{"id":9970,"date":"2023-07-18T18:04:56","date_gmt":"2023-07-18T16:04:56","guid":{"rendered":"https:\/\/www.dorif.it\/reperes\/?p=9970"},"modified":"2023-07-28T16:33:30","modified_gmt":"2023-07-28T14:33:30","slug":"beatrice-akissi-boutin-oreste-floquet-regards-ivoiriens-nigeriens-et-beninois-sur-le-francais-elements-pour-une-typologie-des-francophonies-en-afrique-de-louest","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.dorif.it\/reperes\/beatrice-akissi-boutin-oreste-floquet-regards-ivoiriens-nigeriens-et-beninois-sur-le-francais-elements-pour-une-typologie-des-francophonies-en-afrique-de-louest\/","title":{"rendered":"B\u00e9atrice Akissi BOUTIN, Oreste FLOQUET, Regards ivoiriens, nig\u00e9riens et b\u00e9ninois sur le fran\u00e7ais : \u00e9l\u00e9ments pour une typologie des francophonies en Afrique de l\u2019Ouest"},"content":{"rendered":"<p><em>\u00a0<\/em><\/p>\n<h3 id=\"b\u00e9atrice-akissi-boutin-oreste\" style=\"text-align: center; padding-left: 80px;\">B\u00e9atrice Akissi BOUTIN, Oreste FLOQUET<\/h3>\n<h2 id=\"regards-ivoiriens-nig\u00e9riens-e-0\" style=\"text-align: center;\"><strong>Regards ivoiriens, nig\u00e9riens et b\u00e9ninois sur le fran\u00e7ais:<br \/>\n<\/strong><\/h2>\n<h2 id=\"regards-ivoiriens-nig\u00e9riens-e\" style=\"text-align: center;\"><strong>\u00e9l\u00e9ments pour une typologie des francophonies en Afrique de l\u2019Ouest<\/strong><\/h2>\n<h2 id=\"regards-ivoiriens-nig\u00e9riens-e\" style=\"text-align: center;\"><strong>\u00a0<\/strong><\/h2>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>B\u00e9atrice Akissi Boutin<br \/>\n<\/strong>Sapienza, Universit\u00e0 di Roma<br \/>\nb\u00e9atriceakissi.boutin@uniroma1.it<\/p>\n<p><strong>Oreste<\/strong> <strong>Floquet<br \/>\n<\/strong>Sapienza, Universit\u00e0 di Roma<br \/>\noreste.floquet@uniroma1.it<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<hr \/>\n<p><strong>R\u00e9sum\u00e9<\/strong><\/p>\n<p>Cet article a deux objectifs. D\u2019une part, nous voulons d\u00e9crire trois situations diff\u00e9rentes par rapport \u00e0 la langue et \u00e0 la culture fran\u00e7aises (Niger, C\u00f4te d\u2019Ivoire, B\u00e9nin) en recueillant des discours de jeunes qui n\u2019ont pas connu la p\u00e9riode de la colonisation. Notre but est d\u2019approcher leurs repr\u00e9sentations envers le fran\u00e7ais. Le deuxi\u00e8me point de notre recherche consiste \u00e0 proposer une vision herm\u00e9neutique de la francophonie qui int\u00e8gre aussi la description des attitudes, positives ou n\u00e9gatives envers le fran\u00e7ais et tout ce que cette langue peut v\u00e9hiculer.<\/p>\n<p><strong>Abstract<\/strong><\/p>\n<p>This article has two objectives. On the one hand, we want to describe three different situations in relation to the French language and culture (Niger, Ivory Coast, Benin) by collecting the discourses of young people who did not experience the period of colonization. Our goal is to approach their representations of French. The second point of our research consists in proposing a hermeneutic vision of the Francophonie which also integrates the description of attitudes, positive or negative, towards French and all that this language can convey.<\/p>\n<hr \/>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h2 id=\"\u00a0-les-francophonies-en-afriqu\">1.\u00a0 Les francophonies en Afrique de l\u2019Ouest<sup> <a href=\"#_ftn1\" name=\"_ftnref1\">[1]<\/a><\/sup><\/h2>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>C\u2019est un fait notoire combien il est difficile de saisir la notion d\u2019espace francophone ainsi que celle de locuteur francophone. Partant du constat que ce domaine est loin d\u2019\u00eatre homog\u00e8ne, plusieurs chercheurs ont propos\u00e9 des typologies dans le but de d\u00e9crire et de classer les diff\u00e9rentes situations et dynamiques dans lesquelles se trouve le fran\u00e7ais dans le monde. Nous sommes encore loin d\u2019avoir un tableau exhaustif car les situations sont multiformes et changeantes, si bien que ces descriptions sont plus un instrument pour commencer \u00e0 s\u2019orienter dans des r\u00e9alit\u00e9s toujours complexes qu\u2019une repr\u00e9sentation fid\u00e8le des pratiques des communaut\u00e9s francophones dans le monde. Parmi les tentatives les plus r\u00e9centes et compl\u00e8tes on peut citer celle de GADET et al. (2009) qui prend en compte: (1) la diatopie, en distinguant aussi les diff\u00e9rences entre la ville et la campagne, les \u00c9tats avec leurs fronti\u00e8res tr\u00e8s nettes face aux aires communicatives aux contours plus flous; (2) le type de contact de langues, la famille de celles-ci (indoeurop\u00e9enne ou pas, par exemple) et leur statut plus ou moins scriptural; (3) les multiples situations de l\u2019interaction (p.e. famille, travail, etc.); (4) la tendance \u00e0 l\u2019expansion ou bien \u00e0 la r\u00e9traction (ou obsolescence). Plus r\u00e9cemment, l\u2019id\u00e9e qu\u2019on ne peut dessiner un tableau de la francophonie sans convoquer plusieurs facteurs de nature diff\u00e9rente a \u00e9t\u00e9 reprise par REUTNER (2017: 58) pour qui:<\/p>\n<blockquote><p>\u00ab [\u2026] on pourrait cr\u00e9er une matrice complexe qui permettrait de d\u00e9velopper une typologie pluridimensionnelle en r\u00e9unissant les sous-typologies qui se dessinent dans les sections sur la situation d\u00e9molinguistique, le survol historique, l\u2019am\u00e9nagement externe et interne ainsi que les particularit\u00e9s du fran\u00e7ais. Il serait certes complexe de r\u00e9aliser une typologie aussi exhaustive, \u00e9tablie sur la base de sous-typologies de diff\u00e9rentes natures, mais cette option serait la seule qui permette de fournir une classification pr\u00e9cise des francophonies \u00bb.<\/p><\/blockquote>\n<p>Ces typologies partagent le fait de se baser essentiellement sur des param\u00e8tres qui sont avant tout d\u00e9mographiques, sociologiques, politiques et linguistiques: \u00e2ge, lieu, niveau de scolarisation, statut, contact, etc. Mais comment atteindre aussi un niveau plus intime, plus psychologique? Est-ce que le rapport au fran\u00e7ais, \u00e0 la culture que v\u00e9hicule cette langue, est partag\u00e9 par l\u2019ensemble de la population dite francophone? Comme le rappelle MAURER (2015: 100): \u00ab l\u2019ensemble que l\u2019on consid\u00e8re comme celui des repr\u00e9sentations des langues constitue un volet important de la connaissance d\u2019ensemble d\u2019une situation \u00bb et ne peut donc pas \u00eatre exclu \u00e0 priori d\u2019une typologie de la francophonie qui se veut vraiment &#8220;pluridimensionnelle&#8221;.<\/p>\n<p>Le travail sur les repr\u00e9sentations linguistiques des locuteurs francophones, domaine d\u2019\u00e9tudes qui ne cesse de se d\u00e9finir et red\u00e9finir, n\u2019est pas en soi nouveau (voir, entre autres, HOUDEBINE (1995) et CANUT (2000)). La terminologie est parfois assez floue. Concernant l\u2019Afrique en g\u00e9n\u00e9ral, les chercheurs utilisent souvent les mots suivants comme synonymes: perception, repr\u00e9sentation, attitude et imaginaire. Cette utilisation, peut-\u00eatre \u00e0 tort peut-\u00eatre \u00e0 raison, s\u2019applique \u00e0 des domaines diff\u00e9rents\u00a0qui ont trait \u00e0 l\u2019ins\u00e9curit\u00e9 linguistique, \u00e0 la dimension identitaire, au rapport avec les autres langues, aux perspectives sociales, etc.