{"id":9979,"date":"2023-07-18T18:00:10","date_gmt":"2023-07-18T16:00:10","guid":{"rendered":"https:\/\/www.dorif.it\/reperes\/?p=9979"},"modified":"2023-07-28T16:49:14","modified_gmt":"2023-07-28T14:49:14","slug":"lena-herzog-interview","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.dorif.it\/reperes\/lena-herzog-interview\/","title":{"rendered":"Lena HERZOG, Interview"},"content":{"rendered":"<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h3 id=\"lena-herzog\" style=\"text-align: center;\">Lena HERZOG<\/h3>\n<h2 id=\"interview\" style=\"text-align: center;\"><strong>Interview<\/strong><\/h2>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><em>Interview r\u00e9alis\u00e9e par Marie-Christine Jamet et Danielle Londei<\/em><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h3 id=\"l\u2019oeuvre-et-l\u2019exposition\" style=\"text-align: left;\">L\u2019OEUVRE ET L\u2019EXPOSITION<\/h3>\n<h4 id=\"-vous-pr\u00e9sentez-une-\u0153uvre-pl\"><strong>1. Vous pr\u00e9sentez une \u0153uvre plurielle et multim\u00e9dia : photos, film, installation virtuelle, en utilisant en m\u00eame temps les techniques de l\u2019image et les nouvelles technologies, mais au bout du compte, comme tous les artistes, vous r\u00e9alisez une seule \u0153uvre multiple. Alors o\u00f9 se situe la connexion entre les trois \u00e9l\u00e9ments : le th\u00e8me, la forme plurielle (photos, film,) et l\u2019esth\u00e9tique\/la po\u00e9tique de l\u2019\u0153uvre ?<\/strong><\/h4>\n<p>Mon espoir est de faire na\u00eetre un monde, un monde qui rend toute v\u00e9rit\u00e9 fondamentale si claire qu\u2019il est tout simplement impossible de la nier. Parfois, lorsque le sujet est vaste, comme l\u2019extinction des langues dans le monde entier, plusieurs formes sont n\u00e9cessaires pour faire passer le message.<\/p>\n<p>Je ne me suis jamais souci\u00e9e des tendances \u2013 ce n\u2019est que du conformisme passager. Je ne suis qu\u2019un \u00eatre humain ; et cela signifie que je pense, que je r\u00eave et que je crois. Je veux cr\u00e9er des mondes qui refl\u00e8tent le n\u00f4tre et qui en m\u00eame temps laissent entrevoir de meilleures possibilit\u00e9s. Les id\u00e9es \u2013 esth\u00e9tiques, philosophiques, politiques, soci\u00e9tales \u2013 sont ins\u00e9parables les unes des autres. Le contenu impose la forme ; et la forme affecte la fa\u00e7on dont le contenu est per\u00e7u. Vous ne pourrez pas y parvenir en faisant de beaux discours, en faisant la le\u00e7on aux gens ; vous ne pouvez que cr\u00e9er un environnement, je dirais un \u00e9cosyst\u00e8me (d\u00e9sol\u00e9e pour le terme \u00e0 la mode), et quel que soit le m\u00e9dia qui peut y arriver, je l\u2019utiliserai. Lorsque les gens entrent dans un monde impr\u00e9gn\u00e9 de voix que l\u2019on a fait taire qui chantent, parlent, rient, ils se sentent immerg\u00e9s, absorb\u00e9s par la possibilit\u00e9 d\u2019un monde o\u00f9 ces langues et ces voix peuvent avoir une place. Ce serait une fa\u00e7on merveilleuse et culturellement riche d\u2019exister.<\/p>\n<p>Ce sont ces voix, le fait de savoir qu\u2019elles existent, qui m\u2019ont inspir\u00e9e. D\u2019abord et avant tout, ce sont elles. Les philosophes, la musique, le cosmos et les for\u00eats, tout cela m\u2019a \u00e9galement inspir\u00e9e et, d\u2019une mani\u00e8re ou d\u2019une autre, mon point de vue sur le langage et la pens\u00e9e, mon amour pour les id\u00e9es, ma politique, tout cela a trouv\u00e9 sa voie dans l\u2019\u0153uvre. Comment pourrait-il en \u00eatre autrement ? Je ne peux pas m\u2019arracher \u00e0 moi-m\u00eame. Mais le c\u0153ur du projet, ce sont les mondes en voie de disparition que constituent les autres langues, c\u2019est-\u00e0-dire, les cultures. Et une culture est une fa\u00e7on d\u2019\u00eatre.<\/p>\n<p>J\u2019ai collabor\u00e9 avec des archives des langues du monde dans le monde entier, avec des activistes linguistiques et, bien s\u00fbr, avec les derniers locuteurs eux-m\u00eames. J\u2019ai constitu\u00e9 une tr\u00e8s grande biblioth\u00e8que de voix et cr\u00e9\u00e9 des images qui emm\u00e8nent chaque visiteur dans ces mondes.<\/p>\n<p>J\u2019ai donc d\u2019abord utilis\u00e9 un m\u00e9dia que je ma\u00eetrise assez bien : la cr\u00e9ation d\u2019images (photographie). Ensuite, j\u2019ai d\u00fb faire r\u00e9sonner les voix \u2013 faire r\u00e9sonner ce qui a plong\u00e9 dans le silence. J\u2019ai donc travaill\u00e9 avec une \u00e9quipe pour cr\u00e9er un oratorio. Ensuite, cet oratorio avait besoin d\u2019un endroit o\u00f9 exister. Dans un premier temps, l\u2019\u00e9dition originale (de 2016) \u00e9tait sous la forme d\u2019un \u00ab\u00a0film\u00a0\u00bb, sous forme d\u2019une installation audio\/vid\u00e9o, qui a \u00e9t\u00e9 pr\u00e9sent\u00e9e en avant-premi\u00e8re au British Museum, dans The Living and Dying Gallery, face \u00e0 la v\u00e9ritable pierre de Rosette. J\u2019ai vu des visiteurs passer avec indolence d\u2019un haut-parleur \u00e0 l\u2019autre&#8230; et d\u2019un petit \u00e9cran \u00e0 l\u2019autre. D\u2019une certaine mani\u00e8re, c\u2019\u00e9tait une intervention int\u00e9ressante : faire en sorte que les gens se perdent litt\u00e9ralement dans l\u2019espace. Pourtant, je voulais faire de la place, donner un monde \u00e0 ces langues disparues. J\u2019ai commenc\u00e9 \u00e0 penser \u00e0 elles comme si elles \u00e9taient mon peuple, ma famille. Ainsi, lorsque j\u2019ai re\u00e7u une subvention de la Jim and Marilyn Simons Foundation, j\u2019ai engag\u00e9 une \u00e9quipe pour construire un monde qui leur donnerait un lieu o\u00f9 exister. Un foyer. Il s\u2019agit maintenant d\u2019une projection immersive (soit une RV, soit une projection sur, respectivement, un d\u00f4me, une sph\u00e8re ou une galerie, soit un casque de RV).