Coordination : Marie-Berthe Vittoz, Yannick Hamon, Marie-Christine Jamet

Contacts : marie.vittoz@unito.ityannick.hamon@unive.it ; jametmc@unive.it

Groupe promoteur: Mathilde Anquetil (Università di Macerata), Cristiana Cervini (Università di Bologna, LANSAD-Université de Grenoble), Yannick Hamon (Università Ca’ Foscari di Venezia), Gabrielle Laffaille (Università di Torino), Danielle Lévy (responsable curriculum doctoral PEFLIC Università di Macerata), Brigitte Noirhomme (Università di Perugia), Thérèse Manconi (Università di Pavia), Marie-Berthe Vittoz (Università di Torino)

Point 1 du programme DORIF
Promouvoir un enseignement universitaire (= communicationnel/culturel, réflexion sur la langue) du français fondé sur sa recherche spécifique qui tienne compte, à son tour des résultats de l’enseignement.
Point 4 du programme DORIF :
Répondre à l’invitation à la connaissance du proche et à la xénophilie “frontalière” qui nous est faite par les instances communautaires et internationales à l’enseignement/apprentissage de la langue du voisin en encourageant les études comparées du français et de l’italien, l’approfondissement des aspects interculturels, l’acquisition de compétences même partielles en français
Point 12 du programme DORIF :
Encourager les synergies entre les départements, les enseignements, les Centres Linguistiques et leurs laboratoires de didactique et de recherche, les associations et les centres culturels français en Italie dans le respect de l’autonomie de chacun et de sa spécificité, dans un esprit de non-hiérarchisation de ces instances.

Ce groupe de recherche entend promouvoir la qualité et valoriser la qualification des enseignements de français langue étrangère dispensés dans les Centres de Langues universitaires par l’inclusion des enseignants qui y coopèrent sous divers statuts dans des projets de recherche-action organiques au niveau de l’enseignement supérieur. La coopération avec la didactique de l’italien langue 2 est aussi un objectif par la vocation du DORIF à travailler sur les systèmes proches. En effet, l’association prévoit la coopération avec d’autres langues que le français selon les besoins qui se feraient sentir et en particulier avec l’italien langue 2 en référence au point 4 du programme DORIF cité ci-dessus.

Inscrivant leurs réflexions et actions dans une analyse attentive des politiques linguistiques et des enjeux institutionnels qui fragilisent aujourd’hui les centres de langues, en particulier dans les universités italiennes, les membres de ce groupe DORIF misent sur l’inscription des acteurs dans la recherche, l’internationalisation des projets, la mutualisation des savoirs et ressources, l’engagement collectif, pour promouvoir les centres de langues comme lieux de création et de diffusion de savoirs et pratiques pertinents. Ils sont à l’écoute des besoins exprimés par les institutions mais s’attachent aussi à faire émerger les besoins et les ressources des publics dans la dynamique des mutations sociétales et internationales.

Les thématiques concernant le groupe de recherche s’organisent sur deux axes, dessinant un champ à l’intérieur desquels il situera ses initiatives contextuelles:

Axe 1 : RECHERCHE-ACTION EN DIDACTIQUE DES LANGUES

Didactique des langues-cultures
● étude des dispositifs et actions didactiques dans les Centres de langues en Italie et dans les pays francophones;
● développement qualifié des enseignements auprès des étudiants spécialistes de langues et spécialistes d’autres disciplines;
● attention aux publics spécifiques: programmes de mobilité, langues de spécialité, nouveaux publics francophones, lycéens ESABAC, enseignement de langues sur objectifs universitaires (français et italien académiques);
● didactisation/insertion dans la réflexion et la pratique didactique des résultats de recherches scientifiques pluridisciplinaires : linguistique, grammaire, analyse du discours, lexicologie, traductologie, sciences cognitives, didactologie des langues, docimologie…

Education plurilingue et pluriculturelle
● promotion du français et des langues voisines dans l’orientation d’une éducation linguistique plurilingue
● intercompréhension entre langues romanes et compétences partielles ;
● confrontation et coopération entre enseignants des différentes langues;
● études comparées en langues-cultures et didactique de la communication interculturelle, en particulier quant au binôme français-italien,
● promotion de la francophonie, des échanges interculturels et programmes de mobilité franco-italiens (étudiants et enseignants)

TICE:
● utilisation spécifique des TICE en présentiel;
● projets de modules à distance, dispositifs hybrides et tutorat actif;
● mutualisation des outils et des ressources (mise en place opérationnelle d’un espace Moodle hébergé sur la plateforme du CLA de l’université de Pérouse).

