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Christine JACQUET-PFAU, Alicja KACPRZAK

De quelques mots-témoins d’une pandémie : les représentations du Covid-19 en français et en polonais

 

Christine Jacquet-Pfau
LT2D[1], CY Cergy Paris Université
ch.jacquet-pfau@orange.fr

Alicja Kacprzak
Uniwersytet Łódzki
alicja,kacprzak@uni.lodz.pl


 Résumé
La pandémie de Covid-19 a suscité une créativité lexicale inédite, observable dans de nombreuses langues. Nous nous proposons, à travers quelques exemples, de présenter quelques-unes des ressources trouvées par deux langues, l’une romane et l’autre slave, le français et le polonais, pour dénommer de nouvelles réalités et dire de nouveaux comportements. Les néologismes de forme, de sens et par emprunt, ainsi que les mots dont la diffusion s’est accélérée, sont analysés comme des « mots-témoins » de cette période.

 Abstract
The Covid-19 pandemic has sparked unprecedented lexical creativity, observable in many languages. We will realize, through a few examples, to present some of the resources found by two languages, one romance and the other slavic, French and Polish, to name new realities and to say new behaviors. Neologisms of form, meaning and borrowing, as well as words whose diffusion has accelerated, are analyzed as “witness words” of this period.


 

La crise sanitaire mondiale de Covid-19, la plus grave que le monde ait connue depuis un siècle, n’est pas une simple répétition de celle qu’il a pu vivre par exemple au début du XXe siècle avec la grippe dite espagnole ou celle dite « grippe de Hongkong » à la fin des années 1960. La crise actuelle apparaît en effet dans un contexte de mondialisation où les personnes et les informations circulent très vite et où l’on pourrait s’attendre avec une similitude des maux et des remèdes à des manières quasi identiques de dire cette situation. Or le langage ne se laisse pas aisément enfermer dans un monde uniformisé et semble résister en partie à toute standardisation.

Nous proposons, à partir de deux langues européennes, l’une romane et l’autre slave, le français et le polonais, d’analyser, à travers quelques exemples, les ressources mises en œuvre (créations autochtones ou réutilisation de mots existants avec glissement sémantique, emprunts, réappropriation de mots pour dire la crise et les mesures sanitaires, sociales et sociétales, etc.) depuis le début de la crise sanitaire pour dénommer des réalités semblables. L’analyse de ce lexique nous permettra de faire apparaître, face à une même réalité une pandémie des comportements différents. Nous nous interrogerons ainsi sur ce que disent de nos sociétés ces « mots-témoins » (MATORÉ 1953) d’une crise, que ce soit pour dénommer de nouvelles réalités ou pour exprimer notre ressenti face à une situation totalement imprévisible et anxiogène (voir JACQUET-PFAU, à paraître).

Pour cette analyse nous utiliserons comme corpus principal deux quotidiens comparables, ouverts sur les créations dans tous les domaines, Libération pour le français et Gazeta Wyborcza pour le polonais, ainsi que la base de données de veille néologique multilingue Néoveille (CARTIER et al. 2018).

  

1. Néologie et mots-témoins

 

Nous savons que la néologie en tant que processus de création de néologismes peut avoir des raisons différentes. Celles-ci, selon Louis Guilbert, correspondraient aux besoins du moment, oscillant entre celui de dénommer une entité et celui de produire un effet stylistique (GUILBERT 1975 : 40-44). Ce point de vue permet de percevoir la différence entre, d’un côté, une lexie comme mot-dièse, apparue dans la première décennie du XXIe siècle pour désigner un nouvel outil des réseaux sociaux (à savoir un mot-clé précédé du signe typographique croisillon, permettant de retrouver tous les messages qui le contiennent), et d’un autre côté, une lexie comme compil, forme familière de compilation (désignant dans ce cas un recueil de morceaux de musique choisis édités sur un support phonographique). Dans de nombreux cas cependant, le besoin de dénommer se combine avec celui de produire un effet stylistique, ce qui, en général, favorise la perception et la mémorisation du mot nouveau. Cette procédure est souvent exploitée par la publicité de tous horizons, marketing et politique en premier lieu. Citons comme exemple le mot dieselgate se rapportant au scandale industriel et sanitaire lié à l’utilisation, par le groupe Volkswagen, de 2009 à 2015, de différentes techniques visant à réduire d’une façon frauduleuse les émissions polluantes de certains de ses moteurs pendant les tests d’homologation. Le terme a été créé par allusion au scandale du Watergate, affaire d’espionnage politique qui a fortement secoué le monde politique américain au milieu des années soixante-dix. Le mot dieselgate a mis à profit l’élément ‑gate de Watergate, devenu ainsi un suffixe à connotation de scandale, toujours productif, avec aujourd’hui le néologisme Pfizergate (apparu dans la presse le 03.11.2021 et circulant avec différentes graphies en français : Pfizer Gate, PfizerGate, avec des guillemets dans un premier temps, puis sans guillemets) pour nommer un supposé manquement – largement amplifié par les internautes – à des essais cliniques dans les phases de préparation du vaccin.

