Anne CONDAMINES, Aurélie PICTON
Polysémie et pluridisciplinarité dans un contexte de construction d’une nouvelle discipline : l’exobiologie
Anne Condamines
CLLE, Université Toulouse Jean-Jaurès, CNRS
anne.condamines@univ-tlse2.fr
Aurélie Picton
TIM/FTI, Université de Genève
aurelie.picton@unige.ch
Résumé
Cet article s’intéresse à la polysémie dans le contexte de la création d’une nouvelle discipline (l’exobiologie) née de la rencontre de plusieurs disciplines, dont l’astronomie, la biologie, la chimie et la géologie. L’étude, qui s’inscrit dans l’approche de la terminologie textuelle, analyse et compare quatre corpus provenant des quatre domaines concernés, afin de réfléchir à la construction de l’exobiologie. Trois types de fonctionnements sont examinés, qui participent à la réflexion sur la nature et le rôle des phénomènes de polysémie dans un contexte d’interdisciplinarité : la polysémie, l’indétermination et l’existence de points de vue.
Abstract
This article examines different phenomena associated with polysemy in the context of the creation of a new discipline (exobiology), which is being developed at the intersection of several other disciplines, including astronomy, biology, chemistry, and geology. The study adopts the approach of textual terminology. Four corpora from the four relevant fields, consisting of productions aimed at characterizing the construction of exobiology, are analyzed and compared. Three types of functioning are examined, which contribute to the reflection on the nature and role of polysemy phenomena in an interdisciplinary context: polysemy, indeterminacy, and the existence of different points of view.
1. Introduction
Cet article étudie les fonctionnements sémantiques qui se mettent en place lors de la constitution d’une nouvelle discipline, en l’occurrence l’exobiologie. Celle-ci fait intervenir différentes disciplines, et principalement l’astronomie, la biologie, la chimie et la physique. Dans cette phase d’élaboration, les phénomènes qui relèvent de la polysémie sont nombreux. Notre objectif n’est pas (en tout cas dans un premier temps) de construire des définitions qui rendraient compte de ces aspects polysémiques, mais plutôt d’abord de les repérer et de les caractériser afin de fournir aux spécialistes de ces disciplines (tous intéressés par un même objet : la vie hors du système solaire) du matériau pour alimenter leurs réflexions.
Nous explorons en particulier la façon dont trois phénomènes relevant d’une variation du fonctionnement sémantique (la polysémie, les points de vue et l’indétermination) se manifestent dans un corpus d’ouvrages d’exobiologie, organisés en quatre sous-corpus issus des quatre disciplines mentionnées.
Dans une première partie, nous contextualisons cette recherche en terminologie, en insistant sur l’ancrage théorique de la polysémie en langues de spécialité. Dans un second temps, nous présentons notre approche méthodologique et les données observées. Les analyses menées sont ensuite décrites, et organisées selon les trois types de phénomènes mentionnés. Enfin, une dernière section permet d’ouvrir la réflexion sur ce contexte pluridisciplinaire, et les fonctionnements liés à la polysémie qui s’y manifestent.
2. Contexte scientifique et problématique
2.1. Contexte de l’étude
L’étude que nous présentons s’inscrit dans une demande du CNES (Centre National d’Études Spatiales), qui a sollicité le laboratoire CLLE, partenaire de longue date (ex. CONDAMINES et REBEYROLLE 1997, CONDAMINES et DEHAUT 2011, PICTON 2009) il y a une quinzaine d’années afin d’examiner comment une analyse linguistique pouvait contribuer à la réflexion sur la construction d’une nouvelle discipline, l’exobiologie, dont l’objet est l’étude des conditions d’émergence de la vie dans l’univers[1]. À l’occasion du colloque sur la polysémie dans les langues spécialisées de Vérone, nous avons décidé de reprendre les corpus étudiés afin de travailler ce phénomène plus en profondeur.
2.1.1. Rôle d’une étude terminologique : Accompagner la polysémie
Un des aspects qui fondent la terminologie textuelle, approche que nous mettons en œuvre dans cette recherche (cfr. CONDAMINES et PICTON 2022), concerne le fait que l’objectif n’est pas la constitution de la terminologie du domaine, mais l’étude du fonctionnement des termes et de leurs contextes d’apparition comme clés d’accès aux corpus. Il s’agit de voir comment les études linguistiques de corpus spécialisés peuvent éclairer un fonctionnement, voire aider les locuteurs spécialistes ayant une problématique déterminée. Dans le cas de la création d’une nouvelle discipline impliquant différentes autres disciplines, la question de la polysémie se pose tout naturellement, car on s’attend à ce que, pour un même terme, les contours sémantiques puissent être différents d’une discipline à l’autre.
