Gabriella SERRONE
Classement et analyse sémantique des verbes de la construction durable
Gabriella Serrone
Université de Bari Aldo Moro
gabriella.serrone@libero.it
Résumé
Dans le but de réévaluer le rôle du verbe dans le discours spécialisé et de comprendre sa spécificité, par rapport au nom, cette étude vise à identifier et à classer les verbes d’un domaine spécialisé dans le champ de la durabilité : la construction durable. Nous analyserons les unités terminologiques verbales issues d’un corpus d’experts du domaine couvrant la période 2012-2023 et nous observerons leur portée sémantique, en diachronie également, en profitant d’une approche théorique qui réunit le modèle des verbes spécialisés de Lorente (2002) et la linguistique de corpus.
Abstract
With the aim of re-evaluating the role of the verb in specialised discourse and understanding its specificity in relation to nouns, this study aims to identify and classify the verbs in a specialised field that is the bearer of the field of sustainability: sustainable construction. We will analyse verbal terminological units from a corpus of experts in the field covering the period 2012-2023 and observe their semantic scope, also diachronically, taking advantage of a theoretical approach that brings together the model of specialised verbs theorised by Lorente (2002) and corpus linguistics.
1. Introduction
Dans le présent article, nous proposons d’étudier et classer les verbes de spécialité d’un domaine à la croisée entre la construction, expression d’une multitude de connaissances et d’avancements techniques, et la durabilité, qui apporte d’autres connaissances et techniques destinées à préserver l’environnement au bénéfice des générations futures.
Partant du constat que dans un domaine spécialisé, le verbe transmet des concepts fondamentaux (L’HOMME 2012 ; PIMENTEL 2011 ; SANCHEZ-CARDENAS, FREROT 2017 ; TSAI 2017), tout comme le substantif, nous avons repéré les verbes employés et en avons recherché la valeur sémantique, en nous focalisant, notamment, sur leur affinité avec les substantifs qui occupent la place d’objet direct dans la structure syntaxique. Cette observation a été conduite en diachronie courte (PICTON 2009), dans un corpus de textes qui concernent la période 2012-2023, afin de repérer les verbes employés au cours de ces quelques années et, plus précisément, ceux qui participent à la transmission des connaissances, à plusieurs niveaux.
2. Quelques approches théoriques sur le verbe dans les discours de spécialité
La fonction du verbe, comme moteur de l’action, est largement reconnue dans les études sur la langue générale. En effet, depuis la contribution de Tesnières (1959), qui théorise un modèle où le nœud verbal régit un système d’actants et de circonstants (logique des prédicats à un ou plusieurs arguments), le verbe est considéré comme la force linguistique qui permet aux autres éléments de dégager leur potentiel sémantique. En revanche, cette idée du verbe comme pivot de la phrase a tardé à s’affirmer dans le cadre du discours de spécialité, en commençant par la lexicographie spécialisée (L’HOMME 1998), vu la conception des termes nominaux comme centraux, en logique des prédicats classique, et leur prédominance dans la transmission des concepts clés d’une discipline (L’HOMME 2004 ; L’HOMME 2012). Cependant, des études portant sur les verbes dans un contexte scientifique et technique ont produit des analyses dont la méthodologie sert de base à beaucoup d’études actuelles sur le verbe spécialisé.
