Federica VEZZANI, Rute COSTA, Giorgio Maria DI NUNZIO, Silvia PICCINI

 

Le sens de la polysémie en terminologie : propositions de représentation

 

 

Federica Vezzani
Dipartimento di Studi Linguistici e Letterari, Università di Padova
federica.vezzani@unipd.it

Rute Costa
NOVA CLUNL – Centro de Linguística da Universidade NOVA de Lisboa
rute.costa@fcsh.unl.pt

Giorgio Maria Di Nunzio
Dipartimento di Ingegneria dell’Informazione, Università di Padova
giorgiomaria.dinunzio@unipd.it

Silvia Piccini
Istituto di Linguistica Computazionale “A. Zampolli”, Area della Ricerca CNR di Pisa
silvia.piccini@ilc.cnr.it


Résumé
La polysémie est un sujet central en linguistique, mais sa place en terminologie est relativement récente. Dans ce contexte, il convient néanmoins de noter que les discours concernant la polysémie dans les études de terminologie ne sont pas homogènes, nuisant à la compréhension. Cet article se penche sur le phénomène de la polysémie à la lumière de la double dimension conceptuelle et linguistique de la terminologie (COSTA 2013, SANTOS & COSTA 2015, ISO 1087 2019, ISO 704 2022). Nous proposons une modélisation du phénomène de la polysémie, élaborée à partir de deux cas de figure en français et conçue selon les modèles de représentation de données promus par l’ISO TC/37 SC 3.

Abstract
Polysemy is a central topic in linguistics, yet its role within the field of terminology remains relatively new. In this context, it is worth noting that discourses about polysemy in terminology studies are not homogeneous, which can prevent understanding. This study revisits the phenomenon of polysemy in light of the dual conceptual and linguistic dimensions of terminology (COSTA 2013, SANTOS & COSTA 2015, ISO 1087 2019, ISO 704 2022). We propose a modelling of the polysemy phenomenon, developed based on two French examples and designed according to the data representation standards promoted by ISO TC/37 SC 3.


1. Introduction[1]

Au cœur de nombreuses réflexions d’ordre linguistique, la polysémie représente un phénomène complexe dont la nature fait l’objet de nombreux débats dans la littérature. Si pour certains elle constitue un artefact de l’analyse linguistique (VICTORRI 1997, KLEIBER 1999), une « invention » de la lexicographie, pour d’autres, au contraire, ce phénomène langagier constitue une opportunité réelle d’investiguer et de comprendre les mécanismes qui sous-tendent la cognition humaine, l’extension du sens suivant des principes précis tels que la métaphore, la métonymie ou la synecdoque (LANGACKER 1988).

Or, si l’étude de la polysémie représente un axe de recherche de longue date en lexicologie et en sémantique (cfr. DUCHÁEK 1962, APRESJAN 1973, DEANE 1988, GEERAERTS 1993, PUSTEJOVSKY 1995, NERLICH et al. 2011), il n’en va pas de même pour les études purement terminologiques. Comme l’écrit FRASSI (2022 : 108) : « [l]a polysémie a fait surface en terminologie à une époque relativement récente ». Après tout, cela n’a rien d’étonnant si l’on considère le lien profond que la polysémie entretient avec la perspective diachronique, cette dernière ayant été longtemps considérée comme le « parent pauvre de la terminologie » (HUMBLEY 2011). En fait, la polysémie, entendue comme la capacité d’une unité lexicale à acquérir au fil du temps un sens nouveau qui « ne met pas fin à l’ancien » (BRÉAL 1897 : 154-155), a sa raison d’être dans une perspective historique, tout en constituant un phénomène non moins central pour ceux qui s’intéressent à la structure synchronique d’un lexique spécialisé ainsi qu’à son usage.

