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Paola PAISSA, Françoise RIGAT

Formules et aphorisations dans le discours de presse au Brésil

Introduction1

Si un dialogue franco-brésilien sur l’Analyse du Discours de tradition française (ADF) existe depuis des décennies2, nous espérons, avec ce numéro spécial de Repères Dorif, inaugurer un dialogue italo-brésilien. En effet, ce dossier présente quelques réflexions qu’un groupe de chercheurs brésiliens a menées à partir de concepts issus des développements récents de l’ADF, ayant déjà fait preuve de leur pouvoir heuristique dans des travaux d’analystes du discours en Italie. Il s’agit des notions de formule telle qu’élaborée par Alice Krieg-Planque (2003 ; 2009), à laquelle la revue Repères-Dorif a consacré un numéro (AMOSSY, KRIEG-PLANQUE, PAISSA, 2014)3 de petite phrase et d’aphorisation qui ont fait l’objet, ces dernières années, de nombreuses publications (KRIEG-PLANQUE, OLLIVIER-YANIV, 2011 ; MAINGUENEAU, 2012).

A l’heure actuelle, les phénomènes de détachement de fragments prélevés dans le discours public se multiplient et leur circulation devient de plus en plus rapide, notamment dans le champ politique. L’observation de ces « copeaux discursifs », qui se transforment sans cesse, à chaque reprise dans les médias contemporains, constitue un intéressant banc d’essai pour tester l’actualité des méthodes et des outils traditionnels de l’ADF. Plusieurs notions opérationnelles de cette discipline (par exemple, celles de genre, d’interdiscours, de mémoire discursive, d’énonciateur, d’ethos) nécessitent donc d’un regard nouveau, susceptible de tenir compte des formes éclatées et dispersées sous lesquelles se présentent les observables discursifs. Dès lors, on comprend aisément l’intérêt de vérifier la validité de l’approche épistémologique et des dispositifs d’investigation de l’ADF dans des systèmes linguistico-culturels autres que le français. Or, face à cette tâche, le Brésil et l’Italie relèvent de deux situations différentes et, à bien des égards, opposées. Institutionnalisée de bonne heure au Brésil, où elle est présente dans les Programmes du 3ème cycle4, l’Analyse du Discours pratiquée au-delà de l’Atlantique a profondément influencé le panorama brésilien des sciences du langage. Sans doute à cause de l’énorme étendue du pays et du nombre élevé des universités et des laboratoires auprès desquels elle fait l’objet d’enseignement et de recherches académiques, l’ADF s’est en outre fortement diversifiée, comptant désormais des approches et des courants différents (tout comme en France, il serait préférable de parler des Analyses du Discours au Brésil, ADB5). De par cette longue et riche tradition, l’ADB se trouve désormais en mesure de dresser un bilan des ajustements épistémologiques que l’application des outils de l’ADF au discours public brésilien comporte6. Rien de tel, en revanche, en Italie, où l’ADF est encore bien loin d’avoir un statut institutionnel : dominé par d’autres courants et approches méthodologiques, l’espace académique italien des sciences du langage n’a nullement intégré, jusqu’ici, les principes et les méthodes d’investigation scientifique de l’ADF7. Dans notre pays, même l’Analyse du Discours d’inspiration anglo-saxonne (la Critical Discourse Analysis) reste peu pratiquée, malgré la prédominance de l’anglais comme langue étrangère étudiée8 ; à plus forte raison, l’ADF est pratiquement absente, ne faisant l’objet que de quelques recherches épisodiques, produites par des chercheurs demeurant somme toute isolés9. Pour utiliser un néologisme provenant justement de l’ADB, on pourrait dire que l’Analyse du Discours connaît en Italie une sorte de « silenciement » épistémologique, se manifestant dans les directions divergentes qu’a décrites Eni Puccinelli Orlandi (2007) : mise sous silence du « discursif » au profit du « linguistique », censé être indépendant de la dimension sociohistorique  ou, à l’inverse, prise en compte des « contenus idéologiques » des discours, oubliant la nature immanente et insécable de l’idéologie, dont aucun discours n’est exempt.