2.2. Polysémie en langues de spécialité
Il est admis que l’étude de la polysémie constitue l’un des aspects essentiels de l’analyse sémantique des langues. Comme le souligne Kleiber, « [i]l y a un consensus presque total pour voir dans la polysémie : (i) une pluralité de sens liée à une seule forme ; (ii) des sens qui ne paraissent pas totalement disjoints, mais se trouvent unis par tel ou tel rapport » (KLEIBER 1999 : 55).
Dans des travaux déjà anciens, réalisés par des linguistes sur les domaines spécialisés, la polysémie est considérée comme absente puisque « empêchée » par l’existence de la limite d’un domaine : « L’unité terminologique est, par essence, monosémique alors que le mot en tant qu’unité linguistique est voué à la polysémie » (GUILBERT 1981 dans LERAT 1995 : 93).
Toutefois, comme le souligne Mortureux :
Le caractère monosémique a souvent été attribué aux termes, pour les opposer au fonctionnement polysémique qui marque, au contraire, d’une façon générale, le lexique des langues naturelles ; mais cette affirmation appelle un certain nombre de précisions, voire, de restrictions (MORTUREUX 1995 : 18).
Dans la vision traditionnelle de la terminologie, en particulier dans la Théorie Générale de la Terminologie proposée par WÜSTER (cfr. par exemple, HUMBLEY 2022), la polysémie est considérée comme problématique et un des buts principaux de la standardisation est de contrôler (voire d’empêcher) ce phénomène.
Cependant, depuis le début des années 1990, plusieurs courants de la linguistique, à la faveur du développement de l’analyse de discours et de la linguistique de corpus, ont remis en question la vision essentiellement prescriptive de l’étude des discours spécialisés et s’y sont opposés (FABER et L’HOMME 2022). La principale critique a porté sur la question de la variation, de diverses natures (sémantique, dénominative, temporelle, géographique, liée au niveau d’expertise…), évidemment présente dans les textes spécialisés puisque la langue spécialisée n’est en réalité qu’un usage de la langue dans des contextes spécialisés (et donc un discours) (CONDAMINES 1997), ce que résume parfaitement Lerat : « la langue spécialisée est une langue naturelle considérée en tant que vecteur de connaissances spécialisées » (LERAT 1995 : 20). Il est donc naturel de chercher à caractériser ces phénomènes, et en particulier la polysémie, dans des discours spécialisés.
Dans ce contexte d’une vision variationniste du fonctionnement de la terminologie, de nombreuses théories terminologiques, focalisées sur la prise en compte d’usages réels, ont intégré la polysémie dans leur caractérisation du fonctionnement des termes, que ce soit la socioterminologie, la terminologie sociocognitive, la Théorie communicative de la terminologie, la frame-based theory ou la terminologie textuelle, approches que nous ne pouvons détailler, mais qui sont présentées dans FABER et L’HOMME (2022). À titre d’exemples, nous retenons deux publications qui adoptent un point de vue proche du nôtre sur la polysémie. Dans la première de ces études, FREIXA et Fernández-Silva (2017) interrogent la notion d’insaturabilité des concepts, pour elles constante, et dont une des causes pourrait être des perceptions différentes selon les experts. Ces cas d’insaturation peuvent avoir comme conséquence une indétermination, perspective que nous utilisons dans notre étude (section 4.3). Dans la deuxième étude, L’HOMME (2021) propose de revisiter la polysémie en terminologie en distinguant les cas où un sens lié à un domaine cohabite avec d’autres sens (venus de la langue générale ou d’autres langues spécialisées) des cas où il existe plusieurs sens à l’intérieur d’un même domaine. Ces deux types de polysémie sont aussi discutés dans notre étude (section 4.1).
2.2.1. Polysémie et indétermination
Nous l’avons dit, dans le contexte de l’exobiologie on peut faire l’hypothèse de la présence de phénomènes d’indétermination. Cette notion est surtout utilisée dans les études concernant les domaines scientifiques, en lien avec la dynamique propre à ces disciplines (ANTIA 2007 ; BEAUGRANDE et DRESSLER 1992). Chez PINKAL, 1985 (cité par ANDERSEN 2002), elle est considérée comme plus générale que la polysémie (cfr. Figure 1), recouvrant alors tous les phénomènes qui peuvent générer une non-bijectivité entre unités et sens.

