Daniel HENKEL, Valeria ZOTTI

 

Polysémie de la terminologie artistique dans les traductions des Vite de Giorgio Vasari. Une base de données parallèle pour l’étude de la terminologie artistique[1]

 

 

 

Daniel Henkel
Université de Paris 8 Vincennes-Saint-Denis
daniel.henkel@univ-paris8.fr

Valeria Zotti
Alma Mater Studiorum – Università di Bologna
valeria.zotti@unibo.it)


Résumé
Dans cette étude, nous cherchons à montrer comment la polysémie des termes du domaine artistique peut être mise en évidence en exploitant une base de données parallèles dans une approche outillée et quantitative. Nous illustrerons comment le mot italien tondo (« rond »), bien qu’issu de la langue générale, a les caractéristiques essentielles d’un terme, tout en restant polysémique. Nous montrerons que ce terme relève de plusieurs sous-domaines (architecture, sculpture et peinture), et qu’il donne lieu à différentes interprétations dans le continuum sémantique entre langue générale et langue de spécialité, dans des sous-domaines apparentés, et dans un même sous-domaine.

Abstract
This study aims to show how the polysemy of terms in the field of art can be revealed using software tools to analyze a parallel database following a quantitative approach. We will illustrate how the Italian word tondo (“round”), taken from the general lexicon, has the essential characteristics of a term, yet remains polysemous. We will show that this term belongs to several subfields (architecture, sculpture and painting), and that several different interpretations can be identified along the semantic continuum between general and specialized language, in related subfields, and even within the same subfield.


 

1. Introduction

Dans cette étude, nous chercherons à montrer comment la polysémie des termes du domaine artistique peut être mise en évidence en exploitant une base de données parallèles dans une approche outillée et quantitative. Les corpus parallèles sont peu exploités dans la recherche en terminologie à cause d’un certain nombre de difficultés liées à leur constitution, et peu de corpus de ce type sont disponibles à l’heure actuelle dans des domaines spécialisés (VERONIS 2000, NADVORNIKOVA 2010, LOOCK 2016). Contrairement aux domaines juridiques et administratifs, où la masse de traductions produites chaque année atteint des milliards de mots, comme au Canada, aucune étude systématique n’existe encore dans le domaine de l’art.

Notre idée de départ, qui rejoint les observations avancées par BALESTRACCI (2023) pour l’allemand et LUPORINI (2024) pour l’anglais, est que lorsqu’un terme dans une langue source est polysémique, l’analyse quantitative des équivalents de ce terme, attestés en traduction, peut faire émerger les différentes interprétations auxquelles le terme peut donner lieu. L’atout d’un corpus parallèle est donc de faire ressortir la polysémie d’un terme à travers ses traductions.

Dans la première partie de cette étude, nous donnerons un bref aperçu des caractéristiques de la terminologie artistique et nous expliquerons pourquoi nous avons choisi comme texte source de notre base parallèle Le Vite de Giorgio VASARI (1550, 1568). Nous situerons ce texte par rapport aux objectifs du projet de recherche interuniversitaire Lessico plurilingue dei Beni Culturali (LBC), dont nous présenterons brièvement l’étape que nous coordonnons consacrée à la création de la base parallèle plurilingue Vasari.

En nous situant dans le débat théorique en cours depuis les années 1980, qui a suscité une remise en question du « paradigme conceptuel » hérité de WÜSTER (1968), ainsi qu’un regain d’intérêt pour la dimension discursive des termes (CONDAMINES 2005), nous illustrerons comment le mot italien tondo (« rond »), bien qu’issu de la langue générale, a les caractéristiques essentielles d’un terme, tout en restant polysémique. Nous montrerons que ce terme relève de plusieurs sous-domaines (architecture, sculpture et peinture), et qu’il donne lieu à différentes interprétations dans le continuum sémantique entre langue générale et langue de spécialité, dans des sous-domaines apparentés, et dans un même sous-domaine.

Notre analyse vise non seulement à expliciter la polysémie qui reste implicite dans le texte source en italien et qui apparaît clairement dans les traductions, mais aussi à délimiter des correspondances interlinguistiques utiles pour la traduction spécialisée en vue d’améliorer la description de la terminologie artistique dans les dictionnaires plurilingues sémasiologiques et onomasiologiques.

2. Du lexique à la terminologie artistique : la langue de Vasari et ses traductions

Le lexique de l’art est caractérisé par une interdisciplinarité intrinsèque, et se situe à mi-chemin entre sciences humaines et sciences exactes (CETRO & ZOTTI 2020 : 83). Si le discours de la critique d’art est très influencé par l’esthétique et la philosophie (ex. « clair-obscur »), dans les discours produits par les spécialistes, qui privilégient la description des monuments, le lexique est technique (ex. pour les matériaux « cire », les outils « poche-œil », les techniques de réalisation « gouache », etc.).