<\/p>\n<p>J\u2019ai \u00e9galement cr\u00e9\u00e9 des compl\u00e9ments autour de ce monde. L\u2019un d\u2019eux \u00e9tait un \u00ab\u00a0m\u00e9morial\u00a0\u00bb : la liste de l\u2019UNESCO des langues disparues et en voie de disparition sous la forme de peintures murales g\u00e9antes qui sont toujours accroch\u00e9es aux murs d\u2019enceinte de l\u2019universit\u00e9 Ca\u2019 Foscari depuis avril 2022. Le site web du projet, lastwhispers.org, pr\u00e9sente des r\u00e9cits des derniers locuteurs de langues en voie de disparition et des linguistes qui travaillent avec eux. Des discours, des d\u00e9bats avec des locuteurs de langues menac\u00e9es, des artistes, des linguistes, des po\u00e8tes, des philosophes qui accompagnent le spectacle et qui, eux aussi, sont devenus une partie de cet \u00e9cosyst\u00e8me qui continue \u00e0 vivre et \u00e0 examiner ce que cela signifie pour nous tous de nous retrouver dans une fa\u00e7on de parler et, par cons\u00e9quent, dans une fa\u00e7on de penser et d\u2019\u00eatre.<\/p>\n<h4 id=\"-comment-avez-vous-choisi-d\u2019\"><strong>2. Comment avez-vous choisi d\u2019associer les langues, \u00e0 travers l\u2019art, au risque de disparition, \u00e0 la mort ? Sommes-nous dans une m\u00e9taphore existentielle ? Et donc y a-t-il une dimension philosophique outre qu\u2019esth\u00e9tique qui sous-tend cette exposition ? Vous vous situez dans une dimension conceptuelle ?<\/strong><\/h4>\n<p>Lorsqu\u2019une langue meurt, c\u2019est tout un monde qui meurt avec elle \u2013 des connaissances, des histoires, des fa\u00e7ons de voir, des fa\u00e7ons de comprendre, des fa\u00e7ons d\u2019\u00eatre. Ainsi, certaines des premi\u00e8res images que j\u2019ai utilis\u00e9es \u00e9taient des photos du t\u00e9lescope Hubble et des simulations anim\u00e9es d\u2019une n\u00e9buleuse (la naissance d\u2019une plan\u00e8te), d\u2019un pulsar (sa mort) et d\u2019une supernova (les fr\u00e9quences d\u2019ondulation de l\u2019explosion).<\/p>\n<p>[triptyque : n\u00e9buleuse, pulsar, supernova]*.<\/p>\n<p>Un arbre de langage, un arbre de vie&#8230; Si un arbre tombe dans une for\u00eat, fait-il du bruit ? Il y a tellement d\u2019arbres qui tombent \u2013 une langue dispara\u00eet toutes les deux semaines \u2013 qu\u2019il s\u2019agit forc\u00e9ment d\u2019une for\u00eat.<\/p>\n<p>[for\u00eat]**<\/p>\n<p>La disparition des langues est un probl\u00e8me existentiel car il concerne les fondements de la conscience et de l\u2019\u00eatre. Je ne suis ni Wittgenstein, ni Heidegger. J\u2019ai d\u00fb me contenter des capacit\u00e9s que je pouvais convoquer : cr\u00e9er une sensibilit\u00e9 qui prenait sa forme gr\u00e2ce au monde que je construisais. Les m\u00e9taphores visuelles et sonores n\u2019\u00e9taient pas terriblement compliqu\u00e9es. Je les trouve simples : voici une langue disparue, ergo \u2013 une supernova.<\/p>\n<p>Mon concept est tout aussi simple : un monde o\u00f9 il n\u2019y a pas de vari\u00e9t\u00e9 dans les mani\u00e8res de penser et d\u2019\u00eatre est un monde profond\u00e9ment appauvri. Je d\u00e9teste la conformit\u00e9 et je trouve que nous nous dirigeons vers un monde de surveillance et de contr\u00f4le sans pr\u00e9c\u00e9dent, qui nous est livr\u00e9 individuellement et en masse par les moyens de communication modernes pour nous conformer tous \u00e0 une seule fa\u00e7on d\u2019\u00eatre. Cela ne r\u00e9sulte pas de la conspiration d\u2019une poign\u00e9e de g\u00e9nies malfaisants, mais du libre-service d\u2019un syst\u00e8me n\u00e9olib\u00e9ral qui d\u00e9truit notre climat et nous-m\u00eames. Certaines des \u00eeles o\u00f9 ce contr\u00f4le n\u2019arrive pas se trouvent dans les enclaves de langues minoritaires qui existent en raison de la barri\u00e8re linguistique naturelle. Lorsque j\u2019entends une langue obscure pour moi, j\u2019en suis s\u00fbre : il existe un monde qui ne ressemble \u00e0 aucun d\u2019autre o\u00f9 les gens pensent diff\u00e9remment, compl\u00e8tement diff\u00e9rents de nous \u2013 esp\u00e9rons-le, meilleurs que nous, mais \u00e0 coup s\u00fbr, diff\u00e9rents. Je ne trouve pas cette \u00e9tranget\u00e9 des \u00ab\u00a0autres\u00a0\u00bb mena\u00e7ante, m\u00eame si nous sommes cens\u00e9s craindre ce que nous ne connaissons pas. J\u2019aime que cette vari\u00e9t\u00e9 parmi les fa\u00e7ons d\u2019\u00eatre existe. Je la ch\u00e9ris plus que la vari\u00e9t\u00e9 des pommes.<\/p>\n<p>Puisque je suis l\u2019auteure de <em>Last Whispers<\/em>, je crois que mon esth\u00e9tique, ma sensibilit\u00e9, mes croyances, mes espoirs y sont en quelque sorte int\u00e9gr\u00e9s et qu\u2019ils sont ins\u00e9parables les uns des autres.