Sabrina AULITTO, Pascaline DURY
Analyse des verbes à structure argumentale spécialisée dans un corpus sur la biodiversité : une approche diachronique et diastratique
Sabrina Aulitto
Università degli Studi di Napoli Federico II
sabrina.aulitto2@unina.it
Pascaline Dury
Université Lumière Lyon 2
pascaline.dury@univ-lyon2.fr
Résumé
L’objet de cet article est de décrire quelques verbes spécialisés propres à la thématique de la biodiversité, en s’appuyant sur un corpus français échantillonnant deux types de discours sur le sujet, entre 2007 et 2023 : le discours de scientifiques et celui d’associations militantes. L’analyse du corpus, basée sur une démarche qualitative plutôt que quantitative, permettra de combiner deux dimensions – diachronique et diastratique – qui sont encore peu associées dans les travaux menés en terminologie. Les résultats extraits du corpus montrent que les verbes spécialisés utilisés dans les deux types de discours ne sont pas tous identiques et que l’évolution de leur usage au fil du temps est différente.
Abstract
The aim of this article is to describe a specific category of specialized verbs in the field of biodiversity, based on a French diachronic corpus sampling two types of discourse (experts and associations) in this field, between 2007 and 2023. The analysis of the corpus, which is based on an approach that favors the study of contexts and textual information rather than statistics, will make it possible to combine two perspectives that are not often associated in terminology work: the diachronic perspective and the diastratic perspective. The results extracted from the corpus show that there is a difference in the use of specialized verbs, over time, between the two types of discourse.
1. Introduction
L’article qui suit rend compte d’une recherche qui s’inscrit dans un ensemble de travaux menés par les auteures sur la description terminologique des discours portant sur la transition écologique (voir notamment AULITTO 2022, 2024) et l’environnement (DURY 2024a, 2024b). Il permet de compléter ces travaux, en mettant en lumière plus spécifiquement les verbes spécialisés, en lien avec la thématique de la biodiversité.
Le point de vue adopté ici est donc le point de vue de deux terminologues, qui visent à décrire l’usage de certains verbes spécialisés propres à l’expression de la biodiversité, en les analysant à partir d’une double perspective, diachronique et diastratique. L’étude portera plus précisément sur une catégorie bien particulière de verbes spécialisés, que nous nommerons, en s’inspirant de L’Homme (1998), les « verbes à structure argumentale spécialisée », c’est-à-dire les verbes combinés avec des unités nominales dont le sens est spécialisé. Après avoir expliqué les raisons de cette double approche diachronique et diastratique pour mener l’étude, et avoir évoqué le choix d’analyser ce type de verbe en particulier, nous détaillerons la constitution du corpus et les informations qu’il a été possible d’en tirer, en prenant en compte les changements intervenus entre 2007 et 2023 dans l’usage de ces verbes. Deux discours distincts feront l’objet de cette analyse : celui d’experts scientifiques et celui d’associations militant en faveur de l’environnement.
2. Une double perspective d’analyse des verbes spécialisés en lien avec la biodiversité
2.1. Le choix du concept de la biodiversité comme terrain d’étude
Le travail de recherche décrit dans cet article s’appuie sur l’analyse terminologique des verbes à structure argumentale spécialisée appartenant à deux discours sur la biodiversité, en français. Le choix de la biodiversité comme terrain d’exploration a été fait pour plusieurs raisons, à la fois pratiques et théoriques. Sur le plan pratique d’abord, ce choix a été fait car la question de la biodiversité est caractérisée par une forte médiatisation depuis les années 2000,[1] garantissant ainsi de pouvoir accéder à des ressources documentaires en ligne suffisamment variées et suffisamment nombreuses pour constituer le corpus, tout en offrant la possibilité de sélectionner des écrits couvrant plusieurs années.
Sur un plan théorique ensuite, le choix de la biodiversité nous permettait d’observer et de décrire des verbes spécialisés selon une double perspective, à la fois diachronique et diastratique. En effet, le dynamisme scientifique important de ce concept et du champ de connaissances spécialisées qui s’y rattachent nous donnait l’occasion d’observer des évolutions se produisant sur un temps court (16 années) et nous permettait également d’étudier les conséquences éventuelles, dans l’usage, de l’implication d’acteurs et de professionnels venant d’horizons variés.