A partir de la Renaissance, cette dichotomie entre activité intellectuelle et activité pratique sera remise en question, en Italie notamment, berceau de la Renaissance artistique. Deux auteurs de cette époque ont joué un rôle fondamental dans la formation du lexique artistique : l’architecte Leon Battista Alberti (1404-1472), qui, par sa refonte en italien du traité latin De Architectura de Vitruve (15 av. J.-C.) (BIFFI 2003), a accompli un travail remarquable sur la systématisation de ce lexique, et le peintre, architecte et critique d’art toscan Giorgio Vasari, auteur d’un monumental recueil de biographies d’artistes, Le vite dè più eccellenti pittori scultori e architettori (1550, 1568).

Cet ouvrage a été choisi par l’équipe du projet de recherche interuniversitaire LBC[2], basé à l’Université de Florence, comme texte source de la base de données parallèles en voie de réalisation (FARINA & NICOLÁS MARTÍNEZ 2020), car il est considéré comme l’acte de naissance de l’histoire de l’art (VASSELIN, Encyclopædia Universalis). Vasari, tout en présentant les biographies des artistes les plus célèbres de la Renaissance (de Giotto à Michel-Ange et Raphaël), donne une description détaillée de leurs œuvres et de leurs techniques. Cet ouvrage contient les mots, les expressions, les tournures, ainsi que les inventions expressives de Vasari pour décrire le patrimoine artistique italien à un moment de l’histoire, le XVIe siècle, où la langue italienne était en pleine mutation et à la recherche de son identité, comme l’a observé LE MOLLÉ (1988 : 211-212) :

L’un des mérites des Vite aura été, précisément, d’être à la fois un banc d’essai pour un rodage du volgare littéraire et en même temps un monument qui permettra au vulgaire d’affirmer son existence en compagnie d’autres œuvres comme celles de Guichardin ou de Machiavel.

Le Vite, diffusé à partir de la seconde moitié du XVIe siècle dans toute l’Europe, a eu un écho formidable à l’étranger grâce aux nombreuses traductions réalisées, pour la plupart, par des spécialistes de l’art. L’analyse des traductions du lexique de Vasari montre que la langue italienne a joué un rôle de premier plan dans la constitution et le développement du lexique artistique moderne pan-européen.

Dans une œuvre aussi vaste que Le Vite, qui touche à tant de problèmes de nature aussi technique, Vasari, qui n’a pas la maîtrise totale du vocabulaire qu’il doit déployer, essaie de conserver le vocabulaire technique utilisé par les artistes qui l’ont précédé (LE MOLLÉ 1988 : 9). Cependant, il est parfois obligé d’« inventer » son propre vocabulaire pour dénommer des concepts qui sont soit tombés en désuétude parce que « les outils, les techniques, les recettes sont abandonnées » (LE MOLLÉ 1988 : 7), soit entièrement nouveaux et pas encore stabilisés dans l’usage.

Le texte de Vasari est ainsi à l’origine du lexique artistique, et ses traductions constituent le moyen d’adapter ce proto-lexique artistique italien à d’autres langues. Les traductions sont de ce fait un terrain où des spécialistes de différents panoramas linguistico-culturels explorent les réseaux de significations du texte vasarien pour forger des vocables et concepts nouveaux (DUBUS & FIORATO 2017 : 32).

Les traductions donnent naissance à une véritable « terminologie artistique » qui évolue par la suite[3]. Le cas de la France est à cet égard exemplaire, comme l’a démontré CETRO (2022), car aux XVIIe et XVIIIe siècles un travail de systématisation du lexique artistique français y a été mené dans le but de s’affranchir de l’influence italienne conduisant à la stabilisation d’une terminologie conçue pour dénommer les concepts artistiques.

L’étude des traductions que nous avons amorcée, en alignant une traduction intégrale anglaise et deux traductions françaises partielles des Vite, montre que le lexique employé par Vasari n’existe pas dans un état de permanence stable, mais qu’il est sujet à d’imperceptibles glissements au cours des siècles. Dans le corpus parallèle en cours de réalisation, nous menons des analyses contrastives entre différentes paires de langues, l’italien ayant toujours le rôle de langue pivot, dans le but de dévoiler la « richesse polyvalente » des termes de ce domaine. Dans le futur, nous envisageons également d’analyser les différentes manières de traduire les termes artistiques au fil du temps (ZOTTI & HENKEL 2024).