<\/p>\n<h3 id=\"r\u00c9ception-de-l\u2019exposition\" style=\"text-align: left;\">R\u00c9CEPTION DE L\u2019EXPOSITION<\/h3>\n<h4 id=\"-visez-vous-un-public-sp\u00e9cifi\"><strong>3. Visez-vous un public sp\u00e9cifique, privil\u00e9gi\u00e9? Celui sensible au plurilinguisme, \u00e0 la pluralit\u00e9 des langues et des cultures comme expression de la complexit\u00e9 du monde et de la richesse de la communication ? \u00c0 savoir les philosophes, les linguistes, les socio-anthropologues et les personnes attentives \u00e0 ces dimensions ? <\/strong><\/h4>\n<p>Franchement, je suis la pire personne \u00e0 qui poser cette question. Je n\u2019ai pas d\u2019autres objectifs que de faire mon travail et d\u2019esp\u00e9rer qu\u2019il trouve un public. Je n\u2019ai aucune id\u00e9e de qui est mon public jusqu\u2019\u00e0 ce qu\u2019il soit trop tard et que le travail soit termin\u00e9. C\u2019est alors que, le c\u0153ur lourd, je rencontre le public. <em>Aimez-vous ce que j\u2019ai fait ? Avez-vous ressenti ce que j\u2019ai ressenti ? Ces id\u00e9es vous ont-elles aussi hant\u00e9 ?<\/em> Je m\u2019angoisse, mais je ne peux plus rien faire. J\u2019ai remarqu\u00e9 que les musiciens, les po\u00e8tes et les philosophes r\u00e9agissaient \u00e9motionnellement \u00e0 <em>Whispers<\/em>. J\u2019ai vu des enfants se mettre le casque, haleter, essayer de se promener dans la for\u00eat et, quand c&#8217;est fini, demander \u00e0 retourner dans l\u2019oratorio. En fait, cela m\u2019a vraiment stup\u00e9fi\u00e9e : je pensais que les adolescents, habitu\u00e9s aux jeux vid\u00e9o rapides et violents, s\u2019ennuieraient. Mais non, ils ont ador\u00e9. J\u2019ai montr\u00e9 l\u2019\u0153uvre autant que j\u2019ai pu aux communaut\u00e9s de locuteurs en danger. Un po\u00e8te ixcat\u00e8que m\u2019a dit apr\u00e8s avoir vu le travail \u00e0 Mexico\u00a0: <em>je ne me sens plus si seul<\/em>. Il l\u2019a dit en espagnol. Je lui ai demand\u00e9 de le dire dans sa langue. Il a r\u00e9cit\u00e9 ses po\u00e8mes \u00e0 la place. Personne n\u2019en connaissait un mot. Tout le monde est rest\u00e9 silencieux, comme dans le ravissement.<\/p>\n<h4 id=\"-voulez-vous-id\u00e9alement-entre\"><strong>4. Voulez-vous id\u00e9alement entreprendre un dialogue avec ce public intellectuel et professionnel ? Ce dialogue a-t-il eu lieu en amont ? Sous quelle forme ?<\/strong><\/h4>\n<p>J\u2019ai ador\u00e9 discuter des implications de l\u2019extinction des langues d\u00e8s le d\u00e9but, malgr\u00e9 la trag\u00e9die \u00e9vidente qu\u2019elle entra\u00eene. Les questions artistiques, morales, philosophiques et politiques qu\u2019elle a suscit\u00e9es avant m\u00eame que je ne commence \u00e0 r\u00e9aliser l\u2019\u0153uvre ont \u00e9t\u00e9 un cadeau des plus g\u00e9n\u00e9reux. J\u2019ai fait des recherches sur le projet et j\u2019ai collabor\u00e9 avec la SOAS University of London et la directrice de <em>l\u2019Endangered Language Archive (Archives des langues menac\u00e9es)<\/em>, une femme extraordinaire, Mandana Seyfeddinipur. Aujourd\u2019hui, ces archives ont \u00e9t\u00e9 transf\u00e9r\u00e9es au sein du <em>Programme de documentation sur les langues menac\u00e9es<\/em> de l\u2019Acad\u00e9mie des sciences et des humanit\u00e9s de Berlin-Brandebourg. Cependant, ce n\u2019est pas la seule institution avec laquelle j\u2019ai travaill\u00e9 pour cr\u00e9er ce projet. D\u2019autres archives comprenaient The Smithsonian, PARADISEC, <em>Living Tongues Institute for Endangered Languages<\/em>, <em>Alaska Native Language Archive<\/em>, <em>The Archive of the Indigenous Languages of Latin America<\/em> (AILLA), <em>The Language Archive<\/em>, <em>Max Planck Institute for Psycholinguistics<\/em>, Nijmegen, Pays-Bas, <em>Culture Vannin<\/em>, <em>Laboratory for Computational Lexicography<\/em>, <em>Research Computing Center<\/em>, Lomonosov Moscow State University, <em>Living Tongues Institute for Endangered Languages<\/em>. Les derniers locuteurs d\u2019une langue, les activistes linguistiques, les linguistes&#8230; Mon travail n\u2019existerait pas sans leur impact sur moi. La collaboration avec l\u2019UNESCO a \u00e9galement \u00e9t\u00e9 essentielle pour comprendre le contexte et la probl\u00e9matique.<\/p>\n<p>\u00c0 Parall\u00e8lement aux expositions, les dialogues ont continu\u00e9. En voici certains\u00a0:<\/p>\n<ul>\n<li><a href=\"https:\/\/vimeo.com\/393961513?embedded=true&amp;source=vimeo_logo&amp;owner=56718951\">Conversations au Salon Diaghilev au Th\u00e9\u00e2tre du Ch\u00e2telet<\/a> avec le professeur Denis Laborde, Michel de Fornel, Jean-Marie Hombert, et Valentina Vapnarsky de l\u2019\u00c9cole des Hautes \u00c9tudes en Sciences Sociales, EHESS Paris, le 22 Novembre, 2019.