Aussi est-il d’autant plus instructif de vérifier, dans ce chassé-croisé de regards (des analystes du discours issus de différentes équipes brésiliennes : Université d'État de Campinas, de São Carlos, de Espírito Santo, de Minas Gerais, dialoguent, en langue française, dans une revue italienne, avec des analystes du discours italiens), quels sont les outils et les aires notionnelles de l’ADF qui s’avèrent les plus aptes à déceler quelques pistes communes d’observation, face à la prolifération kaléidoscopique du discours médiatique10.

Une des notions les plus sollicitées dans les articles réunis au sein de ce numéro est celle d’interdiscours : à ce propos, des considérations sont avancées sur la relation d’inclusion vs exclusion que l’interdiscours entretient avec le discours. Les auteurs regroupés ici soulignent à maintes reprises la primauté du premier (cf. les contributions d’Helio Oliveira et Luciana Salazar Salgado, de Sirío Possenti), ainsi que la polarisation des positionnements qui en découle. Lorsqu’un discours surgit, l’espace public semble déjà si aimanté par des lignes de force divergentes que toute nouvelle reprise d’un thème – ainsi que de son inévitable écho interdiscursif – détermine, ipso facto, l’installation d’un discours antagoniste. Si cette issue se constate normalement dans le discours public (la polémique étant un caractère constitutif de la formule, selon les critères énoncés par Alice Krieg-Planque), l’espace discursif brésilien semble tout particulièrement concerné par une conflictualité latente, de type dichotome, qui rend cet effet macroscopique. En effet, dans les travaux que nous présentons ici, la polémique entre deux points de vue radicalement opposés semble précéder la prise de parole formulaire ou aphoristique et constituer un élément consubstantiel de l’agora, réelle ou virtuelle, dans laquelle se déroule le débat. C’est ce que l’on peut constater avec la formule consciência negra, dont Helio Oliveira et Luciana Salazar Salgado montrent le fort pouvoir de division, tant dans la phase de son émergence que dans sa circulation actuelle : après une période d’intensification de son emploi, ce syntagme a fini par déclencher son pendant opposé, consciência branca, qui coagule les sentiments de revanche raciste contre lesquels consciência negra avait été forgé et avait reçu sa plus forte impulsion (institution du Dia Nacional daconsciência negra par Dilma Roussef, en 2011).

On peut également apprécier un potentiel élevé de polémicité interdiscursive avec l’expression elegerum poste (élire un poteau) dont s’occupe Sirío Possenti. Destinée à délégitimer certains candidats pétistes (en l’occurrence, la candidate à la présidentielle Dilma Roussef et le candidat à la municipalité de São Paulo Fernando Haddad), cette formule est issue d’un profond clivage du champ politique brésilien : dès qu’on y a recours, elle ne peut donc que contribuer à creuser la fracture entre deux positionnements antithétiques.

Des considérations analogues peuvent être développées à l’égard de l’expression complexo de vira-latas (complexe du chien bâtard), analysée par Julia Almeida, qui prend son origine dans le manque d’auto-estime brésilien, un complexe impliquant nécessairement un dualisme (infériorité/supériorité) qui se réactive volontiers pour donner corps à deux attitudes axiologiques divergentes à l’égard du parti pétiste, accusé d’être responsable du retard dans l’organisation de la Coupe du Monde de Football de 2014.

