet s\u2019assurer que les termes utilis\u00e9s en contexte de vulgarisation d\u00e9signaient bien les notions sp\u00e9cialis\u00e9es et en circonscrire pr\u00e9cis\u00e9ment la port\u00e9e. L\u00e0 se trouvait justement l\u2019objectif premier du <em>Lexique<\/em>, soit faciliter les communications gouvernementales en situation de crise, entre autres en facilitant et en acc\u00e9l\u00e9rant l\u2019acc\u00e8s de la population aux notions sp\u00e9cialis\u00e9es.<\/p>\n<p>Certaines notions ont d\u00fb faire l\u2019objet d\u2019un travail en profondeur. Plusieurs terminologues ont donc mis la main \u00e0 la p\u00e2te pour r\u00e9aliser des \u00e9tudes de cas afin de r\u00e9soudre les questions plus complexes, notamment pour le choix d\u2019un terme en fran\u00e7ais pour la notion de \u00ab\u00a0distanciation physique\u00a0\u00bb, processus que nous d\u00e9crirons plus loin. Pour la cr\u00e9ation de n\u00e9ologismes, nous avons pr\u00e9conis\u00e9 une collaboration encore plus \u00e9largie. Il importe de souligner que certains termes, notamment <em>SARS\u2011CoV\u20112<\/em>, <em>incitation \u00e0 l\u2019altruisme<\/em> et <em>respirateur<\/em>, ont quant \u00e0 eux fait l\u2019objet de discussions avec des terminologues de l\u2019Office qu\u00e9b\u00e9cois de la langue fran\u00e7aise et de Radio-Canada.<\/p>\n<p>Au d\u00e9but de la pand\u00e9mie, pour trouver un \u00e9quivalent fran\u00e7ais pour le terme <em>caremongering<\/em><a href=\"#_ftn15\" name=\"_ftnref15\">[15]<\/a>, nous avons invit\u00e9 tous les terminologues du Bureau de la traduction \u00e0 participer \u00e0 un remue-m\u00e9ninge sur notre plateforme de discussion en ligne, exercice au terme duquel ont \u00e9t\u00e9 retenus les \u00e9quivalents <em>incitation \u00e0 l\u2019altruisme<\/em>, <em>r\u00e9confortisme<\/em> et <em>campagne d\u2019altruisme<\/em>. Le terme <em>caremongering<\/em> est un n\u00e9ologisme apparu en anglais au mois de mars 2020 pour d\u00e9signer le \u00ab\u00a0[m]ouvement qui met de l\u2019avant la pratique consistant \u00e0 offrir de l\u2019aide ou des soins \u00e0 ceux qui en ont le plus besoin\u00a0\u00bb (GOUVERNEMENT DU CANADA 2021). Cet exemple est int\u00e9ressant pour illustrer divers proc\u00e9d\u00e9s en jeu en cas de n\u00e9ologie tant en fran\u00e7ais qu\u2019en anglais. Le terme anglais est apparu comme un jeu de mots par opposition au terme <em>scaremongering<\/em> (qui d\u00e9signe une personne qui diffuse largement des nouvelles alarmantes) ; ce dernier \u00e9tant form\u00e9 par composition par soudure d\u2019\u00e9l\u00e9ments anglais en unissant les mots <em>scare<\/em> et <em>mongering<\/em>. Divers proc\u00e9d\u00e9s ont \u00e9t\u00e9 mis \u00e0 profit pour d\u00e9signer en fran\u00e7ais la notion d\u2019abord cern\u00e9e dans des contextes en anglais. Les termes <em>incitation \u00e0 l\u2019altruisme<\/em> et <em>campagne d\u2019altruisme<\/em> ont \u00e9t\u00e9 form\u00e9s par la coordination de mots existants en fran\u00e7ais pour refl\u00e9ter la notion en question. Pour le terme <em>r\u00e9confortisme<\/em>, la terminologue qui a propos\u00e9 cette solution a fait appel \u00e0 la composition, en soudant le mot fran\u00e7ais <em>r\u00e9confort\u00a0<\/em>et le suffixe \u00ab\u00a0\u2011isme\u00a0\u00bb<a href=\"#_ftn16\" name=\"_ftnref16\">[16]<\/a>.<\/p>\n<p>\u00c0 chaque nouvelle version, l\u2019ensemble du <em>Lexique<\/em> a \u00e9t\u00e9 revu pour assurer l\u2019uniformit\u00e9 et la coh\u00e9rence du contenu. Par exemple, si une d\u00e9signation \u00e0 privil\u00e9gier \u00e9tait modifi\u00e9e, l\u2019ancienne d\u00e9signation devait \u00eatre remplac\u00e9e dans l\u2019ensemble des d\u00e9finitions et des remarques. Chaque fois, des entr\u00e9es ont \u00e9t\u00e9 ajout\u00e9es et d\u2019autres ont \u00e9t\u00e9 modifi\u00e9es, fusionn\u00e9es ou supprim\u00e9es. En plus de l\u2019ajout de nouvelles notions, des d\u00e9finitions ou des notes ont parfois \u00e9t\u00e9 ajout\u00e9es \u00e0 des entr\u00e9es existantes pour enrichir le contenu du <em>Lexique<\/em>. Il faut \u00e9galement noter que les d\u00e9finitions et les observations devaient parfois \u00eatre mises \u00e0 jour pour