2.1. Typologies de verbes
Un effort partagé par certains chercheurs a été de classer les verbes et de mettre en exergue les régularités sémantiques, résultant de leur contact avec des substantifs. C’est la direction choisie par Lerat (2002) qui, dans son analyse des verbes juridiques, distingue trois typologies : les très spécialisés, les supports et les polysémiques.[1] Les verbes très spécialisés ont « un seul sens (matérialisé par une traduction), une construction, des transformations, des classes de sujets et de compléments, un domaine » (LERAT 2002 : 206). Pour ces verbes, saisir les affinités avec des noms permet de trouver des règles d’emploi utiles.[2] Les verbes supports accompagnent un prédicat nominal qui transmet la signification effective.[3] En dernière analyse, les verbes polysémiques répondent à trois critères : les constructions, transitive ou intransitive,[4] les hyperclasses qui identifient des substantifs appartenant à des catégories générales (humain, animal, abstrait, concret, etc.) et les domaines d’appartenance[5] et, enfin, les classes d’objets qui se réfèrent à des catégories de substantifs partageant des aspects sémantiques précis.[6]
Lorente (2002) montre également l’utilité d’une analyse sémantique, via la fixation de quatre groupes : les verbes discursifs, connecteurs, phraséologiques et terminologiques. Le premier groupe contient des verbes qui renvoient aux actes de parole (dire, communiquer, etc.), aux fonctions textuelles (décrire, raconter, etc.), à la structure du discours (organiser, structurer, etc.) et au but du discours (présenter, démontrer, etc.). Bien que ces verbes n’indiquent pas le sujet d’un texte, ils sont représentatifs du genre discursif et de la typologie textuelle propres à un type de communication spécialisée. Le deuxième groupe rassemble des verbes employés pour établir des équivalences, exprimer des correspondances ou bien attribuer des qualités (être, sembler, correspondre, etc.). Leur fonction n’est pas de transmettre des notions spécialisées mais, plutôt, d’exprimer des relations logiques entre arguments. Les verbes phraséologiques sont des unités indiquant des états, des actions, des processus et qui montrent des relations d’affinité avec des termes qui évoquent des connaissances spécifiques du domaine étudié. Leur valeur spécialisée dépend alors de la spécialisation des unités terminologiques avec lesquelles ils se combinent (générer de l’énergie). Le quatrième groupe inclut les verbes terminologiques ; ils sont porteurs d’un concept crucial pour le domaine. Dans cette catégorie Lorente insère des verbes qui relèvent d’un seul domaine (eutrophiser en écologie ; acétifier en chimie) ou qui résultent d’un processus de dérivation du nom correspondant qui exprime un concept important.
Ne considérant que les verbes en collocation avec un substantif, Larivière (1998) distingue trois typologies : les verbes à valeur métaphorique, qui acquièrent un sens spécifique en contact avec les noms qui les suivent (absorber des économies ; arrêter un compte) ; les verbes à sémantisme plein, qui possèdent une autonomie sémantique et qui agissent comme des termes dotés d’un sens propre (barrer un chèque ; payer une indemnité) ; les verbes à sémantisme vide, dont la signification s’associe à celle qui identifie leur classe d’appartenance (effectuer a une signification proche de la classe de la réalisation dans « effectuer un achat » ; « posséder » garde un sens propre à la classe de la possession dans posséder un capital).
Les travaux de L’Homme contribuent également à prendre en considération les aspects sémantiques du verbe, en exploitant des notions qui apportent un autre regard sur la notion de classe. En effet, sa réflexion porte sur la prise en compte de la structure argumentative du verbe, pour en définir la valeur terminologique (L’HOMME 1998). Les développements de cette réflexion dans le domaine de l’environnement (L’HOMME 2012, 2015, 2016 ; L’HOMME, ROBICHAUD 2014), via la théorie de la Sémantique des cadres (FILLMORE 1982), amènent à discriminer un verbe d’un autre via des cadres conceptuels qui caractérisent des rôles thématiques, des propriétés, etc.
2.2. Contribution de la linguistique de corpus à l’analyse sémantique des verbes
Focalisées sur la notion de collocation et sur ses différentes actualisations en contexte, les études réalisées dans le cadre de la linguistique de corpus ont mis en évidence la charge sémantique acquise par un verbe en cooccurrence avec un ou plusieurs substantifs. Plus spécifiquement, la préférence sémantique et la prosodie sémantique sont les phénomènes collocationnels qui appuient cet aspect. Plusieurs auteurs se sont consacrés à la préférence sémantique (STUBBS 2001, 2002 ; PARTINGTON 2004), qui identifie la relation entre un mot et d’autres appartenant au même réseau sémantique. Citons, ici, l’étude de Kübler et Foucou (2003) sur le verbe anglais to run en cooccurrence avec des classes sémantiques différentes, dans le discours scientifique général et dans le discours informatique ; et l’étude de L’Homme et Meynard (1998 : 207) qui montre les préférences sémantiques spécifiques du verbe français lancer en informatique. La prosodie sémantique se pose en continuité avec la préférence sémantique et, sur la base de la définition de Louw (1993 : 157), elle apparaît comme une « aura » de sens qu’un mot prend dans son contexte. En outre, une étude de Kübler et Volanschi (2012), après avoir confirmé l’hypothèse de Hunston (2007) sur la préférence sémantique neutre du verbe anglais to cause dans le discours scientifique, explique que les experts français emploient les verbes causer et fournir dans un environnement neutre, alors que les traducteurs ont recours à d’autres choix lexicaux.