Mot-dièse[2], compil[3], dieselgate, pfizergate, ces néologismes, quelles que soient les raisons de leur apparition, renvoient à des entités caractéristiques de l’actualité, en témoignant ainsi de leur importance dans le monde contemporain, suivant l’idée, développée par Georges Matoré, que l’étude des mots d’une langue permet de suivre l’évolution de la société et que le mot-témoin est le « symbole d’un changement », d’ordre social, économique, idéologique, esthétique… (MATORÉ 1953 : 66). Les structures sociales sont ainsi reproduites par les structures lexicales et « le mot-témoin […] est l’élément à la fois expressif et tangible qui concrétise un fait de civilisation » (MATORÉ 1953 : 65). Ainsi un verbe comme afféager ou un nom comme dîme saladine sont représentatifs de l’époque féodale, tout comme le terme kolkhoze (et sa variante graphique kolkhoz) l’est du système agricole de l’Union Soviétique. Or, si c’est bien le lexique établi depuis des années dans une langue qui représente l’image de la société, ce sont aussi les néologismes qui la véhiculent dans son état le plus récent. Les mots-témoins (ou les mots « culturels », dans la conception de Robert Galisson) relèvent ainsi des domaines cruciaux pour les locuteurs contemporains vivant dans un milieu déterminé (GALISSON 1987, 1991). Sablayrolles évoque le concept de mots-témoins de l’évolution de la société en indiquant de nombreux dictionnaires qui en font état (SABLAYROLLES 2019 : 70). Kacprzak consacre un chapitre aux adjectifs néologiques constituant des mots-témoins de la réalité actuelle (KACPRZAK 2019 : 207-210). De manière plus précise, l’évolution du monde professionnel, telle qu’on la voit à travers les emprunts néologiques en français et en polonais, constitue le sujet d’un article de BOBIŃSKA, JACQUET-PFAU et KACPRZAK (2016). D’autres travaux présentent des noms de conduites « délictueuses, excessives ou à risques » liées au développement de l’informatique comme représentatives de l’époque en cours (NAPIERALSKI, SABLAYROLLES 2016). Il en va de même de différents comportements et usages qui marquent la vie politique et sociale contemporaine en laissant une empreinte lexicale en témoignage, comme c’est le cas du mot fake news associé sans doute pour longtemps au mandat présidentiel de Donald Trump (JACQUET-PFAU, KACPRZAK, MUDROCHOVA 2020).

Parmi les mots-témoins des années 2020 et 2021, ceux qui sont liés à la pandémie de Covid-19 occupent une place prééminente, à commencer par le terme coronavirus. Ce néologisme sémantique pour désigner le SARS-CoV-2 a été obtenu par la restriction de sens du terme spécialisé homonyme. Le terme coronavirus a en effet été inventé en virologie en 1968, les chercheurs s’étant inspirés du fait qu’au microscope électronique la surface du virus, avec une frange de grandes projections bulbeuses, ressemblait à la couronne solaire (« corona » en anglais). Les archives de la presse française dans la base Europresse notent les premières apparitions de ce mot en 1980 (les éléments corona et virus sont alors écrits séparément), puis en 1990 (les deux éléments sont désormais soudés) :

L’infection qui avait entraîné, au cours de l’année 1979, la contamination de trente-quatre nouveau-nés victimes d’entérocolites ulcéro-nécrosantes à la maternité Baudelocque de Paris, a été provoquée par un virus aujourd’hui identifié. […] Cet agent infectieux, le corona virus, dont la responsabilité semble démontrée, n’a sans doute pas été seul en cause : il est vraisemblable que des germes intestinaux tels que le clostridium sont également en cause. (Le Monde, 27.03.1980)

En effet, on est encore loin de la mise au point du fameux médicament anti-rhume. Et ce d’autant plus qu’en toute hypothèse il ne soignerait qu’environ 50 % des rhumes, soit ceux qui sont dus au rhinovirus (les autres sont causés par d’autres virus, par exemple le coronavirus). (Le Monde, 03.03.1990)

Toutes les autres attestations, très nombreuses dans Europresse (au total 22 690 le 04.09.2020), sont postérieures, mais leur fréquence dans la presse prise en compte évolue en dents de scie. Ainsi, le premier pic d’emploi se dessine à partir de mars 2003, au moment de l’épidémie de « pneumonie atypique », appelée par la suite SARS (ou SRAS), amplement suivie alors par les journalistes. À cette époque, le terme coronavirus est employé pour évoquer toute une famille de virus, comme on le constate dans l’extrait ci-dessous :

Un virus de la famille des coronavirus a été identifié comme la cause la plus probable de l’épidémie mondiale de pneumonie atypique, ont annoncé hier les Centres de contrôle des maladies (CDC) américains. « Nous avons encore du travail, mais nous pensons être sur la bonne piste », a déclaré la directrice des CDC, Julie Gerberding, en présentant les résultats des études menées pour trouver la cause du Syndrome respiratoire aigu sévère (SRAS) qui a déjà fait 17 morts dans le monde, dont quatre hier à Hongkong et au Vietnam. (AFP) (Libération, 25.03.2003)

Pour le polonais, on trouve, dans Gazeta Wyborcza, la première attestation « médiatique » du terme koronawirus (dans son acception générale) en mai 2003 :