refl\u00e9ter l\u2019\u00e9volution des connaissances scientifiques. Par exemple, dans la premi\u00e8re d\u00e9finition de la notion de \u00ab\u00a0distanciation physique\u00a0\u00bb, il \u00e9tait mentionn\u00e9 qu\u2019une distance minimale d\u2019un m\u00e8tre devait \u00eatre maintenue entre les gens. Cette distance est par la suite pass\u00e9e \u00e0 deux m\u00e8tres. Finalement, comme les recommandations varient maintenant selon l\u2019endroit et la situation, nous avons reformul\u00e9 la d\u00e9finition sans mentionner de distance pr\u00e9cise pour qu\u2019elle reste valide m\u00eame en cas de modification des consignes sanitaires.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h2 id=\"\u00ab\u00a0confinement\u00a0\u00bb-et-ses-d\u00e9\">\u00ab\u00a0Confinement\u00a0\u00bb et ses d\u00e9riv\u00e9s<\/h2>\n<p><strong>\u00a0<\/strong><\/p>\n<p>Pendant la pand\u00e9mie de COVID-19, les connaissances ont \u00e9volu\u00e9 \u00e0 une vitesse fulgurante. De nouveaux concepts \u00e9mergeaient presque chaque semaine. Ces concepts devant \u00eatre nomm\u00e9s, de nombreuses nouvelles d\u00e9signations sont apparues ou des mots existants ont pris un nouveau sens. Il ne faut pas non plus oublier les termes faisant partie de la langue de sp\u00e9cialit\u00e9 qui sont pass\u00e9s dans la langue g\u00e9n\u00e9rale. Le terme <em>confinement<\/em> et ses d\u00e9riv\u00e9s illustrent bien l\u2019\u00e9volution lexicale associ\u00e9e \u00e0 l\u2019\u00e9volution de la r\u00e9alit\u00e9.<\/p>\n<p>La premi\u00e8re version du <em>Lexique sur la pand\u00e9mie de COVID-19<\/em> (13\u00a0mars\u00a02020) contenait les termes <em>isolement<\/em> et <em>quarantaine<\/em>. En discours, ces termes \u00e9taient souvent utilis\u00e9s de mani\u00e8re interchangeable, malgr\u00e9 leur sens diff\u00e9rent, tant en anglais qu\u2019en fran\u00e7ais. En effet, l\u2019isolement consiste \u00e0 mettre une personne infect\u00e9e \u00e0 l\u2019\u00e9cart pour \u00e9viter qu\u2019elle ne contamine les autres et la quarantaine consiste \u00e0 mettre une personne potentiellement infect\u00e9e \u00e0 l\u2019\u00e9cart pendant une p\u00e9riode donn\u00e9e pour s\u2019assurer qu\u2019elle n\u2019a pas contract\u00e9 la maladie. Dans ce cas particulier, la r\u00e9daction de d\u00e9finitions terminologiques<a href=\"#_ftn17\" name=\"_ftnref17\">[17]<\/a> claires s\u2019av\u00e9rait essentielle pour permettre de distinguer ces notions.<\/p>\n<p>Peu de temps apr\u00e8s le d\u00e9but de la pand\u00e9mie est apparue une nouvelle mesure sanitaire. Cette fois, les gens devaient rester \u00e0 la maison, peu importe s\u2019ils avaient \u00e9t\u00e9 en contact ou non avec une personne infect\u00e9e. Le terme <em>quarantaine<\/em> \u00e9tait parfois utilis\u00e9 dans ce sens, mais nous avons plut\u00f4t propos\u00e9 le terme <em>confinement obligatoire<\/em> et son \u00e9quivalent anglais <em>lockdown<\/em> dans la deuxi\u00e8me version du <em>Lexique<\/em> (20\u00a0mars\u00a02020). Des d\u00e9finitions pour les notions <em>isolement<\/em>, <em>quarantaine<\/em> et <em>confinement obligatoire<\/em> \u00e9taient \u00e9galement fournies pour guider leur utilisation et am\u00e9liorer la compr\u00e9hension de leurs nuances s\u00e9mantiques.<\/p>\n<p>Pour la quatri\u00e8me version du <em>Lexique <\/em>(9\u00a0avril\u00a02020), nous avons effectu\u00e9 une \u00e9tude approfondie des notions \u00ab\u00a0isolement\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0quarantaine\u00a0\u00bb et \u00ab\u00a0confinement obligatoire\u00a0\u00bb. Nous avons modifi\u00e9 les d\u00e9finitions pour les rendre plus claires et nous avons choisi de laisser tomber l\u2019adjectif <em>obligatoire<\/em> et de privil\u00e9gier la d\u00e9signation <em>confinement<\/em>. Les termes <em>lockdown<\/em>\u00a0et <em>confinement<\/em> sont des exemples de n\u00e9ologismes de sens obtenus par analogie. En effet, ces termes sont utilis\u00e9s dans le milieu correctionnel pour d\u00e9signer le fait d\u2019isoler les prisonniers dans leurs cellules.