3. La base parallèle : méthodes, outils, principes d’analyse

Dans cette partie nous exposerons les méthodes qui ont servi à la constitution de cette nouvelle base parallèle et à la récolte des données, ainsi que nos principes d’analyse.

3.1. Base de données

Le texte source italien de notre base est la deuxième édition augmentée des Vies de VASARI (1568), connue sous le nom de Giuntina. Nous avons pris comme textes cibles la traduction anglaise de DEVERE (1911-1915), et les traductions françaises de WEISS (1900) et de LECLANCHÉ (1839-1842). Parmi les traductions disponibles en version électronique, la priorité a été donnée à des traductions récentes et, si possible, intégrales. La traduction anglaise de De Vere est quasi intégrale, assez littérale et relativement facile à aligner de ce fait. En revanche, les traductions françaises sont un peu abrégées et plus libres[4].

Nous avons utilisé le logiciel LF Aligner pour effectuer le premier alignement automatique, qui a été vérifié ensuite à l’aide d’un deuxième outil, Okapi Checkmate. Un dernier contrôle de l’alignement a été effectué en vérifiant que le texte source était toujours identique à lui-même, avant et après l’alignement, et de même pour le texte cible.

Notre base de données existe désormais sous différents formats (.txt, .ods, .xlsx, .tmx), dans une optique d’interopérabilité maximale (ZOTTI & HENKEL 2024). La Fig. 1 donne un aperçu de l’alignement dans le logiciel d’analyse de corpus AntConc.

Fig. 1 : Aperçu de la base parallèle dans AntConc

3.2. Récolte des données

Nous avons commencé par extraire toutes les phrases-sources contenant les différentes formes de tondo (« rond ») en italien (tondo/a/i/e), qui ont été ensuite analysées et annotées manuellement afin d’identifier :

  • la catégorie grammaticale de tondo : nom vs. adjectif ;
  • les expressions plus larges dans lesquelles tondo était intégré ;
  • les unités lexicales correspondantes en anglais et en français ;
  • les lacunes.

Au total, nous avons analysé plus de 400 occurrences, avec leurs traductions en anglais et français.

Nous sommes conscients du fait que ce serait un anachronisme de chercher à lire Vasari dans une perspective wüstérienne. Néanmoins, nos analyses laissent penser que tondo, bien qu’issu de la langue générale, a les caractéristiques essentielles d’un terme dans la mesure où :

  1. il appartient à un domaine de spécialité ;
  2. il s’insère dans une hiérarchie conceptuelle :
  • tondo di marmo (« rond de marbre ») est un type de sculpture,
  • tondo di pittura (« rond de peinture ») est un type de peinture ;
  1. il s’oppose à d’autres concepts par des traits distinctifs :
  • tondo (« rond ») ≠ quadro (« carré, cadre »)
  • di tondo rilievo (« en ronde bosse ») ≠ di mezzo rilievo (« en demi-relief »)
  • tondo (« circulaire ») ≠ mezzo tondo (« demi-circulaire », « en demi-cintre ») ≠ quarto tondo (« en quart de cercle »)

Dès lors, il ne nous semble pas abusif d’étudier tondo en tant que terme, ou « proto-terme », sans nous attendre pour autant à ce qu’il réponde toujours parfaitement à des critères aussi stricts que ceux élaborés plusieurs siècles plus tard par Wüster, ses successeurs ou ses détracteurs.

Notre approche est mixte : nous étudions d’abord le ‘mot’ tondo, dans une perspective sémasiologique, dès lors qu’il appartient au vocabulaire spécifique au domaine artistique, et ensuite nous l’abordons dans une perspective onomasiologique en cherchant à cerner, par l’étude des œuvres artistiques ainsi décrites, le(s) concept(s) qu’il est susceptible de désigner.

3.3 Principes d’analyse

3.3.1 Distinction N/Adj

Nous avons effectué une première distinction entre les occurrences nominales (N) et adjectivales (Adj). On considère généralement que les termes sont majoritairement des noms (CABRÉ 1999, CONDAMINES 2005), notamment en raison du “haut niveau de stabilité” dénotative :

Dans la très grande majorité des cas, [ce sont] des noms ou des syntagmes nominaux, sans doute parce qu’on associe à la forme nominale un haut niveau de stabilité et de pouvoir de désignation. (CONDAMINES 2005)

En revanche, l’adjectif, par sa nature grammaticale, peut se rapporter à différents noms, et son interprétation varie selon le nom auquel il se rapporte. De ce fait, l’adjectif tend naturellement vers la polysémie (HENKEL 2014).