3. Cadre méthodologique de la recherche
Les résultats de la présente étude sont issus du corpus de la construction durable en langue française du projet GreenTERM, qui vise à repérer et décrire les termes caractéristiques des domaines où le développement durable trouve application. Ce corpus est construit en diachronie courte et divisé en 4 sous-corpus, qui réunissent trois années chacun : 2012-2014 ; 2015-2017 ; 2018-2020 ; 2021-2023. La composition des sous-corpus est détaillée dans le Tableau 1.

Les textes qui les composent sont des rapports, documents techniques, guides, rédigés par des institutions et des associations spécialisées, spécifiques du domaine ou bien qui abordent des sujets de la construction durable.[7]
Les quatre sous-corpus ont été analysés en deux phases :
- Extraction des verbes de chaque recueil de textes, à l’aide du logiciel TermoStat Web 3.0.[8] Après avoir extrait les unités verbales, nous les avons classées en suivant Lorente (2002) ; la variété des verbes repérés est compatible avec un modèle qui comprenne plusieurs typologies et reconnaisse plusieurs natures et fonctions aux verbes. À ce modèle théorique, nous avons ajouté celui de la préférence sémantique (KÜBLER, VOLANSCHI 2012), afin de mieux décrire les réseaux de sens créés par les verbes phraséologiques (LORENTE 2002) des sous-corpus.
- Observation plus approfondie des contextes des verbes, via Sketch Engine (KILGARRIF et al. 2014).[9] Cette phase a permis de rechercher les verbes qui entrent spécifiquement en cooccurrence avec bâtiment, terme le plus fréquent des sous-corpus 2012-2014, 2015-2017 et 2018-2020 et en deuxième position après rénovation pour la dernière période, 2021-2023.[10] Face à une première prise en compte du terme d’un point de vue quantitatif, sur la base du nombre d’occurrences enregistrées dans chaque sous-corpus, nous avons ensuite procédé à une analyse qualitative des contextes où bâtiment est associé à des verbes.
4. Verbes de la construction durable
Les verbes extraits de l’ensemble sont au nombre de 745. Dans le tableau suivant, nous fournissons le nombre précis des verbes présents dans chaque sous-corpus (Tableau 2). La catégorisation selon le modèle de Lorente (2002) comporte seulement les verbes ayant des caractéristiques pertinentes par rapport aux groupes du modèle et nous les avons étudiés également en suivant leur évolution au cours de la période choisie pour l’analyse. Ce critère a pu être adopté en prenant en considération d’abord la signification de chaque verbe et, ensuite, les contextes où ils figurent.

4.1. Verbes discursifs
Les verbes discursifs activent une compétence pragmatique, à partir de leur fonction textuelle, sur la base du genre et de la typologie de texte d’appartenance. Vu que les verbes observés dans la présente étude sont tirés d’un corpus de textes appartenant à plusieurs genres et typologies textuelles et que tous ces textes partagent le but de présenter et décrire un sujet portant sur la construction durable, nous élargissons la définition de verbes discursifs de Lorente (2002), en les considérant comme des unités qui introduisent un phénomène, ou bien des informations qui concernent ce phénomène et le décrivent. Cette catégorie ne subît pas de modifications particulières d’un sous-corpus à l’autre, en raison du fait que les verbes qui en font partie représentent une constante des discours des textes du corpus et, plus généralement, du domaine. Dans le tableau suivant (Tableau 3) nous insérons les verbes discursifs des sous-corpus et leurs occurrences.

D’autres verbes également discursifs caractérisent les sous-corpus, bien que non partagés par tous les quatre. Nous citons les suivants : prévoir, spécifier, constituer, consister, déterminer, dépendre, conduire, comporter, présenter, engendrer, générer, informer, documenter, déduire, inclure. Dans cette catégorie, nous avons voulu insérer des verbes qui apportent des éléments de définition, d’explication, d’approfondissement (caractériser, concerner, contribuer, définir, développer, identifier, permettre, spécifier, constituer, consister, présenter, informer, documenter, inclure), et également des verbes qui renvoient à un rapport de cause à effet et se focalisent sur les conséquences d’un processus (entraîner, impliquer, induire, conduire, comporter, engendrer, générer, déduire).
4.2. Verbes connecteurs
Pour la catégorie des « connecteurs », qui ont la fonction d’établir des relations d’équivalence, de similarité, de dépendance et de l’association d’attributs ou de qualités, nous avons isolé quelques verbes, bien que peu nombreux. Correspondre et représenter sont une constante des 4 sous-corpus, alors que d’autres figurent dans un seul recueil de textes : comparer et établir pour la période 2012-2014, apparaître pour 2015-2017, et dépendre dans tous les sous-corpus à l’exception de 2018-2020. Le tableau qui suit (Tableau 4) rassemble ces verbes avec leurs occurrences.