<\/p>\n<p>D\u00e8s avril\u00a02020, il a \u00e9t\u00e9 question de mettre fin au confinement pour que la population puisse retrouver une vie presque normale. Cette id\u00e9e \u00e9tait exprim\u00e9e en fran\u00e7ais par le substantif <em>d\u00e9confinement<\/em>. Au d\u00e9part, nous avons eu de la difficult\u00e9 \u00e0 trouver un \u00e9quivalent en anglais. \u00c0 force de recherches, nous avons constat\u00e9 que l\u00e0 o\u00f9 le substantif est g\u00e9n\u00e9ralement utilis\u00e9 en fran\u00e7ais, des tournures verbales \u00e9taient beaucoup plus fr\u00e9quentes en anglais, par exemple \u00ab <em>the lockdown will be lifted<\/em>\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0<em>when should we lift the lockdown?<\/em>\u00a0\u00bb. Dans la cinqui\u00e8me version du <em>Lexique<\/em> (23\u00a0avril\u00a02020), nous avons inclus une entr\u00e9e pour <em>d\u00e9confinement<\/em> (ayant pour \u00e9quivalent la forme nominale <em>lockdown lifting<\/em>) et l\u2019entr\u00e9e <em>lever le confinement<\/em> et <em>mettre fin au confinement<\/em> (ayant pour \u00e9quivalent <em>lift the lockdown<\/em>). D\u00e8s la semaine suivant la mise en ligne de cette version, le verbe <em>d\u00e9confiner<\/em>\u00a0a d\u00e9tr\u00f4n\u00e9 les locutions <em>lever le confinement<\/em> et <em>mettre fin au confinement<\/em> dans les m\u00e9dias au Canada. <em>D\u00e9confiner<\/em> a ainsi fait son entr\u00e9e comme d\u00e9signation privil\u00e9gi\u00e9e dans le <em>Lexique<\/em> dans la sixi\u00e8me version (7\u00a0mai\u00a02020). Pour compl\u00e9ter la famille de termes li\u00e9s au confinement, le verbe <em>confiner<\/em> et l\u2019adjectif <em>confin\u00e9<\/em> ont \u00e9galement \u00e9t\u00e9 ajout\u00e9s \u00e0 la sixi\u00e8me version du <em>Lexique<\/em>.<\/p>\n<p>\u00c0 peine un premier d\u00e9confinement amorc\u00e9 qu\u2019il \u00e9tait question de reconfinement. Les d\u00e9signations <em>reconfinement<\/em> (<em>lockdown reinstatement<\/em>) et <em>reconfiner<\/em> (<em>reinstate the lockdown<\/em>) ont \u00e9t\u00e9 consign\u00e9es dans la septi\u00e8me version du <em>Lexique<\/em> (11\u00a0juin\u00a02020). Nous avons \u00e9galement remarqu\u00e9 en anglais l\u2019apparition de termes form\u00e9s \u00e0 partir de <em>confinement<\/em>, surtout dans des sources qu\u00e9b\u00e9coises. Selon nos recherches, ces termes, apparus sous l\u2019influence du fran\u00e7ais, seraient \u00e0 \u00e9viter.<\/p>\n<p>Il est tr\u00e8s int\u00e9ressant de noter que la d\u00e9signation <em>confinement<\/em> a donn\u00e9 naissance \u00e0 de nombreux d\u00e9riv\u00e9s, ce qui indique bien le taux d\u2019acceptation de ce n\u00e9ologisme, c\u2019est-\u00e0-dire \u00e0 quel point il s\u2019est int\u00e9gr\u00e9 solidement et rapidement dans le syst\u00e8me linguistique. Ainsi, par l\u2019ajout de simples pr\u00e9fixes, nous avons obtenu des d\u00e9riv\u00e9s concis et clairs pour d\u00e9crire les nouvelles r\u00e9alit\u00e9s inh\u00e9rentes \u00e0 la crise sanitaire. L\u2019implantation de cette famille de termes, comprenant substantifs, verbes et adjectifs, s\u2019est faite de mani\u00e8re tellement naturelle qu\u2019il peut sembler difficile de croire qu\u2019elle est apparue il y a \u00e0 peine plus d\u2019un an.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h2 id=\"notion-de-\u00ab\u00a0distanciation-ph\">Notion de \u00ab\u00a0distanciation physique\u00a0\u00bb<\/h2>\n<p><strong>\u00a0<\/strong><\/p>\n<p>La notion de \u00ab\u00a0distanciation physique\u00a0\u00bb illustre bien l\u2019\u00e9volution extr\u00eamement rapide de la langue pendant la pand\u00e9mie de COVID-19. En effet, tant la d\u00e9signation \u00e0 privil\u00e9gier en fran\u00e7ais et en anglais que la notion elle-m\u00eame ont \u00e9volu\u00e9 au cours des ann\u00e9es 2020 et 2021. M\u00eame si l\u2019\u00e9volution de la langue est normale, sa vitesse pendant la pand\u00e9mie a \u00e9t\u00e9 exceptionnelle.