Le poids écrasant d’un interdiscours bipolarisé apparaît aussi dans l’article de Glaucia Lara, qui examine une situation typiquement agonique (la campagne présidentielle de Dilma Roussef du Parti des travailleurs et de Marina Silva du Parti socialiste brésilien), essayant de décrire la construction de l’ethos et de l’image de l’adversaire à travers le phénomène des aphorisations, des petites phrases et de leurs reprises médiatiques. Exploitant la notion ducrotienne de polyphonie, Glaucia Lara emprunte, dans son analyse, quelques outils issus de la « théorie de l’argumentation dans la langue » (observation du rôle des présupposés, du non polémique, etc.). Se combinant avec des dispositifs appartenant à l’ADF (types différents d’ethos, dialectique entre contexte source et contexte de réception, etc.), ces instruments d’investigation s’avèrent tout particulièrement révélateurs de l’antagonisme inconciliable de la confrontation. Un antagonisme qui atteste aussi de la dimension conflictuelle de l’activité discursive, notamment durant la campagne électorale pour l’élection présidentielle où l’on voit des phrases au pouvoir disqualifiant et des termes péjoratifs parcourir les différentes médias brésiliens, indépendamment du genre du discours (courriers des lecteurs, blogs, éditoriaux, parti politique pour Sirío Possenti), du support (journaux et radios pour Julia Almeida), du positionnement (Julia Almeida, Glaucia Lara). Car les formules correspondent à des valeurs, à un champ qu’occupe l’énonciateur, définissant une identité énonciative forte. Sur ce point, la pratique proprement médiatique, ici reléguée au second plan, pourrait être exploitée pour voir comment la composante plus pragmatique (KRIEG-PLANQUE, 2012) de l’internet, ainsi que l’outil (PAVEAU, 2013)11 favorisent l’émergence et, ensuite, les transformations de la formule. En effet, les pratiques médiatiques contemporaines s’appuient sur des vidéos, des commentaires qui sont destinés à être rediffusées sur les réseaux sociaux, élargissant donc la circulation, à l’identique ou avec d’infinies variations, de segments formulaires divers.

Sans recourir au concept classique de préconstruit, ni à celui de prédiscours (PAVEAU, 2006), les études formant ce numéro font cependant état d’une préséance si forte d’un interdiscours irréductiblement binaire qu’on est amené à s’interroger sur le statut du sujet énonciateur et sur la marge de liberté qui lui est accordée au moment de sa prise de parole. Par ailleurs, on touche ici à la question problématique du point d’articulation des dimensions individuelle et collective et, plus largement, au questionnement sur le rapport du sujet et de l’histoire, qui représente une spécificité de la réflexion des chercheurs s’inspirant à l’ADB12.

Reliée à cette tradition épistémologique, un autre dénominateur commun des études présentées ici est représenté par le phénomène de la « naturalisation » des formules et des aphorisations dans le discours médiatique. Si, d’un côté, la reprise de certains fragments discursifs approfondit les clivages préalables, de l’autre, elle jouit d’un processus de normalisation qui rend la répétition d’une expression routinière, en dépit de son orientation idéologique. Ainsi est-il confirmé que les formules, les petites phrases et les aphorisations, authentiques « concrétions » langagières, constituent bien des observatoires privilégiés du fonctionnement discursif de l’idéologie dans le débat public.