Étant donné la centralité et l’intérêt pour ce phénomène linguistique, même dans les langues de spécialité, les terminologues ont ressenti, au fil du temps, le besoin de s’y pencher, oscillant entre deux approches, comme le souligne L’HOMME (2024) : d’une part, le phénomène a été considéré comme quelque chose à prévenir, et d’autre part, tout en reconnaissant son importance dans les textes spécialisés, il a été associé à des problématiques telles que l’ambiguïté, l’indétermination, la catégorisation et la variation.[2]

WÜSTER (1985) lui-même, tout en établissant dans son œuvre fondatrice une relation biunivoque entre le terme et le concept, reconnaît néanmoins l’existence de la polysémie et de l’ambiguïté en tant que phénomènes intrinsèques à la langue. Bien qu’il cherche à les éliminer, les considérant comme des obstacles à la compréhension, il ne les ignore pas entièrement dans sa réflexion. CANDEL (2004) souligne d’ailleurs que « le grand principe de la biunivocité, tant décrié chez E. Wüster, est pourtant loin d’être chez lui une règle générale […] » (p. 21), précisant également que « Wüster atteste explicitement une forme de polysémie » (p. 22). Ainsi, si la biunivocité peut apparaître comme un principe bénéfique dans le cadre de la normalisation, il n’en demeure pas moins qu’un terme, selon le contexte discursif, peut susciter et enrichir des sens variés. Cela met en évidence la nécessité d’une analyse approfondie de la polysémie et de ses implications.

Il convient néanmoins de noter que la littérature spécialisée sur la polysémie en terminologie (cfr. Tableau 1) est très hétérogène en ce qui concerne la méta-terminologie employée, à savoir pour ce qui est de termes et de concepts utilisés. Comme nous le verrons dans les pages suivantes, cette hétérogénéité découle du fait que les analyses de la polysémie s’appuient sur des cadres théoriques dont les approches épistémologiques varient, en particulier en ce qui concerne la compréhension de concepts-clés tels que le concept, le sens, et la signification, essentiels pour appréhender le phénomène de la polysémie.

Cet article se consacre à passer en revue le phénomène de la polysémie en linguistique et en terminologie (section 2). En ayant recours au postulat théorique selon lequel la terminologie est une discipline ayant une double dimension (conceptuelle et linguistique) (COSTA 2013, SANTOS & COSTA 2015, ISO 1087 2019, ISO 704 2022), nous proposons de revisiter le phénomène de la polysémie (section 3). Ensuite, nous illustrons une modélisation de ce phénomène au sein des ressources terminologiques en nous appuyant sur le métamodèle Terminological Markup Framework (TMF) (ISO 16642 : 2017) et son implémentation dans le format TermBase eXchange (TBX) (ISO 30042 : 2019) (section 4). La modélisation est illustrée à partir de deux exemples en langue française. Finalement, la section 5 conclut ce travail en proposant quelques réflexions et perspectives de recherche.

2. Polysémie : entre linguistique et terminologie

L’identité sémantique des polysèmes[3] ainsi que la construction du sens sont des questions fondamentales abordées dans la littérature, oscillant entre deux approches.

D’un côté, le courant appelé « objectiviste » (KLEIBER 1999 : 10-11) décrit la polysémie en termes de sens premier référentiel à partir duquel sont dérivés les autres sens secondaires, généralement par dérivation métaphorique et métonymique. Les différentes acceptions d’une unité polysémique existent donc a priori au niveau de la langue. C’est le contexte dans lequel l’unité lexicale est employée qui sélectionne la valeur adéquate. Il s’agit d’ailleurs de la méthode généralement adoptée par la lexicographie, qui se fonde sur une vision fondamentalement statique de la polysémie.

De l’autre côté, l’approche dite « constructiviste » (KLEIBER 1999 : 11-12) propose une vision plutôt dynamique. La polysémie n’existe pas dans la langue – VICTORRI (1997 : 50) parle en effet de manière provocante d’un « artefact » – mais émerge de l’interaction entre le signifié et le contexte. Autrement dit, en reprenant une terminologie saussurienne, on peut distinguer entre une valeur in absentia au niveau de la langue, et une valeur in praesentia au niveau de la parole. BENVENISTE (1969-1970), quant à lui, distingue entre la signification au niveau de la langue et le sens au niveau du discours, une terminologie que nous allons adopter dans cet article.

La signification est donc décontextualisée, hors de la syntagmation, sur le plan abstrait de la langue, liée au système où elle demeure purement virtuelle, en puissance. Elle accède à l’existence lorsqu’elle s’actualise dans le discours et devient sens.