4.3. Verbes phraséologiques
Cette catégorie de verbes est particulièrement productive, du fait que nombre d’entre eux sont « passeurs » d’un concept, car accompagnés de termes qui désignent des concepts fondamentaux pour la transition écologique, dans le domaine du bâtiment.
4.3.1. Verbes pour des classes sémantiques
Les verbes que nous considérons comme phraséologiques montrent des traits sémantiques partagés, de sorte qu’ils peuvent être regroupés dans des classes que nous avons créées, selon leur sens initial, qui se spécialise au contact avec un substantif, désignant ainsi un concept crucial pour le domaine. Au cours des dix années analysées, ces classes sont plus ou moins les mêmes, mais la présence des verbes qui en font partie peut varier. Nous avons observé la présence de onze classes distinctes, que nous présentons dans le tableau suivant (Tableau 5).

Nous remarquons une régularité d’occurrence, pour diverses classes : l’amélioration, l’évaluation, la facilitation, la garantie, la gestion, la promotion, la réduction et la valorisation. Cette récurrence s’explicite aussi bien dans l’emploi des verbes du même type d’une classe pour les 4 sous-corpus (ex. améliorer et optimiser pour la classe de l’amélioration ; concevoir, générer, modéliser, penser, pour la classe de la conception ; faciliter et favoriser, pour la classe de la facilitation ; maximiser et valoriser, pour celle de la valorisation) ou pour la plupart d’entre eux (monitorer apparaît dans le sous-corpus 2021-2023 dans la classe de l’évaluation). Le nombre d’occurrences de ces verbes est assez constant au cours des années analysées (ex. promouvoir pour la classe de la promotion ; dimensionner pour la classe de la réduction). Quelques verbes enregistrent des pics d’emploi (ex. améliorer et valoriser dans le sous-corpus 2018-2020 ; assurer entre 2015 et 2017), mais cette augmentation n’est pas assez significative pour annoncer l’incidence d’un phénomène particulier.
Les classes de l’augmentation et de la réduction s’avèrent particulièrement spécifiques du domaine analysé, car les verbes qui en font partie sont plus nombreux que dans d’autres classes. Si la classe de l’augmentation n’enregistre pas de verbes pour l’intervalle temporel 2015-2017, celle-ci prend de l’ampleur dans le dernier sous-corpus ; la classe de la réduction se révèle la plus représentée, avec six verbes présents dans les quatre sous-corpus analysés. Ces derniers varient, à l’exception de trois, constamment présents, au fil des dix années observées : dimensionner, limiter et réduire.
Un autre cas singulier est représenté par la classe de la dégradation. Elle n’est représentée par aucun verbe dans le premier sous-corpus, intègre altérer, dégrader et détériorer, dans la période suivante, 2015-2017, et n’a qu’un seul verbe dans les deux autres sous-corpus : dénaturer pour 2018-2020 et dégrader pour 2021-2023.
4.3.2. Classes sémantiques pour des préférences sémantiques
Dans le paragraphe précédent, les classes présentées montrent un phénomène de préférence sémantique, car les verbes concernés entrent en cooccurrence avec des substantifs qui partagent des traits sémantiques similaires. Pour le présent article, nous avons voulu observer plus en détail les classes et les verbes partagés par les 4 sous-corpus, afin de trouver les points de contact ou bien de divergence, entre unités en commun au cours des années analysées. Nous nous sommes occupée des verbes des classes de l’amélioration, de l’évaluation, de la facilitation, de la garantie, de la gestion, de la promotion, de la réduction et de la valorisation, qui figurent dans tous les sous-corpus.
Les verbes de l’amélioration se combinent régulièrement avec des substantifs qui renvoient à des interventions centrées sur la mise en conformité du bâtiment aux standards de durabilité, bien qu’avec de moindres différences, pour chaque verbe et dans le temps. Optimiser se lie à des substantifs qui se réfèrent aussi bien à des interventions au niveau énergétique et thermique qu’à des aspects financiers et de consommations (ex. 1 et 2) et, dans l’intervalle de temps 2018-2020, l’on enregistre également une collocation avec des substantifs qui renvoient à des éléments structuraux du bâtiment (ex. 3) :
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[…] il faut optimiser fortement le niveau énergétique en phase exploitation du bâtiment neuf (ex. 2012).