Z drugiej strony można się zastanawiać, czy drobnoustrój powodujący SARS rzeczywiście jest nowy. Stawiany na czele listy podejrzanych koronawirus nie jest żadną nowością. Dość powiedzieć, że około 20 proc. dzieci ma przeciwko niemu przeciwciała. Koronawirusy do tej pory powodowały katar, zapalenie gardła i rzadko zapalenie płuc i mięśnia sercowego. Jeżeli SARS powoduje koronawirus, to uległ on uzjadliwieniu. (Gazeta Wyborcza, 02.05.2003)

[D’autre part, on peut se demander si le virus responsable du SARS est réellement nouveau. En effet, placé en tête de la liste des microorganismes soupçonnés, ce coronavirus n’est en aucun cas une nouveauté. Il suffit de dire qu’environ 20 % des enfants présentent des anticorps contre lui. Les coronavirus causaient jusqu’à maintenant des rhumes, des pharyngites, rarement des pneumonies et des myocardites. Si le SARS est causé par un coronavirus, cela veut dire que celui-ci est devenu plus virulent.][4]

Dans la presse française, après une diminution du nombre d’occurrences liées à la disparition du SRAS à partir de 2004, on observe en 2013-2014 un nouveau pic d’articles contenant le mot coronavirus, avec l’apparition d’un nouveau syndrome respiratoire dénommé « nouveau coronavirus » puis MERS-CoV (acronyme de l’anglais Middle East respiratory syndrome-related coronavirus), identifié pour la première fois en avril 2012 en Arabie Saoudite puis répandu essentiellement au Moyen-Orient, mais dont des cas seront enregistrés également en Europe : « La France se prépare à affronter un nouveau coronavirus. Venant du Moyen-Orient, hCoV-EMC est arrivé en Grande-Bretagne. L’Institut Pasteur s’organise en France » (Le Figaro, « Santé », 20.02.2013).

La presse polonaise, dont Gazeta Wyborcza, informe aussi sur cette apparition en mai 2013 :

Światowa Organizacja Zdrowia ostrzega, że nowy koronawirus może przenosić się z człowieka na człowieka. WHO wydało ostrzeżenie po tym, gdy francuski minister zdrowia potwierdził informację, że drugi pacjent – 50-letni mężczyzna – najprawdopodobniej zakaził się nowym wirusem z rodziny Coronaviridae od innego chorego (65-latka, który niedawno powrócił z Dubaju). (Gazeta Wyborcza, 14.05.2013)

[L’Organisation Mondiale de la Santé avertit que le nouveau coronavirus peut être transmis d’homme à homme. L’OMS a publié cette information après que le ministre français de la santé ait confirmé qu’un deuxième patient – homme âgé de 50 ans – a été contaminé par un nouveau virus de la famille Coronaviridae au contact avec un autre malade (de 65 ans, rentré depuis peu de temps de Dubaï)].

Enfin, le troisième pic dans la presse française débute en 2020, quand, en janvier, un article publié par Le Monde annonce dans son titre « Une pneumonie d’origine inconnue en Chine » :

Un nouveau coronavirus (CoV) pourrait être à l’origine de l’épidémie de pneumonie apparue mi-décembre 2019 dans le Hubei, dans le centre de la Chine […]. Les autorités chinoises ont « déclaré que les tests en laboratoire permettaient d’exclure le SRAS-CoV (virus du syndrome respiratoire aigu sévère), le MERS-CoV (virus du syndrome respiratoire du Moyen-Orient), la grippe, la grippe aviaire ou un adénovirus », poursuit l’organisation internationale. « Par conséquent, un nouveau coronavirus ne peut être exclu », affirment-elles, soulignant néanmoins un besoin d’informations supplémentaires.
[…] On ne connaît toutefois ni son origine, ni sa durée d’incubation, ni le mode de transmission. L’OMS avait été informée le 31 décembre, par les autorités nationales, d’un groupe de cas de pneumonies d’une origine inconnue dans la ville de Wuhan, où vivent 11 millions de personnes. L’affection se manifeste par une fièvre accompagnée de difficultés respiratoires. Au 3 janvier, le nombre de malades notifié à l’OMS s’élevait à 44, dont 11 atteints d’une forme sévère de la maladie. (Le Monde, 10.01.2020)

Deux semaines plus tard, le journal Gazeta Wyborcza en Pologne informe ses lecteurs que le coronavirus se propage en Chine, mais probablement aussi en Grande-Bretagne. Le mot en question semble être désormais utilisé avec son sens restreint en désignant précisément l’agent infectieux SARS-CoV-2 :

Liczba ofiar rośnie. Na skutek zarażenia koronawirusem do wczoraj zmarło 26 osób. W całych Chinach według oficjalnych informacji zarażonych jest 830 osób. Brytyjczycy wyliczyli jednak, że może ich być dużo więcej. Wielka Brytania może być pierwszym europejskim krajem, w którym pojawił się wirus. Co najmniej pięć osób, które w ciągu ostatnich dwóch tygodni wróciły z miasta Wuhan, przebywa w szkockich szpitalach z objawami dotyczącymi układu oddechowego. (Gazeta Wyborcza, 25.01.2020)

[Le nombre de victimes augmente. Contaminées par le coronavirus, 26 personnes sont décédées hier. Dans la Chine toute entière, selon les informations officielles, 830 personnes ont été contaminées. Les Britanniques estiment cependant ce nombre bien supérieur. La Grande-Bretagne pourrait être le premier pays européen où le virus est apparu. Au moins cinq personnes revenues de la ville de Wuhan au cours de deux dernières semaines se trouvent actuellement dans les hôpitaux écossais, présentant des symptômes respiratoires.]