La particularité de l’indétermination tient à ce que, loin d’être considérée comme seulement problématique, elle est plutôt envisagée comme une richesse potentielle, en tout cas dans les domaines scientifiques : « Indeterminacy can manifest negatively as vagueness but positively as openness, hospitality or ability to accomodate concurrent possibilities » (ANTIA 2007 : XVI). Cette possibilité est ainsi liée à l’existence d’une polysémie : « la polysémie favorise une grande souplesse dans l’expression langagière, le locuteur pouvant choisir une certaine indétermination en exploitant simultanément plusieurs acceptions » (LEHMANN et MARTIN-BERTHET 2018 : 96).
On pourrait ainsi dire que l’indétermination est le résultat d’une polysémie qui n’est pas totalement levée dans les différents contextes d’apparition d’un terme dans un corpus, voire qui ouvre la possibilité de ne pas choisir entre plusieurs sens possibles.
2.2.2. Polysémie et points de vue
Une troisième notion importante pour les langues de spécialité et liée à la polysémie est celle de point de vue. Le point de vue fait intervenir une ou des conception(s) spécifique(s) par un locuteur, souvent un locuteur collectif, c’est-à-dire un locuteur qui parle en tant que membre d’une communauté discursive (HYMES 1972), dont on peut retrouver les traces dans les différentes acceptions d’un terme en corpus. Par acception, il faut entendre distribution catégorisée (i.e. interprétée). S’il y a plusieurs points de vue, il y a donc plusieurs catégorisations lexico-syntaxiques (acceptions) qui, selon le cas, peuvent être attribuées à un ou plusieurs locuteur(s). Lorsque ces acceptions se distribuent dans différents sous-corpus attribuables à des groupes de locuteurs identifiés a priori, on peut parler de points de vue collectifs et ces locuteurs peuvent souvent, à partir des catégorisations linguistiques qui leur sont proposées, identifier et nommer les points de vue concernés. L’étude réalisée à partir du corpus sert ainsi d’aide à l’identification de points de vue mis en œuvre plus ou moins consciemment par les locuteurs (CONDAMINES et REBEYROLLE 1997).
Pour résumer, on pourrait ainsi dire que la polysémie relève d’une construction à partir de l’étude des contextes des différentes occurrences d’une unité (ici un terme) qui permet d’identifier différentes acceptions reliées entre elles. L’indétermination, quant à elle, est un phénomène qui permet aux locuteurs de ne pas choisir ou de ne choisir que partiellement parmi les différents sens, soit en utilisant ces différents sens dans leurs usages, soit en ayant des usages qui ne permettent pas d’opter pour l’un ou l’autre sens. Le point de vue, enfin, est lié à l’existence d’une ou plusieurs acceptions qui peut/peuvent être considérée(s) comme la manifestation d’une/de conception(s) par un locuteur, individuel ou collectif. Lorsque les corpus d’étude sont organisés selon des communautés discursives (par exemple, disciplinaires), les différentes catégorisations lexico-syntaxiques (les acceptions) peuvent se répartir selon ces corpus ce qui permet de mettre au jour des points de vue différents. Avec la notion de point de vue dans l’analyse d’un corpus scientifique, il s’agit donc d’impliquer les spécialistes des domaines pour co-construire l’interprétation (supra 2.1). Notre étude vise ainsi à alimenter la réflexion sur la manière dont ces notions peuvent être utilisées pour décrire les fonctionnements langagiers dans le cas de la création d’une nouvelle discipline.
3. Cadre méthodologique
3.1. Corpus
Pour cette étude, notre corpus est constitué de deux actes édités à la suite de deux écoles d’été du Centre National de la Recherche Scientifique, qui ont eu lieu en 2001 et 2002 et qui visaient un public d’étudiants issus des quatre disciplines concernées par l’exobiologie :
GARGAUD, Muriel, DESPOIS, Didier, PARISOT, Jean-Paul, L’environnement de la terre primitive, Bordeaux, Presses universitaires de Bordeaux, 2001.
GARGAUD, Muriel, DESPOIS, Didier, PARISOT, Jean-Paul, Les traces du vivant, Bordeaux, Presses universitaires de Bordeaux, 2003.