<\/li>\n<li><a href=\"https:\/\/vimeo.com\/680231792?embedded=true&amp;source=vimeo_logo&amp;owner=56718951\">Pr\u00e9sentation \u00e0 l\u2019UNESCO<\/a> <em>Last Whispers<\/em> \u00e0 la 41<sup>e <\/sup>s\u00e9ance pl\u00e9ni\u00e8re de la Conf\u00e9rence G\u00e9n\u00e9rale de l\u2019UNESCO, 18 novembre 2021<\/li>\n<li><a href=\"https:\/\/vimeo.com\/744834331?embedded=true&amp;source=vimeo_logo&amp;owner=56718951\">Conversation avec Carlo Ginzburg<\/a> \u00e0 <em>Incroci di Civilt\u00e0<\/em> (en fran\u00e7ais, \u00ab\u00a0Croisement des cultures \u00bb), Festival International de la Litt\u00e9rature 2022, salle Mario Baratto Auditorium, Universit\u00e9 de Ca\u2019 Foscari en collaboration avec le D\u00e9partement de Philosophie et des Biens Culturels, Venise, Italie<\/li>\n<li><a href=\"https:\/\/www.lenaherzog.com\/media-moma-randd-talk\">Discours au Museum of Modern Art (MoMA)<\/a>, New York, NY<\/li>\n<li><a href=\"https:\/\/www.lenaherzog.com\/media-entitled-opinions-on-dying-languages\">Entretien avec Robert Harrison sur \u00ab\u00a0Entitled Opinions \u00bb<\/a>, \u00e9mission radio de Stanford<\/li>\n<\/ul>\n<p>Certaines des conversations\/rencontres ont \u00e9t\u00e9 des d\u00e9couvertes surprenantes. Lorsque je construisais la premi\u00e8re \u00e9dition de mon oeuvre, en tant que film\/vid\u00e9o\/\u0153uvre audiovisuelle, j\u2019ai entendu parler de LIGO. C\u2019\u00e9tait une heureuse co\u00efncidence, car j\u2019ai toujours imagin\u00e9 la langue comme un monde en soi. Une langue qui dispara\u00eet est une supernova, c\u2019est ainsi que je l\u2019imaginais. Aussi, lorsque j\u2019ai lu que des scientifiques du MIT et de Caltech pouvaient d\u00e9sormais enregistrer la fr\u00e9quence des supernovas, j\u2019ai saut\u00e9 sur l\u2019occasion. J\u2019ai pris contact avec Kip Thorne et Marc Favata avant que Kip ne re\u00e7oive son prix Nobel de physique. Je leur ai demand\u00e9 quels gazouillis et grondements des supernovas ils pouvaient partager avec nous. Ils ont \u00e9t\u00e9 g\u00e9n\u00e9reux et nous ont permis d\u2019acc\u00e9der \u00e0 toute leur collection.<\/p>\n<p>Bien s\u00fbr, les sons de l\u2019espace se situent compl\u00e8tement en dehors du champ auditif humain, c\u2019est pourquoi nous disons qu\u2019il n\u2019y a pas de sons dans le cosmos. Cela d\u00e9pend toutefois de la membrane auditive. L\u2019autre nom de LIGO est \u00ab\u00a0l\u2019oreille qui \u00e9coute\u00a0\u00bb. Et cette oreille-l\u00e0 entend bien le son de l\u2019\u00e9toile qui est morte il y a plusieurs ann\u00e9es-lumi\u00e8re. Ce que j\u2019ai fait, c\u2019est de placer ces fr\u00e9quences via une transformation neutre dans notre gamme d&#8217;audition et tisser des fr\u00e9quences des supernovas avec des langues \u00e9teintes et en danger, des mondes en voie de disparition qui s\u2019entrela\u00e7aient ainsi, nous murmurant \u00ab\u00a0Nous avons exist\u00e9 autrefois. Nous \u00e9tions \u00bb.<\/p>\n<h3 id=\"\u00a0les-langues\">LES LANGUES<\/h3>\n<h4 id=\"-disparition-des-langues-langu\"><strong>5. Disparition des langues, langues en danger, langues censur\u00e9es (raisons historiques, \u00e9conomiques, id\u00e9ologiques \u2026). Mais existe-t-il une disparition \u00ab naturelle \u00bb des langues, comme on parle de mort naturelle ?<\/strong><\/h4>\n<p>Je ne suis pas s\u00fbre que m\u00eame les experts puissent y r\u00e9pondre avec certitude. Je me contenterai de noter les id\u00e9es que j\u2019ai d\u00e9velopp\u00e9es \u00e0 partir de mes propres lectures et r\u00e9flexions. Historiquement, les guerres et les g\u00e9nocides ont \u00e9t\u00e9 assez efficaces pour effacer des langues \u2013 on tuait tout simplement les personnes qui les parlaient. Il y avait l\u00e0 une clart\u00e9 meurtri\u00e8re : le pouvoir et l\u2019impuissance \u00e9taient indubitablement et simplement li\u00e9s : une langue dot\u00e9e d\u2019une arm\u00e9e et d\u2019une marine an\u00e9antissait la langue qu\u2019elle avait conquise. Comme la forme de contr\u00f4le la plus efficace \u00e9conomiquement est le contr\u00f4le de l\u2019esprit des gens, les langues des conquis \u00e9taient le plus souvent interdites. C\u2019est pourquoi, par exemple, le ga\u00e9lique a \u00e9t\u00e9 interdit dans l\u2019empire britannique pendant quelque 800 ans. Je pense que la nature manifeste de cette violence a contribu\u00e9 \u00e0 la survie et \u00e0 une \u00e9ventuelle renaissance du ga\u00e9lique, car cette dynamique de pouvoir \u00e9tait incontestable. Ensuite, la volont\u00e9 des Irlandais et des \u00c9cossais a abouti \u00e0 un accord avec le gouvernement de la Grande-Bretagne. L\u2019Accord du Vendredi Saint de 1998 a reconnu \u00ab\u00a0l\u2019importance du respect, de la compr\u00e9hension et de la tol\u00e9rance \u00e0 l\u2019\u00e9gard de la diversit\u00e9 linguistique\u00a0\u00bb, notamment en ce qui concerne la langue irlandaise, l\u2019\u00e9cossais d\u2019Ulster et les langues des autres minorit\u00e9s ethniques d\u2019Irlande du Nord, \u00ab\u00a0qui font toutes partie de la richesse culturelle de l\u2019\u00eele d\u2019Irlande\u00a0\u00bb. Cependant, ce n\u2019est pas la \u00ab\u00a0chance des Irlandais\u00a0\u00bb qui a permis cet accord. Les gens se sont battus pour cela et le pouvoir a fini par c\u00e9der (apr\u00e8s 800 ans !). C\u2019est alors que le dur travail d\u2019entretien a commenc\u00e9 : le soutien quotidien des institutions culturelles, l\u2019\u00e9ducation obligatoire, la signalisation. Du d\u00e9vouement, de la volont\u00e9 et du travail doivent \u00eatre consacr\u00e9s \u00e0 un bilinguisme vivant. Et, en fin de compte, je pense que c\u2019est la seule r\u00e9ponse \u00e0 la revitalisation des langues et \u00e0 la diversit\u00e9 culturelle.