En outre, la question de la biodiversité présente un intérêt supplémentaire pour le terminologue ; il s’agit d’un concept, de l’aveu même des experts de l’environnement, de plus en plus difficile à délimiter, tant son objet scientifique s’est élargi et popularisé au fil du temps (voir à ce sujet par exemple ROBIN 2011 ; LECOINTRE 2024 ; MUSSELI, SONDEREGER 2025). Pour certains d’entre eux, le concept de biodiversité en est même devenu un concept « flou ». C’est par exemple le cas de Meinard, Coq et Schmid qui, dans un article de 2019[2], évoquent une définition du concept de biodiversité qui n’est ni « claire », ni « sans équivoque » (2019 : 353), ou encore de Le Guyader, en 2008, pour qui :
« Biodiversité » sonne maintenant comme un mot usuel, facile à utiliser, plein de sens pour tout un chacun, quel que soit son âge ou sa culture, bref, un mot simple, qui permet de parler de manière non équivoque de l’ensemble de la « diversité biologique ». On l’utilise a priori sans problèmes dans les écoles, les journaux… Pourtant, à bien y regarder, les choses ne sont pas si simples ; parle-t-on réellement de la même chose quand on s’intéresse à la biodiversité des pommiers, à celle d’un bocage normand, ou encore à celle de l’Amazonie ou de la Nouvelle-Guinée ? Et qu’en est-il quand on parle de la biodiversité dans le cadre du réchauffement climatique ? Un tel changement d’échelle n’obscurcit-il pas la perception des choses ? […]. (LE GUYADER 2008 : 3)
2.2. Le choix de combiner diachronie et diastratie
Il nous semble donc intéressant d’étudier la terminologie de ce concept composite par le prisme des verbes spécialisés, dans une double perspective, diachronique et diastratique. Nous abordons ici la question de la perspective diachronique dans le sens que lui ont donné Picton (2009, 2018) ou encore Dury (2018 ou encore 2024a), c’est-à-dire comme un moyen de décrire une évolution se produisant au fil du temps tel qu’il peut être observé en corpus. Si la perspective diachronique nous permet bien d’analyser les changements qui se produisent dans les données du corpus, elle ne nous permet pas de prendre en compte une caractéristique pourtant importante du concept de la biodiversité, c’est-à-dire la multiplicité des acteurs y participant, et leurs perceptions différentes de ce concept. Ainsi, pour Bailly :
Il apparaît en effet clairement que nous n’avons pas tous la même vision de la biodiversité. La perception des scientifiques n’est pas la même d’une discipline ou d’une spécialité à l’autre ; elle diffère de celle du technicien, homme de terrain, et elle ne s’accorde pas forcément non plus celle de l’usager, ami de la forêt, qui illustre une part de la demande sociale. (BAILLY 1997 : 3)
Notre étude vise donc à observer également si ces différentes perceptions de la biodiversité se traduisent par des variations de la terminologie utilisée par ces acteurs, tout particulièrement au niveau des verbes.
Ceci nous permet en outre de nous intéresser à une dimension d’analyse, la dimension diastratique, que Picton et Dury (2017) jugent encore mal définie lorsqu’elle s’applique aux langues de spécialité. Elle est dans ce cas en effet trop systématiquement assimilée à la différence d’usage en fonction des classes sociales, ou à la différence entre usage expert et usage profane, par exemple dans le domaine de la santé. Par conséquent, à l’instar de Picton et Dury (2017)[3], nous abordons ici la dimension diastratique en dehors de toute dichotomie opposant un usage expert et un usage non expert de la langue. Comme elles, nous considérons, dans une vision plus élargie, que les variations qui peuvent se produire dans les discours d’acteurs provenant d’horizons professionnels et d’expertises différents, mais participant par leurs activités au même domaine, font partie de la dimension diastratique en langue de spécialité. C’est le cas dans cet article pour les deux discours étudiés – celui des experts de l’environnement et celui des associations militantes – qui sont selon nous susceptibles de montrer des variations de type diastratique.