Selon les différentes théories, la signification peut être considérée comme un noyau sémique (GREIMAS 1986) qui s’enrichit dans le contexte de traits particuliers, ou une forme schématique (VICTORRI 1997) abstraite susceptible de se déformer en fonction du contexte. La signification est donc un invariant sémantique et abstrait commun à tous les sens observables en contexte qui n’est pas directement accessible mais qui est dégagé ou reconstruit à travers un processus d’abstraction à partir de ses manifestations en discours. Le sens est finalement le résultat de l’interaction de la signification avec les autres éléments contextuels et, contrairement à la signification, constitue une entité empiriquement observable.

Cette distinction entre sens et signification est, d’après nous, également pertinente en terminologie où la scène s’enrichit d’un troisième acteur, à savoir le concept. C’est pourquoi, il nous semble nécessaire d’enquêter sur la nature de la polysémie telle qu’elle est décrite dans la science de la terminologie. En effet, indépendamment de l’impact que ce phénomène peut avoir dans les langues de spécialité ou dans les discours des experts, il existe une question également importante relative à l’entendement que l’on a de la polysémie en terminologie.

À ce jour, il manque – à notre connaissance – une étude systématique des différentes descriptions du phénomène de la polysémie dans les études terminologiques qui puisse rendre compte de l’hétérogénéité méta-terminologique caractérisant les discours autour de ce phénomène. Dans une tentative de combler cette lacune, nous proposons – sans prétention à l’exhaustivité – le Tableau 1 ci-dessous regroupant les descriptions du concept de polysémie selon différents auteurs que l’on peut associer à différentes théories ou approches de la science de la terminologie :

Tableau 1. Description du phénomène de la polysémie en terminologie

Comme on peut le constater, la polysémie est, dans la plupart de cas, décrite comme une relation entre un et plusieurs éléments (relation 1 : n). Toutefois, la manière dont ces éléments sont désignés varie considérablement d’un auteur à l’autre. Pour ce qui est du premier élément, certains parlent de « terme » ou de « désignation », tandis que d’autres préfèrent parler de « forme linguistique » ou « signe linguistique ». Cette variabilité méta-terminologique ne se limite pas seulement au premier élément de la relation. En effet, même les termes « sens », « signification », « concept » et « notion » sont utilisés de façon apparemment indistincte dans la littérature, ce qui ajoute – d’un point de vue méta-terminologique – une couche supplémentaire d’ambiguïté à la compréhension du phénomène de la polysémie.

Or, dans cet article, nous défendons l’idée selon laquelle ces éléments – en particulier en référence au n de la relation – ne sont pas de la même nature et ne font pas partie du même plan d’analyse. Le fait d’employer « sens », « signification » et « concept » sans les distinguer dans leur nature a des conséquences néfastes sur l’analyse du phénomène de la polysémie. Nous nous proposons ici d’apporter quelques réflexions qui permettent de ramener ce phénomène à la seule dimension linguistique du terme.

3.   Revisiter le phénomène de la polysémie

Nous proposons d’explorer la polysémie à travers un prisme théorique spécifique, en mettant en avant la perspective selon laquelle la polysémie est un phénomène linguistique. Étant donné la distinction entre sens et concept que nous présentons dans la section suivante consacrée à notre perspective, la polysémie ne peut donc pas être envisagée comme une relation entre un terme et plusieurs concepts – comme semblent le supposer certaines approches présentées dans la section 2 – mais plutôt comme une multiplicité de sens attachés à un même terme, générée en particulier par la présence de sèmes connotatifs et non dénotatifs (comme elle est généralement conçue en linguistique).[5]

3.1 Prémisse théorique : les éléments en analyse et leurs définitions

Le cadre théorique sous-tendant cette étude suppose que la terminologie est une science caractérisée par deux dimensions d’analyse – conceptuelle et linguistique – complémentaires et nécessaires à la représentation de la connaissance spécialisée (COSTA 2013, SANTOS & COSTA 2015). Selon cette approche, on se doit d’intégrer à la fois les perspectives conceptuelles et linguistiques pour représenter efficacement les connaissances d’un domaine spécifique. La double dimension implique que les conceptualisations des experts sur un domaine précis et les discours qu’ils produisent doivent être pris en compte dans le travail terminologique (CARVALHO et al. 2016).