<\/p>\n<p>Ce qui semble \u00ab\u00a0naturel\u00a0\u00bb est, en fait, construit. Le syst\u00e8me que tout le monde pr\u00f4ne aujourd\u2019hui, qu\u2019on l\u2019appelle n\u00e9olib\u00e9ralisme, n\u00e9o-techno-f\u00e9odalit\u00e9, consum\u00e9risme sauvage, a rempli tous les espaces disponibles de l\u2019existence humaine. Comme le pouvoir brut de la monarchie, ce syst\u00e8me ne tol\u00e8re pas la non-conformit\u00e9, surtout sur le plan linguistique (ce qui signifie penser). Contrairement \u00e0 la monarchie, il n\u2019est pas brutal\u00a0: il est anonyme, oblique, englobant. Il ressemble \u00e0 l\u2019air, \u00e0 l\u2019eau dans laquelle nous nageons&#8230; et bien plus dangereux. Car le pouvoir que l\u2019on ne voit pas, comme le diable du proverbe (NdT, \u00ab\u00a0better the devil you know that the devil you don\u2019t\u00a0\u00bb), est le plus dangereux. Il n\u2019y a donc pas de place pour les langues non dominantes. Si nous cr\u00e9ions un espace accueillant pour que d\u2019autres langues et cultures puissent exister, nous pourrions alors voir lesquelles survivraient \u00e0 l\u2019\u00e9preuve du temps. J\u2019imagine que ce serait le cas pour un bon nombre de langues.<\/p>\n<h4 id=\"-toute-disparition-des-langues\"><strong>6. Toute disparition des langues est-elle le produit d\u2019une action \u00ab exog\u00e8ne \u00bb ? Mais y a-t-il une disparition voulue par les locuteurs eux-m\u00eames pour des raisons de \u00ab promotion \u00bb, d\u2019acc\u00e8s au \u00ab monde moderne \u00bb, une disparition n\u00e9cessaire ?\u00a0<\/strong><\/h4>\n<p>Je pense que les locuteurs de langues non dominantes sont pris en tenaille et qu\u2019ils subissent des pressions de toutes parts. Certaines de ces pressions sont directes, mais \u00e0 ce jour la plupart d\u2019entre elles viennent de tous les c\u00f4t\u00e9s. Le <em>culturecide<\/em>, c\u2019est-\u00e0-dire l\u2019effacement des cultures, se produit parce que personne ne peut r\u00e9sister seul ou dans un petit groupe dans l\u2019isolement. Nous devons changer le sens du prestige et reconna\u00eetre que chaque langue est une pierre de Rosette. Sans romantisme narcissique, sans pr\u00e9tention. Cependant, cela demande un sens de l\u2019\u00e9galit\u00e9 dans ce monde profond\u00e9ment in\u00e9galitaire. Et cela demande une volont\u00e9 politique et une allocation de ressources de la part du pouvoir, ainsi qu\u2019un profond d\u00e9vouement\/engagement de la part du peuple. Les gens abandonnent leur langue parce qu\u2019ils ne peuvent pas r\u00e9ussir, mais aussi parce qu\u2019il y a une stigmatisation tacite, et cela est peut-\u00eatre un coup le plus fatal.<\/p>\n<h4 id=\"-peut-on-parler-de-langues-qui\"><strong>7. Peut-on parler de langues qui \u00ab fusionnent \u00bb, en raison d\u2019une culture commune entre langues diverses ?<\/strong><\/h4>\n<p>La langue est une \u0153uvre d\u2019art communautaire vivante, modifi\u00e9e de l\u2019int\u00e9rieur et de l\u2019ext\u00e9rieur. L\u2019hybridation entre les langues a toujours exist\u00e9, mais je ne suis pas une grande fan d\u2019un \u00ab\u00a0melting pot\u00a0\u00bb linguistique. J\u2019esp\u00e8re avoir des pommes et des oiseaux diff\u00e9rents. Et j\u2019esp\u00e8re que nous pourrons rester fid\u00e8les \u00e0 nous-m\u00eames tout en explorant le monde, sans \u00eatre d\u00e9chir\u00e9s. En fin de compte, cette dichotomie pr\u00e9sum\u00e9e provient d\u2019un faux mythe de nous-m\u00eames selon lequel nous sommes soit enracin\u00e9s dans notre pass\u00e9, soit dans le monde. Comme si un ultimatum nous \u00e9tait d\u00e9livr\u00e9 sous la menace \u2013 une absurdit\u00e9 totale ! Nous sommes plus que capables de garder le meilleur de nous-m\u00eames dans la trajectoire int\u00e9rieure de l\u2019appartenance culturelle et dans la trajectoire ext\u00e9rieure de l\u2019appartenance au monde en g\u00e9n\u00e9ral. Nous devons simplement veiller \u00e0 ce que ces choix ne fassent pas de mal. Ce n\u2019est pas difficile. Une fois que nous nous s\u00e9parons de cet ultimatum imaginaire transmis par le pouvoir du moment, nous pouvons devenir ind\u00e9pendants dans nos choix et nous assurer que ces choix sont humains. Cela commence par les choix que nous faisons concernant notre langue, qui d\u00e9finit notre fa\u00e7on de penser, notre compr\u00e9hension du monde et de nous-m\u00eames. Parler sa propre langue et une langue dominante, le bilinguisme, n\u2019est pas un luxe mais une n\u00e9cessit\u00e9 dans le monde actuel. Et c\u2019est d\u00e9j\u00e0 le cas pour une \u00e9crasante majorit\u00e9 des locuteurs de langues menac\u00e9es. Par exemple, au Gabon, la plupart des gens parlent au moins quatre ou cinq langues.<\/p>\n<h4 id=\"-que-pensez-vous-de-l\u2019acte-d\"><strong>8. Que pensez-vous de l\u2019acte de traduire entre les langues, entre les cultures, entre les individus ? Est-ce un aspect qui vous interroge?