La décision d’étudier ces deux ouvrages est due au fait qu’il s’agissait des premiers écrits se revendiquant de l’exobiologie, en français, tout en étant rédigés par des auteurs venant de différentes disciplines, mais s’intéressant à l’exobiologie. Dans le cadre des interventions réalisées lors des écoles d’été, un effort d’explicitation a été réalisé puisque ces auteurs savaient qu’ils s’adressaient à des personnes issues de différentes disciplines. Cette situation, comportant une visée au moins en partie didactique, a certainement favorisé l’utilisation de stratégies de reformulation et d’explicitation, éléments langagiers sur lesquels nous nous basons pour caractériser le fonctionnement sémantique.
Ces ouvrages sont composés de 36 chapitres, rédigés par 40 autrices et auteurs différents.
Avec l’aide des spécialistes impliqués, ce corpus a ensuite été organisé en différents sous-corpus, constitués sur la base de la formation initiale des auteurs dans l’une des 4 disciplines suivantes : astronomie, biologie, chimie et géologie (Tableau 1). Cette catégorisation peut sembler problématique, car les auteurs peuvent avoir intégré un laboratoire relevant d’une discipline en partie différente de celle de leur formation initiale. Mais, d’une part, il fallait un critère suffisamment objectif pour fonder le découpage en sous-corpus ; d’autre part, ce découpage a été validé par M. Gargaud, Présidente de la Société française d’exobiologie, à ce moment-là.

Nous avons aussi consulté, lorsque cela s’est avéré pertinent, le glossaire de 800 entrées contenu dans chacun des ouvrages. Un glossaire est censé rendre compte de définitions stabilisées dans une discipline, mais lorsqu’une discipline est en construction, il est clair que cette stabilité n’est pas acquise. De fait, il est important de noter que les auteurs eux-mêmes soulignent que ce glossaire est un compromis entre disciplines, en réalité essentiellement réalisé par l’un des contributeurs de l’ouvrage, chimiste, ce qui a pu introduire un biais, difficilement repérable, dans l’élaboration de ce glossaire. Malgré cette limite, il nous a paru intéressant de prendre en compte ce glossaire, qui rend compte d’une construction réfléchie de la part de spécialistes.
3.2. Approche méthodologique
L’approche que nous avons mise en œuvre pour cette analyse est celle de la terminologie textuelle (détaillée notamment dans CONDAMINES et PICTON 2022), qui repose sur quatre étapes générales :
- 1) Tel que décrit supra, la constitution d’un corpus, ici organisé en fonction de quatre disciplines impliquées en exobiologie.
- 2) L’entrée dans les données, à partir de l’analyse des termes attestés. Dans une approche dite « corpus-driven » (TOGNINI-BONELLI 2001 : 84-85), cette étape permet de baser l’interprétation sur des observables issus des corpus, à l’aide d’outils.
Dans notre étude, nous avons en particulier travaillé avec l’outil d’acquisition de termes TermoStat (DROUIN 2003), le concordancier AntConc (ANTHONY 2024) et le logiciel de textométrie TXM (HEIDEN 2010), en particulier pour travailler sur les cooccurrents.
Dans un premier temps, nous avons extrait les candidats-termes communs aux quatre sous-corpus, à l’aide de TermoStat. Nous avons conservé les noms simples, dont la fréquence totale dans l’ensemble du corpus est supérieure ou égale à 100 et qui sont présents également dans le glossaire. La répartition entre sous-corpus est volontairement ignorée à ce stade, puisque celle-ci est considérée comme un indice du fonctionnement des termes entre les disciplines. 9 candidats-termes ont ainsi été sélectionnés : accrétion, atmosphère, carbonate, météorite, micrométéorite, noyau, planète, tectonique et vie. Cette sélection assure un travail sur un jeu de données suffisamment riche entre les disciplines pour observer les phénomènes de polysémie ciblés dans cette étude (Tableau 2).

- 3) La troisième étape de l’approche de terminologie textuelle correspond à la mise en œuvre de différents indices à observer en corpus, tels que des variations de fréquence ou de répartitions entre les sous-corpus, la présence de variantes dénominatives, ainsi qu’une analyse distributionnelle. Cette dernière peut être organisée en deux approches :
- a. Une approche descendante, qui cible l’observation d’éléments discursifs en lien avec la problématique définie. Dans cette étude, nous avons ainsi mis en œuvre des marqueurs définitoires (recherchés sous forme d’expressions régulières telles que \bdéfini.* qui permet de repérer toutes les unités qui commencent par « défini » (MEYER 2001)) et des marqueurs « disciplinaires » (ex. en chimie/biologie/astronomie/géologie ; chimique, biologique, astronomique, géologique ; chimiquement (CONDAMINES et DEHAUT 2011)).