 

2. La néologie de la pandémie

 

Pendant les semaines qui suivent la révélation officielle de l’étendue de la circulation du virus[5], le terme coronavirus en français et koronawirus en polonais restreint sa signification pour désigner essentiellement le virus SARS-CoV-2. En même temps, les deux langues (comme beaucoup d’autres certainement) développent un lexique riche autour de la pandémie, témoignant de cette époque perturbée. Les néologismes qui apparaissent sont créés sur des bases variées, dont nous ne retiendrons ici que les plus productives.

2.1. Lexies créées sur la base du terme coronavirus / koronawirus et des éléments corona- / korona-

Pour le français, la base Néoveille fait apparaître trois noms et adjectifs préfixés : anti-coronavirus, après-coronavirus, post-coronavirus et un nom fracto-composé : infocoronavirus. Le polonais a, quant à lui, recours à l’adjectif suffixé konronawirusowy qui a servi de base à son tour au préfixé antykoronawirusowy.

En français, la forme standard coronavirus a très vite présenté une forme tronquée, corona, mais cette forme reste plus rare dans la presse que coronavirus (environ 70 cas dans Europresse le 04.09.2020), où elle marque un style informel, par exemple dans le contexte d’une citation, d’un dialogue. On en voit deux exemples ci-après, le premier présentant la description, par des touristes, de la situation dans la station de sports d’hiver des Contamines-Montjoie en Haute-Savoie où a été détecté, le 7 février 2020, le premier foyer de coronavirus :

A l’office de tourisme, on nous a dit qu’il ne fallait pas s’inquiéter. Que si on avait des symptômes de toux, de fièvre, il fallait joindre le 15. On va donc profiter de notre séjour comme prévu. A la terrasse d’un café, on préfère même en rire. « Ici contre le corona, on a le génépi ! C’est le meilleur des remèdes ». (Le Parisien, 08.02.2020)

J’avais bien sûr prévu d’évoquer le voyage au temps du corona, masques et interdiction, détour, contretemps et confinement, mais j’en ai eu brusquement marre, et vous devez être comme moi, alors parlons plutôt de ce que nous sommes tous en train de faire, que nous le voulions ou non: habiter les lieux. (Libération, 21.03.2021)

Dans la presse française, notamment Libération, on trouve de nombreux emplois de corona dans les contextes évoqués ci-dessus : on parle des « inspecteurs corona » déjà sur le pont en Allemagne (01.05.2020), dans une rubrique tourisme on mentionne que « La Croatie se rêve en destination “corona-free”» (22.05.2020), on évoque une « corona fashion », des « corona-collages », des « corona parties », etc. Ce sont les mêmes contextes que l’on rencontre également dans Le Monde (« Les “Corona Vlogs”, ou l’art de tuer le temps sur YouTube pendant le confinement », 20.03.2021).

Notons aussi deux appellations familières, voire populaires du virus, créées sur l’élément corona– : corona-machin et coronatruc. La base Néoveille note à son tour (septembre 2020) 41 unités lexicales basées sur l’élément corona. Elles forment une famille morphologique importante, comportant surtout des composés : noms (37) et adjectifs (4). Du point de vue sémantique, la famille est diversifiée en quelques groupes de sens que les néologismes forment autour de l’élément central corona / coronavirus. Il est à noter qu’il s’agit majoritairement d’ensembles de mots à connotation négative, évoquant les différentes facettes de la peur qu’inspire la pandémie : coronanxiété, coronaphobie, coronapsychose, coronapocalypse, coronadéprime. En deuxième lieu, ce groupe de mots évoque des pratiques délictuelles nées avec la pandémie : corona-délinquance, corona-fraude, coronadeal, ainsi que des objets frauduleux qui apparaissent sur le marché comme remèdes miraculeux et indispensables contre la maladie, comme corona-pulvérisateur et packs anti-coronavirus. Certains vont même jusqu’à parler de coronadictature en évoquant des mesures prises sous couvert de la crise sanitaire. L’ensemble suivant contient les mots qui renvoient à la pandémie vue comme un désastre économique – le domaine dans lequel ils s’inscrivent est marqué par le recours à des éléments empruntés à l’anglais –, par exemple coronakrach, mais auquel sont proposées des solutions, par exemple coronabonds et coronawashing. Les positions que prennent les gens par rapport à la pandémie évoluent entre la négation, avec des mots comme coronaviro-abstentionnistes et corona-sceptiques, voire coronarebelles, et la détresse, avec des mots comme corona-coincés et coronasaturés ; mais cette crise, surtout en sa première phase, a aussi été caractérisée par l’expression de la coronasolidarité. D’autres néologismes, tels coronaland, coronaviralie, coronafolie, apparaissent pour dénoncer une sorte de viralité, voire d’hystérisation de la crise sanitaire. Les confinements successifs ont fait apparaître de nouveaux comportements sociaux, facilités par Internet, exprimés par des néologismes comme coronapéro, corona-party, coronanniversaire. Les jeux à distance sont des moments d’échanges sociaux et l’on parle, par exemple, de coronachallenge, fashioncorona, alors que d’autres unités lexicales sont créées pour désigner des activités organisées, par exemple coronaculture, coronactivité, coronaide. Il convient de préciser que ces néologismes, repérés dans Néoveille, se trouvent plutôt dans la presse grand public, et n’ont que très peu d’occurrences dans Libération, voire une seule ou aucune. En revanche, le néologisme coronapiste, désignant les pistes cyclables tracées provisoirement au moment du déconfinement de 2020 pour favoriser la distanciation physique et éviter les transports collectifs, s’est pérennisé avec elles et est entré dans les dictionnaires d’usage.