<\/strong><\/h4>\n<p>La traduction est un acte important d\u2019empathie et de compr\u00e9hension culturelles. Je soutiens totalement les traducteurs et les linguistes. Ils sont les grands facilitateurs de l\u2019\u00e9largissement de nos horizons culturels. Les grands h\u00e9ros m\u00e9connus de la culture. Si nous prenions vraiment au s\u00e9rieux les sciences humaines et la compr\u00e9hension culturelle, nous financerions des universit\u00e9s, des facult\u00e9s, des instituts et des milliers de cours pour pr\u00e9parer des arm\u00e9es de traducteurs. Non pas \u00e0 des fins perverses comme l\u2019espionnage, mais pour comprendre le monde dans lequel nous vivons et nous rendre r\u00e9els les uns pour les autres, dans toute notre complexit\u00e9, nos d\u00e9fauts, notre humour et nos espoirs.<\/p>\n<h4 id=\"-comment-ce-type-d\u2019\u0153uvre-tr\"><strong>9. Comment ce type d\u2019\u0153uvre trouve une diffusion commerciale ? <\/strong><\/h4>\n<p>Uhm, aucune id\u00e9e ! Si vous le savez, dites-le-moi, s\u2019il vous pla\u00eet.<\/p>\n<h4 id=\"\u00a010-quels-types-d\u2019\u0153uvres-p\"><strong>\u00a0<\/strong><strong>10. Quels types d\u2019\u0153uvres peuvent naitre de cette recherche\/exposition qui consentent, outre la fruition \u00e9motive et intellectuelle, la possibilit\u00e9\u2019 d\u2019acquisition de la part des collectionneurs ou des institutions ?<\/strong><\/h4>\n<p>J\u2019esp\u00e8re une grande cr\u00e9ativit\u00e9 linguistique : \u0153uvres d\u2019art, pi\u00e8ces de th\u00e9\u00e2tre, films, litt\u00e9rature&#8230; Pour nous donner le sentiment du possible.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><em>Traduction effectu\u00e9e par Nora Gattiglia<\/em><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter size-full wp-image-10150\" src=\"https:\/\/www.dorif.it\/reperes\/wp-content\/uploads\/2023\/07\/herzog-1.jpg\" alt=\"\" width=\"644\" height=\"363\" srcset=\"https:\/\/www.dorif.it\/reperes\/wp-content\/uploads\/2023\/07\/herzog-1-200x113.jpg 200w, https:\/\/www.dorif.it\/reperes\/wp-content\/uploads\/2023\/07\/herzog-1-300x169.jpg 300w, https:\/\/www.dorif.it\/reperes\/wp-content\/uploads\/2023\/07\/herzog-1-400x225.jpg 400w, https:\/\/www.dorif.it\/reperes\/wp-content\/uploads\/2023\/07\/herzog-1-600x338.jpg 600w, https:\/\/www.dorif.it\/reperes\/wp-content\/uploads\/2023\/07\/herzog-1.jpg 644w\" sizes=\"(max-width: 644px) 100vw, 644px\" \/><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<hr \/>\n<p>Per citare questo articolo:<\/p>\n<p>Lena HERZOG, \u00ab Interview\u00bb,\u00a0<em>Rep\u00e8res DoRiF,<\/em>\u00a0n. 27 \u2013\u00a0<em>2021 l&#8217;Odyss\u00e9e des langues. La distance dans la dynamique des plurilinguismes<\/em>, DoRiF Universit\u00e0, Roma, luglio 2023, https:\/\/www.dorif.it\/reperes\/lena-herzog-interview\/<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">ISSN 2281-3020<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-8924 aligncenter\" src=\"https:\/\/www.dorif.it\/reperes\/wp-content\/uploads\/2022\/04\/logo-pubblicazione.png\" alt=\"\" width=\"111\" height=\"49\" \/><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">Quest\u2019opera \u00e8 distribuita con Licenza\u00a0<a href=\"http:\/\/creativecommons.org\/licenses\/by-nc-nd\/3.0\/it\/\">Creative Commons Attribuzione \u2013 Non commerciale \u2013 Non opere derivate 3.0 Italia<\/a>.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p> <a href=\"https:\/\/www.dorif.it\/reperes\/lena-herzog-interview\/\"> Continue de lire&#8230;<\/a><\/p>\n","protected":false},"author":8,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"_bbp_topic_count":0,"_bbp_reply_count":0,"_bbp_total_topic_count":0,"_bbp_total_reply_count":0,"_bbp_voice_count":0,"_bbp_anonymous_reply_count":0,"_bbp_topic_count_hidden":0,"_bbp_reply_count_hidden":0,"_bbp_forum_subforum_count":0,"footnotes":""},"categories":[382],"tags":[380],"class_list":["post-9979","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-et-tout-le-reste-est-litterature-2021-lodyssee-des-langues-la-distance-dans-la-dynamique-des-plurilinguismes","tag-2021-lodyssee-des-langues-la-distance-dans-la-dynamique-des-plurilinguismes"],"acf":[],"yoast_head":"<!-- This site is optimized with the Yoast SEO plugin v27.5 - https:\/\/yoast.com\/product\/yoast-seo-wordpress\/ -->\n<title>Lena HERZOG, Interview - Rep\u00e8res-Dorif<\/title>\n<meta name=\"robots\" content=\"index, follow, max-snippet:-1, max-image-preview:large, max-video-preview:-1\" \/>\n<link rel=\"canonical\" href=\"https:\/\/www.dorif.it\/reperes\/lena-herzog-interview\/\" \/>\n<meta property=\"og:locale\" content=\"it_IT\" \/>\n<meta property=\"og:type\" content=\"article\" \/>\n<meta property=\"og:title\" content=\"Lena HERZOG, Interview - Rep\u00e8res-Dorif\" \/>\n<meta property=\"og:description\" content=\"Continue de lire...