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Quels leviers d’action pour optimiser le coût des rénovations énergétiques performantes ? (ex. 2022).
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[…] permettant d’optimiser les surfaces et les équipements (ex. 2020).
Le verbe améliorer se combine de manière presque exclusive et récurrente avec confort, performance (énergétique et thermique), qualité, ventilation, efficacité énergétique, étanchéité, isolation, qualité de vie (ex. 4).
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Les politiques et les mesures visant à améliorer la performance énergétique du parc immobilier de l’Europe […] (ex. 2017).
La performance est un terme clé et en commun qui revient pour la classe de l’évaluation. En effet, il entre en collocation avec les deux verbes de la classe, évaluer et vérifier ; il partage cette affinité avec d’autres substantifs qui soulignent des améliorations ou des aspects problématiques du bâtiment. Évaluer se montre très productif en collocation également avec qualité, débit, mais aussi dans le sous-corpus 2015-2017, avec des substantifs qui suggèrent des conséquences et des aspects financiers, comme dans les exemples 5 et 6. Une préférence sémantique est visible également dans le sous-corpus 2021-2023 avec des noms qui renvoient à des propriétés (ex. 7) :
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[…] les hôtes du soir évaluent la qualité de la réception en termes d’ambiance et de qualité gustative (ex. 2014).
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Il convient d’évaluer les risques selon la nature des matériaux (ex. 2017).
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Une note de 1 à 5 pour évaluer la vulnérabilité de chaque typologie de bâtiment a été attribuée (ex. 2022).
En revanche, vérifier, outre à confirmer la collocation avec performance, efficacité, débit, qualité, il se lie avec des substantifs qui désignent des conditions et des propriétés (ex. 8 et 9) :
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Vérifier la conformité des caractéristiques techniques de l’installation (ex. 2014).
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[…] réaliser un prototype sur le chantier, pour en vérifier sa fiabilité in vivo (ex. 2018).
Des substantifs qui portent sur des améliorations dans le bâtiment sont récurrents également, pour les classes de la facilitation, de la garantie, de la gestion, de la promotion et de la valorisation. Pour la facilitation, le renvoi récurrent se fait non seulement sur des phénomènes signalés, en particulier dans le sous-corpus 2015-2017, avec des termes comme condensation, évacuation, infiltrations (ex. 10), et sur des interventions, notamment dans le sous-corpus 2021-2023 (ex. 11) :
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Ils ont pour but de collecter l’eau de pluie pour faciliter son infiltration dans le sol (ex. 2015).
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[…] la production se concentre sur le logement collectif pour favoriser la réduction de l’artificialisation (ex. 2021).
De même, la garantie et la promotion s’associent à des actions du bâtiment qui peuvent être améliorés, pour garantir des paramètres de durabilité. Pour la garantie, si assurer est en cooccurrence avec des termes comme ventilation, étanchéité, confort, et avec d’autres substantifs, plus génériques, qui renvoient toutefois à des interventions dans le bâtiment (ex. 12 et 13) ; garantir se lie à confort, mais aussi à performance(s) énergétique(s)/thermique(s), efficacité énergétique, et d’autres substantifs plus génériques (ex. 14) :
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Il assure l’étanchéité à l’eau, à l’air et la perméance à la vapeur d’eau (ex. 2021).
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Veiller au détalonnage des portes intérieures permettant d’assurer une bonne circulation d’air entre les pièces du bâtiment (ex. 2017).
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Elle garantit aussi un meilleur confort en supprimant l’effet de paroi froide (ex. 2018)
Pour la promotion, le verbe promouvoir entre en collocation avec des noms génériques et avec performance énergétique et efficacité énergétique. Cependant, ce verbe devient plus spécifique au fil du temps en se liant avec des termes qui désignent la rénovation et des techniques (ex. 15 et 16) :
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Cette loi poursuit différents objectifs, et notamment celui de promouvoir la réhabilitation des bâtiments (ex. 2022).
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[…] cette mesure propose de promouvoir également les techniques bioclimatiques (ex. 2022).
Les verbes de la valorisation renvoient davantage à l’enrichissement de ce qui est déjà présent dans l’édifice. En particulier, maximiser souligne au cours des années analysées l’optimisation des aspects énergétiques et thermiques (ex. 17 et 18) :
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Maximiser le coefficient de réflexion lumineuse des parois du tube (ex. 2012).
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Les bâtiments performants et bioclimatiques sont conçus pour maximiser les apports solaires gratuits en période hivernale (ex. 2019).