Pour ce faire, le concept et le terme doivent être considérés comme deux éléments autonomes mais néanmoins interdépendants dans le flux du travail terminologique (SILVA 2014) : le premier permet de conceptualiser, tandis que le second permet de verbaliser cette conceptualisation et de la partager avec d’autres individus. Conformément à la norme ISO 1087 : 2019, nous adoptons la vision selon laquelle un terme est une « désignation représentant un concept par des moyens linguistiques », et un concept est « une unité de connaissance créée par une combinaison unique de caractéristiques ». L’identification des caractéristiques d’un concept se base sur la conceptualisation produite par des experts concernant un domaine donné. Par « conceptualisation », nous entendons le processus d’abstraction d’un objet (ISO 704 : 2022 ; VEZZANI & COSTA, 2024). Selon la norme ISO 1087 : 2019, les objets – définis comme « tout ce qui est perceptible ou concevable » – possèdent des propriétés, alors que les concepts ont des caractéristiques qui sont ainsi configurées comme des abstractions des propriétés de l’objet.

Tout comme les objets ont des propriétés et les concepts ont des caractéristiques, nous adoptons dans cet article l’approche selon laquelle les termes – sur le plan linguistique – sont constitués, au niveau du contenu, par des sèmes (BONATO et al. 2021, BONATO et al. 2024). En particulier, comme l’affirme DEPECKER (2002) – en reprenant GREIMAS (1986 : 21) et POTTIER (1974) – le sème est considéré comme une « une unité minimale de différenciation au sein d’un ensemble sémantique ou sémiotique donné ». Par le biais de cette approche, les termes peuvent être représentés de manière systématique et distinctive sous forme d’un sémème, qui est une collection de sèmes. Plus spécifiquement, les sèmes peuvent être distingués selon leur nature. Une distinction majeure est établie entre les sèmes dénotatifs et les sèmes connotatifs. Le même auteur (DEPECKER 2002) affirme qu’« un sème dénotatif détermine le sens d’un signe de façon stable […]. En revanche, un sème connotatif détermine le sens d’un signe de façon relativement instable, virtuelle, situationnelle, voire individuelle[6] : présent dans le signe, il est plus ou moins actualisable selon les contextes et les situations de communication ». Enfin, dans la même lignée, nous adoptons la distinction entre signification, entendue comme le « sens d’un signe en tant que signe en langue » (langue comme système), et sens, entendu comme la « signification actualisée d’un signe en contexte ou situation » (c’est-à-dire sur le plan du discours en tant qu’actualisation du système) (cfr. DEPECKER 2002).

3.2 Une nouvelle approche à la polysémie

Sur la base de la prémisse théorique précédente, l’approche à la polysémie que nous présentons adopte une orientation de type onomasiologique où l’objet et le concept sont le point de départ de l’approche préconisée. La Figure 1 illustre le raisonnement sous-jacent à cette vision du phénomène de la polysémie, dont nous proposons une explication théorique dans la présente section, tandis que des exemples en sont fournis dans la section 4.

Figure 1 – Niveaux d’analyse en terminologie

Cette perspective prévoit, comme premier niveau d’analyse, la dimension de l’objet (o1), identifiant l’entité matérielle, immatérielle ou imaginaire à laquelle nous nous référons et les propriétés (p1, p2, p3) qui la constituent. Ensuite, par le biais du processus de conceptualisation tel que défini précédemment, entre en jeu la dimension conceptuelle (deuxième niveau d’analyse) qui prévoit l’identification du concept (c1) en tant qu’abstraction de l’objet. Les caractéristiques qui constituent le concept sont, comme mentionné précédemment, les abstractions des propriétés de l’objet. Le concept ainsi formé est une combinaison unique de ces caractéristiques (ca1, ca2, ca3). Cette première transition de la dimension de l’objet à celle du concept prévoit de l’isomorphisme (symbole≊) et peut être représentée de la manière suivante :