\" \/>\n<meta property=\"og:url\" content=\"https:\/\/www.dorif.it\/reperes\/lena-herzog-interview\/\" \/>\n<meta property=\"og:site_name\" content=\"Rep\u00e8res-Dorif\" \/>\n<meta property=\"article:published_time\" content=\"2023-07-18T16:00:10+00:00\" \/>\n<meta property=\"article:modified_time\" content=\"2023-07-28T14:49:14+00:00\" \/>\n<meta property=\"og:image\" content=\"https:\/\/www.dorif.it\/reperes\/wp-content\/uploads\/2023\/07\/herzog-1.jpg\" \/>\n<meta name=\"author\" content=\"Orvale\" \/>\n<meta name=\"twitter:card\" content=\"summary_large_image\" \/>\n<meta name=\"twitter:label1\" content=\"Scritto da\" \/>\n\t<meta name=\"twitter:data1\" content=\"Lena HERZOG\" \/>\n\t<meta name=\"twitter:label2\" content=\"Tempo di lettura stimato\" \/>\n\t<meta name=\"twitter:data2\" content=\"18 minuti\" \/>\n<script type=\"application\/ld+json\" class=\"yoast-schema-graph\">{\"@context\":\"https:\\\/\\\/schema.org\",\"@graph\":[{\"@type\":\"Article\",\"@id\":\"https:\\\/\\\/www.dorif.it\\\/reperes\\\/lena-herzog-interview\\\/#article\",\"isPartOf\":{\"@id\":\"https:\\\/\\\/www.dorif.it\\\/reperes\\\/lena-herzog-interview\\\/\"},\"author\":{\"name\":\"Orvale\",\"@id\":\"https:\\\/\\\/www.dorif.it\\\/reperes\\\/#\\\/schema\\\/person\\\/be5f529c70120fdda9afb763971d717f\"},\"headline\":\"Lena HERZOG, Interview\",\"datePublished\":\"2023-07-18T16:00:10+00:00\",\"dateModified\":\"2023-07-28T14:49:14+00:00\",\"mainEntityOfPage\":{\"@id\":\"https:\\\/\\\/www.dorif.it\\\/reperes\\\/lena-herzog-interview\\\/\"},\"wordCount\":3768,\"image\":{\"@id\":\"https:\\\/\\\/www.dorif.it\\\/reperes\\\/lena-herzog-interview\\\/#primaryimage\"},\"thumbnailUrl\":\"https:\\\/\\\/www.dorif.it\\\/reperes\\\/wp-content\\\/uploads\\\/2023\\\/07\\\/herzog-1.jpg\",\"keywords\":[\"2021 l'Odyss\u00e9e des langues. La distance dans la dynamique des plurilinguismes\"],\"articleSection\":[\"Et tout le reste est litt\u00e9rature...\"],\"inLanguage\":\"it-IT\"},{\"@type\":\"WebPage\",\"@id\":\"https:\\\/\\\/www.dorif.it\\\/reperes\\\/lena-herzog-interview\\\/\",\"url\":\"https:\\\/\\\/www.dorif.it\\\/reperes\\\/lena-herzog-interview\\\/\",\"name\":\"Lena HERZOG, Interview - Rep\u00e8res-Dorif\",\"isPartOf\":{\"@id\":\"https:\\\/\\\/www.dorif.it\\\/reperes\\\/#website\"},\"primaryImageOfPage\":{\"@id\":\"https:\\\/\\\/www.dorif.it\\\/reperes\\\/lena-herzog-interview\\\/#primaryimage\"},\"image\":{\"@id\":\"https:\\\/\\\/www.dorif.it\\\/reperes\\\/lena-herzog-interview\\\/#primaryimage\"},\"thumbnailUrl\":\"https:\\\/\\\/www.dorif.it\\\/reperes\\\/wp-content\\\/uploads\\\/2023\\\/07\\\/herzog-1.jpg\",\"datePublished\":\"2023-07-18T16:00:10+00:00\",\"dateModified\":\"2023-07-28T14:49:14+00:00\",\"author\":{\"@id\":\"https:\\\/\\\/www.dorif.it\\\/reperes\\\/#\\\/schema\\\/person\\\/be5f529c70120fdda9afb763971d717f\"},\"breadcrumb\":{\"@id\":\"https:\\\/\\\/www.dorif.it\\\/reperes\\\/lena-herzog-interview\\\/#breadcrumb\"},\"inLanguage\":\"it-IT\",\"potentialAction\":[{\"@type\":\"ReadAction\",\"target\":[\"https:\\\/\\\/www.dorif.it\\\/reperes\\\/lena-herzog-interview\\\/\"]}]},{\"@type\":\"ImageObject\",\"inLanguage\":\"it-IT\",\"@id\":\"https:\\\/\\\/www.dorif.it\\\/reperes\\\/lena-herzog-interview\\\/#primaryimage\",\"url\":\"https:\\\/\\\/www.dorif.it\\\/reperes\\\/wp-content\\\/uploads\\\/2023\\\/07\\\/herzog-1.jpg\",\"contentUrl\":\"https:\\\/\\\/www.dorif.it\\\/reperes\\\/wp-content\\\/uploads\\\/2023\\\/07\\\/herzog-1.jpg\",\"width\":644,\"height\":363},{\"@type\":\"BreadcrumbList\",\"@id\":\"https:\\\/\\\/www.dorif.it\\\/reperes\\\/lena-herzog-interview\\\/#breadcrumb\",\"itemListElement\":[{\"@type\":\"ListItem\",\"position\":1,\"name\":\"Home\",\"item\":\"https:\\\/\\\/www.dorif.it\\\/reperes\\\/\"},{\"@type\":\"ListItem\",\"position\":2,\"name\":\"Lena HERZOG, Interview\"}]},{\"@type\":\"WebSite\",\"@id\":\"https:\\\/\\\/www.dorif.it\\\/reperes\\\/#website\",\"url\":\"https:\\\/\\\/www.dorif.it\\\/reperes\\\/\",\"name\":\"Rep\u00e8res-Dorif\",\"description\":\"Autor du Fran\u00e7ais: langues, cultures et plurilinguisme\",\"potentialAction\":[{\"@type\":\"SearchAction\",\"target\":{\"@type\":\"EntryPoint\",\"urlTemplate\":\"https:\\\/\\\/www.dorif.it\\\/reperes\\\/?s={search_term_string}\"},\"query-input\":{\"@type\":\"PropertyValueSpecification\",\"valueRequired\":true,\"valueName\":\"search_term_string\"}}],\"inLanguage\":\"it-IT\"},{\"@type\":\"Person\",\"@id\":\"https:\\\/\\\/www.dorif.it\\\/reperes\\\/#\\\/schema\\\/person\\\/be5f529c70120fdda9afb763971d717f\",\"name\":\"Orvale\",\"image\":{\"@type\":\"ImageObject\",\"inLanguage\":\"it-IT\",\"@id\":\"https:\\\/\\\/secure.gravatar.com\\\/avatar\\\/d1f962340761948aa72825921b12c22d66f83c4526d447ab70ba4e4167f348d5?s=96&d=mm&r=g\",\"url\":\"https:\\\/\\\/secure.gravatar.com\\\/avatar\\\/d1f962340761948aa72825921b12c22d66f83c4526d447ab70ba4e4167f348d5?s=96&d=mm&r=g\",\"contentUrl\":\"https:\\\/\\\/secure.gravatar.com\\\/avatar\\\/d1f962340761948aa72825921b12c22d66f83c4526d447ab70ba4e4167f348d5?s=96&d=mm&r=g\",\"caption\":\"Orvale\"},\"url\":\"\"}]}<\/script>\n<!