Le choix de ces deux types de discours est inspiré de cette approche diastratique : les organisations militant en faveur de l’environnement occupent un rôle de plus en plus important dans les questions de biodiversité, y compris sur le plan scientifique, un certain nombre d’entre elles accueillant d’ailleurs parmi leurs membres des experts scientifiques. Certains auteurs évoquent la relation complémentaire des expertises militantes et des expertises scientifiques (ROSS 2022) en matière de biodiversité et certains y voient même la construction d’une véritable interdisciplinarité sur la question (BARRE, JOLLIVET 2023). Pour cette raison, la comparaison entre les deux types de discours – expert d’une part et militant d’autre part – nous semblait intéressante à mener et comme faisant partie, somme toute, d’un continuum d’expertises variées sur la question de la biodiversité.
De surcroît, et sur un plan linguistique, l’intérêt porté au discours provenant des associations militantes pour la sauvegarde de l’environnement permet d’apporter une contribution à la description de ce type de discours, qui présente des particularités discursives comme le soulignent notamment Virdis (2022), Sancho Ortiz (2025) ou encore Altmanova et Pinto (2023) :
[…] le discours des associations contre le réchauffement climatique est moins souvent pris en considération, alors qu’il occupe une place de plus en plus importante dans l’espace public et qu’il présente des caractéristiques discursives intéressantes (2023 : 233).
3. Les verbes à structure argumentale spécialisée dans les discours sur la biodiversité
Comme L’Homme l’a noté dans son article sur le verbe terminologique en 2012, la terminologie s’est longtemps focalisée sur l’importance des dénominations pour désigner les concepts spécialisés et a développé peu de recherches, et peu de ressources, sur les unités prédicatives. Les adjectifs et les verbes spécialisés, tout particulièrement, font l’objet d’une attention encore relativement restreinte (voir par exemple pour les verbes, CONDAMINES 1993 ; LORENTE 2002 ; L’HOMME 1998, 2012 ; CETRO 2022).
Or, il nous est apparu que l’analyse des verbes les plus fréquemment utilisés dans les discours sur la biodiversité pouvait constituer, dans notre conception de la dimension diachronique, un indice supplémentaire pouvant révéler des modifications, des évolutions au niveau des concepts liés à la biodiversité, mais qu’elle pouvait également livrer des informations riches d’enseignement sur les différents discours des acteurs du domaine.
Pour ce faire, nous nous sommes appuyées sur l’étude en corpus de verbes dont le sens est général, mais qui prennent un sens spécialisé parce qu’ils sont combinés à une unité de nature nominale, dont le sens est spécialisé, comme dans l’exemple suivant extrait du corpus : « Le point de vue des troupeaux d’herbivores nous incite à préserver la biodiversité, en évitant les débroussaillages systématiques qui détruisent la fonctionnalité alimentaire de leur milieu » (extrait du sous-corpus scientifique, période 2017-2023).
Pour cette raison, nous les nommerons ici les « verbes à structure argumentale spécialisée », afin de les distinguer des verbes terminologiques (tels que décrits par L’HOMME 2012) ou des verbes spécialisés (évoqués par exemple par LERAT 2002 ; PIMENTEL 2011 ; CETRO 2022), dont le sens est à proprement parler spécialisé (comme, par exemple, les verbes reboiser ou encore déforester dans le domaine de l’environnement).
4. Les corpus et la méthodologie
Pour mener notre recherche selon cette double perspective, diachronique et diastratique, nous avons compilé un corpus ad hoc en langue française, réunissant « un ensemble de textes représentatifs du domaine dont il compte décrire la terminologie » (d’après L’HOMME 2004 : 123).