<\/p>\n<p>Au d\u00e9but de la pand\u00e9mie, c\u2019est le terme <em>social distancing<\/em>, d\u00e9fini comme une \u00ab\u00a0Strat\u00e9gie de pr\u00e9vention de propagation d\u2019une maladie caract\u00e9ris\u00e9e par l\u2019\u00e9vitement des endroits bond\u00e9s, des lieux de rassemblements et des contacts \u00e9troits, ainsi que par le maintien d\u2019une distance d\u2019au moins un m\u00e8tre entre les personnes<a href=\"#_ftn18\" name=\"_ftnref18\">[18]<\/a> \u00bb, qui \u00e9tait utilis\u00e9 en anglais. Comme \u00e9quivalent fran\u00e7ais \u00e0 cette notion, nous avions propos\u00e9 le terme <em>\u00e9loignement social<\/em> afin d\u2019\u00e9viter la locution <em>distanciation sociale<\/em>, car selon nous l\u2019utilisation de <em>distanciation<\/em> dans ce sens constituait un calque. En effet, le terme <em>\u00e9loignement<\/em> fait r\u00e9f\u00e9rence au fait de se tenir \u00e0 l\u2019\u00e9cart alors que le terme <em>distanciation<\/em> d\u00e9signe en psychologie le fait de cr\u00e9er une distance entre soi et la r\u00e9alit\u00e9. Comme il s\u2019agissait d\u2019une notion tout \u00e0 fait nouvelle, nous souhaitions sugg\u00e9rer rapidement une d\u00e9signation qui s\u2019\u00e9loignait de l\u2019emprunt pour tenter d\u2019en favoriser l\u2019adoption, d\u2019autant plus que selon nous, le mot \u00ab\u00a0\u00e9loignement\u00a0\u00bb correspond tout \u00e0 fait \u00e0 la notion.<\/p>\n<p>Avant la diffusion de la troisi\u00e8me version du <em>Lexique<\/em> (30\u00a0mars\u00a02020), l\u2019OMS a \u00e9mis une recommandation visant \u00e0 promouvoir l\u2019utilisation de l\u2019expression <em>physical distancing<\/em>\u00a0plut\u00f4t que <em>social distancing<\/em>\u00a0pour mettre l\u2019accent sur le fait que la distance recommand\u00e9e est bien une distance physique et non une distance \u00e9motionnelle ou affective. Comme le terme <em>social distancing<\/em> \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 tr\u00e8s utilis\u00e9, entre autres dans l\u2019affichage, les deux d\u00e9signations coexistent. Nous avons n\u00e9anmoins indiqu\u00e9 <em>physical distancing<\/em> comme d\u00e9signation privil\u00e9gi\u00e9e et <em>social distancing<\/em> comme autre d\u00e9signation. En ce qui concerne le fran\u00e7ais, au terme d\u2019une \u00e9tude de cas approfondie, nous avons retenu la proposition <em>\u00e9loignement sanitaire<\/em> comme d\u00e9signation privil\u00e9gi\u00e9e. En effet, l\u2019adjectif <em>sanitaire<\/em> signifie \u00ab\u00a0Relatif \u00e0 la pr\u00e9servation de l\u2019hygi\u00e8ne et de la sant\u00e9 publique\u00a0\u00bb (DRUIDE INFORMATIQUE 2019). Ce n\u00e9ologisme form\u00e9 selon le processus de composition par subordination (DUBUC\u00a02002 : 127) nous semblait en effet respecter le mieux les crit\u00e8res de maniabilit\u00e9, de motivation et d\u2019ad\u00e9quation.<\/p>\n<p>Entre la publication de la troisi\u00e8me version (30\u00a0mars\u00a02020) et de la septi\u00e8me\u00a0version du <em>Lexique<\/em> (11\u00a0juin\u00a02020), nous avons effectu\u00e9 une veille terminologique pour v\u00e9rifier l\u2019implantation de notre proposition. L\u2019expression <em>\u00e9loignement sanitaire<\/em> n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 adopt\u00e9e, probablement parce que les termes <em>distanciation physique<\/em> et <em>distanciation sociale<\/em> \u00e9taient d\u00e9j\u00e0 tr\u00e8s r\u00e9pandus dans l\u2019usage, notamment sur les affiches et les marqueurs au sol. Au m\u00eame moment, nos homologues de l\u2019Office qu\u00e9b\u00e9cois de la langue fran\u00e7aise ont accept\u00e9 l\u2019extension de sens du mot <em>distanciation<\/em>. Cette d\u00e9cision corroborait nos propres conclusions. Nous avons donc revu notre position et retir\u00e9 le statut de calque aux termes form\u00e9s \u00e0 partir du mot de base <em>distanciation<\/em> et plac\u00e9 <em>distanciation physique<\/em> en d\u00e9signation privil\u00e9gi\u00e9e. Dans ce cas pr\u00e9cis, on notera que deux proc\u00e9d\u00e9s de formation n\u00e9ologique (composition par subordination et extension s\u00e9mantique [DUBUC 2002 : 118]) diff\u00e9rents ont \u00e9t\u00e9 utilis\u00e9s pour obtenir les propositions en concurrence. Comme ces deux proc\u00e9d\u00e9s sont aussi valables l\u2019un que l\u2019autre, c\u2019est le crit\u00e8re de l\u2019acceptabilit\u00e9, c\u2019est-\u00e0-dire l\u2019implantation du terme dans l\u2019usage, qui nous a permis de trancher.