<a href=\"#_ftn2\" name=\"_ftnref2\"><sup>[2]<\/sup><\/a> Deux caract\u00e9ristiques nous semblent communes \u00e0 ce genre d&#8217;\u00e9tudes. D\u2019abord il s\u2019agit toujours d\u2019enqu\u00eates \u00e0 l\u2019\u00e9chelle d\u2019un seul pays. Qui plus est, chaque investigation a adopt\u00e9 sa propre grille d\u2019analyse, sans tenir compte de ce qui avait \u00e9t\u00e9 fait ailleurs, ce qui limite parfois la possibilit\u00e9 de comparer et faire dialoguer les r\u00e9sultats. Pour ce qui est de l\u2019Afrique de l\u2019Ouest, qui est le terrain qui nous int\u00e9resse ici, plusieurs recherches ont d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 men\u00e9es par l\u2019Observatoire de la langue fran\u00e7aise de l\u2019Organisation internationale de la Francophonie<a href=\"#_ftn3\" name=\"_ftnref3\"><sup>[3]<\/sup><\/a> dans le but de d\u00e9crire la dimension affective qu\u2019entretiennent les francophones avec leur langue; elles concernent cinq pays de la sous-r\u00e9gion (Burkina Faso, C\u00f4te d\u2019Ivoire, Guin\u00e9e-Conakry, S\u00e9n\u00e9gal et Benin). L\u2019enqu\u00eate qualitative de l\u2019\u00e9quipe de MAURER (2015: 122-125) a essay\u00e9 de faire \u00e9merger le rapport \u00e0 la langue fran\u00e7aise moyennant un questionnaire qui est compos\u00e9 d\u2019\u00e9nonc\u00e9s (fran\u00e7ais langue de la France, fran\u00e7ais langue des pays francophones, fran\u00e7ais langue v\u00e9hiculaire, fran\u00e7ais langue des affaires, fran\u00e7ais langue compliqu\u00e9e, etc.) que l\u2019on doit classer suivant une \u00e9chelle de valeurs (pas d\u2019accord, neutre, tout \u00e0 fait d\u2019accord, etc.). En d\u00e9pit des diff\u00e9rences sociolinguistiques, pourtant consid\u00e9rables, les locuteurs de diff\u00e9rents pays convergent dans des repr\u00e9sentations communes, parfois inattendues. Il est par exemple surprenant de d\u00e9couvrir que les appr\u00e9ciations des Ivoiriens d\u2019Abidjan s\u2019harmonisent plus avec celles des S\u00e9n\u00e9galais de Tambacounda qu\u2019avec les opinions des B\u00e9ninois en contexte urbain. Cela est d\u2019autant plus impr\u00e9vu qu\u2019en C\u00f4te d\u2019Ivoire et au B\u00e9nin, contrairement au S\u00e9n\u00e9gal qui est domin\u00e9 par le wolof<a href=\"#_ftn4\" name=\"_ftnref4\"><sup>[4]<\/sup><\/a>, le fran\u00e7ais est souvent une L1, apprise donc dans le milieu familial. En effet, chez les Abidjanais et les S\u00e9n\u00e9galais c\u2019est plut\u00f4t un sentiment d\u2019\u00e9loignement qui domine car les appr\u00e9ciations plus fr\u00e9quentes ont une coloration disons n\u00e9gative: <em>langue de France<\/em> ou <em>langue du colonisateur.<\/em> \u00c0 l\u2019oppos\u00e9, dans les grandes villes du B\u00e9nin (qui a une situation sociolinguistique proche de la C\u00f4te d\u2019Ivoire) l\u2019adh\u00e9sion au fran\u00e7ais est plus solide puisqu\u2019on constate une dominance des valeurs positives telle la modernit\u00e9 et la r\u00e9ussite. Ce cadre sommaire se complique car le nord du B\u00e9nin fait partie d\u2019un syst\u00e8me culturel et \u00e9conomique particulier aux pays sah\u00e9liens et se rapproche notamment du Burkina Faso et du Niger. Qui plus est, l\u2019enqu\u00eate en Guin\u00e9e-Conakry montre qu\u2019aux facteurs g\u00e9opolitiques on doit ajouter des facteurs sociod\u00e9mographiques, car les plus jeunes sont plus favorables au fran\u00e7ais que les plus de 40 ans. Ce r\u00e9sum\u00e9 on ne peut plus sch\u00e9matique montre toutefois assez bien, nous semble-t-il, jusqu\u2019\u00e0 quel point la francophonie vue \u00e0 travers les attitudes puisse \u00eatre diff\u00e9rente de la francophonie d\u00e9cortiqu\u00e9e par le filtre institutionnel, sociologique ou g\u00e9olinguistique. Le propos de notre contribution s\u2019inscrit dans cette optique qui repr\u00e9sente finalement tout un programme de recherche qui est en train de se construire. Nous voudrions mettre en vis-\u00e0-vis trois attitudes \u00e0 priori diff\u00e9rentes: la r\u00e9alit\u00e9 de Bouak\u00e9 (C\u00f4te d\u2019Ivoire), celle de Niamey (Niger) et celle d\u2019Abomey-Calavi (B\u00e9nin). Dans un souci d\u2019homog\u00e9n\u00e9it\u00e9 m\u00e9thodologique, nous allons les traiter avec les m\u00eames outils interpr\u00e9tatifs que SINGY et ROUILLER (2001) ou encore CANUT et KEITA (1994), CANUT (1996), BOUTIN (2002: 93-120); cela parce qu\u2019\u00e0 juste titre MAURER (2015: 108) pr\u00e9conisait que \u00ab la g\u00e9n\u00e9ralisation d\u2019une enqu\u00eate de ce type [scil. de Singy et Rouiller 2001] \u00e0 plusieurs pays francophones donnerait des \u00e9l\u00e9ments de comparaison int\u00e9ressants. Leur reproduction \u00e0 quelques ann\u00e9es d\u2019intervalle, dans les m\u00eames conditions permettrait de conna\u00eetre l\u2019\u00e9volution des mentalit\u00e9s \u00bb.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h2 id=\"\u00a0-trois-rapports-complexes-av\">2.\u00a0 Trois rapports complexes avec la France<\/h2>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>La complexit\u00e9 des rapports que nombre de pays francophones africains entretiennent avec la France tient \u00e0 plusieurs facteurs historiques, \u00e9conomiques et sociopolitiques. Les trois pays de l\u2019\u00e9tude partagent plusieurs \u00e9v\u00e9nements avec toute l\u2019ancienne Afrique Occidentale Fran\u00e7aise (AOF), mais se diff\u00e9rencient sur plusieurs autres points.<\/p>\n<p>Historiquement, le B\u00e9nin est le pays le plus anciennement en contact avec la France: depuis que la Compagnie fran\u00e7aise des Indes Occidentales a \u00e9tabli une loge \u00e0 Ouidah vers 1670, les Fran\u00e7ais y ont entretenu un commerce important (SINOU 1995: 10). Apr\u00e8s la Conf\u00e9rence de Berlin, malgr\u00e9 l\u2019impressionnante r\u00e9sistance \u00e0 l\u2019arm\u00e9e fran\u00e7aise de Gb\u00e9hanzin, roi du Dahomey, le pays devient une colonie en 1893 et fait partie de l\u2019AOF d\u00e8s sa cr\u00e9ation en 1895. Durant l\u2019\u00e9poque coloniale, les efforts de la France pour diffuser sa langue et sa culture dans ce pays lui ont valu le surnom de \u00ab\u00a0Quartier latin de l&#8217;Afrique\u00a0\u00bb<a href=\"#_ftn5\" name=\"_ftnref5\"><sup>[5]<\/sup><\/a>.<\/p>\n<p>La C\u00f4te d\u2019Ivoire a moins connu le commerce avec les Fran\u00e7ais durant la traite atlantique, mais a \u00e9t\u00e9 conquise \u00e0 la m\u00eame \u00e9poque. M\u00eame apr\u00e8s la difficile \u00ab pacification \u00bb qui s\u2019ach\u00e8ve officiellement en 1918, la C\u00f4te d\u2019Ivoire est rest\u00e9e une colonie r\u00e9fractaire \u00e0 la colonisation et \u00e9tait peu estim\u00e9e des gouvernements de l\u2019AOF. Apr\u00e8s la conf\u00e9rence de Brazzaville (1944), qui avait pour objectif principal de discuter des r\u00e9formes et de l&#8217;avenir de l&#8217;empire colonial fran\u00e7ais, on note un certain changement de la politique coloniale sur l\u2019enseignement et la reconnaissance des droits des planteurs (caf\u00e9 et cacao). N\u00e9anmoins, jusqu\u2019\u00e0 la fin de l\u2019\u00e9poque coloniale, le fran\u00e7ais s\u2019est r\u00e9pandu davantage dans ses vari\u00e9t\u00e9s pidginis\u00e9es que dans son mod\u00e8le acad\u00e9mique (BOUTIN 2002: 26-42).<\/p>\n<p>Le Niger a \u00e9t\u00e9 la colonie la plus tardive de l\u2019AOF (1922) et celle o\u00f9 le gouvernement colonial s\u2019est le moins investi pour promouvoir le fran\u00e7ais et la culture fran\u00e7aise. La forte islamisation du pays a jou\u00e9 comme un symbole et un facteur de mobilisation anticoloniale. Le pourcentage de scolarisation n&#8217;a jamais d\u00e9pass\u00e9 3% avant l&#8217;ind\u00e9pendance et le fran\u00e7ais \u00e9tait davantage enseign\u00e9 dans l&#8217;arm\u00e9e et les milieux administratifs que dans les \u00e9coles<a href=\"#_ftn6\" name=\"_ftnref6\"><sup>[6]<\/sup><\/a>.