En polonais, la lexie non standard korona, employée comme abréviation de koronawirus, ne fonctionne qu’à l’oral ou bien sur internet. Ceci est dû sans doute à sa forme homonymique de korona ‘couronne’, mot aussi polysémique que couronne en français. Dans le même contexte fourmillent aussi des composés sur korona-, notamment le mot polysémique très vulgaire koronagówno ‘coronamerde’, désignant soit la pandémie, soit juste le virus. Il en va de même de koronaświrus ‘coronaconnard’, noté dans des glossaires en ligne avec deux significations différentes. Le blog nadwyraz.com le définit comme « appellation donnée à quelqu’un qui veille d’une manière scrupuleuse à observer toutes les restrictions et les gestes barrière, qui craint pour sa vie et ses proches » et en même temps comme « une appellation raillant le coronavirus qui suggère qu’il a renversé l’ordre du monde. »[6]. D’autres mots comme koronoparanoja ‘coronaparanoïa’ et koronopanika ‘coronopanique’, évoquent l’anxiété de la société face à la situation pandémique.

La presse polonaise, réticente à des composés populaires de ce type, en utilise par contre certains autres comme koronaparty (fr. coronapartie), se rapportant à une mode, qui d’ailleurs ne semble pas avoir été souvent pratiquée par les jeunes en Pologne, celle de se réunir dans des soirées pour attraper ou propager le virus. À son tour le terme koronaferie (fr. corona vacances) renvoie directement à la manière de vivre à l’époque du Covid-19, et plus précisément aux vacances d’hiver 2020-2021 passées à la maison à cause du confinement. Enfin le mot koronakryzys (fr. coronacrise), rien qu’en quatre-vingt-dix jours (22.08.21-22.11.21) a été employé 86 fois dans différents textes de Gazeta Wyborcza, ce qui reflète sans doute la manière dont la pandémie modèle la perception du monde dans sa totalité. Citons aussi des noms d’actions sociales, comme korona-zbiórka ‘corona-collecte’ ou de démarches financières, comme korona-ubezpieczenia ‘corona-assurance’ (en français nom d’une compagnie d’assurance), entreprises pour pallier la crise, qui apparaissent dans le quotidien cité.

2.2. Mots créés sur la base du terme covid

En français, on observe, notamment dans le contexte d’une néologie plus marginale et sans doute plus éphémère, de nombreuses créations sur la base covid. Citons comme exemples covidiot et covidiotie qui, de par leur valeur axiologique négative, fonctionnent comme arguments dans une discussion sur les comportements des personnes ignorant les règles de sécurité et de santé publique liées à la pandémie de Covid-19. Le mot-valise covidiot est apparu d’abord en anglais[7] ; il est signalé dès le 16 mars 2020 dans l’Urban Dictionary[8], est enregistré – de même que covidiotie (angl. idiocy) – comme néologisme dans le Wiktionnaire désignant une « personne qui adopte un comportement considéré comme irrationnel ou irresponsable dans le contexte de la pandémie de COVID-19 ».

L’ampleur de la contamination atteint tous les domaines d’activité et son impact semble avoir des effets durables sur la structure de la société, à commencer par l’organisation de la recherche, en passant par le covid manager chargé de faire respecter les mesures sanitaires lors de grands rassemblements. On parle également de covidisme et d’époque covidisée :

Autre effet collatéral : devant le mur d’incertitude que constitue l’avenir covidisé, Olivier Rousteing s’est replongé dans les archives de Balmain pour ressortir, telles quelles, revisitées ou hybridées, quelques tenues-phares du couturier fondateur de la maison en 1945. (Le Monde, « Supplément télévision », 23.01.2021)

Signe que cet acronyme a été bien intégré dans le lexique (il est entré dans Le Petit Robert et Le Petit Larousse illustré dans leur millésime 2022), il a donné lieu à de nombreux dérivés, sémantiquement transparents, même si son usage est restreint dans la presse généraliste : covidisme, covidiste, covidéen, covider, covidiable[9].