o1= {p1, p2, p3}

c1= {ca1, ca2, ca3}

o1 ≊ c1

En passant de la dimension conceptuelle à la dimension linguistique de la terminologie, nous présentons dans la figure 1 une subdivision supplémentaire entre la dimension de la langue (troisième niveau d’analyse) en tant que système et la dimension du discours (quatrième niveau d’analyse) en tant qu’actualisation du système. Dans la dimension de la langue, nous identifions le terme qui, dans une langue naturelle donnée, permet de verbaliser un concept. Tout comme le concept est constitué d’une combinaison unique de caractéristiques, le terme est à son tour constitué d’une combinaison unique de sèmes, résultant en un sémème. Étant donné qu’il s’agit du niveau de la langue et donc en dehors d’un discours, nous défendons que les sèmes constituant le sémème sont de nature dénotative. L’ensemble des sèmes dénotatifs correspond à la signification du terme en tant que signe appartenant au système de la langue.

En traçant un parallèle entre la dimension du concept (c1) et la dimension du terme (t1) dans la langue, l’ensemble des caractéristiques d’un côté (ca1, ca2, ca3) et l’ensemble des sèmes dénotatifs (sd1, sd2, sd3) de l’autre, sont isomorphes, ce qui suppose une correspondance directe entre les caractéristiques et les sèmes dénotatifs[7] :

 c1= {ca1, ca2, ca3}

t1 = {sd1, sd2, sd3}

c1 ≊ t1

Le dernier niveau d’analyse implique le passage du terme de la dimension de la langue à la dimension du discours. Dans ce contexte spécifique, deux cas de figure peuvent se présenter. Le premier suppose que le terme en discours conserve un sens dénotatif, ce qui signifie que, dans ce discours précis, sens et signification correspondent. En revanche, le deuxième cas suppose que le terme puisse se charger de sèmes connotatifs supplémentaires activés en contexte. Il en découle donc que dans un discours spécifique, le terme acquiert un sens qui est composé des sèmes dénotatifs de la signification, auxquels s’ajoute au moins un sème de nature connotative (sc4, sc5…). Par exemple, en analysant le terme t1 dont la signification est constituée de sèmes dénotatifs {sd1, sd2, sd3} et en insérant le terme dans le contexte co1, le contexte co2 et le contexte co3, nous obtenons le résultat suivant :

t1_co1 = {sd1, sd2, sd3} [sens 1]

t1_co2 = {sd1, sd2, sd3, sc4} [sens 2]

t1_co3 = {sd1, sd2, sd3, sc5} [sens 3]

Dans le premier contexte (co1), sens et signification correspondent, c’est-à-dire que la combinaison unique des sèmes dénotatifs est la même pour le terme dans la langue que pour le terme dans le discours. Dans les deux contextes supplémentaires (co2 et co3), le terme se charge d’abord d’un sème connotatif sc4 puis d’un autre sème connotatif sc5, donnant ainsi lieu à deux sens différents en tant que deux combinaisons uniques et différentes de sèmes.

À ce propos, il est important de spécifier que les sèmes connotatifs, en raison de leur nature étroitement liée aux contextes discursifs, se manifestent uniquement lorsque nous sommes dans la dimension linguistique (et pas conceptuelle) de la terminologie. Il n’existe donc pas d’isomorphisme entre la combinaison unique de caractéristiques du concept (dimension conceptuelle) et la combinaison unique de sèmes dénotatifs et de sèmes connotatifs résultant dans le sens du terme (dimension du discours). Même pour cette raison, selon cette approche, le concept et le sens ne sont pas de la même nature.

En bref, la polysémie en terminologie se produit lorsque différents sens d’un terme émergent à partir de la même combinaison unique de sèmes dénotatifs, enrichie par des sèmes connotatifs, dans plusieurs contextes discursifs. En d’autres mots, un terme polysémique possède une signification de base sur le plan de la langue qui peut être actualisée de différentes manières dans des contextes spécifiques. Ces différentes actualisations du sens d’un terme polysémique résultent de l’ajout de sèmes connotatifs dans des contextes discursifs particuliers, tout en maintenant la base sémantique dénotative commune du terme. Ainsi, à l’issue de l’analyse et de la perspective développées dans cet article, la polysémie est envisagée comme un phénomène dynamique dépendante du contexte, où le sens véhiculé par le terme est constamment influencé par le contexte discursif dans lequel il est utilisé, tout en étant ancré dans sa signification fondamentale sur le plan de la langue et n’engendrant pas une multiplicité de concepts.