Ce phénomène est patent dans l’analyse de Glaucia Lara, car les outils méthodologiques qu’elle a choisi de mettre en œuvre, relevant de « l’argumentation dans la langue », sont les plus aptes à faire apparaître la « naturalité apparente » d’une série d’énoncés qui, en revanche, relèvent d’un positionnement bien précis. L’effet de « naturalisation » est, par ailleurs, évoqué de manière explicite par Sirío Possenti qui, pour analyser l’analogie candidat/poteau suggérée dans l’expression eleger um poste, fait allusion à la critique radicale du discours quotidien de Zizek, ainsi qu’à sa propre réflexion, concernant les supports du « savoir anonyme » et les voies de l’« oubli » collectif (POSSENTI, 2011)13. On peut également apprécier les voies subtiles de la « naturalisation » dans les travaux d’Helio Oliveira, Luciana Salzar Salgado et de Julia Almeida. En effet, les deux articles font état, à côté des formules formant l’objet central de leur observation, d’un ensemble de locutions satellitaires qui ne sont pas, à proprement parler, des variantes de la formule, mais qui relèvent d’un arrière-plan favorable à son acclimatation dans l’interdiscours. Dans l’article d’Helio Oliveira et de Luciana Salazar Salgado, assument ce rôle des expressions lexicales comme « un travail de noir » ou un « service de blanc », qui charrient un contenu profondément raciste, car elles indiquent, respectivement : un travail « mal fait, inachevé » et, à l’inverse, un « service excellent ». A cet égard, il est intéressant de souligner certaines différences interculturelles : en italien et en français, le syntagme nominal correspondant est tout aussi raciste, mais il relève d’une autre hiérarchie sociale : « un lavoro da negro » / « un travail de nègre » ne porte pas sur le résultat de la tâche accomplie (« un travail mal fait »), mais sur la nature de la tâche à accomplir, puisque ces tournures s’appliquent à une besogne très dure et pénible, dont un blanc ne se chargerait pas.

Dans l’article de Julia Almeida, il s’agit, en revanche, du réseau lexical du viralatisme et du pessimisme qui entoure la formule complexo de vira-latas et qui lui assure une assise normalisée, « naturalisée ». Là aussi, l’intérêt interculturel est évident, si l’on songe à l’importance du couple oppositif pessimisme/optimisme qui, face à la crise internationale de cette dernière décennie, traverse le débat politique de plusieurs pays : aux Etats-Unis, cette opposition a caractérisé la campagne présidentielle de Donald Trump, en France celle d’Emmanuel Macron, en Italie, celle de Matteo Renzi et du « Movimento 5 Stelle » de Beppe Grillo.

Bien que mince, ce numéro confirme donc l’extraordinaire capacité heuristique des notions de formule, de petite phrase et d’aphorisation. Comme on a pu l’apprécier dans de nombreuses études issues de différents pays14 et notamment dans le recueil italien coordonné par AMOSSY, KRIEG-PLANQUE, PAISSA (2014), les formules acquièrent une valeur indicielle importante, qui tient tant à leur fonction de dispositifs argumentatifs et polémiques, qu’à leur nature de « référents sociaux », nous permettant de saisir les enjeux sociopolitiques qui s’affrontent dans un débat. Par ailleurs, Sirío Possenti fait justement référence, par rapport aux avantages méthodologiques de l’observation des formules, à la notion d’« indice » et de « paradigme indiciaire » qu’a élaborée un historien italien illustre, Paolo Ginzburg, pour en faire un outil opérationnel de la recherche en sciences humaines et sociales. C’est cette valeur d’indice qui préside au choix des corpus analysés dans les recherches présentées ici : des corpus hétérogènes, répondant à une interrogation faite à partir de la formule elle-même et correspondant au parcours transversal que celle-ci dessine dans la presse15. Les contributeurs ne se donnent pas comme objectif d’analyser de façon exhaustive et systématique les formules, les corpus ne sont pas délimités, dans une orientation de type quantitativiste.

C’est bien ce statut indiciaire qui se trouve largement confirmé par les résultats des analyses, touchant toutes à des questions très générales, que le point de départ de la recherche ne laissait peut-être pas soupçonner. Ainsi, le comportement discursif de l’expression consciência negra permet de « faire tomber le masque » de la « démocratie raciale », c’est-à-dire de la représentation mythique d’un Brésil où la discrimination raciale entre Blancs et Noirs n’existerait pas (cf. Helio Oliveira, Luciana Salazar Salgado) ; de même, l’étude des différentes occurrences de l’expression complexo de vira-latas dévoile une perception de l’identité nationale exprimée comme inférieure, un sentiment tirant sans doute son origine du colonialisme, dont on peut facilement imaginer le profit que pourrait en tirer un régime autoritaire, d’autant plus que cette infériorité apparaît comme « volontaire » (cf. Julia Almeida). Enfin, la formule eleger um poste (Sirío Possenti), ainsi que les aphorisations observées pendant la campagne présidentielle de Dilma Roussef et de Marina Silva (Glaucia Lara) sont des dispositifs disponibles pour une argumentation ad hominem qui représentent, en même temps, des indices fort instructifs sur la conception brésilienne de l’homme politique et sur les caractéristiques qu’on attend d’un candidat, surtout s’il provient d’un parti politique n’ayant jamais eu accès au pouvoir.