AXE 2 : CENTRES, ACTEURS ET RÉSEAUX

Missions des centres et politiques linguistiques
● état des lieux sur les missions des Centres de langues en Italie et dans les pays francophones;
● état des lieux spécifique sur le statut de la recherche dans les CL (activités et acteurs);
● politiques de qualité
● internationalisation, développement des liens avec le LANSAD de Grenoble, mais aussi avec les associations de secteur nationales et internationales : AICLU, CERCLES, HERACLES, RANACLES…;
● participation aux politiques linguistiques des universités;
● développement de pôles internes pour une évaluation/certification de qualité en lien avec les systèmes et projets des centres de langues universitaires nationaux et internationaux : Aiclucert, CLES, DCL, Unicert, GULT… ;
● articulation avec les organismes qui oeuvrent à la promotion des langues-cultures étrangères dans les différents degrés d’enseignement et sur les territoires.

Acteurs, Formation et Réseaux
● formations à l’utilisation avancée et créative des TICE et du web 2.0;
● formation initiale et continue des, et avec les, enseignants du secondaire (TFA, Journées pour le français, projets CLIL/EMILE…) dans un esprit de coopération entre école et université;
● statuts et rôles dans le respect des compétences : coopération active entre acteurs de divers statuts;
● mutualisation des savoirs et des ressources, promotion des acteurs par l’engagement dans les recherches-actions et la diffusion/publication des résultats de recherche.

(liste ouverte….)

Petite bibliographie DORIF sur ce terrain de recherche
Un projet porté par le DORIF avec la contribution du programmes Socrates :
Le CD-Rom du programme européen pour l’intercompréhension “Galatea”,
compréhension du français pour italophones, 1998;

Une réflexion collective sur la nature de l’enseignement universitaire de langue, sur l’articulation des différentes instances, des différents acteurs, des différentes approches et disciplines qui concourent à la didactique du français à l’universitè : par ex…
1993, Séminaire à Teramo sur “Insegnamento delle lingue nelle Facoltà di Scienze Politiche – francese e tedesco a confronto”. Atti a cura di D. Lévy e A. Tomaselli, Pubblicazioni Università di Teramo.
2004, Congrès à Verone: “Le chercheur / enseignant / formateur en langues étrangères dans les universités italiennes. Contraintes institutionnelles et autonomie”. 
Atti: F. Bidaud, J.-P. Seghi (a cura di), Do.Ri.F.-Università, Wizarts, Porto Sant’Elpidio, 2006;

Hédiard M.”Nouvelles approches en didactique du français dans les Centri Linguistici di Ateneo” in L’insegnamento del francese nell’università italiana,Editrice la Scuola, 2004.

et de très nombreuses contributions sous forme d’articles dans des recueils thématiques (linguistique comparée, traduction, lexique, line langue-culture, …)où la réflexion accueille sans hiérarchisation de statut les recherches de tous les acteurs de la didactique des langues à l’université. Citons à titre d’exemples significatifs :
Lingue e culture a confronto, ricerca linguistica-insegnamento delle lingue, a cura di Enrico Arcaini, Michelle Fourment berni-Canani, Danielle Lévy-Mongelli, Atti del 2°convegno internazionale di analisi comparativa francese/italiano, Do.RI.F Università, 1994.
Lingue e culture romanze, didattica e ricerca : quali prospettive ? Atti del convegno internazionale DORIF Università Pisa 2001, Mauro Baroni Editore.
Da una a più lingue, da una a più discipline : insegnamento-apprendimento, formazione e ricerca, Danielle Lévy (ed) Wizarts, collana “lingue sempre meno straniere”, 2004
Orale e intercomprensione tra lingue romanze, ricerche e implicazioni didattiche, Atti della giornata di studio organizzati dal DORIF in collaborazione con l’Università Ca Foscari di Venezia, a cura di MChristine Jamet.

Quelques-uns des ouvrages de didactique de la langue à l’université dont des Dorifiens sont auteurs ou co-auteurs
Maria Rosaria Ansalone, M.-Christine Julion, Camillo Marazza, Français pour l’économie, le droit et les sciences politiques: textes, documents et structures, Vita e Pensiero, 1999
Charles Barone, Viceversa. La grammatica francese e il tradurre, Le Letere Università, 2006.
Dominique Berger /Ghislaine Cecchini, Marie Hédiard, Faude de quoi, préparation à la dictée, La Nuova italia, 1995.
Françoise Bidaud, Grammaire du français pour italophones et exercices de grammaire, La Nuova italia,
Michèle Fourment Berni-Canani, DAF, Dizionario di apprendimento della lingua francese, Paravia
Marie-Christine Jamet, Préparation à l’examen DELF B2, Hachette, 2008.
Marie-France Merger, Lorella Sini, côte à côte, préparation à la traduction de l’italien au français – Nuova Italia Editrice, Firenze, 1995 ; Exogram, Cideb, Genova, 2003
Josiane Podeur La pratica della traduzione (Liguori, 1993, 2002); L’œil écoute. Méthode de prononciation du français (Liguori, 2005).
Paola Puccini, Parole e dintorni
Un percorso linguistico-culturale per il “Francese Lingua Straniera”, CLUEB, 2005.
Rachele Raus, Le français pour les étudiants de Sciences politiques, Napoli, Simone, 2005
Leandro Schena, Cécile Desoutter, Claudia Zoratti, Le français en contexte, réflexion et pratiques grammaticales, LED Edizioni Universitarie, 2003