4.   Modélisation de la polysémie au sein des ressources terminologiques

Dans cette section, nous présentons la représentation de quelques exemples en français sur la base du modèle de données promu dans le cadre de l’ISO TC 37/SC 3,[8] à savoir le métamodèle de représentation des données Terminological Markup Framework (TMF) (ISO 16642 : 2017) et son implémentation dans le format TermBase eXchange (TBX) (ISO 30042 : 2019).

Les normes produites sous l’égide de l’ISO TC 37/SC 3 ont pour objectif de fournir des spécifications pour la conception, la mise en œuvre et la gestion des ressources terminologiques. Les données terminologiques sont généralement collectées et représentées dans des bases de données terminologiques, et les directives de l’ISO visent à faciliter leur interopérabilité et leur réutilisation (PICCINI et al. 2023, VEZZANI 2022). Dans ce contexte, la norme ISO 16642 : 2017 définit le métamodèle Terminological Markup Framework (TMF), qui se compose de sept instances. Une ressource terminologique est ainsi considérée comme une collection de données terminologiques (1) accompagnée d’informations globales (2) (par exemple, le nom de la ressource) et complémentaires (3) (par exemple, des données administratives). La collection contient une ou plusieurs entrées terminologiques (4). Chaque entrée terminologique se réfère à un seul et unique concept. Pour chaque entrée terminologique, il existe une ou plusieurs sections de langues (5) qui permettent de verbaliser le concept. Pour chaque section de langue, il existe une ou plusieurs sections de terme (6) qui désignent le concept caractérisant l’entrée terminologique. Enfin, pour chaque section de terme, il peut y avoir une ou plusieurs sections de composants de termes (7) recueillant des informations relatives aux composants du terme.

Ce métamodèle structurel vise à garantir l’interopérabilité entre les ressources terminologiques. La norme ISO 30042 : 2019 relative au format TermBase eXchange (TBX) vise plutôt à faciliter la réutilisation des données terminologiques. TBX est composé d’une structure de base qui reflète le modèle de données abstrait du métamodèle TMF (ISO 16642 : 2017), ainsi que d’un formalisme pour définir des modules contenant une liste de catégories de données (ISO 12620 : 2019). La combinaison de ces deux éléments définit un dialecte particulier, qui est un langage de balisage XML conforme à TBX.

Pour exemplifier nos propos et sur la base de la modélisation ci-dessus, nous présentons les exemples des termes « virus » et « mamelle ». En particulier, nous illustrons comment le premier terme, généralement considéré comme polysémique dans le contexte du traitement de la langue générale, est modélisé comme n’étant pas un cas de polysémie en terminologie. Le second exemple illustre, en revanche, la polysémie telle que définie précédemment, où des sèmes de nature connotative entrent en jeu en donnant lieu à une multiplicité de sens du terme.

Le terme « virus » est un exemple bien connu dans la littérature autour du sujet de la polysémie, car il est utilisé tant en contexte médical qu’en contexte informatique. En effet, dans une perspective purement lexicale, le terme « virus » est considéré comme étant polysémique et est généralement représenté dans un seul article lexicographique contenant au moins les deux sens en question, à savoir le sens médical et le sens informatique.[9]

Si l’on adopte plutôt une perspective terminologique, le concept devient alors le point de départ de l’analyse. En particulier, la Figure 2 représente une entrée terminologique structurée selon le format TBX[10] et contient les trois niveaux structurels principaux du métamodèle TMF, à savoir concept, langue, terme. Au niveau du concept, des informations telles que l’identifiant « fairterm_56265 »,[11] le domaine (médecine) et sous-domaine (bactériologie) sont fournies. Ensuite, au niveau de la langue, la définition en langue naturelle de la section de langue en question (français dans ce cas) est répertoriée. La définition du concept est tirée, dans ce cas, de l’Académie nationale de médecine en ligne.[12] Une fois le concept défini, les sections de terme sont illustrées contenant chacune d’entre elles les termes qui, dans cette langue, désignent le concept en question. Dans ce cas, le terme « virus », ayant comme identifiant « fairterm_56265_fr », est répertorié comme désignation du concept. Enfin, d’autres catégories de données complémentaires telles que la partie du discours, le genre, et le nombre sont encodées.