3.3.2 Termes complexes

Ensuite, au-delà de la distinction N/Adj, nous avons répertorié un certain nombre de termes complexes ayant une signification compositionnelle qui résulte du cumul des unités simples qui les composent (L’HOMME 2020 : 66). On trouve plusieurs variantes dont la signification contextuelle semble être la même (mezzo tondo~in mezzo tondo, di tondo rilievo~di rilievo tondo~tondo di rilievo, etc., cfr. infra). Cependant, si à chaque fois tondo apporte bien sa propre part de signification qui s’ajoute aux autres éléments, la conception de la « rondeur » n’est pas tout à fait la même dans di tondo rilievo et girare in tondo. Sa signification ne varie pas au point de devenir opaque (non-compositionnelle) à l’analyse, mais nous ne pourrions pas manquer de reconnaître dans cette variation une forme de polysémie.

La Fig. 2 résume les principaux termes complexes que nous avons répertoriées dans le texte source italien.

Fig. 2 : Synthèse des principales expressions contenant tondo dans le texte source

3.3.3. Sous-domaines artistiques

En troisième lieu, nous avons tenu compte des trois sous-domaines présents dans l’œuvre de Vasari, à savoir architecture, sculpture et peinture, entre lesquels nous avons observé quelques superpositions : architecture+sculpture, sculpture+peinture.

4. La polysémie dans les traductions de tondo

La polysémie de tondo et ses expressions apparentées se manifeste dans la description d’œuvres de nature différente (tondo di marmo décrit un type de sculpture, tandis que tondo di pittura décrit un type de peinture) et/ou des concepts différents (des colonne tonde ont une forme ronde, tandis que des figure tonde peuvent être observées sous tous les angles en faisant le tour), ce qui implique généralement dans les traductions le recours à des dénominations ou expressions différentes pour chaque acception. Souvent les différentes significations appartiennent à des sous-domaines différents, comme sculpture vs. peinture, mais l’existence d’œuvres hybrides remet en question la pertinence d’une distinction trop nette, en nous rappelant que ces sous-domaines restent perméables.

Nous commencerons par présenter les principales interprétations que nous avons observées chez nos traducteurs anglais et français pour les quatre cas de figure les plus fréquents :

  1. tondo en tant que nom ;
  2. le syntagme nominal mezzo tondo ;
  3. tondo en tant qu’adjectif ;
  4. le terme complexe di tondo rilievo.

4.1 Inventaire des traductions

Les traductions que nous avons relevées pour tondo-N sont indiquées ci-dessous (Tableau a) :

Tableau a : Traductions de tondo en tant que nom

Dans la traduction anglaise, 16 traductions différentes du nom sont présentes, dont 4 récurrentes : medaillon (51) au croisement de la sculpture et de l’architecture, round picture (24) en peinture, round (15) et circle (14) dans plusieurs domaines différents.

Dans la traduction française, on relève 19 traductions différentes parmi lesquelles : « médaillon » en sculpture/architecture, « tableau rond » en peinture, et plusieurs variantes de « cercle/circulaire ».

Il est donc évident que, pour les traducteurs, le nom tondo peut avoir plusieurs interprétations, dont certaines paraissent stables et récurrentes, en anglais plus qu’en français.

Du coté des expressions complexes (Tableau b), le syntagme nominal (SN) mezzo tondo est traduit de 4 façons différentes en anglais, mais c’est clairement lunette (36) qui domine. Entre nos deux traducteurs français, Weiss traduit aussi par « lunette » (3), tandis que Leclanché préfère « hémicycle » (7), quoique des paraphrases comme « cadre demi-circulaire » (6) soient presque aussi fréquentes.

Tableau b : Traductions de mezzo tondo-Adj

Pour tondo-Adj (Tableau c), nous trouvons principalement trois interprétations : le sens général de « rond », traduit par les adjectifs round (65) en anglais et « rond » (21) ou « circulaire » (10) en français. On remarque deux sens spécialisés relatifs à une technique de sculpture : lorsqu’il s’agit de décrire des sculptures en trois dimensions qui peuvent être observées sous n’importe quel angle, on traduit l’adjectif tondo par les expressions in the round (84) en anglais, et « en ronde-bosse » (28) en français. En revanche, parfois le même adjectif s’utilise aussi pour des sculptures en relief (bas-relief ou haut-relief), d’où les traductions in full-relief en anglais, et des traductions comme « de haut relief » ou « se détachant » en français.