En polonais, où l’emprunt covidiota est attesté aussi, une fois de plus il convient de noter une facilité particulière, plus importante qu’en français, de créer les dérivés. C’est le cas de l’adjectif suffixé covidowy ‘de covid’ : Gazeta Wyborcza du 01.10.2020 évoque dans le titre « Covidowe osiedle » ‘une résidence de covid’, en parlant d’un ensemble de maisons construites au bord de la Baltique destinées à servir de maisons de repos pour des convalescents. Le substantif covidowiec ‘malade du covid’ apparaît par exemple dans un autre titre de ce quotidien, « Covidowcy i pośrednie ofiary pandemii »Les malades du covid et des victimes indirects de la pandémie’, à la date du 14 avril 2020. Un autre nom, covidek / cowidek, constitue un diminutif créé par l’adjonction du suffixe –ek, par lequel le locuteur exprime son attitude réductrice par rapport à la maladie. Il en va de même pour la lexie covidianie / kowidianie, dérivé au moyen du suffixe nominal –(i)anin, qui est une dénomination dédaigneuse utilisée par des personnes corona-sceptiques en parlant de ceux qui observent les restrictions anti-pandémiques.

2.3. Quelques autres types de néologismes-témoins

Parmi les innombrables créations lexicales que nous avons relevées dans notre corpus, nous nous intéresserons plus particulièrement à quatre cas de mots-témoins qui révèlent, outre deux des préoccupations sanitaires essentielles pendant la pandémie, un regard partagé par la société, le monde de la santé et le politique et dont la presse, orale comme écrite, s’est faite régulièrement le porte-parole.

Ainsi, le terme Covid lui-même, alors qu’il était déjà bien intégré au lexique devenu usuel avec un emploi au masculin, a été, à la suite d’un avis de l’Académie française en date du 7 mai 2020, repris très rapidement par la presse avec le genre féminin. Aucune recommandation de cette institution ne semble avoir été autant et si vite observée et largement généralisée dans la presse, orale et écrite, mais force est de constater que les deux usages coexistent aujourd’hui. Dans sa rubrique « Dire, Ne pas dire », l’institution explique :

On devrait […] dire la covid 19, puisque le noyau est un équivalent du nom français féminin maladie. Pourquoi alors l’emploi si fréquent du masculin le covid 19 ? Parce que, avant que cet acronyme ne se répande, on a surtout parlé du corona virus, groupe qui doit son genre, en raison des principes exposés plus haut, au nom masculin virus. Ensuite, par métonymie, on a donné à la maladie le genre de l’agent pathogène qui la provoque. Il n’en reste pas moins que l’emploi du féminin serait préférable et qu’il n’est peut-être pas trop tard pour redonner à cet acronyme le genre qui devrait être le sien.[10]

Les usages sont partagés sur ce point, comme le montrent Le Petit Robert 2022, qui opte pour l’ordre « n. m. ou n. f. », et Le Petit Larousse illustré 2022, qui inverse la préférence, notant « n.f. ou n.m. » (voir JACQUET-PFAU, à paraître)[11].

En polonais, dès le début, le mot a été adopté avec le genre masculin qui n’a pas fait débat, bien que l’équivalent polonais de maladie, à savoir choroba, soit aussi au féminin. Ce sont des raisons phono-morphologiques qui semblent avoir prévalu : une terminaison consonantique indique d’habitude le masculin.

Le terme quarantaine, utilisé pour désigner la mise à l’écart des personnes contaminées ou cas contact, utilisé dans un premier temps, a été remplacé, dès février 2020, par le néologisme quatorzaine. Les médias s’intéressent à cette évolution linguistique et plusieurs périodiques régionaux français publient alors, sous le titre « Quarantaine ?  Quatorzaine ? Qu’en est-il ? », un même article qui évoque la disparité entre la lexie en usage depuis longtemps, quarantaine, et la réalité qu’elle désigne et pour laquelle venait d’être proposé le néologisme quatorzaine : « En l’état de la science, la quarantaine s’impose comme la meilleure arme contre le coronavirus. Pourtant, dans la plupart des cas, cette mesure se limite à une mise à l’écart de quatorze jours… D’où l’apparition de ce terme « quatorzaine » depuis quelques jours » (L’Est Républicain, 28.02.2020)

La présence de ce terme dans la presse diminue à partir de septembre 2020 avec la réduction de cette mesure à un maximum de sept jours, faisant ainsi réapparaître une nouvelle lexie dont il fut également débattu, à commencer par les politiques, septaine, qui désignait en moyen français, d’après Littré, « une quantité de sept choses semblables ». Nous avons le cas ici d’un néologisme sémantique, que nous retrouvons, par exemple, avec confinement, écouvillon, cluster… Dans Libération, on ne relève que neuf occurrences, toutes entre le 10.06.2020 et le 17.07.2021.

Il est intéressant de constater en polonais la recrudescence des emplois du mot kwarantanna, qui, de mot rare avant la détection du premier cas du Covid-19 en Pologne le 4 mars 2020, est devenu très fréquent, avec 3874 attestations dans Gazeta Wyborcza jusqu’au 22 novembre 2021. Notons à ce sujet les tentatives du gouvernement polonais d’introduire le terme kwarantanna narodowa ‘quarantaine nationale’ dont le caractère emphatique était censé attirer l’adhésion des Polonais au concept du confinement, ce qui n’a pas eu lieu. Il est à souligner que le mot kwarantanna n’est pas du tout motivé en polonais (c’est un emprunt au français), le locuteur moyen ne l’associant pas au nombre « quarante » comme en français.