Le corpus couvre une fenêtre temporelle de 16 années de publications composées d’articles scientifiques d’une part et de communiqués de presse d’autre part, publiés entre 2007 et 2023, qui permettent d’obtenir des informations sur de deux types de discours différents, les discours scientifiques et les discours associatifs. Un premier sous-corpus, illustrant le discours scientifique, a été constitué d’articles publiés dans la revue Espaces Naturels et dans la revue Naturae[4] pour un total d’un peu plus de 3 millions de mots. Un second sous-corpus a été compilé à partir de textes issus de discours associatifs, sous la forme de communiqués de presse et d’articles d’actualité, publiés sur les sites France Environnement Nature d’une part et Greenpeace France[5] d’autre part (pour un peu plus de 300 000 mots), deux associations retenues pour leur notoriété et la place qu’elles occupent dans le domaine de l’environnement et de la biodiversité. Pour tenir compte de la disparité de taille entre les deux corpus (voir Tableau 1 ci-dessous), les résultats chiffrés évoqués dans le reste de l’article seront présentés, lorsque nécessaire, en valeur relative. Néanmoins, l’étude que nous présentons ici s’est appuyée plus systématiquement sur des informations qualitatives que quantitatives.

Le choix de la date la plus « ancienne » (2007) pour compiler le corpus a été fait pour des raisons extra-linguistiques[6], en relation avec la publication de l’ouvrage de Levrel (Quels indicateurs pour la gestion de la biodiversité ?), faisant date en matière de biodiversité, car il met en exergue, pour la première fois, le lien entre des pratiques de gestion et de préservation de la biodiversité et l’influence d’études économiques sur la question. En effet, cet ouvrage introduit une nouvelle façon de décrire les questions environnementales, et met en valeur l’importance de la valorisation (y compris économique) en plus de la nécessité de préservation.
Notre hypothèse de travail repose sur le fait que l’introduction d’une vision plus économique, issue de l’entreprise, dans les questions de biodiversité jusque-là organisées autour de problématiques essentiellement scientifiques, pouvait être susceptible d’influencer la terminologie du domaine.
Nous avons ensuite subdivisé arbitrairement les deux sous-corpus en deux fenêtres temporelles (la première allant de 2007 à 2016 et la seconde allant de 2017 à 2023), afin de les comparer entre elles dans une démarche de contrastivité, et d’analyser l’évolution des verbes à structure argumentale spécialisée au fil du temps et dans chaque type de discours, tant scientifique qu’associatif. L’ensemble du corpus a été analysé au moyen du logiciel TermoStat Web 3.0, notamment pour extraire les différentes matrices verbales Verbe + Objet et les contextes.
Enfin, notre analyse a été complétée par une lecture plus qualitative, basée sur l’identification de familles sémantiques, c’est-à-dire organisées autour de la protection, la menace, la valorisation et l’évaluation des risques, dont les modifications au fil du temps et selon les discours ont également été prises en compte.
5. Analyse des résultats
Comme nous l’avons vu, nous avons sélectionné pour notre étude les verbes dont le sens est perçu comme général (par exemple conserver, détruire, favoriser), mais qui acquièrent un sens spécialisé lorsqu’ils sont combinés à une unité de nature nominale spécialisée, propre à un domaine ou à un concept spécialisé, dans notre cas, la biodiversité. Plus précisément, parmi ceux-ci, et parce que nous souhaitions avoir un grain d’analyse le plus fin possible, nous avons retenu les verbes s’inscrivant dans une structure argumentale associée aux dénominations biodiversité, espèce et écosystème (par exemple favoriser la biodiversité, détruire un écosystème).
Dans le cas du verbe favoriser par exemple, on trouve dans le sous-corpus associatif les explications suivantes illustrant la spécialisation de son sens lorsqu’il est associé à biodiversité : « D’autres techniques sont utilisées pour favoriser la biodiversité en milieu urbain, en verdissant les toits, les façades et en installant des murs végétalisés et des plantes grimpantes » (extrait du sous-corpus associatif, période 2017-2023).
Il en est de même pour le verbe conserver, par exemple, décrit dans un extrait issu du sous-corpus scientifique avec un sens spécialisé que lui confère son association avec le terme écosystème, dans ce contexte : « […] je cite cette opinion comme exemple d’incompréhension du rôle d’une réserve dont le but est de conserver un écosystème (le garder à l’équilibre) et non une ou plusieurs espèces » (extrait du sous-corpus scientifique, période 2007-2016).
5.1. Une présence numérique discrète des verbes à structure argumentale spécialisée dans le corpus
Une première phase de repérage global, par période et par type de discours, nous a permis de relever la présence de 1 962 verbes de ce type dans les textes scientifiques de la première fenêtre temporelle (2007-2016) et 7 058 dans la seconde (2017-2023) ; de la même façon, 157 de ces verbes ont été extraits des textes associatifs entre 2007 et 2016 et 219 entre 2017 et 2023, comme l’indique le Tableau suivant.