<\/p>\n<p>Les Ind\u00e9pendances de ces trois pays (1960) et les ann\u00e9es qui ont suivi ont \u00e9t\u00e9 v\u00e9cues dans une relation \u00e9troite avec la France et dans le maintien, certes sous des rapports diff\u00e9rents, de son contr\u00f4le \u00e9conomique, politique et administratif<a href=\"#_ftn7\" name=\"_ftnref7\"><sup>[7]<\/sup><\/a>. Ce sont les \u00e9v\u00e9nements des ann\u00e9es 1970 qui ont contribu\u00e9 \u00e0 diversifier encore les trois pays. Alors que la C\u00f4te d\u2019Ivoire connait le \u00ab miracle ivoirien \u00bb et devient la \u00ab vitrine de l\u2019Afrique francophone \u00bb du fait de la coop\u00e9ration avec la France, le Niger et le B\u00e9nin connaissent des coups d\u2019Etat qui ont conduit, pour le B\u00e9nin, \u00e0 l\u2019av\u00e8nement de la R\u00e9publique populaire du B\u00e9nin (1972-1990) et, pour le Niger, \u00e0 une succession de gouvernements militaires (1974-1984). Ces p\u00e9riodes ont \u00e9t\u00e9 propices \u00e0 une augmentation du sentiment critique d\u2019une partie la population envers la politique, la culture et la langue fran\u00e7aises, sentiment encore tr\u00e8s pr\u00e9sent aujourd\u2019hui dans ces deux pays. Dans les faits cependant, tout comme il \u00e9tait difficile au moment des Ind\u00e9pendances de concevoir un mod\u00e8le de d\u00e9veloppement autre que le mod\u00e8le occidental (BOUTIN 2002: 45), il est toujours difficile aujourd\u2019hui de s\u2019\u00e9loigner de ce mod\u00e8le et du pays qui le repr\u00e9sente.<\/p>\n<p>L\u2019influence fran\u00e7aise et l\u2019effort que fait la France pour maintenir et accroitre sa pr\u00e9sence en Afrique ne baissent pas. Les institutions officielles de promotion de la langue et la culture fran\u00e7aise comme l\u2019Institut fran\u00e7ais, les Alliances fran\u00e7aises, les Services de coop\u00e9ration et d&#8217;action culturelle, les Centres culturels fran\u00e7ais, les \u00e9tablissements scolaires fran\u00e7ais ou internationaux ou encore les \u00e9tablissements scolaires priv\u00e9s qui pr\u00e9parent aux dipl\u00f4mes fran\u00e7ais \u00e0 l\u2019aide du CNED, sont tr\u00e8s actifs, sans compter de nombreuses ONG et associations humanitaires ou culturelles ind\u00e9pendantes. Campus France, l\u2019organe de s\u00e9lection et d\u2019orientation des \u00e9tudiants du monde qui veulent venir \u00e9tudier en France, multiplie les actions de communication sur le syst\u00e8me fran\u00e7ais d\u2019enseignement sup\u00e9rieur, les programmes de partenariats en Afrique, les bourses et coop\u00e9rations. L\u2019Institut fran\u00e7ais en Afrique porte diff\u00e9rents projets culturels et artistiques, et les institutions officielles soutiennent des projets innovants aupr\u00e8s des jeunes, tels que des concours de slams, des festivals autour du fran\u00e7ais (comme le marathon des mots). La France promeut des projets de d\u00e9veloppement agricole et d\u2019infrastructures durables, accompagne les politiques africaines sur le respect des normes de lutte contre le r\u00e9chauffement climatique, le travail des enfants ou pour l\u2019\u00e9galit\u00e9 des genres. L\u2019organe public officiel l\u2019AFD (Agence fran\u00e7aise de d\u00e9veloppement) apporte un soutien financier et de coop\u00e9ration technique aux pays africains pour promouvoir les politiques publiques d\u00e9finies par le gouvernement fran\u00e7ais. A travers l\u2019IRD (Institut de recherche pour le d\u00e9veloppement), elle est un partenaire de recherche privil\u00e9gi\u00e9 des universit\u00e9s et des institutions de recherche dans tous les domaines scientifiques. Elle relaie aussi les programmes internationaux (USA) de renforcement de la recherche, tels ceux du GDN (Global Development Network) pour ladite Afrique francophone<a href=\"#_ftn8\" name=\"_ftnref8\"><sup>[8]<\/sup><\/a>. L\u2019OIF (Organisation internationale de la francophonie) et l\u2019AUF (Agence Universitaire de la Francophonie) sont de loin les meilleurs soutiens de la recherche universitaire dans les pays africains francophones.<\/p>\n<p>Le paradoxe de telles situations postcoloniales, o\u00f9 le processus d\u2019ind\u00e9pendance n\u2019est toujours pas achev\u00e9, a clairement un lien avec l&#8217;ambigu\u00eft\u00e9 du rapport \u00e0 la langue et \u00e0 la culture fran\u00e7aise en Afrique sub-saharienne actuelle (BOUTIN et FLOQUET 2020). Le fran\u00e7ais occupe nombre de d\u00e9bats intellectuels, conjointement au d\u00e9veloppement des langues africaines qui sont jusqu\u2019\u00e0 aujourd\u2019hui presqu\u2019\u00e0 l\u2019\u00e9cart de la vie publique officielle, de l\u2019enseignement et des activit\u00e9s sociales modernes et\/ou prestigieuses. Dans les discours quotidiens, en m\u00eame temps que la d\u00e9nonciation de l\u2019ali\u00e9nation culturelle due au monolinguisme officiel en fran\u00e7ais, \u00e0 l\u2019\u00e9criture d\u2019une histoire de l\u2019Afrique \u00e0 partir de l\u2019ext\u00e9rieur du continent et au monopole occidental de la pens\u00e9e scientifique, apparait toujours une certaine appr\u00e9hension d\u2019une prise de distance de l\u2019ancienne puissance tut\u00e9laire et de l\u2019\u00e9chec socio\u00e9conomique qui pourrait s\u2019ensuivre.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h2 id=\"\u00a0-m\u00e9thode-et-corpus\">3.\u00a0 M\u00e9thode et corpus<\/h2>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Dans la ligne des enqu\u00eates qualitatives de CANUT (1996), SINGY et ROUILLER (2001) et BOUTIN (2002) les questions portaient sur la repr\u00e9sentation des langues et des cultures ; elles peuvent \u00eatre regroup\u00e9es en 4 grands th\u00e8mes. Premi\u00e8rement, les participants ont-ils la perception du fran\u00e7ais comme une langue unique \u00e0 travers les continents, ou \u00e0 travers l\u2019Afrique, ou au contraire de plusieurs fran\u00e7ais, se diff\u00e9renciant selon les pays, les peuples\/ethnies, les r\u00e9gions ? Deuxi\u00e8mement, comment se repr\u00e9sentent-ils la fa\u00e7on dont le fran\u00e7ais et les langues africaines partagent les espaces sociaux: \u00e0 quelle langue attribuent-ils le r\u00f4le d\u2019outil de r\u00e9ussite sociale et professionnelle d\u2019une part et d\u2019insertion sociale d\u2019autre part? con\u00e7oivent-ils la possibilit\u00e9 d\u2019autres langues officielles, ou partageant certains espaces publics? Troisi\u00e8mement, quelle est leur attitude envers la langue ou le parler qui concurrence le plus le fran\u00e7ais? Quatri\u00e8mement, comment per\u00e7oivent-ils la pr\u00e9sence de la culture fran\u00e7aise dans le pays ou la ville? Quel accueil lui font les plus jeunes ? Dans quels domaines se manifestent le plus culture fran\u00e7aise et cultures africaines ? Ce quatri\u00e8me grand th\u00e8me, repr\u00e9sente une nouveaut\u00e9 par le fait m\u00eame de joindre l\u2019aspect linguistique \u00e0 l\u2019aspect culturel.<\/p>\n<p>Pour finir, il faut rappeler que tous les entretiens se sont ouverts avec une pr\u00e9sentation sommaire des enqu\u00eateurs ainsi que de leurs int\u00e9r\u00eats de recherche. Par ailleurs, il a \u00e9t\u00e9 r\u00e9p\u00e9t\u00e9 plusieurs fois qu\u2019il n\u2019y avait pas une bonne ou une mauvaise r\u00e9ponse et que le but \u00e9tait plut\u00f4t d\u2019avoir une opinion libre et argument\u00e9e.<\/p>\n<p>Le corpus nig\u00e9rien est constitu\u00e9 de dix entretiens semi-directifs avec des \u00e9tudiants de l\u2019\u00c9cole Normale Sup\u00e9rieure (ENS) de l\u2019Universit\u00e9 Abdou Moumouni de Niamey d\u2019une moyenne d\u2019\u00e2ge de 36 ans. Ces \u00e9tudiants proviennent de diverses disciplines et parlent tous le haoussa. Il nous a paru important de restreindre notre recherche aux haussaphones parce que d\u2019une part cette ethnie est historiquement la moins ouverte \u00e0 la France (notamment en comparaison aux Zarma), d\u2019autre part qu\u2019elle parle une langue qui tient lieu de v\u00e9hiculaire pour une partie des Nig\u00e9riens. Les enregistrements ont eu lieu en septembre 2021 dans les locaux de l\u2019ENS en pr\u00e9sence du professeur Amadou Sa\u00efbou, de langue zarma, qui \u00e9tait un de leurs enseignants et n\u2019est intervenu que sporadiquement dans la discussion.