En revanche, si pour valoriser la collocation avec patrimoine représente une constante, entre 2018-2020 et 2021-2023, le focus se déplace également sur les actions à mettre en place (ex. 19) et sur les atouts d’un bâtiment durable (ex. 20) :
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Des Labels valorisent la démarche circulaire de la MOA (ex. 2018).
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Dès 2011, l’association a souhaité mobiliser la filière du bâtiment en élaborant le label Effinergie+ qui valorisait la sobriété et l’efficacité énergétique (ex. 2023).
La classe des verbes de la gestion concerne les aspects à contrôler, pour garantir un bâtiment conforme aux standards de durabilité. Le seul verbe qui figure dans tous les sous-corpus est maîtriser : il montre un comportement différent au cours des onze ans. Il suggère d’abord la préoccupation pour toutes sortes de dépenses ou déperdition (ex. 21 et 22) et dans le sous-corpus 2018-2020, il faut ajouter le lien avec le financier (ex. 23) :
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Maitrisez les consommations d’énergie dans la restauration (ex. 2014).
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Maitriser l’éclairage de son bureau (ex. 2015).
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La ville a souhaité également maîtriser ses coûts de fonctionnement (ex. 2019).
Ce besoin de contrôle devient plus fort encore, dans la classe de la réduction à travers notamment trois verbes, employés dans l’ensemble des quatre sous-corpus : dimensionner, limiter et réduire. Au cours des années analysées, les trois verbes gardent un profil collocationnel plutôt fixe, avec des préférences sémantiques marquées. Dimensionner montre une préférence pour les noms d’équipements techniques ou les systèmes (ex. 24) ; limiter se lie avec des substantifs qui renvoient à des risques et à des dangers pour le bâtiment (ex. 25 et 26) :
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Dimensionner le système de surventilation en faisant varier les paramètres de conception (ex. 2020).
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Il faut définir le débit minimum permettant de limiter les surchauffes (ex. 2012).
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Les échanges d’air naturel non maitrisés limitent le risque de condensation en l’absence de VMC (ex. 2018).
Réduire dispose d’un profil similaire à celui de limiter, mais le focus est davantage sur les émissions, les consommations et les impacts, comme le montre l’exemple suivant :
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Le premier constat d’analyse est le manque de leviers pour réduire la consommation thermique des bâtiments (ex. 2018).
4.4. Verbes terminologiques
Nous présentons les « verbes terminologiques » dans le tableau suivant (Tableau 6) selon un ordre d’occurrence croissant.

Les verbes partagés par les 4 sous-corpus sont : impacter, ventiler, chauffer, isoler, rénover, construire. Ils peuvent être considérés comme des termes car ils entretiennent une relation morphologique avec des unités terminologiques nominales de la construction durable ou relevant de la durabilité et ayant une portée considérable dans le domaine : impact, ventilation, chauffage, isolation, rénovation et construction. Pour ces verbes, l’emploi est hétérogène, en termes de fréquence, car pour isoler et rénover, le nombre d’occurrences croit au fil du temps, pour ventiler, il est décroissant, et pour impacter et chauffer, il se révèle irrégulier.[11]
Ces verbes partagés et ceux qui figurent uniquement dans un à trois sous-corpus ne caractérisent pas uniquement la construction durable car, en même temps, ils sont spécifiques d’autres domaines, du fait qu’ils sont liés à des concepts cruciaux. Certains sont polysémiques, d’autres gardent le même sens mais acquièrent une spécificité liée au domaine. Un exemple intéressant de verbe polysémique est déphaser qui possède généralement deux sens : un relevant de la physique et un autre figuré[12] associé au substantif déphasage. Ce verbe, et le substantif correspondant, décrivent un phénomène physique qui tire également sa spécificité dans la construction durable : « Le déphasage est la capacité d’un matériau isolant à délayer la restitution de la chaleur emmagasinée dans le temps entre l’intérieur et l’extérieur »[13]. Quant aux verbes qui gardent le même sens, en se chargeant d’une signification plus spécifique, nous citons réemployer, réutiliser, décarboner, verbes qui relèvent de l’économie circulaire (réemployer, réutiliser) et, plus généralement, de la transition écologique. Cependant, ils se spécifient davantage par rapport au domaine analysé, comme dans les collocations décarboner l’acte constructif et décarboner le bâtiment.