Nous tirons de ces résultats chiffrés plusieurs informations générales : d’abord, la place occupée par ce type de verbe spécialisé est numériquement peu importante (et ce malgré le fait que les structures argumentales dans lesquelles ils se trouvent sont associées à des dénominations très fréquentes dans le domaine : écosystème, biodiversité, espèce), puisqu’ils représentent, sur l’ensemble des données extraites, moins de 0.40 % pour la partie scientifique du corpus et moins de 0.20 % pour la partie associative. D’un point de vue diachronique, le pourcentage que ces verbes occupent dans le sous-corpus scientifique diminue même entre la première et la seconde période temporelle (en passant de 0.36 à 0.29 %). Cette information n’est en soi pas surprenante, la tendance à la nominalisation des termes dans les langues de spécialité ayant été montrée depuis longtemps déjà (par exemple chez HOFFMANN, dès 1980). On constate ensuite que le nombre de verbes différents qui s’intègrent dans des structures argumentales avec écosystème, biodiversité ou espèce est peu élevé (une dizaine pour l’ensemble du corpus), mais que de nouveaux verbes apparaissent dans la dernière partie du sous-corpus scientifique, voir Tableaux 3 et 4).
5.2. L’expression de la préservation
Une analyse qualitative des données extraites ainsi que les informations regroupées dans les Tableaux 3 et 4 ci-dessous nous fournissent en revanche des informations de type diachronique qui nous semblent intéressantes à souligner : ces verbes à structure argumentale sont utilisés dans le corpus principalement pour exprimer la nécessité de protéger et de préserver la biodiversité, l’environnement, les écosystèmes. On les retrouve dans les deux sous-corpus, pour les deux périodes, et ce sont eux qui ont les fréquences d’apparition les plus élevées ; cependant, seuls les scientifiques utilisent le verbe conserver dans ce type de structure verbale pour renvoyer à la nécessité de conservation, comme l’indique l’extrait suivant : « […] si la nature n’a pas de prix, ne pas protéger ou conserver ses fonctionnalités risque de coûter très cher à la société, en termes monétaire et de bien-être ! » (extrait du sous-corpus scientifique, période 2007-2016).
À cette nécessité de préservation et de protection s’ajoute l’expression de la menace et de la destruction, comme le montre le Tableau 3 ci-dessous, dans la première partie des données. On notera que l’évocation de la menace liée à la biodiversité se fait uniquement, au moyen des verbes que nous étudions, dans le sous-corpus associatif ; elle n’est pas présente dans les données extraites du sous-corpus scientifique. L’absence de cette famille sémantique dans les verbes à structure argumentale spécialisée du sous-corpus scientifique ne signifie pas tout à fait qu’elle est absente des préoccupations des experts ; le corpus montre en effet que dans la toute première partie chronologique des données (avant 2016), dans le sous-corpus scientifique, la menace, la destruction s’expriment au moyen d’unités nominales plutôt que verbales, comme on le constate dans les extraits suivants au sujet des espèces :
Conscient des menaces et des enjeux de préservation qui pèsent sur certaines espèces, l’État français développe depuis 1996 des plans nationaux d’actions (PNA) en faveur d’espèces menacées,
Donnant suite à la mobilisation de groupes de protection de la nature, le gouvernement américain a entériné en décembre une circulaire visant à protéger tous les lions en vertu de la loi américaine sur les espèces en danger d’extinction,
À terme, l’évaluation des risques causés par les PPP devra également intégrer les effets du changement climatique susceptibles de modifier leur transfert et leur comportement dans l’environnement aquatique ainsi que leur toxicité, et d’accroître la sensibilité de certaines espèces à un stress chimique supplémentaire.
Dans la seconde période, à partir de 2017, un seul verbe spécialisé (menacer) fait son apparition dans le discours des experts, et dans ce type de structure argumentale ; comme dans l’exemple suivant issu corpus :
Les espaces golfiques ont un rôle à jouer face aux pressions qui menacent la biodiversité, en adoptant une gestion respectueuse de l’environnement, en créant des aménagements favorables à la biodiversité et en contribuant au maintien des continuités écologiques.