Tableau c : Traductions de tondo en tant qu’adjectif

Il semble y avoir une certaine confusion chez Vasari dans l’emploi de tondo-Adj entre l’adjectif qui correspond à deux sens techniques distincts (« en ronde bosse » et « en relief) et l’expression di tondo rilievo (Tableau d) et ses variantes, comme di rilievo (tutto) tondo, di tondo rilievo, tondo (di rilievo), qui décrit surtout des œuvres en relief, mais que nos traducteurs interprètent aussi quelquefois dans le même sens que l’adjectif tondo pour décrire des œuvres in full relief (15) en anglais et « en ronde-bosse » (6) en français.

Tableau d : Traductions de l’expression di tondo rilievo

4.2 Illustration par sous-domaine

Dans cette partie, les différents concepts associés à tondo selon le sous-domaine de spécialisation (architecture, sculpture et peinture) seront illustrés graphiquement en suivant une approche onomasiologique.

4.2.1 Architecture

Dans le sous-domaine de l’architecture, on trouve principalement deux emplois de tondo. D’abord, tondo-Adj est employé pour décrire des structures de forme ronde comme un escalier ou une colonne (Fig. 3) : It. una colonna tonda = Fr. une colonne ronde = En. a round column ; It. la scala tonda = Fr. escalier circulaire = En. round staircase. Cependant, pour Vasari le terme complexe scala tonda est synonyme de scala a chiocciola, c’est-à-dire un escalier en colimaçon. Un escalier n’est donc pas « rond » de la même façon qu’une colonne est « ronde », puisque, géométriquement, il s’agit dans le premier cas d’une spirale, et dans le deuxième d’un cylindre.

Fig. 3 : Acceptions de tondo-Adj – colonnes « rondes » (cylindriques) à l’intérieur d’un escalier « rond » (en spirale)

On trouve tondo aussi dans le terme complexe mezzo tondo qui désigne le demi-cercle qui forme la partie haute d’une arche (Fig. 4), que le traducteur DE VERE (1915) traduit soit par lunette, soit par half-circle, et que les traducteurs français traduisent par « lunette » (WEISS 1900), « hémycycle » (LECLANCHÉ 1842), mais aussi « demi-cintre » et « cadre demi-circulaire ». Dans la majorité des cas, Vasari utilise mezzo tondo pour décrire les œuvres en demi-cercle se situant à l’intérieur d’une arche, mais mezzo tondo désigne parfois la partie haute de l’arche elle-même (Fig. 4).

Fig. 4 : Demi-cercle d’une arche désigné par l’expression « mezzo tondo »

4.2.2 Sculpture

Dans le sous-domaine de la sculpture, on observe un flottement entre tondo-Adj, qui décrit plutôt des œuvres en trois dimensions (ex. la célèbre Pietà tutta tonda de Michel-Ange), et correspond à l’expression in the round en anglais, et « en ronde-bosse » en français, par rapport au terme complexe di tondo rilievo, qui décrit plutôt les œuvres en saillie ou en haut-relief (En. in full-relief, Fr. « de haut relief », c’est-à-dire qui se détachent beaucoup plus qu’un bas-relief, cfr. Fig. 5). Vasari semble hésiter entre tondo et di tondo rilievo. Chez les traducteurs, les interprétations divergent, comme dans cet extrait où DE VERE (1915) traduit par in full-relief, tandis que la traduction par « en ronde-bosse » chez WEISS (1900) l’assimile aux sculptures en trois dimensions.

 Fece ancora Michelozzo sopra alla porta della sagrestia et Opera dirimpetto a S. Giovanni, un San Giovannino DI TONDO RILIEVO lavorato con diligenza; il qual fu lodato assai.

<DE VERE>Moreover, above the door of the sacristy and the Office of Works, opposite to S. Giovanni, Michelozzo made a little S. John IN FULL-RELIEF, wrought with diligence, which was much extolled.

<WEISS> Au-dessus de la porte de l’Œuvre, face à San Giovanni, il fit également un petit saint Jean [3], EN RONDE-BOSSE, d’un beau travail qui fut beaucoup admiré.

Fig. 5 : Exemple de statue de haut-relief (di tondo rilievo)

4.2.3 Peinture

Dans le sous-domaine de la peinture tondo-N désigne surtout des tableaux ronds. Vasari évite parfois les ambiguïtés en distinguant entre le tondo di marmo (de marbre = « médaillon ») pour le sous-domaine de la sculpture, et tondo di pittura (« tondo » en français) pour celui de la peinture (ZOTTI 2017 : 113). L’exemple le plus connu de tondo di pittura est celui du tondo Doni de Michel-Ange, exposé aux Offices de Florence. L’anglais et le français ont adopté l’emprunt à l’italien pour désigner le concept de « tableau de forme ronde ».