Figure 2 – « virus » (médecine)

La Figure 3 illustre, quant à elle, l’exemple du terme « virus » désignant le concept correspondant dans le domaine de l’informatique. La structure de cette deuxième entrée terminologique est la même que celle de la première, mais cette fois-ci, nous avons au niveau du concept un identifiant différent « fairterm_64876 », car le concept lui-même est différent, tout comme l’information relative au domaine. Au niveau de la langue, la définition en langue naturelle du concept est également fournie. Au niveau de la section de terme, nous avons le terme « virus » identifié de manière unique avec l’identifiant « fairterm_64876_fr » accompagné des informations complémentaires.

Dans le cas du terme « virus », il ne s’agit donc pas d’un exemple de polysémie, étant donné que nous sommes en face de deux concepts différents, les termes étant à leur tour différents (chacun avec son propre identifiant) et ne partageant que la séquence de caractères.

Figure 3 – « virus » (informatique)

Un exemple que nous classifions comme terme polysémique sur la base de la prémisse théorique décrite ci-dessus est celui du terme « mamelle ». Le cas d’étude est analysé en détail dans VEZZANI (2023) et ici nous proposons sa modélisation selon le format de représentation des données précédemment mentionné.

L’étude en question se concentre sur une méthode d’identification de la connotation en utilisant des outils de la linguistique de corpus et de la terminographie orientée traduction appliqués à l’analyse du vocabulaire somatique des textes médicaux spécialisés et vulgarisés en oncologie (VEZZANI 2023). Les données de cette analyse montrent que le terme français « mamelle », à l’origine utilisé avec une signification purement dénotative en zoologie pour les mammifères et dans le domaine médical (en anatomie spécifiquement) surtout pour les femmes, acquiert un sème connotatif /péjoratif/ ou /vulgaire/ dans son usage en langue générale. L’acquisition de ce sème dans certains contextes entraîne ainsi l’actualisation d’un sens supplémentaire du terme « mamelle », conduisant à une prosodie sémantique péjorative dans son application médicale à l’être humain. Cette multiplicité de sens du terme n’entraîne aucune variation au niveau extralinguistique, où le concept reste le même.

En termes de représentation de ce phénomène selon le format TBX, la Figure 4 illustre l’entrée terminologique pour le concept en question. Comme on peut le constater, la définition du concept présente les caractéristiques essentielles à sa compréhension. Ces caractéristiques se reflètent sur le plan de la langue dans les sèmes dénotatifs du terme.

Figure 4 – « mamelle » (médecine)

Pour prendre en compte la variation de sens au niveau du discours, une note a été ajoutée dans la section du terme « mamelle » (plus clairement visible à la Figure 5) qui rapporte le sens connotatif du terme tel que décrit dans le Dictionnaire historique de la langue française (REY 2011).

Figure 5 – Sens connotatif de « mamelle » (médecine)

5.   Conclusion et perspectives

Cette étude a revisité le phénomène de la polysémie en terminologie, mettant en évidence l’hétérogénéité méta-terminologique présente dans la littérature. Sur la base de l’approche théorique décrite – axée sur la distinction entre concept, signification et sens – nous avons montré que la polysémie peut être conçue comme impliquant plusieurs sens attachés à un même terme, enrichis par des sèmes connotatifs dans des contextes spécifiques, tout en maintenant une base sémantique stable (signification) au niveau de la langue et n’engendrant pas une multiplicité de concepts. L’approche proposée dans cet article, bien qu’elle place le concept au centre de la méthodologie, ne nie pas l’existence de la polysémie. Au contraire, elle redéfinit ce phénomène en le déplaçant – contrairement à l’état de l’art présenté dans la section 2 – sur le plan purement linguistique du terme.