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h2 id=\"conclusion\">Conclusion<\/h2>\n<p><strong>\u00a0<\/strong><\/p>\n<p>En conclusion, les circonstances exceptionnelles entourant la pand\u00e9mie de COVID\u201119 ont donn\u00e9 lieu \u00e0 de nombreuses innovations linguistiques. De nombreuses notions sont apparues et d\u2019autres sont pass\u00e9es de la langue sp\u00e9cialis\u00e9e \u00e0 la langue g\u00e9n\u00e9rale. Au c\u0153ur de cette effervescence, les terminologues ont jou\u00e9 un r\u00f4le crucial dans l\u2019\u00e9tablissement d\u2019une terminologie uniforme et claire, essentielle pour des communications efficaces. Dans le contexte canadien, o\u00f9 les communications officielles doivent \u00eatre bilingues, les terminologues s\u2019assurent que des termes ad\u00e9quats existent en fran\u00e7ais et en anglais, et que les notions auxquelles ces termes renvoient sont bien d\u00e9finies afin d\u2019\u00e9viter les ambigu\u00eft\u00e9s. Bien qu\u2019ils aient d\u00fb ajuster leurs m\u00e9thodes de travail habituelles, notamment en s\u2019adaptant au t\u00e9l\u00e9travail g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9 et en mettant \u00e0 profit les outils technologiques de communication et de collaboration virtuelles, les terminologues du Bureau de la traduction ont relev\u00e9 le d\u00e9fi de produire un lexique \u00e9volutif pendant m\u00eame que se d\u00e9roulait la crise sanitaire et, de toute \u00e9vidence, leur travail n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 vain, puisque le <em>Lexique sur la pand\u00e9mie de COVID-19<\/em> a \u00e9t\u00e9 consult\u00e9 plus de\u00a0219\u00a0000\u00a0fois entre le 13\u00a0mars\u00a02020 et le 31\u00a0janvier\u00a02022.<\/p>\n<p><sup>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 <\/sup><\/p>\n<h2 id=\"r\u00e9f\u00e9rences-bibliographiques\">R\u00e9f\u00e9rences bibliographiques<\/h2>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>BUREAU DE LA TRADUCTION, <em>Lexique sur la pand\u00e9mie de COVID-19<\/em>, gouvernement du Canada, Canada, 1\u00a0avril\u00a02021. <a href=\"https:\/\/www.btb.termiumplus.gc.ca\/publications\/covid19-fra.html\">https:\/\/www.btb.termiumplus.gc.ca\/publications\/covid19-fra.html<\/a><\/p>\n<p>CABR\u00c9, Teresa, \u00ab\u00a0La terminologie, une discipline en \u00e9volution\u00a0: le pass\u00e9, le pr\u00e9sent et quelques \u00e9l\u00e9ments prospectifs\u00a0\u00bb, in L\u2019HOMME, Marie-Claude, VANDAELE, Sylvie (\u00e9d.), <em>Lexicographie et terminologie\u00a0: Compatibilit\u00e9 des mod\u00e8les et des m\u00e9thodes<\/em>, Presses de l\u2019Universit\u00e9 d\u2019Ottawa, Ottawa, 2007, p.\u00a079-109.<\/p>\n<p>CAJOLET-LAGANI\u00c8RE, H\u00e9l\u00e8ne et al., <em>Usito<\/em>, Universit\u00e9 de Sherbrooke, derni\u00e8re mise \u00e0 jour du contenu 2021-12-17. <a href=\"https:\/\/usito.usherbrooke.ca\">https:\/\/usito.usherbrooke.ca<\/a><\/p>\n<p>DRUIDE INFORMATIQUE, <em>Antidote\u00a010<\/em>, 2019.<\/p>\n<p>DUBUC, Robert, <em>Manuel pratique de terminologie<\/em>, Linguatech \u00e9diteur, Qu\u00e9bec, 2002.<\/p>\n<p>GOUVERNEMENT DU CANADA, <em>TERMIUM Plus<sup>\u00ae<\/sup><\/em>, Canada, 2021. <a href=\"https:\/\/www.btb.termiumplus.gc.ca\/tpv2alpha\/alpha-fra.html?lang=fra\">https:\/\/www.btb.termiumplus.gc.ca\/tpv2alpha\/alpha-fra.html?lang=fra<\/a><\/p>\n<p>ISO, <em>Travail terminologique et science de la terminologie &#8211; Vocabulaire<\/em>, ISO 1087, 2019.\u00a0 <a href=\"https:\/\/www.iso.org\/obp\/ui\/fr\/#iso:std:iso:1087:ed-2:v1:fr\">https:\/\/www.iso.org\/obp\/ui\/fr\/#iso:std:iso:1087:ed-2:v1:fr<\/a><\/p>\n<p>LE ROBERT, <em>Le Petit Robert de la langue fran\u00e7aise, <\/em>2021. <a href=\"https:\/\/petitrobert.lerobert.com\/robert.asp\">https:\/\/petitrobert.lerobert.com\/robert.asp<\/a><\/p>\n<p>L\u2019HOMME, Marie-Claude, \u00ab\u00a0Sur la notion de &#8220;terme&#8221;\u00bb, <em>Meta<\/em>, n.\u00a04, 50, d\u00e9cembre 2005, p.