Bref, si, comme l’affirme Alice Krieg-Planque, le propre de l’Analyse du Discours est celui de « déconstruire les évidences » (2012 : 143), ce petit recueil d’études accomplit pleinement cette mission. Renouant avec la tradition multiforme de l’Analyse du Discours brésilienne, ces travaux nous donnent un aperçu intéressant des contradictions qui traversent le débat public dans une démocratie jeune, fragile et constamment menacée, comme celle qui s’est installée au Brésil, qui fait depuis longtemps la une de la presse internationale. Conscientes de ce que la pratique de l’ADF a représenté pour ce pays, dans les années difficiles de la dictature, nous ne pouvons qu’exprimer notre espoir que cette tradition continue longtemps à exister et à se développer16, malgré l’irruption, après la chute de Dilma Roussef, du « langage totalitaire » et de « ses impératifs brutaux », dont nous parle Julia Almeida dans la conclusion désenchantée de son étude.

Du côté italien, nous souhaitons que la coopération avec des équipes d’analystes du discours appartenant à des pays étrangers puisse contribuer à asseoir plus solidement une Analyse du Discours Italienne (ADI) et à lui conférer une place dans le dialogue scientifique international. En effet, à une époque où l’idée même de démocratie est mise en cause, même dans les sociétés qui l’ont vu naître17, un retour réflexif sur la parole publique et sur le rôle que celle-ci joue dans la sauvegarde de la coexistence civile et pacifique, représente partout une nécessité et un devoir.

Nous remercions tous ceux qui ont rendu possible la réalisation de ce numéro spécial : avant tout, Helio Oliveira, qui a coordonné l’équipe brésilienne, puis les nombreux réviseurs anonymes, appartenant à plusieurs pays (France, Italie, Suisse, Israël), qui ont bien voulu nous aider dans une tâche qui a été une intéressante expérience vécue de médiation culturelle.

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1
Les articles publiés dans ce numéro spécial ont été soumis à une procédure d’évaluation en double aveugle et plusieurs tours de lecture ont été effectués par les deux coordinatrices, Paola Paissa et Françoise Rigat. L’édition du numéro, ainsi que la rédaction de cette introduction, ont fait l’objet d’un travail conjoint des coordinatrices.

2
Cf. MENDES, MACHADO, 2011 ; PUCCINELLI ORLANDI, 2007.

3
Un projet de traduction de ce numéro au Brésil est en phase finale de développement et prévoit la publication de l’ouvrage « A fórmula em discurso: perspectivas argumentativas e culturais », sous la coordination de Sirio POSSENTI et Helio OLIVEIRA.  

4
Cf. MENDES, MACHADO, 2011.

5
Pour une synthèse de la situation française, nous renvoyons à MAINGUENEAU, 2005. Pour le Brésil, à PUCCINELLI-ORLANDI, 2007 ; MENDES – MACHADO, 2011 ; SOARES MIRANDA, 2011.