Nous prendrons un troisième exemple pour illustrer très rapidement les divers aspects des débats linguistiques autour des mots de la pandémie en français, celui de la distanciation sociale.

L’un des gestes barrières régulièrement rappelés comme indispensables depuis le début de la pandémie a été d’abord préconisé sous la dénomination de distanciation sociale pour désigner la distance nécessaire entre deux personnes pour éviter les risques de contamination[12]. Ce terme est un calque de l’anglais social distancing créé aux États-Unis lors de la pandémie de grippe dite espagnole. Importé par l’Organisation mondiale de la santé dès 2006, ce terme s’est diffusé en 2009, lors de la pandémie de grippe A (H1N1), puis s’est imposé dans la presse francophone avec la pandémie de Covid-19. Mais, jugeant que le terme ne reflétait pas la réalité de la situation, on préconise alors d’employer le terme distanciation physique (l’Académie française, dans sa rubrique « Dire, ne pas dire »[13], recommande l’emploi de « respect des distances de sécurité », de « distance physique » ou de « mise en place de distances de sécurité »). Il est rapidement souvent utilisé avec réduction de forme, distance, lorsque le contexte évoque les conditions sanitaires. Le geste utilisé pour se dire bonjour en évitant les rituels de politesse trop tactiles (serrement de mains, bise…) est désigné par l’anglicisme check :

Par temps de coronavirus, le check, nouvelle planche de salut pour se dire bonjour.
Alors que l’épidémie nous oblige à éviter tout contact avec l’autre, l’animal social qui résiste en nous oblige à faire preuve de créativité. (titre d’un article, Le Monde, 13.03.2020)

Le polonais n’a pas créé d’hyperonyme correspondant à celui de gestes-barrières en français. En effet, le principe basé sur trois (et non pas quatre, la coutume de « faire la bise » n’existant pas en Pologne) « gestes » considérés comme incontournables pour éviter la propagation du virus est en polonais exprimé par le sigle DDM (Dezynfekcja, Dystans, Maseczki ‘Désinfection, Distanciation, Masques’). Quant au mot dystans ‘distanciation’, il est utilisé par ellipse par rapport à dystans społeczny ‘distanciation sociale’, dont il constitue un variant stylistique moins officiel et plus fréquent. Notons enfin que le polonais a emprunté aussi certains termes à l’anglais, dont celui de lockdown (le français utilisant un mot ancien, confinement), l’un des plus emblématiques de la pandémie de Covid-19.

 

Conclusion

 

La créativité lexicale constatée depuis le début de la pandémie est considérable et puise à tous les domaines de formations néologiques de la langue. En français, dérivation autochtone, composition, emprunts, siglaison, dérivation à partir d’un emprunt ou d’un sigle, création de nouveaux sens, reprise d’un terme vieilli ou peu utilisé, déterminologisation, aucun domaine n’est laissé de côté. C’est aussi le cas du polonais, même si la portée de la créativité lexicale semble moindre au profit de la périphrase recourant aux unités du lexique tout en mettant à profit une facilité particulière, plus importante qu’en français, à créer des dérivés.

L’étude de quelques exemples de ce foisonnement lexical permet de constater que les néologismes constituent une sorte de répertoire lexico-culturel qui reflète la réalité d’une époque, perceptible en langue et en discours. Ces mots apportent des informations significatives non seulement sur la société, mais aussi sur sa perception du monde, et sur les valeurs et comportements qu’elle juge positifs ou négatifs. Parmi ces mots-témoins, certains s’installeront sur le long terme dans le lexique, d’autres disparaîtront avec la crise, voire une étape de la crise (par exemple un nouveau confinement ou une nouvelle « vague » de contamination). S’est ainsi créé, aussi bien en français qu’en polonais, un réseau lexical non figé qui témoigne des changements de périodes (brèves ou longues) et des pratiques, qu’elles soient dénommées par des néologismes de forme (fr. télétravail / pol. praca na odległość ‘travail à distance’, fr. cliqué-retiré / pol. zdalne zakupy ‘courses à distance’), des néologismes de sens (fr. confinement, distanciation, couvre-feu, écouvillon ; pol. wymazówka ‘écouvillon’, wymazywać ‘faire un prélèvement pour dépister le coronavirus’), voire encore des emprunts (fr. click and collect ; pol. lockdown, drive-thru).

Ajoutons enfin que plusieurs unités lexicales néologiques, comportant les mêmes éléments en français et en polonais (coronavirus / koronawirus, koronaparty / coronapartie, covidiot / covidiota, covidisme / covidianizm) mais aussi dans beaucoup d’autres langues, constituent des internationalismes pour lesquels il n’est sans doute pas facile d’établir une seule source.

La situation de la pandémie de Covid-19 a par ailleurs provoqué, dans de nombreux pays, une profonde fracture de la société entre ceux qui sont pour et ceux qui sont contre la vaccination (fr. provax / antivax ; pl. proszczepionkowcy / antyszczepionkowcy), entre ceux qui, croyant que combattre le virus revient à lutter contre les droits des peuples, évoquent une panpsychose (en polonais panpsychoza) et ceux qui, considérant le sanitarisme (en polonais sanitaryzm) comme un mal nécessaire, sont persuadés qu’il faut s’y soumettre pour le bien de tous.