Le discours associatif représenté dans notre corpus, à l’inverse, fait usage de ces structures argumentales pour exprimer la menace dès la première période du corpus (2007-2016), comme par exemple dans cet extrait : « Ils sont source de pollution génétique, menacent la biodiversité et ne remplissent pas les objectifs qui leur sont officiellement assignés ». On peut peut-être supposer ici, que l’emploi du verbe menacer reflète une volonté des associations de choisir une terminologie ayant un pouvoir communicatif et médiatique plus fort, car elle incite à l’action ; les formes nominales préférées par les experts ayant peut-être un caractère plus descriptif et moins incitatif.

5.3. La valorisation, une notion présente dans le discours des experts uniquement
A l’inverse, l’expression de la valorisation, avec notamment l’emploi du verbe favoriser, est uniquement présente, dans la première, comme dans la seconde période, dans le sous-corpus scientifique. On soulignera ici que le concept de valorisation est totalement absent du sous-corpus associatif, y compris dans le choix des unités nominales utilisées. Aucun verbe, aucune dénomination ne renvoie à la question de la valorisation dans ce sous-corpus, qui, dans l’ensemble de nos données, reste propre au discours des experts. Dans le sous-corpus scientifique, le verbe favoriser apparaît à partir de l’année 2014 et reste d’un usage constant jusqu’en 2023, comme le montrent les exemples suivants (issus des deux périodes du sous-corpus) et ses occurrences enregistrées dans le Tableau 4. On notera également pour ce verbe que, dans les données extraites, il est majoritairement utilisé dans des structures argumentales associées au terme espèce (dans 28 occurrences)[7], qu’il apparait moins fréquemment avec le terme biodiversité – 9 occurrences –, et jamais avec le terme écosystème.
Des techniques de gestion visant à décaisser et exporter le sol sur 10 à 20 cm d’épaisseur, afin de l’appauvrir et favoriser les espèces pionnières (étrépage) ont été utilisées,
La question s’est posée quand, en 1993, la Suisse a choisi de verser des compensations financières à ceux qui s’engageaient dans une exploitation extensive, en vue de favoriser la biodiversité,
Beaucoup d’espaces naturels français sont composés d’une mosaïque d’habitats naturels et semi-naturels, une diversité qui favorise plusieurs espèces pollinisatrices ; une gestion particulière peut-être appliquée par le biais d’une contractualisation, pour favoriser la présence d’espèces patrimoniales,
Les objectifs à très long terme sont d’obtenir un paysage diversifié, hétérogène, alternant forêts naturelles de type hêtraies, pelouses, tourbières et pré-bois, riches en lisières, en biodiversité et pour favoriser les connexions d’espèces.

5.4 Une évolution contrastée dans la seconde partie du corpus
Dans la seconde période du corpus, l’évolution de l’usage des verbes à structure argumentale spécialisée est contrastée entre les deux discours. En effet, dans le discours scientifique, alors que le pourcentage de ces constructions verbales diminue (leur nombre passe de 0.36 à 0.29 % entre les deux périodes), la variété des verbes utilisés s’élargit. Seuls quatre verbes, désignant majoritairement le concept de préservation (favoriser, conserver, protéger, préserver) avaient été extraits des données entre 2007 et 2016 ; cinq verbes supplémentaires sont extraits de la période 2017-2023. Parmi ces derniers, un nouvel ensemble sémantique apparaît, pour désigner l’évaluation des risques (évaluer, impacter, intégrer), une notion issue du monde de l’entreprise, tout comme la valorisation, et totalement absente, elle-aussi, de notre sous-corpus associatif, dans lequel nous n’avons trouvé par ailleurs aucune trace d’unité nominale pouvant y faire référence. Dans le sous-corpus scientifique, en revanche, on trouve les extraits suivants, à partir de 2017 :
Plusieurs exigences président à son attribution pour trois ans, avec entre autres : évaluer la dépendance de son organisation à la biodiversité, mesurer son empreinte biodiversité sur son périmètre direct et progressivement dans sa chaîne de valeur, impliquer les parties prenantes, mettre en place un plan d’actions limitant les pressions de son organisation sur les écosystèmes,
[…] Les usagers ayant une activité économique susceptible d’impacter sur les espèces,
Mieux connaître et intégrer la biodiversité dans les espaces golfiques pour mieux la préserver et la valoriser, et sensibiliser le plus grand nombre aux enjeux écologiques, tels sont les objectifs du PGB.