- b. Une approche ascendante, qui cible l’observation des contextes d’apparition des termes. Dans cette étude, les contextes observés correspondent aux dépendances syntaxiques des termes sélectionnés, ainsi qu’aux unités présentes dans des fenêtres de 5 mots avant/après. L’objectif principal de cette démarche est de dégager des structures syntaxiques et lexicales régulières, correspondant à différentes acceptions (CONDAMINES et REBEYROLLE 1997).
- 4) Enfin, la quatrième étape de notre démarche est une étape de co-construction de l’interprétation des résultats avec les spécialistes du domaine. Nous avons collaboré ici avec deux spécialistes en exobiologie : la fondatrice de la société française d’exobiologie (SFE, crée en 2009), Muriel Gargaud, Directrice de Recherche émérite au CNRS, astrophysicienne et son Président actuel, Hervé Cottin, Professeur à l’Université Paris-est Créteil, astrochimiste. Plusieurs allers-retours peuvent intervenir entre les étapes 3 et 4, ce qui a été le cas dans cette étude (PICTON 2009).
4. Observations
Dans notre corpus, sur la base des 9 termes sélectionnés, nous avons cherché à repérer différents types de fonctionnement en lien avec la polysémie, tels que présentés précédemment, qui se manifestent entre les quatre disciplines considérées. Si nos observations ont permis de mettre en évidence trois types de fonctionnement (présentés ici), il est à noter que nos données n’ont pas permis d’identifier d’éléments contrastifs entre disciplines pour deux des termes sélectionnés : carbonate et accrétion.
4.1. Polysémie
Le premier type de fonctionnement observé correspond à une polysémie clairement identifiable dans notre corpus. C’est le cas notamment pour l’unité noyau, pour laquelle plusieurs acceptions distinctes peuvent être relevées, et qui sont liées entre elles.
Toutes les acceptions identifiées dans le corpus pour le terme noyau renvoient à l’idée de « partie centrale » d’un élément. À partir de cette acception initiale, différentes autres acceptions peuvent être repérées :
- 1. Partie centrale d’un organisme vivant
- (i) ces gènes sont souvent importés dans la mitochondrie, mais sont aussi localisés dans d’autres compartiments (cytoplasme, noyau, etc.).
- 2. Partie centrale d’une particule
- (ii) vues en rayons X s’accompagnent d’accélération de particules, électrons, protons ou noyaux plus lourds, provoquant des réactions nucléaires de spallation
- 3. Partie centrale de corps célestes
- a. Partie centrale de la Terre
(iii) La Terre est ainsi divisée en trois grandes enveloppes de compositions chimiques différentes : le noyau, le manteau et la croûte - b. Partie centrale des comètes
(iv) La comète Hyakutake, qui est apparue en 1996 et qui est passée assez près de la Terre (~ 0, 1 UA), avait un noyau relativement petit, d’environ 3 km de diamètre - c. Partie centrale d’autres types de corps célestes (par exemple, planètes géantes)
(v) Cette phase initiale du proto-Système Solaire se termine par la formation des noyaux des planètes géantes
- a. Partie centrale de la Terre
Pour cette troisième acception, la triple distinction proposée (a, b et c) repose en particulier sur l’existence de variantes lexicales (par opposition à des variantes discursives, anaphoriques (cfr. COLLET 2002 ; FREIXA 2022)) de noyau. Ainsi, dans le corpus, les unités noyau 3a et noyau 3b peuvent alterner avec des formes complexes N de det N ou N adj : noyau terrestre, noyau de la Terre (acception 3a), noyau cométaire, noyau de la comète (acception 3b) (Tableau 3). Dans le cas de noyau 3a, le terme réduit est clairement majoritaire dans le corpus. Dans le cas de noyau 3b, on observe une répartition assez équilibrée entre les formes noyau et noyau cométaire. Ce type de fonctionnement n’est pas attesté pour l’acception 3c, mais celle-ci peut être relevée à 17 reprises dans le corpus (Tableau 4).