<\/p>\n<p>Le corpus ivoirien est constitu\u00e9 du m\u00eame type d\u2019entretiens avec treize \u00e9tudiants de Lettres Modernes de l\u2019Universit\u00e9 publique Alassane Ouattara de Bouak\u00e9 (UAO), d\u2019une moyenne d\u2019\u00e2ge de 25 ans. Ils sont originaires de toutes les r\u00e9gions de C\u00f4te d\u2019Ivoire, y compris Abidjan, puisque l\u2019orientation apr\u00e8s le baccalaur\u00e9at d\u00e9pend du Minist\u00e8re. Le choix s\u2019est port\u00e9 sur Bouak\u00e9, deuxi\u00e8me ville du pays en nombre d\u2019habitants, pour diversifier les sources des recherches sociolinguistiques qui proviennent en majorit\u00e9 d\u2019Abidjan dans les travaux ant\u00e9rieurs. Les entretiens ont eu lieu en deux fois: 7 locuteurs ont \u00e9t\u00e9 enregistr\u00e9s en janvier 2019 et six autres en juillet 2021. Ils se sont d\u00e9roul\u00e9s dans les locaux de l\u2019UAO, en pr\u00e9sence de leur professeur Ren\u00e9 Ehouman Koffi, et sont d\u2019une dur\u00e9e de 20 minutes environ.<\/p>\n<p>Le corpus b\u00e9ninois vient compl\u00e9ter les pr\u00e9c\u00e9dents avec onze entretiens de l\u2019Universit\u00e9 d\u2019Abomey-Calavi (UAC). Ces entretiens ont \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9s par des \u00e9tudiants de troisi\u00e8me ann\u00e9e de sociolinguistique, sous couvert du professeur Moufoutaou Adjeran, en application d\u2019un cours de m\u00e9thodologie de la recherche donn\u00e9 par l&#8217;un des auteurs de ce texte. Ils sont d\u2019une dur\u00e9e moyenne de dix minutes. Les \u00e9tudiants enregistr\u00e9s proviennent de diverses disciplines (Maths, Sciences de l\u2019\u00e9ducation, Philosophie, Histoire, Anglais, Droit, G\u00e9ographie), \u00e0 l\u2019exception des Sciences du Langage et des Lettres de fa\u00e7on \u00e0 recueillir des discours plus spontan\u00e9s; la moyenne d\u2019\u00e2ge des participants n\u2019est pas connue. Les entretiens ont eu lieu en juin 2022 dans divers lieux libres sur le site de l\u2019UAC.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h2 id=\"\u00a0-les-r\u00e9ponses-nig\u00e9riennes-\">4.\u00a0 Les r\u00e9ponses nig\u00e9riennes, ivoiriennes, et b\u00e9ninoises<\/h2>\n<h3 id=\"\">4.1 Un fran\u00e7ais ou des fran\u00e7ais<\/h3>\n<p>Dans les trois pays, les participants sont unanimes pour dire que le fran\u00e7ais est le m\u00eame partout, mais avec des diff\u00e9rences d\u2019accents.<\/p>\n<p>A Niamey, par exemple, les personnes enqu\u00eat\u00e9es affirment reconnaitre les accents des ressortissants des diff\u00e9rents pays (surtout provenant du B\u00e9nin et de la C\u00f4te d\u2019Ivoire), sans jamais pouvoir montrer o\u00f9 se situe une telle diff\u00e9rence ni fournir un exemple concret. Un seul locuteur parle d\u2019un usage diff\u00e9rent de la liaison, sans plus. Deux affirment que la comp\u00e9tence en fran\u00e7ais des Nig\u00e9riens serait moindre par rapport \u00e0 celle des autres communaut\u00e9s africaines. Par rapport aux deux autres populations \u00e9tudi\u00e9es, il semblerait que le rapport des haoussaphones interview\u00e9s face au fran\u00e7ais soit plus tendu et ressenti comme moins naturel (<em>Quand vous prenez des pays comme S\u00e9n\u00e9gal, un peu le B\u00e9nin, ils ma\u00eetrisent d\u00e8s le bas \u00e2ge la langue fran\u00e7aise<\/em>).<\/p>\n<p>Les jeunes de Bouak\u00e9 per\u00e7oivent le fran\u00e7ais comme une langue unique (<em>le fran\u00e7ais est le m\u00eame<\/em>; <em>la langue fran\u00e7aise, elle est universelle<\/em>), \u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur comme \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur de la C\u00f4te d\u2019Ivoire (<em>chaque ville n&#8217;a pas sa mani\u00e8re de parler c&#8217;est le m\u00eame fran\u00e7ais que nous tous on parle<\/em>), mais la plupart assure aussi pouvoir reconnaitre le pays d\u2019un locuteur africain de fran\u00e7ais par son accent (<em>c\u2019est tr\u00e8s facile \u00e0 reconna\u00eetre, \u00e0 son accent<\/em>; <em>le fran\u00e7ais est le m\u00eame\u00a0mais on reconnait les accents des ressortissants des diff\u00e9rents pays<\/em>). De plus, si le fran\u00e7ais n\u2019est pas la premi\u00e8re langue du locuteur, <em>on peut reconnaitre la langue maternelle du locuteur;<\/em> <em>on peut reconnaitre la langue d&#8217;origine de quelqu&#8217;un par son parler<\/em>. La langue maternelle d\u2019un locuteur se reconnait donc plus facilement que sa r\u00e9gion ou sa ville d\u2019origine.<\/p>\n<p>Pour les \u00e9tudiants d\u2019Abomey-Calavi aussi, les accents, les tons, des locuteurs de fran\u00e7ais permettent de connaitre leur langue maternelle mais cela ne remet pas en cause l\u2019unit\u00e9 du fran\u00e7ais (<em>le fran\u00e7ais n\u2019est pas diff\u00e9rent seulement que c&#8217;est l&#8217;accent<\/em>; <em>oui c\u2019est diff\u00e9rent mais \u00e0 l&#8217;\u00e9crit c\u2019est le m\u00eame<\/em>). Un t\u00e9moin remarque qu\u2019inversement, <em>l\u2019accent fran\u00e7ais se retrouve aussi dans le fon<\/em><a href=\"#_ftn9\" name=\"_ftnref9\"><sup>[9]<\/sup><\/a>.<\/p>\n<h3 id=\"2-langues-fran\u00e7aise-et-africa\">4.2 Langues fran\u00e7aise et africaines dans la soci\u00e9t\u00e9<\/h3>\n<p>Les trois groupes de participants se distinguent quant \u00e0 la r\u00e9partition des langues dans l\u2019espace social mais, alors que le fran\u00e7ais est souvent per\u00e7u comme indispensable pour la r\u00e9ussite socioprofessionnelle, il ne l\u2019est pas toujours pour l\u2019insertion sociale.<\/p>\n<p>Langue ressentie encore comme<em> impos\u00e9e, <\/em>pour la majorit\u00e9 des futurs enseignants haussaphones de Niamey interrog\u00e9s, le fran\u00e7ais est n\u00e9anmoins un atout pour r\u00e9ussir son insertion sociale. On retrouve ce type de contradiction dans la plupart des discours nig\u00e9riens. Reste que dans trois d\u2019entre eux, c\u2019est plut\u00f4t le haoussa qui ouvre le plus de possibilit\u00e9 dans le monde du travail (<em>Pour r\u00e9ussir? je pense que c\u2019est dans sa propre langue<\/em>). Mais la question qui hantent le plus ces enseignants, et qui n\u2019est pas sans rapport avec le m\u00e9tier qu\u2019ils exercent, est que le fran\u00e7ais est une entrave \u00e0 l\u2019apprentissage des mati\u00e8res qu\u2019ils enseignent (\u00e0 cause du semi-linguisme d\u2019une bonne partie de leurs \u00e9tudiants qui ne le parlent pas couramment) et au bon fonctionnement des institutions, surtout dans le milieu rural (car les administrations, les h\u00f4pitaux et les tribunaux utilisent cette langue somme toute encore \u00e9trang\u00e8re).<\/p>\n<p>Les \u00e9tudiants de Lettres de Bouak\u00e9 attendent du fran\u00e7ais leur r\u00e9ussite professionnelle et ils montrent leur attachement pour cette langue\u00a0par le style soign\u00e9 de leur discours. Pour la plupart c\u2019est la langue dans laquelle ils sont le plus \u00e0 l\u2019aise, conjointement \u00e0 leur langue maternelle. Pour autant, ils ont conscience qu\u2019un grand nombre de personnes ne connait pas suffisamment le fran\u00e7ais pour interagir dans les administrations, notamment dans les h\u00f4pitaux (<em>Parler les langues africaines dans l&#8217;administration est une n\u00e9cessit\u00e9<\/em>). Pour la majorit\u00e9 d\u2019entre eux, le fran\u00e7ais n\u2019est pas remis en cause dans le r\u00f4le de v\u00e9hiculaire officiel. Une langue africaine pourrait difficilement acc\u00e9der \u00e0 ce statut: <em>Cela pourrait \u00eatre possible mais avec beaucoup de difficult\u00e9s. Vu que le pays comporte plusieurs langues, il serait peut-\u00eatre profitable de continuer parler la langue fran\u00e7aise<\/em>. En revanche, pour une \u00e9tudiante, les langues africaines doivent rester hors des situations officielles: <em>Je pense que les langues africaines, on devrait pas les parler dans les lieux, je sais pas, sur un lieu public, ou bien dans les structures. On peut parler \u00e0 la maison les langues locales, \u00e0 la maison, au march\u00e9<\/em>\u2026 La m\u00eame \u00e9tudiante affirme pourtant que le baoul\u00e9, sa langue maternelle, lui est indispensable, m\u00eame pour la compr\u00e9hension de textes en fran\u00e7ais: <em>quand on est confront\u00e9 \u00e0 un texte, bon, je traduis d&#8217;abord dans ma langue maternelle pour plus apporter la compr\u00e9hension en fait \u00e0 ce texte-l\u00e0, pour savoir si j&#8217;ai vraiment compris le texte<\/em>. Le fran\u00e7ais autant que les langues africaines ont un r\u00f4le dans l\u2019int\u00e9gration sociale. Un t\u00e9moin ressent son monolinguisme fran\u00e7ais\u00a0comme une <em>frustration<\/em> depuis l\u2019enfance: <em>Bon socialement je pense que j&#8217;ai \u00e0 regret de ne pas pouvoir bien maitriser ma langue maternelle, parce que au niveau familial et tout, \u00e7a pose un v\u00e9ritable probl\u00e8me d&#8217;int\u00e9gration<\/em>.