\u00a01112-1132. <a href=\"https:\/\/www.erudit.org\/fr\/revues\/meta\/2005-v50-n4-meta1024\/012064ar\/#:~:text=La%20d%C3%A9finition%20de%20%C2%AB%20terme%20%C2%BB%2C,vis%C3%A9s%20par%20une%20description%20terminologique\">https:\/\/www.erudit.org\/fr\/revues\/meta\/2005-v50-n4-meta1024\/012064ar\/#:~:text=La%20d%C3%A9finition%20de%20%C2%AB%20terme%20%C2%BB%2C,vis%C3%A9s%20par%20une%20description%20terminologique<\/a><\/p>\n<p>L\u2019HOMME, Marie-Claude, <em>La terminologie : Principes et techniques<\/em>, Deuxi\u00e8me \u00e9dition revue et mise \u00e0 jour, Les Presses de l\u2019Universit\u00e9 de Montr\u00e9al, Montr\u00e9al, 2020.<\/p>\n<p>MINIST\u00c8RE DE LA JUSTICE, <em>Loi sur les langues officielles, L.R.C. (1985), ch. 31 (4<sup>e<\/sup>\u00a0suppl.), <\/em>gouvernement du Canada, Canada, derni\u00e8re modification 2017-09-21. <a href=\"https:\/\/laws-lois.justice.gc.ca\/fra\/lois\/o-3.01\/page-1.html#h-374947\">https:\/\/laws-lois.justice.gc.ca\/fra\/lois\/o-3.01\/page-1.html#h-374947<\/a><\/p>\n<p>PAVEL, Silvia, NOLET, Diane, <em>Pr\u00e9cis de terminologie<\/em>, Bureau de la traduction, Gatineau, 2001. <a href=\"https:\/\/publications.gc.ca\/collections\/collection_2007\/pwgsc-tpsgc\/S53-28-2001F.pdf\">https:\/\/publications.gc.ca\/collections\/collection_2007\/pwgsc-tpsgc\/S53-28-2001F.pdf<\/a><\/p>\n<hr \/>\n<p><a href=\"#_ftnref1\" name=\"_ftn1\">[1]<\/a> Le terme \u00ab\u00a0notion\u00a0\u00bb, synonyme de \u00ab\u00a0concept\u00a0\u00bb (PAVEL\u00a02001 :\u00a0105), est utilis\u00e9 au Bureau de la traduction pour d\u00e9signer \u00ab\u00a0[&#8230;]\u00a0la r\u00e9union des traits caract\u00e9ristiques de l\u2019objet d\u00e9sign\u00e9 par le terme.\u00a0\u00bb (DUBUC\u00a02002 : 35). Dans cette d\u00e9finition, un objet peut \u00eatre soit concret (par exemple un outil), soit abstrait (par exemple un proc\u00e9d\u00e9) (DUBUC\u00a02002 :\u00a034). Il convient \u00e9galement de noter que contrairement \u00e0 la d\u00e9finition, la notion n\u2019organise pas les traits s\u00e9mantiques de mani\u00e8re hi\u00e9rarchique (DUBUC\u00a02002 : 36).<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref2\" name=\"_ftn2\">[2]<\/a> \u00ab\u00a0[\u2026] biunivocit\u00e9\u00a0: \u00e0 une forme correspond un seul concept et un concept est exprim\u00e9 par une seule forme.\u00a0\u00bb (L\u2019HOMME 2020 : 29).<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref3\" name=\"_ftn3\">[3]<\/a> \u00ab\u00a0[L\u2019extension s\u00e9mantique] suppose l\u2019\u00e9tirement du sens d\u2019un terme pour lui faire recouvrir une r\u00e9alit\u00e9 voisine. [La parent\u00e9 entre le sens original et le sens nouveau] s\u2019\u00e9tablit soit par glissement d\u2019une relation logique, soit par analogie, soit par assimilation.\u00a0\u00bb (DUBUC\u00a02002 : 118-119).<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref4\" name=\"_ftn4\">[4]<\/a> Les changements grammaticaux peuvent \u00eatre r\u00e9alis\u00e9s par un changement de cat\u00e9gorie grammaticale, un changement de genre, un changement de nombre ou un changement de statut (par exemple en cas d\u2019antonomase) (DUBUC\u00a02002 : 120-121).<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref5\" name=\"_ftn5\">[5]<\/a> \u00ab L\u2019emprunt est un ph\u00e9nom\u00e8ne par lequel on transf\u00e8re une unit\u00e9 lexicale d\u2019un syst\u00e8me ou d\u2019un sous-syst\u00e8me linguistique \u00e0 un autre. On distingue deux types d\u2019emprunts : l\u2019emprunt ext\u00e9rieur fait \u00e0 un autre syst\u00e8me linguistique et l\u2019emprunt int\u00e9rieur fait \u00e0 diff\u00e9rents sous-syst\u00e8mes du syst\u00e8me linguistique de r\u00e9f\u00e9rence. \u00bb (DUBUC 2002 : 121).<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref6\" name=\"_ftn6\">[6]<\/a> \u00ab On appelle d\u00e9rivation la cr\u00e9ation d\u2019une forme lexicale par l\u2019ajout d\u2019un suffixe \u00e0 un radical ou par la suppression d\u2019un \u00e9l\u00e9ment terminal \u00e0 un mot. \u00bb (DUBUC 2002 : 123).<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref7\" name=\"_ftn7\">[7]<\/a> \u00ab On appelle composition la cr\u00e9ation de nouvelles entit\u00e9s lexicales \u00e0 partir de mots ou d\u2019\u00e9l\u00e9ments pr\u00e9existants. C\u2019est le proc\u00e9d\u00e9 le plus employ\u00e9 dans les langues de sp\u00e9cialit\u00e9 pour former des mots nouveaux ; ce proc\u00e9d\u00e9 contribue \u00e0 plus de 80 % des cr\u00e9ations. \u00bb (DUBUC 2002 : 125).