       *  *  *

Le thème de l’intercompréhension a depuis les années 90 intéressé le DORIF, qui, malgré son identité liée à la langue française, adhère aux valeurs européennes du plurilinguisme et les promeut. L’intercompréhension entre langues romanes par conséquent entre dans le champ des recherches et applications menées par le DORIF dès son implication dans le projet européen Galatea, puisque l’association a été le partenaire officiel du projet pour l’Italie et a réalisé le Cdrom destiné à l’apprentissage de la compréhension écrite du français de la part d’un public italophone. Par la suite, des membres du DORIF, et notamment à l’université de Cassino, ont continué le parcours lancé par Galatea, sous l’égide de l’université Stendhal de Grenoble, avec le projet Galanet dont la nouveauté est l’utilisation d’une plateforme internet d’apprentissage collaboratif pour mettre en relation les apprenants romanophones de différents pays, et Galapro qui vise à la formation à distance des enseignants d’intercompréhension.

Parallèlement, d’autres chercheurs du DORIF approfondissent les recherches plus théoriques sur le concept de l’intercompréhension et sur la nature du processus selon le code écrit ou oral. C’est pourquoi le DORIF a organisé en décembre 2006 une journée d’études consacrée à l’intercompréhension orale, dont les actes viennent de paraitre (septembre 2009). L’intérêt de cette journée d’études a été de mettre l’accent sur une dimension peu abordée dans les recherches précédentes et dans les produits didactiques qui en étaient issus, à savoir l’oral, et de faire se rencontrer des chercheurs venus d’horizons différents, et notamment d’un autre « courant » né autour de la figure de Claire Blanche Benveniste avec le projet européen Eurom4.

Cette volonté de dépasser les clivages originels et de rassembler les forces de recherche a été reprise au niveau européen avec le Réseau Redinter regroupant 24 partenaires en Europe (y compris la Turquie) dont les Dorifiens intéressés à l’intercompréhension font partie par l’intermédiaire de leurs universités respectives.

Le groupe de recherche DORIF se propose donc

  • de fédérer au niveau italien les recherches dans le domaine de l’intercompréhension entre langues romanes, de faire circuler l’information,
  • de créer des synergies pour la recherche en discutant ensemble de ce qui se fait, en approfondissant certaines pistes de recherche, à savoir
    – l’intercompréhension orale en réception et en interaction,
    – les processus d’apprentissage plurilingue, les stratégies de compréhension interlangues mises en œuvre
    – l’évaluation des compétences (ignorée jusqu’à présent), dans la perspective de définir des curricula d’apprentissage et une certification de maîtrise de compétences partielles (par exemple : œuvrer pour fédérer les certifications françaises, italiennes, espagnoles et portugaises, pour avoir un certification en CE et plus tard CO)
    – la linguistique contrastive et son rapport à un apprentissage plurilingue (afin de disposer d’outils de comparaison multilingues utiles pour la constitution de méthodes à condition de ne sélectionner que les points faisant obstacle à l’intercompréhension, ce qui nécessite des études expérimentales préalables)
    – la réflexion sur de nouveaux produits didactiques plus performants, plus facilement adaptables à des publics différents, où chacun puisse puiser ce qui lui semble meilleur ; ou sur des produits liés à un contexte d’apprentissage (par exemple lier CLIL et intercompréhension pour l’enseignement secondaire)
    – l’utilité de l’intercompréhension par rapport à un apprentissage normal des langues (comme première approche ? mais alors si la production fait partie des objectifs, l’intercompréhension qui fait levier sur la perception des ressemblances en minimisant les différences ne va-t-elle pas être un obstacle à une production correcte ?)
    – l’intercompréhension comme médiation dans les processus d’apprentissage de l’italien langue seconde à destination des immigrés francophones.

Le réseau Redinter vient de lancer le numéro 1 de la revue Intercompréhension qui pourra accueillir d’éventuelles publications, faites au nom de nos universités respectives, mais aussi pourquoi ne pas ajouter le label DORIF, comme si nous étions un laboratoire à la française ?

Actuellement ont rejoint ce groupe :
Marie Hédiard, Sonia di Vito, Maddalena de Carlo, Marie-Christine Jamet, Sonia Jerolimich, Yolande Thierry, Hugues Shereen