On trouve ainsi une régularité dans la formation de ces acceptions : localisation (centrale)/partie de, en fonction de l’objet concerné. Cette régularité dans l’instauration d’un fonctionnement polysémique est appelée « polysémie régulière » chez APRESJAN (1974), terme repris notamment dans BARQUE, HAAS et HUYGHES (2018).
Le tableau 4 rend compte de la répartition, dans les différents sous-corpus, des acceptions que nous avons identifiées.

Ce tableau montre que chacune des acceptions identifiées apparaît prioritairement dans un des sous-corpus disciplinaires. Ainsi, l’acception 1 est plutôt privilégiée dans le sous-corpus BIOLOGIE, 3a dans le sous-corpus GEOLOGIE et 3b et 3c dans le sous-corpus d’ASTRONOMIE. Néanmoins, il est important de souligner que ce constat reflète une tendance et que cette répartition entre disciplines n’est pas systématique ni exclusive. Il apparaît ainsi que toutes les acceptions que nous avons identifiées sont connues et utilisées (plus ou moins consciemment et avec plus ou moins d’expertise, de l’aveu des spécialistes) par l’ensemble des locuteurs de l’exobiologie.
En parallèle de ces observations, il est alors intéressant de relever les acceptions documentées dans les glossaires, par les spécialistes (Figure 2).

Ces éléments appellent trois remarques. Tout d’abord, les acceptions repérées sur la base des usages attestés dans le corpus par les linguistes ne sont qu’en partie documentées dans les glossaires, par les spécialistes, qui proposent trois entrées : noyau (biologie), noyau (géologie) et noyau cométaire (Figure 2). Deux acceptions ne sont donc pas retenues (ou même identifiées), à savoir noyau (1) et noyau (3c), qui concernent les corps célestes en général.
Deuxièmement, bien que l’on observe une répartition des usages entre disciplines dans nos sous-corpus (supra), il apparaît important dans ce glossaire, pour les spécialistes, de lier certaines acceptions à une des disciplines qui participent à la construction de l’exobiologie.
Enfin, l’acception 3c que nous avons identifiée en corpus est enregistrée sous le terme noyau cométaire. Le choix d’une entrée dédiée pour le terme noyau cométaire peut être expliqué par le fait que les comètes ont un noyau spécifique (non différencié) par rapport à d’autres corps célestes, mais également par le fait que l’étude des comètes représentait, au début des années 2000, une thématique majeure pour l’exobiologie. Néanmoins, au vu de nos observations, il pourrait être intéressant pour les spécialistes évoluant dans ce contexte pluridisciplinaire de réfléchir aux distinctions et choix de termes autour des typologies de noyaux. En particulier, il pourrait être utile de repenser la distinction entre les noyaux terrestres et les noyaux d’autres corps célestes (dont les comètes). Le travail d’analyse linguistique se révèle donc essentiel dans ce contexte de pluridisciplinarité, pour mettre au jour ces points d’achoppement potentiels. Pour développer cette question, étroitement liée à l’évolution des connaissances et observée ici en synchronie uniquement, une analyse diachronique reste cependant complémentaire ; celle-ci permet précisément d’éclairer les dynamiques dans le temps entre ces acceptions et variations, que les spécialistes peuvent avoir du mal à identifier (cfr. PICTON et CONDAMINES 2024).
4.2. Points de vue
La difficulté des spécialistes à identifier différentes acceptions peut également être liée non pas à l’évolution en cours du domaine, mais à la notion de « point de vue » (CONDAMINES et REBEYROLLE 1997). Plus spécifiquement, cette notion permet de repérer une diversité de fonctionnements fins associables à des conceptions particulières propres à un groupe de locuteurs (CONDAMINES et REBEYROLLE 1997 : 176-177), et dont ils n’ont pas conscience. Dans notre cas, ces groupes peuvent correspondre aux spécialistes de chacune des disciplines considérées.
Pour identifier ces fonctionnements, nous nous sommes basées sur l’analyse de la distribution des unités sélectionnées. Nous avons observé les cooccurrents, ainsi que leurs contextes larges (concordances), pour interpréter ces données et faire émerger des points de vue, qui sont le fruit de notre interprétation, mais qui ont ensuite été discutés pour validation avec les spécialistes. Cette démarche a permis de mettre en évidence différents points de vue pour les termes atmosphère, météorite, micrométéorite, tectonique et planète. Afin d’illustrer ces observations, le Tableau 4 détaille l’analyse des points de vue identifiés pour le terme planète.