<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref8\" name=\"_ftn8\">[8]<\/a> \u00ab Il ne suffit pas qu\u2019un terme soit bref. Encore faut-il qu\u2019il ne pose pas de difficult\u00e9s particuli\u00e8res d\u2019int\u00e9gration dans le discours. Prononciation difficile et orthographe compliqu\u00e9e sont des \u00e9l\u00e9ments dissuasifs. \u00bb (DUBUC 2002 : 130).<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref9\" name=\"_ftn9\">[9]<\/a> L\u2019ad\u00e9quation fait r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 la monos\u00e9mie de la relation entre le terme et la notion (DUBUC\u00a02002 : 130).<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref10\" name=\"_ftn10\">[10]<\/a> Il faut \u00e9viter de cr\u00e9er des n\u00e9ologismes dot\u00e9s d\u2019associations d\u00e9plaisantes ou p\u00e9joratives afin de favoriser leur adoption (DUBUC\u00a02002 : 131).<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref11\" name=\"_ftn11\">[11]<\/a> Le r\u00e9seau notionnel est aussi parfois appel\u00e9 \u00ab\u00a0arbre conceptuel\u00a0\u00bb. Il s\u2019agit de la \u00ab\u00a0[r]epr\u00e9sentation sous forme arborescente des relations entre les concepts appartenant \u00e0 un domaine d\u2019activit\u00e9\u00a0\u00bb (PAVEL\u00a02001 : 103). L\u2019arbre de domaine, soit la \u00ab\u00a0[r]epr\u00e9sentation sous forme arborescente des parties composant un domaine d\u2019activit\u00e9\u00a0\u00bb (PAVEL\u00a02001 : 103) est \u00e9galement souvent utilis\u00e9 en terminologie pour structurer les notions en fonction de leur relation au domaine et aux sous-domaines \u00e0 l\u2019\u00e9tude. \u00ab\u00a0[L\u2019arbre de domaine] permet notamment de juger de la pertinence des unit\u00e9s terminologiques et de r\u00e9duire les bruits (informations parasites) et les silences (carences de renseignements utiles).\u00a0\u00bb (DUBUC\u00a02002 : 52).<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref12\" name=\"_ftn12\">[12]<\/a> Les termes choisis pour les premi\u00e8res versions du <em>Lexique<\/em> appartenaient principalement au domaine de la m\u00e9decine (c\u2019est-\u00e0-dire des d\u00e9signations li\u00e9es \u00e0 la maladie, \u00e0 l\u2019\u00e9pid\u00e9miologie, au milieu m\u00e9dical et aux mesures de protection). Par la suite, nous y avons ajout\u00e9 des appellations officielles du gouvernement canadien, des termes li\u00e9s aux cons\u00e9quences sociales, sanitaires et \u00e9conomiques, ainsi que des termes portant sur les assouplissements et la lev\u00e9e des mesures sanitaires. Finalement, pour la huiti\u00e8me version du <em>Lexique <\/em>(1<sup>er<\/sup>\u00a0avril\u00a02020), nous avons \u00e9galement inclus des termes du champ lexical de la vaccination.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref13\" name=\"_ftn13\">[13]<\/a> Au Canada, le terme <em>\u00e9closion<\/em> est utilis\u00e9 en \u00e9pid\u00e9miologie, alors qu\u2019en Europe c\u2019est le terme \u00ab flamb\u00e9e \u00bb qui sert \u00e0 d\u00e9signer une \u00ab [\u00e9]pid\u00e9mie qui se limite \u00e0 une augmentation localis\u00e9e de l\u2019incidence d\u2019une maladie. \u00bb (BUREAU DE LA TRADUCTION 2021).<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref14\" name=\"_ftn14\">[14]<\/a> Une fiche portant sur le terme \u00ab\u00a0COVID-19\u00a0\u00bb a \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9e dans <em>TERMIUM Plus<\/em><sup>\u00ae<\/sup> le 13\u00a0f\u00e9vrier\u00a02020. Nous y avions alors attribu\u00e9 le genre masculin qui correspondait alors \u00e0 l\u2019usage. En effet, une confusion r\u00e9gnait entre le virus responsable de la maladie (<em>SARS\u2011CoV\u20112<\/em>) et la maladie (<em>COVID-19<\/em>) dans des sources non sp\u00e9cialis\u00e9es, ce qui pouvait probablement expliquer l\u2019utilisation du genre masculin. Le 21\u00a0f\u00e9vrier\u00a02020, la fiche a \u00e9t\u00e9 modifi\u00e9e pour enlever le param\u00e8tre de genre et ajouter une note indiquant que le genre de la d\u00e9signation <em>COVID-19<\/em> varie dans l\u2019usage. Le 10\u00a0mars\u00a02020, le genre f\u00e9minin fut finalement attribu\u00e9 \u00e0 <em>COVID-19<\/em>, \u00e9tant