<\/p>\n<p>Les \u00e9tudiants d\u2019Abomey-Calavi sont au moins bilingues et certains connaissent six ou sept langues. La plupart affirme \u00eatre le plus \u00e0 l\u2019aise dans leur langue maternelle. Parall\u00e8lement, la plupart pr\u00e9sentent le fran\u00e7ais comme la langue n\u00e9cessaire pour r\u00e9ussir: <em>au B\u00e9nin c\u2019est la premi\u00e8re langue de communication, donc \u00e7a permet partout o\u00f9 tu passes de communiquer avec des gens. M\u00eame si ce n&#8217;est pas la n\u00f4tre, on essaye de faire avec<\/em>. Pour les autres, c\u2019est leur langue maternelle qui permettra leur r\u00e9ussite, l\u2019espace du fran\u00e7ais \u00e9tant limit\u00e9 \u00e0 la Fonction Publique (<em>Le fran\u00e7ais est n\u00e9cessaire au niveau des \u00e9tudes, pour faire des trucs de la Fonction en fait<\/em>). L\u2019un d\u2019eux est conscient que ce genre d\u2019affirmation est plus identitaire que r\u00e9aliste (<em>On ne peut jamais doigter ta maison par une main gauche<\/em>), car la domination du fran\u00e7ais s\u2019\u00e9tend sur la majeure partie de l\u2019espace public (<em>le fran\u00e7ais est la langue import\u00e9e qui nous domine, les autres langues compl\u00e8tent<\/em>). Tous les participants trouvent normal que les langues africaines soient aussi utilis\u00e9es dans les administrations (<em>pour permettre de mieux \u00e9changer avec ceux qui viennent chercher le service; on s&#8217;exprime mieux on est \u00e0 l&#8217;aise<\/em>). Une \u00e9tudiante souligne le dynamisme \u00e9conomique et social des personnes non francophones: <em>Nous ne pouvons pas dire que c\u2019est seulement ceux qui sont instruits qui auront des probl\u00e8mes pour aller voir les juges, aller dans les bureaux, notaires, non. Peut-\u00eatre je vais payer un terrain, j\u2019aurai besoin de l\u00e9galisation. Pour les l\u00e9galisations, il y a les illettr\u00e9s, les femmes, les marchands..<\/em>.<\/p>\n<h3 id=\"3-le-fran\u00e7ais-face-\u00e0-la-lang\">4.3 Le fran\u00e7ais face \u00e0 la langue ou au parler qui lui fait le plus concurrence<\/h3>\n<p>Dans chaque point d\u2019enqu\u00eate, une des langues (ou parler) en concurrence avec le fran\u00e7ais dans diverses activit\u00e9s sociales a \u00e9t\u00e9 propos\u00e9e aux enqu\u00eat\u00e9s comme pouvant partager avec le fran\u00e7ais, le statut de langue officielle. Ces langues ont des caract\u00e9ristiques sociales vari\u00e9es et les r\u00e9ponses des participants le sont aussi.<\/p>\n<p>Concernant les Nig\u00e9riens, il n\u2019est pas anodin de souligner que la plupart d\u2019entre eux affirment que le haoussa pourrait (ou devrait) devenir la langue officielle du Niger (<em>Je pense que le haoussa peut remplacer le fran\u00e7ais, l\u2019anglais et les autres langues pour tous les Nig\u00e9riens<\/em>), en d\u00e9pit du fait que sa distribution dans la population, certes dominante, n\u2019est pas vraiment majoritaire. La plupart d\u2019entre eux, d\u2019ailleurs, est d\u2019accord pour une politique qui favorise au moins une expansion des langues nationales \u00e0 des niveaux institutionnels g\u00e9n\u00e9ralement r\u00e9serv\u00e9s au fran\u00e7ais et cela souvent pour des raisons plus pratiques qu\u2019id\u00e9ologiques, le fran\u00e7ais n\u2019\u00e9tant pas suffisamment ma\u00eetris\u00e9 surtout dans le milieu rural (<em>il se trouve que ces derniers temps cette langue l\u00e0 [scil. le fran\u00e7ais] cause beaucoup de difficult\u00e9s notamment dans ce pays o\u00f9 l\u2019\u00e9ducation de base est vraiment- je suis d\u00e9sol\u00e9 &#8211; nous avons beaucoup rat\u00e9 l\u2019\u00e9ducation de base<\/em>).<\/p>\n<p>A Bouak\u00e9, l\u2019enqu\u00eate a propos\u00e9 aux participants de s\u2019exprimer sur le nouchi qui concurrence le fran\u00e7ais jusque dans les salles de classes. Le nouchi est une langue mixte \u00e9mergente de C\u00f4te d\u2019Ivoire, fruit de manipulations diverses op\u00e9r\u00e9es sur le fran\u00e7ais populaire ivoirien, les langues ivoiriennes et d\u2019autres. Consid\u00e9r\u00e9 comme un argot, il n\u2019a pas l\u2019avantage parmi les \u00e9tudiants de Lettres de Bouak\u00e9: <em>Le nouchi est \u00e0 la d\u00e9faveur de l&#8217;\u00e9tudiant que je suis. Puisque je suis \u00e9tudiant en Lettres Modernes, parler cette langue serait \u00eatre frein\u00e9 dans la perfection de la langue que j&#8217;\u00e9tudie<\/em>.<\/p>\n<p>Plusieurs d\u2019entre eux nient connaitre le nouchi et refusent d\u2019en parler. D\u2019autres soulignent ses d\u00e9fauts\u00a0(<em>c&#8217;est le fran\u00e7ais mal maitris\u00e9 et mal compris; les \u00e9l\u00e8ves qui parlent nouchi sont index\u00e9s; <\/em><em>le nouchi c&#8217;est une langue qu&#8217;on parle en C\u00f4te d&#8217;Ivoire juste pour camoufler un peu le fran\u00e7ais<\/em>). Un \u00e9tudiant remarque que l\u2019expansion du nouchi ne d\u00e9passe pas certaines villes: <em>Puisque j&#8217;ai grandi \u00e0 Abidjan jusqu&#8217;\u00e0 mes seize ans j&#8217;\u00e9tais \u00e0 Abidjan. Voil\u00e0 dans les quartiers franchement c&#8217;est le nouchi qu&#8217;on parlait. Mais depuis que j&#8217;ai quitt\u00e9 Abidjan, voil\u00e0 \u00e0 l&#8217;int\u00e9rieur du pays le nouchi n&#8217;est pas aussi parl\u00e9, donc du coup j&#8217;ai perdu un peu le contact avec le nouchi<\/em>.<\/p>\n<p>A Abomey-Calavi, les participants devaient s\u2019exprimer quant au statut d\u2019officialit\u00e9 de la langue fongb\u00e8. Le fongb\u00e8 fait partie des langues gb\u00e8, r\u00e9pandues au sud, du Nigeria au Togo. Il est tr\u00e8s pr\u00e9sent dans le sud-est du B\u00e9nin, o\u00f9 se trouve Abomey-Calavi, mais inconnu au nord o\u00f9 d\u2019autres langues sont dominantes. Les \u00e9tudiants \u00e9taient pour ou contre, mais le plus int\u00e9ressant dans les deux cas est leurs argumentations. Les principales difficult\u00e9s soulev\u00e9es sont le choix d\u2019une langue co-officielle parmi d\u2019autres, le besoin de d\u00e9velopper les langues africaines (<em>pour enseigner, il y a beaucoup de choses que nous ne pouvons pas dire nous-m\u00eames dans nos langues, en math\u00e9matiques, en physique<\/em>), et la n\u00e9cessit\u00e9 d\u2019une politique linguistique \u00e0 la hauteur d\u2019un tel changement (<em>c\u2019est possible si un dirigeant d\u00e9cide de changer tout et que nous devenons nous m\u00eames ind\u00e9pendants, nous pouvons prendre la langue fon comme majeure quoi<\/em>).<\/p>\n<h3 id=\"\u00a044-la-pr\u00e9sence-de-la-cultur\">4.4 La pr\u00e9sence de la culture fran\u00e7aise et des cultures africaines<\/h3>\n<p>Les discours des \u00e9tudiants des trois pays sur l\u2019influence de la culture fran\u00e7aise et sur les cultures africaines les am\u00e8nent \u00e0 se positionner diversement sur les liens entre langue et culture fran\u00e7aise.