6
Eni Puccinelli Orlandi (2007) parle même d’un « effet retour » sur l’ADF du travail réalisé au Brésil.

7
Pour une description de la situation italienne, nous renvoyons à ANTELMI, 2011 ; 2014 ; SANTULLI, 2014. Nous ajouterons que même les traductions d’ouvrages relevant de l’ADF sont rares en Italie. Par ailleurs, leur circulation est limitée aux domaines de la philosophie, de l’anthropologie ou de la sociologie et n’a jamais évolué en véritable pratique d’analyse (par exemple, Michel Foucault a été traduit en Italie dès la fin des années 60, mais sa sphère d’influence s’est bornée au débat théorique des philosophes). Aucune traduction italienne n’existe, en revanche, des ouvrages de Michel Pêcheux, ni d’autres analystes du discours français ou francophones plus récents, avec les seules exceptions des traductions en italien de Jacques Guilhaumou (Discours et événement. L’histoire langagière des concepts, 2006) et de Eni Puccinelli-Orlandi (Les formes du silence, 1996) dues à Rachele Raus (2010, Discorso e evento. Per una storia linguistica delle idee, 2016 ; Le forme del silenzio nel movimento del senso, Aracne editrice, Roma), et de la traduction de la part de Sara Amadori de l’ouvrage de Ruth Amossy, Apologie de la polémique, de publication imminente.

8
Sur la diffusion de la CDA en Italie : voir BRUTI-MERLINI-BARBARESI, 2008.

9
Sauf l’équipe de recherche AD-DORIF, qui regroupe depuis 2013 des chercheurs issus de différentes universités italiennes (cf. http://www.dorif.it/gruppo-Analyse%20du%20discours).

10
Les présupposés théoriques des contributions sont empruntés pour l’essentiel à Dominique Maingueneau, qui est fort traduit en portuguais : cf. Cenas de enunciação, Curitiba (Brésil), Criar, 2006 ; nlle. éd. : São Paulo, Parabola, 2008; Doze conceitos da Analise do Discurso, Sao Paulo, Parabola, 2010 ; http://dominique.maingueneau.pagesperso-orange.fr/articles.html.

11
La spécificité de l’outil, ou « technodiscursivité » est notamment prise en compte par l’analyse du discours numérique, cf. PAVEAU, 2013.

12
Cf. PUCCINELLI-ORLANDI, 2007.

13
L’effet de « naturalisation » du substrat idéologique du dire représente évidemment un questionnement classique de l’AD qui remonte, en France, aux travaux fondateurs des années 1960 et, au Brésil, à la phase de l’institutionnalisation de l’ADB, à partir des années 1970-80. Pour une réflexion sur l’évolution française de la notion d’« évidence », nous renvoyons à GUILBERT, 2009. Sur le sort différent, en France et au Brésil, de l’héritage de l’ADF classique et notamment de la réflexion de Michel Pêcheux sur le fonctionnement discursif de l’idéologie, ainsi que sur les concepts de « mémoire » et d’ « oubli », cf. GUILBERT, 2010 ; PIOVEZANI, PACHI FLIHO, 2010.

14
Des indications bibliographiques sur les recherches menées dans différents pays sur la formule sont fournies dans l’introduction à AMOSSY, KRIEG-PLANQUE, PAISSA, 2014.

15
En gros, cela correspond à la transversalité des « unités non topiques » dont parle Dominique Maingueneau (2011).

16
L’Analyse du Discours a représenté, selon MACHADO-MENDES 2011, un « outil de résistance » à l’époque de la dictature. Cependant, à propos de l’encadrement académique de l’ADB, les auteures expriment des craintes déjà en 2011, puisqu’elles précisent : « il faut veiller à ce que cette situation se maintienne… »

17
Les expressions « crise de la démocratie », « démocratie en crise », « démocratie malade » sont en passe de devenir de véritables formules dans le discours médiatique français et italien.

Per citare questo articolo:

Paola PAISSA, Françoise RIGAT, Formules et aphorisations dans le discours de presse au Brésil, Repères DoRiF Formules et aphorisations dans le discours de presse au Brésil , DoRiF Università, Roma juin 2017, http://www.dorif.it/ezine/ezine_articles.php?id=349

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