4.5. Verbes en cooccurrence avec bâtiment : manifestent-ils une variation conceptuelle du terme ?
Une étude préliminaire sur les collocations verbales du terme bâtiment montre deux phénomènes :
- la collocation entre bâtiment et des verbes appartenant à des classes sémantiques déterminées ;
- une variation conceptuelle (DURY 1999a ; DURY 1999b ; DURY et PICTON 2009 ; PELLETIER 2012 ; DURY 2013 ; SERRONE 2024b) du terme au contact de ces verbes au cours des onze années analysées.
En premier lieu, nous observons des verbes qui partagent des traits sémantiques, que nous avons rassemblés en classes et que nous présentons dans le tableau suivant (Tableau 7).

Les classes varient selon les sous-corpus, car, d’une part, certaines sont absentes et, d’autre part, les verbes appartenant à une classe apparaissent dans centaines des périodes analysées et pas dans d’autres. Les classes partagées par les 4 sous-corpus sont celles de la construction et de la description : construire représente une constante et étudier est un verbe récurrent de la deuxième, alors que les autres verbes peuvent varier. La classe de la conception est également bien représentée, bien qu’elle n’enregistre pas de verbes employés au cours de la période 2015-2017. En revanche, la présence et la disparition de certaines classes révèlent une manière différente de concevoir le bâtiment, de sorte qu’on peut émettre l’hypothèse que ce terme fait l’objet d’une variation.
L’évolution conceptuelle de bâtiment apparaît dans l’emploi de verbes, dont il est le complément d’objet direct, et ils retracent les phases de cette évolution dans le temps.
L’attention portée à la conception du bâtiment et à sa description, pour l’amélioration de la performance énergétique, reste inchangée au fil du temps, comme le montrent les exemples des verbes concevoir (ex. 28 et 29) et étudier (ex. 30 et 31) ci-après :
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On illustre sur un exemple l’utilisation d’un logiciel de SD qui permet de : gérer les surchauffes estivales en phase conception, concevoir le bâtiment et l’optimisation des besoins énergétiques […] (ex. 2013).
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On constate une forte dispersion autour de ces consommations énergétiques moyennes, notamment en tertiaire, liée à la volonté du maitre d’ouvrage de concevoir un bâtiment exemplaire […] (ex. 2023).
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Chacun des bâtiments étudiés est au moins au niveau BBC 2005 pour les consommations d’énergie en exploitation (ex. 2012).
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En effet, sur notre échantillon (n ≡ 144), la consommation énergétique réglementaire des bâtiments étudiés est inférieure à l’exigence de la RT2012 de : – 28% pour les maisons à 51% en logements individuels groupés – 36,5% en logements collectifs, – 47% en tertiaire (ex. 2023).
Si entre 2012 et 2017, la priorité fut accordée aux procédés de labellisation (ex. 32), la phase de description s’intensifie au cours des années analysées (ex. 33 et 34). Parallèlement, les préoccupations liées aux aspects thermiques occupent une place de plus en plus considérable, en vue d’une meilleure occupation des lieux (ex. 35 et 36) :
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Il faut bien veiller à leur appliquer les mêmes préconisations nécessaires à l’obtention d’un bâtiment labellisé Effinergie : isolation, étanchéité à l’air, ventilation, occultations et protections solaires, équipements économes en énergie, gestion énergétique (ex. 2014).
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Pour les bâtiments étudiés, les conditions météorologiques réelles font varier la consommation de chauffage de l’étude thermique réglementaire, en moyenne de +/- 5 kWhep.m2.an (ex. 2017).
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Lorsque le bâtiment étudié se situe dans un environnement pollué ou avec des nuisances acoustiques extérieures élevées et selon les exigences de qualité intérieure du bâtiment il ne sera pas toujours possible de mettre en place un système de surventilation naturelle […] (ex. 2020).
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La présente charte incarne la volonté de soutenir le déploiement du bâtiment connecté, bâtiment solidaire et humain en France par : l’engagement volontaire d’acteurs pour concevoir, construire, rénover, exploiter et utiliser des bâtiments connectés […] (ex. 2018).
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Les usagers qui occupent les bâtiments doivent être sensibilisés à la logique de gestion des surchauffes comme ils peuvent l’être concernant le chauffage en hiver (ex. 2019).
La dernière période observée invite à réfléchir à l’exposition du domaine à des dangers croissants redoutables, aux modifications du climat (ex. 37) et nous insistons, ici, sur une idée de mouvement et de mise en action (ex. 38) :
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Les bâtiments ne sont pas directement impactés par les vagues de chaleur […], mais les populations qui y vivent doivent être protégées des canicules (ex. 2022).