Les perspectives ouvertes par cette étude sont à la fois théoriques et pratiques. D’une part, elle enrichit le débat théorique sur la nature de la polysémie dans la science de la terminologie. D’autre part, elle propose des pistes pratiques pour la représentation de ce phénomène au sein de bases de données terminologiques en ayant recours aux modélisations standard.

À ce propos, nous avons montré avec l’exemple TBX de la section 4, que la polysémie, telle qu’ici définie, peut être représentée sous forme de note explicative dans la section du terme. À l’avenir, nous envisageons d’explorer la possibilité de documenter de manière plus détaillée les sens d’un terme en ajoutant la catégorie de données « sens » au niveau du terme, qui puisse également servir de conteneur pour l’analyse sémique de chaque sens du terme.

 

Références bibliographiques

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[1] Les auteurs ont contribué au présent article de la manière suivante : 1) Conceptualisation : F. Vezzani, R. Costa, G.M. Di Nunzio, S. Piccini ; 2) Méthodologie : F. Vezzani, R. Costa, G.M. Di Nunzio, S. Piccini ; 3) Rédaction de la version originale : F. Vezzani, S. Piccini ; 4) Révision et correction : F. Vezzani, R. Costa, G.M. Di Nunzio, S. Piccini.

[2] Pour une bibliographie approfondie, veuillez consulter l’œuvre même de L’HOMME (2024).

[3] Selon la norme ISO 704 : 2022, les désignations caractérisées par la polysémie sont appelées polysèmes.

[4] Comme nous le verrons dans les sections suivantes, lorsque l’on parle de « termes identiques », il s’agit d’une identité formelle ; néanmoins, ces termes sont considérés comme distincts dans la mesure où ils désignent des concepts différents.

[5] Une différence de sèmes dénotatifs implique, dans notre perspective, une pluralité de concepts et, selon la démarche typique de la terminologie classique, ce phénomène relèverait alors de l’homonymie plutôt que de la polysémie.

[6] Dans notre approche, les sèmes connotatifs sont perçus comme collectifs, enracinés dans une matrice culturelle partagée, et non comme strictement individuels ou subjectifs.

[7] Il convient de souligner que dans cet article une approche référentialiste de la langue est adoptée. Comme l’écrit REY (1995 : 27) : « the name is the proper object of terminology ; a name which can be defined inside a coherently structured system is a term. The content of its definition corresponds to a con­cept which can be analysed by its intension. ». Une relation isomorphe s’établit donc entre l’intension logique du concept et les sèmes dénotatifs qui constituent la signification du terme. Il convient toutefois de préciser que d’autres approches existent également, comme celle proposée dans PICCINI et al. (2024).

[8] https://www.iso.org/committee/48136.html, (dernière consultation : 15/05/2025).

[9] Voir, à titre d’exemple, l’article « virus » dans Le Robert Dico En Ligne : https://dictionnaire.lerobert.com/definition/virus (dernière consultation : 12/05/2025).

[10] Pour la modélisation de ces exemples, nous avons utilisé le dialecte privé « TBX-TriMED » décrit dans VEZZANI & DI NUNZIO (2020).

[11] L’identifiant se présente généralement sous forme de séquence numérique, alphanumérique ou d’URL, et sert à distinguer de manière unique l’élément en analyse au sein de la ressource terminologique.

[12] https://www.academie-medecine.fr/dictionnaire/, (dernière consultation : 15/05/2025).

 


Per citare questo articolo:

Federica VEZZANI, Rute COSTA, Giorgio Maria DI NUNZIO, Silvia PICCINI, « Le sens de la polysémie en terminologie : propositions de représentation », Repères DoRiF, hors-série – En termes de polysémie. Sens et polysémie dans les domaines de spécialité, DoRiF Università, Roma, ottobre 2025, https://www.dorif.it/reperes/f-vezzani-r-costa-g-m-di-nunzio-s-piccini-le-sens-de-la-polysemie-en-terminologie-propositions-de-representation/

 

ISSN 2281-3020

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