donn\u00e9 que le \u00ab\u00a0D\u00a0\u00bb de <em>COVID\u201119<\/em> d\u00e9signe le mot de base <em>disease<\/em> (\u00ab\u00a0maladie\u00a0\u00bb en fran\u00e7ais). Par contre, une note faisait encore \u00e9tat de l\u2019usage fluctuant du genre, surtout dans les sources non sp\u00e9cialis\u00e9es. Le genre f\u00e9minin a n\u00e9anmoins rapidement \u00e9t\u00e9 adopt\u00e9, notamment gr\u00e2ce \u00e0 la recommandation concert\u00e9e du Bureau de la traduction, de l\u2019Office qu\u00e9b\u00e9cois de la langue fran\u00e7aise et de Radio-Canada ainsi que par son utilisation r\u00e9pandue dans les m\u00e9dias canadiens. Nous avons enlev\u00e9 la remarque portant sur la fluctuation de l\u2019usage dans la cinqui\u00e8me version du <em>Lexique sur la pand\u00e9mie de COVID-19<\/em>, diffus\u00e9e le 23\u00a0avril\u00a02020.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref15\" name=\"_ftn15\">[15]<\/a> La notion de <em>caremongering<\/em>\u00a0n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 retenue dans la huiti\u00e8me version du <em>Lexique sur la pand\u00e9mie de COVID-19<\/em>, mais la fiche est encore accessible dans <em>TERMIUM\u00a0Plus<\/em><sup>\u00ae<\/sup>.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref16\" name=\"_ftn16\">[16]<\/a> \u00ab\u00a0-isme\u00a0: Indique l\u2019id\u00e9e d\u2019une prise de position par rapport \u00e0 une doctrine, une th\u00e9orie, une id\u00e9ologie (politique, religieuse, sociale, etc.), un mouvement (litt\u00e9raire, artistique) ou un mode de vie.\u00a0\u00bb (CAJOLET-LAGANI\u00c8RE\u00a02021).<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref17\" name=\"_ftn17\">[17]<\/a> \u00ab La d\u00e9finition terminologique est une br\u00e8ve formule lexicographique qui indique les traits s\u00e9mantiques distinctifs d\u2019un concept. \u00bb (PAVEL 2001 : 22).<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref18\" name=\"_ftn18\">[18]<\/a> D\u00e9finition de la notion \u00ab\u00a0\u00e9loignement social\u00a0\u00bb tir\u00e9e de la premi\u00e8re version du <em>Lexique sur la pand\u00e9mie de COVID-19 <\/em>(13\u00a0mars\u00a02020). La d\u00e9finition de cette notion d\u00e9sign\u00e9e par \u00ab\u00a0distanciation physique\u00a0\u00bb dans la huiti\u00e8me version du <em>Lexique<\/em> (1<sup>er<\/sup> avril 2021) est la suivante : \u00ab Strat\u00e9gie de pr\u00e9vention de la propagation d\u2019une maladie infectieuse caract\u00e9ris\u00e9e par l\u2019\u00e9vitement des endroits bond\u00e9s, des lieux de rassemblement et des contacts \u00e9troits, ainsi que par le maintien d\u2019une distance entre les personnes \u00e9tablie par les autorit\u00e9s sanitaires. \u00bb<\/p>\n<hr \/>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Per citare questo articolo:<\/p>\n<p>M\u00e9lanie LABELLE, \u00ab\u00a0Le travail des terminologues en temps de crise : l\u2019exp\u00e9rience du Bureau de la traduction du gouvernement du Canada\u00a0\u00bb,\u00a0<em>Rep\u00e8res DoRiF,<\/em>\u00a0n. 25 \u2013\u00a0<em>Le lexique de la pand\u00e9mie et ses variantes<\/em>, DoRiF Universit\u00e0, Roma luglio 2022, https:\/\/www.dorif.it\/reperes\/melanie-labelle-le-travail-des-terminologues-en-temps-de-crise-lexperience-du-bureau-de-la-traduction-du-gouvernement-du-canada\/<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">ISSN 2281-3020<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" class=\"aligncenter size-full wp-image-8924\" src=\"https:\/\/www.dorif.it\/reperes\/wp-content\/uploads\/2022\/04\/logo-pubblicazione.png\" alt=\"\" width=\"111\" height=\"49\" \/><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">Quest\u2019opera \u00e8 distribuita con Licenza\u00a0<a href=\"http:\/\/creativecommons.org\/licenses\/by-nc-nd\/3.0\/it\/\">Creative Commons Attribuzione \u2013 Non commerciale \u2013 Non opere derivate 3.0 Italia<\/a>.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p> <a href=\"https:\/\/www.dorif.it\/reperes\/melanie-labelle-le-travail-des-terminologues-en-temps-de-crise-lexperience-du-bureau-de-la-traduction-du-gouvernement-du-canada\/\"> Continue de 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