En ce qui concerne le sous-corpus illustrant le discours associatif, et d’un point de vue diachronique, bien que le pourcentage de verbes à structure argumentale spécialisée augmente très légèrement entre les deux périodes (de 0.13 à 0.16 %), on constate qu’il s’agit des mêmes verbes : aucun verbe nouveau utilisé dans ce type de structure n’apparait dans le corpus. L’absence assez surprenante de variation dans le temps de ce type de structure montre l’usage restreint qu’en font visiblement les associations.
6. Le verbe et sa structure argumentale comme un indice terminologique
Sur la base de cette observation, nous avons élargi notre champ d’analyse, en étudiant notamment certains adverbes ainsi que d’autres dénominations spécialisées co-occurrentes aux verbes que nous avons extraits, afin de collecter des indices d’évolution (au sens de PICTON 2009) supplémentaires qui viendraient compléter les informations obtenues précédemment.
Ainsi, ces recherches complémentaires nous renseignent sur des variations diastratiques se produisant entre les deux discours : en effet, dans le sous-corpus scientifique et pour les deux périodes étudiées, l’idée de préservation est amplement décrite et les verbes s’y rapportant que nous avons étudiés (préserver, protéger, conserver) se combinent avec un ensemble de termes variés (nature, environnement, sol, milieu, ressources, territoire, espace), renforçant l’idée que cet ensemble sémantique de la préservation occupe une place marquée dans le corpus. Les termes utilisés en lien avec les verbes préserver, protéger et conserver, dans le sous-corpus associatif, sont moins variés (sol, planète, climat sont les trois principaux). Les adverbes les plus fréquemment utilisés en corrélation avec ces structures argumentales, dans le discours scientifique (globalement, durablement, efficacement) semblent également propres à ce discours, les associations privilégiant plutôt l’emploi des adverbes activement et efficacement, peut-être à des fins d’intensification pour exprimer l’urgence à protéger la biodiversité. D’ailleurs, c’est dans le sous-corpus représentant le discours associatif que l’on retrouve le plus d’adverbes marquant une intensité et une négativité (c’est le cas pour gravement, sérieusement, directement, fortement…), en lien avec la menace, un phénomène déjà mis en avant par les recherches de Altamnova et Pinto (2023), qui montrent que les adverbes de temps et les termes à connotation négative sont des choix discursifs très enracinés dans les discours médiatiques des associations.
Dans le même ordre d’idée, cette intensité de l’expression de la menace dans notre sous-corpus associatif se traduit par la présence d’une large variété de dénominations associées aux verbes menacer et détruire (parmi les plus fréquents de la première période : climat, environnement, océan, forêt, nature), mais aussi par l’apparition de nouveaux termes dans la seconde partie du corpus, reflétant peut-être l’expression d’une globalisation de cette menace et d’un élargissement à de nouveaux objets (santé, organisme, équilibre, planète pour les termes les plus fréquents). Comme le rappellent les études de Petiot (1994) et de Fløttum (2017), le thème de la menace et son imaginaire sont très présents dans les discours médiatiques, et s’appuient sur un champ lexical et sémantique qui décrit les effets négatifs et les possibles représentations d’un futur catastrophique condamné par le changement climatique.