Ce recensement des différents contextes de planète montre ainsi des points de vue assez différents sur ce concept, selon les disciplines. Toutefois ces différences de conception ne nuisent généralement pas à la fluidité de la lecture pour les spécialistes.
C’est aussi sur des différences de point de vue que peuvent s’élaborer des questions qui font progresser l’interdisciplinarité. Comme le note FOUREZ : « les pratiques interdisciplinaires peuvent être considérées comme des négociations entre des points de vue et des intérêts différents, dans un contexte et selon un projet » (FOUREZ 2002 : 138). Ainsi, une fois la conscience de ces différentes conceptions acquise, chaque discipline peut tenir à son point de vue, le « négocier », parce qu’il relève de ce qui la fonde. Dans ce cas-là, une fois encore, les observations des linguistes peuvent être nécessaires.
4.3. Indétermination
Enfin, un cas intéressant est apparu lors de l’étude de l’unité vie, et qui relève a priori d’un cas d’indétermination, proche de ce que PINKAL (dans ANDERSON 2002 : 137) nomme « vagueness », phénomène dont les spécialistes sont ici conscients.
Le terme vie est central pour l’exobiologie puisqu’il désigne un « objet de discours » commun à toutes les disciplines impliquées, mais sans référent identifiable en dehors de la Terre, et qu’il constitue l’un des objectifs qui les réunit : rechercher les origines de la vie. Ce terme est par ailleurs très fréquent : il apparaît 660 fois dans notre corpus. Malgré ces éléments, aucune définition qui intègrerait tous les points de vue disciplinaires ne peut être identifiée (dans le corpus ou auprès des spécialistes). Loin d’être fortuite, cette situation correspond plutôt à un positionnement conscient des spécialistes. En effet, adhérer à ce type de définition commune risquerait précisément de gommer tous les points de vue disciplinaires, ce qui est peu souhaitable dans ce type de contexte.
Dans les deux ouvrages, les stratégies de définition mises en place pour ce terme sont doubles : d’une part, on relève dans le glossaire une définition du terme vie indéterminée, où les rédacteurs affirment la difficulté à définir ce terme (Figure 3).

D’autre part, en discours, les auteurs ont plutôt recours à des contextes définitoires spécifiques. Ainsi, certains contextes vont formuler et contextualiser les difficultés à s’accorder sur une définition de vie :
- (vi) La définition de la vie donne lieu à des débats passionnés entre spécialistes (voir à ce propos Luisi, 1998).
- (vii) Dans toute entreprise de recherche de la vie, on part inévitablement avec des hypothèses qui, en l’occurrence, sont autant d’a priori. Certains les appellent « définitions », mais le mot est ici inapproprié. En effet, une définition est toujours entièrement arbitraire. Or chacun est, qu’il le veuille ou non, habité par une préconception de « ce qu’est la vie », autrement dit d’une essence de la vie, ce qui est différent d’une définition.
D’autres contextes vont plutôt établir des définitions ponctuelles, discutables, mais opérationnelles :
- (viii) Au risque de donner l’impression d’utiliser un artifice, nous définirons la vie comme l’ensemble des propriétés, communes à tous les êtres vivants, et qui les différencient des systèmes non vivants.
- (ix) Tenons-nous en à une définition opérationnelle prudente : ce que j’appellerai désormais « vie » désigne une chimie organique très complexe en présence d’eau. Partons de ce que nous connaissons sur Terre.
Cet exemple illustre ainsi la conscience que les spécialistes peuvent avoir de difficultés à définir certains concepts centraux dans ce contexte pluridisciplinaire, et montre la richesse des stratégies qu’ils mettent en œuvre pour accompagner ces situations.
5. Discussions et réflexions
Ce parcours exploratoire permet de discuter trois types de fonctionnement autour de la polysémie, qui permettent à leur tour de mettre en lumière différentes stratégies d’élaboration mises en place par les spécialistes. Celles-ci révèlent un certain degré de conscience de ces fonctionnements par les spécialistes, qui peuvent alors les interroger et les prendre en charge. Ainsi, la construction d’un glossaire montre une démarche affirmée de clarification des concepts manipulés, même si, nous l’avons noté avec noyau, cette construction n’est pas toujours fidèle aux usages en corpus. On observe des structurations (du moins partielles) de sens par discipline, des marques d’indétermination dans les définitions. D’autre part, les spécialistes utilisent un métalangage assez riche autour des termes analysés dans cette recherche : propositions de définitions opérationnelles, formulation claire du caractère temporaire de ces définitions, affirmation d’une connaissance partielle des phénomènes étudiés, etc.