<\/p>\n<p>Pour les normaliens de Niamey, qui pourtant \u00e9tudient dans une institution de tradition fran\u00e7aise, le rapport \u00e0 la culture fran\u00e7aise s\u2019av\u00e8re probl\u00e9matique et contradictoire. Celle-ci serait v\u00e9hicul\u00e9e par le web, le sport et surtout la fa\u00e7on de s\u2019habiller (<em>Est-ce que vous pensez que la culture fran\u00e7aise est pr\u00e9sente ici au Niger? Vous-m\u00eame vous devriez le constater \u00e0 travers nos habillements, \u00e0 travers nos gestes, tout ce que nous faisons, le quotidien donc du Nig\u00e9rien m\u00eame le d\u00e9montre<\/em>). Toutefois ils ne font pas de diff\u00e9rence entre culture fran\u00e7aise et culture occidentale (<em>Quand vous regardez beaucoup de nos habillements ils ne refl\u00e8tent pas l\u2019image de notre culture notamment celle de la culture nig\u00e9rienne<\/em>). Pour eux, le berceau de cette culture serait l\u2019\u00e9cole dite traditionnelle (de langue fran\u00e7aise, par opposition aux \u00e9coles arabes et bilingues) qui ferait la promotion de mod\u00e8les exog\u00e8nes. Ceux-ci restent tr\u00e8s mal d\u00e9finis par les participants, mais ils sont \u00e0 rejeter puisqu\u2019ils \u00e9loigneraient la population des mod\u00e8les autochtones. \u00c9merge donc de ces t\u00e9moignages une certaine stigmatisation des comportements qui sont import\u00e9s et qui, de mani\u00e8re discordante, sont consid\u00e9r\u00e9s comme assez r\u00e9pandus. Certains d\u2019entre eux arrivent jusqu\u2019\u00e0 parler d\u2019une imitation <em>mal vue<\/em> qui t\u00e9moignerait d\u2019un <em>d\u00e9racinement<\/em> (<em>Si quelqu\u2019un adopte toutes les mani\u00e8res de faire de la France qu\u2019est-ce que son entourage va dire? On va le traiter d\u2019accultur\u00e9, de ren\u00e9gat<\/em><a href=\"#_ftn10\" name=\"_ftnref10\"><sup>[10]<\/sup><\/a>)<em>.<\/em><\/p>\n<p>Pour les \u00e9tudiants de Bouak\u00e9, c\u2019est l\u2019habillement fran\u00e7ais ou occidental qui est le plus saillant: costume, cravate, la mode des jeans d\u00e9chir\u00e9s. Le divertissement est souvent associ\u00e9 \u00e0 la culture fran\u00e7aise: les m\u00e9dias, notamment les com\u00e9dies, les films de banlieues, les retransmissions sportives (foot) et la chanson (rap) sont cit\u00e9s. Cependant, ils remarquent une baisse de l\u2019int\u00e9r\u00eat des jeunes d\u2019aujourd\u2019hui: <em>mes petits fr\u00e8res ils s&#8217;int\u00e9ressent moins aux chaines fran\u00e7aises<\/em> <em>et quand on leur demande pourquoi ils disent non je comprends pas ce qui se passe de l&#8217;autre c\u00f4t\u00e9<\/em>. Plusieurs locuteurs sont conscients de l\u2019omnipr\u00e9sence de la culture fran\u00e7aise, \u00e0 travers les institutions: l\u2019\u00e9cole, la monnaie, la politique (<em>du copi\u00e9 coll\u00e9 de celle de la France<\/em>), les f\u00eates nationales: <em>Je veux dire l&#8217;aspect c\u00e9r\u00e9moniel l&#8217;organisation des f\u00eates des Ind\u00e9pendances, vous le verrez m\u00eame dans presque tous les pays africains francophones: c&#8217;est la m\u00eame mani\u00e8re de faire<\/em>. La fa\u00e7on de parler aussi (<em>on veut parler comme eux<\/em>) est cit\u00e9e. Les participants soulignent que les cultures ivoiriennes ne sont pas oubli\u00e9es: nourriture, f\u00eates, chansons. Un jeune qui d\u00e9laisserait compl\u00e8tement sa culture africaine pour vivre selon la culture fran\u00e7aise serait jug\u00e9 <em>tr\u00e8s bizarre<\/em>.<\/p>\n<p>Pour les \u00e9tudiants d\u2019Abomey-Calavi la pr\u00e9sence de la culture fran\u00e7aise est \u00e9vidente au B\u00e9nin : <em>comme<\/em> <em>dans tous les pays africains colonis\u00e9s par la France.<\/em>\u00a0<em>Qui parle de colonisation parle de l&#8217;imposition du copiage des cultures<\/em>. Ils donnent en premier exemple la mode vestimentaire (<em>l\u2019habillement, c&#8217;est pas notre propre culture c\u2019est la culture occidentale;<\/em> <em>on va porter sans manches pour sortir, laisser nombril ouvert<\/em>), puis la langue comme v\u00e9hicule de tout le reste, enfin la cuisine, le sport, le design, la musique. Toutefois, certains soulignent une distance avec la culture fran\u00e7aise (<em>la colonisation a \u00e9t\u00e9 politique, sociale mais pas culturelle<\/em>) ou certains de ses aspects (<em>politique l\u00e0 nous on n\u2019en a rien \u00e0 faire<\/em>) et manifestent leur attachement \u00e0 la mode vestimentaire et aux mets africains. Les participants pensent que quelqu\u2019un qui adopterait enti\u00e8rement les coutumes fran\u00e7aises\u00a0serait vu par l\u2019entourage comme un <em>voyou, d\u00e9linquant, d\u00e9r\u00e9gl\u00e9<\/em>, sauf si cet entourage est habitu\u00e9 \u00e0 ces pratiques.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h2 id=\"\u00a0-discussion-et-perspectives-\">5.\u00a0 Discussion et perspectives futures<\/h2>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Cet article a poursuivi deux objectifs. D\u2019une part nous avons voulu d\u00e9crire trois \u00abpostures\u00bb diff\u00e9rentes par rapport \u00e0 la langue et \u00e0 la culture fran\u00e7aises et v\u00e9rifier si les r\u00e9sultats des enqu\u00eates pr\u00e9c\u00e9dentes \u00e9taient confirm\u00e9s ou non; d\u2019autre part, nous avons voulu montrer combien une typologie de la francophonie qui se veut exhaustive gagnerait \u00e0 incorporer dans son architecture les points de vue des locuteurs, leurs attitudes, leur st\u00e9r\u00e9otypes.<\/p>\n<p>Concernant le premier volet, notre enqu\u00eate cherchait \u00e0 analyser des discours de jeunes qui n\u2019ont pas connu la p\u00e9riode de la colonisation ni celle juste apr\u00e8s les Ind\u00e9pendances, \u00e0 propos des fonctions sociales de la langue fran\u00e7aise et des langues africaines et \u00e0 propos du lien entre langue et culture. Le but \u00e9tait d\u2019approcher leurs repr\u00e9sentations envers le fran\u00e7ais sous diff\u00e9rents rapports. Le fait que les termes employ\u00e9s dans les questions (<em>langue, culture<\/em>) \u00e9taient simples, non scientifiques et non d\u00e9finis explicitement, facilitait l\u2019affirmation de st\u00e9r\u00e9otypes, tout comme le fait que les interviews aient lieu dans des cadres institutionnels, souvent en pr\u00e9sence du professeur. Ainsi \u00e0 Niamey, la distance envers la langue et la culture fran\u00e7aises \u00e9tait maximale, minimale \u00e0 Bouak\u00e9, et Calavi repr\u00e9sentait un cas diff\u00e9rent et, par certains c\u00f4t\u00e9s, interm\u00e9diaire.<\/p>\n<p>A Niamey, aucun discours n\u2019a pr\u00e9vu l\u2019expansion du fran\u00e7ais dans un avenir plus ou moins lointain, alors que le nombre de francophones pourrait de fait augmenter, du moins si l\u2019on consid\u00e8re le facteur d\u00e9mographique et scolaire (AA. VV. 2019). Une certaine contradiction r\u00e8gne entre les pratiques et leurs repr\u00e9sentations, ce qui est pour l\u2019instant le propre des discours nig\u00e9riens que nous avons recueillis par rapport \u00e0 ceux de la C\u00f4te d\u2019Ivoire et du B\u00e9nin. En effet la pr\u00e9sence de la culture fran\u00e7aise a \u00e9t\u00e9 ni\u00e9e alors que les entretiens avaient lieu \u00e0 l\u2019ENS, une institution d\u2019inspiration on ne peut plus fran\u00e7aise. Nous pouvons attribuer leurs r\u00e9ponses \u00e0 un refus d\u2019\u00eatre affili\u00e9 \u00e0 une identit\u00e9 francophone telle qu\u2019elle apparait dans les discours officiels internationaux. Par ailleurs, hormis l\u2019insistance sur le r\u00f4le potentiel du haoussa en tant que langue nationale, aspect qui m\u00e9riterait d\u2019\u00eatre \u00e9tudi\u00e9 davantage, ces r\u00e9ponses sont assez en accord avec les tendances relev\u00e9es il y a d\u00e9j\u00e0 vingt ans par SINGY et ROUILLER (2001). Finalement, un dernier point soulev\u00e9 nous a sembl\u00e9 important: il concerne la <em>vexata quaestio<\/em> de l\u2019ins\u00e9curit\u00e9 linguistique qui est souvent \u00e9voqu\u00e9e. S\u2019agit-il ou pas d\u2019un effet de population car nous avons eu affaire \u00e0 des adultes, enseignants, haoussaphones? La question reste ouverte puisque d\u2019autres recherches aupr\u00e8s de populations plus jeunes et de langue zarma ont donn\u00e9 des r\u00e9sultats diff\u00e9rents<a href=\"#_ftn11\" name=\"_ftnref11\"><sup>[11]<\/sup><\/a>.