4.2.4 Croisements entre sous-domaines

Entre les trois sous-domaines (architecture, sculpture et peinture), on observe des superpositions qui compliquent l’analyse et remettent en question la pertinence d’une approche fondée sur l’homonymie (FELBER 1987), selon laquelle l’emploi d’une même dénomination dans plusieurs domaines différents serait à considérer comme un « hasard » ou une « coïncidence » (homonymie), alors même que les concepts sont, sinon identiques, du moins apparentés (polysémie) :

The semantic value of a term is established solely on the basis of its relationship to a specific conceptual system. Identifying a term as belonging to a special subject field involves placing it in a specific conceptual system, and as a result what in lexicography is considered polysemy, in terminology becomes homonymy (CABRÉ 1999).

Se revendiquant souvent comme « conceptuelle », l’approche classique en terminographie multilingue se veut monosémique et aboutit à créer des entrées homonymes en cas de polysémie avérée (JANSSEN & VAN CAMPENHOUDT 2005). Selon L’HOMME (2020a) la distinction classique entre polysémie et homonymie repose sur l’absence de traits sémantiques communs :

Homonymy refers to a situation whereby the same lexical form conveys different meanings that cannot be connected in any way. Polysemy is also a phenomenon in which the same lexical form has multiple meanings. However, polysemous items usually share at least one semantic component (L’HOMME 2020a).

Cette distinction mérite toutefois d’être nuancée, en ce sens que, dans des sous-domaines voisins, les concepts ont bien des traits communs, et qu’il faut tenir compte de l’existence d’œuvres hybrides. Dans de tels cas, le concept désigné par tondo dans le sous-domaine de l’architecture n’est pas rigoureusement le même que dans le sous-domaine de la sculpture, mais il paraît difficile, néanmoins, de soutenir que les concepts ne peuvent être reliés d’aucune manière.

L’approche classique a été remise en question par L’HOMME (2020b) aussi dans le domaine de l’informatique :

Terminologists have conveniently redefined the concept of “homonymy” to refer to polysemy across domains. Traditionally, terminologists have distinguished “homonymy” (multiple meanings in different domains) from “polysemy” per se (multiple meanings in the same domain).

De même, nous considérons que l’existence de plusieurs significations dans des (sous-)domaines artistiques doit être analysée sous l’angle de la polysémie et non de l’homonymie. En effet, lorsque le même terme est employé dans des sous-domaines voisins, il ne s’agit pas d’une coïncidence puisque les concepts se recouvrent en grande partie, au point qu’on trouve même des œuvres hybrides relevant de deux sous-domaines en même temps. Le cas le plus fréquent est celui des tondi di marmo ou « médaillons » qui sont des œuvres sculptées, insérées dans les façades, et qui relèvent à la fois de l’architecture et de la sculpture. Dans l’extrait suivant, tondo-N désigne une œuvre de forme ronde insérée dans un cadre circulaire (« médaillon »).

Dopo fece Benedetto, in S. Maria Novella di Fiorenza, dove Filippino dipinse la capella, una sepoltura di marmo nero, in un TONDO una Nostra Donna e certi Angeli con molta diligenza, per Filippo Strozzi Vecchio, il ritratto del quale, che vi fece di marmo, è oggi nel suo palazzo.

<DE VERE> In S. Maria Novella at Florence, where Filippino painted the chapel, Benedetto afterwards made a tomb of black marble, with a Madonna and certain angels in a MEDALLION, with much diligence, for the elder Filippo Strozzi, whose portrait, which he made there in marble, is now in the Strozzi Palace.

<WEISS> À Santa Maria Novella, il fit ensuite, dans la chapelle qui fut peinte par Filippino, un tombeau en marbre noir, et, dans un MÉDAILLON, la Madone avec quelques anges [5], pour Filippo Strozzi l’ancien, dont le portrait en marbre [6] est actuellement dans son palais.

À plusieurs reprises Vasari mentionne des tondi qui sont à la fois sculptés et peints. Dans ce cas, on peut constater qu’il s’agit en même temps d’un tondo di marmo et di pittura, alors que « médaillon » est un terme appartenant au sous-domaine de la sculpture uniquement.