-- \/ Yoast SEO plugin. -->","yoast_head_json":{"title":"Lena HERZOG, Interview - Rep\u00e8res-Dorif","robots":{"index":"index","follow":"follow","max-snippet":"max-snippet:-1","max-image-preview":"max-image-preview:large","max-video-preview":"max-video-preview:-1"},"canonical":"https:\/\/www.dorif.it\/reperes\/lena-herzog-interview\/","og_locale":"it_IT","og_type":"article","og_title":"Lena HERZOG, Interview - Rep\u00e8res-Dorif","og_description":"Continue de lire...","og_url":"https:\/\/www.dorif.it\/reperes\/lena-herzog-interview\/","og_site_name":"Rep\u00e8res-Dorif","article_published_time":"2023-07-18T16:00:10+00:00","article_modified_time":"2023-07-28T14:49:14+00:00","og_image":[{"url":"https:\/\/www.dorif.it\/reperes\/wp-content\/uploads\/2023\/07\/herzog-1.jpg","type":"","width":"","height":""}],"author":"Orvale","twitter_card":"summary_large_image","twitter_misc":{"Scritto da":"Lena HERZOG","Tempo di lettura stimato":"18 minuti"},"schema":{"@context":"https:\/\/schema.org","@graph":[{"@type":"Article","@id":"https:\/\/www.dorif.it\/reperes\/lena-herzog-interview\/#article","isPartOf":{"@id":"https:\/\/www.dorif.it\/reperes\/lena-herzog-interview\/"},"author":{"name":"Orvale","@id":"https:\/\/www.dorif.it\/reperes\/#\/schema\/person\/be5f529c70120fdda9afb763971d717f"},"headline":"Lena HERZOG, Interview","datePublished":"2023-07-18T16:00:10+00:00","dateModified":"2023-07-28T14:49:14+00:00","mainEntityOfPage":{"@id":"https:\/\/www.dorif.it\/reperes\/lena-herzog-interview\/"},"wordCount":3768,"image":{"@id":"https:\/\/www.dorif.it\/reperes\/lena-herzog-interview\/#primaryimage"},"thumbnailUrl":"https:\/\/www.dorif.it\/reperes\/wp-content\/uploads\/2023\/07\/herzog-1.jpg","keywords":["2021 l'Odyss\u00e9e des langues. La distance dans la dynamique des plurilinguismes"],"articleSection":["Et tout le reste est litt\u00e9rature..."],"inLanguage":"it-IT"},{"@type":"WebPage","@id":"https:\/\/www.dorif.it\/reperes\/lena-herzog-interview\/","url":"https:\/\/www.dorif.it\/reperes\/lena-herzog-interview\/","name":"Lena HERZOG, Interview - Rep\u00e8res-Dorif","isPartOf":{"@id":"https:\/\/www.dorif.it\/reperes\/#website"},"primaryImageOfPage":{"@id":"https:\/\/www.dorif.it\/reperes\/lena-herzog-interview\/#primaryimage"},"image":{"@id":"https:\/\/www.dorif.it\/reperes\/lena-herzog-interview\/#primaryimage"},"thumbnailUrl":"https:\/\/www.dorif.it\/reperes\/wp-content\/uploads\/2023\/07\/herzog-1.jpg","datePublished":"2023-07-18T16:00:10+00:00","dateModified":"2023-07-28T14:49:14+00:00","author":{"@id":"https:\/\/www.dorif.it\/reperes\/#\/schema\/person\/be5f529c70120fdda9afb763971d717f"},"breadcrumb":{"@id":"https:\/\/www.dorif.it\/reperes\/lena-herzog-interview\/#breadcrumb"},"inLanguage":"it-IT","potentialAction":[{"@type":"ReadAction","target":["https:\/\/www.dorif.it\/reperes\/lena-herzog-interview\/"]}]},{"@type":"ImageObject","inLanguage":"it-IT","@id":"https:\/\/www.dorif.it\/reperes\/lena-herzog-interview\/#primaryimage","url":"https:\/\/www.dorif.it\/reperes\/wp-content\/uploads\/2023\/07\/herzog-1.jpg","contentUrl":"https:\/\/www.dorif.it\/reperes\/wp-content\/uploads\/2023\/07\/herzog-1.jpg","width":644,"height":363},{"@type":"BreadcrumbList","@id":"https:\/\/www.dorif.it\/reperes\/lena-herzog-interview\/#breadcrumb","itemListElement":[{"@type":"ListItem","position":1,"name":"Home","item":"https:\/\/www.dorif.it\/reperes\/"},{"@type":"ListItem","position":2,"name":"Lena HERZOG, Interview"}]},{"@type":"WebSite","@id":"https:\/\/www.dorif.it\/reperes\/#website","url":"https:\/\/www.dorif.it\/reperes\/","name":"Rep\u00e8res-Dorif","description":"Autor du Fran\u00e7ais: langues, cultures et plurilinguisme","potentialAction":[{"@type":"SearchAction","target":{"@type":"EntryPoint","urlTemplate":"https:\/\/www.dorif.it\/reperes\/?s={search_term_string}"},"query-input":{"@type":"PropertyValueSpecification","valueRequired":true,"valueName":"search_term_string"}}],"inLanguage":"it-IT"},{"@type":"Person","@id":"https:\/\/www.dorif.it\/reperes\/#\/schema\/person\/be5f529c70120fdda9afb763971d717f","name":"Orvale","image":{"@type":"ImageObject","inLanguage":"it-IT","@id":"https:\/\/secure.gravatar.com\/avatar\/d1f962340761948aa72825921b12c22d66f83c4526d447ab70ba4e4167f348d5?s=96&d=mm&r=g","url":"https:\/\/secure.gravatar.com\/avatar\/d1f962340761948aa72825921b12c22d66f83c4526d447ab70ba4e4167f348d5?s=96&d=mm&r=g","contentUrl":"https:\/\/secure.gravatar.com\/avatar\/d1f962340761948aa72825921b12c22d66f83c4526d447ab70ba4e4167f348d5?s=96&d=mm&r=g","caption":"Orvale"},"url":""}]}},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.dorif.it\/reperes\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/9979","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.dorif.it\/reperes\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.dorif.it\/reperes\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.dorif.it\/reperes\/wp-json\/wp\/v2\/users\/8"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.dorif.it\/reperes\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=9979"}],"version-history":[{"count":31,"href":"https:\/\/www.dorif.it\/reperes\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/9979\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":10270,"href":"https:\/\/www.dorif.it\/reperes\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/9979\/revisions\/10270"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.dorif.it\/reperes\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=9979"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.dorif.it\/reperes\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=9979"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.dorif.it\/reperes\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=9979"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}