7. En guise de conclusion
Cet article avait pour objectif de contribuer à décrire l’usage d’une catégorie précise de verbes spécialisés avec une double perspective, diachronique et diastratique. Dans cette étude, nous avons focalisé notre attention sur les verbes qui prennent un sens spécialisé car ils sont combinés à une unité nominale dont le sens est spécialisé et propre au concept de la biodiversité. Dans son article de 1995, L’Homme regrette que la majorité des études terminologiques reposent sur le nom, y compris lorsque la question des verbes se pose dans ces études, car dans ces dernières, selon elle : « on ne s’intéressera au verbe que dans la mesure où il est associé à un “terme”» (L’HOMME 1995 : 69). Il nous semble que le propos est toujours d’actualité et que ces verbes qui se spécialisent lorsqu’ils sont associés à un terme méritent tout l’intérêt des terminologues, car ils représentent de notre point de vue des indices importants pour trouver des informations sur les variations diachroniques et diastratiques se produisant dans un lexique. Ainsi, l’analyse de ces verbes dans le corpus nous a permis de constater que la famille de la protection se distingue par une structure argumentative très riche dans la description des activités et des pratiques liées à nos termes clés (biodiversité, écosystème et espèces). De même, il a été possible, grâce à ce type de verbes, de repérer des changements, en diachronie, et des différences, en diastratie, dans les discours échantillonnés de notre corpus, qui montrent que les experts intègrent au fil du temps des questions de valorisation et d’évaluation des risques dans leur approche de la biodiversité, contrairement aux associations, dont l’usage, plus restreint, de ce type de verbes spécialisés se concentre sur la menace.
Nous avons également suggéré que l’analyse de ces verbes à structure argumentale spécialisée mériterait d’être complétée plus amplement et plus systématiquement par l’analyse d’autres parties du discours, les adverbes par exemple, dont on constate qu’un certain nombre d’entre eux présents dans le corpus servent à intensifier le discours des associations ; mais aussi d’autres types de verbes, comme les verbes terminologiques, qui n’ont pas été pris en compte ici et qui contribueraient certainement à dresser un portrait plus fin des variations diachroniques et diastratiques dans ces deux discours.
Références bibliographiques
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[1] Dans un article de 2011, Robin note que le concept de biodiversité a émergé à la faveur du développement des travaux sur la biologie de la conservation dans les années 1980, mais qu’il a bénéficié d’une médiatisation importante à partir des années 2000, en raison de la prise de conscience (politique, sociétale, scientifique…) que l’environnement traversait une crise écologique majeure.
[2] « A first example will illustrate how deceptive is the idea that the definition of “biodiversity” is clear and unequivocal » (Meinard, Coq et Schmid 2019 : 353).
[3] Elles considèrent en effet que : « […] within a given field of expertise […], there are different scenarios in which specialists communicate with one another and, most importantly, there are different types of specialists who use their own specific terms. This clearly reveals a diastratic dimension. Furthermore, we hold that this diastratic dimension can be observed outside of the conventional dichotomy that is made between language for specific purposes and popularized language» (Picton, Dury 2017 : 61)
[4] Pour la revue Espaces Naturels (http://www.espaces-naturels.info/), et pour la revue Naturae (https://www.patrinat.fr/fr/revue-naturae-6050).
[5] France Environnement Nature (https://fne.asso.fr/) et Greenpeace France (https://www.greenpeace.fr/).
[6] L’importance de la prise en compte d’éléments extralinguistiques dans la compilation d’un corpus et l’analyse des résultats a été bien décrite par Condamines (2007 : 39), entre autres, pour qui « un corpus n’est pas un ensemble d’attestations linguistiques mais un ensemble d’attestations que l’on a décidé d’examiner conjointement parce que ce rapprochement a un sens a priori (Habert et al. 1997). Dans cette élaboration, la prise en compte de la situation extralinguistique joue un rôle majeur : les textes qui sont rassemblés doivent avoir été produits dans des situations similaires. […] La situation extralinguistique est partie prenante de l’interprétation, c’est-à-dire de la construction du sens ».
[7] Chiffre donné en valeur relative.
Per citare questo articolo:
Sabrina AULITTO, Pascaline DURY, « Analyse des verbes à structure argumentale spécialisée dans un corpus sur la biodiversité : une approche diachronique et diastratique », Repères DoRiF, n. 33 – Le statut du verbe dans les discours spécialisés entre théorie et pratique(s), DoRiF Università, Roma, dicembre 2025, https://www.dorif.it/reperes/sabrina-aulitto-pascaline-dury-analyse-des-verbes-a-structure-argumentale-specialisee-dans-un-corpus-sur-la-biodiversite-une-approche-diachronique-et-diastratique/
ISSN 2281-3020
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