5. Polysémie inter- vs. intra-domaine de la terminologie artistique

Jusqu’ici, nous nous sommes surtout intéressés à des différences d’interprétation de tondo dans différents sous-domaines : en architecture une colonna tonda est de forme ronde ; en sculpture une figura tonda est en trois dimensions. Cette polysémie inter-domaine, à savoir celle qu’un terme peut manifester d’un domaine à l’autre, n’est pas réellement problématique, dans la mesure où le risque d’ambiguïté est limité par l’appartenance à un domaine spécifique. La « clé (de cryptage) » en informatique entre rarement en concurrence avec la « clé (à molette) » en quincaillerie.

Le risque d’ambiguïté est beaucoup plus élevé lorsqu’un terme peut avoir plusieurs interprétations à l’intérieur d’un seul domaine ou sous-domaine[5]. Nous avons surtout observé ce type de polysémie intra-domaine dans le sous-domaine de l’architecture. C’est une situation qui nous semble intrinsèquement instable et liée à l’évolution conceptuelle.

Une comparaison rapide avec un autre domaine permettra d’éclairer notre propos. Le concept d’« acide » en chimie jusqu’au XIXe siècle relevait du lexique charnière (CABRÉ 1999) en ce sens que le concept dans le domaine spécialisé n’était guère éloigné de la signification du mot dans la langue générale. À la fin du XIXe-début XXe siècle, cependant, avec le progrès des connaissances scientifiques, plusieurs cadres théoriques ont émergé et le terme « acide » est devenu ambigu, d’où une diversification terminologique : « acide d’Arrhenius » (formation de H3O+ en solution aqueuse), « acide de Brønsted-Lowry » (donateur de H+, indépendamment du solvant), « acide de Lewis » (récepteur d’électrons, quel que soit le donateur). Aujourd’hui le terme « acide » occupe le rang d’hyperonyme, et les trois concepts distincts (hyponymes) portent des dénominations qui renvoient aux différents cadres théoriques.

Dans le sous-domaine de l’architecture, tondo-Adj désigne surtout des structures de forme ronde (avec différentes conceptions pour une colonne ou pour un escalier), et tondo-N des « médaillons », mais on trouve aussi quelques occurrences de tondo-N en architecture qui désigne non pas des œuvres sculptées, mais des ouvertures circulaires (3e interprétation) :

… facendo al dritto delle finestre di detto cortile nel secondo ordine, alcuni TONDI che variassino dalle finestre su dette, per dar lume alle stanze di mezzo, che son sopra alle prime, dov’è oggi la sala de’ Dugento.

<DE VERE>… and on the second tier, directly above the windows of the said courtyard, he made some ROUND WINDOWS (so as to have them different from the aforesaid windows), to give light to the rooms on that floor, which are over those of the first floor, where there is now the Sala de’ Dugento.

<WEISS> Au second étage pour donner quelque variété aux ouvertures, il pratiqua des ŒILS-DE-BŒUF qui éclairent les salles, au-dessous desquelles est actuellement la salle des Deux-Cents.

Dans l’exemple suivant, on trouve une 4e interprétation de tondo-N :

Nel mezzo della volta è un TONDO con quattro figure finte per vittorie, che tengono il regno del papa e le chiavi, scortando al disotto in su, lavorate con maestrevol arte e molto bene intese.

<DE VERE>… In the centre of the vaulting is a CIRCLE with four figures representing Victories, seen foreshortened from below upwards, who are holding the Pope’s Crown and the Keys; and these are very well conceived and wrought with masterly art,

<WEISS>Au milieu de la voûte est un COMPARTIMENT ROND, occupé par quatre Victoires en raccourci qui, les jambes et les bras nus, et le reste du corps couverts de voiles légers, tiennent la couronne du pape et les clefs de saint Pierre.

Ces 4 interprétations différentes que nous avons recensées dans le domaine de l’architecture donnent lieu aussi à des traductions différentes.

6. Conclusions : synthèse et développements futurs

Malgré les difficultés que suscite la comparaison d’un texte source italien du XVIe siècle avec des traductions des XIXe-XXe siècles, nous avons cherché à étudier les termes du domaine artistique, issus de l’ouvrage de Vasari, dans une perspective wüstérienne ou post-wüstérienne, sans chercher à imposer une lecture anachronique. Nous sommes conscients du fait que la langue italienne à l’époque de Vasari est en évolution, et que Vasari est un expérimentateur qui n’a aucun scrupule à utiliser le même lexème tantôt dans un sens général tantôt avec des sens techniques différents.