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Mobiliser le bâtiment comme puits de carbone (augmentation de l’utilisation de matériaux bas carbone tels que les matériaux biosourcés) (ex. 2023).
Le bâtiment est donc exposé à des agents extérieurs et à des phénomènes qui peuvent dégrader les conditions de bien-être à l’intérieur. En outre, il est perçu comme un acteur de la décarbonation, avec le recours à des matériaux biosourcés.
5. Conclusion
Cette étude des verbes de la construction durable en diachronie courte concernait onze ans (2012-2023) et elle aboutit à leur systématisation d’après la typologisation de Lorente (2002), pour atteindre une meilleure description. Les verbes phraséologiques sont très productifs et montrent un phénomène de préférence sémantique, car il existe une affinité entre ces verbes et des termes et des concepts clés du domaine et, plus généralement, de la transition écologique. En revanche, la presque totalité des verbes terminologiques caractérisent également d’autres domaines extérieurs à la durabilité et dénotent que le terme, dans toutes ses formes (nominale, verbale, adjectivale, etc.) n’est pas exclusif à un domaine (JACQUES, SOUBEILLE 2000 ; SLODZIAN 2000), surtout en contexte pluridisciplinaire (CONDAMINES 2018 ; HUMBERT-DROZ 2023, pour ne citer que quelques travaux).
Quant à notre étude préliminaire sur les verbes en cooccurrence avec bâtiment, nous avons remarqué que ces derniers facilitent l’évolution du concept associé au terme. Plus précisément, face à un besoin de construire, on passe à l’exigence de ralentir le rythme de construction, pour réaménager le bâti existant, selon des standards de durabilité qui tendent au respect des écosystèmes, de la biodiversité et de l’économie d’énergie (réemploi de l’architecture existante).
Les verbes observés en diachronie signalent ce mouvement conceptuel de l’objet « bâtiment » de la discipline et identifient le domaine en lui attribuant une marque de reconnaissabilité. Ils agissent alors comme des « thermomètres » des différentes pratiques et, notamment, d’une façon différente de percevoir l’édifice qui, de simple structure à occuper, devient un acteur responsable de la préservation de l’environnement et du bien-être de ses occupants.
Références bibliographiques
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Lexique Saint Gobain : https://www.isonat.com/lexique.
Sketch Engine: https://www.sketchengine.eu/.
Termostat Web 3.0 : https://termostat.ling.umontreal.ca/
[1] Dans les notes suivantes, nous citons des exemples faits par Lerat (2002).
[2] Le verbe intenter a comme objet une demande en justice, une accusation dans le cadre d’un procès.
[3] Des exemples sont porter atteinte et prendre effet.
[4] Le verbe se pourvoir a un sens juridique quand il est intransitif.
[5] Le verbe léser HUMAIN [JUR] signifie causer un <dommage>.
[6] En droit, le verbe jouir de se construit avec des substantifs qui appartiennent à la classe <prérogative>.
[7] Pour une description synthétique du projet GreenTERM et du corpus de la construction durable qui en fait partie, nous renvoyons à Serrone (2024a).
[8] https://termostat.ling.umontreal.ca/.
[9] Logiciel disponible au lien : https://www.sketchengine.eu/.
[10] Le terme apparaît avec le nombre d’occurrence suivant : 4403 pour 2012-2014, 3720 pour 2015-2017, 3903 pour 2018-2020, 3977 pour 2021-2023.
[11] Impacter connaît une montée jusqu’en 2020 et une diminution dans le sous-corpus 2021-2023. En revanche, chauffer enregistre une décroissance jusqu’en 2017, ensuite une augmentation d’occurrences dans le sous-corpus 2018-2020 et une nouvelle diminution entre 2021 et 2023.
[12] Premier sens : « Produire une différence de phase entre (deux phénomènes alternatifs de même fréquence) » ; deuxième sens : « Provoquer chez (qqn) un décalage par rapport à l’évolution d’un milieu, d’une situation ». Les deux définitions sont tirées de Le Robert en ligne.
[13] Source de la définition : Lexique Saint Gobain, disponible au lien https://www.isonat.com/lexique.
Per citare questo articolo:
Gabriella SERRONE, « Classement et analyse sémantique des verbes de la construction durable », Repères DoRiF, n. 33 – Le statut du verbe dans les discours spécialisés entre théorie et pratique(s), DoRiF Università, Roma, dicembre 2025, https://www.dorif.it/reperes/gabriella-serrone-classement-et-analyse-semantique-des-verbes-de-la-construction-durable/
ISSN 2281-3020
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