Nous sommes donc loin d’avoir épuisé les mots-témoins de cette période si particulière. D’un côté, sans doute beaucoup d’autres que ceux que nous avons étudiés mériteraient une étude spécifique, mais, d’un autre côté, il en apparaîtra encore de nouveaux qui témoigneront de l’évolution de la société durant l’époque de Covid-19. Au moment où nous rédigeons notre article, la pandémie semble en effet encore devoir durer, obligeant nos sociétés à s’adapter à son évolution.

 

Références bibliographiques

 

ACADÉMIE FRANÇAISE, Dictionnaire de l’Académie française, « Dire ne pas dire », https://academie-francaise.fr/dire-ne-pas-dire.

BOBIŃSKA, Anna, JACQUET-PFAU, Christine, KACPRZAK, Alicja, « L’évolution du monde professionnel à travers les emprunts en français et en polonais », in HILDENBRAND, Zuzana, KACPRZAK, Alicja, SABLAYROLLES, Jean-François (éd.), Emprunts néologiques et équivalents autochtones en français, en polonais et en tchèque, Limoges, Éditions Lambert-Lucas, 2016, p. 61-87.

CARTIER, Emmanuel et al., « Détection automatique, description linguistique et suivi des néologismes en corpus : point d’étape sur les tendances du français contemporain », SHS Web of Conferences, n. 46, 2018.

GALISSON, Robert, « Accéder à la culture partagée par l’entremise des mots à C.C.P », Études de Linguistique Appliquée, n. 67, 1987, p. 119-140.

GALISSON, Robert, De la langue à la culture par les mots, Paris, CLE international, 1991.

GUILBERT, Louis, Créativité lexicale, Paris, Librairie Larousse, 1975.

JACQUET-PFAU, Christine, KACPRZAK, Alicja, MUDROCHOVÁ, Radka, « Fake news et autres lexies avec l’élément fake en français, polonais et tchèque », in Acta Universitatis Carolinae Philologica, n. 4, 2020, p. 39-67.

JACQUET-PFAU, Christine, « Que dit la créativité lexicale de la crise ? Le cas du français pendant la pandémie de Covid-19 », in LIPINSKA, Magdalena, SZEFLINSKA-BARAN, Magdalena (éd.), L’art de vivre, de survivre, de revivre. Le 50e anniversaire des études romanes à l’Université de Łódź, Łódź, Wydawnictwo Uniwersytetu Łódzkiego, à paraître.

KACPRZAK, Alicja, L’adjectif néologique en français actuel, Łódź, Wydawnictwo Uniwersytetu Łódzkiego, 2019.

MATORÉ, Georges, La méthode en lexicologie, Paris, Didier, 1953.

SABLAYROLLES, Jean-François, Comprendre la néologie. Conceptions, analyses, emplois, Limoges, Lambert-Lucas, coll. « La Lexicothèque », 2019.


[1] Laboratoires « Lexiques, Textes, Discours, Dictionnaires ».

[2] Terme recommandée par le Dispositif d’enrichissement de la langue français (publié au Journal officiel du 23.01.2013) à la place de l’anglicisme hashtag.

[3] Apocope de compilation.

[4] Les traductions du polonais sont d’Alicja Kacprzak.

[5] La déclaration de pandémie par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) date du 11 mars 2020.

[6] https://nadwyraz.com/blog/blog-ubierz-sie-w-slowa/koronamowa-czyli-neologizmy-powstale-w-2020-r-w-zwiazku-z-pandemia-slownik-slow-covidowych (consulté le 15.09.2021).

[7] Subst. idiot, adj. idiotic.

[8] “Relating to the 2020 Covid-19 virus: Someone who ignores the warnings regarding public health or safety. A person who hoards goods, denying them from their neighbors”.

[9] Ces dérivés fleurissent de préférence sur les réseaux sociaux, les blogs, etc.

[10] https://www.academie-francaise.fr/le-covid-19-ou-la-covid-19 (consulté le 20.09.2021).

[11] Notons également que Le Petit Robert choisi la graphie sans majuscule, covid, alors que Le Petit Larousse fait le choix d’écrire COVID-19 ou covid-19.

[12] Estimée d’abord de 1m, elle variera ensuite entre 1m, 1m 50 et 2m.

[13] https://www.academie-francaise.fr/dire-ne-pas-dire (consulté le 20.09.2020).


 

Per citare questo articolo:

Christine JACQUET-PFAU, Alicja KACPRZAK, « De quelques mots-témoins d’une pandémie : les représentations du Covid-19 en français et en polonais », Repères DoRiF, n. 25 – Le lexique de la pandémie et ses variantes, DoRiF Università, Roma luglio 2022, https://www.dorif.it/reperes/christine-jacquet-pfau-alicja-kacprzak-de-quelques-mots-temoins-dune-pandemie-les-representations-du-covid-19-en-francais-et-en-polonais/

ISSN 2281-3020

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