<\/p>\n<p>A Bouak\u00e9, tout comme \u00e0 Abidjan il y a un peu plus de 20 ans (BOUTIN 2002: 93-120), les participants affichaient une certaine passivit\u00e9 face \u00e0 la diffusion du fran\u00e7ais et des mod\u00e8les occidentaux, mais leur fa\u00e7on de parler \u00e9tait totalement ivoiris\u00e9e. En comparaison avec les deux autres points d\u2019enqu\u00eate, leur fran\u00e7ais \u00e9tait le plus distant du fran\u00e7ais europ\u00e9en. Nous comprenons que, forts de l\u2019hybridation r\u00e9ussie du fran\u00e7ais, les Ivoiriens peuvent tenir des discours plus conciliants parce que la crainte de perdre leur identit\u00e9 culturelle est moindre.<\/p>\n<p>A Calavi, et dans un pays, o\u00f9 l\u2019affirmation des langues et des valeurs culturelles africaines s\u2019est faite haut et fort, les \u00e9tudiants expriment leur identit\u00e9 culturelle, non seulement par opposition \u00e0 une autre culture, mais en s\u2019appuyant sur ces valeurs. En outre, de par leur habitude d\u2019une compl\u00e9mentarit\u00e9 entre fran\u00e7ais et langues africaines, ils donnent \u00e0 leur <em>francophonie<\/em> un caract\u00e8re pragmatique.<\/p>\n<p>Le deuxi\u00e8me volet de notre recherche consistait \u00e0 proposer des pistes pour une compr\u00e9hension des francophonies qui int\u00e8gre aussi la description des attitudes, positives ou n\u00e9gatives, envers le fran\u00e7ais et tout ce que cette langue peut v\u00e9hiculer. Notre d\u00e9marche s\u2019est inscrite dans un domaine de recherche plus vaste et encore assez h\u00e9t\u00e9rog\u00e8ne de type herm\u00e9neutique. Tout en nous basant sur le principe que \u00ab ce sont les personnes qui vivent les situations interpr\u00e9t\u00e9es, \u00e0 travers leurs exp\u00e9riences diversifi\u00e9es et une tension \u00e0 \u00eatre, qui font \u00e9merger les langues \u00bb (FEUSSI 2017: 186), nous avons essay\u00e9 de montrer combien ce regard \u00ab int\u00e9rieur\u00bb, qui peut \u00eatre saisi de plusieurs fa\u00e7ons, peut diverger des approches classiques (historiques, institutionnelles, d\u00e9mographiques et sociolinguistiques) donnant des r\u00e9sultats apparemment plus objectifs. Cet aspect subjectif que nous avons essay\u00e9 de mettre en exergue, n\u2019est pas sans remettre en question le classement de QUEFF\u00c9LEC (2008)<a href=\"#_ftn12\" name=\"_ftnref12\"><sup>[12]<\/sup><\/a>. Concernant le Niger, on aurait du mal \u00e0 le ranger aussi bien du c\u00f4t\u00e9 du groupe 1, car le haoussa, tout en \u00e9tant un v\u00e9hiculaire, ne l\u2019est que pour une partie de la population, que c\u00f4t\u00e9 du groupe 2 car le fran\u00e7ais n\u2019est pas aussi bien r\u00e9pandu qu\u2019en C\u00f4te d\u2019Ivoire, pour ne citer qu\u2019un exemple. Le B\u00e9nin, qui poss\u00e8de au sud un v\u00e9hiculaire tr\u00e8s r\u00e9pandu, le fon, mais fait aussi une large utilisation du fran\u00e7ais depuis longtemps, est difficilement cat\u00e9goris\u00e9 dans l\u2019un ou l\u2019autre groupe. La question se complique en C\u00f4te d\u2019Ivoire, pays class\u00e9 par Queff\u00e9lec dans le groupe 2 (malgr\u00e9 la p\u00e9n\u00e9tration atypique du fran\u00e7ais, \u00e0 la fois tardive et populaire), car les langues africaines font l\u2019objet d\u2019une revalorisation autant pour des motifs sociaux qu\u2019individuels. Somme toute, le d\u00e9veloppement des langues africaines dans un pays ne sont pas forc\u00e9ment un obstacle \u00e0 l\u2019utilisation du fran\u00e7ais, et la diffusion du fran\u00e7ais n\u2019est pas toujours per\u00e7ue comme un emp\u00eachement \u00e0 celle des langues africaines.<\/p>\n<p>A travers ces quelques \u00e9l\u00e9ments de r\u00e9flexion, nous esp\u00e9rons ouvrir des pistes pour mieux comprendre les francophonies africaines. Il ne s\u2019agit pas seulement d\u2019adopter une vision moins cat\u00e9gorielle et plus nuanc\u00e9e, car, nous esp\u00e9rons l\u2019avoir montr\u00e9, \u00ab le rapport intime \u00bb vis-\u00e0-vis du fran\u00e7ais n\u2019est pas index\u00e9 sur les cat\u00e9gories classiques avec lesquelles les Europ\u00e9ens ont d\u00e9crit l\u2019Afrique de l\u2019Ouest. Elles pr\u00e9sentent des contours qui leur sont propres et qui, pour le moment, n\u2019ont pas encore \u00e9t\u00e9 suffisamment trac\u00e9s.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h2 id=\"bibliographie\">Bibliographie<\/h2>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<ol start=\"2019\">\n<li>VV. <em>La langue fran\u00e7aise dans le monde<\/em>, Paris, Gallimard \u2013 Organisation internationale de la Francophonie, 2019.<\/li>\n<\/ol>\n<p>BAGOUENDI-BAG\u00c8RE BONNOT, Diane, <em>Le fran\u00e7ais au Gabon: repr\u00e9sentations et usages<\/em>. 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Villeneuve d\u2019Ascq : Presses Universitaires du Septentrion, 2002.<\/p>\n<p>BOUTIN, B\u00e9atrice Akissi, FLOQUET, Oreste, \u00ab\u00a0Norme officielle, ins\u00e9curit\u00e9 linguistique et habilet\u00e9s m\u00e9talinguistiques: regards crois\u00e9s \u00e0 partir de deux corpus d\u2019adolescents d\u2019Abidjan et de Niamey \u00bb, in LORILLEUX, Joanna et FEUSSI, Valentin, <em>Ins\u00e9curit\u00e9(s) linguistique(s) en francophonie<\/em>, Limoges, Lambert-Lucas, 2020, p. 93-106.<\/p>\n<p>CANUT C\u00e9cile, <em>Dynamique linguistique au Mali<\/em>, Paris, Didier \u00c9rudition, 1996.<\/p>\n<p>CANUT C\u00e9cile, \u00ab\u00a0Subjectivit\u00e9, imaginaires et fantasmes des langues: la mise en discours \u201c\u00e9pilinguistique\u201d\u00a0\u00bb,\u00a0Langage et soci\u00e9t\u00e9, 93, 2000, p. 71-97.<\/p>\n<p>CANUT, C\u00e9cile et KEITA, Boubacar, \u00ab\u00a0Dynamique linguistique en zone mandingue: attitudes et comportements \u00bb, in DUMESTRE, G\u00e9rard, (\u00e9d.), <em>Strat\u00e9gies communicatives au Mali: langues r\u00e9gionales, bambara, fran\u00e7ais<\/em>, Paris, Didier \u00c9rudition, 1994.<\/p>\n<p>FLOQUET, Oreste, \u00ab\u00a0Una prima indagine sulla morfo-sintassi del francese parlato a Niamey\u00a0\u00bb, in SUZZI VALLI, Alessandro, <em>La comunicazione sociale in Africa: Un&#8217;ermeneutica attuale delle lingue e dei linguaggi<\/em>, Roma, Aracne, 2018, p. 191-210.<\/p>\n<p>FEUSSI, Valentin, \u00ab\u00a0Penser autrement les francophonies: articuler histoires et exp\u00e9riences dans la compr\u00e9hension des langues\u00a0\u00bb, <em>Le fran\u00e7ais en Afrique<\/em>, 31, 2017, p. 175-198.<\/p>\n<p>GOZA, Aicha Nana et al., \u00ab\u00a0L\u2019acc\u00e8s de femmes \u00e0 l\u2019enseignement sup\u00e9rieur au Niger\u00a0\u00bb, <em>Revue africaine de d\u00e9veloppement de l\u2019\u00e9ducation-Rocare<\/em>, 2010, p. 168\u2013187.<\/p>\n<p>GADET Fran\u00e7oise, LUDWIG, Ralph, PF\u00c4NDER, Stefan, \u00ab\u00a0Francophonie et typologie des situations\u00a0\u00bb,\u00a0<em>Cahiers de Linguistique<\/em>, 2009, p. 143-162.<\/p>\n<p>HOUDEBINE, Anne-Marie, \u00ab\u00a0De l\u2019imaginaire linguistique \u00e0 l\u2019imaginaire culturel\u00a0\u00bb,\u00a0<em>La linguistique<\/em>, 51, 2015, p. 3-40.<\/p>\n<p>MAURER, Bruno, <em>Mesurer la francophonie et identifier les francophones, Inventaire critique des sources et des m\u00e9thodes<\/em>, Paris, \u00c9dition des archives contemporaines, 2015.<\/p>\n<p>MOUMOUNI, Seyni, \u00ab\u00a0Islam et la\u00efcit\u00e9: le paysage nig\u00e9rien, in Gilles HOLDER, Moussa SOW (eds.), <em>L\u2019Afrique des la\u00efcit\u00e9s &#8211; \u00c9tat, religion et pouvoir au sud du Sahara<\/em>, Marseille\/Alger, IRD\/\u00c9ditions Tombouctou, 2014, p. 200\u2013212.<\/p>\n<p>PIGA, Adriana, \u00ab\u00a0Associazioni islamiste e transizione democratica in Niger\u00a0\u00bb, <em>Afriche e Orienti<\/em> 10, 2008, p. 87\u2013105.<\/p>\n<p>QUEFF\u00c9LEC, Ambroise, \u00ab\u00a0L\u2019\u00e9volution du fran\u00e7ais en Afrique noire, pistes de recherche \u00bb, in\u2009 HOLTER, Karine, SKATTUM, Ingse (eds.), <em>La francophonie aujourd\u2019hui. R\u00e9flexions critiques<\/em>, Paris,\u2009L\u2019Harmattan, p. 63\u201376.