Vasari s’approprie ainsi tondo pour dénommer des œuvres d’art de plusieurs types différents et appartenant à plusieurs sous-domaines :

  • 1) sculpture principalement pour désigner des œuvres en trois dimensions en employant tondo en tant qu’adjectif :
     It. figure TONDE
    Fr. « figures EN RONDE BOSSE »
    Ang. figures IN THE ROUND

ou l’expression :

It. di tondo rilievo
Fr. « en ronde-bosse »
Ang. in full relief

  • 2) architecture, principalement comme adjectif pour désigner des structures de forme ronde :

It. il tempio TONDO di S. Giovanni
Fr. « le temple ROND […] sur la place Saint-Louis-des-Français »
Ang. the ROUND church of S. Giovanni

 et dans l’expression mezzo tondo :

It. un MEZZO TONDO dipinto a tempera
Fr. « en détrempe et dans un CADRE DEMI-CIRCULAIRE »
Ang. LUNETTE ;

  • 3) sculpture + architecture : des œuvres de haut relief ou bien de forme ronde insérées dans un cadre circulaire (« médaillon »).

L’étude des termes du domaine artistique, à travers leurs traductions vers d’autres langues, fait donc ressortir les différentes interprétations attribuables à la polysémie qui résulte, d’une part, de l’emploi de dénominations issues de la langue générale et, d’autre part, des concepts encore en évolution dans le domaine artistique et dans la langue de spécialité propre à ce domaine. La polysémie apparaît dès lors comme une dimension fondamentale et incontournable dans la terminologie, conduisant naturellement vers une diversification diachronique et interlinguistique qui résulte à la fois de l’évolution des connaissances et pratiques dans les domaines de spécialisation, de l’évolution de la langue, générale et spécialisée, et de la transmission des connaissances d’une aire culturelle vers les autres avec des moyens linguistiques différents.

Cette étude exploratoire vise à interroger la notion de polysémie en terminologie en accordant une attention particulière à la polysémie intra-domaine qui est potentiellement source d’incompréhension dans la langue-source, ce qui représente un défi majeur pour les traducteurs et confirme l’importance d’une connaissance extra-linguistique approfondie du domaine. Elle met en évidence la diversification lexicale qui se produit dans le passage d’une langue à l’autre. Cette méthode d’analyse s’inscrit dans une perspective bi- ou plurilingue en utilisant les corpus parallèles, peu exploités dans la recherche en terminologie par rapport aux corpus comparables, notre but étant d’améliorer la description des termes dans les ressources terminologiques plurilingues pour la traduction (à titre d’exemple le GDT, cfr. ZOTTI 2022) où certains domaines, comme le domaine des beaux-arts, sont encore peu et mal représentés.

 

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WEISS, Charles, VASARI, Giorgio, Les vies des plus excellents peintres, sculpteurs, et architectes de Giorgio Vasari, 1900.


[1] L’introduction et la partie 2 ont été rédigées par Valeria Zotti, tandis que la partie 3 a été rédigée par Daniel Henkel. La partie 4 et la conclusion ont fait l’objet d’une écriture conjointe.

[2] La vocation de ce projet est de fournir une aide concrète aux professionnels engagés dans la communication du patrimoine, en essayant de combler les lacunes des ressources linguistiques traditionnelles dans le domaine de l’art.

[3] Certaines traductions savantes offrent en fait des solutions plus adéquates que celles qui sont attestées dans les principales ressources lexicographiques habituellement consultées par les traducteurs (ZOTTI 2017).

[4] La traduction de LECLANCHÉ & JEANRON (1842) est quasi intégrale et assez libre, celle de WEISS (1900) est partielle et très libre (cfr. ZOTTI & HENKEL 2024).

[5] Il convient de signaler que la plupart des différences d’interprétation que nous avons mises en lumière vont au-delà des glissements métonymiques que L’HOMME (2024) décrit comme des cas « réguliers », des « alternances » ou des « microsens ». Nous avons bien observé aussi des glissements de ce type, par exemple dans l’interprétation de girare in tondo qui signifie tantôt « donner une forme ronde » (artiste) tantôt « avoir une forme circulaire » (escalier), qui auraient permis d’approfondir davantage l’analyse si l’espace imparti pour cet article l’avait permis.

 


Per citare questo articolo:

Daniel HENKEL, Valeria ZOTTI, « Polysémie de la terminologie artistique dans les traductions des Vite de Giorgio Vasari. Une base de données parallèle pour l’étude de la terminologie artistique », Repères DoRiF, hors-série – En termes de polysémie. Sens et polysémie dans les domaines de spécialité, DoRiF Università, Roma, ottobre 2025, https://www.dorif.it/reperes/daniel-henkel-valeria-zotti-polysemie-de-la-terminologie-artistique-dans-les-traductions-des-vite-de-giorgio-vasari-une-base-de-donnees-parallele-pour-letude-de-la-terminologie-artistique/

 

ISSN 2281-3020

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