Ces observations nous amènent cependant à penser que, plus encore que dans une discipline établie, la création d’une nouvelle discipline se fait dans un contexte où l’indétermination peut être très présente. Ce qui est marquant toutefois est le fait que, à l’instar d’un « sentiment néologique » (ex. GARDIN et al. 1974, LOMBARD et HUYGHES 2020), les spécialistes semblent manifester un véritable « sentiment d’indétermination » face à certains des concepts qu’ils manipulent.
Cette remarque est intéressante lorsqu’on la met en perspective avec le travail d’analyse des linguistes-terminologues, qui contribuent à mettre au jour certains de ces phénomènes. En effet, face à cette polysémie, ces points de vue et cette indétermination, le rôle du linguiste-terminologue peut devenir difficile (même dans le cas où il ne vise pas la constitution de définitions). La catégorisation des contextes, sur laquelle s’élabore le repérage de fonctionnements sémantiques similaires vs différents, peut s’avérer fragile. Ceci est vrai pour n’importe quel corpus, mais cette difficulté s’accroit dans le cas où l’étude se base sur la comparaison de plusieurs corpus censés représenter chacun un point de vue sur un même objet (et qui plus est, avec un objet d’étude qui ne comporte pas de référent). Si vouloir mettre au jour des cas d’indétermination apparaît comme un défi, certes difficile, mais aussi très riche, il ne peut être productif que lorsque les spécialistes sont associés au processus interprétatif (dans une dynamique de co-construction). Les linguistes-terminologues, sur la base de constatations soumises aux spécialistes et discutées avec eux, peuvent alors tirer parti de ce sentiment d’indétermination pour proposer une stratégie d’accompagnement efficace, telle que mettre au jour des fonctionnements à conscientiser et réduire potentiellement l’indétermination, ou pour que les spécialistes affirment leur conscience de ces phénomènes et les acceptent pour faire progresser la réflexion commune, participant ainsi à une polysémie « construite ».
6. Remarques conclusives et perspectives
Les trois angles sous lesquels nous avons examiné le fonctionnement des termes sélectionnés pour cette étude dans le corpus constitué de deux ouvrages portant sur l’exobiologie, issus d’écoles d’été (polysémie (1 terme concerné), indétermination (1 terme concerné), point de vue (5 termes concernés)) nous ont permis d’arriver à plusieurs remarques, qui participent à mettre en lumière la richesse des fonctionnements sémantiques en jeu dans ce type de contexte.
Afin de continuer à travailler sur ce corpus, différentes perspectives s’offrent à nous. Dans un premier temps, il s’agira de travailler sur un plus grand nombre de termes, ce qui permettra aussi de mieux repérer les marqueurs spécifiquement liés à cette situation de pluridisciplinarité et à sa perception par les spécialistes (à l’aide de modifieurs disciplinaires, de marqueurs d’indétermination, d’intégration et acceptation vs rejet d’autres points de vue). L’analyse sur un autre domaine, aussi interdisciplinaire, mais plus avancé dans cette interdisciplinarité serait aussi pertinent, notamment pour explorer l’hypothèse de l’existence de sens aux contours plus définis. Mais la perspective qui semble la plus prometteuse concerne le rôle des spécialistes et la collaboration avec les linguistes-terminologues dans l’étude sémantique en corpus, afin d’étudier les interactions/complémentarités entre connaissances scientifiques et linguistiques, en particulier lorsque ces deux aspects sont déstabilisés par la confrontation avec d’autres disciplines.
7. Remerciements
Les autrices remercient chaleureusement Muriel Gargaud et Hervé Cottin pour leur précieuse collaboration.
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[1] https://exobiologie.fr/lexobiologie-2/quest-ce-que-lexobiologie/, (dernière consultation : 12/05/2025).
Per citare questo articolo:
Anne CONDAMINES, Aurélie PICTON, « Polysémie et pluridisciplinarité dans un contexte de construction d’une nouvelle discipline : l’exobiologie », Repères DoRiF, hors-série – En termes de polysémie. Sens et polysémie dans les domaines de spécialité, DoRiF Università, Roma, ottobre 2025, https://www.dorif.it/reperes/anne-condamines-aurelie-picton-polysemie-et-pluridisciplinarite-dans-un-contexte-de-construction-dune-nouvelle-discipline-lexobiologie/
ISSN 2281-3020
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