<\/p>\n<p>REUTNER, Ursula, \u00ab\u00a0Vers une typologie pluridimensionnelle des francophonies\u00a0\u00bb, in REUTNER, Ursula (\u00e9d.), <em>Manuel des francophonies<\/em>, Berlin\/Boston, De Gruyter, 2007, p. 9-64.<\/p>\n<p>SCHIAVONE, Cristina, <em>\u00c9critures dakaroises. Dynamiques du fran\u00e7ais urbain au S\u00e9n\u00e9gal<\/em>, Paris, L\u2019Harmattan, 2022.<\/p>\n<p>SINGY, Pascal, ROUILLER Fabrice, \u00ab Les francophones face \u00e0 leurs langues. Le cas des Nig\u00e9riens\u00a0\u00bb, <em>Cahiers d\u2019\u00e9tudes africaines<\/em>, 2001, 163-164, p. 649-665.<\/p>\n<p>SINOU, Alain, <em>Le comptoir de Ouidah. Une ville africaine singuli\u00e8re<\/em>, Paris, Karthala, 1995.<\/p>\n<p>SITA, Yacouba (\u00e0 paraitre), <em>La dimension cognitive dans l\u2019apprentissage du fran\u00e7ais chez les \u00e9l\u00e8ves du lyc\u00e9e: cas du Niger<\/em>. Th\u00e8se de Doctorat, Universit\u00e9 F\u00e9lix-Houphou\u00ebt Boigny.<\/p>\n<p>SOL, Marie D\u00e9sir\u00e9e, \u00ab\u00a0Les camerounais et la norme du fran\u00e7ais. Repr\u00e9sentations et attitudes sociolinguistiques\u00a0\u00bb, <em>Le fran\u00e7ais en Afrique<\/em>, 25, 2010, p. 221-241.<\/p>\n<p>SOUNAYE, Abdoulaye, \u00ab\u00a0Ambiguous Secularism, Islam, La\u00efcit\u00e9 and the State in Niger\u00a0\u00bb, <em>Civilisations<\/em> 58, 2009, p. 41\u201358.<\/p>\n<hr \/>\n<p><a href=\"#_ftnref1\" name=\"_ftn1\"><sup>[1]<\/sup><\/a> Cet article est le fruit d\u2019un travail commun des deux auteurs; B\u00e9atrice Akissi Boutin a \u00e9crit les parties concernant la C\u00f4te d\u2019Ivoire et le B\u00e9nin ainsi que la partie 2. Oreste Floquet s\u2019est occup\u00e9 du Niger, de l\u2019introduction et de la partie m\u00e9thodologique. La Partie 5 a \u00e9t\u00e9 \u00e9crite \u00e0 parts \u00e9gales.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref2\" name=\"_ftn2\"><sup>[2]<\/sup><\/a> Voir par exemple BILOA et FONKOUA (2010) et SOL (2010) pour le Cameroun et de BAGOUENDI-BAG\u00c8RE BONNOT (2007) pour le Gabon.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref3\" name=\"_ftn3\"><sup>[3]<\/sup><\/a> Que l\u2019on peut consulter dans AA.VV. (2019: 75-84).<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref4\" name=\"_ftn4\"><sup>[4]<\/sup><\/a> Voir entre autres SCHIAVONE (2022).<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref5\" name=\"_ftn5\"><sup>[5]<\/sup><\/a> Les guillemets ici et dans les paragraphes suivants indiquent des expressions connues de l\u2019\u00e9poque, maintes fois reprises.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref6\" name=\"_ftn6\"><sup>[6]<\/sup><\/a> Actuellement, malgr\u00e9 les progr\u00e8s r\u00e9alis\u00e9s, l&#8217;alphab\u00e9tisation reste un probl\u00e8me majeur, avec un \u00e9cart important entre les hommes et les femmes (BARRETEAU et SOULEY 1997, GOZA et al. 2010, SITA, \u00e0 para\u00eetre).<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref7\" name=\"_ftn7\"><sup>[7]<\/sup><\/a> Le Niger se distingue tr\u00e8s t\u00f4t des autres pays pour ne pas avoir approuv\u00e9 la proposition communautaire de la France, lors du r\u00e9f\u00e9rendum de 1958 avec l&#8217;\u00e9crasante majorit\u00e9 qui s&#8217;est manifest\u00e9e ailleurs.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref8\" name=\"_ftn8\"><sup>[8]<\/sup><\/a> L\u2019expression Afrique francophone ne fait r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 aucune entit\u00e9 africaine et ni l\u2019appartenance \u00e0 l\u2019OIF, ni le fait d\u2019avoir le fran\u00e7ais pour langue officielle ne regroupent les pays concern\u00e9s. En revanche, les pays africains se regroupent au sein de huit Communaut\u00e9s \u00e9conomiques r\u00e9gionales reconnues par l\u2019UA (Union Africaine, https:\/\/au.int\/fr\/cers), dans lesquelles plusieurs langues sont partag\u00e9es et ne constituent pas des fronti\u00e8res.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref9\" name=\"_ftn9\"><sup>[9]<\/sup><\/a> Le fon ou fongb\u00e8 est une langue de grande diffusion dans le sud, voir 4.3.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref10\" name=\"_ftn10\"><sup>[10]<\/sup><\/a> Il est raisonnable de se demander si cette attitude n\u2019est pas en relation avec la critique de la la\u00efcit\u00e9 en tant que telle (et de la langue fran\u00e7aise qui en est le v\u00e9hicule), faite par certains courants islamiques, plus \u00e9troitement li\u00e9s \u00e0 la tradition arabe radicale (PIGA 2008\/2021, SOUNAYE 2009). On sait d\u2019ailleurs que le pouvoir politique a progressivement commenc\u00e9 \u00e0 s&#8217;\u00e9loigner du mod\u00e8le occidental; un exemple est le fait que le premier ministre pr\u00eate d\u00e9sormais serment sur le livre sacr\u00e9 de sa confession, le Coran (MOUMOUNI 2014, 207).<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref11\" name=\"_ftn11\"><sup>[11]<\/sup><\/a> Voir par exemple FLOQUET (2018) et BOUTIN &amp; FLOQUET (2020).<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref12\" name=\"_ftn12\"><sup>[12]<\/sup><\/a> Dit tr\u00e8s sch\u00e9matiquement, dans le groupe 1 on range les francophonies africaines o\u00f9 la colonisation a \u00e9t\u00e9 moins intense et o\u00f9 il existe un v\u00e9hiculaire africain (p.e. le sango au Centrafrique) qui peut concurrencer le fran\u00e7ais. Dans le groupe 2, en revanche, la colonisation a \u00e9t\u00e9 plus profonde et le fran\u00e7ais a fait l\u2019objet d\u2019une appropriation, en m\u00eame temps que sa v\u00e9hicularisation a emp\u00each\u00e9 la diffusion d\u2019un v\u00e9hiculaire africain.<\/p>\n<hr \/>\n<p>Per citare questo articolo:<\/p>\n<p>B\u00e9atrice Akissi BOUTIN, Oreste FLOQUET, \u00ab Regards ivoiriens, nig\u00e9riens et b\u00e9ninois sur le fran\u00e7ais\u00a0: \u00e9l\u00e9ments pour une typologie des francophonies en Afrique de l\u2019Ouest\u00a0\u00bb,\u00a0<em>Rep\u00e8res DoRiF,<\/em>\u00a0n. 27 \u2013\u00a0<em>2021 l&#8217;Odyss\u00e9e des langues. La distance dans la dynamique des plurilinguismes<\/em>, DoRiF Universit\u00e0, Roma, luglio 2023, https:\/\/www.dorif.it\/reperes\/beatrice-akissi-boutin-oreste-floquet-regards-ivoiriens-nigeriens-et-beninois-sur-le-francais-elements-pour-une-typologie-des-francophonies-en-afrique-de-louest\/<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">ISSN 2281-3020<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-8924 aligncenter\" src=\"https:\/\/www.dorif.it\/reperes\/wp-content\/uploads\/2022\/04\/logo-pubblicazione.png\" alt=\"\" width=\"111\" height=\"49\" \/><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">Quest\u2019opera \u00e8 distribuita con Licenza\u00a0<a href=\"http:\/\/creativecommons.org\/licenses\/by-nc-nd\/3.0\/it\/\">Creative Commons Attribuzione \u2013 Non commerciale \u2013 Non opere derivate 3.0 Italia<\/a>.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p> <a href=\"https:\/\/www.dorif.it\/reperes\/beatrice-akissi-boutin-oreste-floquet-regards-ivoiriens-nigeriens-et-beninois-sur-le-francais-elements-pour-une-typologie-des-francophonies-en-afrique-de-louest\/\"> Continue de lire&#8230;<\/a><\/p>\n","protected":false},"author":8,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"_bbp_topic_count":0,"_bbp_reply_count":0,"_bbp_total_topic_count":0,"_bbp_total_reply_count":0,"_bbp_voice_count":0,"_bbp_anonymous_reply_count":0,"_bbp_topic_count_hidden":0,"_bbp_reply_count_hidden":0,"_bbp_forum_subforum_count":0,"footnotes":""},"categories":[377],"tags":[380],"class_list":["post-9970","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-troisieme-partie-distances-et-tensions-en-glottopolitique-quel-avenir-pour-les-plurilinguismes-en-francophonie","tag-2021-lodyssee-des-langues-la-distance-dans-la-dynamique-des-plurilinguismes"],"acf":[],"yoast_head":"<!-- This site is optimized with the Yoast SEO plugin v27.5 - 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